Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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La fresque de Vincent Delerm

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Womps

Live a little less / Dreams on demand (single)

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Difficile d'émettre un avis sur un disque qui ne dure pas plus de 6 minutes en deux morceaux. Jugement d'autant plus complexe lorsqu'il s'agit d'un premier essai.

Avant une première écoute et après opéré quelques recherches sur le net, on apprend que c’est Mr Steve Albini himself qui est derrière les manettes. Et puis que le duo de Glasgow a notamment assuré le supporting act pour Metz, Cloud Nothing ou encore Royal Blood. Un beau petit palmarès pour des ‘débutants’.

Une fois le cd introduit dans le lecteur, tout va très vite. Ce qui s’explique bien sûr par la durée du single, mais surtout parce que le rock/garage de Womps est sacrément accrocheur. Les deux Ecossais connaissent leurs classiques issus des 90’s, Nirvana en tête. « Live a Little » et « Dreams on demand » vont à l’essentiel. Les interventions de gratte sont aussi puissantes que féroces alors que la batterie est en éruption constante. Telle est la formule. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple.

Bien sûr, on devra attendre un premier elpee avant de se forger une opinion légitime ; mas en attendant, on peut toujours prendre son pied en écoutant ces deux titres.  

 

Wiltman

Amor Fati

Écrit par

Locution du philosophe et empereur romain Marc Aurèle : « Amor Fati » signifie ‘accepter son destin’ en latin… Celui du belge Wiltman sera probablement de ne jamais jouir d’un succès de masse malgré l’évidente qualité de ses compositions. Quelques mois après avoir publié un Ep qui mariait joliment une certaine idée de la folk et une autre du rock progressif, malgré le recours judicieux aux samples, Wilfried Kesteloot remet le couvert en s’inspirant toujours autant de Ry Cooder (« Homeless Homeland »), Mark Knopfler (« Echo Nation ») que de l’Ouest américain si souvent pillé (« Thurasia »)… Mais, le Gantois parvient à construire un univers particulier en juxtaposant judicieusement des extraits sonores (« EchoNation »), tout en se servant de sa voix profonde et d’une instrumentation angoissante. Il parvient ainsi à créer des morceaux envoûtants, déchirés entre électricité et véritables paysages sonores. Pourvu que l’« Amor Fati » de Wiltman puisse persévérer dans sa voie déviante, peu importe le succès escompté…

 

Walter TV

Blessed

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Walter TV est un trio canadien qui n’est pas né de la dernière pluie. Et pour cause, il réunit le chanteur/guitariste Pierce McGarry, le drummer Joe McMurray et le bassiste Simon Ankenman, c’est-à-dire le backing group de Mac DeMarco.

« Blessed » constitue son deuxième elpee. A l’instar de Mac, Walter TV ne semble guère se soucier du monde qui l’entoure. Quoique nonchalants, les morceaux sont enjoués. Et la production ‘garage’ colle plutôt bien à l’attitude ‘je-m’en-foutiste’ des musicos. La voix de McGarryles est constamment sous effets. Pensez à Connan Mockasin. Et il faut un certain temps avant de s’y habituer. A partir de ce moment, le surf rock de cette formation est très susceptible de vous envoûter. Que ce soit à travers des plages langoureuses (« Neighbour ») ou plus énergiques. A l’instar de « Candles » et de l’excellent « Walter’Kaya », aux riffs de grattes délicieusement déstructurés.

 

Unwound

Empire

Écrit par

Depuis 2013, le label américain Numero Group réédite, pour notre plus grand plaisir, la discographie d'Unwound, formation mythique originaire d'Olympia (Washington), qui s’est séparée onze années plus tôt. Ainsi, à intervalles réguliers, l’écurie republie des anciens elpees ou concocte des compiles réunissant des fonds de tiroirs et des inédits. C'est ainsi l'occasion de (re)découvrir ce groupe phare de la scène noise, qui a sévi au cours des 90's (de 1991 à 2001) et a influencé de nombreuses formations contemporaines.

Sur "Empire", on peut retrouver des titres de l'avant-dernier opus du groupe paru en 1998 "Challenge for a Civilized Society" (du 1er au 4ème morceau) ainsi que certains enregistrements qui figuraient sur "Leaves Turn Inside You" en 2001 (du 5ème au 9ème morceau). Le reste est composé d'inédits.

Dès "Data" et "Meet the Plastics", on retrouve l’énergie punk du combo. Et on ne peut s’empêcher de penser à At the Drive-in, sous une forme plus épurée. "No Tech!" lorgne plutôt vers Fugazi. Pourtant, Unwound est aussi capable de se démarquer du post hardcore. Et d’embrasser un profil davantage progressif voire ambient, à l’instar de "Sonata for the Loudspeakers" (souligné par sa ligne de trompette) ou encore "Terminus", morceau de plus de 8 minutes au cours duquel la formation multiplie brillamment les fractures rythmiques. Plus étonnant, cette compilation recèle des plages au cours desquelles les Américains privilégient un visage plus mélodique. Un bémol, mais c’est souvent le cas lors des recueils, certains enregistrements souffrent d’un son médiocre

Néanmoins, "Empire" illustre à merveille l’amplitude de styles explorée par ce band yankee, qui mérite pleinement son statut de mythe.

 

Rob Tognoni

Birra for Lira

Écrit par

Chanteur/guitariste de blues rock, Rob Tognoni est issu d’Australie. Et plus précisément de Tasmanie, une île sise au sud de Melbourne. Agé de 55 balais, il avouait, au cours de sa jeunesse, une passion pour AC/DC. Cependant, il souhaitait produire une musique un peu plus élaborée. Lorsqu’il s’installe dans l’état la capitale de l’état de Victoria, il fonde The Outlaws. Mais sa carrière ne va vraiment démarrer qu’après avoir rencontré Dave Hole, un spécialiste de la slide. Il signe alors chez Provogue, chez qui il publie d’abord l’elpee "Stones and colours" en 1995, puis trois autres long playings, jusqu’en 2001. Depuis, ses disques paraissent chez Blues Boulevard et il se produit aux quatre coins du monde.

Les sessions d’enregistrement de "Birra for Lira" se sont déroulées à Aix-la-Chapelle, un disque partagé en douze compos issues de sa plume et une cover ‘live’ en bonus track. Pour la circonstance, il est soutenu par sa section rythmique composée du bassiste Stawek Semmenuik et du batteur Mirko Kirch. Rob chante, joue de la guitare et un peu de claviers ; en outre, il est responsable de l'enregistrement, du mixage et de la production.

Plutôt sauvage, "Lost our blues in the city of Rome" ouvre la plaque. La guitare est overdubbée. Les riffs sont puissants. Et la voix de Rob est agressive. Tognoni rappelle sa fascination première pour AC/DC lorsqu’il attaque "Complicated love" par des accords rythmiques très nerveux. Il arrache des sonorités torturées de ses cordes sur "Blues ain't never fun", une piste qui opère un changement de tempo. Il tient rarement en place, et cherche constamment des motifs rythmiques fiévreux ou des accords arides et fracturés, à l’instar de "Dance like this". Boogie instrumental, "2.00 am" se révèle plus paisible. Une quiétude qu’on retrouve sur "Hello me". "Drink my wine" lorgne du côté du trio texan ZZ Top ; même la voix semble hantée par Billy Gibbons. Des sonorités métalliques aux accents surf introduisent "Down by the sea", une plage davantage pop/rock qui ne manque ni de charme ni de sens mélodique. Le titre maître libère des riffs hypnotiques dignes d’AC/DC ; et dans ce domaine, Rob se débrouille plutôt bien. Et l’elpee s’achève par un autre instrumental, le bref "Triple Espresso". En bonus track, le long playing nous réserve encore une cover furieuse du "Roadhouse blues" des Doors, immortalisée ‘live’ au Danemark, il y a près de vingt ans déjà! 

