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La Divine Comédie de Lora Gabriel

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King Mud

Victory Motel Sessions

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King Mud est un duo circonstanciel réunissant Van Campbell (Black Diamond Heavies, issu du Tennesse) et Freddie J IV (Left Lane Cruiser, de l’Indiana). Deux musicos qui militent donc au sein de duos punk/blues. Pour enregistrer cet elpee, ils se sont enfermés au sein du studio Comp-ny à Glendale, dans la banlieue de Los Angeles, près du Victory Motel. Et ont reçu le concours du guitariste de Radio Moskow, Parker Griggs, pour deux titres. Ils décrivent leur musique comme un cocktail de hard blues, blue eyed soul, heavy rock et de feedback. Arthur Alexander signe la production. Un membre du combo pop new-yorkais The Sorrows (à ne pas confondre avec le groupe beat anglais qui a sévi au cours des 60’s). Dans le style, les Black Keys et White Stripes avaient ouvert une véritable voie royale. Une voie au sein de laquelle Left Lane Cruiser s’est engouffré, s’imposant même comme le leader de la nouvelle génération. Freddie J IV se réserve donc bien le chant et les guitares ; cependant, derrière les drums, ce n’est pas son compère habituel, Pete Dio, qui y siège, mais Van Campbell.

Nous plongeant immédiatement dans le Delta, Freddie ouvre les hostilités par le nerveux "Rat time". Il est rapidement rejoint par Van qui imprime le rythme soutenu du chemin de fer! La musique du duo est suramplifiée, dévastatrice. L’énergie punk, bien présente. Lors de son premier envol, Freddie arme le bottleneck afin d’arracher des larmes de sa slide. "Smoked all my Bud" est un autre blues primaire. Les inflexions vocales sont chargées de désespoir. Les riffs, obsessionnels. Parker Griggs a ramené sa gratte et entame une lutte sans merci, à couteaux tirés, avec Freddie. "Back it up" est toujours aussi contaminé par le blues originel, authentique, du Mississippi. Ravagée, la voix passe bien la rampe au sein d’un environnement sonore déchiré par la slide. Les arrangements sont très réussis, et tout particulièrement la fusion entre cordes amplifiées et métalliques (Resonator). Irrésistible, "Arthur's hooked" bénéficie de la participation de Patrick French à l’harmo, de Jaxon Lee Swain à la basse et d’Alex J. Galvan à l’orgue Hammond. Un sommet de cet opus que magnifie la parfaite symbiose entre la basse et les percussions de Campbell. "Keep it out of sight" constitue la première reprise. Une compo signée Wilko Johnson, c’est-à-dire parue lors de la première aventure du Dr Feelgood. Elle figure d’ailleurs sur l’elpee "Down by the Jetty", gravé en 1975. Faut dire aussi que ces artisans du pub rock anglais étaient eux-mêmes des précurseurs au futur mouvement punk. Le traitement opéré par King Mud est féroce, très speedé, et bénéficie du concours de French à l'harmo. Séduisante et mélodieuse, la slide guide "Take a look", alors que la voix de Freddie J est à l’agonie. Rockin' blues particulièrement énergique, "War dancers" aurait pu figurer dans le répertoire de Motörhead. La cover du "I can only give you everything" du Them est un autre summum de l’opus. Cette compo figurait sur le deuxième long playing ("Them again") de la formation drivée par Van Morrison. Mais le traitement est plus proche de celui opéré par les Troggs (NDR : garage band avant la lettre, il est surtout devenu notoire pour avoir gravé le classique "Wild thing"). Hyper speedée, la gratte est ici triturée par Parker Griggs. "Suzy's Cookies" s’ébroue dans un climat digne du Black Sabbath originel. Les riffs sont écrasants. Le tempo est lent. L’intensité progressivement dramatique. Avant que se manifeste la slide et l'harmonica ; et après un bon coup d’accélérateur, la plage s’achève dans une certaine forme de quiétude… Ce superbe LP s’achève par le nerveux "Blood River", une plage bien punk, au cours de laquelle la slide adopte une nouvelle fois, un profil explosif… 

 

Jeff Jensen

Live : The River City Sessions

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Jeff Jensen est né en Californie. En 2004, ce chanteur/guitariste/compositeur monte son propre groupe, le Jeff Jensen Band. Mais dès 2011, il décide de quitter la banlieue de Los Angeles pour s’établir à Memphis où il rencontre l'étoile montante locale de l'harmonica, Brandon Santini. Qui participe à l’enregistrement de deux excellents opus, "Road worn and ragged" en 2013 et "Morose Elephant", en 2015.

"Live : The River City Sessions" a été immortalisé en public, devant un parterre de fans, au studio Ardent de Memphis, en décembre de l’an dernier. Bill Ruffino se consacre à la basse et  Robinson Bridgeforth de la batterie. Jeff y a donc privilégié la formule trio. Il signe 9 des onze plages de cet LP d’une durée de 67 minutes.

Jeff attaque le notoire "T-Bone shuffle" de l'inoubliable T-Bone Walker. Il se révèle déjà très à l'aise dans cet exercice de swing et de jump. Sa vitesse d’exécution sur les cordes n’est guère banale. Les notes coulent d’ailleurs à flots. Il embraie par deux plages issues de son opus précédent, "Morose elephant". Tout d’abord, "Make it through', un funky R&B qui se distingue par une belle harmonie. Et même si Jeff n'a pas une voix autoritaire, elle s’intègre parfaitement dans l’expression  sonore. Un constat confirmé par "Empty bottles". A la fois gourmand et gourmet, il nous livre des solos parfaitement intégrés, marqués par ses descentes le long du manche de sa Gibson. Son "JJ Boogie" est un nouveau tour de force instrumental. Jeff vit son blues. Le dialogue qu’il établit entre sa voix et la guitare est plutôt éblouissant tout au long de "Find myself all alone", un blues à la fois flemmard, dépouillé, passionnel et captivant. Bref shuffle, "Brunette woman" se distingue à nouveau par une envolée de cordes très originale et complexe. Le titre maître de son dernier LP, "Morose elephant", est un autre instrumental. Une piste exceptionnelle qui met bien en exergue les interventions de basse opérées par Ruffino. Sa version du "Heart attack and Vine" de Tom Waits est superbe. Une claque ! "Can't believe we're through" est un extrait de son tout premier long playing, gravé en 2007 ; une ballade roots imprimée sur un mid tempo qui libère à la fois tendresse et créativité. Et particulièrement intense, l’envol des cordes vagabonde aux confins des univers de Jimi Hendrix ainsi que d'un Alvin Lee au sommet de son art. En rappel, Jensen chante "Ash and Bone", une ballade indolente empreinte d’une grande sensibilité. Et il achève son set par une longue cover du "All along the watchtower" de Dylan, tout en pensant à Jimi Hendrix… Jeff Jensen est un fameux guitariste !

