Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

logo_musiczine

Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

L'occasion était trop belle et les instants à immortaliser trop abondants. Aussi, Randy Chortkoff n'a pas hésité à sortir 2 volumes de cette « All Star Blues Revue ». Curieusement (NDLR : lucrativement ?), ces deux œuvres sont vendues séparément, alors qu’on y retrouve les même participants.

Les jeunes Insomniacs ouvrent le feu par du west coast jump explosif. Dodson est très offensif tout au long de ce "Stick around", pendant que Shakeri se réserve des interventions très incisives et swinguantes au piano! Flanqué de son Steve Edmonson Band, Jackie Payne propose le meilleur de son R&B, un style largement cuivré et bien funky dispensé sur la plage éponyme de son denier album, "Overnight sensation". Démonstratif, Edmonson évolue dans un registre proche d'Albert King. Jason Ricci & New Blood affrontent "I'm a new man", un titre tout aussi funky, mais dans un style privilégié par les jam bands. Les deux solistes se distinguent par des interventions brillantes aux cordes ; et en particulier Ricci, un musicien aussi original que passionné. Les Mannish Boys montent sur les planches pour soutenir Kid Ramos, lors de son interprétation de l'instrumental "Johnny Cochino". Bobby Jones chante "Mary Jane" en empruntant un rythme cher à Jimmy Reed. C'est le boss, Randy Chortkoff, qui souffle dans l'harmonica. Il introduit des échanges sans fin, entre les cordes de Ramos, Fletcher et Goldwasser ! Les Insomniacs nous proposent une nouvelle vision de leur large potentiel sur le "Broke and lonely" de Johnny Guitar Watson. Los Fabulocos sont réputés pour leurs rythmes latino. Ils entretiennent un véritable climat de fête. Jesus Cuevas se partage chant et accordéon sur "If you know". La baritone guitare de Kid Ramos concède des accents hispaniques sur "Burnin' the chicken" ; mais ses riffs peuvent aussi s’y révéler meurtriers. Mike Zito sort également le grand jeu. Le tempo est lent, volontairement dramatique. Il dialogue constamment avec ses cordes tout au long de "Slow it down", dans un style me rappelant Tinsley Ellis au sommet de son art. Excellent ! A l’instar du premier chapitre, Philip Walker nous restitue manifestement les instants les plus intimement blues. Et en particulier sur le nerveux "Lay you down", une compo au cours de laquelle il allie classe, brio, sensibilité et chaleur. Un grand bonhomme ! Lors de l’édition 2009 des Blues Music Awards, Delta Groove a encore enregistré une volée de nominés. Parmi lesquels le ‘meilleur premier album’ a été décerné au "2 man wrecking crew de "Cedric Burnside & Lightnin' Malcolm. Figurait également sur la liste des prétendants, les Mannish Boys, Dick Innes, Kid Ramos, Jason Ricci et Jackie Payne. Impressionnant, même si la récompense suprême ne leur pas été attribuée.

Doug Sahm était un musicien d’exception. L'étiquette ‘Texas music’ lui collait à la peau, comme à nul autre. Il était né du côté de San Antonio. En 1941. Son cœur l'a lâché en novembre 1999, dans une chambre d'hôtel de Taos, au Nouveau Mexique. Il n'avait que 58 ans. L'homme avait effectué ses premiers pas musicaux très jeune. Il avait décroché un hit mondial en 1965 : "She's about a mover" ; une compo dont il partageait la paternité avec son groupe le Sir Douglas Quintet. Car Sir Douglas, c'était bien sûr lui! Il avait ensuite émigré à San Francisco, le temps de vivre le flower power et l'aventure psychédélique. Un second succès, "Mendocino", l'y attendait! Sa musique personnelle, c'était un savoureux cocktail de rock, de country, de blues et de tex-mex. Au début des 70’s, il revient à Austin, au Texas, pour y animer la scène locale. Il aligne alors toute une série d’elpees, dont "Groover's paradise", en 74. A la fin des 80s, il monte un supergroupe texan : les Texas Tornados. Il y entraîne dans l’aventure Freddy Fender (steel guitare), Augie Myers (son organiste du Sir Douglas Quintet) et l'accordéoniste Flaco Jimenez, le roi de la conjunto music. Ensemble, ils commettent sept albums. Il comptait de nombreux amis qui ne l'ont pas oublié. Ce qui explique ce vibrant hommage rendu à travers cet opus.

