Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

Winter adults only ?

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Michel Rault est ses références au hockey sur glace…

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Le Canadien Michael Rault publiera son cinquième album, « It's a New Day Tonight », en mai prochain. Il a été enregistré dans la désormais mythique House of Soul, à Brooklyn. Naviguant entre pop/folk/psyché et power pop, sa musique évoque des groupes issus des 70’s comme Wings, Badfinger, Big Star ou 10cc. Et ses textes posent des réflexions autour du sommeil, des rêves et plus globalement de la vie nocturne. Le titre de l’elpee est une curieuse référence aux mots d’un joueur de hockey canadien, interviewé au sortir d’un match : ‘It’s a new day tonight, we’ve got to put the past behind us’ (Trad : C'est un nouveau jour ce soir, nous devons mettre le passé derrière nous). Interpellé dans un premier temps par le caractère maladroit de cette phrase, Rault y a finalement trouvé une certaine poésie au point de la considérer comme un excellent titre pour son opus.

Pour découvrir la vidéo d’« I’ll be there », c’est ici

 

Popa Chubby

Two dogs

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De son véritable nom Ted Horowitz, ce chanteur/guitariste pratique un blues/rock qu’il teinte de funk. Il est né dans le Bronx, à New York City, il y a déjà 60 ans. Vu son âge, pas étonnant qu’il ait pour influences majeures Jimi Hendrix et The Cream (NDR : au sein duquel a milité, mais faut-il le rappeler, Eric Clapton). Il a publié une trentaine d’albums. Son premier, "It's Chubby time", est paru en 1991. Atypique et imposant, largement tatoué, il s’est forgé une réputation de performer assez exceptionnel. Il décrit sa musique comme un hybride entre les Stooges et Buddy Guy ou alors entre Motörhead et Muddy Waters, a moins que ce ne soit entre Jimi Hendrix et Robert Johnson. "Two dogs" propose onze compositions signées Chubby ; et, en bonus, deux reprises live ! 

S'il Popa se consacre à la guitare, il est également capable de prendre à son compte les parties de basse et de percussions. Pour enregistrer cet opus, il a reçu le concours de son backing group, soit le drummer Sam Bryant, le bassiste Andy Paladino et le claviériste Dave Keyes.

Imprimé sur un tempo alerte, "It's alright" ouvre le long playing. Une bonne entrée en matière caractérisée par des premiers envols à la gratte et à l’orgue. Boogie saignant, "Rescue me" concède des accents pop. Exotique, "Sam Lay's pistol" ceux de la rumba. Funk/blues, le titre maître vire à la jam. Cordes déjantées, orgue et saxophone participent à un exercice de style dont raffole Popa. "Dirty old blues" est une superbe plage, qui déménage. L’opus recèle deux instrumentaux. Tout d’abord, l’excellent "Cayophus Dupree". Hanté par Santana, cette piste se distingue par ses échanges entre la guitare inspirée et l'orgue de Dave Keyes. Puis le boogie particulièrement dynamique "Chubby's boogie, déchiré entre cordes et piano.

Les deux bonus tracks sont autant de covers, immortalisées en public : le "Sympathy for the devil" des Rolling Stones et "Halleliujah" de Leonard Cohen. Des versions d’honnête facture, sans plus…

 

Otherdays

On the eighth floor + At the piano workshop

Écrit par

Etabli à Bruxelles, Otherdays est un quatuor espagnol réunissant Santiago Calvo Ramos, José Manuel Domínguez, Guillermo López et Sergio Negrín. Son premier elpee, « Architecture », est paru en 2015, un disque qui a demandé 10 longues années de travail avant de voir le jour. Ce nouvel opus compile deux enregistrements différents. Baptisé « On the Eighth Floor », le premier est le fruit de sessions réalisées en 2013, au sein d’un appartement, en Espagne. Il est découpé en 7 pistes. Intitulé « At The Piano Workshop », le second a été immortalisé en 2014,  au ‘Kaufmann piano workshop’ de la capitale européenne.