 

Bill Durst

Good Good Lovin

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Chanteur, guitariste et compositeur, Bill Durst est issu de l’Ontario, au Canada. Un vétéran, puisque qu’il a fondé le groupe de rock Thundermug, en 1970. Il milite ensuite au sein d’un Tribute band consacré à ZZ Top, Tres Hombres. Il publie son premier opus solo en 1983, "Call Billy". Puis il reforme Thundermug. Avant de reprendre son parcours en solitaire. "Good good lovin" constitue son 5ème elpee, paru sur son propre label, Durstwerks. Un disque enregistré sous la formule trio. Il est ainsi épaulé par son ex-partenaire chez Thundermug, le bassiste Joe DeAngelis, et le batteur Corey Thompson. "Good Good Lovin" est découpé en 9 titres signés par Durst et DeAngelis. Et manifestement, tout au long de cet LP, le spectre du ZZ Top de Billy Gibbons plane…

Le long playing s’ouvre par le titre maître, un blues/rock puissant caractérisé par un riff de plomb. La section rythmique soutient parfaitement son leader. "Got love" adopte le même tempo, un blues bien huilé, mais dont la voix quelque peu ravagée, évoque –of course– Billy Gibbons. Une plage très réussie au cours de laquelle Bill se révèle apte à extraire des notes meurtrières. Toujours hanté par ZZ Top, "21st Century blues" reste à l'offensive, une piste particulièrement entraînante. La guitare est overdubbée tout au long du séduisant "I'm alright". La rythmique est bien nerveuse. Les sonorités dispensées par la Gibson sont bien grasses et denses. "Heaven Heaven" est imprimé sur un tempo flemmard. Largement amplifiée, réverbérée, la gratte ronronne de bonheur. Caractérisé par son riff écrasant, "King Snake Prowl" est un blues/rock musclé et âpre. Indolente, "What could have been love" est une plage qui entretient une tension dramatique. Pendant que le chanteur vocifère, la six cordes se met à gémir, alors que la section rythmique se libère totalement. "Northern electric" est un autre rock/blues radical. De bonne facture, cet elpee s’achève par la tendre ballade "I regret to say". La voix est particulièrement cool et les sonorités de gratte se révèlent ensoleillées. Enfin, on soulignera encore l’excellent travail de mise en forme réalisé par Darren Morrison.                                                                                                                                                                                            

Benjamin Dean Wilson

Small Talk

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Avec une régularité de métronome, l’Amérique profonde nous révèle régulièrement de géniales nouvelles plumes, pour la plupart responsables de superbes œuvres, qui vous scotchent dès la première écoute… En ce beau mois de mai, c’est au tour de l’Etat de l’Oklahoma de révéler au monde les compositions –déjà classiques– d’un cerveau en ébullition. Celui d’un certain Benjamin Dean Wilson qui, en à peine 6 longs morceaux, parvient à faire la différence. Et pourtant, « Small Talk » ne constitue que son premier opus.

Etudiant en cinéma à Tusla, le jeune artiste possède apparemment plusieurs cordes à son arc. Mais celui qu’il exerce dans le domaine de l’anti-folk ne manque ni de classe, ni de créativité. Magnifiquement arrangées, ses longues divagations naviguent quelque part entre un Dylan décalé (« So Cool », « End of Never Again »), Jonathan Richman (s’étalant sur plus de 13 minutes, le drôle et imparable « Rick, I Tick Tock » est manifestement le sommet de l’opus) et Adam Green (le superbement nonchalant « Sadie and the Fat Ma » ainsi que le jazzifiant « William »). Bref, tout en concédant des accents pop le plus souvent irrésistibles, ses comptines rétro-folk bénéficient de textes à la fois subtils et drôles sans jamais susciter le moindre moment d’ennui. « Small Talk », c’est le gros coup de cœur de votre serviteur !

 

John Carpenter

Lost Themes Remixed

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Son récent retour aux affaires a été acclamé par la critique. Donc, il fallait s’attendre à une suite. Mais elle n’est pas celle qu’on imaginait. Car son terrifiant « Lost Themes », paru l’an dernier, fait aujourd’hui l’objet de remixes ! Et quelques pointures issues de la scène électro expérimentale contemporaine, telles que Prurient, ohGr ou même la plus mainstream Zola Jesus, ont accepté de participer à cet hommage rendu au versant musical –dark bien entendu– de la carrière du maître ès épouvantes, notoire pour ses compositions déviantes. Blanck Mass, la moitié des Fuck Buttons, propose une version futuriste de « Fallen » tandis Prurient rend « Purgatory » encore plus glacial qu’elle ne l’était ; à tel point qu’elle en devient éprouvante. Enfin, la relecture d’« Abyss » par JG Thirwell (Fœtus), est aussi impressionnante que grandiloquente, le véritable sommet de ces remixes qui bénéficient pour la circonstance d’une cure de jouvence procurée à cet artiste décidément increvable (a contrario de la plupart des personnages qui peuplent ses films…)

 

The Bonnevilles

Arrow pierce my heart

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The Bonnevilles est un duo de garage/punk/blues. Etabli à Largin, en Irlande du Nord, il réunit le guitariste/chanteur Andrew McGibbon Jr et le drummer Chris McCullam. Fondé en 2008, le tandem publie dans la foulée son premier elpee, "Good suits & Fighting boots". La paire s’inspire alors de vieux bluesmen noirs comme Howlin' Wolf, Robert Johnson, et plus précisément encore, R.L Burnside (NDR : pensez à l’album "An ass pocket of Whiskey", pour lequel Jon Spencer était venu donner un bon coup de guitare). Le deuxième LP, "Folk Art and the death of Jesus" paraît en 2012. Et deux ans plus tard, le band immortalise un opus ‘live’ enregistré au Limelight de Belfast, "Tape Saturation Overdrive – Live in Belfast". C’est au cours de ce festival que les deux musicos croisent James Leg et les membres de Left Lane Cruiser, en compagnie desquels ils commencent à tisser des liens. Une rencontre qui va leur ouvrir les portes du label américain Alive Natural Sound. Mais aussi marquer leur musique. Et "Arrow pierce my heart" en est la parfaite démonstration, un long playing enregistré au sein du studio Millbank, en Irlande du Nord. Toutes les compos sont signées par McGibbon Jr. 

L'album s'ouvre par "No law in Lurgan". Il n’existerait donc pas de loi à Lurgan, une petite cité qui héberge Bonnevilles… Le début de parcours baigne au sein d’un climat dramatique, digne du Black Sabbath originel. Le tempo s’accélère ensuite alors que la gratte déjante régulièrement. "My dark heart" nous entraîne dans le Delta du Mississippi. Le rythme est rapide. Andrew chante un peu à la manière de Robert Plant. "The Whiskey lingers" déclenche une transe hypnotique réminiscente du légendaire Howlin' Wolf. L’atmosphère n’est guère propice à la joie de vivre. Denses, les percus de McCullam impressionnent, alors que les cordes s’autorisent un trip psychédélique. Et c’est dans la même ambiance que "The Electric Company" macère. Le drumming de McCullam est carrément hypnotique tout au long d’"Arrow pierce my heart". Folk, "Eggs and bread" nous réserve un bref intermède acoustique. "I dreamt of the dead" adopte un profil punk/blues, alors que torturé, "I've come too far for love to die" évolue sur un tempo plus lent. "Erotica Laguna Lurgana" pourrait servir de B.O. à un film introspectif. Malgré son sujet quelque peu morbide, "The man with the X shaped scar on his check" ne manque pas de charme. Cordes rythmiques et drums allègres rendent même cette plage presque joyeuse. Ballade acoustique, "Those little lies" concède des accents folk blues. Andrew et Chris mettent littéralement le feu aux planches tout au long de "Learning to cope", un morceau nerveux à l’attitude franchement punk. Et "Who do I have to kill to get out of here?" clôt l’oeuvre en puissance. Une question restée sans réponse, puisque ces Irlandais ont décidé de forcer leur chemin…

 

Matt Andersen

Honest Man

Écrit par

Canadien, Matt Andersen est originaire du New Brunswick. Chanteur/guitariste, il a entamé sa carrière musicale en 2002, au sein d’un groupe baptisé Flat Top. Depuis, il a multiplié les enregistrements et les tournées à travers le monde, démontrant un talent capable de s’exprimer aussi bien en studio que sur la route. Il a d’ailleurs décroché plusieurs prix dont quelques awards. Il a également magnifié le célèbre International Blues Challenge de Memphis, en 2010, comme solo performer. Bien reçu par la critique, son dernier elpee, "Weightless", remonte à 2014. La voix de Matt est souvent comparée à celle de Joe Cocker. Pourtant, elle n’est pas liée à un style particulier. Roots, sa musique est susceptible de se colorer de blues, de country ou de rock. Les sessions sont été réalisées au sein de différents studios, à New York, Nashville, dans le New Jersey et même à Kingston, en Jamaïque. La production a été assurée par Commissionner Gordon Williams, dont la carte de visite mentionne – notamment–  la mise en forme d’œuvres publiées par Carlos Santana, Joss Stone et Quincy Jones. L'accent a été posé sur la voix d’Andersen, plutôt que sur l’aspect musical. D'ailleurs, Matt, excellent gratteur, privilégie les cordes acoustiques. De nombreux musiciens ont cependant participé aux différentes séances de studio.

