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Baaba Maal

Pas des mots, mais des billets bleus…

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Pour accueillir Baaba Maal, l’Ancienne Belgique est en configuration semi-flex. Ce qui permet de laisser un espace dans la fosse pour danser. La diaspora sénégalaise est bien présente. Toutes les jolies dames ont revêtu leurs plus beaux habits lors de cette sortie nocturne. Si un gang de grands méchants devait passer ce soir à l'AB, il y aurait de belles parures en or et diamants à dévaliser. Le spectacle se déroulera devant 4 à 500 personnes.

Issu d'une famille de pêcheurs, Baaba Maal est sénégalais. Agé de 63 ans, il est originaire de Podor, au Nord du pays, sur les rives du fleuve Sénégal. Après avoir transité par divers groupes, il séjourne à Paris, pour y étudier la musique occidentale au Conservatoire. C’est en 1985, qu’il fonde Daande Lenol ('La Voix Du Peuple'), en compagnie de son ami malvoyant, Mansour Seck, un combo qui mêle instrumentation traditionnelle, contemporaine et chants pulars. En 1990, lors d’une tournée européenne, il est découvert par Peter Gabriel, qui l’invite à participer aux sessions de son album « Passion ». Il bosse aussi en compagnie de Hans Zimmer sur la B.O. du film « La Chute du Faucon Noir », et collabore, entre autres, avec Brian Eno, Tony Allen et U2. Grande voix de l'Afrique, son engagement dépasse largement le cadre musical puisqu'il est aujourd'hui représentant du programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Baaba vient de publier son onzième opus, « The Traveller », qu'il est venu défendre ce soir. Un disque pour lequel il a reçu le concours du poète insulaire Lemn Sissay ainsi que de membres de Mumford and Sons.

Sur les planches on remarque la présence d’une batterie, en arrière-plan, au centre, et de chaque côté des percussions africaines ainsi que des claviers, sur le flanc gauche.

Le show s’ouvre un quart d’heure plus tôt que prévu. Les costumes sont aussi colorés sur scène que dans l'assemblée. Un brouhaha surprenant et de timides applaudissements couvrent l’entrée en scène de l’artiste. Baaba Maal se sert d’une gratte acoustique aux cordes en nylon. Sa voix est puissante et fascinante ; elle semble même planer au-dessus de l’assemblée. Il chante en wolof. Le premier morceau s’étale sur plus de 12 minutes. Des roadies viennent installer le griot Mansour Seck, musicien qui l’accompagne depuis l’époque de Lasly Fouta, groupe au sein duquel les deux amis ont énormément tourné en Afrique et à travers le monde. Baaba signale que les voyages sont enrichissants. Mais certains sont la conséquence de guerres, et elles doivent cesser. Il évoque également le soutien qu'il a eu lors du décès de son fils. Une belle leçon d'humanité de la part de ce grand voyageur. Lors de cette tournée, il a entraîné deux Américains (un bassiste et un guitariste), deux Britanniques (des percussionnistes, dont le seul blanc –un Londonien– double aux claviers) et un Cubain (le drummer). Baaba essaie de nous faire croire qu’ils sont d’origine sénégalaise… La set list embraie par un blues qui nous entraîne à travers les grandes plaines de sable du Nord-Est de l'Afrique. Les percus sont encore discrètes. Baaba nous parle du fleuve Sénégal qui constitue la source de prospérité essentielle pour son peuple. Et il relate cette description dans la langue de Molière.

Nous entrons ensuite dans le delta du Sénégal au rythme de sonorités afropéennes, dynamisées par les interventions des percus et du drummer. A l’instar du répertoire de Fela Kuti, les morceaux son longs, mais jamais ennuyeux. On s’enfonce ensuite plus profondément au cœur des forêts de l'Afrique de l'Ouest. Baaba quitte son siège et commence à arpenter le podium de long en large. Le concert monte alors en puissance. Quelques spectateurs montent alors sur l’estrade pour y déposer quelques billets bleus à ses pieds (NDR : cette tradition africaine est le signe que le public est satisfait de la prestation de l'artiste).

Au fil du set, les gradins se dépeuplent, car les spectateurs viennent se fondre dans la masse des danseurs…  

Mais, comme signalé en début d’article, la richesse de ce show, c’est l’osmose entre instrumentation traditionnelle et contemporaine. Il y même des synthés atmosphériques et une boîte à rythmes, mais l’ensemble, toujours au service de la mélodie, tient parfaitement la route. Le tempétueux « Fulani Rock » et l’hymne tranchant « War », au cours duquel Lemn Sissay scande son texte engagé et militant, constituent certainement deux des morceaux les plus percutants. A contrario, « One Day » et la divine ballade « Kallajo », s’avèrent les plus paisibles. Mais c’est « Cherie », un titre plus ancien, chanté tour à tour en wolof ou en français, qui va mettre le souk dans l'auditoire…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Cœur de Pirate aux Francos 2016 ! (update 13/01/2016)

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Cœur de Pirate est confirmée au Village Francofou ce mercredi 20 juillet 2016.

http://www.botanique.be

 

Black Mirrors

Le jazz est une excellente école…

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Issu du Brabant Wallon, Black Mirrors est un quatuor dont on dit le plus grand bien. A son actif, un Ep éponyme. Et en préparation, un premier album, dont la sortie est prévue pour 2016. La formation se produisait, le 4 juin dernier, au ‘Ciné le Parc’ de Charleroi, à l’issue d’un documentaire inédit consacré à Nico, figure emblématique du Velvet Underground. Un concert qui s’inscrivait parfaitement dans ce contexte, surtout quand on sait que le band est particulièrement branché sur les sixties. Marcelle Di Troia et Pierre Lateur, respectivement chanteuse et guitariste se sont fort sympathiquement et ouvertement prêtés au jeu des questions et réponses.

Marcella, au départ tu souhaitais créer une formation de nanas. On en est loin du compte aujourd’hui !

Marcella : Ouais, on en est loin du compte ! Ce sont des hommes, des vrais (rires). A l’origine, il n’y avait que des filles. A cette époque, on se tapait des jams. Puis, Pierre est arrivé pour se consacrer à la gratte. Alors on a décidé de continuer l’aventure ensemble. Et les mecs ont progressivement remplacé les filles. C’est ainsi que le line up actuel a finalement pris forme.

Cette volonté première ne cachait-elle pas les prémices d’une démarche féministe ?

M : Non, pas du tout ! Je suis loin d’être une féministe accomplie. Au contraire, je trouve intéressant la complémentarité entre les deux sexes, dans la vie quotidienne. Je n’imagine pas revendiquer un jour des droits égalitaires. Il y a des tâches que les femmes font très bien, et vice-versa.

Comment définir le style de Black Mirrors ? Est-il garage, stoner, blues, rock ou psychédélique ?

Pierre : Un mix de tous ces genres. Nos influences individuelles sont assez variées et notre musique s’en ressent, sans qu’il y ait vraiment une volonté excessive de notre part de l’orienter vers tel ou tel créneau musical. On aime beaucoup le ‘stoner’ des Queens Of The Stone Age ainsi que le garage/blues/rock ‘old school’ pratiqué par Led Zeppelin ou Jimi Hendrix. Perso, je n’ai jamais trop exploré l’histoire de la musique psychédélique, mais chaque fois que j’en écoute, elle me parle. D’ailleurs, j’apprécie les sonorités éthérées, planantes…
M. : Perso, le rock psychédélique des années 60 m’a toujours beaucoup plu. Souvent à coloration pop, comme celui de Jefferson Airplane. Il y a quelques années, j’étais également fort branchée sur Janis Joplin et Led Zeppelin. Et puis, à une certaine époque, je me suis intéressée à Anouk, une chanteuse et compositrice néerlandaise.
P. : Ma première influence majeure, c’est Pink Floyd ! Ce qui m’a toujours épaté chez Gilmour, c’est sa capacité à te foutre par terre en deux notes. Il possède une assise rythmique et un toucher qui forgent son identité sonore. Il parvient à conter une histoire tout en dispensant des accords minimalistes. Il est clair que les deux Jimi (Hendrix et Page) constituent deux références incontournables et classiques ! C’est un truc que j’ai bouffé pendant longtemps. Parmi les contemporains, Radiohead et Queens Of The Stone Age m’ont également marqués. De manière plus large, j’aime aussi m’inspirer de la mouvance stoner/psyché qui a repris du poil de la bête et retrouvé une certaine vitalité depuis les années 90. Colour Hase, en est une belle illustration. Un groupe allemand que j’adore. Les guitares sont mélodieuses et puisent autant dans le jazz que chez Hendrix…

Marcella, ce goût pour le psychédélisme, tu le reflètes par ton attitude en ‘live’. Exact ?

