New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Nicolas Alsteen

lundi, 30 juillet 2007 18:07

Chocolate and Cheese

Initialement publié par Elektra, en septembre 1994, en vinyle et en casette audio (salut les jeunes !), « Chocolate and Cheese » ressort aujourd’hui sous un saillant veston numérique, gracieusement offert par Schnitzel Records. Considéré comme un classique instantané lors de sa sortie, le quatrième album des frères Dean et Gene Ween refait donc surface dans l’impressionnante discographie du duo de New Hope. Force est de reconnaître qu’avec le temps, on avait pris l’habitude de concevoir un album de Ween comme une sorte d’assortiment de céréales. D’abord une mélodie coco pop, suivie d’une ballade mielleuse à l’humour savoureux, des riffs krispies et quelques smacks baveux à l’industrie du disque. Bref, un peu de tout, histoire d’éviter les étiquettes ou de finir aux oubliettes.

Depuis 1984, Ween persiste et signe des albums à contre-courant des desiderata du marché. Quitte à embrouiller l’auditeur. De toute façon, l’objectif n’est pas de lui plaire mais de le distraire. Et ce « Chocolate and Cheese » est une distraction inespérée, un condensé jouissif de toutes les strates du rock indépendant. Blues, rock, pop, doo-wop, punk, soul, funk, trip psychédélique, tous les styles sont revisités dans une course effrénée aux tubes décalés. Car, dès ses débuts, Ween envisage la musique comme une grande échappatoire, berceau de toutes les dérisions, matrice cocasse d’un humour potache. Et, si on accepte les règles du jeu édictées par le duo, on se trouve, sans doute, en compagnie d’un des meilleurs groupes de ces vingt dernières années. Du reste, un artiste comme Beck ne peut nier l’influence majeure de Ween (écoutez « I can’t put my finger on it »). Après, c’est l’histoire de grandes chansons, d’énormes moments à (re)découvrir : « Roses are free » (un nouveau tube pour Mika ?), l’imparable ballade « Baby Bitch » qui n’a rien à envier au « Cosmic Dancer » de T. Rex, le gospel country fumeux « Drifter in the dark », le funk halluciné « Voodoo lady » que Cassius a dû écouter avant d’enregistrer « Toop Toop ». Sans compter sur «  Buenas Tardes Amigo », hymne ultime du desperado à l’agonie. Sans prétention, Ween réédite donc son « Chocolate and Cheese ». Et sur ce coup-là, on s’en fait péter la panse !
mardi, 24 juillet 2007 03:00

Shallow Water Blackout

Depuis quelques années, l’essor musical de la Flandre s’est catapulté à des années lumières de nos petites prétentions nationales. Sans le savoir, la Belgique enfantait un label pointu, innovant, captivant, adulé des critiques internationales : (K-RAA-K)3. Ce tourbillon artistique déployait ainsi une nouvelle approche musicale, un sens de l’éveil permanent, mettant nos sens et nos sensibilités à l’épreuve. Pour l’heure, le label lâche un disque sublime : « Shallow Water Blackout », deuxième album de Tuk, pseudonyme croustillant derrière lequel se cache le remuant Guillaume Graux, graphiste, vidéaste et bidouilleur allègre. S’il est ici question d’electronica, l’expérimentation dépasse de loin la fiction. Grand protagoniste de cette échappée spatiale, le laptop détient les clefs des circuits vitaux d’une musique qui doit autant aux impulsions organiques que mécaniques de son géniteur. Les microsamples se suivent et se retranchent derrière une multitude d’effets : bombardement de clicks et de cuts syncopés, beats granuleux à souhait. Pas loin des échappées de Fennesz, cet album de Tuk dispose de toutes les cartes en main pour devenir la pierre angulaire d’une électronique cérébrale teintée de noir, de jaune et de rouge. Une expérience à ne manquer sous aucun prétexte.