L'opus s’ouvre par "Break away". Le climat est ensoleillé, jamaïcain pour être plus précis, un reggae ma fois particulièrement chaleureux. La voix l’est tout autant, et bien mise en relief. Jolie ballade, "The gift of love" lorgne déjà vers Joe Cocker, en moins graveleux. Enrichie de claviers et de chœurs féminins, la ligne mélodique est particulièrement agréable à l’oreille. Imprimé sur un mid tempo, "Honest man" est légèrement coloré de funk, un southern R&B classieux dont les interventions vocales évoquent toujours feu le légendaire chanteur britannique, même si les inflexions sont plus personnelles et bien moins ravagées. La production met bien en exergue les cuivres. C'est dans le dépouillement que l'on mesure la richesse vocale de cet artiste. A l’instar de "I'm giving in", une superbe ballade qui libère énormément d’émotion. Un cri d’amour dans son dénuement le plus total. Juste la voix et le piano. "Quiet company" nous entraîne à Nashville, au cœur de la country. Une sèche et une lap steel aux accents blafards. La voix devient envoûtante tout au long de "Let's get back", une ballade à la mélodie impeccable. Orgue, piano et banjo se conjuguent avant de céder le relais à un trombone magique. "All the way" baigne subtilement dans du soul/funk alors que chargé de feeling, "Last surrender" nous ramène à Memphis, afin de faire revivre l'esprit d'Otis Redding. Une seule plage rythmée, "Who are you listening to?". Un rock entraînant, dansant, abordé dans l’esprit du rocker de Detroit, Bob Seger. Le piano balise le rythme, alors que Benji Bouron s’autorise une sortie remarquée sur sa gratte. De bonne facture, cet LP s’achève par "One good song", une dernière ballade pleine d'émotion…

 

Aaron Watson

The Underdog

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Aaron Watson est chanteur. Son style ? La musique country. Agé de 38 ans, il s’est établi à Amarillo, au Texas. Au cours de sa jeunesse, il a pratiqué le gospel. Il reconnaît pour maîtres, George Jones, Merle Haggard et Willie Nelson. Son premier album remonte à 1999. En 2004, Willie Nelson avait d’ailleurs apporté son concours à l’enregistrement de l’elpee "Honky Tonk Kid". Depuis, l’artiste rencontre un franc succès et "The Underdog" constitue déjà son douzième opus.

Aaron est devenu musicien indépendant et enregistre pour son propre label, BIG. Ce dernier LP a bénéficié de la mise en forme de Keith Stegall (NDR : il a travaillé pour George Jones et le Zac Brown Band). "Underdog" se traduit par ‘opprimé’, un terme qui lui colle bien à la peau. Indie, ce long playing s’est écoulé à plus de 26 000 exemplaires, la première semaine de sa sortie. Du rarement vu pour un indépendant! Les mots-clé de cet artiste sont ‘faith’, ‘family’ and ‘fans’, c’est-à-dire sa foi, sa famille et ses admirateurs!

Excellente ouverture, "The prayer" baigne dans la country traditionnelle. La voix colle parfaitement au style. Le violon et le banjo sont bien mis en exergue. Un violon qui devient carrément déterminant tout au long de "Wildfire". Divertissant, "Freight train" est imprimé sur le rythme du chemin de fer. La voix d'Aaron est soutenue par des chœurs. Les cordes électriques et les interventions d’orgue densifient judicieusement l’expression sonore. Ballade élégante, "That look" est parue en single, en prélude à la sortie de cet elpee ; un cri d'amour qu’il adresse à sa compagne Kimberley. Et enrichie par la lap steel, la mélodie est tout aussi jolie. "Getaway truck" nous entraîne sur les routes interminables du Texas. Chanson mélancolique, "Bluebonnets (Julia's song") rend hommage à sa fille défunte, Julia Grace. Les bluebonnets sont des fleurs sauvages qui poussent en abondance lors du printemps, au Texas! De cet LP, on épinglera encore "That's why God loves cowboys", le titre maître, au cours duquel il évoque sa vie et sa famille ainsi que le séduisant "Blame it on those baby blues". Cette dernière plage s’ouvre par un riff ‘rollingstonien’, mais c’est surtout le violon qui tire son épingle du jeu alors que les interventions de gratte électrique se révèlent constamment fluctuantes. Balisé par une rythmique bien rock, "Rodeo Queen" nous plonge dans l’univers du rodéo. Ce long playing s’achève par "Fence Post", une ‘protest song’ caractérisée par de  superbes échanges entre le violon et les cordes acoustiques.

 

Une bagarre en vue !

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Bagarre se produira le 20 mai au Botanique, le 25 juin au Verdur Rock, le 7 juillet aux Ardentes et le 2 septembre au Ward’in Rock Festival

Musique de club, le premier EP de Bagarre à écouter ici

Puisant dans l’anarchie d’internet pour façonner une musique sans limite de style ni d’époque, la bande organise un joyeux chaos, grave et festif à la fois. Bagarre prône le mélange des genres – masculin et féminin, Ghetto House et chanson française, jusqu’à s’essayer à une mélancolie orientale version dancefloor avec « Le gouffre ».

Ils réinventent leur musique de club à eux, une musique pop et futuriste !

And Also The Trees

Me and Mister Jones…

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A l’issue du concert accordé par And Also The Trees, le 31 mars dernier, à l’Os à Moelle, une petite interview avait été programmée en compagnie de Simon Huw Jones, le chanteur du groupe. L’occasion de parler de son nouvel album, « Born into the waves » (voir chronique ici). Et puis des derniers événements liés à la vie de la formation. Vu le nombre d’aficionados qui souhaitaient tailler une bavette avec les musicos, nous avons alors décidé de la réaliser un peu plus tard, par e-mail. En voici le contenu.

Pour enregistrer « Born into the Waves », vous vous seriez inspirés de vos visites en Europe de l’Est et au Japon. Ont-elles marqué davantage votre musique ou les textes ? Ou les deux ? Peut-on en savoir davantage ?

shj - Ce sont deux voyages différents plutôt qu’une tournée. Si vous êtes capables d’oublier le côté conneries rock’n’roll liées à la ‘route’, ils peuvent susciter l’inspiration. Nous avons toujours été fortement influencés par notre environnement. Et tout d’abord par celui, rural, du Worcestershire où nous habitions ; mais quand nous avons commencé à tourner sur le continent européen, ces périples ont coloré notre musique et mes paroles également. « Slow Pulse Boy » et « The Street Organ » ont été influencés par des séjours en Belgique, au cours des premières années, par exemple. Le son de guitare de Justin s’est inspiré par ceux accomplis en Italie, en Europe de l’Est et aux USA…

Ainsi, pour cet album, nous avons été influencés, il est vrai, par nos voyages en Ukraine, Roumaine, Lituanie et au Japon… c’est autant subliminal qu’intentionnel, cependant. Notre processus d’écriture dans son ensemble est d’ailleurs assez subliminal. La musique et les mots vont assez bien de pair ; c’est-à-dire que ce qui influence la musique influence les mots. La musique d’abord. La musique vient toujours d’abord et trace la voie…

Un groupe qui s’appelle And Also The Trees et accueille le chanteur de Dead Forest Index (Andy Sherry), c’est quand même paradoxal. Et pourquoi pas la prochaine fois, n’inviteriez-vous pas celui du groupe américain Woods, Jeremy Earl ?

shj - Une autre coïncidence, c’est que A Dead Forest Index réunissent deux frères, comme Justin et moi ; et ils ont aussi vécu dans le Worcestershire au cours de leur enfance et… nous ne nous connaissions pas avant de nous rencontrer au Festival de Leira, au Portugal, l’été dernier. Mais le plus incroyable, c’est que nous avons apprécié la musique l’un de l’autre. 

