La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Ephemerals

Chasin Ghosts

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Après le succès –mérité– récolté par l’impressionnant Benjamin Clementine, il était écrit que d’autres artistes allaient s’engouffrer dans cette brèche ouverte par sa transcendante soul écorchée et à fleur de peau… Drivé par Hillman Mondegreen, Ephemerals en est une belle illustration. Tout au long de son second opus, le jeune combo anglais propose donc une musique ‘soul’ chargée d’un dose d’émotion phénoménale…

Une expression sonore dont le climat essentiellement soul (« You’ll Never See Me Cry ») se teinte d’ambiances jazzy (« Everyday Killer ») voire de hip-hop rétro (« Howl »). Mais surtout caractérisé par un son très ‘live’. Malgré une voix qui impressionne par sa puissance, Wolfgang Valbrun, le chanteur franco-américain, ne parvient pas à atteindre une même intensité que celle libérée par Benjamin Clementine ; et parfois « Chasin Ghosts » tape sur le système lorsque l’interprétation s’avère ‘too much’. A l’instar de morceaux aux sujets trop plombants, comme « Beauty in the Everyday » et surtout sur le fatiguant « God’s Gonna Make You Laugh ». Heureusement, l’ensemble est judicieusement adouci par de parfaites interventions de cuivres et un groove indéniable parfaitement illustré par le très agréable « Everyday Killer », une compo lorgnant davantage vers les récentes œuvres de Leon Bridges et de Charles Bradley ! Ephemerals nous offre un album dont l’écoute nous bringuebale constamment entre plaisir et répulsion… Votre appréciation fluctuera donc en fonction de votre état d’âme du moment… 

 

Brigitte

A bouche que veux-tu (Edition Deluxe)

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Retour de la femme à deux têtes.

Apparaissant comme une figure d’opposition manifeste, le duo Brigitte, nous gratifie d’une édition spéciale de son second opus « A bouche, que veux-tu ».

Sorti sur sa propre boîte de production labellisée, ce long playing baigne dans un océan de funk, de reggae et disco.

Décrochant pour cet opus un disque de Platine, Aurélie Saada et Sylvie Hoarau ont vite surfé sur la vague du succès et ont, de ce fait, écumé les festivals d’été, oscillant ici et là entre sensualité assumée, féminisme déplacé et réflexions pas toujours fair-play sur l'air du temps.

Elles commercialisent aujourd’hui un joli coffret rose pailleté estampillé « Edition collector » recelant une manne de bonnes surprises. Dont deux disques !

Le premier propose une lecture conventionnelle de l’album. Mais pas que ! La chanson éponyme se multiplie pour y subir un lifting taillé clubbing ! Un peu facile et sans grand intérêt patrimonial !

La vraie bonne surprise, par contre, provient du second support. Encouragées à offrir une palette plus intimiste de leur répertoire, ces artistes, en devenir, livrent un sept titres sous l’orchestration d’un homme, Paul Rouger, menant de main de maître douze cordes, trois cuivres et une flûte !

L’exercice est tout bonnement surprenant ! L’angle d’écoute devient tout à coup nettement plus évident ! Plus fluide aussi ! La beauté musicale et le grain de voix éraillé, presque enfantin pour le coup, des gonzesses, se marient naturellement au gré des ondulations sonores. Comme une évidence ! Tout simplement magnifique ! 

Baignant dans un environnement plutôt ouaté, les mots se posent sur les notes, comme les mains d’un homme sur le corps de sa partenaire ! Délicatement, sensuellement, avec beaucoup de douceur et de volupté ! Un régal pour les oreilles !

Subitement, les compositions originelles deviennent une erreur presque involontaire que l’on s’obligerait, sans regret, à oublier !

La seconde surprise, plus anecdotique, celle-là, touche le packaging. Quinze clichés pris façon polaroïd. Comme si ces demoiselles, qui ne viennent pas de Rochefort, avaient besoin de se rappeler l’instantané nostalgique d’une vie faite de jolis souvenirs ! A voir …

The Arctic Flow

The luminous veil (Ep)

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The Artctic Flow est le projet de Brian Hancheck, un musicien issu de la Caroline du Sud, qui s’inspire, paradoxalement, de la scène musicale britannique. Celle qui a sévi au cours des 80’s, tout particulièrement. Depuis Aztec Camera au Cure, sous sa forme la plus allègre (pensez à « Love cats »), aux Smiths, en passant par Belle & Sebastian et Strangelove. Soit un mix entre cold wave, postcard, post punk atmosphérique et dream pop. Seul souci, hormis la dernière (NDR : la très new wave « Ready for the rain »), les trois premières plages sont imprimées sur un tempo binaire, par une boîte à rythmes. Dommage, car alimentées par des guitares carillonnantes ou subtilement gothiques, enrobées de claviers atmosphériques et dynamisées par des accès de basse aventureux (« Daffodils ») que soulignent des harmonies vocales célestes (« When we were something »), elles auraient mérité un meilleur support...

 

Suede

Night thoughts

Écrit par

Suede, c’est en quelque sorte la réincarnation de la face la plus glam de Bowie. Ce n’est pas nouveau. A cause de Brett Anderson, bien sûr, dont la voix a toujours évoqué celle de son maître. Enfin, lors de sa période la plus décadente ; celle de « Ziggy stardust » voire de « Diamond dogs » ou encore d’« Aladdin Sane ». Pourtant, musicalement, Suede a toujours émargé à la britpop. Mais son style emphatique lui a permis de se démarquer des autres formations. Il faut cependant avouer que lors de sa séparation, en 2003, l’inspiration semblait tarie. Faut dire que depuis le départ du guitariste, Bernard Butler, on avait l’impression que le ressort était cassé. Lorsque le groupe se reforme en 2010, c’est avant tout pour se produire sur scène. Ce qui ne l’empêche pas de publier « Bloodports » en 2013, un opus d’honnête facture. Et puis ce « Night thoughts ». Un elpee précédé par la sortie d’un clip vidéo consacré à « Outsiders », relatant l’histoire d’une tragédie familiale qui a poussé un homme à se suicider, en se noyant dans la mer (voir ici).

Et de famille, il est encore ici question, tout au long de « Night thoughts », puisque thématique, cet LP traite notamment des rapports conflictuels entre le père et le fils, au cours desquels Brett a l’impression de devoir assumer les deux rôles…

Proposant 12 plages, ce long playing s’achève par trois pistes au cours desquelles on retrouve toute la grandiloquence de Suede. Des morceaux atmosphériques, mélancoliques, luxuriants, gonflés aux orchestrations symphoniques, même si la seconde version de « When you were young » est tramée sur un piano et autorise des effets électroniques. Mais venons-en aux trois premiers quarts de l’œuvre. Au cours desquels, Suede réussit la fusion entre arrangements somptueux et instrumentation basique. Parfois même en y ajoutant un zeste de psychédélisme (Love ?) Certains aspects sont cependant parfois davantage accentués. A l’instar de ce fameux « Outsiders » et de l’excellent « No tomorrow », deux plages ciselées dans des cordes de guitares limpides, cinglantes, réminiscentes de Bauhaus voir de Sad Lovers & Giants. Et lors de la deuxième, la voix overdubbée de Brett évoque tout bonnement… Bowie ! D’autres sont encore plus complexes. Comme « I don’t know how to reach you », la valse lente « Tightrope » ou encore la première version de « When you are young », qui ouvre l’oeuvre.