M. : Oui, c’est possible ! Elle émane certainement de mon for intérieur ! (rires)

Quel est votre processus de création musicale ?

P. : Je compose une trame très simple à la guitare. Ce sont des riffs parfois basiques. Je les soumets à Marcella qui pose sa voix dessus. Ce mécanisme constitue le premier jet de notre travail. Ensuite, les lignes de basse et de rythmique viennent compléter ce squelette. Mais, je n’impose rien. Chacun apporte sa propre touche. Lorsque le tout est au point, il nous arrive parfois, après réflexion, de compléter le morceau ou à contrario, de retirer des parties qui nous déplaisent et nuisent à la compo. Mais, au final, il existe un vrai effort collectif. Chacun des membres a son rôle…

Vous paraissez bien jeunes et pourtant vous faites preuve d’une grande maturité. Quel est votre âge ?

P. : Nous avons entre 27 et 30 ans…

Pierre, on ressent parfois un feeling blues dans ton jeu …

P. : C’est exact ! Il vient naturellement ! En réalité, je n’ai jamais vraiment bossé le blues comme tel. Souvent, quand tu commences à gratter de la guitare, on te le conseille parce qu’il permet d’improviser. Je pense que cette technique jeu vient surtout de ce que j’écoute ! Je parviens à recréer ces effets par le biais d’une pédale. Marcella aimerait que j’en ajoute un peu plus ; ce qui constitue parfois une pierre d’achoppement entre nous (rire).

On sent une réelle complicité entre vous. Est-ce indispensable pour créer de la bonne musique ?

M. : Je pense, effectivement ! On se connaît depuis un certain temps et par conséquent, elle est devenue naturelle.
P. : La formule actuelle est assez récente. Je joue avec le bassiste depuis environ la fin de mes secondaires, soit une décennie. Notre batteur a rejoint le groupe, il y a sept ans maintenant. Nous avons tous milité au sein de projets parallèles. Par la force des choses, notre amitié s’est ainsi renforcée. Nous avons rencontré Marcella, il y a trois ou quatre ans. J’estime que l’entente au sein d’un collectif est primordiale. A un moment ou à un autre, tu devras passer du temps en compagnie des autres musiciens. Nous revenons d’une tournée en Allemagne où nous avons cohabité deux jours durant. Si elle dure plusieurs mois, une mésentente pourrait vite devenir problématique. Je reste convaincu que les interconnections permettent de connaître les qualités et les défauts de chacun ; et de composer avec ces spécificités. Et ce qui me permet, d’un point de vue musical, de prendre du recul pour encaisser les critiques de mes camarades. Nous pouvons aussi prendre davantage de risques sur les planches, comme oser l’impro ; ce qui est difficile à concevoir aujourd’hui auprès d’autres musiciens !

Marcella, quel est ton cursus musical ?

M. : J’ai commencé la musique assez tardivement. J’ai suivi des cours de ‘voice coaching’ vers l’âge de 17-18 ans. Après avoir terminé l’école secondaire, je me suis inscrite au ‘Jazzstudio’ d’Anvers afin d’y étudier la musique. J’y suis restée quatre années. Je suis ensuite partie très loin durant quelques mois, avant de revenir apprendre la musique classique indienne au Conservatoire de Rotterdam.

Le premier Ep est sorti très rapidement (6 ou 7 mois après les premières sessions rythmiques) alors que chez la plupart des groupes émergents, le temps de gestation est plutôt long…

P. : Nous nous étions fixés cet objectif dès les prémices du groupe. Nous sommes conscients qu’il s’agissait d’une prise de risque énorme. Mais, nous devions démarcher rapidement ! Tu sais, nous sommes tous des professionnels de la musique. Nous militons dans plusieurs groupes et enseignons comme prof de musique. On sait très bien comment le milieu fonctionne ! Nous avons opéré le choix de sortir des sentiers battus ! La plupart des formations attendent un an et demi, voire deux ans, avant de voir apparaître les premières dates. Nous, nous voulions ressentir immédiatement l’énergie du live, quitte à prendre le risque d’écarter certaines chansons valables. Mais ce disque reste très représentatif de l’esprit de Black Mirrors quoiqu’il advienne.

Marcella, ton visage arbore une peinture tribale, un peu comme chez les Recorders. Une raison ?

M. : Ces signes ne reflètent aucune signification particulière ! Il s’agit simplement d’un personnage que j’incarne sur les planches. Ce maquillage permet de m’y libérer et de lâcher prise. Si je n’y avais pas recours, je serais sans doute plus introvertie.

Tu sembles complètement invertébrée sur scène… Ce comportement est très important chez toi ?

M. : C’est quasi viscéral ! La musique de Black Mirrors m’incite à remuer dans tous les sens ! L’échange avec le public me transporte en quelque sorte. La scène a toujours été un exutoire pour moi.

Adoptes-tu le même conduite lors des répètes ?

M. : Non, pas du tout ! Pas de grimage et je bouge beaucoup moins (rires). Les répétitions sont destinées à travailler, moins pour s’amuser.

A propos des Recorders justement, Pierrick Destrebecq s’est chargé des fûts tout un temps au sein de ta formation. Tu confirmes ?

P. : Effectivement ! Il remplace Edouard lorsqu’il n’est pas disponible, soit parce qu’il se produit en concert dans un autre groupe, soit parce qu’il est contraint à des engagements professionnels. L’emploi du temps de Pierrick est de plus en plus chargé et il se fait un peu plus rare maintenant.

Le patronyme du band est tiré de la série anglaise ‘Black Mirror’, dont la trame dénonce les dérives du superflu actuel. Est-ce la raison pour laquelle les textes baignent dans le monde du fantastique ?

M. : Les thématiques développées dans la série ne se retrouvent pas forcément dans les textes de Black Mirrors. Mais, j’aime m’engager parfois à travers ceux-ci.

Tu chantes toujours en anglais ?

M. : Oui. J’ai toujours des difficultés à écrire des textes en français. A l’oreille, j’estime qu’ils sont moins jolis qu’en anglais.
P. : Nous avons essentiellement baigné dans la culture musicale anglophone. J’écoute peu de chanson française, hormis M et Noir Désir. En outre, la langue française est beaucoup plus intellectuelle. Les mots y ont une importance considérable. Très peu d’artistes peuvent se targuer de posséder une écriture qui tienne la route.

Est-ce que l’écriture est d’abord réalisée dans la langue de Molière, avant d’être traduite ou est-elle directement torchée dans la langue de Shakespeare ?

M : J’écris les textes directement en anglais. J’ai un bon niveau ! Je suis partie en Inde quelques mois et l’anglais me permettait de communiquer auprès de la population locale. J’ai étudié à Rotterdam aussi. Les cours y étaient donnés dans cette langue.

Marcella, tu viens de le signaler, tu es partie en Inde durant 6 mois. Pendant ce séjour, tu as flashé sur la musique classique indienne, suite à quoi, tu es rentrée au Conservatoire pour l’étudier. Qu’a-t-elle de particulier ?

M : Je vivais une période que je qualifierai de transition. J’y recherchais une quête de spiritualité. A mon grand désarroi, je ne l’ai pas trouvée ! J’ai vécu une très belle expérience. Mais au final, les réponses aux questions que je me posais étaient en moi ! Aussi, j’étais influencée par ces groupes psychédéliques qui eux-mêmes s’y étaient rendus. J’en avais conclu qu’un jour, j’irais là-bas.

Ton parcours musical est plutôt étrange. Jeune, tu explorais plutôt une veine rock, avant de te tourner vers une étude académique. Aujourd’hui, tu reviens dans un genre assez différent. Tu parlerais d’évolution ou de révolution ?