Vous avez assuré le supporting act de Cure, dernièrement, à Londres. C’était un peu des retrouvailles. Il n’y a pas eu de jam en fin de spectacle ?

shj - Un jour, alors que j’étais adolescent et ivre, je suis monté sur les planches et j’ai jammé avec un groupe au sein duquel militait un ami ; un ancien membre du groupe rock psychédélique, The Move. Le matin suivant, ce souvenir m’a tellement embarrassé, qu’il m’a presque tué ; et cet épisode me cause encore occasionnellement des cauchemars. Evidemment, j’ai décidé de ne plus jamais participer, dans le futur, à de telles expériences.

C’était chouette de retrouver Robert Smith et Simon Gallup, à nouveau. Il y avait tellement longtemps qu’on ne s’était plus vus. Les concerts étaient épatants et ces quelques jours passés ensemble se sont révélés fantastiques. 

Sur « Season & the Storm », « The Sleeper » et « The Skins of Love », le son des claviers me rappelle celui de Genesis à l’époque de l’album « Trespass ». Est-ce une coïncidence ?

shj - Il n’y a pas de claviers sur ces chansons. Ce que tu entends, c’est la guitare de Justin. Quand il a commencé à jouer, un idée lui trottait dans la tête, celle d’en jouer en la faisant sonner le moins possible comme une guitare. C’est ce qu’il continue de réaliser, et avec succès.

Nous n’avons jamais été des fans de Genesis et ne connaissons pas la chanson à laquelle tu fais référence ; pas que nous ne les aimons pas, mais parce que nous n’avons jamais accroché à sa musique.

Lorsque le tempo devient offensif, « Bridge me rappelle le « One of these Days » du Pink Floyd. Vous avez écouté en boucle des disques de musique progressive, lors des sessions d’enregistrement ?

shj - Nous connaissons l’album 'Meddle', mais nous ne l’avons plus écouté depuis longtemps. Ainsi, ce n’est pas une influence. Nous ne cherchons pas à puiser une influence directe dans la musique des autres groupes.

D’après ce que j’ai pu lire, Paul Hill fabrique des percussions à l’aide de cylindres, percus qu’il utilise, apparemment, sur l’instrumental « Naitö-Shinjuku » ? Il en fabrique souvent des instruments insolites ?

shj - Paul a fabriqué des drums à l’aide de pots de colle industriels et les a accordés en y forant des trous. Il aime toujours fabriquer des trucs –pas forcément des instruments– qui ressemblent davantage à des sculptures ou des inventions folles. Il a créé un appareil baptisé Zoetrope qui projette des dessins animés en utilisant des miroirs et des lampes. Je suis sûr que qu’il sera très utile à l’avenir.

 « Hawksmoor & the Savage » et « Seasons & the Storms » sont deux superbes compos Mais certains confrères estiment que si elles avaient été plus longues, elles seraient devenues sublimes. Partagez-vous cette critique ou simplement aviez-vous l’intention de créer un manque, pour leur donner davantage d’intensité ?

shj - Pour nous, elles semblaient avoir la bonne longueur. Je ne les ai jamais imaginées plus longues. Mais ces observations ou critiques sont malgré tout intéressantes.

Plusieurs chansons de l’album parlent de l’amour sous sa forme la plus pure, par opposition à la haine. Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce sujet ? Ne penses-tu pas que suite aux attentats terroristes perpétrés à Bruxelles, elles collent plus que jamais à l’actualité ? 

shj - Le premier pas vers l’écriture de l’album est arrivé quand Justin m’a présenté quatre morceaux de musique à la guitare, qu’il avait écrits, ajoutant qu’il s’agissait d’histoires d’amour issues de différentes parties du monde. Et le concept de l’histoire d’amour, de la chanson d’amour, a été omniprésent tout au long du processus. Je l’ai aimé et ai commencé à décrire ces différentes personnes issues des quatre coins de la terre avec cette même émotion commune. Curieusement cependant, elles sont souvent apparues solitaires et dans des grands espaces ouverts. Ainsi, j’ai observé ou contemplé l’amour dans quelques-unes de ces formes les plus diverses et recherché certains de leurs fils conducteurs dans la musique.

Apparemment, ces derniers temps, vous multipliez les projets personnels. Peut-on en savoir davantage ?

shj - Et bien, je travaille encore sur un second opus en compagnie de Bernard Trontin des Young Gods… Nous l’appellerons « November » et l’enregistrement est terminé. Il nous reste à le mixer, maintenant. J’ai aussi bossé en compagnie d’Olivier Mellano, un guitariste et compositeur français, sur un énorme projet commissionné par l’Orchestre Symphonique de Bretagne. Justin a joué récemment sur l’album de Marc Almond… Mais ce sur quoi nous sommes le plus focalisés pour l’instant, c’est le projet 'Brothers of the Trees', au cours duquel Justin et moi retravaillons des chansons d’And Also The Trees et pour lesquelles nous souhaitons parfois inviter des musiciens… et pour être ouvert à l’improvisation, peut-être du ‘spoken word’ et même des reprises jusqu’à un certain point, si nous estimons qu’elles recèlent quelque chose d’original ou d’amusant.

Le titre de l’album, « Born into the waves », a-t-il une signification particulière ?

shj - Le titre émane des paroles de « The Skeins of Love ». Il colle bien avec l’illustration de la pochette comme avec l’atmosphère musicale générale. Mais il est aussi ambigu.

Qui est Maësharn (« Your guess) ?

shj - Elle est dans la musique. Elle est comme tu la vois.

(Merci à Vincent Devos)

UB40 feat Ali, Astro et Mickey

Souvenirs de jeunesse…

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Trente-sept ans de carrière, c’est un fameux bail ! Et ça se fête ! C'est d’ailleurs ce que compte faire UB40, lors de sa nouvelle tournée mondiale. Qui transitait par l’Ancienne Belgique, ce dimanche 8 mai.

Membre fondateur du combo britannique (NDR : le combo est né en 2008), Ali Campbell avait claqué la porte suite à un différent avec les autres musicos, et tout particulièrement son frère Duncan. Ce dernier avait décidé de poursuivre l’aventure en reprenant le patronyme originel. Mais en 2014, Ali reforme le groupe, en compagnie d’Astro et Mickey (Michael Virtue), réunissant ainsi les 3 membres de départ. Mais Ali a quelque peu changé le nom, en y ajoutant leurs prénoms (‘feat Ali, Astro et Mickey’). Il existe donc aujourd’hui deux variantes de UB40, puisque Duncan a poursuivi son chemin, de son côté, en conservant l’appellation. Un album (« Silhouette »), un Ep acoustique et un live plus tard, la nouvelle mouture de UB40 est donc repartie en tournée.

UB40 est au reggae ce que Madness et The Specials sont au ska. Car si le reggae constitue la charpente de sa musique, il se colore, suivant l’inspiration, de teintes irlandaises, galloises, écossaises, yéménites ou africaines. Et même de blues ! Si le line up du band implique aujourd’hui notre trio de base, c’est-à-dire le chanteur et guitariste rythmique Ali Campbell, l’autre vocaliste Astro ainsi que le claviériste Michael Virtue, il s’est enrichi de la présence de Don Chandler et Matthew Hoy aux basses, de Paul Slowley aux drums, de Michael Martin à l’autre gratte (également une rythmique), de Winston Delandro au trombone, de John Johnson à la trompette, de Colin Graham au saxophone et de Winston Rose aux chœurs.

Une estrade de 2 mètres de haut est érigée à l’arrière, sur laquelle vont s’installer le drummer et le claviériste. Sur laquelle un des bassistes ou des guitaristes va également se planter circonstanciellement. Des images seront projetées sur l’avant du podium et sur une toile tendue au-dessus du batteur.

