Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Wolfrock 2016 : samedi 16 avril

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La neuvième édition du Wolfrock n’a pas failli à la tradition ! Organisé dans les locaux du Centre Culturel de Dour, le cousin très lointain du DMF (Dour Music Festival) a une nouvelle fois réuni une belle palette d’artistes talentueux…

C’est à Jocker’s Club que revient l’honneur (?!?!?) d’ouvrir les hostilités. Devant une petite dizaine de groupies seulement !

Le parcours du combo est aussi beau que tragique. Après le décès inopiné de son chanteur, le quatuor, réunissant des potes d’enfance –le guitariste Fabrice Drapier, le batteur Xavier Estievenart, le bassiste Eddy Fia et le guitariste Marc Stradiot– partent à la recherche d’un digne successeur, afin de conserver les envolées lyriques qui caractérisaient alors leur musique. Il le déniche en engageant le jeune Mathias Bouyez.

Ce n’est pas vraiment un inconnu puisqu’en compagnie de son frère Hugo, il mène en parallèle l’aventure de The Magical Candies.

Baignant dans une veine rock, le quintet jouit déjà d’une belle réputation dans la région !

Les premiers riffs sont plutôt glaciaux. L’attitude des musicos l’est tout autant ! Le set laisse un peu de glace ! Techniquement pourtant, le jeu est précis. Parfois même académique.

Math, le petit dernier, un rien timoré au début, va tenter d’éveiller un public amorphe, sans vraiment y parvenir ! Un combo à suivre, pourtant…

We Are Waves grimpe ensuite sur l’estrade. Impliquant Viax (voix, guitares), Cisa (synthés), Mene (basse) et Adriano (drums), ce quartet est originaire de Turin, en Italie.

Ce sera LA surprise du jour ! Un véritable coup de cœur médiatique et d’estime !

Le WR constitue la dernière date d’une mini tournée belge qui a entraîné le band, notamment du côté du Centre. Selon les propos des musiciens, la Belgique leur a réservé un très bon accueil ! De là à affirmer que de tous les peuples, les Belges sont les plus accueillants, il n’y a qu’un pas… qu’il faut de temps à autre franchir !

Le combo compte plus de quinze années d’expérience. Il a entamé son parcours en explorant le ‘Heavy Metal’, avant de tâter du nu-metal, du rock alternatif, du post rock et même du folk. Bref, c’est le band dont il faut absolument s’intéresser, si tu ne veux pas passer pour un ringard !

Passionnés par le rock, l’art et la recherche, le champ d’action des Transalpins est une alternative à la new wave. A cette différence que le son lorgne plutôt vers un rock singulier, hybride, mâtiné de heavy électro et post grunge.

On est loin de la musique de chambre donc !

La filiation avec les anglais de The Cure est manifeste ! Cordes électriques, synthé, boucles lancinantes et fûts batifolent comme à l’époque du magnifique « Disintegration »…

Troublant également, le mimétisme vocal du chanteur avec un certain Jim Kerr (NDR : leader de Simple Minds).

Il y a des réminiscences eighties ! Ca pue la sueur, le jeans déchiré et la Converse moisie !

Une chose est certaine, à voir les CD’s se vendre comme des petits pains au stand marchandising, il est clair que les ritals ont frappé fort le cœur des mélomanes… et leurs conduits auditifs.

Dans une parfaite lignée électro, From Kissing –dont le patronyme s’est inspiré de manière hasardeuse d’une phrase qui figure dans une chanson de The Cure– est chargé d’embrasser (d’embraser ? !) les lieux !

Chris Willems (chant), Bastien Preaud (basse, synthé, prog, chœurs), Antoine Preaud (batterie) et Massimo Panza (guitare, synthé, prog, chœurs) –qui a déjà foulé les planches douroises au sein d’un autre projet baptisé Stevenson– prodiguent à grands coups de synthés, une musique électro, mais contaminée par le rock !

Originaires de Mons, de Nivelles et de Bruxelles, ces jeunes gens se connaissent depuis belle lurette. Chacun jouait dans sa propre formation. Un jour d’août 2013, l’idée d’un projet commun s’est enfin concrétisée !

L’ascension sera rapide puisque un premier Ep cinq titres est publié l’année suivante y compris sur les différentes plates-formes de streaming les plus importantes telles que iTtunes, Deezer, Spotify…

Les gaillards ne se sont pas reposés sur leurs lauriers puisqu’en mars 2015 est paru « Get Up », un opus produit par Anthony Sinatra (Hollywood Porn Star, Piano club) et Vince Lemineur (Suffocating Minds). Rien que ça !

Si leur musique est rageuse, insolente et dépoussière les clichés du genre, c’est sur scène que l’énergie rock transcende véritablement le groupe et laisse préfigurer de beaux pogos entre ami(e)s lors des festivals d’été que l’on est tenté d’espérer futurs et nombreux.

C’est direct et brut de décoffrage !

Chris assure à lui seul la visibilité du band ! Petit, rebondissant et biberonné au ‘speed’, il ne cessera de se mêler au public dans une ambiance exaltante. Sa seule limite : la longueur des câbles du micro !

Complètement barge, il ira même jusqu’à monter sur une barrière Nadar située à proximité de l’ingé son, quitte à se prendre une gamelle !

Après quarante minutes de show, les garnements potaches se retirent sous une salve d’applaudissements bien mérités !

Autre style, en compagnie de Pair d’As. Exit batterie, guitares et loops électroniques. Mais place aux fondamentaux du genre : baquettes, training Kappa et casquettes retournées pour l’apparat. Sans oublier le langage châtié, dont les termes argotiques pour le phrasé ainsi que les chorégraphies minimalistes à souhait sont propres au genre.

Laurent, alias ‘L’rapace’, et Charles, ‘Moz’, se sont rencontrés par l’entremise du concours ‘L’envol des cités’. En janvier 2014, ils décident d’unir leur verve incisive pour ne former qu’un. Emballé par le projet, leur ami Alex, alias ‘Dj Xel’, les accompagnera aux platines.

Pas vraiment de surprises ! Les thématiques sont quasi toujours identiques dans ce type de projet. On stigmatise en effet le chômage, les keufs (la Police) et les meufs (le genre féminin). Sans oublier de clamer que les membres du gouvernement sont tous des incapables, bien évidemment !

Le potentiel est pourtant bien réel chez ces rappeurs. L’énergie et l’intensité y sont ! Les loustics sont assez convaincants ! La plume, bien qu’un peu facile, dénonce sans vergogne parfois, mais toujours intelligemment, les travers sociétaux et le mal-être des plus jeunes. Les textes ne sont pas chanfreinés par un politiquement correct.

Les poncifs du genre restent malheureusement encore trop nombreux ! Ce qui discrédite une démarche qui pourrait devenir intéressante !