Et on épinglera encore le très offensif « Like kids », un titre contagieux, dont le riff accrocheur se mue en chorale d’enfants, lors de la finale. Génial ! Et comme toutes les plages de cet album se fondent l’une dans l’autre, on a l’impression de n’écouter qu’un seul morceau, démontrant ainsi que ce « Night thoughts est bien conceptuel…

 

Nicola Testa

Tests réussis pour Nicola Testa !

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Il s’agit du premier concert accordé à l’Ancienne Belgique par Nicola Testa, et il le mérite. A force de travail… Comme il l’a annoncé, il va proposer un spectacle inédit, créé spécialement pour cette date ; un show unique en son genre dont les costumes ont été dessinés par Jean-Paul Lespagnard. La salle n'est pas tout à fait sold out. Les deux balcons latéraux sont masqués d'un drap noir. Toutes les places assises sont occupées, mais la fosse est bien compacte.

Le supporting act est assuré Simon LeSaint (SLS). Il va nous proposer un Dj set d’une demi-heure. Il n’établit aucune communication avec le public. Pas vraiment de quoi accrocher…

Tout comme la veille, à La Madeleine, un interlude est exécuté par David Léo, alias David de Froidmont, l’ex-vocaliste de Malibu Stacy. Il vient interpréter son « Down The Hall ». Deux filles déploient des affiches sur lesquelles figurent le titre de ce tube, le nom de l'artiste, son Facebook et son Twitter. Et cette fois-ci, les filles brandissent bien les affiches à l'endroit.

Trois ans déjà que Nicola Testa arpente les planches de différentes salles et festivals en Belgique, soutenu par une fidèle équipe et un solide groupe. Son album, « No More Raibows », est paru en mars 2015. Un disque enregistré sous la houlette d’Antoine Gaillet, pour lequel il a notamment reçu le concours de Julien Doré, Talisco et M83. Et il a été élu ‘Meilleur Artiste de l'Année’, en 2016, par les Octaves de La Musique.

Tous les musicos ont droit à une estrade. Les deux claviéristes plantés à gauche. Le drummer et le bassiste, à droite. Et Nicola au centre, sur laquelle est installé un piano. Sans oublier une section de trois cuivres, qui viendra épauler le line up, à plusieurs reprises, au cours du set. Le light show est coloré et marque chaque artiste de son empreinte.

Nicola va donc nous proposer des versions différentes de compos issues de son elpee. Un véritable test quoi ! Alexandre Leroy (Puggy) est derrière les manettes. Le son devrait donc être nickel.

Caractérisé par son profil électro, « World » ouvre le concert. La section rythmique démontre déjà toute son efficacité. Derrière son micro, Nicola frappe dans les mains et incite la foule à l’accompagner. Elle s’exécute. Faut dire qu’il dégage énormément de sympathie –il n’oublie pas de le saluer et de remercier l’auditoire– et puis il peut compter sur un fan base de plus en plus conséquent. C’est même lui qui fait monter la température, dans la salle. L’adaptation de « Cells » est surprenante. Les titres défilent, toujours différents des versions originales : « Lost And Found », « Land Of Glass », « Home  »… Pourtant percussif, « Mellotron skies » met en exergue la voix atmosphérique de Nicola. Dominé par des claviers réminiscents des 80’s, « The Letter » a été judicieusement rafraîchi, afin de prendre une forme plus contemporaine. Nicola change régulièrement de fringues. Lors de ses brèves absences, les musicos en profitent pour étaler tout leur brio d’instrumentistes. Une fille habillée tout en rouge surgit pour attaquer « Koko ». Elle entame alors une danse endiablée et presque chamanique. Déroutant !  

En rappel, « Rainbow » constitue la véritable apothéose du concert. Les cuivres sont de la partie pour cette compo au cours de laquelle, chargée d’émotion, la voix de Nicola va véritablement faire mouche et faire fondre les cœurs de tous ses aficionados. Quoique responsable d’un seul opus, l’artiste est quand même parvenu à proposer un show de 105 minutes. Tests réussis pour Nicola Testa !

(Organisation : Progress Booking)

Recorders

L’empreinte de Talisco…

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Ce jeudi 17 mars 2016, Recorders organise sa release party dans la salle de La Madeleine, à Bruxelles. Il vient y présenter son deuxième opus, « Coast To Coast », qui fait suite à « Above The Tide », paru en 2014. Superbe, l’endroit est situé à deux pas de la gare Centrale et de la Grand Place. En outre, sa capacité est de plus ou moins 1200 places. Un fameux atout dans l’éventail d’auditoires mis à la disposition de la capitale européenne. Et bonne nouvelle, le podium a été rehaussé ; une critique soulevée lors des concerts accordés dans le cadre du BSF. Enfin, les infrastructures permettent une qualité de son optimale. Si ce soir, ce n’est pas sold out, il y a pas mal de monde, pour accueillir le band bruxellois.

Il revient à Konoba d’ouvrir la soirée, un groupe qui s’était produit dans le cadre du festival Propulse, en 2015. Et sur l’estrade, il semble un peu à l’étroit. Le line up réunit le chanteur Raphael Esterhazy, le guitariste Maxime Simon (Solkins, Whylanders), dont la moustache ferait pâlir de jalousie les acteurs des Brigades du Tigre, le préposé à la basse et aux synthés Maxime Honhon (NDR : un autre Solkins) ainsi que d’un drummer barbu et coiffé d’un chapeau. Ces trois musicos ont enfilé une chemise lilas (NDR : la même qui est vendue au stand merchandising). Raphaël a opté, de son côté, pour une autre de couleur blanche, de type officier, enrichie de motifs rouges.

Le set s’ouvre par « Smoke And Mirrors ». Le light show est aveuglant. Les deux claviéristes sont aux commandes. Raphaël tapote sur sa machine. Il se déhanche et se balance. Sorte d’hybride entre Joe Newman (Alt-J), Beck et Gotye, sa voix semble habitée. Il y a des beats électro, mais ils ne sont pas trop envahissants. La mélodie est accrocheuse. L’auditoire commence à remuer. Raphaël prend la place de Maxime derrière les claviers. Ce dernier empoigne la basse et se consacre alors au micro. Big Moustache récupère une gratte dissimulée sous le clavier. Tout au long de « I’m a wolf », les deux musicos de Solkins conjuguent leurs harmonies vocales. Et elles sont atmosphériques. C’est bientôt le printemps et « Love » s’ébroue sur des gazouillis d'oiseaux. Mr Honhon se distingue à la semi-acoustique. La voix de Raphaël monte dans les aigus. Ses mains sont aussi expressives que celles de feu Joe Cocker. Il semble satisfait de sa prestation et s'applaudit. La foule lui emboîte le pas. L’artiste invite les spectateurs à se serrer les mains pour se faire des câlins. Mister Honhon s’écrase sur votre serviteur. Avant que le show n’embraie par « On Your Knees », une chanson empreinte de douceur. Raphaël s’agenouille. Manifestement, il s’agit de la compo la plus radiophonique du nouvel Ep, dont la sortie est imminente. Une compo stimulée par des beats électro et qui incite à se remuer le bas des reins. Et du set, on épinglera encore « L'indifférence », un titre interprété dans la langue de Voltaire. Konoba se produira en concert, au Rideau Rouge de Lasnes, le 15 avril 2016.

En interlude, David Léo, alias David de Froidmont, l’ex-vocaliste de Malibu Stacy, vient nous présenter son « Down The Hall ». Deux filles déploient des affiches sur lesquelles figurent le titre de ce tube, le nom de nom de l'artiste, son Facebook et son Twitter. Cocasse, elles les exhibent à l’envers.  