mardi, 24 juillet 2007 03:00

Swords

Initialement publié sous l’égide de ‘Skint Records’ (Fatboy Slim, Lo Fidelity Allstars, Goose, etc.), l’album de Ralfe Band bénéficie aujourd’hui d’une résurrection en bonne et due forme par l’entremise de l’intervention divine de Talitres Records. Heureux soient-ils. Car, dès l’entrée en matière, amorcée par « Frascati way southbound », nous sommes transportés par ce flot de mélancolie triomphante. Ralfe Band joue sur notre corde sensible, en arrachant de petites mélodies rustiques d’une tourmente d’instruments bordéliques. Folk bucolique, rock champêtre, polka de la dernière chance, yodle de la première heure, tout s’écoute ici dans l’insouciance de l’instant. Remaniant aisément les vieilles recettes de l’Europe de l’Est (pensez à Matt Elliott, à Beirut), Oly Ralfe et sa bande se surpassent d’ingéniosité pour infuser leur pop de mille saveurs folkloriques. Un doux parfum de nostalgie plane toujours en amont de leurs chansons. Tristes d’apparence, elles s’égrènent pourtant dans l’allégresse et la jouissance. « Swords » est un cabaret enchanté, un album à écouter dans la moiteur d’un orage torride. Saoul, nu, totalement (dé)possédé.

mardi, 24 juillet 2007 03:00

Modern Times

A l’écoute du premier EP d’Adam Kesher, le constat est infaillible : ces six musiciens rêvent de vivre à New York, d’ouvrir les concerts de The Rapture, de se la jouer cool comme James Murphy, en gobant du LSD sous les trombes de beats déversés par un ‘sound system’ démesuré. Malheureusement pour ces festivités fantasmées, nos rêveurs sont originaires de Bordeaux. Néanmoins, ils préfèreront toujours cisailler les vignes à coups de décharges électriques que de ramasser le raisin à la faveur d’un bon vin.

Adam Kesher est peut-être la meilleure formation hexagonale du moment : une rythmique cataclysmique, des beats à vous retourner le dance floor, des guitares belliqueuses et une gouaille de branleurs à faire chavirer les ardeurs des fans de l’usine à tubes DFA. En cinq titres, Adam Kesher résume sa position. Aux carrefours de Pulp (on ne peut s’empêcher de penser à Jarvis Cocker en écoutant « You make me feel immoral »), de The Clash (pour les quelques inflexions piquées à Joe Strummer sur « Cent soixante »), de Gang of Four et de l’emphase cold wave (écoutez « Voyage intérieur »), Adam Kesher se poste à la pointe fluorescente des tendances du moment. Et, pour éviter de s’emmerder, les gars ont même fait appel à Tony Lash (Dandy Warhols, Elliott Smith) pour mixer les titres de « Modern Times ». La France découvre ainsi les temps modernes et passe à l’heure du dance-punk. La guitare croise donc le fer avec les oscillateurs affolés d’un synthétiseur bagarreur pour notre plus grand bonheur. C’est vif, spontané, français et, par conséquent, inattendu.

 

Dans l’imaginaire collectif, Holly (Holiday) Golightly restera à jamais cette sulfureuse ‘voyageuse de commerce’, mangeuse d’hommes virevoltante et émouvante, qui sonnait chez ses voisins à trois heures du matin sans se soucier des lendemains. L’héroïne de Truman Capote (dans le magnifique « Petit déjeuner chez Tiffany ») trouve aujourd’hui un écho retentissant dans nos vies : Holly Golightly, de son vrai nom, demeure certainement le secret londonien le mieux gardé des Etats-Unis. Car, bien qu’Anglaise, Holly possède la voix d’une Amérique imagée, fantasmée (même Jim Jarmusch s’est laissé prendre au jeu au moment de concocter la bande originale de son « Broken Flowers »). En fait, le jour où elle s’est glissée sur scène en compagnie des flexibles Headcoatees de Billy Childish, miss Golightly n’imaginait certainement pas qu’elle rencontrerait un jour les White Stripes et autres phénomènes internationaux de la culture rock indépendante.

En 2007, Holly Golightly s’accompagne des Brokeoffs (un drôle de patronyme pour ce qui ressemble à un homme orchestre, répondant au joli nom de Dave Lawyer ) pour sortir « You can’t buy a gun when you’re crying », douzième album (solo) d’une discographie alléchante. D’un chant chaleureux comme une bougie dans l’obscurité, la dame nous conte quelques nouvelles histoires endimanchées de légers arrangements : jeu de cordes dépouillé mais enjoué, kit de batterie minimaliste et autres petites notes de piano. Du folk au blues, en passant par la country, tout le répertoire de la musique traditionnelle US se voit ici sublimé. Que ceux qui sont tombés amoureux de la pureté des White Stripes et de l’honnêteté d’une chanson comme « In the cold, cold night » se jette dans les bras de ce disque ! 