ACTA est l’avant-dernière formation à se produire. Découvert dans le cadre des Franc’off 2003 et lauréat du ‘Carrefour des Talents’ en 2011, le trio réunit Joe (guitare/chant), Rvaye (drums) et Massimo Passalaqua (basse), également cheville ouvrière des Classes du Rock.

L’expression sonore s’exprime facilement sur scène ! D’autant plus que, contrairement à son passé, le leader a ici opté pour une approche rock davantage punchy…

Le gaillard évoque sa vie et les déclinaisons quasi-obligées qui en découlent. Le tout dans la langue de Verlaine. Cette culture du mot permet un rendu tantôt subtil, tantôt explosif, naviguant entre légèreté et gravité.

Le show s’enlise toutefois rapidement et l’effet de surprise est vite supplanté par une déferlante de chansons linéaires dans les arrangements.

Il revient au troubadour honnellois, Antoine Hénaut, de clôturer le festival. Un artiste dont le mix entre le grand Jojo pour le côté décalé et Jean-Luc Fonck (Sttellla) pour son humour à deux balles, fait mouche !

Sa « Poupée Vaudou » lui vaut un bel espace médiatique depuis quelques semaines ! Elle narre des histoires touchantes entre espoirs et tracas.

Son truc, ce sont les doubles sens ! Il en joue continuellement ! Comme de la jonglerie dont il est un fervent admirateur. C’est de la haute voltige ! Une précision à toute épreuve ! Un travail d’orfèvre ! Le flot littéraire, souvent imagé, est marqué par le second degré !

Pour quelques dates (dont celle de ce soir), le claviériste habituel (Xavier Bouillon) s’est fait remplacer par Maxime Pasquini, multi-instrumentiste bien connu dans le milieu (batteur attitré d’Ozvald et claviériste de Coverplay notamment).

Ses textes sont indéniablement bien torchés et structurés ! Son second opus marque d’ailleurs un tournant majeur dans la maturité du jeune homme ! Ce qui laisse tendre vers une belle représentativité future en terre francophone !

Seule ombre au tableau, le son. Il privilégie excessivement les tonalités graves ! Impossible de discerner l’intensité des thématiques même en tendant l’oreille ! Acoustique déplorable ou incompétence de l’ingé son ? Chacun jugera !

La soirée s’achève avec une grosse demi-heure de tard sur l’horaire prévu !

Mais qu’importe ! Pour quelques euros seulement, les fans de musique se sont délectés d’un précieux breuvage fait de belles découvertes !

Que nous prépare l’équipe organisatrice lors de l’anniversaire de sa première décennie d’existence ? Pour le savoir : vivement 2017 !

(Une organisation du Centre Culturel de Dour et du WolfRock)

 

Six String Yada

Diluted Roots

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Ce quatuor suédois pratique de l’american mountain music. Ce véritable orchestre à cordes implique une fille et trois garçons. Soit la violoniste Agnes Brogeby, le banjoïste Erling Bronsberg, le violoncelliste Jonas Bleckman et le guitariste Simon Nyberg. Ils se partagent les vocaux. A son actif, un premier album publié en 2014, "The shape of Yada to come". Responsable d’un répertoire varié, le groupe n’hésite pas à mêler compos personnelles à des thèmes traditionnels. 

"Georgia Railroad" nous invite à pénétrer dans un univers allègre et dansant. Violon, banjo et guitare se conjuguent. Agnes chante d’un timbre nasillard et légèrement âpre. Le violoncelle assure autoritairement la trame rythmique tout au long d’"Until the devil knows I'm dead", une superbe ballade au cours de laquelle chaque instrument est bien en place. Composition originale, "Sweet by and by" évoque les difficultés rencontrées par la classe ouvrière américaine. Parmi les traditionnels, on épinglera l'entraînant "Cumberland gap", "Tom Dooley", chanté par Jonas, "Lazy John", un folk blues de bonne facture qui met en exergue le banjo, le dansant "Trouble in mind" et l’entraînant "All night long", deux invitations à se secouer tout en chantant à chante à tue-tête… Une pointe d’émotion dans la voix, Agnes interprète la ballade country/folk "I've endured", un titre signé par feu Ole Belle Reed, une chanteuse issue de la Caroline du Nord. La cover du "No one knows" de Queens on the Stone Age est plus surprenante. La voix d’Agnes y est soutenue par l'ensemble des cordes. Féroce et bien rythmée, celle de "Fear and trembling" du groupe punk suédois Disfear est tout aussi étonnante. La version de "Iko Iko", hymne local de la Nouvelle Orléans qui reflète l’ambiance festive du Mardi Gras, est balisée par le violon de Miss Brogeby.

 

Rince-Doigt

Plinth

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Nouveau venu sur la scène indie-rock belge, Rince-Doigt vient gonfler la liste des groupes qui se distinguent par leur patronyme ridicule. Aussi, avant d’avoir écouté une seule note de cet opus, on imagine que la formation pratique du math-rock. Et à raison. D’ailleurs on peut même ajouter que l’expression sonore de ce band n’est guère originale. Mais, de là à s’en laver les mains, ce serait trop facile.

Tout au long de cet LP, le climat est allègre. Les six pistes évoluent entre passages mélodiques et moments plus incisifs, à l’instar de l’excellent « Giboulée de cobras » (NDR : petit coup de cœur). Talonnée par la basse, la guitare mène souvent la danse, alors que la batterie marque le coup, sans jamais en faire trop. Rince-Doigt navigue donc très loin des combos de math/rock qui cherchent constamment à caser le plus de notes possibles en une seconde. Non, ici, l’accent est mis sur les ruptures. Et elles foisonnent. « Lateral coup de pied » en est certainement le plus bel exemple. Dans un registre susceptible d’évoquer les Rennais de Totorro ou Mermonte, mais dans une version instrumentale. 

Rien de bien neuf à l’horizon ; cependant l’ensemble tient parfaitement la route, grâce à une mise en place irréprochable et une production qui l’est presque tout autant. Et finalement, en baignant au sein d’une excellente ambiance, ce « Plinth » n’est certainement pas à blâmer et permet tout simplement de passer un bon moment…

A noter que le groupe se produira dans le cadre du festival Century Rock à Mouscron, ce 14 mai.

 

Bill Pritchard

Mother Town Hall

Écrit par

Songwriter britannique, Bill Pritchard est actif sur la scène musicale depuis 1987. Discret mais talentueux, ce gentleman est cependant surtout connu en France. A ses débuts, il a ainsi notamment collaboré avec Daniel Darc, Françoise Hardy et Etienne Daho. L’artiste a une haute estime de la musique et tout particulièrement d’une certaine forme de pop haute couture. Inactif depuis 2005, l’Anglais avait cependant refait surface en 2014, publiant « Trip to the Coast », suite à sa signature sur le label allemand Tapete, havre pour quelques vétérans sur le retour –mais qui ont encore de belles choses à raconter– tels que Lloyd Cole ou Robert Forster, plus récemment.