Première constatation, lorsque les musicos de Recorders montent sur l’estrade, leurs visages ne sont plus peinturlurés, comme à l’époque où ils défendaient leur elpee « Above the tide ». Leur second opus, « Coast To Coast », sort aujourd’hui. Le line up du band a changé. Si le chanteur/guitariste Gordon Delacroix, le bassiste Flo Donnet (NDR : une penne universitaire retournée sur la tête) et le second gratteur Alex Meeus, sont toujours au poste, deux petits nouveaux ont intégré le band. En l’occurrence le drummer Michael-John Joosen et le claviériste –un pianiste de jazz– Ben Broux. Ils s’installent cependant, en arrière-plan. Le décor est peuplé d'énormes ballons de baudruche montés sur des supports métalliques.

« Not All Who Wander Are Lost » ouvre le set. Les harmonies vocales sont à trois voix sur ce morceau de 5 minutes que relayent les claviers. Le light show oscille entre couleur orange, blanche, verte et bleue. Des vocaux toujours aussi atmosphériques envahissent le contagieux « Lost At Sea ». Les claviers et les grattes y font cependant la différence.

Pour « Cutting Clouds », le drummer privilégie les percus, un titre qui adopte un tempo davantage cold wave. La voix de Gordon devient grave pour « Time Is A Flat Circle », une compo stimulée par des beats électro. Extrait du premier opus, le hit « Someone Else's Memory » libère des sonorités davantage sucrées. Tout comme le spasmodique « Geometric Peaks ». Quoique indolent, « Undivided » est davantage synthétique, un morceau au cours duquel la voix se révèle de nouveau éthérée. Au bout de 50 bonnes minutes, le show s’achève par « Shoot Shoot ».

Manifestement, l’empreinte de Talisco est bien présente tout au long des plages du nouvel elpee. Normal, il a participé activement aux sessions d’enregistrement.

Lors du rappel, une estrade est installée derrière le batteur, sur laquelle grimpe une chorale réunissant 6 filles. Elles sont toutes vêtues de noir. Mais les deux morceaux, au cours desquels elles participent allègrement, « A Church Of Dust And Rubble » et « Arctic Skies », lorgnent alors carrément vers l’univers d’Archive. Et le concert de s’achever par le jouissif « On Cove Mountain ».

(Organisation : Progress Booking)

Deafheaven

Génialement hétérogène…

Écrit par

Fondé en 2010, Deafheaven est une formation californienne (NDR : issue de San Francisco, très exactement) drivée par George Clarke et Kerry McCoy. Son troisième opus, « New Bermuda » est paru en juillet 2015. Atypique, elle attire autant les aficionados de black metal, de post rock que de shoegaze. Pour preuve, le public éclectique qui peuple l’Ancienne Belgique, ce mardi 15 mars.

Et lorsqu’ils montent sur les planches de l’AB Box, les musicos affichent un look qui n’a strictement rien de métallique. George Clarke, le chanteur, porte une chemise et un pantalon de couleur noire, comme chez les formations qui militent dans le post-punk gothique. Kerry McCoy, le guitariste est chaussé de lunettes et coiffé d’une casquette. Sa dégaine est comparable à celle de nombreux musiciens pop californiens. Quant aux trois autres membres du band (second gratteur, bassiste et drummer), ils n’arborent pas de longue chevelure, ne sont pas vêtus de t-shirts sulfureux et ne se produisent pas les jambes écartées… Les clichés, quand même !

A 21 heures piles, le quintet grimpe sur le podium. Et nonobstant son image plutôt correcte, dès les premières notes de "Brought the Water", on se rend compte que sa musique est capable de libérer une belle puissance. La double pédale est omniprésente. George Clarke rugit à s'en éclater les cordes vocales tandis que les grattes assènent des riffs agressifs. Le chanteur se déplace de droite à gauche de l’estrade (NDR : ou de gauche à droite, selon). En nage, au sein d’un auditoire au bord de la suffocation, il se recoiffe toutes les cinq minutes. Lors des interludes musicaux, il devient homme-orchestre sous emprise. Les autres membres du combo demeurent, de leur côté, relativement statiques. Quoi qu’il en soit, le public est immédiatement conquis. Pour preuve ce ‘headbanging’ qui sera constant. On n’observera, par contre aucun pogo, pendant la soirée. L’assemblée est certainement trop absorbée par la musique. Et puis, il aurait fallu de la place ! Par la suite, le groupe multiplie les morceaux extraits de son dernier opus « New Bermuda », alternant riffs écrasants et envolées progressives. Lors d’une accalmie, l’Américain n’oublie pas de remercier le public et de présenter ses condisciples. Au bout de 45’ de show, le groupe attaque « Baby blue », un morceau caractérisé par un long crescendo qui s’achève par un superbe solo dispensé par McCoy. Certainement le meilleur moment du concert. Une compo qui synthétise parfaitement le style de Deafheaven qu’on pourrait qualifier de génialement hétérogène…

A l’issue de ce titre, le quintet se retire, avant de revenir au bout de 120 secondes. Et va nous réserver deux derniers morceaux issus de son deuxième LP, « Sunbather », mais d’une durée de 20 minutes ! Le set aura donc duré un peu plus d’une heure, une prestation qui aura inondé nos conduits auditifs et surtout provoqué, un sacré torticolis !

 

(Organisation : AB)

The Real McKenzies

Rats in the Burlap

Écrit par

Il y a bien 20 ans que Real McKenzies nous propose une musique, fruit d’un savant mélange entre folk celtique et punk enlevé. Troubadours des temps modernes, les musicos tournent énormément. En Belgique, ils avaient ainsi marqué de leur présence le festival de Dour, en 2006, et le Power de La Louvière, en 2011. Pourtant, à l’instar des Mahones, le combo ne nous vient pas d’Irlande ou d’Ecosse, mais du Canada.

« Rats in the Burlap » constitue son 10ème opus. Pas de surprise. La recette est identique. Titre d’ouverture, « Wha saw the 42nd » démarre sur un ballet de cornemuses, pour forger un hymne entraînant. « Who’d a tought » et « Catch me » balancent des accords simplistes et répétitifs qui auraient pu naître d’une rencontre hypothétique entre les Ramones et Motörhead. Plus country, « Spinning wheels » est enrichi par des accords de banjo. Quant à la voix éraillée de Paul, elle continue d’apporter cette touche punk à l’ensemble.

A l’instar des opus de Dropkick Murphys ou des Belges de Black Tartan Clan, cet LP a le don de mettre de bonne humeur. On a une irrémédiable envie de taper du pied et dégustant une bonne Guinness, au pub, en compagnie de ses voisins de comptoir…  

The Orange Revival

Futurecent

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Quatre ans après avoir publié un premier album autoproduit, The Orange Revival a déniché le label de ses rêves. Le groupe suédois est en effet parvenu à incorporer le team Fuzz Club. Un environnement idéal pour développer son rock psychédélique teinté de shoegaze.

Cerise sur le gâteau, il a pu bénéficier de l'expérience de ce bon vieux Sonic Boom qui a posé sa patte patinée sur le son de « Futurecent ». Une collaboration sans douté née dans un backstage, puisque le combo a assuré la première partie de Spectrum avant l'enregistrement de l'opus. Les Scandinaves ont également eu l'opportunité de se produire en supporting act de Warlocks et White Hills, au cours de ces dernières années. 