 

Patrick Sweany

Daytime turn to Nighttime

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Agé de 41 balais, ce chanteur/guitariste/compositeur est originaire de l'Ohio. Au début de sa carrière, sa musique baignait au sein d’un climat acoustique. A l’instar de son premier elpee paru en 1999, "I wanna tell you". Il fonde ensuite son Patrick Sweany Trio. Au sein du line up, pas de bassiste, mais un second gratteur. Dan Auerbach, futur Black Keys, y a milité. Il a d’ailleurs produit "C'mon c'mere" et "Every hour is a dollar gone", deux opus parus respectivement en 2006 et 2007. Dès 2009, Patrick émigre vers la Music City de Nashville où il bosse en compagnie du guitariste Joe McMahan, membre du backing group de Warren Zevon. A cette époque, il propose une musique americana teintée de country, de soul, de rock'n'roll et de blues. Au cours des dernières années, il a publié trois long playings chez Nine Mile.

Et pour concocter cet LP, c'est toujours à Nashville qu'il est entré en studio, auprès de McMahan, qui se consacre à la seconde guitare et à la production. Et la musique reflète bien l'atmosphère country/roots ambiante, qui s’installe dès "First of the week". Chaleureuse, la voix est subtilement enrobée par les chœurs féminins conjugués par Laura Mayo et Alexis Saski. Les vocaux collent parfaitement à cette musique de racines, particulièrement dépouillée, que les sonorités métalliques du dobro accentuent sur "Tiger pride". Ballade simple et accrocheuse, "Here to stay (Rock & roll)" s’illustre par les sonorités bien spécifiques de la pedal steel et les accords du piano dispensés par Tyson Rogers. Le climat est particulièrement cool. Peu de vibrations rock sur le 7ème elpee de Sweany ; et pour cause, l’expression sonore, définie comme americana, campe plutôt le fruit d’une combinaison entre folk, country et bluegrass. D’une extrême douceur, "Sweet hearts together" se caractérise par des cordes subtilement amplifiées, dont celles de la lap steel. Changement de cap pour "Back home". Patrick élève la voix pour attaquer en force ce hillbilly rageur, saturé de blues par un bottleneck autoritaire. Plus léger et mélodieux, "Afraid of me" est sculpté dans le country/rock. Superbe plage, "Too many hours" est entretenue par une instrumentation aussi parcimonieuse que judicieuse. Tout aussi excellent, "Nothing happened at all" est imprimé sur un tempo indolent, une compo dominée par la voix flemmarde de Sweany et soulignée par une guitare électrique chargée de sensibilité, mais parfaitement maîtrisée. Country/rock, "Mansfeld street" est encore un remarquable morceau, une piste qui s’épanouit, tout en entretenant une atmosphère mélancolique. De bonne facture, cet opus s’achève par "Long way down", un titre empreint de tendresse.

 

Andy Santana

Watch your step!

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Californien, Andy Santana est chanteur/guitariste/harmoniciste et accessoirement compositeur. Pour enregistrer cet elpee, il a bénéficié du soutien du label local Delta Groove, qui a mis la gomme pour la circonstance.

Andy possède une multitude d’amis. Et tout particulièrement des gratteurs notoires, qui ont participé aux sessions, dont Anthony Paule, Rusty Zinn, Mighty Mike Schermer, Bob Welsh et Kid Andersen. C’est d’ailleurs au sein du studio Greaseland de ce dernier qu’elles se sont déroulées.

Dès le départ, la musique baigne au sein d’une atmosphère louisianaise chère à Fats Domino. Soutenu par le piano de Bob Welsh et tapissé en toile de fond par le sax ténor de Frankie Ramos, Andy dirige l’ensemble. "Playgirl" trempe également au sein d’un même climat. Une excellente chanson signée Dave Bartholomew, au cours de laquelle Andy sort enfin son harmonica. Son souffle est précis, puissant, bien décomposé, alors que la guitare prend un envol lumineux face aux cordes rythmiques de Kid Andersen. Une claque ! La cover du "Watch your step" de Bobby Parker (NDR : la version originale remonte à 1961) est solide. Nate Ginsberg siège derrière le piano électrique alors qu’Andy tire son épingle du jeu sur ses cordes. Issu de la plume du Texan Z.Z. Hill, "One way love affair" est un R&B dansant au cours duquel tout est parfaitement mis en place ; et notamment l'orgue Hammond de Ginsberg ainsi que la section de cuivres. Le "Love sickness" de Bonny Rice (NDR : c’est lui qui avait composé "Mustang Sally") est un autre R&B séduisant. Les interventions de Lorenzo Farrell à l'orgue Hammond sont savoureuses, et l’envol Welsh sur les cordes l’est tout autant ; une piste au cours de laquelle Lisa Leu Andersen se réserve la réplique vocale. Soutenue par les chœurs, la voix d’Andy est chaleureuse tout au long de "You may not know", un blues jump bien nerveux caractérisé par une sortie remarquable d'Anthony Paule. Du pur West Coast jump ! Coécrit par Andy et Rick Estrin (des Nightcats), "No double talk" est une petite perle de pop/soul parsemée d’accents garage. Kid Andersen domine le sujet, tant sur sa gratte qu’au Farfisa. Le tempo prend une pause sur le "Can't you see" de Chuck Willis (NDR : trop tôt disparu, à l’âge de 30 ans, ce Georgien est l’auteur du célèbre "C.C Rider"). A l’instar de T-Bone Walker, il est impérial sur les cordes, qu’il sature de sensibilité. Epaulé par d’excellents backing vocals et une gratte tout en rythmique, Santana chante parfaitement le "Take me back" d’Al Brown, un R&B funkysant qui remonte aux sixties. Longue plage instrumentale, "Greaseland" est probablement le fruit d’une jam studio. Balisée par la solide section rythmique constituée du bassiste Mike Phillips et du drummer June Core, tous les gratteurs se succèdent pour emprunter le rôle de soliste. Anthony Paul se montre à nouveau intenable sur sa six cordes sur "You smell like cookies", un solide shuffle –que stimulent les interventions pétillantes du piano de Welsh– qu’il chante, avant de prendre son envol à l’harmo. Le Kid se consacre à la guitare baritone sur "What's wrong", un titre bien rythmé dominé par les claviers, aussi bien les ivoires de Welsh que l’orgue de Farrell. D’excellente facture, cet elpee s’achève par une composition de Bartholomew, "Go on fool", un ultime voyage dans la Crescent City de Nola, caractérisé par une sortie des cuivres en fête, sur fond de percussions.

 

Menace Beach

Super Tranporterreum (Ep)

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Quelques mois après avoir gravé son premier opus (« Ratworld ») chez Memphis Industries (Papercuts, Outfit, Poliça, The Go ! Team, …), ce quintet insulaire nous propose un nouvel Ep.

Evoluant dans le même esprit que les compos du long playing, les cinq titres de « Super Transporterreum » s’avalent d’une traite. Il faut dire que 13min55 (montre en main) ce n’est pas bien long ; mais c’est en tout cas suffisant pour nous mettre de bonne humeur. Menace Beach reprend donc les choses là où il les avait laissées en nous offrant un rock/garage aux mélodies aussi simples qu’efficaces. Certains morceaux –et « The Line » en est le meilleur exemple– semblent même sortir directement de la discographie de Weezer.