M : C’est une évolution (rires) ! Je suis allée chercher tout ce dont j’avais besoin pour me construire ! J’avais par exemple des lacunes dans le domaine de la composition et le jazz m’a beaucoup aidée dans l’apprentissage de l’improvisation. La musique indienne, quant à elle, m’a plutôt enrichie de par sa palette de gammes.

Certains d’entre-vous ont étudié dans une école de jazz. Cette démarche était quand même particulièrement professionnelle ?

P. : Nous sommes tous issus d’une école de jazz. Marcella est passée par le ‘Jazzstudio’ ; et les autres, ont fréquenté une école équivalente, sise à Laeken. Elle a fermé ses portes depuis. J’ai entamé des études universitaires, mais l’appel de la musique a été plus fort ! Je passais plus de temps sur ma gratte qu’à étudier mes cours ! Les deux autres garçons du groupe ont suivi à peu près le même parcours. On s’est orienté vers le jazz pour une raison simple. En Belgique, les seules écoles musicales supérieures se consacrent soit au classique, soit au jazz. En ce qui me concerne, je n’ai pas de culture classique, même si j’en écoute un peu. Je n’avais ni le niveau, ni l’envie de travailler ce type de répertoire. Le jazz reste intéressant parce qu’il analyse plus globalement la musique. J’aime faire le corollaire avec ce langage. Faire du jazz, c’est comme lire une encyclopédie en long et en large. Tu y apprends plein de choses ! Je reste conscient qu’on ne ressent pas nécessairement ces influences dans notre musique. Je dirais qu’aujourd’hui, il s’agit davantage d’un état d’esprit.
M. : Pour ma part, j’ai toujours eu envie d’exercer ce métier. Je ne rêvais que d’une chose, terminer mes humanités et me lancer dans la musique !

La ‘jam’ appartient-elle au processus de création chez Black Mirrors ?

P. : Absolument ! Les raisons sont plurielles. On vient d’en parler, mais le jazz est une excellente école. On se connaît depuis pas mal de temps aussi, ça aide ! Il m’arrive parfois de développer des idées de chansons. J’anticipe la structure du morceau et je propose même des idées pour la batterie. Mais, je me suis rendu compte que presque systématiquement, cette manière de travailler ne fonctionne pas ! On doit essayer de garder cette liberté, cette spontanéité tant dans les répétitions qu’en concert.

En live aussi, on a aussi l’impression que l’improvisation de la fin des morceaux relève du concept de Black Mirrors. Est-ce une envie consciente de vous mettre en danger ou plutôt une sorte de lâcher prise ?

P. : Sur le troisième et le dernier titre que nous avons joués ce soir, nous nous sommes effectivement lâchés ! Il y a bien quatre ou cinq minutes d’improvisation. Par contre, souvent, nous respectons une ligne directrice. Il y a un instrument ou deux qui servent de base et les autres vont graviter autour. Ce n’est pas vraiment de l’impro pure et dure, mais plutôt un réarrangement ! La grille d’accords reste intacte ! Les chutes de compos se prêtent plus volontiers à ce genre d’exercice. C’est davantage une question de pratique ; on sait qu’on ne devra pas retomber sur ses pattes à un moment précis dans la structure musicale. J’aime cette prise de risques, même si elle est quand même limitée. C’est ce qui rend cette méthode excitante ! Par exemple, j’estime dommage que chez certains nouveaux groupes, la set list soit souvent tellement rigoureuse. Le spectacle en devient sclérosé. Le public ressent très vite ce type de climat ! Je ne critique pas cette manière de travailler, loin de là, mais l’improvisation apporte du piment. On parlait de jazz tantôt, mais encore une fois, dans ce contexte, cette école est extraordinaire !

Marcella, j’ai l’impression que ta voix sert de charpente aux compos !

M. : J’ai la chance de pouvoir être à l’aise sur différentes tonalités, en effet.
P. : La voix de Marcella sert de pilier central. C’est elle qui va capter l’attention du public, bien plus que l’instrumentation. On peut la considérer comme une accroche. Le travail de mélodie vocale s’avère donc fort important dans notre musique.

Un scoop ?

P. : Peut-être un album en 2016 ! Cependant, pour y parvenir, il faudra énormément de travail, mais aussi voir à partir de quel moment on se sentira prêt à concrétiser ce projet !

Lylac

Psyché/folk !

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Premier concert pour votre serviteur en 2016. Un set acoustique –enfin presque– que va nous livrer Lylac. C'est-à-dire un des projets d’Amaury Massion (NDR : l’autre, My TV Is Dead, est plus rock et électrique). Il est venu défendre son deuxième opus, « Living By The Rules We’Re Making ». Sur les planches, il est soutenu par deux violoncellistes. Soit Merryl Havard, qui a également participé aux sessions d’enregistrement de l’elpee, ainsi que Thècle Joussaud, qui avait apporté sa contribution au premier LP, « By A Trees », sorti en 2012. Le backing group implique également le sitariste Joachim Lacrosse et le flûtiste Quentin Manfroy.

Au milieu du podium, on remarque la présence d’un siège haut ? Juste devant, sur une petite estrade, est posée une pédale destinée aux percussions électroniques. Et de chaque côté, s’appuient deux grattes. Une folk aux cordes en métal et aux sonorités plus claires ; et une classique aux cordes en nylon, le plus souvent jouées en picking (NDR : propice au flamenco !) Et derrière se dresse un synthé. C’est l’espace réservé à Amaury. Le set de Lylac peut commencer.            

Amaury est seul, collé sur sa chaise, armé de sa guitare classique, pour attaquer le mélancolique « My Bird », le titre qui ouvre le nouveau long playing. La Rotonde n’est pas sold out. Le public est assis, même dans la fosse. Nous sommes un peu à la maison pour « Home Again ». Normal, les titres semblent se succéder dans l’ordre chronologique ? Merryl Havard s’installe à droite et amplifie cette impression de spleen à l’aide son violoncelle. Amaury possède une très belle voix, susceptible de vous déchirer l’âme.

La première partie du spectacle est terminée, et en débarquant avec son sitar, Joachim Lacrosse va nous entraîner dans un périple à travers l’Inde. Pendant que Joachim accorde son instrument, Amaury insiste sur le sexe masculin de cet instrument. Fou rire général. Mais on est alors rapidement plongé au cœur d’un climat largement psychédélique, réminiscent du « Magical Mystery Tour » des Fab Four. A moins que ce ne soit dans celui de Moaning Cities, un autre combo bruxellois qui se sert également de cette forme de luth.

Cap ensuite vers le Nouveau Continent. Pour faire escale à « Mexico », avant de parcourir les grandes plaines de l’Ouest des States. Sensation que reflète « Lilac Wine ». Ecrite en 1950, par James Shelton, cette chanson a été popularisée par des écorchés vifs comme Nina Simone et Jeff Buckley. Thècle Joussaud vient d’apparaître, flanquée de son violoncelle. Amaury interprète l’une ou compo dans la langue de Voltaire, dont « Rome », « Le temps des amants » (NDR : c’est un titre d’un film de Vittorio de Sica) et « La Revanche Du Léger », une ballade signée Zoé, qu’il a chantée au festival d'Astaffort (NDR : c’est dans le Lot et Garonne) devant Francis Cabrel. Amaury nous le signale. Il siège derrière les ivoires pour permettre à Quentin Manfroy de montrer tout son talent à la flûte. Et tout particulièrement sur « Going West », un morceau à l’issue duquel il est d’ailleurs chaleureusement applaudi.  

Tous les musicos sont au poste pour le dernier titre, « I Forget Who I Am », une compo dont les interventions du sitar nous replongent dans le psychédélisme. Mais toujours sur une trame folk !

Lors du rappel, on aura notamment droit à « The Island », le magnifique « Tree », une nouvelle fois « Mexico », sous un line up au grand complet et en hommage à David Bowie, la reprise de son « Space Oddity ».  