Beaucoup de souvenirs se bousculent dans la tête de votre serviteur avant que le set ne débute. Il avait 17 ans et un peu de poil au menton. Il avait eu le bonheur de voir Bob Marley, en ‘live’. Puis s’est épris du reggae blanc pratiqué par un combo issu de Birmingham, UB40. Il avait succombé aux rythmes irrésistibles du ska, livré alors par Selecters, Madness ou encore Specials. Puis vécu les prémices du punk, en assistant aux frasques des Sex Pistols, mais surtout vibré à l’écoute du Clash, qui va marquer un tournant dans son éducation musicale. Il ne pouvait donc pas manquer le retour de cette formation insulaire…

Une image apparaît sur les écrans. On peut y lire en grandes lettres bleues ‘We Are’ et jaunes ‘UB40’. Puis les artistes déboulent sur les planches. Le set s’ouvre par « Reefer Madness », qui sert d'intro. Ali a pris du poids. Il tient toujours sa guitare à la manière de Macca, mais sa voix est intacte. A la fin du morceau, Astro s'époumone pour saluer l’auditoire qui applaudit chaleureusement. C’est d’ailleurs lui qui communique le plus souvent avec le public ; Ali, légèrement en retrait, se concentrant surtout sur sa six cordes. Et le voyage vers Kingston peut commencer.

A l’instar de « Keep On Moving », la cover des Wailers, qui figurait sur l’elpee mythique « Soul Revolution ». L’entame du morceau est même légèrement dub. La set list va proposer 12 reprises dont « Wear You To The Ball » (John Holt), « Stick By Me » (The Paragons), « Homely Girl » (The Chi-Lites), « The Way You Do The Things You Do » (The Temptations), « Cherry Oh Baby » (Eric Donaldson), « Please Don't Make Me Cry » (Winston Groovy), Kingston Town (Lord Creator) et « Many Rivers To Cross » (Jimmy Cliff). Des hits à la pelle, dont bien sûr leur « Just Another Girl ». Pour une première partie de 75 bonnes minutes.

Car le rappel va durer trois quarts d’heure. Pendant « Food For Thought », Paul Slowley étale toutes les facettes de son talent. Tous les musicos sont de retour pour aborder « Silhouettes », titre maître du dernier opus studio. Et UB40 va encore nous réserver deux autres adaptations, « Can't Help Falling In Love » (Elvis Presley) et « Red Red Wine » (Neil Diamond).

(Organisation : Ancienne Belgique)

Crowbar

Peut-être pas connu, mais certainement reconnu…

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Après avoir pris ses distances avec le supergroupe Down, en 2013, Kirk Windstein a depuis lors eu tout le temps de se consacrer entièrement à Crowbar, band qui fête, cette année-ci, le 20ème anniversaire de sortie de « Broken Glass », son deuxième elpee. L’occasion parfaite pour les Louisianais de sillonner l’Europe en seize dates, et tout particulièrement la ville d’Hasselt. Une soirée frappée du sceau du Sludge, du Doom et du Heavy, qu’illustre les différents supporting acts assurés par Black Swarm et Hedonist, sans oublier le très attendu Trouble.

Il y a maintenant quelques jours que le soleil inonde la Belgique. Grand ciel bleu, pas une once de nuage à l’horizon. On se croirait presque en vacances. En longeant le canal Albert, un labyrinthe de rues rectilignes, tracé à travers le zoning commercial, nous conduit devant une façade peinte en rouge, mais dont les grosses lettres blanches –en capitales– couvrent sa moitié : c’est celle du Muziekodroom. Pas moyen de se tromper ! Les portes d’entrée s’ouvrent ; place à une plongée dans l’obscurité d’une salle où, paradoxalement, l’air est encore respirable, malgré la hausse de température enregistrée en ce début du mois de mai.

Seuls une bonne vingtaine de badauds se sont déplacés pour accueillir Black Swarm, une formation anversoise qui pratique du Metalcore. Vu la chaleur, il serait malvenu de se plaindre de ne pas être, dès le début, collés les uns aux autres. Intense, violent, le set finit très vite par souffrir de la linéarité de ses morceaux. Dans un anglais parfois approximatif, Same De Roeck –visiblement accablé par l’atmosphère, il laisse rapidement tomber le t-shirt, laissant apparaître un ‘Samuel Paul’ en lettres gothiques surmontées d’une croix renversée– hurle à pleins poumons. Une technique bien mieux contrôlée que le chant clair. Heureusement pour les tympans, fort peu utilisée durant les morceaux. Force est de constater également que ceux interprétés dans la langue de Vondel sont nettement plus intéressants et riches. Un choix peut-être freiné par la barrière de l’idiome ?

Quoi qu’il en soit, cette mise en bouche ‘testostéronée’ n’est qu’une première étincelle annonçant une succession de claques. Tout d’abord grâce à Hedonist, originaire de Genk, dont le Sludge/Stoner rond et lourd s’avère particulièrement efficace. Une homologie entre le t-shirt porté par le chanteur, frappé d’un ‘RUN COC’ (en référence à Corrosion of Conformity), et la musique du trio est instantanément palpable. Des compositions nourries au Heavy qui ont très vite raison des nuques des metalheads, les incitant à headbanger au rythme des titres un peu crados. Le public s’est certainement implicitement passé le mot, car une horde non négligeable de trentenaires (à la grosse louche) envahissent à présent les lieux. Y règne une ambiance sereine, cordiale voire confortable ; une pause dans l’espace-temps où se sont donné rendez-vous des amateurs de bon son. Faites comme chez vous : les pantoufles sont disponibles à l’entrée.

Trouble grimpe ensuite sur l’estrade. Ce groupe appartient à une catégorie qui a marqué plusieurs générations mais n’est jamais parvenu à percer, malgré un indéniable talent. Interviewé avant le show, Kirk Windstein, leader emblématique de Crowbar, tête d’affiche du jour, avoue à ce propos être un peu gêné de se produire après Trouble. ‘Ces gars font tout simplement partie de ces groupes qui ont m’ont profondément influencé’, confiera-t-il. Depuis ses débuts, le combo yankee a régulièrement changé de style. Ce soir, il va nous proposer un Heavy sous perfusion de Thrash et Doom. Ecumant les planches depuis 1979 (même s’il a vécu quelques passages à vide illustrés par une absence de gravures), Trouble envoie directement la sauce ; et la conjugaison entre la voix puissante de Kyle Thomas (ex-Exhorder) et les riffs endiablés de Rick Wartell crée un cocktail explosif de sonorités old school. Vu l’accueil reçu, il est fort à parier qu’une majorité des spectateurs avaient fait également le déplacement pour les anciens de l’Illinois. ‘On a eu de la chance ce soir, c’était un très bon concert. C’est comme ça avec Trouble : soit leur son est nickel, comme aujourd’hui, soit c’est un mur de grésillements car il joue trop fort’, explique un fan à l’issue du show.

L’atmosphère est maintenant à point pour accueillir le quatuor issu de la Nouvelle-Orléans. Pas d’entrée fracassante ni même de drapeau frappé du logo du band à l’arrière du podium. A l’ancienne, les musiciens débarquent un à un afin d’effectuer leurs derniers réglages. Matt Brunson, le premier. Il est vêtu d’un gilet sans manches en cuir, de type motard, entièrement customisé à l’arrière ; une grande fleur de Lys (symbole de leur ville d’origine) est surplombée d’un ‘Crowbar’. Le tout a été peint à la main, dans les tons rouges, jaunes et vert, par… Max Cavalera, le leader de Soulfly (excusez du peu !), à l’occasion de son anniversaire alors que les deux teams participaient à une même tournée, fin de l’année dernière. Kirk Windstein prend bien soin de lubrifier ses cordes pendant que Jeff Golden finit d’accorder sa basse et Tommy Buckley s’échauffe en manipulant ses drumsticks. Les quatre musiciens se réunissent finalement face à la batterie, se lancent un regard, approuvent de la tête et font retentir leurs instruments. Les guitares montent dans les aigus, la batterie entre dans la danse et le puissant « Conquerring » peut ouvrir le bal, un titre issu du quatrième elpee studio « Broken Glass », auquel cette tournée fera la part belle dans le cadre de ses vingt ans d’existence. L’artillerie est en marche : le son lourd et expressément lent des maîtres du Sludge envahit la salle limbourgeoise.