En publiant cet Ep, cette formation issue de Leeds confirme un peu plus tout le bien qu’on pensait d’elle. Vivement le prochain LP…

 

Randy McAllister

Gristle to Gold

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Texan, Randy McAllister est chanteur/compositeur. Mais également multi-instrumentiste. Il s’est forgé une certaine notoriété en proposant des compos fort originales. Raison pour laquelle il est parfois comparé à Delbert McClinton, John Hiatt ou encore Doug Sahm. Et si le blues est manifestement son fil conducteur, il n'hésite pas à le teinter de country, gospel, rock, tex-mex ou même de zydeco. Il est originaire de Novice, une petite bourgade sise au cœur du Texas. A ce jour, il a publié une bonne dizaine d'albums, dont le précédent, "Diggin' for sofa change", est paru en 1997, chez JSP.

Il s’est depuis établi à Dallas, où il a enregistré "Gristle to Gold" au studio Audio. Il chante et souffle dans son harmonica sur la moitié de l’elpee. Lors des sessions il a reçu la collaboration de musiciens locaux, dont ceux du Scrappiest Band in The Motherland, le guitariste Rob Dewan (NDR : il est même omniprésent), la violoniste Maya Van Nuys, le bassiste Matt Higgins et Carson Wagner, un jeune claviériste originaire de l'Oklahoma.

"The kid with the really old soul" ouvre la plaque. Une plage qui déménage au cours de laquelle la guitare se révèle déjà  bien alerte et l’harmo chargé de promesses. "The push" adopte le même tempo. La slide de Dewan est à la fois gémissante et particulièrement nerveuse. Bien soutenue par celle de Miss Andrea Wallace, la voix de McAllister colle parfaitement au style. Andrea amorce "Something that don't cost a dime", une plage qui vire rapidement au shuffle. Et l’envolée opérée sur les cordes par Rob est superbe. Avant d’être relayée par l’intervention de Randy à l’harmo. Sur un tempo aussi vivace, le ludique "Crappy food, no sleep, a van and a bunch of songs" est balisé par les ivoires de Wagner, alors que les vocaux de Benita Arterberry et de Randy se conjuguent. Si la voix de McAllister est bien mise en exergue tout au long de la ballade soul "I'm like a boomerang", il faut reconnaître que les chœurs féminins sont un peu trop envahissants. Heureusement, Mike Morgan (NDR : particulièrement populaire à Dallas) nous réserve discrètement un petit envol non dénué de charme, alors que Carson tapisse l’ensemble à l'orgue. Andrea se consacre au micro pour attaquer "You lit the dynamite", un boogie fiévreux au cours duquel Mike Morgan brille sur sa basse, tandis que Rob Dewan entame une chevauchée presque métallique. "Someone's been there" est un ballade intimiste, chargée d’intensité, sculptée dans les cordes acoustiques et les ivoires de Carson. "Bowling pin" est un bref mais enlevé blues/rock au cours duquel l’harmo talonne la voix plutôt fébrile, alors que la fusion entre les sonorités de gratte et celles de l’orgue sont plutôt réminiscentes des 70’s. Un saxophone et une trompette s’invitent tout au long de "Glass half full", une ballade R&B ponctuée par une sortie originale sur les cordes. Rob Dewan est manifestement un passionné. Et il le démontre une nouvelle fois sur "A whole lot of nothing". "Hey Hooker" opère un retour au boogie. Séduisante, cette compo rend manifestement hommage à John Lee Hooker. Mike Morgan a réempoigné sa guitare, tandis que piano et harmo entrent en effervescence. Orgue Hammond, piano, slide et harmonica participent à "Ninja Bout Cha", une finale festive et funkysante. 

 

The Knickerbocker All-Stars

Go back home to the blues

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Le Knickerbocker Café est un club construit au cours des années trente. Il est situé à Westerly, Rhode Island. Le célèbre big band Roomful of Blues y est né en 1967, suite à la rencontre entre le guitariste Duke Robillard et le pianiste Al Copley. Ce qui allait permettre au band de célébrer le jumping blues, en y injectant un max de swing à l’aide d'une large section de cuivres. Ce café est aujourd'hui devenu le Knickerbocker Music Center et sert à la fois de salle de concert et de centre d'éducation musicale. Et c'est au même endroit qu’est né le projet du Knickerbocker All Stars.

Son premier opus, "Open mic at the Knick", est paru en 2014. Pour ce "Go back home to the blues", c’est Al Basile qui signe les notes de la pochette. Cet ex-trompettiste de Roomful of Blues a aussi composé quatre plages. Faut dire qu’il a acquis une certaine notoriété comme chanteur/compositeur de R&B. Et il a publié de nombreux elpee solos. On retrouve au sein du collectif, plusieurs membres du big band, dont le fondateur Al Copley ainsi que Doug James, Rich Lataille et Carl Querfurth aux cuivres. Sans oublier le drummer Mark Teixeira et le bassiste Brad Hallen, soit l’actuelle section rythmique de Duke Robillard. Quelques invités ont également apporté leur concours et tout particulièrement le guitariste Monster Mike Welch, le saxophoniste ténor Gordon Beadle et le trompettiste Doc Chanonhouse. Mais aussi quelques redoutables chanteurs...

En ouverture, "36-22-36" ressemble à une présentation sur scène. Chargé de swing et adoptant un ton jazz, le piano de Copley tire son épingle du jeu. La voix de Sugar Ray Norcia est magique, alors que le sax ténor prend son envol au cœur d’un mur de cuivres. Les cordes de Welch introduisent la cover du "You know that you love me" de Freddie King, une compo imprimée sur une rythmique implacable. Willie J. Laws (NDR : c’est un Texan !) se réserve le micro. Le jeune Monster injecte un max de feeling et de grâce dans ses cordes. Brian Templeton (ex-Radio Kings) chante classieusement le "Cadillac Baby" de Roy Brown, un titre qui fait la fête au R&B et au jump. "Brand new fool" baigne au sein d’un climat torride. Un morceau issu de la plume d’Al Basile. Norcia mène la danse. Copley semble très inspiré sur ses ivoires. La section rythmique est impressionnante de solidité. Le "Something to remember you by" d'Eddie Jones, alias Guitar Slim, est chanté par Laws, un blues lent à la louisianaise au cours duquel Mike Welch prend un billet de sortie tout en sensibilité. Nouveau coup de jump pour le "Take it like a man" de Chuck Willis. Norcia drive de sa voix chaleureuse cette piste qui permet au sax baryton de Doug James de prendre son envol. Deux plages instrumentales. Tout d’abord "Hokin'". Un gala de saxophonistes, talentueux, il est vrai. Puis "Blockbuster boogie". C’est le piano qui balise l’ensemble ; avant que la trompette de Doc Chanonhouse n’apporte une forme de délivrance. Al Basile démontre qu’il a également une bonne voix tout au long de son "Don't you ever get tired of being right?", une plage gorgée de swing, au cours de laquelle il accorde une brillante intervention sur son cornet. Signé Reuben Brown, "He was a friend of mine" est un autre blues lent classieux. Welch s’y révèle très en verve dans un style réminiscent du grand BB King. Templeton chante une autre composition de Basile : "Go back home to the blues". De toute bonne facture, ce R&B permet à Welch de libérer toute sa passion. "Annie get your thing on" macère dans un climat néo-orléanais. Templeton est aux vocaux pour cette dernière compo d’Al Basile, entretenue par des cuivres particulièrement fiévreux. Ce superbe opus se referme par le classique de Larry Davis, marqué par l'ultime envol de Mike Welch, "I tried". Et on soulignera également le superbe travail opéré par Jack Gauthier, à la mise en forme.