(Organisation : Botanique)

David Bowie

L’étoile noire vient de s’éteindre : David Bowie est décédé ce 10 janvier 2016

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Il venait de publier son dernier album ★,ce 8 janvier 2016, et il est décédé deux jours plus tard. Il était atteint d’un cancer depuis 1 an et demi. C’est un monstre sacré de l’histoire du rock qui vient de disparaître, après Lou Reed, il y a deux ans…

Né le 8 janvier 1947 à Londres, David Robert Jones a effectué ses premiers pas sur la scène musicale, début des sixties, en se consacrant à un répertoire r&b à coloration américaine. Ce n’est qu’en 1969 que le déclic va se produire, lors de la sortie du single « Space Oditty », paru juste avant que Neil Armstrong ne marche sur la lune. Un titre psyché/folk qui aurait pu être écrit par Syd Barrett. Jusqu’au début des années 80, son évolution est constante ; et on peut affirmer qu’il va influencer de nombreux courants musicaux. Il ne pense pas au lendemain, mais au surlendemain… Fer de lance du glam rock, à l’instar de Marc Bolan et Gary Glitter, son attitude androgyne le pousse à théâtraliser de plus en plus ses spectacles. Il se lance également dans la production ; et notamment pour Lou Reed et Iggy Pop. C’est à Berlin qu’il réalise « Low », « Heroes » et « Lodger », dont le premier elpee de cette trilogie incontournable va tracer la voie à la new wave et à la cold wave, tout en se plongeant dans la musique industrielle chère à Kraftwerk et Eno. Sa créativité semble alors inaltérable. Il est également branché sur des tas d’autres formes contemporaines d’art, comme la peinture, la littérature (l’écriture accidentelle de William Burroughs, notamment) et la mode, pour laquelle il devient même modèle. Son plus gros hit, « Let’s dance », il le décroche en 1983, un disque pour lequel il reçoit le concours de Nile Rodgers. A cet instant, le fan de la première heure imagine que Bowie s’est fourvoyé dans le disco/soul/funk et a perdu le fil rouge de son parcours. Il faudra d’ailleurs attendre une décennie avant qu’il ne le retrouve. Et il rebondit en 1993, en gravant « Black tie, white noise », deux ans plus tard, « Outside », et en 1997, « Earthling », un hybride entre punk, jungle, techno et drum&bass. Il joue également plusieurs rôles au théâtre, mais également au cinéma, dont ‘Furyo’ de Nagisa Ōshima et ‘Les prédateurs’, auprès de Catherine Deneuve. Il a également composé la musique de la comédie musicale rock ‘Absolute Beginners’, en compagnie de Sade. Et, technologie moderne oblige, il s’est beaucoup investi dans la réalisation de clips vidéo, au cours des dernières années, créneau qu’il avait amorcé en 1983 pour « Ashes to ashes ». On pourrait parler de ses multiples hit singles ; notre partenaire Lavenir le résume parfaitement dans un de ses articles (voir ici).

Tour à tour, futuriste, décadent ou avant-gardiste, Bowie a touché à tous les styles musicaux : pop, rock, funk, soul, disco, music-hall, punk, électro, jungle, techno, indus, psychédélisme, métal, glam, jazz, drum&bass, new ainsi que cold wave, et on en passe ; mais il a surtout marqué de son empreinte la deuxième moitié du XXème siècle. Une biographie exhaustive de cet artiste est un travail de titan. Alors, pas la peine de s’étendre davantage sur le sujet, des tas de livres, biographies et de documentaires s’en sont déjà chargés.

Paradoxal de publier son dernier opus la date de son 69ème anniversaire ; soit deux jours avant sa mort. Un album dont le titre est quelque part symbolique. A se demander si David Bowie n’avait pas programmé la fin de son voyage sur la terre. Mais si cet épilogue est sombre, l’étoile de Bowie risque fort de continuer à briller longtemps, au firmament de l’histoire du rock…

 

 

 

Au plus c’est Savages, au plus on adore…

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Le prochain album de Savages, « Adore life » est annoncé pour ce 22 janvier. En attendant, le groupe nous propose la vidéo du morceau « Adore », un clip réalisé sous la direction d’Anders Malmberg (Mew, Mø) et dont le concept a été imaginé par Tobias Rylander (The xx, Lykke Li, FKA Twigs). Voir ici


 

 

La bénédiction de Yeasayer, avant de tirer sa révérence…

Écrit par

Le prochain elpee de Yeasayer, « Amen & goodbye » sortira ce 1er  avril chez Mute. Ce sera son quatrième. Lors des sessions d’enregistrement la formation a reçu le concours de la chanteuse folk Suzzy Roche ainsi que du drummer Joey Waronker (Atoms For Peace, Beck). Le thème de l’opus serait mystique, puisqu’il s’agit de fables étranges d’une Bible destinée à un monde qui n’existe pas.

Pour écouter et voir le clip du titre maître, « I am chemistry », c’est ici

Tracklisting

1 Daughters Of Cain
2 I Am Chemistry
3 Silly Me
4 Half Asleep
5 Dead Sea Scrolls
6 Prophecy Gun
7 Computer Canticle 1
8 Divine Simulacrum
9 Child Prodigy
10 Gerson's Whistle
11 Uma
12 Cold Night
13 Amen & Goodbye

 

 

Une collaboration surprenante entre Wu Tang Clan et Triggerfinger

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« The One », c’est le fruit de la collaboration entre Triggerfinger et Method Man, un single plutôt inattendu, au vu des styles diamétralement opposé entre la formation anversoise et l’artiste américain. Et il est en écoute sur la toile ici

 

 

La nuit porte conseil à Chris Isaak…

Écrit par

Après 6 années d’absence, Chris Isaak est de retour. Son nouvel album paraîtra ce 5 février. Intitulé « First comes the night », il a été produit par Paul  Worley (Dixie Chicks, Lady Antebellum), Dave Cobb (Jason Isbell) et son fidèle collaborateur, Mark Needham. Il s’agira de son 13ème elpee studio. Pour écouter le single et titre maître, c’est ici

http://www.chrisisaak.com/

 

La dernière étoile de SAGE…

Écrit par

Responsable d’un Ep l’an dernier (« In between »), SAGE publiera son premier album en mars prochain. En attendant, il nous en propose le titre maître, son nouveau single.

Pour écouter, c’est ici

 

 

 

Le nouvel album de Jean-Louis Murat marqué par les attentats de Paris…

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Jean-Louis Murat publiera son 13ème long playing courant avril. Intitulé « Morituri », il s’inspire des événements tragiques, de l’année 2015, qui ont secoué Paris. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours d'Aymeric Létoquart, de Gael Rakotondrabe (Anthony & the Johnsons, Pierre Lapointe...), de Chris Thomas (Joshua Redman, Ray Lamontagne...) et de Stéphane Reynaud.

http://www.jlmurat.com/

 

Julien Lonchamp apostrophe son projet !

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Jack And The ’, c’est le projet de Julien Lonchamp, un artiste français exilé à Edimbourg. Le 22 février 2016, il publiera son second album « Melody Cycle ». Un disque pour lequel il a cherché à combiner des mélodies accrocheuses directement influencées par la pop sixties, en se servant de riches orchestrations et des harmonies en cascade, dans la tradition des grands albums de pop orchestrale. Un travail qui a nécessité 4 longues années de travail.

http://www.jackandthe.co.uk/

 

 

Retour vers le futur pour The Pirouettes

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The Pirouettes est un duo électro-pop français, dont les influences oscillent de France Gall à Michel Berger, en passant par Serge Gainsbourg, Yves Simon, Daft Punk et The Knife. Réunissant Leo Bear Creek et Vickie Chérie, ce couple nous propose sous forme de clip, "2016 (en ce temps-là)", un titre qui figurera sur leur premier opus. Une vidéo réalisée par Kevin Elamrani-Lince. Voir ici

http://thepirouettes.fr/

 

 

DFA annonce le nouvel album d'Essaie Pas

DFA Records est surtout connu pour LCD Soundsystem, mais aussi Factory Floor, Hot Chip, Black Dice, Eric Copeland,... Il y a quelques mois, le célèbre label américain a signé avec Essaie Pas, un duo électronique basé à Montréal que Musiczine suit à la trace depuis plusieurs années.

Essaie Pas est constitué de la Canadienne Marie Davidson, qui a également son projet solo, et de son mari, le Français Pierre Guérineau, qui a produit aussi des projets tels que
Dirty Beaches et Femminielli. Essaie Pas est né en 2010 et le duo compte déjà deux cassettes et, surtout, un album à son actif: "Nuit de Noces", paru sur le label franco-belge Teenage Menopause Records. Il a également sorti un excellent simple en 2015: "Danse Sociale".