Le nouvel album d’Holly Gollightly nous emmène à l’aventure, dans des rêves d’Amérique profonde. On se voit déjà pénétrant dans un troquet où le seul client accoudé au comptoir est cet infâme glandeur de Lebowski, les yeux mi-clos devant une Budweiser mi-pleine. Au mur, des peaux de croco et quelques photos souvenirs des plus belles prises de la dernière grande chasse aux alligators. Du rêve par procuration, des images plein la tête. Bienvenue dans l’univers d’Holly : bande-son parfaite de tous les Tarantino à venir et des fonds de bouteilles à finir, « You can’t buy a gun when you’re crying » ne fait que confirmer le talent exacerbé d’une artiste dont l’apparente facilité d’écriture et le sens mélodique pourraient bien devenir une référence pour les générations futures.

lundi, 09 juillet 2007 21:36

An End has a Start

Déguster quelques pissenlits par la racine, six pieds sous terre : personne n’ignore la destination finale, le dernier souffle. Surtout pas les Editors. Sur « An End has a Start »,  successeur de l’initial « The Back Room », les Anglais se focalisent sur ce fil, fragile et éphémère, qui relie la vie à la mort. Thème formidable de noirceur, idéal pour une formation qui perpétue un recyclage du sombre héritage de Joy Division. Aussi, au jeu du « qui-chante-le-mieux-comme-Ian-Curtis », Tom Smith, la voix des Editors, rejoint-il les tessitures caverneuses de Matt Berninger (The National) et de Paul Banks (Interpol). Mais à la grande différence de ceux-là, Smith reprend à son compte une tradition nationale, des référents majeurs du rock anglais.

Tels des jeunes guerriers sur la tombe de leur ancêtre, les quatre de Birmingham empruntent donc les grandes méthodes sibériennes de la cold wave. L’originalité étant certainement le cadet de leurs soucis, les Editors signent un album hyper référencé. Mais grouillant de tubes criants : « Smokers outside the hospital doors » ou « The racing rats », notamment. Ici (« When anger shows ») et là (« Push your head towards the air »), l’emphase s’apparente au meilleur ennemi du groupe. Car, lorsque les Editors parviennent à canaliser le lyrisme exacerbé de leur chanteur, ils finissent toujours par imposer leurs hymnes hantés. Mais il faut bien le concéder : des fois, la voix de baryton de Tom Smith mériterait bien quelques coups de bâtons !

lundi, 09 juillet 2007 21:31

A year in the wilderness

En 1977, l’Angleterre préférait les épingles de nourrice aux cravates. Clash, Sex Pistols et autres Damned faisaient alors trembler la Perfide Albion, imposant le punk et ses valeurs radicales aux portes de Westminster. A la même époque, l’Oncle Sam comptait également quelques punk en ses rangs : les Ramones, bien sûr, mais aussi les Dead Kennedys ou X. Découverts par Ray Manzarek (le clavier des Doors), ces derniers imposaient leur mode binaire sous les cocotiers californiens, tout en esquissant des perspectives dorées pour quelques formations bariolées. Un groupe comme No Doubt était assurément redevable de l’effet X. Toujours est-il que, depuis le début des années 90, John Doe, bassiste de la formation barrée, livre des œuvres solitaires à intervalles réguliers.

Singulier dans son approche musicale, John Doe se démarque ici des efforts collectifs entrepris par le passé. Plus introspectif, il tend à privilégier des envies poétiques où les mots embrassent le folk-rock, voire un blues abrasif. Mais, jamais, il n’est question de punk-rock sur « A year in the wilderness ». En solo mais pas esseulé, John Doe s’entoure des meilleurs. A deux reprises, Dan Auerbach, la guitare des Black Keys, vient lâcher une raclée de riffs bien cramés (sur « There’s a hole » et « Lean out yr window »). Aimee Mann pose sa voix sur « Unforgiven » et, producteur sur le gâteau, Dave Way (Sheryl Crow, Fiona Apple, Alice Cooper, etc.) fait péter les manettes. Classe, discret et propre sur lui, ce nouvel album de John Doe convainc sans remuer ciel et terre. C’est donc la séduction naturelle qui opère.