Bill nous propose aujourd’hui un second volet de ce come-back. Tout au long de « Mother Town Hall » on retrouve cette voix si élégante drapée d’une instrumentation d’orfèvre, balançant entre accords de piano et cordes savamment arrangées (« Vampire to New-York »). Dès le très pop « Saturn and Co » qui ouvre l’opus, un titre caractérisé par ses ‘la-la-la’, le mélomane est conscient d’être en présence d’une pop distinguée comme seuls les insulaires sont capables de nous livrer ; à l’instar des Kinks, de Paul Weller ou plus récemment de The Leisure Society. Essayez de résister au refrain de « Mont Saint-Michel » ou au jazzifiant « My First Friendship » ; et si vous ne succombez pas, c’est que vous êtes allergique au sens mélodique. Car la pop de chambre de Bill Pritchard est tout simplement irrésistible, intemporelle (« Heaven ») et belle…

 

Jack and The '

Melody Circle

Écrit par

Jack and the ‘, c’est avant tout Julien Lonchamp, un Français exilé à Edimbourg. C’est lui l’initiateur et le moteur de cet ambitieux projet qui s’est concrétisé par la sortie de « Melody Cycle ». Il s’agit de son premier album. Deux Eps étaient parus précédemment, en 2014 et 2015. Il a fallu plus de quatre ans de travail et une bonne dose d’abnégation avant de voir paraître cet opus. Les dix-huit morceaux ont été écrits par l’artiste entre Dublin (où il effectuait sa thèse), Edimbourg (où il s’est installé) et Nancy (sa ville natale). Pour la musique, il a fait appel à dix-huit musiciens dont un quintet de cuivres et un orchestre de musique contemporaine baptisé Apostrophe Ensemble » (ce qui explique le patronyme Jack and the ’). Il lui a fallu un an pour assembler toutes les composantes, mais également conférer une certaine homogénéité à l’ensemble. Alors, « Melody Cycle » réussite ou échec ? N’est pas Sufjan Stevens qui veut !

Cet elpee baigne dans un climat pop/folk baroque, bien british, subtilement teinté de jazz. Un climat qui bénéficie d’un supplément d’âme anglo-saxon qu’on retrouve chez les folkeux irlandais et écossais d’une époque révolue. Mais également de mélodies allègres susceptibles de colorer votre imagination de collines verdoyantes sillonnées de murs en pierre sèche… Parfois, la musique de Jack and The ' évoque celle de Belle & Sebastian. Surtout quand elle est enrobée de chœurs. Différence, quand même, Julien Longchamp ne possède pas le même organe vocal que Stuart Murdoch.

Les accents jazzyfiants sont essentiellement entretenus par les ivoires. Parmi les 18 pistes, on décèle quelques instrumentaux. Etait-ce vraiment indispensable ? Car quoique agréable à l’écoute, cet LP semble parfois tirer en longueur. Enfin, pas en fin de parcours, car c’est justement au bout de l’effort que « Melody Cycle » nous réserve de véritables petites perles… Quoiqu’il en soit, Julien Lonchamp n’a pas à rougir de son œuvre. Le travail finit toujours par payer. Et en alliant concision et efficacité, l’artiste pourrait nous réserver une bonne surprise, dans le futur... 

 

Stacie Collins

Roll the dice

Écrit par

Etablie à Nashville en 2001, Stacie Collins est une chanteuse de blues et de rock. Egalement harmoniciste, elle reconnaît pour influences majeures, les légendes du Chicago blues telles que Little Walter et James Cotton. Elle s'est forgée une solide notoriété en cumulant les tournées. Al Collins, son époux, se consacre à la basse. Il milite également au sein de Jason and the Scorchers. Le couple signe la quasi-totalité du répertoire. Dès ses débuts, le ménage est parfaitement intégré à la scène locale. Dan Baird, le leader des Georgia Satellites, se charge de la production et leur apporte régulièrement son concours à la guitare, tout comme Ken McMahan (ex-Dusters) et Warren E. Hodges. Paru en 2013, leur dernier effort (cd + dvd), "Shinin' Live", dépassait les 90’.

Les sessions d’enregistrement de ce nouvel LP se sont déroulées au studio Sound Emporium, à Nashville. Pour la circonstance, elles ont bénéficié du concours de deux gratteurs, Audley Freed (ex-Black Crowes) et à nouveau Dan Baird, la gloire locale, désormais leader de Homemade Sin.

Stacie démarre en force par le dynamique "Lost and found". Elle souffle comme une possédée dans son harmo avant de passer derrière le micro, sur un rythme très rock'n'roll. Elle aborde "King of rock", une composition séduisante au cours de laquelle ses interventions à l'harmonica sont bien plus délicates. Renforcée par celle d’Eric Borash, les grattes balisent le rythme. Michael Webb tapisse "Gonna fly" de son orgue, une plage pop/rock sculptée dans les riffs ‘rollingstoniens’. Imprimé sur un mid tempo, "It's over" ne manque pas de charme, et met bien mieux en valeur le potentiel vocal de Stacie, alors que Freed se libère sur ses cordes. Michael Webb est passé à l’accordéon pour "Heart on my sleeve", une piste country aux accents locaux et à la saveur tex mex. La rythmique implacable de Dan Baird amorce "Jani", un titre qui évolue dans un registre proche des Georgie Satellites, mais enrichi par la voix féminine et féline de Stacie. Elle reprend son harmonica pour "Can't do without you", une plage au cours de laquelle ses courts envols sont ponctués d’effets dramatiques. Et dans la foulée, injecte une fameuse dose de sensibilité au country/blues, "Keep rollin'", un morceau tramé dans les cordes acoustiques. Avant de s’attaquer à "Later than you think", une plage particulièrement blues, imprimée sur un rythme, qu'aurait certainement apprécié Howlin' Wolf. Parsemé d’accents réverbérés, "Blood Moon" clôt "Roll the dice", un des sommets du long playing. Sans doute le meilleur album enregistré Stacie Collins, à ce jour.