Pratiquant à l'origine une musique très diversifiée allant de la minimal synth au blues, le duo a maintenant trouvé son identité sous la forme d'une musique électronique post-wave et post-techno rehaussée d'ambiances cinématographiques, le tout sublimé par les voix des deux protagonistes, en mode
'spoken word'.

C'est en faisant la première partie de Factory Floor à Montréal, que le duo est entré en contact avec DFA Records. Nous avions déjà annoncé la collaboration du duo avec DFA (voir ici ) mais aujourd'hui, DFA annonce les pré-commandes du nouvel album, "Demain est une autre Nuit", qui parait le 19 février. Dans la foulée, on découvre également un premier extrait de l'elpee, "
Le port du masque Est de rigueur", qui fait l'objet d'une très belle vidéo , réalisée par Larissa Corriveau.
 
"On est très excités de voir notre album sortir sur DFA", nous avait confié Pierre Guérineau l'année passée. Pour lire l'interview complète d'Essaie Pas / Marie Davidson (20/8/2015), c'est ici.
 
Pour regarder la vidéo de "Le port du masque Est de rigueur", c'est ici.
 
Pour pré-commander l'album "Demain est une autre Nuit", cliquer ici.

Tracklist:
1.
Demain est une autre nuit
2.
Depassée par le fantasme
3.
Retox
4.
Carcajou 3
5.
6.
Facing The Music
7.
Lights Out
8.
La Chute

Inna Modja souffre pour son Mali et elle le raconte à travers ses chansons…

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Pour enregistrer son nouvel album, Inna Modja est retournée au Mali. Et le climat qui y règne a inspiré ses chansons. Tant la guerre que le sort des femmes au Nord du pays. Mais aussi les rencontres, des joies et des douleurs que ce conflit provoque. Elle rappe même en bambara tout en creusant au cœur de ses racines (le Rail band de Bamako et les vibrations enivrantes, entraînantes et irrésistibles de l’électro-underground).

Elle se produira à l'Alhambra de Mons ce 15 janvier 2016, à l'Ancienne Belgique de Bruxelles le lendemain et à Seclin le 28 avril prochain. Sur scène, son ‘desert blues’, bien qu’empreint de sensualité, est emporté par un véritable tourbillon d'énergie…

Pour voir le nouveau clip « Bamako », c'est ici 

http://www.innamodja.com/

https://www.facebook.com/innamodjaofficiel

https://twitter.com/innamodja

 

Les Tops 2015 de Musiczine

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Vous trouverez ci-dessous les différents ‘tops’ confectionnés par les différents collaborateurs de Musiczine. Au fil des semaines et jusque fin janvier, ce listing s’enrichira des avis de celles et ceux (rédacteurs et photographes) qui ne se sont pas encore prononcés à ce sujet. En attendant, toute l’équipe vous souhaite déjà une Bonne Fête de Noël et vous présente ses meilleurs vœux musicaux pour l’année 2016.

Rédacteurs

Philippe Blackmarquis

Top 20 albums/Eps

1. Wand : "Golem"
2. Chelsea Wolfe : "Abyss"

3. Agent Side Grinder : "Alkimia"
4. Marie Davidson : "Un Autre Voyage"
5. IAMX : "Metanoia"
6. Steven Wilson : "Hand. Cannot. Erase."
7. Pure Ground : "Standard of Living"
8. The Soft Moon : "Deeper"
9. Soko - "My Dreams Dictate My Reality"
10. Tempers : "Services"
11. Boan : "Mentiras"
12. Factice Factory : "!Nada! "
13. Princess Century : "Progress"
14. Oil Thief : "Obsolescence and Monality"
15. November Növelet : "The World In Devotion"
16. Drift : "Black Devotion"
17. Qual : "Sable"
18. Weird Candle : "Regeneration"
19. Katatonia : "Sanctitude"
20. Shad Shadows : "Minor Blues"

Top 10 Belgique - Albums/Eps

1. Luminance : "Sans Visage"
2. Organic : "Empty Century"
3. Charnier : "Charnier"
4. Kreng : "The Summoner"
5. Simi Nah : "Bootleg"
6. Kinex Kinex : "Polytheistic Christmas"
7. Cellule 34 : "Cellule 34"

8. Thot ‎: "#XVNM"
9. Metroland : "Zeppelin"
10. Unidentified Man : "Dissociative Identity"

Béber

Top 20 albums

1. Kurt Vile : "b'lieve i'm goin down..."
2. Destroyer : "Poison Season"
3. Deerhunter : "Fading Frontier"
4. Deafheaven : "New Bermuda"
5. Chelsea Wolfe : "Abyss"
6. Father John Misty : "I Love You, Honeybear"
7. Sufjan Stevens : "Carry & Jowell"
8. Disappears : "Irreal"
9. Courtney Barnett : "Sometimes, I Sit and Think, and Sometimes I just Sit"
10. BC Camplight : "How to die in the North"
11. Marriages : "Salome"
12. Other Lives : "Rituals"
13. Protomartyr : " The Agent Intellect"
14. Ought : "Sun Coming Down"
15. Viet Cong : "Viet Cong"
16. Dan Mangan : "Club Meds"
17. Villagers : "Darling Arithmetic"
18.
Beach House "Depression Cherry"
19. Caspian : "Dust and Disquiet"
20 The Decemberists : "What a terrible world, what a beautiful world"

Tops 3 albums ‘Made in Belgium’

1. Benoît Lizen : "Naomka"
2. Taïfun : "of Coyotes and Men"
3. Balthazar : "Thin Walls"

Top 10 concerts

1. Sufjan Stevens (Bozar, Bruxelles)
2. John Grant (Botanique, Bruxelles)
3. The End of the road (War on Drugs, Futur Islands, Ought, ...)
4. Battles (Botanique, Bruxelles)
5. Caspian (Minard, Gand)

6. Calexico (Festival des Libertés, Bruxlles)
7. And so I watch you from affar (VK, Bruxelles)
8. St
Paul and the Broken Bones (Botanique, Bruxelles)
9. Father John Misty (Botanique, Bruxelles)

10. The Decemberists (Ancienne Belgique, Bruxelles)

Révélations

1. Petite Noir : "La vie est belle/life is beautiful"
2. Quadrupède : "TOGOBAN"
3. Benjamin Clementine : "At least for now"

Jowell

Top 20 albums

1. Wand : « Golem » + «  1000 Days »
2. Battles : « La Di Da Di »
3. Pandan Bear : « Meet The Grim Reaper »
4. Sweat Lodge : « Talismana »
5. Fuzz : « II »

6. Metz : « II »
7. Romare : « Projections »
8. Jacco Gardner : « Hypnophobia »
9. La Luz : « Weirdo Shrine »
10. The Libertines : « Anthems For Doomed Youth »
11. Ty Segall : “Ty Rex”
12. Утро  :  “Солнце”
13. Girls Names : « Arms Around a Vision »
14. Unknow Mortal Orchestra : “Multi-Love”
15. U.S. Girls : « Half Free »
16. Gryflet : « Left To Unknow »
17. Gold Class : « It’s You »
18. Deradoorian : « The Expanding Flower Planet »
19. Dommengang : « Everybody’s Boogie »
20. Soft Cough : « Soft Cough »

Top 10 concerts

1. Fuzz  (Muziekodroom, Hasselt)
2. Wand (Nuits Botanique, Bruxelles)
3. Panda Bear (Botanique, Bruxelles)
4. Yussuf Jerusalem (Madame Moustache, Bruxelles)
5. Unknow Mortel Orchestra (AB Box, Bruxelles)
6. Fyfe – (Botanique, Bruxelles)
7. Klub des Loosers (Botanique, Bruxelles)
8. US Girls (Botanique, Bruxelles)
9. King Khan and the BBQ Show (Madame Moustache, Bruxelles)
10. Metz (Botanique, Bruxelles)

Didier Deroissart

Top 20 albums

1. Armand Mélies : « Vertigone »
2. Muse : « Drones »
3.
Petite Noire : « La Vie est belle »
4. Heather Nova : « The Way It Feels »
5. Tom McRae : « Did I Sleep And Miss The Border? »