Essentiellement acoustique, la musique d’Otherdays baigne au sein d’un climat mélancolique. La voix de Santiago Calvo Ramos et la sèche servent de fil rouge, le reste de l’instrumentation –lap steel, orgue, piano, mélodica ou encore ukulélé– s’invitant en fonction des circonstances. Traditionnel, ce folk est surtout destiné aux longues soirées d’hiver, passées au coin du feu…

 

John Nemeth

Feelin' freaky

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John Nemeth est originaire de Boise, dans l'Idaho. D’abord charmé par le rock, il se convertit au blues, en découvrant Buddy Guy et surtout Junior Wells. Il décide alors de privilégier l’harmonica. Dès le début de sa carrière, il grave deux albums, "The Jack oh harps", en 2002, et "Come and get it", deux ans plus tard, un disque pour lequel il reçoit le concours du brillant gratteur californien, Junior Watson. En 2014, il part vivre à San Francisco. Il va y militer, pendant deux ans, au sein des Rockets d’Anson Funderburgh. Il décide alors d’entamer une carrière solo. Et dès cet instant, son blues se colore déjà de soul et de funk. Il signe chez Blind Pig, et réserve, au label californien, trois elpees, entre 2007 et 2010. Il publie deux long playings ‘live’ en 2012, "Blues Live" et "Soul Live". Deux disques qu’il autoproduit. L’année suivante, il émigre à nouveau, mais à Memphis, dans le Tennessee.

"Feelin' freaky" est paru sur son propre label, ‘Memphis Grease’. Il a bénéficié du concours du chanteur/guitariste de North Mississippi All Stars, Luther Dickinson, à la mise en forme. Mais également de son backing group, The Blue Dreamers, un band impliquant le drummer Danny Banks, le bassiste Matthew Wilson et le gratteur Johnny Rhodes…

Un front homogène de cuivres propulse "Under the gun", une compo qui traite du problème des armes aux Etats-Unis et de la protection des enfants. De sa belle voix soul, John nous emmène de Memphis à Chicago, en passant par Saint-Louis et la Nouvelle Orléans. Blues saignant, "S.T.O.N.E.D" baigne au sein d’une ambiance dramatique. Et l'envol de John sur son harmonica se révèle de très grande classe. Dommage qu’il soit si court ! La guitare de Johnny Rhoades et l'harmonica chromatique conjuguent leurs efforts pour lancer le rythme  de "Feelin' freky", une plage au cours de laquelle Nemeth se montre une fois encore souverain. Sa voix s’impose tout au long de la ballade soul, "Gave up on you", au cours de laquelle l’envol de cordes opéré devant les cuivres, est à la fois discret et efficace. La guitare rythmique épaule parfaitement sa voix, sur le nerveux "Get offa dat  butt", un r&b dansant, avant que John ne décide de prendre un billet de sortie à l’harmo, tout en prenant soin de rester bien intégré dans le rythme. Blues bien funky, "I'm funkin' out" met une nouvelle fois les qualités vocales de l’artiste, en exergue. Et l’opus de s’achever par "Long black Cadillac", une chanson d’amour mélancolique… 

 

Alastair Greene

Dream train

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Agé de 47 balais, Alastair Greene est chanteur/guitariste. Il collabore régulièrement en compagnie d’Alan Parsons, mais a également bossé sur des projets avec Aynsley Dunbar, Mitch Kashmar ou le Français Frank Goldwasser. Il drive son AG Band depuis 14 années. "Dream train" constitue déjà son septième elpee personnel. Il fait suite à "Trouble at your door", gravé en 2014. Pour la circonstance, Alastair est soutenu par sa section rythmique, en l’occurrence le bassiste Jim Rankin et le batteur Austin Beede. En outre, plusieurs invités ont participé aux sessions d’enregistrement. L’opus a été produit par David Z.

Power blues/rock détonant, le titre maître ouvre le long playing. Bien mise en exergue, la slide démontre toute l’expérience de Greene. Attaqués en formule trio, "Home Zayne" et "Demons down" véhiculent des accents sudistes, réminiscents de ZZ Top. Sa guitare délire tout au long de "Big bad wolf", un boogie parfaitement balisé par la section rythmique. Mike Finnigan tapisse de son orgue le blues lent, "Another lie", un morceau au cours duquel Alastair et Walter Trout partagent les envols de cordes. L'excellent Mike Zito l’épaule sur le puissant "Down to Memphis", une piste caractérisée par des duels spectaculaires. L’album recèle trois instrumentaux, dont le funky blues "Grateful swagger", au cours duquel Miss Debbie Davies se consacre à la deuxième gratte.    