 

Michel Cloup

Ici et là-Bas

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Impliqué au sein de différentes aventures (Experience, Panti Will,…), depuis la dissolution de Diabologum en 1996, Michel Cloup n’a rien perdu de son tempérament ; et il le démontre encore aujourd’hui à travers son projet solo, Michel Cloup… Duo (?!?!?) Toujours aussi engagé, l’artiste n’hésite pas à dégainer des textes désabusés et foncièrement politiques sur son nouvel essai intitulé « Ici et là-Bas ». Entre uppercuts conscientisés (« La Classe Ouvrière s’est Enfuie ») et dévoilements introspectifs personnels (« Qui Je Suis »), Michel Cloup conjugue l’universel au personnel afin d’accentuer l’impact de textes directement significatifs et souvent impitoyables (« Animal Blessé »). Une poésie urbaine et contemporaine qui s’appuie sur des guitares âpres, métalliques mais efficaces, et un drumming assuré par le nouveau venu Julien Rufié (NDR : ce qui explique la particule ‘duo’), qui remplace Patrice Cartier. Etranger où qu’il soit (sa mère était italienne), le Toulousain se livre à cœur ouvert tout en commentant le monde avec une certaine acuité et un dégoût certain. Et pour y parvenir, il a recours le plus souvent à un forme de ‘spoken word’ plutôt qu’au chant. Il parvient ainsi à créer un univers unique et bouleversant dont le sommet de troublante impudeur est atteint sur les 14 minutes d’« Une Adresse en Italie », où tout mélomane devrait pouvoir piocher des messages qui collent à son expérience quotidienne… entre espoir et désespoir…

 

Brothers Brown

Dusty Road

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Brothers Brown réunit des musiciens issus de Los Angles et de Nashville. Son style ? Americana. Ou roots. Suivant les avis. Les deux leaders ont le même nom. Compositeur, producteur, chanteur et guitariste, Paul (NDR : le Californien) est un musicien de jazz notoire. A ce jour, il a publié six albums. Brother Paul (NDR : le Tennesséen) est également compositeur et producteur, mais claviériste. Le duo est soutenu par une section rythmique réunissant David Santos à la basse et Pete Young à la batterie. "Dusty road" constitue leur premier opus.

"Cup of tea" est une solide entrée en matière. Parfaitement soudée, la section rythmique évolue dans un style très proche du funky/blues/rock de Little Feat ; et la voix de Brown colle parfaitement au style. Brother Paul double au piano alors que la guitare de Paul s'intègre aisément dans l’ensemble. "Love sake" est un blues lent, cool, flemmard, si vous préférez.  Tapissant le décor sonore et communiquant une chaleur intense au morceau, l’orgue Hammond sert de base de lancement au chapelet de notes dispensées par le gratteur. Libérant énormément de groove, "Sweet Cadillac" est un funky blues raffiné par les percus de Young. L’intro de "When all is said and done" met en exergue la subtilité du doigté de Brown. Ses interventions sont parcimonieuses, créatives et chargées de feeling. David et Pete impriment un profil funk aux pistes qui filent vers la planète blues, à l’instar du remarquable "Can't outrun the blues". Ballade roots imprimée sur un tempo nonchalant et alimentée par le piano ainsi que l’orgue de Brother Paul, "The river" lorgne vers le Band. Une plage caractérisée par ses vocaux en couches, dont parvient à s’extraire admirablement, celle de Santos. Dans le même style, Paul Young chante "Drink you off my mind", une piste marquée par une très belle sortie de l’orgue Hammond. La slide du gratteur de Little Feat, Paul Barrère, et la six cordes de La Brown s’autorisent un duel tout au long du rocker vivifiant "Hurricane". Bien jolie ballade funkysante, "Nothin' but love" nous réserve une sortie imparable sur les cordes, alors que la voix se révèle à la fois autoritaire et convaincante. Imprimé sur un mid tempo, "Thos old heart" se distingue par des interventions impeccables de l’orgue et de la guitare. Toujours d’aussi bonne facture, "California" conjugue blues et jazz, grâce aux effets de pédales exécutés par LA Brown. Le titre maître clôt le long playing, une compo balayée de percus exotiques, au cours de laquelle orgue et guitare se réservent des sorties bouleversantes. Excellent ! 

 

Troy Von Balthazar

Knights of Something

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A chacune de ses sorties, on attend de Troy Von Balthazar qu’il nous administre une nouvelle décharge émotionnelle à l’aide de compos ultrasensibles et à fleur de peau… Premier elpee solo du leader de Chokebore depuis 2012, « Knight of Something » adopte une perspective semblable, regorgeant de morceaux aussi mélodiques qu’écorchés. Exploitant une instrumentation ascétique partagée entre cordes de guitares saturées (« Surfer ») ou acoustiques (« Empire of My Hate »), quelques notes de piano (« Smarter ») ou claviers déviants (« Astrid »), l’Hawaïen parvient à torcher des mélodies délicates et sombres au sein desquelles vient se lover sa voix unique, parfaitement taillée pour vous refiler cette mélancolie ‘lo-fi’, véritable et inimitable signature. Enregistré entre Berlin et le Sud de la France, ce 4ème opus solo ne devrait donc pas décevoir les mélomanes adeptes du sad-folk !

           

Tue-Loup

Ramo

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Véritable métronome du rock français depuis ses débuts en 1995, Tue-Loup est une formation sarthoise réunissant des musiciens chevronnés. Particulièrement singulier, son patronyme est tout simplement le nom du hameau dont il est originaire. « Ramo » constitue son dixième elpee, et on espère qu’il ne passera pas, une nouvelle fois, inaperçu. Car il parvient encore à atteindre les cimes, grâce à un songwriting d’une infinie délicatesse, magnifié par les textes poétiques et ésotériques signés Xavier Plumas. « Ramo » lorgne parfois vers le jazz (« Glace »), souvent en direction du folk (« Tejo »), nous berce de sa mélancolie lunaire (« La Haute Epine ») et s’autorise même un beau moment d’intensité, tout au long du très beau « Hirondelle ». Le concours de nombreux claviers confère une nouvelle dimension à des morceaux enregistrés sur les bords du Tage, à Lisbonne, qui a inspiré la plage « Ramo Contra O Medo ». Tue-Loup ou un secret à l’évidente ‘saudade’ –trop– bien gardé et que traduit parfaitement la fresque réalisée par le peintre Jean-Gilles Badaire qui illustre ce très réussi « Ramo »…

 

Hollywood Undead

Lorsque les masques tombent, les diables sortent de leur boîte…

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L’histoire de Hollywood Undead débute en 2005, à Los Angeles. A l’époque, le band se produit sous le patronyme de The Kids. Ce n’est que trois ans plus tard qu’il décide d’opter pour son nom actuel. L’étonnant « Swan Songs » rencontre un succès immédiat. Il décroche un album de platine et atteint la vingt-deuxième place au ‘Billboard 200’ américain. Souvent comparé à Linkin Park et Slipknot, Hollywood Undead ne renie pas ses influences mais revendique son propre style. Et son propre discours. Vilipendant une société qui prend, broie et jette tout, les objets comme les êtres humains. Son dernier opus, « Day Of The Dead » est paru le 31 mars 2015.

La fosse et les balcons du premier étage débordent de monde. Les places assises sont –normalement– condamnées. Formation géorgienne (Atlanta), Attila assure le supporting act. De quoi ravir les amateurs de deathcore et metalcore. Actif depuis 2005, il s’est forgé une certaine notoriété, en Europe, après avoir tourné en première partie d’Asking Alexandria. Son dernier LP, « Guilty Pleasure » remonte à 2014.