6. Les Innocents : « Mandarine »
7. Metz : « II »
8. Skip And Die : « Cosmic Serpents »
9. Citizen : « European Soul »
10. Boulevard des Airs : « Bruxelles »
11. Björk : « Vulnicura »
12. Tame Impala : « Currents »
13. Deerhunter : « Fading Frontier »
14. Viet Cong : « Viet Cong »
15. Garadh : « Need A Chance »
16. Charlie Winston : « Curio City »
17. Benjamin Clementine : « At Least For Now »
18. Papa Roach : « F.E.A.R. »
19. Ty Segall : « Ty Rex »
20. Soulfly : « Archangel »

Top 10 albums 'Made In Belgium' 

1. Black Mirrors : « Black Mirrors »
2. Balthazar : « Thin Walls »
3. Feel : « Fell »
4. Marka : « Days Of Wine And Roses »
5. Ozark Henry : « Paramount »
6. Selah Sue : « Reasons »
7. Roscoe : « Mont Royal »
8. Sirius Plan : « Dod river Sessions »
9. Nicola Testa : « No More Rainbow »
10. Great Mountain Fire : « Sundogs »

Top 20 Concerts

1. Texas (Lotto Arena, Anvers)
2. Ozark Henry (Lotto Arena, Anvers)
3. Bianca Casady and the CIA (Botanique, Bruxelles)

4. Coeur de Pirate (Ancienne Belgique, Bruxelles)
5. Metz (Aéronef, Lille)
6. Imagine Dragons (Forest National, Bruxelles)
7. Beautiful Badness (Botanique, Bruxelles)
8. Ibeyi (Ancienne Belgique, Bruxelles)
9. TomMcRae (Ancienne Belgique, Bruxelles)
10. Tout Va Bien (AB Club, Bruxelles)
11. Christine And The Queen (Zénith, Lille)
12. Souchon et Voulzy (Forest National, Bruxelles)
13. Roxette (Lotto Arena, Anvers)
14. Arsenal (Ancienne Belgique, Bruxelles)
15. Charlie Winston (Ancienne Belgique, Bruxelles)
16. Two Kids On Holiday (Botanique, Bruxelles)
17. Roger Hodgson (Cirque Royal, Bruxelles)
18. Klo Pelgag (Botanique, Bruxelles)
19. Karavan (AB Club, Bruxelles)
20. Omar Souleyman (Ancienne Belgique, Bruxelles)

Flop 5 Concerts 

1. Josef Salvat (Botanique, Bruxelles)
2. Groundation (Ancienne Belgique, Bruxelles)
3. Chapelier Fou (Botanique, Bruxelles)
4. The Kooks (Cirque Royal, Bruxelles)
5. Lambchop (Ancienne Belgique, Bruxelles)

Sebastien Leclercq

Top 20 albums

1. Viet Cong : « Viet Cong »
2. FFS : « FFS »
3. The Real McKenzies : « Rats in the Builap»
4. Thee Oh Sees : « Mutilator Defeated At Last »
5. Protomartyr : « The Agent Intellect »
6. Metz : « II »
7. Beach House : « Depression Cherry »
8. Cheatahs : « Mythologies »
9. Autobahn : « Dissemble »
10. Ought : « Sun coming down »
11. Sufjan Stevens : « Carrie & Lowell »
12. Courtney Barnett : « Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit »
13. Deerhunter : « Fading Frontier »
14. Everything Everything : « Get to heaven »
15. ChVrches : « Every open eye »
16. Dan Deacon : « Gliss Riffer »
17. Chelsea Wolfe : « Abyss »
18. Low : « Ones and Sixes »
19. Richard Hawley : « Hollow Meadows »
20. Ty Segall : « Mr.Face »

Top 5 concerts

1. Ought (Primavera, Porto)
2. IAMX (Ancienne Belgique, Bruxelles)
3. Editors (Olympia Theatre, Dublin)
4. Thurston Moore (Open’er, Gdynia)

5. Belle & Sebastian (Lollapalooza, Berlin)

Jean-Claude Mondo

Top 3 blues ‘Made in Belgium’

1. Bluesbones "Saved y the blues"
2. Boogie Beasts "Come and get me"
3. Blues Karloff "Light and shade"

Top 20 Blues

1. Buddy Guy : "Born to play guitar"
2. Henri Gray & Bob Corritore : "Blues won't let me take my best"
3. Dave Weld & the Imperial Flames : "Slip into a dream"
4. Zora Young & Little Mike and the Tornadoes : "Friday night"
5. Mike Henderson Band : "If you think it's hot here"
6. Anthony Geraci & the Boston Blues All Stars" : Fifty shades of blue"
7. Brandon Santini : "Live & Extended"
8. Knickerbocker All Stars : "Go back home to the blues"
9. Balkun Brothers : "Balkun Brothers"
10. Troy Redfern Band : "Backdoor hoodoo"
11. Jeff Jensen : "Morose elephant"
12. Andy Santana & the West Coast Playboys : "Watch your step"
13. Scott Ellison : "Elevator man"
14. Royal Southern Brotherhood : "Don't look back"
15. Kentucky Headhunters : "Meet me in Bluesland"
16. Sugar Brown : "Poor Lazarius"
17. Dalannah & Owen : "Been around a while"
18. Toots Lorraine : "Make it easy"
19. Andy Poxon : "Must be crazy!"
20. Lucky Losers : "A winnning hand"

Adrien Mouchet

Tops 10 albums

1. Girls Names : “Arms Around A Vision”
2. Lower Dens : “Escape From Evil”

3. Aline : “La Vie Electrique”
4. Viet Cong : “Viet Cong”
5. Beach House : “Thank Your Lucky Stars”
6. Deerhunter : “Fading Frontier”
7. Kagoule : “Urth”
8. Foals : “What Went Down”
9. Royal Headache : “High”
10. A
Place To Bury Strangers : “Transfixiation”

10 Morceaux choisis

1. “Death” : Viet Cong
2. “All Your Yeahs” : Beach House
3. “To Die In L.A.” : Lower Dens

4. “Une Vie” : Aline
5. “Chrome Rose” : Girls Names
6. “40oz On Repeat” : Fidlar
7. “Multi-Love” : Unknown Mortal Orchestra
8. “Centralwing” : Kagoule
9. “My Own Fantasy” : Royal Headache
10. “Beaming White” : East India Youth

Top 15 concerts

1. FIDLAR (Aéronef, Lille)
2. Viet Cong  (Ancienne Belgique, Bruxelles)
3. Girls Names (Botanique, Bruxelles)
4. A
Place To Bury Strangers (Dour Festival)
5. Deerhunter (Grand Mix, Tourcoing)
6. Foals (L’Atelier, Luxembourg)
7. The Polyphonic Spree (Manchester Academy)

8. Metronomy (Ardentes, Liège)9. Eagulls (Dour Festival)
10. Songhoy Blues (Dour Festival)
11. Kagoule (Botanique, Bruxelles)
12. Dinner (Grand Mix, Tourcoing)
13. BRNS (Ronquières Festival)
14. Mac DeMarco (Grand Mix, Tourcoing)
15. Mountain Bike (Ardentes, Liège)

Taï

Top 20 albums

1. BC Camplight : "How To Die in the North"
2. Unknown Mortal Orchestra : "Multi-Love"
3. The Mountain Goats : "Beat the Champ"
4. Kurt Vile : "Believe I'm Going Down…"

5. Big Flo & Oli : "La Cour des Grands"
6. Barnett Courtney : "Sometimes I Sit and Think, Sometimes I Just Sit"
7. Grant John : "Grey Tickels, Black Pressure"
8. Faith No More : "Sol Invictus"
9. Calexico : "Edge of Sun"
10.
Beach House : "Depression Cherry"
11. FFS : "FFS"
12. Action Bronson : "Sincerely, Mr. Wonderful"
13. White Matthew E. : "Fresh Blood"
14. Happyness : "Weird Little Birthday"
15. Django Django : "Born Under Saturn"
16. Blur : "The Magic Whip"
17. Electric)Noise(Machine : "Pardon"
18. Titus Andronicus : "The Most Lamentable Tragedy"