 

Kings Of Lies

Kings Of Lies

Écrit par

King of Lies est un trio de blues/roots batave. Drivé par le chanteur/guitariste Francis Kuipers, il est soutenu par une section rythmique classique, constituée du drummer Franc auf dem Brinke et du bassiste Sam Tjioe. Kuipers partage son temps entre les Pays-Bas et l'Italie. Depuis très longtemps il écrit des scénarios de films. Il dirige l'Académie de Trévise, spécialisée dans les projets multimédia. Dans le passé, il s’est produit en compagnie du poète de la beat generation, Grégory Corso. Ses multiples voyages à travers le monde (NDR : il a sillonné l'Australie, la Polynésie, l'Inde, le Népal, les Philippines, l'Afrique orientale, l'Amérique du Sud et les Etats-Unis) lui ont également permis de se forger une bonne connaissance de la musique ethnique et expérimentale. Dans l’univers du blues, il apprécie tout particulièrement Big Bill Broonzy, Son House, Sleepy John Estes, Blind Blake ou encore Lightnin' Hopkins. Pas étonnant que les textes de cet artiste reflètent une empreinte universelle. Si le blues de King of Lies est essentiellement acoustique, il propage de très bonnes vibrations, grâce cette fameuse section rythmique. La voix de Kuipers est âpre et rugueuse. Elle ne reflète certainement ni la douceur ou la joie de vivre.

L’elpee s’ouvre par "Alien Invasion", une plage dont les lyrics relatent une sombre histoire au cours de laquelle un extraterrestre est abattu par un serveur, dans un bar, autrefois fréquenté par les Beats de San Francisco. Pas vraiment de quoi faire la fête ! Evocatrice, la voix est totalement ravagée. "Size and lies" retrace la fin de vie d'un géant assassiné par ses voisins et amis ; et le jeu de guitare entretient parfaitement ce scénario morbide. Ballade, "Memories of faith" se révèle plus paisible, sereine même. Un mille-pattes géant s’invite pour participer à une ‘party’ peu ordinaire sur le tragique "Shadow in the dark". Kuipers vide les lieux comme ‘une ombre dans la nuit’. "Oogamoogoo" baigne encore au sein de cet univers insolite. La voix est hantée par Captain Beefheart. A moins que ce ne soit Tom Waits. Une plage hypnotique, au cours de laquelle le bottleneck s'emballe. Une forme de transe qui perdure tout au long de "House in flames". Le titre maître véhicule un message nazi, prétextant qu’un mensonge répété mille fois, se mue en Vérité! Nonobstant son histoire ténébreuse, "Big Joe & the Man with three arms" se distingue par son expression sonore plus colorée. Etrange, cet opus s’achève par "Blinfold blues", la dernière bande sonore d'un film dramatique…

 

Jack Hustinx

Over yonder

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Jack Hustinx n’est guère notoire dans l’univers du blues. Et pourtant, vu son potentiel, ce Batave pourrait bien s’y imposer. Et plus rapidement qu’on ne le pense. A cause de cet album. Citoyen d'Eindhoven, il partage son existence, depuis de nombreuses années, entre son pays natal et la ville d’Austin, au sein de laquelle la musique est reine. Au cours des trois dernières années, il y a énormément composé, et "Over yonder" constitue le résultat des diverses sessions qui se sont déroulées en 2014, entre la Hollande et la capitale du Texas.

Chez lui, Justin et Shiner Twins collaborent régulièrement. Une coopération qui s’est soldée par la confection de 3 long playings, entre 2006 et 2011. Au sein de ce band figure un formidable guitariste répondant au nom de Richard Van Bergen. En 2014, il avait d’ailleurs publié un superbe LP baptisé "Rootbag".

Aux States, Jack a rencontré des tas de musiciens, en compagnie desquels il a sympathisé. Et tout d’abord le chanteur Malford  Milligan (ex-Storyville). Ils avaient d’ailleurs déjà bossé ensemble sur "Sweet Cherry Soul", un LP paru en 2002. Il s’est également lié d’amitié à Derek O'Brien, le guitariste maison du club Antone's à Austin ; mais aussi à Harry Bodine (Delta Roux), un spécialiste de la slide. Au rayon de ses autre potes qui participent au projet, on épinglera l’accordéoniste/claviériste John Magnie et le batteur Steve Amedee, deux membres de Subdudes, un combo issu New Orleans, dont la musique oscille entre le zydeco, le R&B et le rock'n'roll…

Dominée par la voix impressionnante de Mulligan, "Life will humble you" s’ouvre dans la douceur, une superbe ballade alimentée par l'accordéon de Magnie et la guitare de Bodine. Mulligan et Hustinx chantent "Crawlin' up to the surface", une plage blues/roots ciselée par les cordes réverbérées de Richard Van Bergen. Swamp rock entraînant, "True true love" est magnifié par la sortie aussi bien efficace qu’impressionnante du Texan Derek O'Brien. Des effluves texans mais aussi louisianais contaminent l’atmosphère de "Good while it lasted". Les sonorités de gratte dispensées par Bodine sont bien métalliques, alors que Roal Spanjers aligne des arpèges sur son piano. L'accordéon de Spanjers entretient une excellente ambiance tex mex tout au long "Welcome to San Antone". Un climat qu’on retrouve sur "I won't surrender", une piste au cours de laquelle John Magnie se réserve le piano à bretelles, alors que Mullingan est au micro et Harry Bodine se consacre à la slide. Tendre ballade, "My soul – My inspiration" est tapissée par l'orgue Hammond de Spanjers. Le piano ‘honky tonk’ de Roel balise l’entraînant "That's where I draw the line". Le long playing nous propose encore deux jolies ballades roots : tout d’abord "Why do I keep loving you", puis "The rain came down", une composition colorée par le violon de David Perales. Enfin, blues indolent, "Walkin' waste of time" est entretenu par les ivoires et l'accordéon de John Magnie.

 

Anthony Geraci

Fifty shades of blue

Écrit par

Anthony Geraci est considéré comme un des meilleurs pianistes de blues contemporains. Et pourtant, il y a près de 40 ans qu'il roule sa bosse sur les routes. Au cours des 70’s, il avait participé aux aventures de deux excellents groupes issus de Boston : Sugar Ray & The Bluetones et Ronnie Earl and the Broadcasters. Puis, au sein de Little Anthony and The Loco-Motives, il avait publié deux elpees : "Can't take it" et "Don't wait on me", chez Deluge. Une époque au cours de laquelle il avait collaboré aux sessions d’enregistrement d’une pléiade d’artistes.

Signé chez Delta Groove (NDR : label établi à Los Angeles), il nous propose ce "Fifty shades of Blue", qu’il attribue au patronyme d’Anthony Geraci and The Boston Blues All-Stars. Et manifestement, pour concocter cet LP, il a bien reçu le concours du gratin des musicos issus de la grande cité du Massachusetts. Des sessions qui se sont déroulées au studio Keep the Edge, à Quincy. Son backing group implique le guitariste Monster Mike Welch, le bassiste Mudcat Ward ainsi que les batteurs Marty Richards et Neil Gouvin. Anthony se consacre au piano et à l’orgue. S’il ne chante pas, les vocaux sont assurés par de fameux vocalistes, comme Sugar Ray Norcia et Darrell Nullish, ainsi que deux chanteuses, Toni Lynn Washington et Michelle Wilson. Geraci signe les treize plages.