Chris Fronzak, le frontman, est un personnage charismatique. Entrecoupée de f****, sa voix est gutturale, mais mélodieuse. Il est vêtu d’un short et de collants noirs. Surprenant ! Mais bonjour la transpiration ! Et rien qu’à le regarder dégouliner, on en attrape des suées… Il est soutenu par le drummer Sean Heenan, le guitariste Chris Linck et le bassiste Kalan Blehm. Ces deux derniers circulent de gauche à droite et inversement, malgré le peu d’espace qui leur est réservé. Percutants, les riffs sont gras et huileux. La frappe du drummer est métronomique. Très interactif avec son auditoire, Chris l’incite à former des circle pics. Et enthousiaste, elle s’exécute. Une gymnastique un peu folle et jouissive pour les jeunes amateurs du genre. La communion entre le groupe et la foule va durer 45 bonnes minutes. De quoi préparer idéalement le terrain pour la tête d’affiche… (Pour les photos, c’est ici)

Tous les intervenants sont masqués et ont enfilé des chemises, vestes ou sweaters (avec ou sans capuche) lorsqu’ils montent sur l’estrade, faciès qu’ils vont abandonner au bout de la deuxième compo pour arborer le maillot des Diables Rouges (NDR : en 1994, Rage Against The Machine avait fait de même lors du festival Torhout/Werchter). Même s’ils se relaient, les 4 MC’s resteront bien présents sur les planches durant tout le set. Un percussionniste est installé à gauche de l'estrade et un second drummer planté à droite, derrière une double batterie. Il est protégé par un paravent en plexiglas. Entre les 2 batteries, des platines sont disposées sur une table. Les interventions du synthé sont préenregistrées.

Look de rappeur, Charlie Scene est coiffé d’une casquette, chaussé de lunettes fumées et un bandana de couleur noire et blanche lui dissimule le visage. Il se consacre au chant. Le deuxième vocaliste, Danny, porte un masque de couleur or –une croix blanche imprimée sur la face droite– qui lui couvre les yeux. Capable de monter dans les aigus, sa voix est puissante. Celui du troisième, Johnny 3 Tears, est de teinte bleue et blanche, le chiffre trois mentionné sur la gauche. Il est orné d’un sigle bizarre à hauteur de la bouche. De ses yeux coule du sang. Sa voix est agressive. Celui de Da Kurlzz, le percussionniste, est blanc du côté droit et rouge sur la face gauche. Sa chevelure est hirsute. Il symbolise probablement Lucifer. Look de rapper, Funny Man, le drummer, en porte un sur lequel est gravé le sigle "L.A." devant. Un foulard de couleur brune enserre le visage de J-Dog. On dirait un bandit de grand chemin prêt à sévir au Far-West.

« Usual Suspects » ouvre le show sur les chapeaux de roues. La musique de évolue quelque part entre Run DMC, Beatsie Boys et Linkin Park. Un mix singulier entre hip hop, rapcore et métal qui vire, suivant les compos, dans l’un ou l’autre style. La spécificité du combo procède de l’éventail de voix. Elles sont judicieusement exploitées. Chaque vocaliste possède son timbre particulier, parfaitement identifiable. Et a son rôle à jouer. Les refrains sont accrocheurs et ne suscitent jamais l’ennui. Inattendu, mais point d’orgue de la soirée, 3 spectateurs grimpent sur le podium pour participer à l’interprétation de « Comin'In Hot ». L’un d’entre eux empoigne une gratte, le deuxième une basse et le troisième s’impose derrière un micro pour épauler les autres MC’s. L’ambiance est à son Hollywood Undead comble, et la sécurité ne chôme pas pour récupérer les surfeurs. Sur la toile, tendue en arrière-plan, on peut lire la phrase ‘Parental Advisory Explicit Content’. Tout est dit ! Partagé entre nouveau et ancien répertoire, la set list nous a réservé 17 morceaux. Encore une chouette soirée au cours de laquelle les artistes n’ont pas hésité à tomber le masque… (Pour les photos, c’est )

Setlist : « Usual Suspects », « Undead », « Tendencies », « Been To Hell », « Dead Bite », « Kill Everyone », « City », « Grazity », « War Child », « Comin'In  Hot », « 7 Nation/ Boston », « Bullet », « Party By Myself», « Another Way Out »,  « Day Of The Dead »

Rappel : « Everywhere I Go », « Hear Me Now ».

(Organisation Live Nation)

 

 

 

 

 

Black Mountain

Sonorisation approximative…

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Il y a un peu moins d’un an, Black Mountain se produisait dans le cadre des Nuits Botanique. Une belle opportunité de fêter le dixième anniversaire de la sortie de son premier elpee. Il était de retour ce mercredi soir à l’Orangerie, pour défendre son quatrième opus, baptisé logiquement « IV », un disque encensé par la critique. Un retour magistral à son premier amour.

La première partie est assurée par Guy Blakeslee. L'Américain est surtout connu comme leader du The Entrance Band. Il est venu présenter son premier LP solo, "Ophelia Slowly". Il grimpe sur l’estrade vers 20 heures. Il est seul, armé de sa sèche. Peu notoire sur le Vieux continent, il se produit dans l’indifférence quasi-totale. Faut dire que lors de son set, le public est plus que clairsemé…

Vers 21 heures, les lumières s'éteignent à nouveau. Les choses sérieuses peuvent commencer. Le line up du band réunit la chanteuse Amber Webber, le bassiste Brad Truax, le drummer, Josh Wells, le claviériste Jeremy Schmidt et le chanteur/guitariste Stephen McBeam. Ce dernier est le parfait sosie de Dude (interprété par Jeff Bridges), dans le film ‘The Big Lebowski’. En moins apathique, quand même. Il se plante à gauche du podium, tandis qu’Amber s’installe au centre. Le quintet canadien ouvre le set par deux titres du dernier long playing. Le climat est lourd. Tamisé et minimaliste, le light show émane de l’arrière-scène. Très à l’aise, la chanteuse se réserve alors le lead vocal. Mais rapidement, les riffs blues/rock entrent dans la danse. Paradoxalement, des riffs à la fois subtils et puissants. McBeam s’en donne d’ailleurs à cœur joie sur sa gratte. Et lorsqu’il chante, l’intensité monte encore d’un cran. Les interventions de l’orgue –le plus souvent en nappes– colorent les compos de psychédélisme. Tout est parfaitement en place. Et le band canadien n’hésite pas à aller repêcher des morceaux plus anciens, à l’instar de l’excellent « Stormy High ».

Malheureusement, le son n’est pas à la hauteur. Ce n’est pas la première fois que l’Orangerie souffre de ce déséquilibre de balances lors du mixing. Ainsi l’amplification d’un instrument dépend beaucoup trop de l’endroit où l’on se situe dans la salle. Quand on est planté devant le préposé au synthé, on n’entend guère la guitare. Alors imaginez la frustration, lorsqu’au bout d’une demi-heure, Black Mountain attaque le splendide « Tyrants », un titre magnifié –sur disque– par les cordes électriques. Soit…

D’une bonne heure, le concert s’achève par un superbe morceau de 10 minutes, que McBeam met à profit pour démontrer toute l’étendue de son talent sur sa gratte. Enfin, quand on l’entend…

La formation vancouvéroise revient rapidement pour accorder un rappel au cours duquel elle va nous réserver l’excellent « Don’t Run Our Hearts Around ».