19. Petite Noir : "La Vie est Belle/Life is Beautiful"
20. Odezenne : "Dolziger Str. 2" 

Top 5 concerts

1. Sean Rowe (AB, Bruxelles)
2. Future Islands (End of the Road, Larmer Tree Gardens, UK)
3. … and so We Watch You From Afar (VK, Bruxelles)
4. Kevin Morby (End of the Road, Larmer Tree Gardens, UK)
5. John Grant (Botanique, Bruxelles)

Bernard Dagnies

Top 20 albums

1. Modest Mouse : “Strangers to ourselves”
2. Thurston Moore : “The best day”
3. The Dead Weather : “Dodge and burn”
4. Blank Realms : “Illegals in heaven”
5. Viet Cong : “Viet Cong”
6. Best Friends : “Hot reckless, totally insane”
7. The Apartments : “No song, no spell, no madrigal”
8. Ty Segall : “Manipulator”
9. Django Django : “Born under Saturn”
10. Noel Gallagher’s High Flying Birds : “Chasing yesterday”
11. Twin Peaks : “Wild onions”
12. Fool’s Gold : “Flying lessons”
13. Swervedriver : « I wasn’t born to lose you”
14. Weezer : “Everything will be alright in the end”
15. White Manna : “Pan”
16. Cage The Elephant : “Tell me I’m pretty”
17. Neil Young : “The Monsanto Years”
18. The Chills : “Silver Bullets”
19. Girl Band : “Holding hands with Jamie”

20. The Delta Saints : “Bones”

Albums oubliés en 2014

- David Kilgour & Heavy Eights : “End times undone”
- Lola Colt : “Away from the water”

Top 5 concerts

1. Lola Colt (Botanique, Bruxelles)
2. Thurston Moore (Cactus, Bruges)
3. Calexico (AB, Bruxelles)
4. Allah-Las (Aéronef, Lille)
5. Gabriel Rios (Cactus, Bruges)

Thomas Hubin

Top 10 albums rap/hip hop FR

1. Requiem : “Lino”
2. Négritude : “Youssoupha”
3. Feu : “Nekfeu”
4. Rap Machine : “Disiz
5. Nero Nemesis : “Booba”
6. La Voix Lactée : “Oxmo Puccino”
7. Dieu Est Grand : “Sam’s”
8. Comment c’est Loin (BO) : “Casseurs Flowteurs”
9. La Cour des Grands : “Big Flo & Oli”
10. Professeur Punchline : “Seth Gueko”

Top 10 albums rap/hip hop US

1. To Pimp A Butterfly : “Kendrick Lamar”
2. Compton : “Dr Dre”
3. Black Market : “Rick Ross”
4. B4.Da.$$ - “Joey Bada$$”
5. The Documentary 2 : “The Game”
6. Dreams Worth More Than Money : “Meek Mill”
7. If Uou’re Reading This Is Too Late : “Drake”
8. Bang 3 : “Chief Keef”
9. Summertime ’06 : “Vince Staples”
10. The Album About Nothing : “Wale”

Pierre Vangilbergen

Top 20 albums Metal

1. Iron Maiden : “The Book of Souls”
2. Slayer : “Repentless”
3. Motörhead : “Bad Magic”
4. Deluge : “Aethers”
5. Clutch : “Psychic Warfare”
6. Lamb of God - VII : “Sturm Und Drang”
7. Marilyn Manson : “The Pale Emperor”
8. Mass Hysteria : “Matière Noire”
9. Swallow the Sun : “Songs From the North I, II, III”
10. Saxon : “Battering Ram”
11. Enforcer : “From Beyond”
12. Sylosis : “Dormant Heart”
13. Paradise Lost : “The Plague Within”
14. Marduk : “Frontschwein”
15. Moonspell : “Extinct”
16. Satyricon : “Live at the Opera”
17. Powerwolf : “Blessed and Possessed”
18. Trivium : “Silence in the Snow”
19. Komah : Flashing Nightmare
20. Terror : “The 25th Hour”

Top 10 concerts Metal

1. AC/DC (Plaine du Graspop, Mol)
2. System of a Down (Forest National, Bruxelles)

3. EyeHateGod (Magasin4, Bruxelles)
4. Opeth (Ancienne Belgique, Bruxelles)
5. Black Label Society (Ancienne Belgique, Bruxelles)
6. Snot (De Kreun, Kortrijk)
7. Mass Hysteria (Reflektor, Liège)
8. Black Bomb A (Durbuy Festival, Durbuy)
9. Sick of it All (Brielpoort, Deinze)

10. Lordi (De Kreun, Kortrijk)

Laurent Deger

Top 25 albums

1. Mbongwana Star : « From Kinshasa »
2. Dead Sea Apes : « Spectral Domain »
3. Herbcraft : « Wot Oz »
4. Mount Eerie : « Sauna »
5. Yowler : « Yowler »
6. Gold Class : « It's You »
7. Sexwitch : « Sexwitch »
8. Heroin in Tahiti : « Sun and Violence »
9. Polar Bear : « Same As You »
10. Oiseaux-Tempête : « Ütopiya »
11. Hills : « Frid »
12. Drame : « Drame »
13. Adult Mom : « Momentary Lapse of Happily »
14. Heaters : « Holy Water Pool »
15. Kurt Vile : « B'lieve I'm Going Down... »
16. Mystic Braves : « Days of Yesteryear »
17. General Men : « The Drier Months »
18. Elvis Depressedly : « New Alhambra »
19. Dan Melchior's Broke Revue : « Lords of The Manor »
20. Little Wings : « Explains »
21. DRKWAV : « The Purge »
22. Magic Castles : « Starflower »
23. Astral Swans : « All My Favorite Singers Are Willie Nelson »
24. Shlohmo : « Dark Reds »
25. Hot Sugar : « God's Hand »

Top 3 Made in Belgium

1. Duane Serah : « Duane Serah »
2. Tape Cuts Tape : « Lost Footage »
3. Will Z. : « New Start »

Top 3 Concerts

1. La Hell Gang (Mad Café, Liège)
2. King Khan & The Shrines (Reflektro, Liège)
3.
Ropoporose (An Vert, Liège) 

 

Photographe

Ludovic Vandeweghe

Top 10 Albums/Eps 

1. Tame Impala : « Currents »
2. Modest Mouse : « Strangers to ourselves »
3. Dominique A : « Eléor »
4. Aaron : « We Cut the Night »
5. Calexico : « Edge of the Sun »
6. Viet Cong : « Viet Cong »
7. Blur : « The Magic Whip »
8. Noel Gallagher’s High Flying Birds : « Chasing Yesterday »
9. Ty Segall : « Mr.Face »
10. Girl Band : « Holding hands with Jamie »

Top 5 Concerts 

1. Dominique A (Concert Mons2015 - Festival le Carré, Mons)
2. Aaron (Le Grand Mix, Tourcoing)
3. Noel Gallagher’s High flying birds (Club69, Bruxelles)
4. Calexico (Ancienne Belgique, Bruxelles)
5. Triggerfinger : (Aéronef, Lille)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Electric Light Orchestra

Alone in the universe

Écrit par

Electric Light Orchestra (E.L.O.) a surtout marqué les années 70, en proposant une fusion entre pop/rock et musique de chambre, directement inspirée par les Beatles, en tout particulièrement leur « Strawberry fields for ever ». Quand ils imaginent ce projet, Jeff Lynne, Bev Bevan et Roy Wood militent encore au sein de The Move. Après la sortie d’un premier elpee éponyme, Roy Wood quitte le navire. Et c’est à partir du deuxième, que le groupe va commencer à récolter un succès certain, notamment à travers la reprise du « Roll over Beethoven » de Chuck Berry, un succès qui va carrément exploser au cours de la deuxième moitié des seventies et retomber pour entamer son déclin, début de la décennie suivante, avant de s’éteindre en 1983. Bev Bevan va tenter de remonter le groupe, en compagnie d’autres musiciens, et sans l’accord de Lynne, début des nineties, mais l’aventure tournera court. Lynne relancera la machine début du millénaire, sans davantage de fortune. Il a également participé au projet des Travelling Wilburys en compagnie de Bob Dylan, George Harrison, Tom Petty, Jim Keltner et Roy Orbison. Tout en continuant d’assurer son job de producteur, que ce soit pour McCartney, Ringo Starr, Joe Walsh et quelques autres. Et ce n’est qu’en 2014 qu’il reforme E.L.O., avant de publier, en novembre dernier, son quatorzième long playing.

