Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Puggy

Un vrai coup de chœur !

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C’est la première fois que Puggy se produit au Festival des Libertés. Un festival engagé et artistique, festif et subversif également. Le logo reflète d’ailleurs parfaitement cette lutte sociopolitique. Il mobilise du 19 au 28 octobre 2017, toutes les formes d’expression pour se faire le témoin de la situation des droits et des libertés et inciter à la résistance ainsi que promouvoir la solidarité. Un immense écran est présent en bord de scène. Que va-t-il se passer ? Assisterions-nous à la projection du film ‘Bigfoot Junior’, dont Puggy a signé la bande originale. Que nenni ! Les vidéos sont destinées à expliquer et conscientiser le peuple à la détresse des migrants qui quittent leur pays suite à la guerre. Ils ne sont toujours pas bien accueillis chez nous et sont parfois considérés comme des pestiférés quand ils ne sont pas confondus avec les djihadistes. Ce festival est donc également destiné à combattre les stéréotypes et à changer les mentalités.

Une page se tourne pour Puggy. Ce soir, c’est le dernier concert de la tournée « Colours », entamée en mai 2016, un périple qui lui a permis de visiter de nombreux pays ainsi que de fouler les planches de festivals majeurs. Comme cet été au BSF. Pour la circonstance, il avait tenté une belle et audacieuse expérience, en invitant un chœur gospel. En l’occurrence The Gospel Wings, une des chorales drivée par Didier Likeng, un auteur/compositeur/arrangeur/professeur et directeur artistique d’origine camerounaise. Ce n’était d’ailleurs pas leur première rencontre. La troupe implique 8 chanteurs, de parité hommes/femmes. Pas évident pour l’ingé son de gérer une telle entreprise. Mais Benoît connaît bien son job et il va assurer…

Ziggy se plante à droite derrière ses fûts et ses claviers. Matthew opte bien évidemment pour le centre. Il a le choix entre une fameuse panoplie de grattes semi-acoustiques et une Gibson rutilante, de couleur brune. Romain s’installe à gauche, toujours fidèle à sa vieille basse, modèle 1965. A l’arrière, se poste le claviériste/pianiste, Matthieu Vandenabeele, qui remplace John Janssens depuis un an. Les 8 choristes sont disposés en éventail, derrière le band. Ils sont tous vêtus de noir. Hormis « Dubois Died Today » et « Burned », la set list est identique à celle proposée dans le cadre du BSF. En début de parcours, les chœurs restent plutôt discrets ; mais au fil du show, la combinaison des voix devient de plus en plus complexe et lorsqu’elle entre en symbiose avec le groupe, le résultat est de toute beauté. Quand aux compos les plus soul ou funk, elles nous délectent de saveurs sucrées et africaines, à l’instar de l’inévitable « Soul », mais également de « Where You Belong ».

« Fight Like You’Re Fighting » adopte un profil électro. Pendant « Feel So Low », les percus prennent leur envol, alors que Matt torture sa gratte jusqu’au point de rupture, avant de prendre du recul pour laisser le micro à Romain. « Last Day On Earth » est toujours le titre préféré de votre serviteur. Et il sait pourquoi ! Place ensuite à « Where You Belong », un extrait de la bande sonore de ‘Bigfoot’. Et les envolées des violons sont avantageusement remplacées par la chorale. Superbe !

Les musicos de Puggy quittent alors le podium pour la laisser la place à l’octuor. Didier Likeng empoigne une gratte électro-acoustique (NDR : une ‘Martin And Co’, dont le prix varie entre 2 000 à 7 000 euros) et guide alors la troupe tout au long de ce morceau. La chorale s’exprime alors pleinement et libère tout son charisme. Retour de Puggy pour « How I Need You » et « Change The Colours ». Embrassades entre membres du collectif et de Puggy.

« Simple Feelings », c’est le second extrait de « Bigfoot Junior ». Maître du jeu, Ziggy s’époumone au chant tout en martelant ses les fûts. Matt et Romain se contentent de participer aux backing vocaux. Mais soutenu par les chœurs, cette compo génère de la magie pure. On en attrape des frissons partout.

Lorsque la voix de Matt émerge des chœurs, on ne peut s’empêcher de penser au « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band » des Fab Four. « Territory » clôt le set qui vire au délire electro.

Comme précisé plus haut, le rappel propose deux titres du premier elpee, puis « Burned », avant de s’achever définitivement par « When You Know » moment choisi par Matt pour pousser ses cordes vocales à la limiter de leur potentiel. Il invite également la fosse à participer à la fête et à reprendre les paroles… en chœur. Puggy a décidé de prendre une pause –bien méritée– avant de s’attaquer à l’écriture des compos d’un nouvel album… 

(Organisation : le Festival des Libertés en partenariat avec CNCD et 11.11.11)

Fats Domino

R.I.P. Fats Domino

Écrit par

Antoine Domino Jr, alias Fats Domino, est décédé de mort naturelle chez lui, ce 25 octobre 2017, à Harvey, de l'autre côté du Mississippi, à la Nouvelle Orléans. Là où il avait reconstruit sa maison après le passage de l'ouragan Katrina, en 2005.

C'est dans la grande cité musicale du sud qu'il était né. Le 26 février 1928 février. Il était donc âgé de 89 ans. D'origine créole, il a appris à jouer du piano dès son plus jeune âge.

Ce grand amateur de blues et de boogie-woogie avait été repéré par un chercheur de talent, le trompettiste/compositeur Dave Bartholomew. Il est signé dès 1949 par le label Imperial. Fats portera sera d’abord considéré comme un artiste de rhythm & blues avant de devenir l'un des pionniers du rock'n'roll.

Fats Domino a énormément enregistré et à décroché de nombreux succès, à l’instar de "Blueberry Hill", "I'm walkin'", Ain't that a shame", Josephine" et bien sûr "Lady Madonna", sa reprise des Beatles.

Il restera définitivement l'un des plus grands noms du rock'n'roll noir auprès de Chuck Berry et Little Richard.

 

The Easybeats

R.I.P George Young

George Young est décédé ce 22 octobre 2017, à l’âge de 70 ans. Il était né à Glasgow avant d'émigrer, en Australie, dès 1963, à Sydney, très exactement. Ainsi que toute sa famille. Il fonde les Esaybeats, l’année suivante, en compagnie de Stevie Wright, Snowy Fleet, Harry Vanda et Dick Diamonde. Ce quintet grave en 1966, "Friday on my mind", une chanson qui deviendra un  hit planétaire. Au sein de la formation, il se consacrait à la guitare rythmique.