Superbe blues, "Everything I do is wrong" ouvre la plaque, une plage qu’interprète d’une voix naturellement puissante, Darrel Nuslish, alors que le jeune Mike Welch brille à la gratte en dispensant des notes parcimonieuses et d’une efficacité redoutable. Swing/blues, "Fifty shades of blues" élève le tempo. Michelle 'Evil Gal' Wison et Sugar Ray Norcia, dont la voix est vraiment taillée pour le style, chantent un duo. Geraci et Welch sortent de leur réserve. Le premier au piano. Le second à la guitare jump! Rien que du bonheur ! Norcia se consacre au micro pour cinq autres chansons. Tout d’abord deux Chicago Blues, au cours desquels il dégaine son harmo pour nous entraîner vers les sommets. Soit "Sad to be true", qu’il domine de sa voix puissante et expressive, pendant que Mike Welch triture sa slide. Puis "Heard that Tutwiler Whistle blow", au cours duquel le piano de Geraci semble hanté par Otis Spann. Des blues comme on les aime! Puis "Don't keep me waiting", une tendre ballade destinée à s’étreindre sur la pise de danse. Et encore la valse roots "Too late for coffee", une plage caractérisée par une très belle mélodie entretenue par des ivoires empreints d’une grande douceur. Sans oublier une dernière piste indolente remarquable, "You turn to cry". Michelle Wilson a récupéré le micro pour "If you want to get to Heaven", une ballade soul bien ficelée qu’elle interprète autoritairement. Darrell Nullish s’y consacre pour deux morceaux. Soit le shuffle chaleureux "The blues never sleeps", au cours duquel Anthony s’applique sur son piano tandis que Darrell s’autorise, à son tour, une sortie sur la musique à bouche. Et puis "Too Late for Coffee", encore une ballade soul/blues empreinte de douceur, que magnifie Anthony de ses ivoires. Originaire de la Caroline du Nord, Toni Lynn Washington est âgée de 80 balais. Et elle manifeste toujours autant de vigueur pour attaquer "Diamonds and pearls", un blues très rythmé, chargé de swing, qu’elle chante d’une voix impeccable, alors que Geraci et Welch se libèrent sur leurs instruments respectifs. L’opus propose deux plages instrumentales. Tout d’abord "In the quicksand, again", au cours de laquelle le doigté de Mike Welch se révèle aussi subtil que celui de Freddie King. Puis "Blues for David Maxwell", un hommage bouleversant adressé à l'un des meilleurs pianistes de blues blanc, qui a sévi au cours des 20 dernières années. Disparu en février 2015 des suites d'un cancer, ce disciple d’Otis Spann était également issu de Boston. 

 

Exuviated

Last Call to the Void

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« I have no god » est une affirmation qui plante bien le décor de « Last Call to the Void », second album studio des Belges d’Exuviated. Pas de fioritures, le ton est donné dès le départ : le Death Metal est de rigueur. Issue d’outre-tombe, la voix gutturale et mise en avant-plan et installe directement une ambiance lourde et écrasante, sensation oppressante accentuée par des interventions de drums rapides et soutenus. Ça blaste ! Quelques passages bienvenus de guitare claire procurent cependant une lucarne aux compositions. Autant une respiration qu’une échappée épique. Une combinaison certes efficace, mais qui, à force d’être exploitée sur la plupart des morceaux, perd de sa puissance et tend à devenir répétitive et linéaire. Quelques parenthèses intéressantes viennent néanmoins donner un coup dans la fourmilière, tels que « Black Empty Faces » aux accents de Grindcore ou encore le morceau maître « Last Call to the Void », plage plus atmosphérique, frôlant parfois le Black Metal et libérant une rage combative entraînante. Certainement la chanson la plus complexe et la plus aboutie de cet LP.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le potentiel est présent. Si on se contente de vouloir écouter un bon album de Death Metal, cette première salve balancée par ces musiciens originaires de Marche en Famenne ne devrait pas décevoir. Si par contre c’est l’originalité qui prime (NDR : ce qui fait qu’un groupe se détache des autres du même genre), il faudra certes encore un peu attendre. Tout est dans la marmite mortuaire, il n’y a plus qu’à modifier les quantités d’ingrédients et le poison pourrait se révéler d’une redoutable efficacité.

The Delta Saints

Bones

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Groupe de blues/rock, The Delta Saints est constitué de jeunes musiciens. Etabli à Nashville, il s’est formé en 2007. Au cours des premières années de son aventure, le combo publie quelques Eps sous une forme indépendante. Lorsque le succès est au rendez-vous, il grave un premier elpee officiel, "Death Letter Jubilee". Nous sommes alors en 2013. Depuis, il est constamment en tournée. "Bones" constitue son second opus. Le line up du band est inchangé. Il réunit le chanteur/guitariste Ben Rigel, le bassiste David Supica, le drummer Ben Azzi, le guitariste Dylan Fitch et le claviériste Nate Kremer. Particulièrement créative, sa musique est en constante évolution. Si au départ elle trempait dans un blues/rock classique, aujourd’hui elle se révèle particulièrement originale. La formation signe les dix plages de "Bones". Les sessions se sont déroulées au studio Sputnik Sound, à Nashville. 

"Sometimes I worry" nous plonge au sein d’un univers étrange, peuplé de sonorités invraisemblables, d'où s'échappe la voix frêle de Ben, avant que la plage ne se charge d’une puissance instrumentale étonnante. Et une slide parvient à trouver sa place au cœur de cette trame musicale complexe. Chaque musicien apporte son écot à cet impressionnant assemblage. "Bones" se révèle aussi surprenant. La voix est douce. Les claviers tapissent un ensemble au cours duquel les percussions de Ben Azzi servent de moteur à cette expression sonore. Responsables d’une transe psychédélique, les guitares préludent déjà "Heavy hammer", une compo secouée par les grondements de basse provoqués par Supica. Si Delta Saints avoue pour références majeures Led Zeppelin, Black Keys et autres White Stripes, c’est par modestie ; car son delta blues est bien plus aventureux et probablement destiné au futur. "Zydeco" continue de baigner au sein de ce monde étrange. Le piano est passé à l’avant-plan ; mais offensive, la section rythmique reprend rapidement le flambeau, laissant les parties vocales se dédoubler à l'infini. Une claque ! "La Butte La Rose" retourne aux racines. Un bottleneck véhicule des accords arides. La voix est expressive et solennelle. Subtiles, les cordes de Dylan parviennent cependant à se frayer un chemin au cœur de cette structure alambiquée. Largement amplifiées, fuzzy, torturées et implacables, elles attaquent "Dust", au sein d’un climat puissant, claustrophobe et écrasant. Et au cœur de cette machinerie sans concession, Ben Ringle se met à hurler. "My love" s’ébroue depuis les racines, avant que le tempo ne s’élève. La voix est bouleversante, reflétant impeccablement une intensité latente. Toujours aussi complexe, "Into the morning" autorise des sorties de cordes baroques, torturées, déjantées, qui se fondent dans les percus quasi-tribales de Ben Azzi. Des percus qui reprennent le pouvoir sur "Soft spoken", après une amorce plus tendre.  Moment choisi par Ringel pour adopter les intonations tortueuses d'un Robert Plant de ce nouveau millénaire. "Berlin" clôt cette œuvre particulièrement riche, un funk nerveux mais qui ne sobre jamais dans la répétition. Prodigieux ! 

 

Cubenx

Elegiac

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« Elegiac » constitue le deuxième album de Cesar Urbina alias Cubenx. L’artiste mexicain nous propose ici une production variée mais très cohérente. Ecouter l’album est un véritable parcours émotionnel : on passe d’un son puissant à calme, de la mélancolie au psychédélisme, mais toujours en douceur. Coup de cœur pour le dernier morceau de l’album « A Sheltering Sky », qui permet de finir en beauté et donne un peu de pep’s à cet opus. Un DJ qui s’intègre très bien dans la scène européenne et gagnerait à être connu. 