La plaque s’ouvre par une solide version de son plus grand hit "She's about a mover" par Little Willie, un chanteur soul issu de Los Angeles, passé à la cause de Jesus Christ. Les accords sont plaqués sans grande délicatesse. Ils sont même découpés au rasoir. Faut dire que le gratteur de service n’est autre que maître Ry Cooder! Los Lobos prend le relais sur " It Didn't Even Bring Me Down ". Cesar Rosas chante devant le saxophone tonique de Steve Berlin. Rocker issu d'Austin, Alejandro Escovido (ex-Rank & File/True Believers) exécute une version percutante de "Too little too late". Les guitares sont à l'unisson et le violon très rythmique (NDR : Alejandro compte neuf albums personnels à son actif et vient d'être nommé ‘Musicien de l'année’ à Austin). Greg Dulli, le leader d’Afghan Whigs, maintient la haute qualité d'ensemble en adaptant le très country "You was for real". Il partage les vocaux avec Miss Amy Farris qui double au violon. Ex-Blasters, Dave Alvin accorde une version country/rockabilly de "Dynamite". La conjunto est une musique originaire du Nord du Mexique. Elle est très populaire chez les hispaniques américains. Flanqué de ses West Side Horns, Flaco Jimenez (NDR : un maître du genre) nous en illustre un bel exemple sur "Ta bueno compadre". Flaco est à l'accordéon, Mike Guerro au bajo sexto, Shawn Sahm (le fils aîné de Doug) à la guitare et Shandon (le fils cadet) à la batterie. Cette musique est vraiment idéale pour mettre de bonne humeur. Dans le registre americana roots, les artistes se bousculent. Pedal steel et violon dominent la cover très rocker de "Texas me". Delbert McClinton en est le responsable. Les cordes de Loyd Maines, l’accordéon, le violon et la mandoline balaient "I'm not that Kat anymore", une version signée Terry Allen. Les Gourds se réservent "Nuevo Laredo". La silhouette élancée de Miss Marcia Ball se profile derrière Freda & the Firedogs, pour y chanter "Be real", une compo caractérisée par la présence d’une inévitable pedal steel. Le blues a également voix au chapitre. Le notoire Jimmie Vaughan chante divinement "Why, why, why". Il est epaulé par le regretté Derek O'Brien à la guitare rythmique ainsi que Georges Rains et Greg Piccolo. Charlie Sexton et ses Mystic Knights of the Sea adoptent un profil nettement plus hard et carré sur "You're doin' it too hard". Le riff rappelle furieusement le "You really got me" des Kinks, alors que les drums sont assurés par Mike Buck, un autre ex-drummer des T-Birds. Chers à Doug, les Texas Tornados cassent la baraque dans leur version d’"Adios Mexico". Joe ‘King’ Carrasco mène la danse alors qu’Augie Meyers siège derrière l’orgue Vox et que Shawn Sahm s’investit aux cordes. Ce dernier achève ce ‘tribute’ en interprétant l'autre hit de son père, "Mendocino" ; un morceau au cours duquel il se réserve tous les instruments.