 

Samantha Fish

Belle of the west

Écrit par

Issue de Kansas City, cette jeune chanteuse/guitariste pratique aussi bien le blues que le rock. Elle n’a pas encore 30 ans, et pourtant, elle affiche déjà une solide expérience. Faut dire qu’elle a entamé sa carrière en 2009, alors qu’elle venait juste de fêter ses 20 printemps. Au cours de cette année, elle avait publié "Live bait", un elpee autoproduit. C’est Thomas Ruf qui la repère et la signe sur son écurie. Depuis, elle a gravé 5 long playings, dont ce "Belle of the west". Elle a également participé à plusieurs tournées européennes, dans le cadre du projet "Girls with guitars". En trio, Samantha privilégie le répertoire clairement blues/rock. Et amplifié. Mais "Chills and fever", paru seulement il y a quelques mois, s’ouvrait à la country, la soul et r&b. Luther Dickinson, le chanteur/guitariste de North Mississippi All Stars, s’est chargé de la mise en forme mais figure également parmi les musicos. Les sessions se sont déroulées au studio Zebra Ranch, sis dans le pays des collines du Mississippi.

"American dream" affiche bien la couleur. Un retour aux sources du blues pimenté par le pipeau de Sharee Thomas et balisé par des percussions placides. Une atmosphère passéiste qu’on retrouve tout au long de "Blood in the water". Outre la flûte droite, le violon de Little Mae s’intègre dans le décor, alors que Samantha s’autorise une sortie parcimonieuse sur les cordes, mais amplifiée. Elle chante joliment 'Need you more", une compo bluegrass empreinte de douceur. Une délicatesse qui imprègne également l’excellent "Cowtown", une piste au cours de laquelle les cordes se révèlent particulièrement séduisantes. La contrebasse d'Amy Lavere balise "Daughters", une ballade dont les voix féminines sont contrebalancées par des percussions accablantes. Bénéficiant d’un refrain pop, le plus roots "Don't say you love me" se distingue par sa six cordes tout en retenue. De toute bonne facture, cet LP s’achève dans le blues aux accents primitifs. "Poor black Mattie" et "No angels" sont illuminés par les superbes répliques entre Samantha et l'homme du Mississippi, Lightnin' Malcolm. Puis, en finale, "Gone for good", un morceau traité au bottleneck dans une ambiance digne de R.L Burnside, et si proche du son Fat Possum ! 

 

Esmerine

Mechanics of dominion

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2017 a été une année faste pour le label montréalais Constellation. Quelques mois après avoir publié le superbe dernier elpee de Godspeed You ! Black Emperor, « Luciferian Towers », il nous propose le tout aussi remarquable « Mechanics of dominion » d’Esmerine. Un opus qui fait suite à « Lost Voices », paru il y a deux ans. Il s’agit du 6ème long playing du duo réunissant le percussionniste Bruce Crawdon (ex-Godspeed You! Back Emperor) et la violoncelliste Rebecca Foon (ex-Thee Silver Mount Zion, Satland). Dans l’esprit de la philosophie prônée par l’écurie canadienne, « Mechanics of Dominion » véhicule un message sociopolitique. Un message, pour la circonstance, environnemental. Sujet auquel Rebecca est particulièrement sensible…

Pour enregistrer cet LP, la paire a bénéficié du concours de quelques invités, dont la violoniste de GY !BE, Sophie Trudeau. Découpé en huit longues plages, cette plaque baigne dans un indéfectible post-folk-rock, caractérisé par une riche orchestration, au sein de laquelle on reconnaît la présence d’un marimba. Entre pistes minimalistes (« The Space in Between »), intimistes (le mélancolique « La Pénombre), construites en crescendo (l’énergique « La Plume des armes ») ou instrumentalement riches (« La Lucha Es Una Sola », « Que se Vayan Todos », « Mechanics of Dominion »), Esmerine varie les climats et les émotions.

Votre serviteur n’a écouté cet album qu’après avoir confectionné son Top 2017. Il n’a donc malheureusement pas l’intégrer. « Mechanics of Dominion » y aurait pourtant mérité une place de choix !

 

Noga Erez

Off the Radar

Écrit par

Issue de Tel-Aviv, cette jeune compositrice et productrice est âgée de 28 printemps. « Off the Radar » constitue son premier elpee. Une œuvre qui lui permet de percer sur la scène internationale. Après avoir navigué dans les eaux folk et jazz locales, elle a décidé de changer de style, en installant un esprit clairement alternatif à ses des influences urbaines et électro ; le tout enrichi de messages sociopolitiques. Ainsi « Pity » aborde le cas d’un viol filmé et mis en ligne alors que l’oppressant « Global Fear » toise la tyrannie mondiale. Loin d’être inoffensif, « Off the Radar » emprunte cependant une enveloppe dansante et r’n’b –parsemée de samples et de beats ‘trap’– pour faire passer plus facilement des idées engagées parfaitement illustré par le titre du single, « Dance While You Shoot », dont l’aspect hybride et moderne lorgne vers M.I.A. voire Grime. Une artiste est née… avec un tempérament aussi haut que ne l’est son indéniable talent.