A la mi seventies, il avait fondé Flash & The Pan, en compagnie de Vanda, duo de studio qui allait décrocher quelques tubes, dont les plus connus restent « Waiting for a train » et « Walking in the rain ».

George était aussi le frère aîné des deux gratteurs d’AC/DC, Angus et Malcolm. Son rôle a été essentiel dans la genèse du célèbre groupe de heavy metal, formé en 1973. Il a d'ailleurs produit les premiers albums de ce band devenu mythique.

 

Trevor Sewell

Calling Nashville

Écrit par

Le blues/rock de Trevor Sewell rencontre une certaine popularité de l'autre côté de l'Atlantique. Pourtant, ce chanteur/guitariste est britannique. Au sein de l’Albion, il s’est surtout forgé une notoriété comme musicien de studio. Sa discographie personnelle est quand même conséquente et recèle même des hommages rendus tantôt à Mark Knopfler, Robert Johnson et même Freddie King. Sous-titré "An Americana Adventure", ce nouvel elpee a été enregistré au studio Sound Emporium de Nashville, soutenu circonstancielle ment par une section rythmique, basse/batterie. Trevor signe les onze plages.

Blues/roots assez complexe, "Some day" entame les hostilités. Le trio est ici épaulé par Kellen Michael Wenrich, au violon. Des chœurs soulignent la voix éraillée de l’artiste qui dispense des riffs de guitares largement amplifiés. Des interventions qui se révèlent surprenantes, hantées par le Mark Knopfler de Dire Straits, tout au long de la ballade folk/rock "Mountain of gold". Superbe ! Un spectre que l’on retrouve sur "Matter of time", un roots/rock cool au cours duquel Trevor se révèle un excellent gratteur. Chargé de jazz et de swing, "Fade to grey" (NDR : rien à voir avec le tube de Visage !) est une longue compo. Sewell partage les vocaux avec Janis Ian, particulièrement notoire dans l’univers du folk. En outre, cette dernière double au piano. Blues lent plutôt laidback, "Long time ago" se distingue par un bel échange vocal entre l’Anglais et l'admirable Tracy Nelson (NDR : fin des sixties, elle militait chez Mother Earth, à San Francisco). La guitare passe à l’offensive sur "You ain't what I'm looking for", un blues rapide inspiré par Freddie King. Piste nerveuse aux accents rock, "Stand next to him" est le théâtre de beaux échanges entre le violon et la guitare. En finale, Janis Ian revient aux ivoires, pour le tendre et mélancolique "Shadows"…

 

Doug Macleod

Break the Chain

Écrit par

Doug MacLeod est un bluesman notoire, mais également un conteur. Originaire de New York, il a pas mal bourlingué. Agé de 71 balais, il s’est établi depuis quelques années, à Los Angeles. Il a décroché plusieurs Blues Music Awards, notamment celui de meilleur artiste blues acoustique, en 2016 et 17. Son premier elpee, "No road back home", remonte à 1984. Depuis, il a publié une belle volée d’albums. En ‘live’, il relate ses histoires et contes, en se servant du blues. Et c’est de nouveau le cas sur ce "What the blues mean to me", un opus enregistré au sein du studio californien Skywalker Sound. Doug est toujours inspiré par les aléas de la condition humaine à travers ses douze compositions personnelles. Il joue seul ou en formule duo, trio voire quartet, selon les plages. Y participent donc, suivant les pistes, ses musiciens ; en l’occurrence le batteur Jimi Bott (ex-Blues Survivors, Mighty Flyers, Fabulous Thunderbirds), le bassiste Denny Croy et le percussionniste Oliver Brown.

"Goin' down to the Roadhouse" ouvre le bal. Armé de son bottleneck, MacLeod part à la recherche de besoins primaires, comme manger, boire, danser ou parler à quelqu'un pour briser sa solitude. Il est cependant rapidement rejoint par sa section rythmique. Doug déclame les lyrics de "Mr Bloozeman", un blues autobiographique, ponctué par une excellente sortie sur les cordes. Et également tout au long de "Who's driving the bus?", un boogie primaire hanté par John Lee Hooker. "Lonesome feeling" relate une expérience de relation amoureuse dont il porte la responsabilité de la rupture, un downhome blues flemmard qui charrie une bonne dose de misère et de tristesse et qu’il chante seul, en s’accompagnant à le National Resophonic. Instrumental, "One for Tampa Red" rend hommage à ce grand bluesman du delta qui a sévi avant la deuxième guerre mondiale. Interprété a cappella, le holler "Going home" opère un retour aux sources du blues. "Break the chain" clôt cet opus. Il aborde le thème du cycle de la violence familiale et de ses abus. La famille MacLeod, Doug et son fils Jess, s’y partagent voix et cordes. Une œuvre qui transpire d’authenticité! 

 

Johnny Ray Jones

Feet back in the door

Écrit par

Surnommé le ‘Godson of Soul’, Johnny Ray Jones est issu du Sud de la Californie. "Feet back in the door" constitue le premier elpee de ce chanteur. Un disque dont la confection a nécessité pas mal de temps. Et pour cause, les premières sessions remontent à 1995, lorsque ses amis musiciens, Tony Braunagel, Marty Grebb, Joe Sublett et Johnny Lee Schell l’avaient rejoint pour mettre en boîte quatre titres. Et les sessions n’ont repris qu'en 2015 et 16. Il vient donc enfin de sortir ! Et a bénéficié de la coproduction de Johnny Ray, Tony Braunagel et Jimmy Lee Schell, deux requins des studios blues à Los Angeles.

L'opus s’ouvre par le titre maître, une compo soul écrite par Arthur Adams, un bluesman de couleur noire, issu du Tennessee. La voix passe bien la rampe et l’expression sonore, enrichie par le concours des Texicali Horns, en l’occurrence le saxophoniste ténor Joe Sublett et le trompettiste Darrell Leonard, est impeccable. Signé Sam ‘Bluzman’ Taylor, seul rescapé des sessions de 1995, "Hole in your soul" évolue dans un registre proche du Memphis R&B, une piste au cours de laquelle Coco Montoya se montre particulièrement incisif à la guitare. Mike Finnigan s'illustre à l'orgue et au piano tout au long de "Come up and see me sometime", une plage qui baigne dans le même style. "High coast of loving" est un r&b au charme certain. La voix est superbe et Johnny Lee Schell se réserve un envol sémillant sur ses cordes. Il est toujours à la gratte pour "Hard times won", un Chicago blues inspiré par Willie Dixon, que souligne Jimmy Powers (NDR : il a milité au sein du backing group de Buddy Guy) à l’harmo et Lenny Castro aux percus. "Love-Itis" est un titre cosigné par Harvey Scales, Albert Vance et Rudy Jacobs. Il avait été repris par les Sonics, mais surtout a été popularisé par le J Geils Band. Les cuivres et les ivoires tirent parfaitement leur épingle du jeu tout au long de cette version très rythmée, alors que la voix de Johnny Ray emprunte des inflexions à Bryan Ferry. Johnny Lee libère toute sa sensibilité lors de la reprise du "I'm a bluesman" de Z.Z Hill. Et pour celle du "A certain girl" d'Allen Toussaint, Tony Braunagel imprime le tempo alors que Joe Sublett brille au saxophone ; le tout au sein d’une atmosphère néo-orléanaise. Une dernière cover clôt ce long playing. En l’occurrence le "Hearts have turned to stone" de Leon Russell. Explosive, elle se distingue par les interventions offensives au piano de Finnigan.