mercredi, 10 juin 2009 00:35

White Sugar

Joanne est née en Angleterre. En 1985. Elle est donc encore très jeune et plutôt mignonne. Visage bien dessiné, corps svelte, sa longue crinière blonde retombe sur ses épaules… Elle a été découverte par Dave Stewart (Eurythmics) alors qu’elle n’avait que 16 ans. Il en était tombé tellement sous le charme qu’il l’avait engagée pour son band, D.U.P. Quelques temps plus tard, c’est au tour de Thomas Ruf de subir le même enchantement. Il signe Miss Taylor sur son label Ruf. Faut dire qu’il n’en était pas à son coup d’essai, puisqu’il avait déjà recruté d’autres chanteuses comme Dani Wilde, Erja Lyytinen ou Roxanne Potvin. Il croit tellement à sa nouvelle protégée qu’il l’envoie dans le Tennessee, au sein des studios de Jim Gaines, pour enregistrer. Ce dernier lui a réservé une section rythmique de luxe ; en l’occurrence David Smith et Steve Potts (ex-Luther Allison et Joni Lang). La gamine de Birmingham chante, compose et joue de sa Fender Telecaster. Elle adore se produire en trio ; une formule qui lui permet de tirer son épingle du jeu. Et puis d’étaler toutes les références de ses idoles, qui oscillent de Stevie Ray Vaughan à Jimi Hendrix, en passant par les Paladins et Albert Collins!

Elle ouvre l’elpee par "Going home". Un Delta blues amplifié dont les bonnes vibrations produites par sa Fender nous mettent déjà l’eau à la bouche. Sa version du "Bones" des Hoax est limpide ; un texas shuffle au cours duquel elle puise son inspiration chez le regretté guitariste d'Austin, Stevie Ray. Elle n’invente rien, mais joue plutôt bien, Joanne. Long blues lent, "Time has come" évolue dans un registre semblable. Plus rockin’ blues, "Who do you want me to be?" permet à la guitare de s’élever dans des sphères rock typiquement britanniques. Miss Taylor a composé l’essentiel du tracklisting. Et notamment le titre maître. Un instrumental. Elle y étale toute ses aptitudes aux six cordes, en gardant l’esprit les références à ses mythes de la guitare. "Kiss the ground goodbye" campe une ballade atmosphérique ‘jimihendrixienne’. Cependant, elle apporte une touche bien personnelle à la compo en conjuguant délicatesse et élégance. Blues rocker dynamique, "Watch 'em burn" adopte un profil proche de Hoax (NDR : des compatriotes !). Néanmoins, sous une forme moins hard, même si elle laisse vagabonder ses cordes avec un certain bonheur. "Blackest day" achève l’elpee. C’est aussi le morceau le plus long de l’elpee. Tendresse, quiétude, présence et sensibilité guident cette plage exécutée une dernière fois dans l’esprit du "Tin Pan alley" de Stevie Ray et Double Trouble...

 

mercredi, 10 juin 2009 00:20

Together through life

Le vieux Bob vient de fêter son 68ème anniversaire. Et en profite pour en sortir son 33ème album! Dans un style qu’il avait affiché lors de la sortie de "Love and theft", en 2001, et puis de son dernier opus studio, "Modern times", un disque paru en 2006 qui s’était particulièrement bien vendu tant aux States que dans le reste du monde.