Chickenbone Slim

The big beat

Écrit par

De son véritable nom Larry Teves, Chickenbone Slim est chanteur et guitariste. Etabli aujourd’hui à San Diego, au sud de la Californie, il a longtemps sévi comme bassiste au sein de différents groupes locaux, y accompagnant même des gloires comme Tomcat Courtney, l’ex-leader de Mississippi Mudsharks, Scottie Blinn, et plus récemment, Big Jon Atkinson. Il n’est passé de la six à la quatre cordes, qu’en 2011. Deux ans plus tard, il réunit un backing group, qu’il baptise The Biscuits. L’équipe publie, fin 2015, "Gone", un disque pour lequel il reçoit également le concours de la crème des musiciens blues locaux. Lors d’une tournée dans le Nord, il se produit plusieurs fois à San Francisco. Il y rencontre le guitariste Kid Andersen, (NDR : il a milité chez Rick Estrin and the Nightcats), qui l’invite dans son studio, le Greaseland, sis à Hayward. Le drummer Marty Dodson et Big Jon Atkinson participent aux sessions. Ce dernier se consacre à la guitare, la basse et l’harmonica.

Slim signe les neuf pistes de cet LP. Blues classique, le titre maître ouvre la plaque. Atkinson se distingue déjà à l’harmo, alors que les interventions de gratte sont parcimonieuses. Plus saignant, "Long way down" trempe dans le funky blues. Invité, Scot Smart brille sur ses cordes tout au long de ce morceau hanté par Slim Harpo. Country, "Hemi Hodge" est imprimé sur le rythme alerte du chemin de fer. Kid Andersen y apporte sa contribution à la guitare. Big Jon est bouleversant sur sa musique à bouche tout au long de "Me and Johnny Lee", un downhome blues indolent. Un harmonica qui devient insatiable sur le swamp blues vintage, "Break me off a piece". Dommage que la voix de Slim ne soit pas davantage marquante…

 

Albert Castiglia

Up all night

Écrit par

Albert Castiglia est issu de New York City. Depuis l'âge de 5 ans, il vit à Miami. Il en a, aujourd'hui, 48. Albert a joué de la guitare pour le légendaire bluesman de Chicago, Jr Wells, dans les dernières années du siècle précédent. Sa première œuvre personnelle, "Burn", remonte à 2004. Une décennie plus tard, il signe sur le label allemand Ruf. Et y publie, "Solid ground". L’année suivante il participe au projet "Blues caravan". Puis, grave "Big dog". En 2016.

"Up all night" a été enregistré au studio Dockside, en Louisiane, sous la houlette de Mike Zito. Et en formule trio : soit Castiglia, au chant et à la guitare, Jimmy Pritchard à la basse, et Brian Menendez à la batterie. Réunissant onze plages sculptées dans un rock/blues nerveux, cet opus réunit originaux et reprises.

Dès "Hoodoo on me", Albert prend son billet de sortie et libère ses cordes. Bien funk, "I been up all night" est hanté par Jimi Hendrix. Et pour cause, les sonorités de cordes y sont bien distordues par la pédale wah wah. Pourtant, c’est bien la voix qui domine le sujet. Mike Zito se consacre au micro sur "95 South", un rock'n'roll dynamisé par la slide explosive de Sonny Landreth, un spécialiste sur cet instrument. De nombreuses plages se distinguent par les interventions de gratte largement amplifiées, libérées, mordantes, acérées. A l’instar de "Knocked down loaded", un titre qui s’inspire du regretté Stevie Ray Vaughan. Du shuffle "Chase her around the house", que souligne le piano de Stephens. Zito a composé "Quit your bitching", le slow blues de circonstance. Albert et Mike se partagent les vocaux face à l'orgue de Lewis Stephens. Dans un même registre, bien qu’empruntant un style différent, "Unhappy house of blues", un morceau signé par le légendaire Néo-orléanais Cyril Neville, est illuminé par l'harmonica de Johnny Sansone. D’excellente facture, ce long playing s’achève par "You Got Me To That Place", un blues exclusivement alimenté par Castiglia et Zito aux grattes acoustiques et aux vocaux, qui nous entraîne au cœur des marais louisianais…