 

Jason Isbell

The Nashville Sound

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Originaire de Green Hill, dans l’Alabama, ce chanteur/compositeur est âgé de 38 ans. Ce fan de Neil Young et Bob Dylan vit cependant à Nashville, depuis 2011. Il a sévi au sein du band américain de roots/rock, Drive By Truckers, de 2001 à 2007, après avoir bossé dans le fameux studio Muscle Shoals. Jason a gravé son 1er elpee solo, "Sirens of the bitch", en 2007. Il décide alors de poursuivre cette aventure en solitaire. Son quatrième opus, "Southeastern", est primé aux Americana Music Awards, dans les catégories album, chanson et artiste. Tout comme l’opus suivant, "Something more than free", paru en 2015. Outre sa carrière individuelle, Jason Isbell enregistre et se produit en compagnie d’un backing group qu’il a baptisé 400 Unit, une formation qui réunit les musiciens de Muscle Shoals, également établis en Alabama. "The Nashville Sound" constitue déjà le 3ème elpee de ce team. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au sein du studio A de RCA, à Nashville, sous la houlette de Dave Cobb.

Ballade country/americana, "Last of my kind" ouvre la plaque. La voix de Jason est superbe. Il chante en s’accompagnant à la sèche, avant que les instrumentistes n’entrent en action, c’est-à-dire Derry deBorja aux claviers, Sadler Vaden à la pedal steel et Amanda Shires, l'épouse d'Isbell, au violon. Nonobstant son refrain contagieux, "Cumberland gap" est une plage plus sauvage et largement amplifiée, entretenue par des cordes relativement déjantées. Soutenu par la voix d’Amanda, Jason chante, d’une voix claire et pure, la tendre ballade "Tupelo", une plage au parfum honky tonk, traversée par une pedal steel aux sonorités chaudes et métalliques. "White man's world" véhicule un message manifestement sociopolitique. Délicat, le tempo est pourtant imprimé par la section rythmique, alors que d’excellents échanges s’opèrent entre la slide d'Isbell et le violon de Miss Shires. Dès l’ouverture d'"Anxiety", la pression se révèle permanente. Une fresque de près de 7' dominée par la voix de Jason, très susceptible de rappeler celle de Neil Young. Les orchestrations sont élégantes, les claviers de deBorja atmosphériques, et au bout de 5’, on assiste à une rupture totale dans le style. Un choix, manifestement à renouveler ! Ballade americana, "Molotov" est enrichi d'arrangements délicats. "Hope the high road" s'ouvre par des riffs rythmiques ‘rollingstoniens’, une plage de roots/rock à la fois mélodique et musclée, mais qui ne manque pas de charme ; et au cours de laquelle la slide et l’orgue sont bien mis en exergue. Excellent ! De bonne facture, cet opus s’achève par une ballade bluegrass entretenue par deux voix, un violon et des cordes acoustiques…  

 

Scott Ellison

Good morning Midnight

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Agé de 63 ans, ce chanteur/guitariste est originaire de Tulsa, dans l’Oklahoma. Au cours des 80’s, il a émigré à Los Angeles. La décennie suivante, il monte son blues band et publie ses premiers elpees, "Chains of love", en 1993 et "Live at Joey's", en 1995. Il retourne ensuite chez lui, à Tulsa. Depuis, non seulement il tourne constamment, mais il soigne sa discographie. Son dernier opus, "Elevator man", était paru en 2015. "Good morning Midnight" a été enregistré dans l'Oklahoma. Un disque pour lequel il a de nouveau reçu le concours du producteur/compositeur Walt Richmond, un personnage qui a notamment bossé pou JJ Cale et Eric Clapton. Lors des sessions, de nombreux musiciens de studio sont venus apporter leur collaboration.

Ex-Bob Seger and The Silver Bullet Band, Chris Campbell se réserve le micro sur "Sanctified", le morceau qui ouvre l’opus. Puissante et éclatante, sa voix réplique à celle de  Marcy Levy, une ancienne choriste d'Eric Clapton. Perçante, la guitare d'Ellison finit par se poser avant d’occuper tous les espaces libres. Talonné par ses notes courtes et tranchantes, Scott chante comme un possédé l’enlevé "No man's land". Signé par son ami Steve Pryor, disparu depuis une année déjà, "Last breath" constitue certainement une des meilleures plages du long playing. La voix de Scott est plus claire. Il se consacre à la slide alors que Brad Absher (NDR : membre de Swamp Royale) se réserve la guitare baritone. Reggae/blues, "Hope and Faith" est tapissé par l’orgue Hammond de Danny Timms (NDR : il a milité au sein des backing groups de Willie Nelson et Kris Kristofferson). "Mysterious" baigne également au sein d’un climat exotique, une piste qui aurait pu figurer au répertoire de Clapton. Blues/rock classique "Another day in paradise" nous entraîne à Chicago. Imprimé sur un mid tempo, le soul/blues "You made a mess" est chargé de feeling. Guitare et orgue son bien mis en exergue sur "Good morning midnight", un blues enlevé souligné par les interventions à l’harmo de Junior Markham, un ami de Tulsa ! L’intro de "Tangled" emprunte des riffs rythmiques ‘rollingstoniens’, une plage au cours de laquelle Scott opère une sortie très remarquée à la slide. Instrumental, "Wheelhouse" change radicalement de style. Tout en swing, ce jazz jump est judicieusement illuminé par le piano de Danny Timms, la trompette de Mike Bennett et le trombone de Steve Ham. Blues urbain largement amplifié, "Big City" met le cap sur Memphis, les interventions de gratte évoquant carrément Albert King. Cet LP s’achève par "When you loves me like this", un shuffle transpercé par l'harmonica de Markham et caractérisé par un dernier envol généreux sur les cordes…

 

Scottie Miller

Stay above water

Écrit par

Américain, Scottie Miller est membre du Minnesota Blues Hall of Fame. Son expérience ? Il l’a forgée lors des tournées accomplies auprès du légendaire Bo Diddley. Depuis 2008, il milite également au sein du backing group de la chanteuse texane Ruthie Foster. Il est avant tout pianiste et puise son inspiration majeure au sein des tempos et rythmes de la Nouvelle Orléans. Il joue également de l'orgue, de la guitare et de la mandoline. Si Miller privilégie le blues et le rock, il aime teinter ces expressions sonores de soul, r&b, jazz, country ou funk. Il a monté son SM Band en l'an 2000 ; et cet opus constitue déjà son dixième ! Il a été enregistré chez lui à Minneapolis. Son backing group implique le drummer Mark O'Day, le guitariste Patrick Allen et le bassiste Dik Shopteau. Miller signe les douze plages et se réserve la mise en forme de cet album!