La fosse, conquise d’avance, exulte à la fin du morceau. Kirk Windstein revient face à la batterie, où sont disposées ses deux pédales de guitare, voisine de cinq cannettes de Stella Artois prêtes à étancher la soif du vocaliste. La salle est à présent bien remplie et la chaleur ambiante assèche les gosiers. Celui de Kirk est étanché par une demi canette, avalée d’un seul trait. Les autres munitions suivront tout au long du show. Il revient ensuite vers la fosse, se plante au bord de la scène et débute les premières notes de « High Rate Extinction », issu du second LP, l’éponyme. Petit et râblé, arborant une barbe grise courant jusqu’à la moitié de son torse, tel un cousin éloigné de Gimli (NDR : un personnage de la saga ‘Le Seigneur des Anneaux’), Kirk Windstein incarne à lui seul toute la puissance et la force de la musique de Crowbar. Les notes traversent chaque centimètre carré de sa peau et son visage marqué se tord au son de ses riffs. Situé à une trentaine de centimètres à peine de son public, le leader du band offre, à de multiples reprises, de jouissives leçons de guitares. Un instrument, tel une prolongation de ses membres, dont il prend le plus grand soin tout au long du set. En témoigne ce spectateur, quelque peu éméché, qui tentera tant bien que mal de toucher les cordes mais très vite repoussé par l’artiste. On peut être sympa mais faut pas déconner non plus !

En un peu plus d’une heure, les hommes forts de NOLA vont parcourir leurs vingt-sept années de carrière, de « Burn Your World » (NDR : qui remonte quand même à 1993) au relativement récent « Walk With Knowledge Wisely », issu de leur dernier album « Symmetry in Black », paru il y a deux ans. Les plus grands tubes du band ne sont évidemment pas négligés, à l’instar du survitaminé « All I Had (I Gave) », de la ballade virile « Planets Collide » ou encore de l’exutoire « Existence is Punishment », en rappel. Sans oublier « The Cemetary Angels », composition emblématique de « Sever The Wicked Hand », caractérisée par cet incroyable moment qui survient aux deux tiers du parcours, lorsque Kirk Windstein s’époumone, et tel un ordre dicté à ses musiciens clame : ‘BRING IT LOUD !’. S’ensuivent ces riffs typiques, extrêmement lourds, écrasants même et tellement spécifiques, rappelant l’héritage musical laissé par Crowbar dans le monde musical. ‘Crowbar n’est peut-être pas connu, mais est définitivement reconnu dans le milieu’, signale très judicieusement un fan juste avant le show des Américains. Et c’est bien là un des paradoxes magiques de ce band bientôt trentenaire : autant ils ne provoquent par des déplacements massifs de foule, autant la trace qu’ils laisseront dans le Metal est gravée profondément dans le roc pour les décennies à venir. Que ce soit dans le Sludge, le Stoner, le Hardcore ou le Rock bien-gras-un-peu-cras, rares sont ceux qui ne reconnaissent pas en Crowbar une source d’inspiration.

Après treize morceaux, les quatre artistes prennent congé de l’auditoire. Face une demande soutenue, Kirk Windstein –surnommé à juste titre The Riff Lord– va puiser dans son barda un petit sac contenant des médiateurs, afin de les distribuer à quelques metalheads, soucieux de garder une trace physique de ce moment de Rock épais, entre amateurs de musique qui fait du bien par où elle passe.

Setlist : Conquering - High Rate Extinction - The Lasting Dose - New Dawn - Burn Your World - To Build a Mountain - The Cemetery Angels - Walk With Knowledge Wisely - No Quarter - All I Had (I Gave) - Planets Collide - Like Broken Glass // Encore: Existence Is Punishment

(Organisation : HeartBreakTunes)

 

"Kaytranada", le nouvel album de Radiohead sort ce digitalement ce dimanche 8 mai 2016!

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Trois jours après avoir publié une vidéo de son nouveau single, "Burn the witcth", le label XL Recordings annonce la sortie digitale du nouvel album de Radiohead, ce dimanche 8 mai 2016.

Pour plus d'infos :  http://xlrecordings.com/

Le VK appelle à l’aide

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Menacé de disparition à cause d’arrêt de subside, le VK veut mobiliser le public afin de continuer à vivre. Alors qu’une réunion avec le ministre Gatz est prévue dans peu de temps, l’équipe du VK demande à tous les sympathisants de la salle de faire entendre leur voix.

Comment faire ? C’est très simple !

   - Aimer et partager la page Facebook VK Forever.

   - Signer et partager la pétition.

   - Venir au lancement de CHASE avec les concerts de Chipmunk et Soul'Art (avec Martha du film Black), ce lundi 9 mai. Le Ministre Gatz sera  présent.

 - Utiliser le hashtag #VKforever sur les réseaux sociaux.

Les Nuits Botanique 2016 : vendredi 6 mai

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Soirée sous le signe de l’Hexagone, ce vendredi 6 mai, dans le cadre des Nuits Botanique. Le Cirque Royal accueille The Avener, Synapson et Greg June devant un auditoire au départ clairsemé. Compte-rendu.

Greg June est un baroudeur qui puise son inspiration à travers ses voyages accomplis aux quatre coins du monde, mais également ses rencontres (Steve Forward, John Watts, Paul Breslin, Franck Authié), des expériences qui lui ont permis de définir son parcours musical. Découpé en 5 titres, son premier Ep, « One », est paru en septembre 2015. Un disque qui a exigé 8 ans de travail et dont il va proposer plusieurs extraits au cours de son set. Qui s’ouvre à 19h30 précises, soit une demi-heure avant l’horaire prévu. Ce jeune prodige pratique une musique folk/pop teintée de touches urbaines et électro. Il fait déjà très chaud dans la salle. L’artiste se consacre au chant, à la gratte semi-acoustique et aux ivoires. Il est épaulé par un préposé aux machines dont une boîte à rythmes. Souriant, sympathique même, il demande à la foule si tout va bien avant d’attaquer « Hey ». Sa voix est chaude et légèrement rocailleuse. Très interactif, il invite le public à reprendre en chœur le bref refrain. Et il s’exécute de bon cœur. Il utilise à bon escient le peu d’espace qui lui est réservé sur les planches. Il se déplace de gauche à droite (ou de droite à gauche, selon) en accentuant ses expressions à l’aide de ses mains. « No regrets » est un titre nettement plus électro. Et déjà, la fosse se transforme progressivement en immense dancefloor. Armé de sa gratte, Greg n’en oublie pas pour autant « Unify », une compo qui lui tient particulièrement à cœur. Et pour cause, il s’agit d’un vibrant hommage aux victimes des attentats de Bruxelles et de Paris. Ce qui lui vaudra des acclamations nourries… Quoique apparemment plus calme, cette chanson permet à sa voix de monter davantage dans les aigus, en fin de parcours. Le bidouilleur abandonne, le temps d’un morceau, ses machines et percus pour siéger derrière les ivoires. Et le show, de s’achever par le single « We Can't Never Talk ». Greg n’oublie pas de remercier Synapson, dont il assure le supporting act pour la tournée.

Synapson est sans doute le duo électro le plus prometteur, pour l’instant. Responsable de véritables tubes comme « All in You » (feat. Anna Kova) ou « Djoon Maya Maï » (NDR : auquel avait participé le regretté Victor Démé), il suscite énormément d’engouement de la part du public, tant pour ses prestations ‘live’ que lors de ses enregistrements studio. A son actif un Ep éponyme, publié en 2010, et un elpee, « Convergence », paru en octobre 2015, qui caracole toujours au sommet des charts. Paul et Alex ont accompli le tour de l'Hexagone au sein du projet Flash Deep, afin de mettre en exergue une nouvelle scène house française, aussi électronique que mélodique, capable de squatter les playlists, mais surtout destinée à faire danser les foules.