Finalement, Jeff reprend les choses là où les Travelling Wilburys l’avaient laissées. Pour concocter cet « Alone the universe », hormis les cordes, il se charge de toute l’instrumentation. Il est donc quasi seul dans son univers… Un disque sur lequel on retrouve ces harmonies vocales limpides, éthérées, ce sens de la grandeur, ces arrangements soignés mais baroques, ces progressions de cordes épiques et ce sens de la mélodie pop beatlenesque. Un titre comme « I’m leaving you » est carrément hanté par George Harrison. Pas un album transcendant, mais agréable à l’écoute, sans plus…

 

Dave Gahan & Soulsavers

Angels & ghosts

Écrit par

« Angels & ghosts » constitue le deuxième volet de la collaboration entre Dave Gahan et Soulsavers. Il fait suite à « The light the dead see », paru en 2012. Soulsavers est un duo de producteurs réunissant Rich Machin et Ian Glover, qui outre ses deux elpees commis en compagnie du chanteur de Depeche Mode, a gravé quatre long playings, dont le dernier, « Kubrick » est paru en décembre dernier.

Paradoxalement, si les productions du tandem privilégient l’electronica, le projet Dave Gahan & Soulsavers se veut davantage organique. D’ailleurs, pour enregistrer cet opus, plusieurs musiciens de studio ont apporté leur concours.

Découpé en 9 plages, ce long playing affiche deux visages. Et il s’avère le plus intéressant sur la première moitié de l’œuvre. Deux titres sont carrément hantés par Depeche Mode. D’abord le plus blues « Shine », dont le refrain rappelle quelque peu « I feel you ». Puis « Tempted », une ballade rognée de claviers vintage, mais surtout caractérisé par sa jolie mélodie. Un autre spectre tourmente le fiévreux « You owe me » : celui de Chris Isaak. Alors que l’esprit de Greg Dulli (Afghan Whigs) rôde tout au long du remarquable « Don’t cry », une compo déchirée entre bayou, soul et gospel ; crépitantes, le cordes de gratte rappelant même les digressions de Rick McCollum.

Les fantômes sont passés ; places aux anges. Qu’illustrent les chœurs gospel. Outre l’introspectif « One thing », ils envahissent la fin de parcours. Tant la berceuse hymnique « Lately », l’indolent « The last time » que la valse lente « My sun », malgré les superbes et dramatiques arrangements de cordes. Les séraphins ont chassé les revenants ; ce qui n’était pas finalement une bonne idée. D’ailleurs, si le climat des compos s’était avéré davantage malsain qu’angélique, cet opus aurait pris une autre dimension…

 

Cage The Elephant

Tell me I’m Pretty

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« Tell me I’m pretty » constitue le quatrième elpee de cette formation formée en 2006. Un disque qui a bénéficié du concours de Dan Auerbach, le gratteur des Black Keys, à la mise en forme. Mais aussi, circonstanciellement, à la guitare, aux claviers et au backing vocaux. Issu du Kentucky, Cage The Elephant puise ses références dans le psychédélisme et le garage, mais aussi la pop, le blues ainsi que le glam. Celui de T. Rex tout particulièrement. L’esprit de Marc Bolan plane d’ailleurs sur au moins deux titres de cet opus. Le lead single « Mess around » et la haletant « Punchin’ bag ». Tiens, paradoxalement, paru en 2001, « El Camino », le 7ème elpee des Black Keys, était déjà hanté par un même spectre…

Le départ de Lincoln Parish, guitariste principal du groupe, ne semble pas avoir perturbé le combo, puisqu’il vient certainement de graver un des meilleurs albums de 2015. Si on ressent la patte d’Auerbach sur « Tell me I’m Pretty », les références contemporaines oscillent allègrement entre Arctic Monkeys, Kasabian, les Kooks, Tame Impala et les Strokes, alors que les plus classiques semblent empruntées tantôt aux Beatles (« Sweetie little Jean », « How are you true »), aux Kinks (la ballade mid tempo « Trouble »), ainsi qu’aux compiles ‘Pebbles’ et Nuggets’ (le très sixties « Cold cold cold »). Sans oublier les Stooges. A l’instar du remarquable final, « Portuguese knife fight », dont le riff menaçant rappelle carrément son « Down on the street »…

On n’en oubliera pas pour autant la voix Matt Shultz ; son timbre haut perché, parfois proche du falsetto, illuminant littéralement les mélodies. Un must !

 

The Phoenix Foundation

Give Up Your dreams

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Exportateur officiel de psyché/rock depuis ses débuts, en 2000, The Phoenix Foundation (NDR : le patronyme est inspiré par la fameuse ‘Fondation Phoenix’ de la série culte des années 80, ‘MacGyver’ !) croit toujours en sa noble cause et n’est pas encore décidé à abandonner ses rêves, à contrario de ce qu’annonce son 6ème elpee, « Give Up Your Dreams »… Depuis Wellington, le gang néo-zélandais soigne bien entendu ses claviers, souvent progressifs (« Mountain »), son profil dansant, qu’il emboîte dans les pas de LCD (« Playing Dead ») ou encore ses chœurs allègres (« Give Up Your Dreams ») tout en s’autorisant des escapades disco/pop (« Celestial Bodies ») ou en délivrant des pépites pop atmosphériques et mélancoliques (« Prawn »). La musique de TPF est certainement plus consistante que celle d’Edward Sharpe. Les musicos affichent une belle maîtrise technique. Mais surtout leurs compos libèrent une humeur résolument positive, à l’instar du contagieux « Bob Lennon John Dylan », qui aurait pu naître d’une rencontre libidineuse entre Pink Floyd et les Beach Boys ! Avouez qu’il y a pire comme filiation… Rongé par le spleen, en cette période mouvementée ? Devenez membres de la Fondation Phoenix ; elle vous permettra probablement d’échapper à la morosité ambiante…

 

Girl Band

Holding hands with Jamie

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Ne confondez pas Girls Names et Girl Band. Les deux formations sont pourtant irlandaises. Mais la première est issue de Belfast, en Irlande du Nord, et la seconde de Dublin, en Eire. Les deux pratiquent du post punk ; mais celui du deuxième est beaucoup plus élaboré, s’ouvrant à des tas d’autres styles musicaux, comme la noisy, la no wave, le rock, le krautrock et même l’electro –tout particulièrement le minimal indus– mais en conservant un format organique...

“Holding hands with Jamie” constitue son premier elpee, un disque qui fait suite à toute une série d’Eps, de 7” et de singles, publiés depuis 2012, et inclut l’un ou l’autre titre de ces premiers essais.

Morceau qui ouvre l’opus, « Umbungo » ressemble à une véritable déclaration de guerre, sonorités métalliques et percussions entretenant parfaitement cette impression. Mais dès le deuxième, la voix de Dara Kiely marche sur les traces de Mark E Smith. Enfin, quand il ne crie ou ne gémit pas. A cause des intonations laconiques si caractéristiques, si proches de celles du Mancunien. The Fall constitue certainement une des influences majeures du groupe, mais également Wire, Pere Ubu, Can, Birthday Party, Captain Beefheart, Plastikman, Suicide, Liars, James Chance, Throbbing Gristle et même les Pixies. La bande à Frank Black ? A cause de cette stridulation électrique (l’angoissant « Paul ») particulièrement incisive et puis de ce tempo offensif, réminiscent de Surfer Rosa (« The Witch Dr. »*) Et si « Pears for lunch » adopte un tempo krautrock carrément dansant, « Baloo » emprunte plutôt celui d’Adam & The Ants. « In plastic » épouse même le rythme d’une valse. Enfin, il y a cette basse spasmodique qui secoue « Fucking Butter » (d’une durée de 7’45, c’est le plus long morceau) et trace carrément la ligne de conduite de la plage finale (*).

Reste les lyrics. Cryptiques, ils sont bourrés d’humour… mais noir.

A l’instar de l’opus éponyme de Viet Cong, « Holding hands with Jamie » est plus que probablement une des œuvres les plus créatives de 2015.