Bien carré, "Burned all my bridges" ouvre a plaque. La voix de Scottie est autoritaire. Piano et sax baryton contribuent au rythme de cette plage au cours de laquelle les cordes de Patrick finissent par s'illustrer. Allen se réserve un bel envol sur "Keep this good thing going", un funky r&b de toute bonne facture qui bénéficie du concours de Ruthie Foster au chant. Scottie et passé à la mandoline pour le titre maître, un roots rock musclé. Mais se la réserve également sur "Same page", une piste qui nous conduit dans le Sud et "Falter", un southern blues qui ne manque pas de charme, les interventions au piano et au chant lorgnant même vers Greg Allman. Allègre, entretenu par le piano, l’orgue, les cuivres et la guitare, "It better groove" est un r&b qui baigne au sein d’un climat particulièrement néo-orléanais, un morceau au cours duquel les percus de Mark O'Day libèrent une bonne dose de groove. "Let's what you do" adopte un profil funky r&b. "Come along" constitue certainement un des meilleurs titres de ce long playing. Scottie vocifère. Ou presque ! Lourdes, les percussions dirigent la manœuvre tandis que la basse est bien mise en exergue. Et lorsque les riffs de gratte s’infiltrent dans le tempo, c’est pour nous guider au cœur d’un périple aux accents orientaux.

 

Amadou & Mariam

Une transe purificatrice ?

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Amadou et Mariam sont de retour à l’Ancienne Belgique. Alors, un tel concert, votre serviteur n’a certainement pas envie de le manquer. Le spectacle est sold out. Le début des hostilités est fixé à 20h30, et il n’y a pas de supporting act. Normal, puisque la prestation va durer deux bonnes heures. Et être particulièrement propice à la danse.

Le couple Amadou et Mariam, de leurs véritables noms Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia, sont des musiciens et chanteurs de nationalité malienne. Ils sont aveugles tous les deux. Amadou a perdu la vue à l'âge de seize ans, tandis que sa compagne l’est devenue à celui de cinq ans. Ils sont en tournée pour défendre leur dernier opus, « La confusion », paru 5 longues années après « Folila ». Peu d’artistes ou de formations pratiquant la ‘world music’ sont parvenus à autant transcender les genres et à bosser en compagnie de figures aussi marquantes de la scène internationale que Damon Albarn, Manu Chao, Nas et Damian Marley, Santigold, TV On the Radio ou encore Bertrand Cantat.

Les musicos débarquent sur les planches au compte-gouttes. Le drummer et le percussionniste se plantent sur une même estrade surélevée, du côté gauche. Ils saluent le public en frappant dans les mains. Le claviériste, s’installe sur un autre petit podium, à droite. Et après le bassiste, Amadou et Mariam font enfin leur apparition, en compagnie d’une choriste/danseuse. Et danser, elle ne va jamais s’en priver tout au du show, se lançant le plus souvent dans une forme de transe. En outre, son timbre de voix est à la fois puissant et grave.

Extrait du nouvel elpee, « Ta Promesse » ouvre le bal. La frappe du drummer est résolument rock. La ligne de basse soutient parfaitement l’imparable rythmique. On apporte une gratte à Amadou qui demande à la foule, s’il va bien. Pendant ce temps, Mariam chauffe déjà la fosse. Des spots rouges se focalisent sur les visages des artistes, qui sont –et ce n’est jamais une surprise– de bonne humeur. Il y a quelque chose de fort à voir deux personnes, atteintes de cécité être aussi heureux et complices sur les planches.

« C’est chaud » véhicule un message politique engagé. Les mots sont pourtant simples, puisqu’il s’agit d’une énumération des troubles subis par le monde contemporain, comme l’insécurité, la xénophobie, la haine et la crise économique, qui forcent les hommes à quitter le pays, laissant derrière eux, femmes et enfants. Non seulement, Amadou impose sa voix, mais il affiche un fameux toucher sur les cordes, parfois digne d’un Joe Bonamassa. « Filaou Bessame » campe un blues du désert ; plusieurs morceaux vont d’ailleurs nous y entraîner…

Pas de Mathieu Chedid pour « Masiteladi ». Les textes mêlent français et bambara. Et le résultat est fabuleux. Une chanson propice à la transe purificatrice et à l'éloignement des mauvaises ondes.

Issu du dernier elpee, le single « Bofou Safou » parle de jeunes garçons fougueux préférant aller danser plutôt que de travailler, une composition pimentée de sonorités électroniques, fait plutôt rare chez le duo malien.

« Africa » reflète la joie de vivre de ce couple magique et si chaleureux. Le titre maître de l’opus « La Confusion » pose un constat flagrant : ‘Les hommes et les femmes ont démissionné / Les enfants sont abandonnés dans les rues / Les mariés sont en train de divorcer, alors que jadis ils se mariaient tranquillement le dimanche’. Il soulève cette confusion ambiante qui ronge le Mali. Et « La Réalité », qui termine le show, communique un message de la même trempe.

Lors du rappel, le hit intemporel « Dimanche A Bamako » va faire chavirer le public. Même qu’à l’étage, plus personne n’est assis. Et le message de « La Paix » clôt ce magnifique set. Aujourd’hui, c’est également l’anniversaire d’Amadou, auquel la foule va lui réserver un vibrant ‘happy birthday’…

(Organisation : AB + UBU)

Une compil pour les chansons belges méconnues

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Le premier volume de la compilation Belgian Nuggets 90s-00s sortira le 17 novembre prochain. Il s'agit d'un recueil de chansons belges méconnues du public. C'est la période qui commence à partir de 1990 qui est couverte.

L'ambition est de lancer une véritable série de qualité et de faire de chaque volume un objet prisé par les amateurs de musique et les collectionneurs en Belgique et au-delà.