 

André Bisson

Break

Écrit par

Ce Canadien est originaire du Nord de l'Ontario. Il s’est depuis installé dans le Sud de cette province. Chanteur, compositeur et guitariste, c’est un spécialiste de la soul et du r&b. Depuis une dizaine d’années, il drive son propre band. Intitulé "Rhythm & Blues Experience", son premier elpee est paru en 2009 ! "Break" constitue déjà son septième, un disque dont il s’est réservé la mise en forme. Son backing group implique six musiciens, soit une section rythmique, un claviériste et trois cuivres. Il signe dix des onze plages.

André est un performer. Il aime inciter son public à se secouer et danser devant le podium. Et il le démontre tout au long de "How many times". Mais aussi de "I got the right", une plage au cours de laquelle la guitare est particulièrement bien affûtée. Et encore du très ‘Stax’ "Feelin' fine". Tapissé par l’orgue et enrichi de cuivres, cette piste se caractérise par la voix très expressive. Puis enfin, l’enlevé "Next in line", qui se distingue par une sortie remarquée sur les cordes. Les ballades lentes collent idéalement à sa belle voix, une voix claire et naturellement puissante. A l’instar de "Break" qui ouvre la plaque, "The reason why" et "Is this happening", au cours desquelles Jesse O'Brien double judicieusement orgue et piano. Mais dans ce style, la plus belle compo lente est indéniablement "Reflections". Face aux cuivres et au violon de Crystal Lee, Bisson chante d’une voix chargée d’émotion, avant qu’il ne dispense un superbe solo saturé de feeling. De cet LP, on épinglera encore une reprise originale du célèbre "Eleonor Rigby" des Beatles, que colore une intervention à la trompette, plutôt singulière…

 

Guy Belanger

Traces & scars

Écrit par

Cet auteur/compositeur/harmoniciste québécois s’était lancé dans le blues traditionnel, en 1974, après avoir rencontré son concitoyen, Bob Walsh (NDR : il est décédé le 15 novembre 2016, à Montréal). Pas étonnant, qu’à l’époque, il décide de rejoindre son band, participant même, en sa compagnie, à de nombreuses tournées. Il élargit ensuite son spectre musical en apportant notamment son concours à Céline Dion et à la troupe du Cirque du Soleil. Il signe également de nombreuses musiques de film. Il entame ensuite une carrière solo et publie son premier elpee, en 2012. Un éponyme. En 2014, il grave "Blues Turn", à Chicago, opérant ainsi un retour au blues. L’année suivante, il décroche le prix du meilleur harmoniciste canadien. Et aux dernières nouvelles, il vient de remporter le même trophée, début 2018. "Traces & scars" constitue son septième LP. Il réunit 10 plages instrumentales personnelles et deux titres chantés.

Empreint de tristesse et de mélancolie, "My dearest friend" ouvre l’opus, une compo qui rend hommage à son ami regretté, Bob Walsh. "Better days" baigne au sein d’un environnement musical très riche. S’y distinguent lap et pedal steel, mais surtout les interventions créatives à l’harmo. Une pedal steel qu’on retrouve tout au long de "Les mauvaises herbes", une superbe B.O. de film, hantée par le piano.

Blues, "Fat boy" met en exergue, les cordes acoustiques de Preston Reed. Et puis, "See the light" est raffiné par l’harmo et dynamisé par les cordes électriques bien rock de Kaven Girouard, le gratteur attitré de Céline Dion. "Nitassinan" creuse jusqu’aux roots. "Not time" plonge au cœur d’une atmosphère louisianaise, et tout particulièrement de son culte vaudou. Compatriote, Luce Dufault (NDR : elle a fait partie de la troupe Starmania) chante "Who’s Left Standing", un soul/blues indolent.

 

Chris Barnes

Hokum Blues

Écrit par

Issu de New York City, Chris est écrivain, comédien, humoriste et musicien. Et il apprécie tout particulièrement le blues. Son nouvel opus se consacre au Hokum Blues, un style qui a rencontré un certain succès dans les années 20 et 30. Un blues dont les textes, le plus souvent humoristiques, se permettait des allusions à caractère sexuel. C'était notamment une spécificité propre aux ‘minstrel shows’ ou aux vaudevilles du début du vingtième siècle. Le hokum blues s’est développé après 1920, grâce à des artistes comme les Hokum Boys (Georgia Tom et Tampa Red), Bo Carter, Tampa Red et Lil Johnson.