lundi, 09 juillet 2007 21:23

Punk Rock at the British Legion Hall

Les années passent, rien ne change. Comme quoi, parfois, la politique n’est pas fondamentalement éloignée de la musique. Il y a aujourd’hui vingt ans que Billy Childish, chanteur au grand coeur, poète, peintre, interprète et guitariste, balance du punk-rock pur jus dans tous les clubs et garages consentants de Grande-Bretagne. Véritable référence underground, enfant dans un corps d’adulte, moustachu sans barbe et vrai faux soldat de l’empire britannique, l’artiste use les cordes de sa guitare sans répit, enregistrant des tonnes de brûlots sur les cendres des Kinks ou des Troggs. Et, comme chaque année, on se fend de quelques bonnes surprises. En 2007, on retiendra ce « Punk Rock at the British Legion Hall », collection de titres urgents, étalée sur un mur du son de distorsion. Partout, une putain de crasse sonore s’incruste, des références à l’histoire du rock s’éructent (Joe Strummer et John Peel, entre autres). Billy Childish a marqué de son empreinte les ardeurs de nombreux rockeurs (de Kurt Cobain à Jack White) mais tout le monde semble mépriser l’information. Depuis vingt ans. Pourtant, au cours de sa carrière, le bonhomme a enregistré plus de cent (!) albums pour le seul plaisir de nos tympans. Mais au fait, combien d’albums devra-t-il encore balancer pour se faire remarquer ? Si vous connaissez la réponse précise à cette question, envoyez-nous un mail et vous remporterez, peut-être, la discographie complète de l’incroyable Childish. On peut toujours rêver !

ant, au cours de sa carrière, le bonhomme a enregistré plus de cent (!) albums pour le seul plaisir de nos tympans. Mais au fait, combien d’albums devra-t-il encore balancer pour se faire remarquer ? Si vous connaissez la réponse précise à cette question, envoyez-nous un mail et vous remporterez, peut-être, la discographie complète de l’incroyable Childish. On peut toujours rêver !

jeudi, 05 juillet 2007 11:43

L’arme à l’oeil

Comment expliquer le phénomène CocoRosie ? En moins de trois ans, Bianca Casady et sa sœur Sierra sont devenues le dada le plus hype chez les hippies post-modernes. Cette nouvelle communauté est bigarrée : fashionistas, pères de famille, joyeux girons, mères au foyer et adolescent(e)s mélancoliques. En trois albums, les deux Américaines ont repéré le point sensible d’une société éclatée. Avec son folk tarabiscoté de mille astuces infantiles, CocoRosie est passé de sa chambre à coucher au sommet de l’affiche. Sans même comprendre les raisons de son succès. Pour ce troisième album, intitulé « The Adventures of Ghosthorse & Stillborn », les voix mutines des deux sœurs se détachent pour laisser place à une castafiore (Sierra) et une enfant blessée (Bianca). La poésie énamourée et les larmes de joie des débuts s’ornent aujourd’hui d’une conscience politique. Dans cet opéra urbain, CocoRosie est une Superstar. Même Jésus Christ cherche sa place. Si la religion a perdu une grande part de son mysticisme, Bianca et Sierra seront bientôt plus célèbres que la Vierge Marie. Demandez à John Lennon.

Parfois, un regard suffit pour comprendre. Bianca et Sierra sont nées sous les étoiles : des stars, des vraies. Maquillées de jour, comme de nuit, les deux sœurs ressemblent à des vedettes hollywoodiennes : intouchables, impénétrables. Une casquette vissée sur une tignasse rasée et peroxydée, une veste de training sur les épaules, un jean grisonnant, forcément moulant, un foulard rouge serré autour de la cuisse, Bianca est là, face à nous, plantée dans ses pompes blanches. Premier constat : son air triste ne fait pas les belles chansons d’amour de son groupe. « C’est difficile à gérer. Toute cette attention, cette pression, ces questions sur ta vie, tes envies. Aujourd’hui, je ne sais même pas si je crois encore en l’amour ». Ambiance. Malgré ses épanchements émotionnels et une rupture sentimentale mal digérée (NDR : avec Devendra Banhart), Bianca demeure charismatique, christique. « A l’époque de la ‘Maison de Mon Rêve’, notre premier album, tout semblait évident, simple. C’était un rêve éveillé », explique Bianca. Aujourd’hui, CocoRosie est une formation populaire, presque un porte-drapeau générationnel. « Nous n’avons pas cherché à devenir des icônes ou un symbole quelconque. Si des gens se reconnaissent en nous, c’est une bonne chose. Mais nous n’avons jamais cherché cette reconnaissance. » Toujours est-il que le nouvel album des deux sœurs est attendu et sera entendu. Les sœurs Casady le savent et profitent de l’occasion pour habiller leur folk aux mélodies mutines de textes engagés. A ce titre, les paroles de ‘Japan’ sont illustratives : « Everyone wants to go to Iraq. But once they go, they don’t come back ». Quand on aborde le sujet, Bianca s’emballe : « Le fait de toucher un public plus large ne change en rien notre façon de travailler, de voir le monde. Notre réalité n’est pas forcément différente de la vôtre. L’art est un champ de liberté. Il faut le cultiver. » Toujours mystérieuse, elle repousse encore les limites de l’allégorie lorsqu’on aborde la photographie de Pierre et Gilles, illustrant la pochette de leur nouvel album. « Oh, c’est simple. Sur cette photo, nous apparaissons sous les traits des ‘jumelles sanglantes’ (NDR : The Bloody Twins). Là, évidement, elles sont mortes. On est donc au paradis et on navigue sur la voûte d’un arc-en-ciel. » Voilà bien longtemps qu’on n’avait plus entendu telle explication... Si l’univers du disque se vit comme une nébuleuse aventure mythologique, la musique de CocoRosie permet à l’auditeur de se rattacher à une certaine réalité. Car « The Adventures of Ghosthorse & Stillborn » regorge des subtilités d’usage : harpe miniature, jouets d'enfants, crépitements électroniques, guitare titubante, beats humains et timbres vocaux effarouchés. Petites nouveautés cependant : l’affirmation d’un goût immodéré pour l’opéra et l’accentuation d’un phrasé coulé dans le hip-hop. «  Tout ça n’est pas nouveau... Sierra a suivi des études de chant lyrique. D’ailleurs, elle est fan de Debussy et Fauré. Et nous avons toujours apprécié le hip-hop. Mais, au fond, ce n’est pas essentiel. L’important, c’est de continuer à créer, d’être en relation avec sa musique, de rechercher de nouvelles lignes d’expression et d’y trouver du plaisir. » Sur ce nouvel album, l’objectif semble atteint, tout comme le grand public. Un jour, peut-être, les deux filles seront les vedettes de vos plus belles émissions de divertissement. Ce jour-là, l’appellation ‘variété’ en sortira grandie. A coup sûr.