« Together through life » baigne parfois dans un climat très 50’s. Pensez au mythique catalogue du label Chess. A l’instar du morceau d’ouverture "Beyond here lies nothin'". Otis Rush n’est pas loin, même si ce mambo évolue sur un tempo nonchalant ; une nonchalance qui enveloppe la plupart des compos de l’opus. Encore timides, les accès de trompette concédés par Donny Herron communiquent un petit parfum exotique à la plage. On distingue la présence d’un accordéon entre les mailles sonores tendues par l’orgue de Bob : c’est celui de David Hidalgo des Los Lobos. Les drums de Georges Recile sont très présents et percutants alors que Mike Campbell (NDR : en règle générale, il est préposé à la guitare, pour les Heartbreakers de Tom Petty) brille aux cordes. Ballade languissante et mélancolique, "Life is hard" est bercée par des accords de mandoline. "My wife 's hometown" marque un retour au blues pur et dur de Chicago. Une version très personnelle du "I just want to make love to you" de Willie Dixon. Sa fondation est d’ailleurs remerciée à juste titre dans les notes du booklet. Un morceau au cours duquel l'accordéon est bien à l'avant-plan. Dylan prend plaisir à puiser dans les racines. Et l’allègre "If you even go to Houston" en est une nouvelle illustration. Empruntant un thème rock'n'roll cher à Chuck Berry, cette chanson nous entraîne sur les routes américaines. Le tempo est indolent. Une superbe compo au cours de laquelle les accords de la pedal steel dispensés par Herron sont très distincts. "Forgetful heart" est incontestablement l’extrait le plus majestueux et le plus réussi de la plaque. Une ballade dylanesque dont la ligne mélodique imparable est soutenue par une orchestration raffinée. Tous les instruments s'emboîtent à la perfection. "Jolene" marque le retour au blues/rock. Bien enlevé, le rythme traduit l’enthousiasme des musicos. Les cordes de Campbell et d'Hidalgo se conjuguent et se décident à rocker et roller. Autre ballade, mais aux accents très mexicains, "This dream of you", met en exergue accordéon, violon gémissant et pedal steel. Beau à pleurer! Blues électrique puissant, "Shake shake Mama" s’écoule de Memphis à la Nouvelle-Orléans, tel le Mississippi, en suivant les méandres de son lit. "I feel a change comin' on" campe une autre ballade ‘dylanesque’. L’œuvre s’achève par "It's all good", un boogie au cours duquel les instrumentistes enchaînent joyeusement leurs interventions. Et pour que votre info soit complète, sachez que l’excellente production a été assurée par Jack Frost. 

 

mardi, 02 juin 2009 03:00

III

Ignatz est une souris qui se défoulait en lançant des briques à la tête des félins en furie, dans une bande dessinée intitulée ‘Krazy Kat’ ; une B.D. imaginée et dessinée par Georges Herriman. C’était en 1911. Ce petit rongeur a inspiré le patronyme d’un groupe belge. Enfin plutôt le projet d’un musicien belge : Bram Devens. Un artiste et graphiste flamand établi à Schaerbeeck. Sa musique trempe dans un folk blues aussi psychédélique que futuriste. Ce qui lui permet d’exhumer les fantômes de Bukka White, Sleepy John Estes et Robert Pete Williams, dans la peau d'un Lou Reed adolescent. Et après avoir écouté cet elpee, on se rend compte que les icônes du blues rural d'avant-guerre susvisées, étaient déjà revêtues d'une écorce contemporaine. Face à cette musique tourmentée, minimaliste, froide, brute et nue, on en reste sans voix.

Ignatz a commis son premier opus en 2005. Intitulé "II", le second est paru en 2007. Et ce « III », l’an dernier. Le personnage est également responsable de toute une série de cassettes et de CD-R. Baptisée "A canine and a kitten in the car", sa dernière est parue il y a peu. L'artiste s'est manifestement forgé un nom dans l'univers de l’underground contemporain. Il s’est produit un peu partout en Europe mais aussi au Japon et aux Etats-Unis. Et s'apprête à conquérir le Canada.

Le monde d'Ignatz est très personnel. Intravorti dans son esprit ou son moi intérieur. Les sons produits interpellent. Mystérieux, ils peuvent même déranger. Ce self made man chante, tape, mixe, compose, produit et joue de la guitare. Qui serait donc capable de le suivre sur ce chemin tortueux? Il puise l'essence de sa musique dans le folk blues des années 30 ; celui de ces hommes orchestres itinérants qui allaient à la rencontre de leur public. Comme eux, il chante le plus souvent d'une voix monocorde ; étalant toute sa sensibilité, sans excès de sentimentalisme. Un art plutôt complexe, il faut le reconnaître. Il s'accompagne à la guitare. Largement amplifiée, maîtrisée, elle invite en permanence au voyage.