On ne sera donc pas étonné de découvrir le nom de Spacemen 3 dans la longue liste de formations susceptibles d’évoquer Orange Revival. Des influences à chercher autant dans le psychédélisme des sixties (Doors, Stooges, Velvet Underground) et des générations suivantes (Brian Jonestown Massacre, Black Angels) que dans le shoegaze et la noise (Jesus & Mary Chain, The Telescopes voire Galaxie 500). Les amateurs de guitares ‘fuzz’, de synthés analogiques et de reverb trouveront donc de quoi se repaître.

De cet opus, on épinglera cependant le nonchalant single « Carolyn », les boucles entêtantes de « Setting Sun » et le final « All I Need », évoquant un Joy Division shoegaze.

Même s'il est bien difficile de s'affranchir d'influences écrasantes dans ce style, The Orange Revival manque toutefois un peu de personnalité. « Futurecent » est un elpee plaisant mais il ne se démarque pas. L'avenir nous dira si The Orange Revival est une bonne formation psychédélique de plus ou si elle est capable de se distinguer par une touche davantage reconnaissable. En attendant, ne boudons pas notre plaisir.

 

Mystery Jets

Curve Of The Earth

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C’est en 2006 que des gamins issus du quartier londonien de Twickenham publient « Making Dens ». Des jeunes encadrés par Henry Harisson, père de Blaine, l’actuel leader du groupe. Le paternel prend néanmoins rapidement du recul et laisse son fils et ses amis continuer leur chemin, sans guide… Et le parcours des Mystery Jets devient sinueux. Dix ans et quatre elpees plus tard, les Anglais peuvent se targuer d’avoir exploré de nombreux styles musicaux. D’abord un poil expérimentale, la musique des Mystery Jets a glissé vers une pop tendre avant de s’aventurer dans le rock, pour finalement atterrir dans le folk yankee. Réalisé au sein de la campagne texane, « Radlands », gravé en 2012, reflète parfaitement cette dernière option. 

Quatre ans plus tard, le band nous propose « Curve Of The Earth ». Le line up implique un nouveau bassiste. Et la musique opère un retour aux sources, par la même occasion. Pas de prairies, mais une ancienne usine de boutons sise à Londres, pour servir de décor aux sessions d’enregistrement. Le contraste entre les lieux est saisissant. Tout comme le style entre cet opus et les précédents. Bref, le band a concocté plus que probablement l’album de la maturité. Découpé en 9 plages, son titre et la pochette rappellent immédiatement le « Dark Side Of The Moon » du Pink Floyd ; et ce n’est pas un hasard. Ce quatuor mythique insulaire constitue la source principale d’inspiration de Mystery Jets. Tout au long de « Curve Of The Earth », Mystery Jets aborde des thèmes existentiels liés à l’univers, la vie à l’autre bout du monde, l’exploration de soi, le sang, etc. Elles sont bien loin les chansons qui se contentaient de relater des histoires d’amourettes, comme « Young Love » ou « Two Doors Down » !

Et pourtant, le groupe a continué de composer des morceaux sans prétention. Des compos trempées dans une pop délicate mais terriblement addictive, à l’instar de l’entraînant « Bubblegum », susceptible de provoquer une véritable débordement de joie. Mielleuse, la voix de Blaine Harisson rend la plupart des compos accessibles. Les effets sonores sont judicieusement dispensés. Comme sur « Tellomere », la chanson d’ouverture, « Midnight’s Mirror » ou encore sur « Blood Red Balloons », une piste balayée par une guitare atmosphérique.

L’elpee s’achève par le sublime « The End Up » (NDR : choix judicieux pour ce morceau !) D’une durée de 6 minutes 30, cette ballade mélancolique est ponctuée d’une explosion magistrale, invitant le mélomane à écouter ce « Curve Of The Earth », en boucle. A mon humble avis, la plage la plus réussie du long playing. Qui est probablement le meilleur du band à ce jour, et constitue le fruit d’une expérience acquise pendant une bonne décennie. Pas de doute, « Curve Of The Earth » est un des premiers albums incontournables de ce début d’année !

Dylan Leblanc

Cautionary Tale

Écrit par

Ce songwriter yankee est seulement âgé de 25 printemps. Et il a déjà toute une histoire derrière lui. A l’âge de 15 ans, Dylan Leblanc commence à se produire sur la scène locale de sa ville natale Shreveport, en Louisiane. Il acquiert une expérience certaine et publie son premier elpee, en 2010, chez Rough Trade. Puis part en tournée. En première partie de Calexico. C’est son deuxième opus qui va lui ouvrir les portes du succès. Il assure alors le supporting act de Bruce Springsteen. Tout va donc alors pour le mieux, dans le meilleur des mondes. Quoique. Sa notoriété lui monte à la tête et il commence à abuser de la divine bouteille. Si bien que Rough Trade finit par rompre son contrat. Après un moment d’introspection, Dylan Leblanc revient à la surface et publie « Cautionary Tale ». Sur ce troisième LP l’Américain fait le point et aborde, dans ses lyrics, ses problèmes liés à l’alcool et sa famille. Des thèmes qu’il développe sur une musique folk/rock mélancolique et empreinte d’une grande sensibilité, dans l’esprit d’un Neil Young voire de Nick Drake.

Non seulement, l’elpee est impeccablement produit, mais lors des sessions, il est parvenu à parfaitement s’entourer. Si la sèche structure la plupart des compos, les autres instruments –violons, lap steel et cuivres– viennent enrichir l’ensemble, mais parcimonieusement. Et finalement, à l’écoute de ses chansons, on ne peut s’empêcher de penser à Cass McCombs voire –et c’est plus flagrant–Great Lake Swimmers, la voix réverbérée de Leblanc rappelant celle de Tony Dekker.

En espérant que « Cautionary Tale » permette au (toujours jeune) songwriter de se refaire une santé…

La moutarde me monte au nez

C’est la crise

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En choisissant un patronyme aussi déjanté, La Moutarde Me Monte Au Nez nous a rapidement fait comprendre que l’acidulé était son créneau.

Fondé au début du millénaire, cette formation compte plus de 250 concerts à son actif (NDR : essentiellement à travers l’Hexagone), et « C’est la crise » constitue déjà son quatrième album !

Question piquant, on peut difficilement faire mieux ! On est à mille lieues des discours pompeux de l’Académie française façon Jean d’Ormesson. 

Ici, l’humour est en effet ravageur et plutôt graveleux. A ne pas mettre entre toutes les chastes oreilles !

Il suffit de s’en convaincre en écoutant « Classé X », au cours duquel le chanteur s’évertue à clamer ‘J’arrache ta culotte. Et déjà, tu te frottes. Je te bouffe la chatte à n’en plus finir’. Très subtil !

Composé d’une face ‘licenciement’ et d’une face ‘divorce’, le disque veut reproduire les sensations de l’écoute d’un bon vieux vinyle ; support que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…

Les textes sont subversifs et faussement intellos. Les thématiques sont certes pimentées, mais apolitiques. Elles dépeignent le quotidien sociétal : la crise, la malbouffe, les rencontres sur le net, etc. Jouer sans surjouer, tel est leur fer de lance !

Influencé par les yéyés, le sextet a souhaité néanmoins réaliser un album contenant une large palette de sonorités musicales. L’opus oscille entre electro (NDR : « Nouveau départ », une très belle plage d’ouverture caractérisée par son craquement nostalgique) et morceaux tantôt plus pop à coloration sixties, tantôt plus rock.

Et finalement, plutôt contemporain, l’LP s’avère de très bonne facture. Une très jolie surprise !