Dans ce premier volume, on retrouvera par exemple un morceau de dEUS!

Plus d'infos ici.

 

Lethvm

Un travail d’écriture vraiment particulier…

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Lethvm : une orthographe atypique, mais surtout une formation qui gravit petit à petit les échelons de la scène métallique belge. Auteur d’un Ep en 2016, le groupe de Doom a participé cet été au ‘Loud Program’ (un concours organisé en Fédération Wallonie-Bruxelles) et a été sélectionné parmi les quatre meilleurs lauréats. À quelques semaines de la sortie de son premier elpee studio (24 novembre), « This Fall Shall Cease », les musiciens reviennent sur les débuts de leur histoire et évoquent un futur plutôt prometteur. Rencontre.

Pourriez-vous tout d’abord indiquer ce qui se cache derrière le mot Lethvm ? Pourquoi avoir choisi ce terme comme patronyme ?

Tony (batterie) : Lethvm tire sa racine du grec ‘lethal’, un mot qui désigne donc un rapport à la mort. Mais une mort plus appréhendée sous la forme d’une érosion physique et mentale. On a ensuite ajouté un ‘h’ et remplacé le ‘u’ par un ‘v’ afin de se forger une identité propre. On ne voulait pas d’un mot qui soit simplement puisé dans le dictionnaire. On souhaitait s’en emparer.

Lethvm ne compte que deux années d’existence, mais vos compositions laissent néanmoins transparaître un certain passé musical. Quels sont vos parcours respectifs ?

Vincent (chant) : j’ai transité par Death By Nature (Mathcore) et Oldd Wvrms (Doom/Sludge), avant de quitter ces bands, pour finalement rejoindre Lethvm.
Ben (basse) : Matthieu (guitare), Tony et moi, nous nous connaissions déjà auparavant. On avait déjà joué tous les trois dans un groupe de rock. On s’est ensuite séparé, jusqu’au jour où Mathieu et Tony se sont revus au festival de Dour et ont décidé de monter un projet ensemble. Je les ai finalement rejoints au sein d’Illensys, avant qu’il ne soit décidé d’opter définitivement pour Lethvm.
Tony : … mais on n’a jamais conservé de titres composés pour l’ancien groupe. Quand on a envisagé, fin de l’année 2015, de lancer Lethvm, on est reparti d’une feuille blanche. Puis notre vocaliste, Vincent, est arrivé. C’est alors que tout a vraiment démarré ; et on a enregistré un premier Ep.
Vincent : on s’est vite rendu compte que si on voulait avancer et décrocher quelques shows, il fallait proposer du concret. Soit un Ep. Il sonne très sale, mais je l’aime beaucoup (rires) ! On a ensuite continué à écrire tout au long de l’année 2016, entre quelques concerts accordés en Belgique et en France.       

Jusque mai 2017, où vous avez commencé à bosser pour réaliser votre premier LP studio, « This Fall Shall Cease ».

Mathieu : un travail de longue haleine ! On a beaucoup composé. Certains titres ont même été carrément jetés à la poubelle.
Tony : un peu comme un gros bloc de marbre qui aurait été patiemment buriné. On a éliminé beaucoup d’idées et on a supprimé pas mal de riffs.     

Ces morceaux sont un véritable mélange de styles : on y retrouve la noirceur du Black Metal, la lenteur du Doom, le côté oppressant du Sludge. Comment définiriez-vous votre musique ? Et question plus basique, quelles sont vos influences ?

Ben : c’est une question à laquelle il est difficile de répondre, car nos racines musicales sont très différentes. Je suis par exemple davantage immergé dans le Thrash. On a donc dû chercher un équilibre qui corresponde à tous. Ce n’était pas simple, mais je pense qu’on est parvenu à créer une sorte d’alchimie susceptible de plaire à toute personne qui écoute du Metal. Ou du moins, qui accepte d’ouvrir ses horizons.
Tony : quand on a commencé à écrire les morceaux de cet album, on ne voulait pas qu’ils partent dans tous les sens. On a débarqué chacun avec nos idées et on en a conclu qu’il suffisait de composer pour voir ce qui allait en ressortir ! C’est devenu un pot-pourri de Metal  (rires) !
Mathieu : c’est en effet le résultat d’un foisonnement d’influences, mais le résultat est cohérent. C’est surtout Tony et Vincent qui ont ici planché pour qu’il soit vraiment homogène. Tu sais, même les fins et débuts de morceaux ont été soigneusement ciselés, afin que tout puisse se suivre de manière fluide.
Tony : Je pense que l’album n’aurait pas du tout la même gueule si les chansons avaient été classées dans un ordre différent ! Lors des sessions, on avait toujours en tête nos enchaînements. Nous voulions que notre disque ne suscite jamais l’ennui. C’est pourquoi nos compositions vont piocher à droite et à gauche dans notre passé musical.

Utilisez-vous Lethvm pour transmettre un message en particulier ?

Vincent : non, nos compos ne véhiculent pas de messages. Je veux en effet délibérément être éloigné des mots afin de communiquer uniquement un ressenti. Aller au-delà des termes. En anglais, le chant est complètement saturé ; donc soyons clairs : en live, tu discernes mal ce qui est raconté. Et même sur disque, il faut lire les paroles pour les comprendre. J’y accorde certes une importance personnelle, mais elles n’ont pas nécessairement la même signification pour quelqu’un d’autre. Ou si elles venaient à en avoir, ce sera d’office différent de ce que j’ai pu ressentir en les écrivant. Ma voix n’est qu’un vecteur d’émotions. Pour les lyrics, je travaille avec Tony et on a une façon un peu particulière d’opérer. J’écris tous mes textes en français. Ce qui représente des pages et des pages. Tony les traduit ensuite en anglais. Je les pose ensuite sur les chansons et n’en retire que certaines phrases. Ce qui crée, au final, de nouveaux textes. Aléatoire, cette manière de fonctionner me permet d’accéder à mon inconscient. Mais il existe ainsi des éléments dans l’album qui n’ont toujours pas de sens pour moi ; cette signification viendra peut-être plus tard, quand je pourrais disposer du recul nécessaire.

Ce premier opus studio sortira chez Deadlight Entertainment. Par quel hasard avez-vous décroché un tel deal ?