 

jeudi, 05 juillet 2007 11:42

Rock’n’roll et paradis sur terre

Faut-il croire aux préceptes de la réincarnation ? Si cette question nous laisse habituellement dubitatif, on tend ici à revoir notre position. En cause, une rencontre avec Les Anges, tout de noir vêtus et descendus du ciel pour souffler sur les cendres de ce bon vieux Hulk. Pour mieux s’émanciper de leur redingote déchiquetée et d’un vilain teint verdâtre, les (ex-)musiciens de Hulk se sont jetés dans les bras de la douce – mais sauvage – Sandra Hagenaar (ex-Fifty Foot Combo). Pieds au plancher, guitare au poing, Les Anges se font les messagers d’une culture rock intègre, préférant tourner le dos aux concessions pour mieux embraser la tension. Deux Anges (sur quatre) nous font face : Sandra et Renaud. Au cœur du débat, « A deep grave as a shelter », un premier album produit par l’infatigable Christine Verschorren (Ghinzu, Montevideo, Das Pop, dEUS, etc.). Du rock pour pousser les portes du paradis ?

Avant d’aborder Les Anges, reparlons de Hulk. Pourquoi avoir changé de nom ? Le groupe est-il définitivement enterré ?

Renaud : Oui, c’est terminé. Un jour peut-être, on reviendra pour quelques dates. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Le changement de nom, c’est un tout : de nouveaux morceaux, une atmosphère, l’arrivé de Sandra. Toutes ces choses impliquaient l’émergence d’une nouvelle identité.

Sandra : Tout comme Hulk, Fifty Foot Combo est mort. Les Anges, c’est donc un nouveau groupe. Au final, notre musique n’a strictement rien à voir avec celle de nos anciennes formations. Certes, on peut y retrouver quelques éléments. Mais on a pris soin d’y ajouter des instrumentations différentes et quelques clins d’œil aux films d’horreur !

Vous abandonnez donc vos principales influences pour repartir à zéro ? Terminés les déboulés plombés à la Kyuss, Masters of Reality, etc. ?

R. : Non, non ! On ne va pas s’en éloigner... On aime vraiment ces groupes. En fait, par le passé, nous n’avons jamais eu la chance de bénéficier d’une production digne de ce nom. Chez Hulk, les chansons étaient là. Mais la production de nos enregistrements nous rapprochait quasi automatiquement des formations de rock stoner et des groupes de metal. Le rôle de la production est donc primordial...

Comment expliquez-vous l’engouement suscité par la sortie de votre album ? Auparavant, les médias n’étaient pas toujours à vos côtés. Aujourd’hui, avant même la sortie du disque, la presse s’emballe. Ne trouvez-vous pas ce phénomène étrange ? 