 

Hugo Chastanet

Avalanche

Écrit par

C’était en 1996 ! Son génialissime « La nacelle » envahissait les ondes radiophoniques. Le temps passe vite, mais il n’altère en rien le talent de cet artiste !

Paru sur le label belge Crammed Discs, cette chanson lui avait permis de se hisser au sommet de la gloire entraînant par la même occasion une tournée de quarante-cinq dates à travers la France en première partie d’Obispo himself !

Les deux elpees suivants, « La nuit des balançoires » et « L’homme en noir » –tous deux enregistrés à neuf ans d’intervalle– avaient connu, eux aussi, une certain succès critique et d’estime !

Flanqué de ses fidèles compagnons qui l’ont accompagné durant sa tournée, soit Jérôme Mardaga (Jeronimo) aux guitares, Calogero Marotta à la basse, Jérôme Danthinne à la batterie et Vincent De Bast aux claviers, le gaillard a mis les bouchées doubles puisque la gestation du petit dernier n’a pris que deux petites années !

« Avalanche » n’est pas qu’un disque ! C’est une messe où les riffs de guitares foisonnent ! Ils résonnent comme une provocation ! L’addiction devient presque obligée et malsaine !

C’est aussi une expression littéraire à lui tout seul ! Hugo est un obsédé … textuel. Il a fait le choix des armes en français !

Un paradoxe même peut-être ! Il dépeint des textes sombres entre candeur et tendresse vocale et naïveté presque naturelle (« Hey mon ami »).

Enregistré en Belgique et en France, on y retrouve la même couleur mélodique qui a fait son succès d’autant. Un relent de pop sucrée, atmosphérique avec une résonance anglophone quasi échographique.

On épinglera l’hommage vibrant fait à Michel Delpech, disparu tout récemment dans « Michel D. » !

Un travail d’orfèvre !

 

Dionysos

Vampire en pyjama

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Dionysos est né deux fois. C’est ce qu’affirme Mathias Malzieu en publiant ce nouvel album « Vampire en pyjama ». Un titre qui met en exergue un monstre, dans un état inhabituel. Quoi de plus normal pour ce groupe français habitué à nous entraîner dans des histoires peu communes. Parce qu’une fois de plus, un récit se cache au milieu de ces chansons. Une maladie grave, un homme qui a voulu vivre trop vite, des héros en blouse blanche… Si c’est toujours aussi subtilement écrit, musicalement, il y a une anémie de puissance. Vous savez, cette énergie débordante et contagieuse de « La métamorphose de Mr Chat » par exemple. On ne la retrouve pas ici. Il semblerait qu’un leader affaibli ne puisse donner naissance qu’à un album lui-même pas au mieux de sa forme. Ca raconte, oui. Mais là aussi, il faudrait une bonne transfusion des émotions contenues dans « La mécanique du coeur » pour nous faire frissonner comme si on était « Le jour le plus froid du monde ».

Reste que pour les fans du groupe, tout n’est pas à jeter. On aura un petit sourire nostalgique quand viendra le temps de « Déguisé en moi » ; inévitablement, une galerie de personnages tels que Giant et Little Jack, Tom Cloudman, le pire cascadeur du monde, nous reviendront en pleine face, comme si Monsieur Malzieu avait semé dans ses créations passées tout ce qui lui arrive aujourd’hui.

L’avantage chez cet auteur hors pair, c’est que tout va de pair justement. « Le journal d’un vampire en pyjama », roman sorti en même temps que ce recueil de chansons très personnelles, est si magnifiquement mis en musique, que ce qu’il manque dans certains titres, on peut aller le chercher dans ces pages. On perçoit alors mieux ce qui se trame dans cette douceur infinie.

Une reprise a le bon goût de venir se perdre. On ne sait pas ce qu’elle fait là mais on ne se lasse pas de cette version de « I follow the rivers » qui semble, elle, immortelle, intemporelle.

Ce « Vampire en pyjama » est bel est bien un « Guerrier de porcelaine », probablement le morceau le plus identifiable au groupe. Il a de la gueule, donne l’une ou l’autre claque gentille mais se brise par endroits.

 

Clint Slate

Before the Dark

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Lorsqu’on claironne aussi fièrement des influences tellement ‘bateau’, quoique prestigieuses, comme Jeff Buckley, Radiohead, Archive ou Queen, le contenu a tout intérêt à être à la hauteur ! Le mystérieux musicien français Clint Slate a donc placé la barre très haute, en publiant « Before the Dark » ; et première constatation, peu de traces des artistes référencés, à son écoute. En effet, l’artiste livre une œuvre bien plus marquée par le folk lyrique d’Ed Sheeran ou de Jason Mraz. Dans un registre vocal plutôt maniéré, Clint Slate livre des morceaux folk FM aux forts accents pop (« Rules of Intimacy »), tramés dans des cordes hispanisantes (« Harder ») ou un peu trop dégoulinantes (« Slave »), lorsqu’ils ne sont pas teintés de légères touches électroniques (« Wish »). Les compositions sont soignées. L’artiste a du talent. Mais à force de surjouer, la charge émotionnelle n’atteint que trop rarement sa cible… 

 

A Place To Bury Strangers

Transfixiation

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Même si c’est sur scène que sa puissance est vraiment optimale, A Place To Bury Strangers a quand même livré trois efforts studio intéressants, depuis 2007. Portée par des grattes agressives qui situent clairement le trio entre le noise rock et le post-punk, la musique des New-yorkais n’est pas vraiment conseillée pour trouver le sommeil mais plutôt pour éveiller les sens, et pourquoi pas se lever avec une pêche d’enfer le matin. Aussi, on se doutait bien que ce « Transfixiation » allait poursuivre dans la voie, ouverte par ses trois précédents elpees.

Après écoute, pourtant, le bilan s’avère mitigé. Si quelques morceaux sont clairement à la recherche de mélodie agréable, on a parfois l’impression que le groupe tombe dans une caricature de lui-même en privilégiant à tout prix la puissance du son. Le chant est trop en retrait. La production en est également responsable. Si la recette peut se révéler efficace, comme sur l’explosif « I’m So Clean » ou l’entraînant « Straight », elle se mue en véritable bouillie sonore ; et notamment sur « Love High » ainsi que « What We Don’t See ».

Et « I Will Die », piste qui clôt l’opus, synthétise plutôt bien le déséquilibre dont souffre l’LP.  Décoiffant mais bien trop brouillon, « Transfixiation » risque fort de ne pas faire l’unanimité chez les aficionados. Qui de toute manière se consoleront en assistant aux prochaines prestations ‘live’ du band ; car c’est bien là que le trio prend plaisir à nous enterrer !

 

The Shoes (France)

Chemicals

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Responsable du très remarqué « Crack My Bones », sur lequel figure le single imparable « Time To Dance » (NDR : parue en 2011, cette compo avait également fait l’objet d’une vidéo virale et ultra violente, un clip réalisé par Daniel Wolf qui met en scène Jack Gyllenhaal, dans la peau d’un serial killer), mais également de piges exécutées auprès de certaines pointures de la pop, dans le domaine de la production (NDR : notamment pour Gaëtan Roussel, Joke ou l’insupportable Woodkid), The Shoes était attendu au tournant par les fans d’électro/rock !