Malgré une sonorisation approximative, Black Mountain est parvenu à tirer son épingle du jeu ; et tout particulièrement grâce au duo McBeam/Amber. Vu le monde agglutiné au stand merchandising, en sortant de la salle, il faut croire que le public a accroché.

(Organisation : Botanique)

 

Puggy

Une nouvelle année Puggy ?

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Après avoir accompli une tournée de dix dates en France, en compagnie de Ricard Live –dont un crochet via l’Aéronef de Lille, il y a 15 jours– Puggy se produisait à La Madeleine, ce lundi 11 avril, pour nous présenter 6 extraits de son nouvel et album « Colours » (NDR : c’est son quatrième) qui sort le 22 du même mois. C’est sold out. Donc il doit y avoir plus ou moins 1 200 personnes qui attendent le trio de pied ferme, parmi lesquelles on dénombre une belle cohorte de fans.

Aprile, aka Nicolas Donnay, assure le supporting act. Il s’agit du nouveau poulain de Nicolas Renard, le manager de Puggy. Barbu, les cheveux coiffés en chignon, il se produit seul sur les planches, armé de sa gratte semi-acoustique. Ce Liégeois possède une voix superbe, puissante, rappelant celle de Jason Kay (Jamiroquoi). L’artiste va nous interpréter quatre titres, en une vingtaine de minutes, dont « Cheap chick », un extrait de son premier Ep. Sa musique campe un hybride entre pop, funk et jazz, que les puristes n’hésitent pas à qualifier de néo soul. Et à l’issue de chaque morceau, il est chaleureusement applaudi. L'artiste publiera un nouvel Ep, cet été (Pour les photos, c’est ici).

Réunissant un Suédois, un Français et un Britannique, Puggy vit en Belgique. Un pays au sein duquel il se sent particulièrement bien soutenu. Et ce depuis 2007, année de la sortie de son premier elpee.

Les lumières passent au bleu. Les filles s’époumonent. Et c’est sous une immense ovation que le band débarque. Il est 21h10.

Ziggy dispose d’une batterie flambant neuve et se sert circonstanciellement d’un clavier. Il siège à droite du podium. Matthew se plante au centre. A sa disposition, une panoplie de grattes semi-acoustiques et une électrique rutilante, dont il va surtout avoir recours, lors des nouveaux titres. Imperturbable, Romain s’installe à gauche, toujours fidèle à sa vielle basse, modèle 1965. Et à l’arrière, se poste le nouveau claviériste/pianiste, Matthieu Vandenabeele, qui remplace John Janssens.

Les musiciens semblent en forme. Percutant, « Fight Like You'Re Fighting » ouvre le set, un morceau funky pop, légèrement teinté d’électro. Matt s’adresse au public en les invitant à faire du bruit (NDR : comme lors d’une rencontre de basket !) Et il s’exécute. « Last Day On Earth (Something Small) » fait monter la température de quelques degrés. Romain saute sur place. D’un air vengeur, Ziggy frappe sauvagement les peaux de ses fûts. Matt jongle entre ses trois grattes. Il improvise et module sa voix en fonction des émotions qu’il injecte dans ses chansons. Véritable bête de scène, il a déjà l’auditoire dans sa poche. Faut dire qu’il y a un an que la plupart des aficionados n’ont plus eu l’occasion de voir le band en ‘live’. Et quelque part, lorsqu’il se produit à domicile, la formation joue sur la corde sensible. Matt adresse un petit signe à Alex pour régler sa voix au micro, et balance : ‘Bruxelles, on y va!’

« Feel So Low » est plus que probablement le prochain tube. Le single, « Lonely Town », l’est presque déjà. Plus funky pop, « Soul » libère énormément de groove. Beatlenesques, les harmonies vocales à trois voix sont particulièrement soignées tout au long de « To Win The World ». Matt a repris sa semi-acoustique pour « How I Needed You ». « Change The Colours » bénéficie d’un refrain contagieux. Le light show est versatile. Le titre est judicieux, même si lors du set accordé à l’Aéronef, les variations de lumières étaient davantage mises en évidence grâce à une toile tendue en arrière-plan, des fluctuations qui procuraient une sensation de magie… Ici, la configuration des lieux ne permet pas ce type d’éclairage. Le public est chaud boulette et réactif. Une véritable communion s’établit entre le combo et la foule. Un air de folie s’y propage. Et c’est dans cette ambiance, que « Territory » clôt le spectacle.

En rappel, Puggy va nous réserver « Dubois Died Today » suivi de « To Win The World ». Les septante-cinq minutes du set sont passées à une vitesse vertigineuse. Une excellente prestation, même si celle de Lille était encore meilleure. Mais elle risque encore de s’améliorer le 14 mai au Cirque Royal et le lendemain à l’Ancienne Belgique, puisque les musicos auront eu le temps de rôder davantage leur spectacle. Pas de bol pour les retardataires, les deux dates sont sold out depuis belle lurette. Une question s’impose cependant, 2016 sera-t-elle une nouvelle fois l'année Puggy ? (Pour les photos, c’est ).

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

 

 

Les anges déchus, selon le livre de Dylan

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Le 37ème album studio de Bob Dylan sortira ce 20 mai 2016. Produit par Jack Frost, il s’intitule « Fallen angels ». Ses chansons, il les a choisies parmi une palette d'auteurs comme Johnny Mercer, Harold Arlen, Sammy Cahn et Carolyn Leigh.

Le titre "Melancholy Mood" est en écoute ici

Trackilisting

1. Young At Heart

2. Maybe You’ll Be There
3. Polka Dots And Moonbeams
4. All The Way
5. Skylark
6. Nevertheless
7. All Or Nothing At All
8. On A Little Street In Singapore
9. It Had To Be You
10. Melancholy Mood
11. That Old Black Magic

12. Come Rain Or Come Shine

 

Damien Jurado

Rien que du bonheur !

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En ce dimanche 10 avril, tout se ligue contre les mélomanes qui ont décidé d’aller applaudir Damien Jurado, au Botanique de Bruxelles. D’abord, à cause de la fatigue du week-end qui s’achève. Un week-end aux fumets de barbecue et aux relents de rosé d’Anjou. Ou alors simplement propice à la farniente voire aux ballades ou encore au chilling. Et puis, se déplacer, à Bruxelles, un dimanche soir, via les transports en commun, s’avère depuis quelques semaines, particulièrement téméraire...