 

Bärlin

Emerald Sky

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Malgré son patronyme à forte consonance scandinave, Bärlin ne nous vient pas de Stockholm ou d’Oslo ni de la petite ville de Barlin… mais de Lille dans le nettement moins glamour Nord-Pas-De-Calais ! Or, pas question ici de terroir ‘chti’, mais d’une musique sombre, industrielle et planante, influencée par Nick Cave (« She’s Alright ») et Einstürzende Neubauten (« Der Graf »), une expression sonore que tisse des rythmes insidieux, des samples intrigants et que hante le chant spectral de Clément Barbier. Très inspiré, ce trio ‘barlinois’ pratique un rock ‘cabaret’ si caractéristique de… Berlin (ahah !) Et lorsqu’une clarinette insuffle une dose de mystère jazzyfiante à ces messes incantatoires, c’est pour se muer en version ‘caniveau’ du répertoire des Anversois de DAAU. Très noirs mais envoûtants, ces morceaux laissent cependant une impression durable. Un bel album ‘lynchéen’, comparaison mille fois usitée mais tellement parlante…

 

 

Almaniax

L'Ombre du Minotaure (Ep)

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Chanson française ou rock alternatif ? Franchement, difficile de se prononcer. D’autant plus que l’expression sonore se nourrit également de metal et d’électro. Et puis les lyrics sont interprétés dans la langue de Voltaire, sauf à une reprise, dans celle de Shakespeare…

Cet Ep a reçu le concours d’Alex Leroy, au mixing. Un maître dans de domaine. Pas pour rien qu’il bosse –notamment– en compagnie de Puggy, Saule, Yel, Pleymo et Von Durden. En outre, le mastering a été confié à Tamas Gresiciki.

Almaniax est le projet solo de Sébastien Rombout, un auteur/compositeur/guitariste/chanteur  bruxellois. C’est également un infographiste. Pas étonnant que la pochette de cet Ep soit aussi soignée. Pour cet artiste, la structure familiale est essentielle. Ce qui explique pourquoi on retrouve sa sœur, Fiona, derrière les claviers ainsi que son épouse Valentine, préposée aux fûts. Au sein de son backing group, figurent également deux autres musicos : le gratteur   Benjamin Delcourt et le bassiste Julien Fierens. 

« Ombre » est une compo construite en crescendo. Limitée à deux minutes, elle est balisée par la six cordes de Seb.

« Techno Victim » baigne dans le métal. Les riffs de guitares sont puissants. Les drums claquent. Et pourtant, accrocheur, le refrain démontre qu’un soin tout particulier est apporté au sens mélodique. Pour Sébastien, « Hybrid Theory », le premier elpee de Linkin Park, paru il y a déjà 15 ans, a changé sa vie. On comprend pourquoi. Et pourtant, au fil des écoutes, on se rend compte que la compo recèle un énorme potentiel radiophonique. Nerveux et pêchu, « Le mur » constitue un autre bel exemple.

« La Trêve De Noël », c’est pour bientôt ! Une plage subtilement sculptée dans les cordes de gratte acoustiques et les ivoires. Tout comme « Interlude »…

« Le Minotaure » est paru en single. Il évoque le mal-être dans notre société, le travail, la pauvreté… Des démons qui nous affrontent quotidiennement et qu’on essaie de combattre à travers des métaphores, comme celle du Minotaure dans le labyrinthe…

 

Antoine Chance

Une belle brochette d’invités…

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C'est la dernière représentation d'Antoine Chance. Un point final mis au bout d’une centaine de dates qui l’ont entraîné de la Belgique à l’Egypte, en passant par la France, la Suisse et le Canada. Où il a défendu son premier album « Fou », paru l’an dernier. Pour la circonstance, il a invité du beau monde et surtout ses potes dont Ours (aka Charles Souchon), Ziggy (drummer chez Puggy), Jawhar, Craig Walker (ex-chanteur d'Archive) et enfin Nicolas Michaux.

Il y a du peuple, mais la salle n’est pas comble. D’ailleurs, les rideaux sont tirés à hauteur de la table de mixing. Bonne nouvelle, Benoît et Alex Leroy sont aux manettes, c’est-à-dire les ingénieurs du son de Puggy.

Antoine se consacre à la gratte (acoustique ou électrique) et parfois au synthés. Ce soir, il est soutenu par le bassiste Geoffrey Hautvas, le drummer Yannick Dupont et un quatrième musico préposé aux synthés et circonstanciellement à la trompette. Sans oublier deux autres cuivres, un saxophoniste et un tromboniste. C’est le line up de base.

Pas de supporting act. En toile de fond le nom de l’artiste est mentionné en lettres blanches. Antoine s’installe à l’extrémité droite du podium. Il empoigne sa guitare électrique et aborde « Rejoins Moi », une compo empreinte de tendresse. Puis embraie par « Elle danse ». Ces deux morceaux sont rituellement ceux qui entament ses concerts. Des filles brandissent des papiers sur lesquels on peut lire des messages comme ‘Merci’ ou ‘Ce soir, on donne tout !’  Tout au long d’« Elle danse », Antoine siège derrière le piano. Une nouvelle compo : « Qu'est ce qu'il nous faut ». Il reprend sa guitare et demande au public féminin de répéter les mots du refrain. Pas terrible ! Et lorsqu’il s’adresse au masculin, ce n’est guère plus brillant. Le deuxième essai est enfin concluant. Au milieu de la chanson, Geoffrey fait signe à l’auditoire, qui peut alors s’époumoner sur ce fameux refrain.

Charles Souchon aka Ours est le premier invité. Le duo va interpréter un titre du grizzly, « Le Cafard Des Fanfares », épaulé par un trio de cuivres. Ce qui rend l’atmosphère du morceau particulièrement chaleureuse.

Ziggy remplace Yannick aux fûts tout au long de « Rate d'un rien ». Manifestement, le batteur de Puggy a faim de concerts et sa frappe est musclée.

Place ensuite à Jawhar. Il est coiffé d'un fez (NDR : toque rouge en feutre). Le tandem se partage le chant –et en arabe– pour une des plus belles ballades de cet artiste, « Allemni ». Et Antoine ne se débrouille pas mal dans la langue…  

Ziggy et Julien participent aux percus (caisses claire) tout au long de « Sur L'Asphalte ».

Le temps d'accorder sa guitare, Antoine demande à Geoffrey de raconter l’une ou l’autre histoire drôle. Il est doué, car ses blagues déclenchent un fou rire général. Yannick cède ses baguettes à Julien Pascal, le batteur de substitution, pour « Bye Bye ».

Autre invité, Craig Walker. L’ex-chanteur d’Archive prête sa superbe voix à « Day Or Night ». Antoine nous signale que Craig débarque tout spécialement de Berlin où il réside. Chance siège derrière les ivoires et les cuivres sont à nouveau de la partie.

Nicola Michaux se réserve le micro sur « A La Vie A La Mort », alors que Geoffrey s’est installé derrière les claviers. Les cordes d’Antoine affrontent celles de Geoffrey (6 contre 4) ; et notamment sur « King's Shilling », un rock'n'roll pur et dur signé Hautvas, le leader d’Electric Chateau.

Le set s’achève par « Fou », le titre maître de l’elpee. Ce sont les cuivres qui amorcent ce brûlot.

« Qui Sait » ouvre le rappel. La foule réclame « Parader En Enfer ». Mais humoristiquement, Antoine signale que ce titre n’est pas prévu sur la set list ; et que de toutes manières, c’est lui qui décide. Fou rire général ! Il entame cette chanson aux ivoires. Le public commence par la reprendre en choeur. Attentif, Mr Chance indique que c’est parfait et embraie, dans un climat cuivré. Le titre achevé, Antoine informe discrètement ses musiciens qu’il est temps de tirer sa révérence.