Le cocktail de références entrant dans la composition de « Chemicals » allait-il se révéler équilibré. Serait-il trop ou trop peu pop ? Inspiré ou pas ? Allait-il reproduire le même schéma ? Adeptes des collaborations et du recyclage, Benjamin Lebeau et Guillaume Brière ont, pour la circonstance, fait appel à leurs amis canadiens de Black Atlass, la révélation SAGE (Ambroise Willaume de Revolver), l’anglais Esser, le nouveau roi de la ‘Noirewave’ Petite Noir ainsi que l’impeccable Blaine Harrisson (Mystery Jets) pour torcher des morceaux naviguant entre trip-hop (« Vortex of Love »), house (« Us & I »), EDM (« Whistle ») et hip-hop (« Feed the Ghost »), mais surtout et avant tout diablement pop (« Made for You »). Parfois à la limite de la recherche systématique du single à succès, le duo frenchie remet les pendules à l’heure en nous réservant le très ‘street’ « Fifteen Insane & Brown », une piste qui bénéficie de la collaboration du très véhément Mikill Pane au micro ou l’imparablement cool « Feed the Ghost ». Véritable crossover de musique moderne et hédoniste, l’hybride « Chemicals » s’avère bien équilibré et diablement plus inspiré qu’imaginé ; il devrait donc dompter les ondes et les pistes de danse sans le moindre problème! 

 

The Rhythm Junks

Pas de cuivres ni de guitare, mais pas mal d’impro…

The Rhythm Junks réunit des vieux briscards issus de la scène blues, roots et jazz du Nord de la Belgique. A l’origine, le line up impliquait le jeune harmoniciste Steven De Bruyn, le drummer Tony Gyselinck et le vétéran Roland Van Campenhout. Depuis, ce dernier a cédé sa place à l’ex-Admiral Freebee, Jasper Hautekiet. Après 11 années d’existence, la formation vient de publier son quatrième elpee, « It Takes A While ». Steven et Jasper ont accepté d’accorder un entretien à Musiczine, ce 20 janvier, dans un petit bistrot, sis à quelques pas de la Bourse. On vous en relate les moments forts…

Roland a définitivement abandonné The Rhythm Junks ?

Steven : Il a participé aux sessions d’enregistrement du premier album, « Fortune Cookie ». Il y a 22 ans que je connais Roland. Tout a commencé à Bruxelles, lors du Jazz Marathon. J’étais venu en compagnie d’un ami qui s’est chargé de nous présenter. A l’issue de notre rencontre, on a joué trois morceaux ensemble. Ensuite il m’a demandé quel était mon emploi du temps, le lendemain. Je lui ai répondu que je ne savais pas encore. Il m’a alors invité à Louvain-La-Neuve, dans le cadre du Boogie Town Festival. Il devait remplacer Big Sugar, un groupe canadien. Il m’a dit que je pouvais jouer avec lui. Donc le lendemain, je me suis rendu là-bas, et on a joué ensemble. On n’avait jamais collaboré et là on se produisait dans un festival. Nous sommes restés amis. De temps à autre, on coopère encore. Après 20 ans d’existence, on n’avait toujours rien enregistré. J’avais seulement participé à l’enregistrement de quelques morceaux sur des disques de Roland. Et on en avait conclu qu’il fallait remédier à cette carence. Ce qui explique pourquoi on a réalisé « Fortune cookie ». De temps à autre, quand The Rhythm Junks se produit, comme au Japon, Roland vient nous rejoindre...

Collaboration atypique, celle entre Steven à l’harmo, Roland et Helmut Lotti, à l'AB, en compagnie d’une belle brochette d’invités. Tu t’en rappelles ? C’était en 2013.

Steven : Les personnalités de Roland et Helmut Lotti sont totalement opposées. Je me souviens, lorsqu’on a attaqué les sessions, Helmut voulait déjà savoir quand on aurait terminé. Je lui ai répondu qu’on n’avait même pas encore commencé. Et qu’on verrait bien quand ce serait fini. Parce que pour Roland, c’est toujours le moment et on joue l’instant présent. Helmut Lotti est un perfectionniste. Il veut savoir où il va… Roland et moi étions très fatigués. On répétait quotidiennement. Un jour il a joué un morceau, et une demi-heure plus tard, il l’a rejoué, mais de manière complètement différente. Ça c’est Roland ! Il joue à chaque fois différemment. Tout dépend de son feeling du moment.

The Rhythm Junks vient de graver son quatrième elpee. Qu’est-ce qui a changé en 11 années d’existence, chez ce groupe, hormis le départ de Roland ?

Jasper : Pour le premier et le deuxième album, on avait reçu le concours de cuivres. Un contexte qui nécessite une structure, notamment pour les arrangements. Puis on s’est limité au trio batterie, basse et harmonica. Ce qui nous accorde davantage de liberté pour improviser. « It Takes a While », c’est la suite logique de « Beaten Borders ».
Steven : On a enregistré ‘live’ lors des sessions. Quand on avait recours aux cuivres, il était indispensable de se fixer une ligne de conduite avant d’entrer en studio. Mais pour ce disque, je cherchais à entretenir une tension comme dans le « Kind Of Blue » de Miles Davis, où il y a de l’impro. On disposait déjà d’une charpente pour les morceaux, mais on a décidé de les interpréter suivant le feeling du moment, pas comme si on devait suivre une partition. Et ça a bien marché.

Pourtant, les compos de l’elpee semblent plus radiophoniques, accessibles, universelles aussi. Une explication ?

Jasper : C’est l’album qu’on avait le moins préparé avant d’entrer en studio. Sans réfléchir. On y a joui d’une plus grande liberté. C’est chouette de penser qu’elles puissent être universelles. Et pourtant, on n’a jamais déterminé à l’avance si elles seraient destinées aux radios.
Steven : En fait, on a voulu mettre en forme des versions élémentaires. Les plus longues sont destinées au ‘live’…

« It Takes A While » c’est le titre du long playing. Mais il faut un certain temps pour quoi ?

Steven : Quand il t’arrive un drame ou un événement de très grave dans la vie, il te faut du temps pour l’encaisser. Mais apprendre des vertus profondes, prend aussi du temps.

« Headphone City » me fait penser à dEUS. Même la voix évoque celle de Tom Barman. Une coïncidence ?

Jasper : les influences de dEUS sont également multiples. Ce qui fatalement nous rapproche. Mais on ne copie personne ; simplement certaines références sont probablement similaires.

« Calling Massala » est certainement le titre le plus coriace. A cause de sonorités de guitare, ma foi, particulièrement métalliques. C’est un créneau que vous comptez explorer, dans le futur ?

Steven : Il n’y a pas de guitare. Mais de la basse. Il y a même un solo de cet instrument. En fait, on se sert d’un omnichord (auto-harpe), dont les tonalités sont spécifiquement métalliques. Mais cette compo a une histoire. Massala est une fille qui vit à Nairobi. On s’est produit là-bas, il y a deux ans, dans le cadre du premier festival de jazz du Kenya. Et nous avons visité un projet mis en place dans un bidonville, à Korogocho, qui nous a beaucoup touchés. Il est destiné à permettre aux enfants à jouer de la musique classique ; ce qui permet d’améliorer leurs résultats scolaires, car leur capacité de concentration est plus longue. On voulait participer à ce projet. On a donc fait parvenir 150 harmonicas là-bas. Et sur Skype, je donne des cours à Massala, qui les répercute auprès des enfants.


Vous partez bientôt en tournée, à travers le monde, en compagnie de Balthazar et Triggerfinger?