Chris "Bad News" Barnes vient de mettre en boîte cet album consacré à ce style, plus particulièrement le répertoire des Hokum Boys, en compagnie de 5 musiciens, dont le guitariste Jimmy Vivino (NDR : un ex-Levon Helm Band) et l'harmoniciste Steve Guyger (NDR : il a milité au sein du backing group du Chicagoan, Jimmy Rogers). Les 14 plages de cet elpee ont été mises en boîte en 48 heures !

Le notoire "It hurts me too" de Tampa Red ouvre la plaque. Vivino à la slide et Guyger à l’harmo y tirent leur épingle du jeu. Jimmy se déchaîne sur ses cordes, et Miss Bette Sussman (Bette Midler, Whitney Houston), au piano, sur l'amusant mais remuant "Let me play with your poodle". Barnes se prête généreusement à cette comédie musicale, qui recèle, une homogénéité certaine. Derrière ses fûts, Shawn Pelton imprime le Bo Diddley Beat au très rythmique "It's tight like that". "Things about coming my way" est traité au bottleneck alors que "Keep your mind on it" adopte un rythme bien syncopé… 

 

Jesse Waldman

Mansion full of ghosts

Écrit par

Etabli à Vancouver, Jesse Waldman reconnaît pour influences majeures, Townes Van Zandt, Taj Mahal et Neil Young. Sa musique baigne dans le folk. "Mansuion full of ghosts" constitue son premier elpee. Il y rend hommage à cette grande ville canadienne qui l'a adopté. Jesse se consacre à la guitare, la lap steel et parfois au piano électrique. Pour enregistrer cet album, il a reçu le concours de quelques potes. Dont Marc L'Esperance. Un multinstrumentiste qui apporte également sa collaboration au chant et coproduit l’opus en compagnie de Waldman…

Empreint d’esthétisme, "Hope in shadows" et "Good company" agrègent judicieusement cordes acoustiques et de lap steel. Baignant dans le country/folk, ces titres bénéficient d’harmonies vocales réminiscentes de Crosby, Stills & Nash. La lap steel de Jesse produit des sonorités singulières, tout au long de l’excellent "Hummingbird". Il se révèle encore particulièrement créatif sur "Keep the light on the dark", s’autorisant même un un envol inattendu sur ses cordes électriques. Blues, "East Van blues" constitue une véritable ode à la beauté. D’ailleurs, caractérisé par sa mise en forme raffinée, le long playing recèle quelques petites perles, à l’instar de "Wild balloon", une plage alimentée par les cordes électro-acoustiques et le piano de Tom  Heuckendorff …

 

Ten Years After

A sting in the tale

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Ten Years After est une légende dans l’histoire du blues/rock. C’est une des plus célèbres qui a sévi sur la scène blues anglaise, à la fin des sixties. Une notoriété essentiellement imputable à son leader charismatique, le chanteur/guitariste Alvin Lee. Souvenez-vous, TYA s’est produit dans le cadre de l’illustre festival de Woodstock, en août 1969. Ses premiers elpees ont rencontré un franc succès. Et pourtant, le combo se sépare en 1974. Se réunit en 1983, avant de splitter à nouveau. Il se reforme en 1988, mais en 2003, Alvin décide de quitter définitivement le combo. Il est alors remplacé par Joe Gooch, qui cède ensuite le relais à Marco Bonfanti, en 2014. Ce jeune chanteur/guitariste londonien est depuis devenu la figure de proue du quartet. Lee a publié quelques long playings en solo, mais décède, le 6 mars 2013, en Espagne.

"A sting in the tale" marque les débuts studio de Marcus Bonfanti, dans le groupe. Au sein duquel figurent toujours deux musicos originels, le batteur Ric Lee et l'organiste Chick Churchill. Le line up est complété par le bassiste Colin Hodgkinson. Bien que toujours blues, TYA pratique une musique sensiblement différente de celle proposée dans le passé. Il ne s’agit donc pas d’une pâle copie. 