Dès les premières notes de "The water", sa six cordes tente désespérément de se frayer un chemin. Afin de remonter à la surface. Son timbre vocal semble être celui d’un homme qui souffre ou qui ne se fait guère d'illusions. Son chant guide ses doigts qui caressent inexorablement ses cordes. "Two nights and a day" est un long trip opéré dans les sphères psychédéliques. Les notes se meuvent dans une lenteur excessive. Le chant est désespéré. Il réverbère même quelque écho lugubre. Le périple est aussi délirant que spontané, provoquant même des sentiments mêlés de trouble et de mélancolie. "Gazing at the fire" revient au blues originel, percussif et rageur, glissant progressivement vers un futur envahi de bruitages dérangés. Et oui, la musique est une boucle sans fin, aux inspirations sans cesse repoussées dans le passé. Ignatz est dans son univers et il y veut y rester. "Eager eyed" et "Gone" sombrent dans le délire et le tourment. "The trail" est un chemin sidéral tracé par un orgue désuet et des cordes tintinnabulantes. Il avance tel un cortège funéraire au son du glas… et revient même de nulle part sur "They came and went". Cet elpee est difficile d’accès. Expérimental, impitoyable, il risque fort de heurter les mélomanes non initiés. Une chose est sûre, il ne laisse pas indifférent.

 

mardi, 02 juin 2009 03:00

Legacy : Volume One (2Cd + Dvd)

Chanteur/guitariste particulièrement doué, Jeffrey Healey est décédé en 2008, à l’aube de ses 42 ans. Ce Canadien avait perdu l’usage de la vue, alors qu’il n’avait encore qu’un an. La cause : un cancer de la rétine. Il jouait de la six codes dans une position insolite. Assis. Son instrument sa guitare en position horizontale, sur les genoux. Il s’était associé au bassiste Joe Rockman en 1985, puis avait élargi le projet à un duo, en engageant le drummer Tom Stephen. Il avait tourné dans le film "Road House", comme acteur, mais surtout musicien. Son talent lui permettait de partager sa passion entre le blues et le jazz!

Ses débuts discographiques remontent à 1988. En concoctant l'album "See the light". Après avoir commis "Get me some", en 2000, Jeff décide de se focaliser davantage sur le jazz traditionnel américain. Et les trois opus qui suivent empruntent ce style. Son dernier elpee, "Mess of blues", marquait son retour au blues et au rock. Il est paru à peine quelques jours après sa mort. En 2008. Des suites d'un cancer généralisé. Le label Arbor a pris l’excellente initiative de lui rendre hommage en publiant ce coffret réunissant un Dvd et deux Cd. Un elpee se concentre sur les singles de l'artiste. L’autre épingle des inédits immortalisés ‘live’.

Vu son titre, "Legacy : Volume one", on peut espérer une suite à ce box. Or, en consultant le site web de l'artiste, il appert que cette collection ne soit pas autorisée. Et qu’elle aille même à l’encontre de la volonté des héritiers. Et tout particulièrement sa veuve, Christie Healey!

D’une durée d’un peu plus d’une heure, le Dvd est un documentaire partagé entre apparitions de Jeff à la TV, en concert, lors d’interviews, etc. Parmi ces témoignages on notera un spectacle accordé, il y a des lustres, au Grossman's Tavern de Toronto, quelques prestations en public, dont le "Look out little sister" qu’il partage en compagnie de Stevie Ray Vaughan et un "I can't get next to you" des Rolling Stones. Sans oublier les morceaux au cours desquels il est flanqué du jeune guitariste Luke Mullholland. Faut dire que ce gratteur canadien était devenu le protégé de Jeff.

Le premier cd audio est consacré aux singles de l’artiste. Quinze en tout. Et notamment l’inévitable "See the light". La cover du "Confidence man" de John Hiatt. Son plus grand succès : "Angel eyes". Doux et beau à la fois, il émane également de la plume de Hiatt. Son adaptation du "While my guitar gently weeps" des Fab Four. Sous une nouvelle mouture, elle bénéficie du concours de Jeff Lynne (ELO, Travelling Wilburys) et surtout de la participation exceptionnelle du compositeur George Harrisson. Sans oublier le percutant "Full circle", le gospel blues "It could all get blown away", la superbe reprise du "I got a line on you" de Randy California (NDR : un hit signé Spirit, voici… quarante ans), et la tendre ballade issue de la plume d’Hendrix, "Angel".