Aussi, imaginer qu’on va s’enfermer dans la boîte de l’Orangerie pour terminer ce week-end magnifique, peut sembler inapproprié. Sauf que… ce dimanche soir, l’extraordinaire Damien vient défendre « Visions of Us On The Land  », son dernier opus. Et d’ailleurs, c’est bien là que le véritable but de cette fin de semaine se situe. Une œuvre qui clôt sa trilogie entamée dès 2012 par « Maraqopa » et poursuivie sur « Brothers And Sisters Of The Eternal Son », en 2014. Trois elpees éblouissants qui racontent l’histoire d’un voyageur qui part à la rencontre du bien et du mal, de l’ésotérisme, de la pensée et du rêve, avant d’achever ce périple lorsqu’il est sûr d’avoir acquis la plénitude dans le doute. Une ambiguïté que l’artiste semble d’ailleurs entretenir. On ne le sait pas encore, mais ce spectacle va littéralement nous scotcher et nous dégriser des excès de la veille, telle une partie de jokari.

Tout commence à 20h00…

Avant de pénétrer dans l’Orangerie, on a pris soin d’emporter un gobelet de houblon qu’on tient aux bords des doigts. Il fait soif ! Et quand on a encore la gueule de bois, rien de tel que de soigner le mal par le mal. Passé le cachet imprimé au bord du poignet, on entre paisiblement dans la salle.

Complices, les lumières s’éteignent. Astronaute monte sur l’estrade. En toute modestie. Au beau milieu des rires, des bruits provoqués par les GSM, des conversations… Pas le moindre applaudissement pour saluer son apparition. Au bout de quelques accords, une voix s’extirpe de ce brouhaha. C’est celle de Myrthe Luyten. Androgyne, profonde, sublime, hypnotique. Et il ne faut pas deux phrases avant que l’auditoire ne fasse le plus grand silence. Il semble surpris par tant d’intensité et de tessiture dans le chant. Devenu muet, il pose ses lèvres sur le godet et avale autant les compos que la mousse qui, elle, commence à se faire de plus en plus rare.

En trente minutes, la formation belge va nous réserver six pépites superbes, délicates, sensuelles et mélodieuses. Le public est conquis, persuadé qu’il faudra être attentif à ce band incroyablement authentique. Et ce malgré un déséquilibre dans le mixing, trop favorable aux drums. Qui au lieu de tramer les morceaux, avaient plutôt tendance à les étouffer. (Pour écouter le groupe, c’est ici et pour les photos de ce concert, c’est )

Les spectateurs refont le plein de kérosène pendant que les roadies s’affairent sur l’estrade. Tiens, même Jurado leur file un coup de main. Sympa le gars !

Il est 21h quand l’Américain grimpe sur le podium. Et il n’est pas prêt de le quitter. On y reviendra plus tard.

Les épaules plus larges que deux armoires normandes, Damien Jurado est bâti comme un bûcheron. Il est tout de jeans vêtu, pantalon et chemise. Il est chaussé de chaussures de couleur brune, on ne peut plus banales. Il s’assied tout simplement sur une chaise en bois. Il est presque en boule, mais pourtant tous les regards sont braqués sur lui.

Tout au long du set, ses attitudes varient. Les yeux clos ou rivés sur le sol, il a le visage fermé, sérieux. Mais quand il le relève, c’est pour sourire. Sincèrement. Comme un homme qui a atteint une plénitude qu’il tente de communiquer à son auditoire. Entre les chansons, il lui arrive de plaisanter en compagnie de ses musicos. L’humour potache d’un adulte voué à grandir physiquement mais qui semble garder une âme d’enfant. On sent une véritable complicité entre les musicos et Damien. Un grand respect aussi. Mais, sur les planches, c’est lui le patron.

Du vent et de l’abîme, il redessine les lieux et semble même avoir une telle facilité pour y parvenir qu’il se surprend lui-même. Et s’émerveille de sa propre créativité. 

La main serrée sur le manche, il affiche une technique précise, remarquable. Il enchaîne les morceaux, pour la plupart issus de son dernier LP, brillamment. Ses chansons libèrent une dose incroyable de tendresse et de douceur. Malgré un style pointu, il a une classe folle. On est bluffé. Une telle masse de muscle capable de donner tant d’amour.

22h15 premier rappel.

Damien Jurado revient seul et attaque deux chansons en solo, dont « Prisms ». C’est le point d’orgue du spectacle. Les musiciens reviennent alors sur les planches afin de participer aux deux derniers titres, avant de saluer la foule, comblée…

Sauf que…

Comblée oui, mais gourmande, insatiable et enflammée. Le public en veut encore, crie, siffle, applaudit. Les lumières de la salle se rallument mais rien n’y fait, il reste sur place et n’abandonne pas la partie.

Surpris de cet engouement, l’Américain revient, et sollicite l’auditoire pour choisir les quelques bonus tracks. De véritables cadeaux. Rien que du bonheur.

22h40. Le concert est fini. Les spectateurs sont assoiffés, mais le sourire aux lèvres ils ont fait le plein d’amour dans leurs cœurs… (Pour les photos, c’est encore ici)

Setlist

Magic Number (**)
Exit353 (***)
Lon Bella (***)
Silver Timothy (**)
Am Am (***)
Onalaska (***)
This Time Next Year (*)
Mellow Blue Polka Dot (***)
Jericho Road
(**)
Sam and Davy (***)
Walrus (***)
Life Away From The Garden (*)
And Loraine (***)
Qachina (***)
Taqoma (***)
Prisms (***)
Working tittles (*)
Return To Maraqopa (**)
Nothing is the News (*)
+ Various ..

* « Maraqopa » - 2012

** « Brothers And Sisters Of The Eternal Son » - 2014

*** « Visions of Us On The Land » - 2016

(Organisation Botanique)

 

 



Gaëtan Streel

Un jour, deux jours et puis trente jours à la fois…

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Afin de défendre son nouvel album, « Two Days At A Time », Gaëtan Streel se tape 30 jours de concerts d’affilée. Un véritable marathon ! Qui va transiter, tour à tour, par une chaumière, une église, la salle des fêtes d'un village, un appartement, un manoir et quelques endroits intimistes et insolites. Il en est à son neuvième jour. Il va donc à la rencontre de son public.

Le Moulin Fantôme est un ancien moulin transformé en café-concert, sis au milieu d'un cadre idyllique. C’est loin d’être commun. Il est érigé près des étangs du Coeurcq. Et souriant, le patron du club est un personnage vraiment rock'n'roll. Conviviale, la salle peut accueillir –au grand max– 100 âmes. Ce soir, il n’y en aura qu’une trentaine pour ce showcase proposé en format semi-acoustique.

Gaëtan Streel avait  déjà interprété quelques unes des compos du nouvel LP, dans cadre du Brussels Summer Festival, en août 2015, au sein d’un sextuor. Il confesse déjà accumuler une certaine fatigue, mais que cette tournée a du bon.