Bonfanti démontre déjà toute l’étendue de son talent sur le blues/rock solide "Land of the Vandals". Sa voix est légèrement éraillée. "Iron horse" monte en puissance, mais ici, c’est la ligne de basse tracée par Colin qui impressionne. Le changement le plus perceptible émane du rôle bien plus en vue de Chick Churchill, aux claviers. Et il le démontre tout au long de "Miss Constable". L’album recèle quelques excellents titres lents, à l’instar d’"Up in smoke", une plage caractérisée par la voix chargée d’émotion et le recours aux cordes acoustiques, de "Retired hurt", mais surtout, de "Diamond girl". Plus rock, "Last night of the bottle" nous replonge dans le passé. "Guitar hero", également. Les cordes arrachent littéralement. Et puis encore "Suranne Suranne". Puissante et rocailleuse, la voix rappelle John Kay, le leader de Steppenwolf. Etonnant !  

 

Chris Rea

Road songs for lovers

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Agé de 67 balais, Chris Rea est loin d’être un illustre inconnu. Chanteur/guitariste, mais également auteur-compositeur, il possède de solides références. Son premier elpee solo, "Whatever happened to Benny Santini?", date de 1978. Il devra cependant attendre la sortie de son cinquième album, "Water sign", paru en 1983, pour récolter du succès. Un succès confirmé par "Shamrock diaries", gravé en 1985. Depuis, il a publié une vingtaine d’opus, dont "Blue guitars", en 2005, un box réunissant 11 cd de nouveaux titres, un livre et un dvd. Chris est régulièrement victime d’ennuis de santé. Et depuis les débuts de sa longue carrière. Ainsi, en décembre 2017, il s'était alors écroulé sur scène, lors d’un concert accordé en fin de sa tournée.

Découpé en 12 plages, "Road songs for lovers", privilégie les ballades, un disque enregistré en compagnie de quatre musicos. Parmi ces plages, on épinglera le doux et profond "Nothing left behind" et "Angel of love", caractérisé par sa jolie mélodie. Mais Chris brille davantage quand il aborde le style roots qu’il teinte de blues sur une rythmique rock. A l’instar de "Happy on the road", une véritable perle lustrée par la voix flemmarde et illuminée par la slide volubile. Ou encore "The road ahead". Ainsi que "Rock my soul" et "Moving on", deux pistes assez R&B, à la finale cuivrée. Cependant, la meilleure piste est incontestablement "Last train". Elle évolue sur un rythme indolent, dans un climat de torpeur et d’inquiétude. La voix très grave accentuant cette impression. Les arrangements sont complexes. Et puis, la slide traverse littéralement, le mur de cuivres…

 

L’horizon d’Alaska Gold Rush est loin d'être bouché...…

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Alaska Gold Rush publiera un nouvel Ep, ce 30 mars 2018. Son titre ?  « And The Sky Dives Again ». En attendant, il nous propose « Horizon », un titre doublé d’un clip. Et c’est à découvrir, ici.

Le texte et les moments de cassure rythmique, tout au long du morceau, sont destinés à rappeler le goût du groupe pour les contrastes et la mélancolie. Et notamment à travers le blues. Dans le clip, Alaska Gold Rush joue sur les contrastes en mettant en scène une situation lumineuse, presque mystique. Elle est progressivement entrecoupée de flashes obscurs et angoissants et elle s’achève par une session sanglante chez le dentiste.

Alaska Gold Rush sera en concert le 05 avril au Botanique de Bruxelles.

https://twitter.com/alaskagoldrush_?lang=fr

 

L’album d'Oumou Sangaré, « Mogoya », remixé.

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Après avoir récolté un succès critique pour son album « Mogoya », publié en mai 2017, pour lequel elle avait reçu le concours du légendaire batteur Tony Allen, Oumou Sangaré a décidé de le remixer. Cet opus s’intitulera tout simplement « Mogoya Remixed ».

« Mogoya » use des talents du et est sorti en mai 2017. Le pouvoir de la voix d'Oumou Sangaré et son message restent aussi forts que toujours sur cet elpee. Coproduit par Andreas Unge à Stockholm et par le collectif de production français A.L.B.E.R.T. (qui a aussi travaillé avec Air, Beck et Franz Ferdinand).

Oumou Sangaré est reconnue internationalement et a collaboré avec Alicia Keys, Tracy Chapman, Bela Fleck ou encore Dee Dee Bridgewater. Elle a également participé à la confection de la bande originale de l'adaptation de « Beloved » de Toni Morrison. Elle est aussi ambassadrice de l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture et est investie dans l'économie malienne.