Le second disque audio identifie des extraits inédits immortalisés en ‘live’ du JHB. Tout d’abord à l'Electric Ladyland de New York. Jeff s’y montre manifestement inspiré par le mythe Hendrix. Que ce soit sur "I think I love you too much", "Confidence man", un "Full circle" plongé dans une véritable orgie d’électricité, un aventureux "Angel eyes" caractérisé par ses cordes saturées d'émotion, son titre fétiche "See the light" et une version déjantée du "While my guitar gently weeps" des Beatles. Lors d’un autre concert accordé à New York, il affiche une sensibilité nettement plus blues. Il y interprète le classique "Further on up the road", son meilleur blues lent "Blue Jean blues", et participe à une version dynamique du classique de Cream, "White room". De sa prestation torontoise, on retiendra sa cover speedée et déjantée du "All along de watchtower" de Bob Dylan, prestation au cours de laquelle il avait reçu le concours du chanteur/compositeur Tom Cochran (NDR : un compatriote !) Enfin lors de son spectacle accordé à l'Hammersmith Odeon de Londres, il s’était fendu d’une finale atmosphérique intitulée "How long can a man be strong". Et elle y est donc incluse. Un bien bel hommage rendu à ce musicien exceptionnel…

 

Fondé en 1958, Remo Four était un beat groupe issu de de Liverpool. Contemporain des Beatles, il était également managé par Brian Epstein. Tony Ashton avait rejoint le band en 1963 pour y assurer la fonction d’organiste. La formation se produit régulièrement au Star Club de Hambourg. Leur unique elpee, "Smile!", a été enregistré sur le label Star Club, en 1967. Au menu : un concentré de beat music éclaboussé par quelques traces de jazz et de rock. L’aventure du Remo Four cesse en 1970. Dans la foulée, Ashton et le batteur Roy Dyke rejoignent le guitariste Kim Gardner (ex-Creation) pour fonder le trio Ashton, Gardner & Dyke. Un combo qui ne rencontrera qu’un succès d'estime, malgré un hit décroché en 1971, "Resurrection shuffle". Tony débarque également en 1973 chez Family et participe à l’enregistrement de leur denier album "It's only a movie". Il fréquente beaucoup les musiciens de Deep Purple. Et participe ainsi à l’aventure d’un autre trio : Paice, Ashton & Lord. Atteint d’un cancer, il est malheureusement décédé le 28 mai 2001, à l’âge de 55 ans. Mais quelques mois plus tôt, ses amis Jon Lord et Pete York (NDR : l’ex-batteur du Spencer Davis Group) avaient eu l'idée généreuse d’organiser un ‘benefit concert’ au sein des studios Abbey Road à Londres. Faut dire qu’Ashton était fort malade depuis quelques années. Et pour la circonstance, de nombreux amis musiciens ont accepté l’invitation. Un même elpee, baptisé "Tony Ashton and Friends", était paru sur Deep Purple Records, en 2006.