Poète, Gaëtan compose indifféremment dans la langue de Voltaire ou de Shakespeare. Mais son premier LP, « One day at a time » recelait exclusivement des titres en anglais. Son dernier le révèle cependant sous un angle différent. D’abord il est partagé entre morceaux des deux idiomes. Et empreints d’une grande sensibilité, ses textes s’inspirent de ses rêves, ses angoisses, ses désillusions, mais également de ses espoirs… 

Gaëtan se réserve le micro. Il s’accompagne au ukulélé ou à la guitare semi-acoustique. Tout comme Jérôme Magnée (Dan San), lorsqu’il ne se consacre pas aux drums. Des drums réduits à leur plus simple expression : un tom basse retourné, sur lequel est posé un essuie de vaisselle et une cymbale. Sara Lejeune est préposée à la contrebasse moderne (Electric upright bass) et aux choeurs.

Le set s’ouvre en douceur par « Go And See The Lights », un extrait du premier elpee, paru en 2012. Un bluegrass au cours duquel les deux guitares nous entraînent à travers les grandes plaines de l'Ouest américain. Le tout magnifié par les chœurs à trois voix.

Jérôme (NDR : il va se multiplier tout au long de la soirée) accorde son ukulélé et le band peut attaquer « Sort Of Happy », un extrait du dernier opus. Le son est parfait.

Gaëtan signale qu'il attaque aujourd’hui le neuvième show de son long périple. Qu'il éprouve des difficultés à se souvenir de son nom, mais que son cd est en vente près du bar. Fin de spot publicitaire… Les harmonies vocales à trois voix constituent certainement le point fort de ce spectacle. A l’instar de « Unless You'Rer Lyung Too », un titre qui figure sur le nouvel LP, subtilement souligné d’un filet de guitare. Ou encore de « The Well And The  Key ». A cet instant, on se croirait même dans une église.  

Jolie ritournelle, « 138 G De Chanson » est une chanson d’amour interprétée en français. Gaëtan révèle qu'il écrit des chansons dans sa langue natale depuis longtemps, mais qu'il n'avait pas encore eu l'opportunité de les graver sur cd.

« Nostalgie » est une compo dont il avait entamé l’écriture à l’âge de 23 ans. Faussement nostalgique, elle est chargée d’autodérision. Il vient seulement de terminer le second couplet. Ce qui ne l’empêche pas de la glisser dans la set list. Intimiste, le show s’achève par « Words ».

Et en rappel, Gaëtan clôt le concert par un titre chanté a cappella, au milieu de l’auditoire. Pour son plus grand bonheur.

(Organisation : Le Moulin Fantôme)

Un nouveau clip pour Bowie

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Le 28ème et dernier album de David Bowie ‘’ est paru ce 8 janvier 2016, quelques jours avant son décès. Depuis lors, 2 millions d’exemplaires se sont vendus à travers le monde, s’imposant en 1ère place des charts dans plus de 20 pays.

Le régisseur –et aussi le concepteur de la belle œuvre d’art de ‘’– Jonathan Barnbrook a réalisé un émouvant clip vidéo pour “I Can’t Give Everything Away”, son hommage à David Bowie, un clip qui véhicule un message d’espoir simple mais clair pour les moments difficiles de la vie.

http://smarturl.it/ICGEAvideo

 

Swans et les peaux-rouges !

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Le prochain album de Swans paraîtra ce 17 juin 2016. Il s’intitule “The Glowing Man”. Il a été enregistré au sein de différents studios, au Texas, à Seattle, et même à Berlin. Trois ingénieurs du son ont apporté leur concours, John Congleton, Don Gunn et Ingo Krauss, selon les lieux. Et il a été masterisé par Doug Henderson. Pour écouter le titre maître, c’est ici

Swans se produira le 6 octobre à l’Orangerie du Botanique

Tracklisting

1. Cloud of Forgetting
2. Cloud of Unknowing
3. The World Looks Red / The World Looks Black
4. People Like Us
5. Frankie M.
6. When Will I Return?
7. The Glowing Man
8. Finally, Peace

https://www.facebook.com/SwansOfficial/

http://younggodrecords.com/pages/swans

 

 

 

 

Une brouette d’invités sur le nouvel album de Cassius

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« Ibifornia », ilôt imaginaire sis entre Ibiza et la Californie, est le titre du nouvel elpee de Cassius, le duo réunissant les DJ’s/producteurs français Philippe Zdar et Hubert BoomBass. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçe u le concours d’une brouette d’invités, dont leur vieux complice Pharrell Williams, Cat Power, Matthieu Chedid, Mike D (Beastie Boys), Ryan Tedder (OneRepublic), Laurent Bardainne (Poni Hoax), Jaw (Fils du Calvaire), et la liste est loin d’être exhaustive.

« Ibifornia » c’est un jet-lag sonore, physique et psychédélique qui commence sur les dancefloors d’Ibiza pour finir en after à l’ombre des palmiers de Los Angeles. Bref selon le producteur Derrick May, « Ibifornia » c’est un peu Fela, Michael Jackson, Chaka Khan et Steely Dan réunis sur le dancefloor du Space à Ibiza. Avec certainement un petit bout de buvard au fond de leur verre…

Deux vidéos sont déjà disponibles sur le net

http://vevo.ly/tsxcp9

http://vevo.ly/XtLWEP

 

www.cassiusofficial.com

 

 

Charles X replonge dans le passé

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« Sounds of the Yesteryear », c’est le titre du nouvel opus de Charles X. Il fait suite à "The revolution...and the day after", un disque qui avait récolté un franc succès. Ousider de luxe du hip-hop et de la soul moderne, ce Californien de 25 ans déploie tout son talent de songwriter, de rappeur et de chanteur sur cet elpee qui rend hommage à la Great Black Music.

 "Can You Do It", le premier single extrait du nouvel album, s'affranchit lui aussi des codes du hip-hop à travers un dessin animé exceptionnel et évènementiel. Et c’est ici

 

 

L’architecture électronique du Facteur Cheval…

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Facteur Cheval est un nouveau projet monté par Carl Roosens (Carl et les Hommes-boîtes), le claviériste Christophe Rault et le duo bruxellois Zoft (au sein duquel milite le batteur du Wild Classical Music Ensemble), destiné à embarquer l’auditeur dans un tourbillon rock ludique, intense et débridé.

‘Notre musique est une grosse éponge imbibée de mascarpone, ça frotte pas mal, ça tabasse du bambou, ça remaquille de la croûte…’

Intitulé « Adieu l’organique », l’album sort ce 22 avril.

En concert

15.04 soirée Honest House - Le Garage Creative Music
22.04 Festival RING - CDN Nancy Lorraine, la Manufacture (Fr)
23.04 PaCRocK Festival (official) - Pont-à-Celles
25.04 Release Party - Café Central - Bruxelles
01.05 Les Aralunaires - Arlon

https://facteurcheval.bandcamp.com/