Mais l’équipe revient pour un second encore. Au cours duquel on aura droit à une nouvelle compo, « Trouble ». Une chanson interprétée au bord de la scène. Geoffrey s’accompagne à la sèche. Yannick se consacre au glockenspiel. La trompette s’immisce dans l’ensemble, avant que le trombone ne finisse par s’imposer. Les ‘hou hou’ fusent. Le public est ravi. Une belle soirée au cours de laquelle Antoine, ses musicos et la belle brochette d’invités sont parvenus à tenir l’auditoire en haleine, tout en réussissant à le captiver.

Au cours des prochains mois, Antoine Chance va prendre un peu de repos, mais surtout composer les chansons de son deuxième long playing. L’artiste carbure au diesel ; donc il faudra lui laisser du temps. En espérant quand même ne plus devoir attendre 10 ans avant de voir une suite à son premier long playing…

(Organisation : Botanique et Ubu Concerts)

The Dø

Bienvenue sur la planète ‘dance’!

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En 2014, The Dø avait accordé un concert exceptionnel à l’Aéronef de Lille. Après une tournée mondiale, qui a transité par les plus grands festivals européens, le duo parisien revenait dans la métropole nordiste Et bien, sûr, c’est à nouveau sold out ; l’auditoire réunissant un public de toutes les générations.

Fondé en 2005, The Dø réunit deux excellents musiciens. Tout d’abord la chanteuse franco-finlandaise Olivia Merilahti et le compositeur de musiques de films, Dan Levy. Il se sont rencontrés en bossant sur la B.O du film « L'Empire Des Loups », réalisé par Chris Nahon. A leur actif trois elpees. Publié en 2008, « A Mouthful » a atteint, dès sa sortie, la première place des ventes en France. Le deuxième, « Both Ways Open Jaws », est paru en 2011. Enfin sorti l’an dernier, « Shake Shoot Shaken » a été récompensé en 2015, par une Victoire de la Musique, dans la catégorie ‘album rock de l'année’. C'est cet opus qui va constituer le plat de résistance de la set list. 

Las Aves assure le supporting act. Un quatuor issu de Toulouse, chargé d’assurer la première partie lors du périple hexagonal de The Dø. En fait, il s’agit tout simplement de The Dodoz, qui a changé de patronyme. Le combo a publié un premier Ep, baptisé « L.A. », qui a reçu le concours de Dan Levy de The Dø, à la mise en forme.

Le line up réunit la chanteuse Géraldine, le claviériste/guitariste Jules, le second gratteur Vincent et le batteur Adrien. Ils sont vêtus de blanc, y compris la casquette retournée que coiffe la tête chevelue de Vincent. Jules siège derrière la table, placée en retrait et sur laquelle est mentionné le nom du band en lettres lumineuses.

Des sonorités majoritairement électro alimentent le premier morceau, « First Aid Blanked ». Les cordes de guitares sont funkysantes. Géraldine se balance dans tous les sens. Et les deux autres gratteurs déménagent tout autant. Seul le drummer, coincé au sein de son espace réduit, ne peut libérer son énergie qu’à travers la frappe sur ses peaux. Et cette énergie, le band la communique à l’auditoire. Jules rencontre un petit problème technique lors du second titre, « Die In Shanghai ». Très vite résolu. Un moment au cours duquel Géraldine meuble la pause forcée, en plaisantant avec les spectateurs. Las Aves qualifie sa musique d'Acid Pop. Une pop énergique, rafraîchissante, aux refrains entêtants qu’illustre des titres comme « Perfect Mess », « Leo » ou « Lioness »…

En ‘live’, The Dø est accompagné par trois musicos. Marielle Chatain, Pierre Belleville et Bastien Burger. Ils se partagent claviers, guitare, basse, drums et on en passe, suivant les morceaux. Multi-instrumentiste également, Dan prête parfois sa voix aux chœurs. Sur le podium sont érigées quatre estrades : deux de biais et deux autres contiguës, sur lesquelles vont s’installer les musiciens de tournée. Les synthés et différentes machines sont placées sur des tables aux pieds rouges. Un néon de couleur est planté devant chacune d’entre elles. Faut dire que le light show est impressionnant et multiplie ses sources, même du plafond. Il y a des rampes amovibles de spots leds, de plus petits standards, des lasers et des stroboscopes. De quoi nous en mettre plein la vue. 

Olivia campe au milieu, devant une machine. Face à Dan, qui siège derrière un piano/synthétiseur. Elle ne regarde pas le public. Hormis les manches parées de rouge, elle est toute vêture de blanc, longue robe et baskets y compris.

« A Mess Like This » (« Shake Shoot Shaken ») ouvre le set. Une berceuse balisée par les ivoires de Dan. Bien soutenue par les backing vocaux de Marielle, la voix d'Olivia est claire, parfois enfantine mais puissante. Elle me fait parfois penser à celle Björk. Ce n’est qu’à l’issue de ce morceau qu’elle se tourne vers la foule, en souriant. Et c’est sur elle que se focalisent tous les regards. Que ce soit derrière son piano et ses machines (NDR : deux roadies viennent les débarrasser ou les réinstaller, selon le répertoire), mais surtout quand elle arpente le podium de long en large. Où tantôt elle excite les premiers rangs en se dandinant. Tantôt elle se déplace comme une marionnette désarticulée sortant directement d'un théâtre Nô japonais. Une chorégraphie, magnifiée par les jeux de lumières. A l’instar d’« Anita No! », morceau au cours duquel on discerne les ombres chinoises dessinées par la danse d’Olivia. Et de danse (ou de dance, selon) il en sera question toute la soirée. 

Parfois, elle s’immobilise pour prendre une pose de karatéka. Régulièrement, elle tend son micro vers le public, pour qu’il reprenne le refrain.

Mais si nous ne voyons qu’elle sur scène, il faut reconnaître que les musicos assurent parfaitement leur job. Même Dan, qui tout en remuant, demeure appliqué derrière son matos.

The Dø pratique une forme de synth/pop hypnotique. Des titres comme « Opposite Ways » et « Miracles (Back in Time) » en sont certainement les plus belles illustrations.

Olivia n’oublie pas de présenter et de remercier son équipe, –sur fond de musique religieuse– sans qui –dit-elle–elle ne pourrait se produire en ‘live’.

Lorsque Olivia et Dan quittent le podium, c’est pour permettre aux trois autres musicos d’attaquer l’instrumental « Both Ways Open Jaws ». Une compo électro-tribale stimulée par les percus et susceptible de plonger l’atmosphère dans une forme de transe. Et « Keep Your Lips Sealed » en est encore un autre exemple. La communion est alors totale et les premiers rangs se mettent à jumper.

Le couple revient sur l’estrade, un essuie blanc sur la tête. Et commence à faire le pitre avant de balancer ces serviettes dans la foule. Pour le dernier titre, « Despair, Hangover And Ecstasy », Olivia a empoigné deux bâtons rouges lumineux.  

Le combo revient rapidement pour le rappel, un encore au cours duquel il va nous réserver un chant de Noël avant la date, « Nature Will Remain ».

Lors du second retour sur les planches, The Dø va nous accorder « Quake, Mountain, Quake », en formule trio : Dan au piano, Olivia au chant et Bastien à la basse, et puis une chanson romantique, pour définitivement clore le set. Ce soir, The  Dø a entraîné l'Aéronef sur la planète 'Dance'.