Derrière les 2 bidouilleurs (NDR : un préposé aux synthés et à la boîte à rythmes et un autre derrière les platines), on découvre une grande structure en triangle, sur laquelle est disposée des néons. Et ce light show va impressionner !

L’électro/pop contemporaine du combo est largement contaminée par des percus aux sonorités africaines. Mais elles sont dispensées par des synthés. Electrifiée, la guitare de Sirius Tréma est très susceptible de dynamiter le show. Faut dire que le musicien est doué. Il s’autorise même des solos hendrixiens. Le groove libéré par Synapson est unique en son genre. Originale, la musique vous communique de bonnes sensations dans les jambes, mais sans les fourmis. En finale, la très jolie Anna Kova vient poser la voix sur le tube « All In You ». Ce qui démontre l’ouverture d’esprit du tandem, dont la musique s’inscrit dans la lignée de Hyphen Hyphen. Et finalement, la prestation va mettre le souk dans la fosse. Tout le monde danse, y compris dans les balcons. Surpris et impressionné par l’enthousiasme manifesté par le public, le duo va le remercier à plusieurs reprises.   

Tristan Casara s’installe derrière une immense table. Le producteur va bénéficier d’un light show tout aussi blaise. Mais l’ambiance est glaciale. Pourtant chaud, le public ne parvient pas à faire fondre cette glace.

Et ce n’est ni la cover du « Lonely boys » ou celle du « Big Jet Plane » d'Angus et Julia Stone qui changera la donne. Le Niçois clôture son set par une version du « Around The World » de Daft Punk, dans la plus grande indifférence. En se contentant de tirer des sonorités de ses machines, sans leur injecter le moindre feeling, et sans la moindre interactivité avec son public, The Avener ne méritait sans doute pas de figurer en tête d’affiche. Les artistes qui l’ont précédé se sont montrés bien plus convaincants…

(Organisation : Les Nuits Botanique)

The Avener + Synapson + Greg June

Pour les photos, voir ci-dessous

 

 

A la rencontre de Jacques Stotzem…

Le guitariste Jacques Stotzem est  né en 1959, à Verviers. C’est en autodidacte, après avoir vu le guitariste américain Stefan Grossman à la télévision, que Jacques Stotzem va travailler intensément et devenir, au fil du temps, une des grandes figures internationales du picking, une technique où les cordes sont jouées par des onglets au pouce et à deux autres doigts de la main droite. Le picking est un style de jeu qui permet de développer la ligne d’accompagnement de la basse et d’interpréter la mélodie en même temps. Après avoir parcouru l’Europe du Nord au Sud et d’Est en Ouest, Jacques Stotzem est aujourd’hui régulièrement invité au Japon, en Chine et à Taïwan !

En 2006, Stotzem reçoit un e-mail qui signe une consécration à l’échelle mondiale. En effet, la légendaire marque de guitare C.F. Martin & Company (U.S.A.) veut produire un modèle « OMC Jacques Stotzem Custom Signature », sur base des conseils techniques du maestro. Et, plus récemment, le 21 mars 2016, les Octaves de la Musique saluent le parcours artistique de près de 40 ans du Verviétois, en remettant l’Octave d’Honneur 2016 à cet ambassadeur infatigable de la guitare acoustique.

En exclusivité pour lavenir.net, et dans le cadre d’une collaboration entre Air TV et JazzaroundMag, voici trois capsules vidéo pour illustrer cet événement.

1.         Jacques Stotzem interviewé par Robert Sacré, membre de l’équipe de JazzaroundMag et spécialiste reconnu des musiques afro-américaines (Maître de conférences à l’Université de Liège). Robert Sacré aborde ici quelques moments importants dans la carrière du guitariste.
https://www.youtube.com/watch?v=8s1w3h_oYnM

2.         Première rencontre entre Jacques Stotzem et le jeune guitariste Guillaume Vierset (1987) qui fut lauréat 2015 des Octaves de la Musique, dans la catégorie Jazz (« LG Jazz Collective »), et nominé en 2016, pour son autre projet musical, le « Harvest Group ». Le sens de cette rencontre va très vite se révéler plus pertinent encore qu’un dialogue entre deux guitaristes de génération différente.
https://youtu.be/p9WbcsL2y_w

3.         Cerise sur le gâteau, la dernière capsule propose un mini concert de Jacques Stotzem, dans le studio d’Air TV.
https://www.youtube.com/watch?v=a56ledhRUvI

(Voir aussi la chronique de son album « To Rory », enregistré en hommage à Rory Gallagher ici)

Notre sélection des clips vidéos ‘Made in Belgium’ de la semaine

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Glass Museum : « Chamo » https://www.youtube.com/watch?v=Ry_TDP_40hM
Un duo belge piano-batterie aux influences jazz moderne…

Fou Détective : « Les dents du bonheur » https://www.youtube.com/watch?v=1cOenz9wCL4
Un groupe bruxellois, qui mixe avec habilité le hip hop, le rock et la pop. Ce titre aux textes drôles a été co-composé par Témé Tan…

Benjamin Schoos : « Un parfum de nostalgie » https://www.youtube.com/watch?v=c_tfc5kL6ns
Le nouveau single extrait de Night Music Love Songs de Benjamin Schoos écrit avec Jacques Duvall (Alain Chamfort, Lio) et Mixé par Gilles Martin (Miossec, Dominique A)

Gaëtan Streel
« The Meaning » https://www.youtube.com/watch?v=6JXynHgvvAk
« Chacun Pour Soi » https://www.youtube.com/watch?v=YQ4CRauNesk
Les deux derniers singles extraits de son nouvel album, « Two days at a time », dont la sortie est prévue ce 13 mai 2016.

(run) Sofa : « Wilson Rose » http://urlz.fr/3qUZ
Une formation issue de Charleroi dont le deuxième single, « Wilson Rose » (NDR : un extrait de son premier Ep, « Shenanigans ») fait l’objet d’un clip qui a été tourné dans la splendide piscine de Saint-Josse.

Lieutenant : « Millions de corps solitaires » https://www.youtube.com/watch?v=Mrd-hdSQ33A&feature=youtu.be
« Millions de corps solitaires », c’est le nouveau single de Lieutenant, et c’est un extrait de l’album « Au cœur de l'Arène ». À la réalisation et à l’animation du clip, un groupe de quatre adolescents, issus de la Maison des Jeunes de Hannut, qui ont illustré, avec sensibilité, le propos et les rythmes de cette chanson.

FùGù MANGO : « Mango Chicks » https://www.youtube.com/watch?v=9wrYpCRRZdM&feature=youtu.be
Cet extrait du dernier Ep de FùGù MANGO, « Mango Chicks », mêle indie-pop et rythmes africains dans un climat exotique propice au groove hypnotique et la transe…

Nicolas Michaux : « Croire en ma chance » https://www.youtube.com/watch?v=liV69-OiuXI
Farfelu, le nouveau clip de l’artiste bruxellois est extrait du dernier album « A la vie, à la mort ».

 

Les Nuits Botanique 2016 : jeudi 5 mai

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Dans le cadre des Nuits Botanique 2016, la fabuleuse salle du Cirque royal accueillait Yann Tiersen, musicien et compositeur responsable de ballades mélancoliques, dont certaines sont devenues notoires. Et c’est au sein d’une ambiance décontractée qu’il est venu présenter son dernier petit bijou. Intitulé « EUSA », son neuvième opus rend hommage à sa Bretagne bien-aimée. Dix morceaux délicats, oniriques. Un voyage aux effluves bretons, mais qui souffre parfois d’une absence de tressaillements, d’émotions inattendues.