Mathieu : On avait été invité au Roadburn Festival par les mecs de Doom of Occult, des amis à nous. Après avoir assisté à leur show, on a croisé Alex, le responsable de Deadlight. On a parlé de tout et de rien. Au cours de notre discussion, je lui ai demandé de jeter un œil à notre clip. Et chaque fois qu’un membre de Cult of Occult s’approchait de nous, il lui répétait : ‘Mec, si tu dois signer un groupe, c’est bien eux’…
Tony : Un gros travail a été opéré en amont avant qu’Alex nous signe. Je dois dire qu’en sortant du studio d’enregistrement, on espérait très fort un dénouement favorable.
Mathieu : … en fait, l’élément déclencheur remonte au 26 novembre 2016, lorsqu’il est venu assister à un show au cours duquel on ouvrait pour Bathsheba. Je pense qu’il a vraiment apprécié notre prestation. À la fin du set, il nous a demandé notre Ep. Il m’a filé en échange deux ou trois autocollants de son label… j’y ai donc vu un signe. Et depuis le mois de janvier, c’est lui qui est venu régulièrement me parler, en me disant qu’il attendait qu’on lui propose quelque chose.
Tony : Mais on a aussi deux autres labels ! Ce nouvel album paraîtra en effet également en cassette, chez Denses Record, une boîte indonésienne. On avait déjà sorti notre précédent Ep sous la forme d’une cassette et on trouvait l’idée plutôt fun. « This Fall Shall Cease » sera ensuite gravé en vinyle chez Dunk!records. Le premier support sera sûrement la K7, suivi du CD à la fin du mois de novembre et finalement le vinyle pour janvier 2018. Pour le vinyle, on y ajoutera une touche visuelle supplémentaire ; mais ça, c’est encore secret !

Vous avez participé, cet été, au ‘Loud Program’, un concours qui s’adresse aux formations de Metal et musique extrême en Fédération Wallonie-Bruxelles, dont les lauréats bénéficient, ensuite, d’un dispositif d’accompagnement. Un nouveau tremplin pour Lethvm ?

Vincent : En effet, dès qu’on a reçu notre mix final, on l’a envoyé au ‘Loud Program’.
Tony : quand tu participes à un concours, il est normal qu’on puisse espérer être sélectionné. Mais quand on a compris qu’on l’était parmi plus de 80 candidats… wow !
Vincent : surtout quand tu sais que certains de ces groupes ont bien plus de vécu que nous. On a vraiment été étonné, mais dans le bon sens du terme !

Cette sélection vous a notamment permis de décrocher une résidence et un coaching. Savez-vous où et qui sera votre mentor ?

Vincent : notre première réunion s’est déroulée, il y a deux semaines. On y a rencontré le responsable de Thot, Grégoire Fray. Cette résidence s’étalera sur deux jours et précédera notre concert que nous accorderons en compagnie d’Au-Dessus (NDR : c’était le 6 novembre, à Arlon). On lui a demandé de se concentrer sur le son, en façade, ainsi que de prévoir une meilleure approche des lumières. Vu que notre musique est lente, on est généralement très soft en matière d’éclairage. En guise de préparation, il nous a conseillé de bosser sur les paroles des chansons, afin de savoir quel était le message véhiculé et comment on envisageait le faire vivre sur scène. On verra comment ça se passe…

Des dates de concert sont-elles prévues d’ici la fin de l’année ?

Ben : oui, presque dix !
Vincent : on va se produire en France, au Luxembourg, puis en Belgique ; à Liège, Bruxelles, Dour, etc.
Mathieu : et puis on fêtera évidemment la parution de l’album au Doom Wood Festival (le 25 novembre à Sambreville), dont je suis le co-organisateur. On voulait initialement le sortir en mai ou en juin, après l’avoir enregistré en janvier. Mais on s’est vite rendu compte que ce timing ne tenait pas la route et qu’il serait préférable de retarder sa sortie. Et il s’est ensuite avéré qu’en accord avec notre label Deadlight, le mois de novembre serait le meilleur moment. Alors autant le faire au Doom Wood… qui va être une belle fête entre amis !

J’imagine que vous avez aussi quelques projets pour l’année 2018 ?

Vincent : on voudrait réaliser un split. On est déjà occupé à plancher sur de nouvelles compositions. Le but serait de respecter un agenda semblable à celui de cette année : enregistrer en mai pour sortir quelque chose vers septembre ou octobre.

Qui pourrait être intéressé de participer à ce projet ? Une idée ?

Mathieu : oui et non… On voudrait le sortir en compagnie d’un groupe hébergé chez Dunk ! ou Deadlight. Mais il faut encore voir si l’un d’entre eux est intéressé. On a aussi établi des contacts au Canada. Ce qui pourrait dès lors peut-être déboucher sur une tournée européenne et canadienne.

À propos de tournée, qui choisiriez-vous partager l’affiche ?

Vincent : j’avoue que si on pouvait la partager en compagnie de Cult of Luna, Neurosis et Amenra, la tournée serait plutôt sympa ! (rires)
Mathieu : Cult of Occult, certainement, mais la tournée deviendrait trop vite ingérable… et puis on est déjà vraiment heureux que le Loud Program puisse nous procurer quelques dates. On pense notamment à celle du 9 décembre au Botanique, où on devrait rencontrer pas mal de monde. Et qui sait… peut-être qu’un booker professionnel nous remarquera ?
Vincent : on ne regarde pas seulement vers le haut. Abynth est une formation qui nous suit beaucoup et on essaye de l’emmener dès que l’occasion se présente.
Mathieu : ils ont dix ou quinze ans de moins que nous, mais assurent vraiment ! Ils pratiquent une musique inspirée des premiers Black Sabbath. Du bon vieux Doom à l’ancienne ! Et puis… au niveau picole, ils assurent aussi ! (rires)
Ben : rencontrer les musicos d’Absynth a vraiment été une chouette expérience humaine ! De notre côté, on essaye de les épauler comme on peut. Et puis du leur, ils nous assurent aussi un très bon soutien ! Ils avaient notamment organisé une soirée pour la sortie de leur Ep et nous avaient demandé de jouer après eux. Tous leurs fans sont restés pour nous écouter ! Ce qui nous a vraiment fait plaisir. Ils croient beaucoup en nous. Et nous, on les voit évoluer de concert en concert. On essaye de s’entraider. On est déjà tellement peu de groupes du style, en Wallonie, alors autant ne pas se tirer dans les pattes !

(Interview réalisée à Bruxelles, le 22 septembre 2017).

Noa Moon

Rien que des vaguelettes…

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C’est la troisième fois que le Salon de Silly accueille Noa Moon, aka Manon De Carvalho Coomans. Elle est venue défendre son deuxième elpee, « Azurite », paru en avril dernier. Cette date est la dernière de sa tournée programmée pour 2017.