R. : Franchement, je ne comprends pas non plus... Impossible d’expliquer ce qui nous arrive... Je ne sais pas. Nous sommes signés chez Bang ! et je pense que, pour nous, c’est une bonne chose. Les Anges apportent encore un peu plus de diversité dans un catalogue qui était essentiellement composé de formations pop-rock.

S. : Actuellement, nous sommes le seul groupe du label à jouer une musique ‘arrachée’. Pour nous, c’est aussi une façon de sortir du lot, de se faire entendre. Rentrer dans une structure ouverte à plein d’autres styles ne peut être que bénéfique pour Les Anges...

Sur l’album, deux chansons se suivent et présentent des titres comparables : « Be a man » et « Illustrated man ». S’agit-il du même homme ? Est-ce une histoire en deux volets ?

R. : Ces deux titres s’enchaînent par hasard. C’est peut-être un peu moche au niveau de la titraille... Mais ces deux textes n’entretiennent aucun rapport entre eux. « Be a man » évoque l’histoire d’un type étrange qui veut en découdre avec la terre entière. Par contre, « Illustrated man » tire son origine d’un recueil de nouvelles de Ray Bradbury intitulé « Illustrated man ». Ce bouquin m’a toujours interpellé. Il raconte les aventures d’un gars qui s’est fait tatouer par une sorcière. Un jour, les tatouages prennent vie. Et, quand les gens s’en approchent, ils peuvent lire leur destin à travers les dessins. Malheureusement, les destins sont toujours tragiques... Evidemment, le mec tatoué le vit plutôt mal...

Et le morceau « 50 euros », c’est un clin d’œil à 50 Cents ?

R. : « 50 euros », c’est le prix d’un gramme de coke. Il s’agit d’un univers qu’on connaît, de près ou de loin. Ce morceau est dédié à mon frère. Il est décédé à cause de ces conneries. Il ne s’agit pas d’une apologie de la drogue. Il ne faut pas, non plus, concevoir ce titre comme une critique acerbe. Simplement, on voulait attirer l’attention du public sur l’existence de ces substances. Elles sont là, elles existent. Ici, on ne se positionne pas comme des consommateurs mais comme des observateurs d’un fait social trop souvent minimisé. Ouvrez les yeux : la drogue fait partie du quotidien, comme les histoires d’amour et le chômage ! Sur le long terme, la drogue ne présente que des aspects négatifs. Nous voulions écrire un morceau sur ce thème : c’est « 50 euros ».

Votre premier single s’intitule « Boys boys boys ». Comment s’est opéré ce choix ?

S. : Quand on écoute attentivement l’album, on se dit qu’on aurait facilement pu faire des singles de six ou sept morceaux... La recherche sur le son dans « Boys boys boys » est plus fouillée et méticuleuse que dans d’autres morceaux. En ce sens, c’est un très bon choix. On est vraiment content...

Votre album est produit par Christine Verschorren (Ghinzu, Montevideo, Das Pop, dEUS, etc.). Comment l’avez-vous rencontrée ?

R. : Notre manager est à l’origine de cette collaboration. Pour ma part, je connaissais le dernier album de Ghinzu. Il nous a également fait écouter Das Pop et Montevideo. A chaque fois, la production est impeccable. On retrouve un côté acide, chimique dans son travail. Il s’agit de sons artificiels que j’apprécie tout particulièrement.

Quels sont les groupes belges avec lesquels vous entretenez une certaine affinité ?

R. : J’adore Ghinzu, même si leur musique reste très différente de la nôtre. The Experimental Tropic Blues Band est également une des meilleures formations du pays. Sur scène, ils sont implacables. Je pense aussi à Kube. Ils possèdent de très bonnes compositions et viennent de sortir un bon album...

Et quels sont les groupes qui influencent Les Anges ?

S. : On peut parler de Messer Chups, un duo russe un peu fou. Comme chez Les Anges, on retrouve un côté féminin, des allusions à l’univers cinématographique, certaines sonorités. Là, je pense surtout à l’usage du thérémin. Et, d’une certaine façon, la manière dont Renaud écrit les chansons est assez proche du hard-rock... Là, je ne parle pas de Black Sabbath...

R. : Ah oui ! Plutôt d’AC/DC alors... (rires) En fait, dans le groupe, nous sommes très attachés à certaines valeurs artistiques, des influences communes.

En concert :

Le 13 juillet, Dour Festival

Le 21 juillet, Power Festival (La Louvière)

 

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