Oumou se produira en concert à la Cigale de Paris le 24 Mars 2018

https://soundcloud.com/no-format/sets/oumou-sangare-mogoya-remixed/s-EAldS

https://www.facebook.com/Oumou-Sangare-9288724562/

 

 

Qui a brûlé le nouveau single d’Abel Caine ?

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Largement inspiré par la soul, le funk et l’electro, Abel Caine est un groupe pop fondé par les frères Chainis. Aujourd’hui, le groupe revient avec un tout nouveau titre intitulé « She Burns », qui fait également l’objet d’une vidéo et c’est à découvrir ici. Il prélude un futur Ep, dont la sortie est prévue dans le courant 2018.

Des rythmes incisifs ainsi que des mélodies accrocheuses font partie des ingrédients qui entrent dans la musique d’Abel Caine. Et le tout est soutenu par la voix chaude et largement reconnaissable de Milann Lafontaine (NDR : le fils de Philippe).

https://www.abelcaine.com/

 

Baxter Dury

En toute décontraction et dans la bonne humeur…

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Jeudi dernier, le Botanique accueillait un habitué des lieux. Et pour cause, c’est la cinquième fois que Baxter Dury foule les planches d’une salle du Botanique. La toute dernière, c’était en 2014, dans le cadre de la présentation de son album, « It’s a Pleasure ». Quatre ans plus tard, il est venu défendre son tout dernier, « Prince of Tears », paru en 2017. Un opus moins convaincant que le précédent, nonobstant ses quelques petites perles. Cette légère baisse de régime n’a pas pour autant découragé la foule, puisque le show est soldout depuis quelques jours. Faut dire que le fils de feu Ian Dury peut compter sur un large panel d’aficionados, au sein duquel toutes les générations sont représentées.

A 21 heures tapantes, les lumières s’éteignent. Les haut-parleurs crachent une musique de bal. Les musicos grimpent sur le podium. Deux choristes/claviéristes s’installent aux extrémités de l’estrade. Un guitariste, un bassiste ainsi qu’un batteur se plantent en retrait. Ils commencent à jouer, avant que Baxter Dury n’entre en piste. Vêtu d’un costard cravate, le dandy britannique, malgré quelques cheveux gris en plus, est toujours aussi élégant. Dès l’entame du set, il nous gratifie de quelques pas de danse désarticulés. En toute décontraction. Le concert s’ouvre par « Isabel », une excellent compo issue de son elpee, « Happy Soup ». Entre les morceaux, sourire en coin, Dury s’amuse à chauffer le public, voire à taquiner des spectateurs bavards. Il enchaîne les titres de son dernier LP, en passant du micro au piano. Mais également les chansons qui ont fait son succès. Le son est parfait. La guitare et la voix de l’Anglais sont bien mis en évidence et sont parfaitement soutenus par les choristes qui, elles aussi, n’hésitent pas à oser quelques mouvements de danse.

Un peu avant 22h, la formation vide les lieux. Quelques instants plus tard, après avoir reçu une rose, de la part d’une admiratrice, le natif de Wingrave et sa troupe accordent deux derniers morceaux ; en l’occurrence le savoureux « Cocaine Man » et son dernier single, « Prince of Tears ». On ne pouvait rêver mieux pour couronner un concert au cours duquel la bonne humeur était omniprésente...

(Organisation : Botanique)

Julien Doré se met à nu…

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Terminés guitares, batterie et décibels, Julien Doré, après sa tournée sold out, abandonne le panda de "Coco câline" et revisite en acoustique  son dernier opus "&", enté de deux reprises, "Aline" de Christophe et "Africa" de Rose Laurens (avec Dick Rivers ).

L'album s'appelle "Vous & moi" et est sorti ce deux mars.

Mais l'artiste ne se met pas à nu que sur disque, il entame au printemps une nouvelle tournée,  intimiste cette fois, seul avec sa guitare et son piano, ses chansons et ses mots. Et Julien, qui décidément aime beaucoup notre pays et ne le quitte plus, sera le 8 mai au Forum de Liège, le lendemain au Palais des Beaux-arts de Charleroi, ainsi que plus tard au Théâtre Royal de Mons (le 1er juin) avant de retourner à Liège (le deux du même mois).

En tout cas, une bonne nouvelle et une démarche qui semble sincère quand on sait que c'est en public que le chanteur occitan donne sa pleine mesure et toute sa dimension.

https://youtu.be/VO0SzKCxJwY