Le supporting act est assuré par Ebbène, un duo masculin liégeois réunissant le multi-instrumentiste Jérôme Magnée (NDR : de grande taille, il est parfaitement reconnaissable), également impliqué chez Dan San et Yew, mais encore drummer au sein du backing group de Gaëtan Streel, et le tout aussi connu Ben Baillieux-Beynon, le fondateur de feu The Tellers. Les deux musicos se consacrent aux claviers, à la guitare et au chant. Interprétées dans la langue de Voltaire, les compos séduisent manifestement le public féminin. Faut dire que les deux artistes ne manquent pas de charme. Au cours des 30’ de set, le tandem va notamment interpréter « Tu devrais », suivi de « Tout Oublier ». Sans doute les soucis de la semaine écoulée... Les grattes semi-acoustiques illuminent « Barcelone », un morceau imprimé sur un beat subrepticement électro, mais dont la voix évoque Jean-Louis Aubert, surtout lorsqu’elle devient plus atmosphérique. Atmosphérique comme les chœurs qui enrobent « Un », une compo plus paisible. Quiétude qui baigne également « Ne Penser A Rien », un titre à nouveau subtilement teinté de beats électro. Et lorsque les voix se superposent en couches, on pense alors inévitablement à Dan San. Bien équilibré, le concert va cependant proposer autant de compositions empreintes de sérénité que nerveuses. Un Ep est en préparation…

Sur les planches, Noa Moon est épaulée par la bassiste Aurélie Muller, le drummer Fabio Zamagni ainsi que la préposée aux claviers et aux synthés Laetitia Collet. Elle chante en s’accompagnant à la guitare. Elle remercie d’abord le public de l’avoir suivie sur son second opus. Et confesse s’être remise beaucoup remise en question.

La première partie du set va s’avérer plutôt tranquille. A l’instar du titre qui ouvre le show, « Kaleidoscope », un morceau qui invite des beats électro, en milieu de parcours. Une des filles se consacre parfois à la basse, et l’autre aux percus. Les voix se superposent en couches, tout au long du tempétueux « Ocean ». Le sable est chaud, mais l’eau est toujours froide. Balisé par les vocaux et dynamisé par cordes de plus en plus graves et agressives, « Let It Shine » incite les spectateurs à remuer le popotin. Après ce premier rayon de soleil, on s’attarde en Baie de Somme pour contempler « The Sea ». La plage n’est pas loin. On entend le bruit des vagues.

Le « Paradise » aurait-il élu domicile à Kingston ? La version proposée est davantage langoureuse. Blues, « Nightwalk » nous entraîne au cœur du Bayou. Plus nerveux, le plus notoire « Run » emballe enfin la fosse. Electro/pop, « A Live » concède de nettes références africaines.

D’une duré d’à peine 50’, ce concert s’achève par le très serein « Just A Song », un morceau traversé par une intervention à la clarinette. Sur sa faim, le public réclame un rappel. Qui lui sera accordé, le combo lui réservant un « My City » ‘unplugged’. Moment choisi par Manon, sèche à la main, et sa troupe pour descendre dans la fosse. Une fin de parcours à la fois cosy et intimiste pour un concert au cours duquel l’auditoire aurait aimé qu’il fasse davantage de vagues, et pas seulement des vaguelettes…

(Organisation : Silly Concerts ASBL + Le Salon)

L'un des groupes fondateurs du mouvement disco-punk refait surface !

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Après une première réédition vinyle en 2015, et face au succès de ce disque indémodable, Gonzaï réédite pour la seconde fois "Marie et les Garçons" (Ze Records, 1980) de Marie et les Garçons, l'un des groupes fondateurs du mouvement disco-punk, et depuis souvent cité par des groupes contemporains comme La Femme.

Aujourd'hui, le vinyle est repressé en exclusivité pour les fans au prix de 12 € (+ frais de port) et sera livré à domicile pour la fin du mois de janvier 2018. Cette réédition vinyle ne reste valable que jusqu'au 31 octobre, en précommande sur la page Ulule crée pour l'occasion

Cliquez ici .

Son dernier combat ?

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Après le succès des deux premiers volets au grand magasin et à l'orphelinat, le Soldat Rose revient pour de nouvelles aventures dans un troisième volet là où tout a commencé: à la fabrique de jouets.

Ce dernier épisode au casting exceptionnel réunit Alain Souchon, Jean-Louis Aubert, Zazie, Calogero, Gaëtan Roussel et bien d'autres.

En attendant la sortie de l'album le 24 novembre, découvrez Olivia Ruiz et Renan Luce dans la peau des personnages de la Ballerine et du Soldat Rose avec le premier single "Frère et Sœur" (en cliquant ici ) : un clip en animation réalisé par Nicolas Deveaux fait partir les deux protagonistes à l'aventure dans l'univers graphique du conte musical.

 

DELTA plane !

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Le premier album de Delta « À ciel ouvert » arrive à grands pas ! Il paraîtra ce 27 octobre.

En attendant sa sortiet, Benoît Leclercq et Julien Joris nous ont offert 4 premiers tubes et récemment « Je tire » (disponible ici) , le 5ème single extrait de ce nouvel elpee.

Album disponible en précommande dès aujourd’hui.

 

 

 

D'un concert acoustique improvisé à ...

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Sharko a improvisé un concert acoustique à 11H du matin,  sous un arbre au Fly Away Festival en Corse,  et ce fut un véritable triomphe, quelque chose de magique s'est passé.

De retour en Belgique il a eu envie de retrouver ce frisson et d'aller physiquement vers son public pour des concerts en 'appartement'.

Il a retravaillé les arrangements de ses morceaux, est allé à l'essentiel et a privilégié la sensibilité.

C'est un disque réussi à la démarche particulière et intéressante. Une sorte de 'Best of 'acoustique. Il a été enregistré en quelques jours, en partie au prestigieux studio ICP en partie ça et là, où il trouvait l'inspiration.

Sharko a commencé sa tournée en 'appartement' (il va donner une trentaine de concerts) et il prépare quelques dates publiques dans des endroits originaux pour la fin de l'année.

Pour découvrir le plan séquence qui résume l'esprit du nouvel album de Sharko : cliquez ici .

 

Un gris pâle d'un nouveau genre !

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"Waves", le nouvel album de Pale Grey est sorti. C'est l'occassion de découvrir "Blizzard" ici .

Mis en image par Simon Vanrie, cette vidéo vous emmène tout entier, par le son et par l'image, dans une douce apesanteur, réelle et sensorielle !

Comme un rêve éveillée, tel un songe, le titre et sa vidéo s'appréhendent comme la vision d'un astre inconnu... L'instant est unique. Le temps est suspendu.

Trois minutes vingt-neuf deviennent une fraction de seconde, ces trois minutes vingt-neuf deviennent éternelles.