Jasper : On a assuré la première partie des deux groupes en Suisse et en Allemagne, il y a deux ans. En Allemagne, il se racontait que The Rhythm Junks était le lien manquant entre Triggerfinger et Balthazar. Nous avons les mêmes racines que Triggerfinger, et une base assez simple comme celle de Balthazar. Sans grande guitare. C’est sans doute la raison pour laquelle on a décrit notre musique, sous cet angle. Et assurer la première partie de ces deux groupes, c’était super chouette.
Steven : Le public de Balthazar est plus jeune que le public de Triggerfinger. Chez nous, il y a beaucoup de solos. Et quand tu en réalises un devant les fans de Balthazar, ils commencent à tripoter leur écran de téléphone. Ils n’y sont pas habitués. Les aficionados de Triggerfinger nous comprennent mieux. Mais les deux publics ont été sympas à notre égard. Une bonne expérience.

En mai, vous vous rendrez au Japon dans le cadre de la fête de la bière. Arsenal et Intergalactic Lovers ont été invités avant vous. Un passage obligé ou une opportunité ?

Steven : Nous aimons le Japon car c’est un pays très intéressant et très différent de la Belgique. C’est une opportunité de pouvoir jouer là-bas. Certaines personnes prennent même l’avion d’une ville à l’autre pour venir nous voir parce qu’ils aiment beaucoup notre musique. De temps en temps, ils nous rejoignent sur scène. C’est très chouette. Et complètement fou! Le photographe qui a réalisé la pochette de l’album est japonais.
Jasper : On l’a rencontré à Kyoto et on a fait un photoshoot.

Steven tu es originaire de Heusden-Zolder. Tu as tourné 8 courts-métrages sur ta région. Une raison ?

Steven : Mon beau-père était mineur. Il était d’origine italienne. Il a commencé à bosser dès l’âge de 14 ans. Il s’était expatrié pour avoir du boulot dans les charbonnages. Lors de mes 12 ans, un de mes amis d'école a perdu son père, dans un accident. Un événement qui a secoué le village. J’ai pensé qu’il était judicieux de ne pas rester les bras croisés et de rencontrer les habitants. C’est un très chouette petit village, près de Genk. J’y retourne toutes les 3 ou 4 semaines. Mais aujourd’hui, la crise économique l’a plongé dans la désolation.

Bowie vient de s’éteindre, des suites d’un cancer. Steven, tu as collaboré à l'écriture d'une chanson pour financer la lutte contre le cancer. Es-tu particulièrement touché par cette maladie ?

Steven : Bien sûr, je suis encore jeune et j’ai déjà perdu des amis à cause de cette maladie aveugle. Les meilleurs sont parfois touchés en premier lieu…
Jasper : Bowie était en fin de vie. Son album est une forme de testament. Il avait peut-être tout programmé. Il savait que tel jour, c’était fini et que son disque allait sortir.
Steven : C’était un perfectionniste, un freak control. Je ne suis pas sûr que dans sa situation, j’aurais enregistré un album. J’aurais sans doute préféré rester auprès de ma famille.
Jasper : C’est peut-être le choix qu’il avait fait, car l’œuvre ne comporte que 6 ou 7 morceaux, dont certains étaient déjà sortis, il y a un ou deux ans…
Steven : Un clip comme « Lazarus », ne se réalise pas en une heure. Et quand tu vis dans de telles conditions, il est très difficile de tourner une vidéo pareille. Je l’ai regardée avant sa mort, et j’ai immédiatement conclu qu’il vivait ses derniers jours. C’est émouvant…

 

 

Defeater

Abandon avant knock out!

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Soirée metalcore proclamée mélodique, ce dimanche 13 mars, au Club de l’AB. A l’affiche trois combos : Kids Insane (Israël), Break Even (Australie) et Defeather (USA). Pas mal de monde pour assister aux sets de ces trois bands dont votre serviteur ne connaît pas grand-chose. Pas grave, c’est ainsi qu’on fait souvent de belles découvertes, mais aussi parfois qu’on s’en prend plein la tronche. La preuve par trois, ce soir…

Kids Insane nous vient de Tel Aviv. Fondé en 2010, il pratique un hardcore teinté de punk. Son troisième opus, « Slander slit » est paru l’an dernier. Le quatuor monte sur l’estrade à 19h30. Soit le chanteur Corey, le bassiste Nadav, le gratteur Asimon et le drummer Yoni. Barbus et tatoués, ils ont manifestement la pêche. Tout en hurlant, mais en ayant le soin de conserver une certaine harmonie dans ses intonations, le vocaliste se démène sur les planches et vient au contact du public. Il se penche régulièrement vers les premiers rangs. C’est ce que le peuple demande. Malgré un fil de micro un peu trop court, il tente quelques petites incursions dans un auditoire déjà bien chaud. Faut dire que les riffs de guitare sont incendiaires ; alors que particulièrement efficace, la basse vrombit, le drummer se chargeant de canaliser l’ensemble en imprimant un tempo métronomique. Du set on retiendra surtout « Dears Politics », une compo à la fois engagée et nerveuse et « Frustrated » qui va mettre le souk dans la fosse. Un show bref mais de bonne facture.  

Né en 2005, Break Even est issu de Perth. En 2008, son guitariste, Rowan Willoughby, est décédé. Ce n’est pourtant qu’en 2012, que la formation a splitté ; mais elle s’est reformée deux ans plus tard. Porté par le single « Young And Bright », le groupe a décidé de repartir en tournée. Mais il n’a pas encore prévu de sortir un nouvel album. Le line up du band est classique : basse, guitare, batterie et chant. Pas de changement de drums, mais de cymbales. Le chanteur est chaussé de ballerines au lieu de baskets. Il a enfilé un pantacourt. Ce qui lui permet d’exhiber de superbes tatouages. Qui recouvrent également les épaules et les bras. Mais qui ne seront visibles que lorsqu’il ôtera sa chemise. Car dès les premières mesures, il la mouille. Il veut nous faire croire que ses dessins corporels son animés. Entre chaque morceau, il discute avec le public. Il arpente les planches de long en large, comme un type déterminé. Sa voix est âpre, sauvage même. Quelques audacieux montent sur l’estrade et se jettent au-dessus des bras de courageux pour entamer l’un ou l’autre slam. L’un d’entre eux parviendra même à faire le tour de la salle. Mais le volume sonore me semble de plus en plus élevé. Ne reste plus qu’à battre en retraite et à se protéger les oreilles par des bouchons…

Defeater est un autre quatuor, mais originaire de Boston. Il est venu défendre son dernier et quatrième elepee, « Abandoned ». Responsable d’un post hardcore, il figurait parmi les 10 formations à ne manquer sous aucun prétexte, lors de l’édition 2015 du Groezrock. Faut dire qu’il jouit d’une solide réputation de groupe ‘live’. Et en matière de show, la notoriété n’est pas usurpée. Le chanteur harangue la foule. Il l’incite à jumper et à danser. Ce qui va provoquer moult pogos, tout au long du set. Et même un circle pit au seind des premiers rangs. Bref, le concert suinte de sueur et de testostérone, comme au bon vieux temps. Sauf que la puissance du son est excessive. Malgré les bouchons, la quantité de décibels est devenue insupportable. A tel point que plusieurs spectateurs, mécontents, vident les lieux. Y compris votre serviteur. Il ne tient pas à souffrir d’acouphènes ni de devenir sourd. Il jette donc l’éponge. Dommage, mais là c’est un abandon (« Abandoned » ?) avant le knock out !

(Organisation : Ancienne Belgique)

Keith Emerson

Keith Emerson s’est donné la mort ce vendredi 10 mars 2016

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Le célèbre claviériste britannique Keith Emerson s’est tiré une balle dans la tête, ce vendredi 10 mars 2016, à Los Angeles. Il était âgé de 71 ans et souffrait de dépression, consécutive à une maladie dégénérescente du système nerveux.