(Organisation : Aéronef + Uni-T)

 

 

Sarah Carlier

Une histoire de famille…

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Sarah Carlier a publié son deuxième album en octobre 2014. Il s'intitule "SMS", le texto de ‘Save My Soul’. Treize perles enregistrées et mixées par Dan Lacksman, à Bruxelles. Les sessions d'enregistrement se sont déroulées au studio SynSound. Le choix a été dicté autant pour ses qualités techniques (enregistrement analogique) que pour les qualités humaines de Dan, maître des lieux. A l’issue d’un petit concert en appartement, accompli en solitaire, Sarah a accordé une interview à Musiczine. Un entretien consenti en toute décontraction.

L'aventure ‘Akamusic’, c'est terminé ?

Oui.

J'ai entendu dire que pour y rester, il fallait être formaté. C'est exact ?

Je ne sais pas. Lorsque j’ai signé le contrat pour le second album, le précédent deal était déjà arrivé à son terme. Je n'ai pas eu vent de ce dont tu parles. En vérité, il s’agit d’une belle initiative. Les responsables de cette boîte aiment la musique ; et ils écoutent celle d’un artiste avant le soutenir. C’est un concept idéal, quand on veut démarrer et susciter la découverte.

Tu as eu recours aux cuivres sur ton album. Pourquoi pas en ‘live’ ?

Ah ! C'est la question ! J'aimerais bien, mais concrètement, il faudrait prévoir un budget. Peut-être qu’on pourra bénéficier du concours de tels musiciens, en ‘live’, dans le futur.  

Comment est née ta collaboration avec Dan Lacksman ?

Dan, c'est toute une histoire ! Un an avant la confection du deuxième album, il est venu me voir, chez moi, lors d’un concert, accordé à Evere. Et la prestation lui a plue. Il m’a donc proposé de venir enregistrer un titre chez lui. Puis, après avoir entamé l’écriture des compos du nouveau cd, on a décidé de le recontacter. Il était partant. Et dès les premiers titres, il s’est créé une véritable osmose entre lui et nous, tant musicalement qu’humainement. Il s’est produit quelque chose. Tout au long des sessions, on a vécu un véritable flux d'échanges et de partages. Une grande rencontre. Mais il a aussi apporté sa propre touche à l’album.

Tu ne collabores plus avec Franck Baya ?

Qui sait ce que l'avenir nous réserve ? La collaboration s'est achevée. Nous avons réalisé le premier album et accompli un bout de la première tournée ensemble. Nos chemins se sont séparés. Nous sommes cependant toujours en contact. J'ai l'impression que l'on se retrouvera un jour ou l'autre.

Par contre, Laurent Stellemans est toujours de l’aventure ?

Oui, il est impliqué sur le second album. Il a exécuté quelques parties de guitare et participé à la conception de quelques chansons et arrangements. Tout comme Franck, c’est un sacré musicien, mais il a surtout l'âme artistique et c'est un fameux compositeur et créateur.

Manon et toi signez 5 morceaux. Tu es bien entourée…

Très bien. C'est ma chance. C'est ma grande chance.

La confection de cet elpee s’est déroulée en famille. Peux-tu nous en dire davantage ?

Pour « SMS », j’ai eu l'opportunité de travailler avec mon papa qui a produit et arrangé quelques morceaux. Il a un peu incarné le rôle de directeur artistique et a guidé mes choix en matière d’influences. Ma maman a aussi écrit des textes. Certains d’entre eux dataient de plus de 10 ans. Je les ai adaptés suivant mes affinités. Manon De Clercq a aussi participé à l’écriture. On s'était rencontrées à l'école. Nous nous sommes liées d’amitié ; et ensuite, Manon est devenue ma manager. Elle accomplit de l’excellent boulot. Et puis elle est aussi responsable de 5 chansons sur mon nouvel album.

Ta musique est devenue plus sucrée, colorée et métissée. Est-ce le signe d’un virage davantage world ?

En fait, c’est mon père qui m’a permis de découvrir d'autres courants musicaux. On s’est davantage ouvert aux musiques du monde, en privilégiant celles qu’on aimait le plus. Donc l’afro ! Et puis, on a eu envie de faire ce qu’on avait envie de faire et de voir ce que cela allait donner…

On reconnaît également la touche funky du paternel…

Oui, c'est génial. En fait, il adore le funk, un peu le rock, mais aussi vachement le blues. Pour l’instant, il m’accompagne sur scène. Depuis le concert accordé au Rideau Rouge, nous avons accordé quelques dates ensemble, et surtout en France.

Connais-tu Karavan?

Non, pas du tout. Mais si tu me dis que leur musique en vaut la peine, je vais aller jeter une oreille…

Outre ton père, quel est le line up de ton backing group ?

Papa se consacre à la guitare, Thierry Rombaux ou Eric Renouard à la basse, et Boris Django à la batterie. C’est également ce dernier a assuré toutes les sessions de ces drums en studio. C’est mon père qui m’a permis de le rencontrer. Un excellent musicien. Il est surnommé ‘la pieuvre’, parce qu’on a parfois l’impression qu’il a plusieurs bras. Humainement, c'est un chic type. Très simple, humble mais aussi balaise et efficace dans son drumming. Presque magique. Enfin, Kofi Sadjo se réserve les claviers. Il se connaissent tous très bien et avaient déjà joué ensemble. Ce qui explique pourquoi l’ambiance est si familiale. A la limite ce sont un peu mes tontons. Ils me connaissent depuis que je suis toute petite, quand j’écoutais déjà de la musique…  

Tu as changé de look. Une raison ?

C’est encore une histoire de famille. La maman de Manon est styliste. Notre rencontre a été chouette, mais importante. Elle m’a aidée à être plus cool dans mon rôle. En restant attentif à qui je suis et à ce que j’aime et vers où il ne faut pas aller. Et elle est parvenue à me rendre plus belle.

Tu as adapté le « All Along The Watchtower » de Dylan. Un retour à tes premiers amours ?

La version de Bob Dylan, je ne le connais pas très bien. Plutôt celle de Jimi Hendrix, la plus célèbre. Mais également de Richie Havens, que j’avais découverte auparavant. Limitée à deux guitares et une voix. Elle est magnifique. Elle l’est d’ailleurs dans toutes ses versions. Et en bout de compte, je me suis fait plaisir en réalisant la mienne…  

Quel est ton processus de composition ? Texte et musique ?

C'est très aléatoire. C'est un truc que je ne maîtrise pas et ne sais pas expliquer. Lors d’événements ou de périodes marquants, qu’ils soient positifs ou négatifs, j’ai envie de m’exprimer et donc d’écrire. Je démarre toujours d'une trame musicale, d'une grille d'accords, puis les mots viennent à leur tour.

Tu chantes principalement en anglais, pourquoi si peu en français?

C'est sans doute dû aux études. Et puis, c’est dans cette langue que j’ai entamé ma carrière. Les artistes que j'adore ou admire sont tous anglo-saxons. Les premières covers que j'ai interprétées étaient toutes dans cette langue. C'est un peu quelque chose qui s'est inscrit dans ma musique. Curieusement, le phénomène est devenu naturel. Mon apprentissage est permanent. C’est une langue au sein de laquelle je prends plaisir à chanter. Et je ne me pose pas beaucoup de questions à ce sujet.

Si lors d’un concert on te pique ta guitare avant de monter sur les planches, que fais-tu?

C'est un scandale ! Alors je chante a capella. En y ajoutant quelques percus, ça pourrait être sympa…

Quels sont tes albums de chevet ?

Ceux de Ritchie Havens et Grégory Porter. Je les ai découverts, il y a 2 ans. Ne pas oublier Charles Bradley que j'ai vu en concert à Amsterdam. Il y a Milla Brune également. Si tu souhaites appréhender la soul de Bruxelles, c'est elle que tu dois aller voir et écouter. C'est d’une grande pureté. A tomber le cul par terre !