La bicyclette, c'est fini pour eux !

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Les membres déjantés de Montain Bike ont annoncé ce mercredi sur les réseaux sociaux qu’ils mettaient le groupe en pause pour une longue durée.

Le groupe n’a pas dévoilé les raisons de cette interruption que l’on espère de courte durée.

Les disques sont en écoute gratuite ici.

 

Jason Ricci

Approved by snakes

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Jason Ricci est considéré comme l'un des harmonicistes contemporains les plus doués encore en vie. Agé aujourd’hui de 43 ans, il a déjà séduit plusieurs générations de mélomanes passionnés par son instrument. Originaire de Portland, dans le Maine, il s’établit à Memphis, en 1995, où il opère officiellement ses débuts et publie un premier LP éponyme. En 2002, il monte sa propre formation, Jason Ricci & New Blood. Le band publie alors deux elpees pour le label californien, Eclecto Groove. En 2011, Jason met le cap sur la Nouvelle-Orléans. Ce qui lui permet d’expérimenter un mélange de blues, jazz et funk. En 2015, il recrute un nouveau backing group, The Bad Kind. Et deux ans plus tard, il signe chez Ellersoul, une écurie dynamique basée à Washington. Il y grave alors un premier opus, "Approved by Snakes". Le line up de son nouveau combo implique des musicos locaux chevronnés ; en l’occurrence, le guitariste John Lisi (NDR : ce spécialiste du Delta Funk a notamment apporté son concours à Dr John, Cyril Neville et Bryan Lee), le bassiste Andy Kurz, le second gratteur Sam Hotchkiss, et le drummer Adam Beaumol. Tout au long des 80’ de ce long playing, Ricci ne fait pas dans la demi-mesure. Les plages sont longues. En outre, ses lyrics traitent des divers problèmes qui rongent l'artiste : addiction aux drogues, sexualité perturbée ou encore expériences sociales diverses.

La basse cède rapidement le relais à l'harmonica pour amorcer "My true love is a dope whore" (Trad. : Ma vraie passion est une p***** de drogue). Le climat est étrange. La voix est déclamatoire. De cris participatifs traversent l’espace sonore. Les guitares dispensent une succession de sons secs et tranchants avant que de vifs échanges entre l’harmo de Jason et les cordes de Hotchkiss interviennent. Funky/blues, "Something just arrived" est une jam techniquement impressionnante. Les interventions à l’harmo sont à la fois bouleversantes et novatrices. "Demon lover" démarre très lentement. Susurrée, la voix pénètre progressivement au sein d’une atmosphère dépouillée d’où émergent les cordes réverbérées et des accès de basse souples. La voix véhicule un sentiment de mal-être et même d'épouvante. L’intensité monte graduellement jusqu'au moment provoqué par l'envol de l'harmonica. Plage la plus courte, "My mom's gonna yell at you" est aussi celle qui manifeste l’impact le plus direct. Particulièrement rythmée, elle est interprétée en chœur et se distingue par ses sonorités de guitare rock diablement efficaces. "My broken toy" constitue une fameuse tranche de vécu pour Jason, un blues lent presque classique au cours duquel Lisi nous réserve un envol remarquable et bouleversant, sur ses cordes. Dans la foulée, l’implacable "I fink you freaky" se convertit au rap, grâce à la collaboration de la formation sud-africaine Die Antwoords. "Listen here" est la plus longue plage du long playing. Signée par le saxophoniste de jazz Eddie Harris, cette jam adopte un format jazz/funk afin de mettre en exergue le talent des différents musicos : le bassiste, les guitaristes, le drummer et l’harmoniciste. Autre cover, "Terrors of nightlife" est issu de la plume de Dax Riggs, le vocaliste du groupe de death metal Acid Bath. La version est superbe. Torturée, envoûtante, soutenue par celle de Jenny Langer, alias Black Betty, la voix du leader force le respect, alors que les cordes de Hotchkiss se chargent d’une belle intensité et d’une dose d’émotion rare. John Lisi brille encore aux cordes tout au long du funky blues exotique, "Got cleaned up". Du funk et du blues qu’on retrouve sur "I'm too strong for you". Un album vraiment original !

 

Angaleena Presley

Wrangled

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Il n’existe aucun lien familial entre Angaleena et Elvis. Originaire du Kentucky, cette chanteuse/compositrice est âgée de 40 ans. Son créneau ? La country ! Depuis 2000, elle est citoyenne de Nashville, la Music City, reconnue comme capitale de ce style musical. Elle y a milité au sein de The Pistol Annies, en compagnie d’Ashley Monroe et de Miranda Lambert, un trio féminin qui a récolté un succès certain à l’époque. En 2015, elle publie son premier opus solo, "American Middle Class", sous la houlette de son époux, Jordan Powell. "Wrangled" constitue donc son second elpee. Un disque qui réunit douze compositions. Oscillant entre sonorités modernes et surannées, elles baignent au sein d’une forme d’americana, largement teintée de country et parfois parfumée de blues.

"Creams don't come tru" ouvre la plaque, une ballade country harmonieuse, signée par les Pistol Annies. Fluette, la voix de Mrs Presley est soulignée par les interventions réverbérées de la pedal steel. La voix accroche facilement tout au long du plus pop "High school", une compo old school, réminiscente des juke-boxes qui ont bercé les années 50. Le long playing nous réserve plusieurs ballades country pour cow-boy. A l’instar d’"Only blood", une piste empreinte de charme. De "Wrangled", une chanson tendre, légèrement soul, qui agrège cordes acoustiques et électriques. Ou encore du savoureux latino pop "Outlaw". Paradoxalement, "Country" est imprimé sur un tempo dynamique, particulièrement rock'n'roll. Mais si les polyphonies vocales sont judicieuses, la parenthèse rap passe moins bien la rampe. Le long playing recèle donc également l’une ou l’autre titre blues. Dont le nerveux "Mama I tried", au cours duquel les percussions sont bien à l'avant-plan, alors que bien amplifiée, la gratte s’intègre parfaitement à l’ensemble. Puis "Good girl down". Amorcée par des accès de basse acoustique et chargée de swing, cette solide plage se distingue par ses percus judicieuses et ses cordes amplifiées. Angaleena interprète aussi l'émouvant "Cheer up little darling", une chanson signée Guy Clark, célèbre chanteur texan de country disparu en 2016. Après une intro hispanisante, une mandoline soutient la voix posée de Miss Presley. Cocktail vivifiant de hillbilly et gospel, "Motel Bible" clôt cet opus. Une composition de country swing lancé au galop et qui met bien en exergue la pedal steel.