Né à Tordmonen, en Angleterre, il avait fondé The Nice en 1967 en compagnie de David O’List et de Lee Jackson, avant de monter le super groupe Emerson, Lake & Palmer. Respectivement ex-chanteur de King Crimson et ex-drummer d’Arthur Brown et Atomic Rooster. De cette aventure, le trio va publier 9 elpees, dont l’incontournable concept album, « Tarkus ». Emerson va se lancer dans de nombreux autres projets, et pas seulement en solitaire, mais ne rencontrera plus jamais le succès phénoménal récolté par l’EL&P, une véritable machine de guerre, dont le matos était véhiculé, lors des tournées, par 3 semi-remorques. Une démesure qui va finalement coïncider avec le déclin de la musique progressive, baliser le terrain pour une révolution dans l’histoire du rock’n’roll et favoriser l’explosion du punk.

Sans quoi, Emerson était un virtuose des claviers. Un innovateur et un fantastique showman, qui poussait son sens de l’humour jusqu’à planter des poignards entre les touches de son orgue. En outre, tant au sein de Nice, d’EL&P ou en solitaire, il a constamment cherché à établir des passerelles entre la prog, le rock, le jazz et le classique. Il a d’ailleurs régulièrement reçu le concours d’orchestres symphoniques.

R.I.P.

Les FrancoSillies 2016 : samedi 12 mars

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Les FrancoSillies sont nés d’une collaboration entre le Centre Culturel de Silly, Silly Concerts ASBL, le Salon et le Service Provincial des Arts de la Scène. Il s’agit déjà de la cinquième édition. Le festival privilégie les artistes qui s’expriment dans la langue de Voltaire. En général, au Salon, le son est nickel. Aussi, difficile de comprendre pourquoi le Centre Culturel n’a pas choisi les préposés locaux au mixing. Bref l’auditoire réunit plus ou moins 150 personnes. En tête d’affiche, Saule ! 

Les 5 groupes programmés ce soir, vont se produire, en alternance, sur la petite scène (dans le bistrot) ou sur le grand podium de la salle de concert.

Votre serviteur débarque trop tard pour assister au show de l'Enghiennois Antoine Armédan, qui selon les rumeurs, était de bonne facture.

Céléna et Sophia sont deux sœurs. Nom de famille ? Tornabene. Elles sont issues de Chapelle-lez-Herlaimont. Elles s’étaient produites dans le cadre du BSF, l’an dernier, en la salle de la Madeleine. A l’actif du duo, un Ep 5 titres, « A l’aventure ». Elles ont la jeunesse et la candeur pour elles. Brune, Céléna se charge de la sèche. Blonde, Sofia, de la gratte électrique. Leurs accords de cordes sont empreints de délicatesse. Et les voix, de douceur. Mais elles se servent également d’une belle panoplie d’instruments, du piano au xylophone, en passant par la mandoline, les percus (au pied) et le looper…

Le line up de La Cécité Des Amoureux (LCDA) est imposant. Jeff Bertemes (NDR : il est originaire des Cantons de l’Est) se charge des vocaux (NDR : c’est également le compositeur), Jean Debry de la contrebasse, Noëlle Elisabeth Grégoire des claviers, Julien Hockers de la guitare (NDR : tous des Liégeois !) et le Breton Kevin Mahé (NDR : Nantais, ce barbu a une bouille bien sympathique) aux percus. Et ce soir, la troupe est soutenue par un invité, en l’occurrence le trompettiste Corentin Eubelen.

Leader charismatique, Jeff est un passionné. Il focalise les regards. Sur le dos de sa veste en cuir sont cousues de grandes ailes noires. Elles se déploient quand il étend les bras. Tel un acteur de théâtre, sa présence scénique est impressionnante. Il semble hanté tour à tour par Pierre Lapointe, Barbara, Bashung, Gaëtan Roussel, Aznavour et on en passe. A l’instar d’un rapace, son regard est susceptible de vous transpercer. Son attitude évoque aussi parfois Mathias Malzieu, le chanteur de Dyonisos, sans les frasques acrobatiques.

Une intro précède son entrée sur l’estrade. « Tango » ouvre le set, une compo qu’il interprète dans sa langue natale. Poétiques, ses textes oscillent entre narration et slam. Autre tango, « Le Ballet des Phasmes » est adapté à la sauce contemporaine. Les morceaux oscillent entre pop, électro, classique, valse ou tango, mais à chaque fois, LCDA a le bon goût de réadapter les morceaux (NDR : surtout les plus surannés !) à la sauce contemporaine. Comme un nouveau tango baptisé « Le ballet des Phasmes ». Et la fin de show s’emballe littéralement pour le plus grand plaisir de l’auditoire. Au cours de ce concert, le band nous a proposé de larges extraits de son prochain album, « Les Courtisanes ». Et franchement, malgré quelques petits problèmes de balance, dus aux soundcheck de l’autre podium, la prestation a été totalement convaincante.

Juno est désavantagé, car le son est carrément médiocre. Dommage ! Tant pis, votre serviteur décide d’aller prendre l’air à l’extérieur, en attendant le spectacle de Saule, qui a remplacé Nicolas Michaux au pied levé ; ce dernier ayant eu l’opportunité de décrocher une tournée en Chine…

Après avoir bourlingué pendant plus de 2 ans pour défendre son album et vécu une collaboration avec Charlie Winston, Baptiste Lalieu s’était offert une petite récréation au sein de Gonzo. Il est ensuite retourné en studio pour enregistrer de nouvelles chansons. Qu’il a décidé de présenter dans le cadre de son 'Tour No Tour' ; une manière de les tester, avant la mise en forme finale.

Les musicos ne sont pas sur le podium, mais au milieu de la foule, placée en cercle autour du band et du matos de sonorisation. Un peu comme Zita Swoon, à une certaine époque. Certains spectateurs se sont assis sur l’estrade. Baptiste aime être proche de son public. Mais le fil du micro n’est pas assez long pour faire le tour de ses musicos. Mr Bio a la pêche, ce soir et aussi la bougeotte. Quatre grattes (électriques ou acoustiques) sculptent « Je Reviens ». Mais aussi les nouvelles compos ; percus, synthés et banjo complétant l’instrumentation. Baptiste a manifestement un message à faire passer.

Entre « L'Eclaircie », « Femme Fantôme », « Delove Song », « Et pourtant Je Marche », « Nulle Part Chez Moi », « LC », « O Combien », « Comme » et « Respire », il demande à l’auditoire de voter pour son top 5. Il en tiendra probablement compte, lors du choix final des titres de son nouvel opus. A mon humble avis, il va encore en écrire de nouvelles. Peut-être ira-t-il les défendre dans le cadre d’un second 'Tour No Tour'.  

Lors du premier rappel, il nous réserve des versions acoustiques (NDR : ce banjo !) de ses standards, « Si », « Chanteur Bio» et « Dusty Man » et l’achève par « Tes Adieux ».

Le second rappel baigne à nouveau dans le folk et clôt définitivement le concert par le judicieusement intitulé « On Part ». Bref, Saule est encore parvenu à enflammer la soirée. Que demande le peuple ?

(Organisation : Centre Culturel de Silly + Silly Concerts ASBL + le Salon + le Service Provincial des Arts de la Scène)

Saule + Juno + La Cécité Des Amoureux + Céléna – Sophia + Antoine Armédan