« 48° 26' 19" N 5° 6' 40" W ». Non, ce ne sont pas exactement les durées des morceaux du nouvel elpee de l’artiste récompensé à deux reprises par une Victoire de la Musique pour les films ‘Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain’ et ‘Good Bye, Lenin !’ Pour ce dernier essai, Yann Tiersen s’est retranché dans son fief natal, loin du tumulte de la ville, afin de composer de nouveaux poèmes symphoniques. De « Porz Goret » (dont les coordonnées sont communiquées en introduction) à « Lok Gweltaz » en passant par « Penn Ar Roc’h », l’artiste a arpenté les recoins de l’île d’Ouessant en y laissant son empreinte musicale. En effet, chaque plage de son dernier long playing, dont la sortie est prévue pour septembre 2016, a été baptisée suivant les noms des lieux qu’il a visités. C’est un vibrant tribut à la région qui l’a vu naître.

La salle est comble. Sur scène, un piano à queue trône à côté d’un violon, de deux ‘toy’ pianos et d’un mélodica. On connaissait la timidité de l’artiste et il le prouve une fois de plus. Une bière à la main, il s’avance nonchalamment et s’installe derrière ses ivoires. Les premières notes sont hésitantes. Un magnétophone par bande magnétique diffuse simultanément des enregistrements de différents lieux captés sur l’îlot ouessantin. On entend les vagues s’échouer sur les côtes. La symbiose semble tracer une parfaite harmonie. Mais les premières minutes laissent un goût de trop peu. Le temps s’égrène et les compositions manquent d’émotion. Jusqu’à cette ballade intitulée « Penn Ar Roc’h », un morceau dont les suites de croches rendent vigueur à des fragments musicaux jusqu’ici légèrement moroses. La prestation du compositeur, timide et hésitante au départ, monte progressivement en crescendo. Sans doute aussi à cause de son doigté, de plus en plus agile. 

La suite s’annonce plus allègre. Le titre « Kadoran » démontre sa virtuosité au piano tandis que celui de « Penn ar Lann », révèle sa sensibilité. Le public est conquis. L’artiste adresse un timide merci entre chaque grande composition, ce qui fait rire l’auditoire. La troisième partie fait la part belle au violon ou au toy piano, qu’il joue de main de maître. Le tube « La dispute » interprété au mélodica et aux ivoires nous replonge dans le film qui a rendu célèbre le multi-instrumentiste. Les mélomanes sont sous le charme. La soirée se termine, en apothéose. Magistral, le violon illumine le fabuleux « Sur le fil ». Et la prestation est unanimement ponctuée par des applaudissements nourris.

Ce dernier LP, aux couleurs ouessantines, joue la carte des émotions et propose un retour aux sources pour le maître des ballades mélancoliques. Ouessant, Eusa en breton, est un lieu où l’artiste a jeté l’ancre. Ses titres sont composés avec beaucoup d’amour. Mais l’ensemble de son chef-d'œuvre manque parfois de mordant, d’un grain de folie. Peut-être qu’en rendant hommage à ces lieux tant aimés, le maestro a oublié d’en explorer d’autres.  

Organisation : Botanique + Live Nation

Yann Tiersen

Voir aussi notre section photos ici


 

Tim Heidecker

In Glendale

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Pas trop difficile de rédiger une intro au sujet de Tim Heidecker… Un bref coup d’œil à sa biographie suffit pour noircir quelques pages ! Le natif de Pennsylvanie a en effet déjà vécu plusieurs vies et semble manifester une certaine hyperactivité artistique. Humoriste au sein du duo Tim & Eric (idoles d’… Eric & Ramzy !), réalisateur à ses heures perdues, acteur (Bridesmaids), écrivain, mais aussi musicien donc (The Yellow River Boys, Heidecker & Woods ou Pusswhip Banggang), il publie un premier album solo, intitulé « In Glendale ».

Ses penchants d’humoriste semble toutefois prévaloir, car même pour sa carrière musicale, l’Américain a le bon goût de conserver son ton décalé et drôle... Son style s’inscrit dans la  lignée d’un Ben Folds, mais dans un registre rock americana pleinement assumé. Les thèmes sont variés. L’humour subtil et satirique de Tim Heidecker s’exprime entre son amour pour la Californie (l’évident single « In Glendale »), le homeworking après une soirée arrosée (« Work From Home ») ou les fins de mois difficiles (l’enjoué « When the Cash Runs Out »). Mais –heureusement– le fond ne l’emporte pas sur la forme et les mélodies sont souvent réellement addictives. Classieuse, l’instrumentation fait souvent mouche. A cause des cuivres ; et puis de ces accords de piano hantés par Randy Newman. Tout au long d’« In Glendale », Tim Heidecker nous propose un concentré du meilleur de l’Amérique véritable mais progressive à la fois. A classer entre The Hold Steady et ‘Saturday Night Lights’. Plus Bernie Sanders que Donald Trump, donc !

 

Gentleman of Verona

Soundtrack to a Movie that Never Was

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Gentleman of Verona s’est donc mis en tête de composer la B.O. d’un film qui n’a jamais existé… Concept original très susceptible de conférer –dans les faits– une liberté absolue à un groupe, dont le passé musical se limitait à un rock/garage bien plus basique ! Une liberté amplifiée par le concours du fameux Warren Ellis –oui, celui des Bad Seeds et de Dirty Three– qui a suivi en personne (mais à distance) la production de cet album… Emporté par la voix puissante et chamanique de Debby Termonia (rappelant parfois celle d’Alison ‘VV’ Mosshart de The Kills), ce trio gantois a créé la bande-son d’un long métrage décidément noir et claustrophobe. Mais cette B.O. lorgne surtout vers celle réalisée depuis belle lurette par la talentueuse Mrs. Harvey ». Caractérisé par son rock lyrique et ténébreux, entretenu par des accords de gratte et des drums bruts de décoffrage, l’univers intriguant –à défaut d’être singulier– de Gentleman of Verona est d’ailleurs très proche de celui cher à la pythie anglaise. En concert ce 5 mai au Café Central à Bruxelles et le 8 du même mois au Mombasa d’Anvers.

 

Dead Cowboy’s Sluts

Obedience

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Quelle pêche ! Dead Cowboy’s Sluts –Putes de Cowboys Morts (tout un programme !)– nous livre son second opus studio intitulé « Obedience ». Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça colle aux bronches. Pendant un peu moins de trois-quarts d’heure, il envoie une volée de bois vert, mais métallique (?!?!?), dans un style difficilement classifiable. Un style qu’on pourrait qualifier de thrasho-metal-core, mais dont les accents sont empruntés à Lamb of God, s’il ne fallait citer qu’eux. La voix puissante de Benjamin Leclerc, soutenue par une batterie rapide et des guitares carrées, ne vous lâche pas d’une semelle. Un mur de son, qui profite de temps à autre d’un break de courte durée pour repartir de plus belle et tout écraser sur son passage. Bien insensible et partiellement sourd celui qui ne ‘headbanguerait’ pas à l’écoute des douze morceaux de ce LP. Un reproche néanmoins : trop d’éléments sont intégrés dans les compositions. Ce qui de temps à autre sature l’expression sonore et neutralise des idées qui auraient pu être davantage exploitées. A l’instar de la plage titulaire de l’elpee, au cours de laquelle l’excellent riff de départ, sensé profiler tout le morceau, aurait pu être mis davantage en exergue, au lieu de le noyer dans la masse. Ou encore de temps à autre ces breaks trop courts que pour être réellement dévastateurs. En trois mots : less for more. Mention néanmoins à « Red Light District », titre à l’architecture atypique sur cet LP. Plus languissant, ténébreux, doté d’une identité particulière, il devrait s’avérer plus que probablement terriblement efficace en ‘live’. Quoi qu’il en soit, « Obedience » est une très belle surprise, un concentré de puissance explosive qui ne demande qu’à être circonstanciellement mieux aiguisée afin de devenir davantage incisive et pénétrer plus profondément dans le gras de la bête. Une bonne fois pour toutes.