Cette étrange soirée est donc reproduite tout au long de ce « Live at Abbey Road ». Un coffret réunissant 2 Cd et un Dvd. Et ce Dvd reproduit en image le contenu des deux compact-discs. Le chanteur/organiste Eddie Hardin et le batteur Pete York montent les premiers sur les planches. Avant de fonder leur duo, ils avaient milité chez le Spencer Davis Group. Un épisode qui commence à dater… Ils interprètent quatre plages qui baignent au sein d’une ambiance très r&b et rock'n'roll. Eddie chante "Let's have a party" devant les cordes de Geoff Whitehorn (NDR : retenez votre souffle : ex-Back Street Crawler, Bad Company, Shortlist, Procol Harum). Légende vivante du jazz traditionnel anglais, Chris Barber apporte son concours au trombone. Pete assure les vocaux d’"It's all over now". Il est soutenu par l'inénarrable Zoot Money aux claviers ; mais ce dernier n’y tient plus et chante "Never make your move too soon" ainsi que "It never rains but it pours". Une bonne entrée en matière. Johnnie Johnson est un guitariste anglais (NDR : ne pas confondre avec le pianiste noir de Chuck Berry). Il vient faire son numéro de rockabilly tout au long de "Be-bop beauty". La silhouette de l'extraordinaire bassiste des Who, John Entwistle (NDR : il est décédé en juin 2002), se faufile pour rejoindre le drummer Zak Starkey (NDR : le fils de Ringo Starr), le claviériste Rabbit Bundrik (NDR : il a milité chez Free, Back Street Crawler et dans un passé plus proche, le Who) et le jeune chanteur/guitariste Gary Nuttall (NDR : c’est également le gratteur de Robbie Williams). Imprimé sur un tempo rapide, leur cocktail de rock'n'roll et de blues est excellent. La vedette d'un jour fait son apparition. Timidement. Il semble être étonné d’être ainsi mis sous les feux de la rampe. Il semble souffrir d’insuffisance respiratoire. Manifestement sa santé n’est pas au mieux. Bien assis derrière l'orgue Hammond, Tony Ashton chante le blues lent "One room country shack", avant d'aborder l'instrumental "Mercy mercy". Ses interventions sont impeccables, mais il semble perturbé. L'émotion, probablement. Pour le dernier blues lent "No money down", Laurie Wisefield (NDR : ex- Wishbone Ash) excelle aux cordes. Place ensuite à The Company of Snakes. En fait une variante de Whitesnake. C’est à dire l’organiste Jon Lord, le drummer Ian Paice, les guitaristes Mick Moody et Bernie Marsden ainsi que le bassiste Neil Murray ; le chanteur Robert Hart reprenant le rôle de David Coverdale. Toute cette équipe se réserve six plages qui trempent manifestement dans le hard rock teinté de blues. En fin concert, on assiste à la reformation du trio Paice, Ashton and Lord. Il se fend d’une reprise du fameux "Resurrection shuffle". Ashton semble bouleversé. Il devait malheureusement nous quitter quelques mois plus tard.

mardi, 02 juin 2009 03:00

Sweet home Alabama (Dvd)

La genèse de Lynyrd Skynyrd remonte à 1964. Elle commence du côté de Jacksonville, en Floride. Ronnie Van Zant, Gary Rossington et Allen Collins en sont les concepteurs. Le choix de leur patronyme est emprunté au nom de leur professeur de gym du collège, Leonard Skinner. La formation arpente les états du Sud ; mais il faut attendre 1973 pour qu’elle soit découverte par le déjà notoire Al Kooper. Il leur permet de signer chez MCA et d’enregistrer toute une série de maquettes. Ce qui leur permettra de concocter l'elpee "Pronounced Leh-nerd skin-nerd", un premier opus recelant déjà les futurs classiques "Simple man" et l’incontournable "Free bird". Le second long playing, "Second helping", recèle "Sweet home Alabama", un morceau qui deviendra le symbole de leur engagement, et puis "Workin' for MCA". Enregistré sous la forme d’un clin d’œil adressé à leur label, ce titre ouvre alors tous leurs concerts. A partir de "Nuthin' fancy" et "Gimme back my bullets", leurs compos introduisent alors et de manière permanente un trio de choristes féminines. L'originalité du combo procédait principalement de la présence de trois guitaristes. Des solistes ! Qui se relaient ou rivalisent à l'avant-plan, multipliant les duels de cordes. En 1976, paraît "One more from the road", un double elpee ‘live’. Le band est alors au sommet de son art. Et ponctue ce début de gloire par la sortie de l’album "Street survivors", début octobre 1976. Malheureusement, le 20 du même mois, leur avion privé se crashe au milieu des swamps de Gillsburg, dans le Mississippi. Le chanteur Ronnie Van Zant, le guitariste Steve Gaines et sa sœur choriste Cassie y perdent la vie. Les autres sont meurtris. Il faudra attendre dix ans avant de voir la reformation du groupe sudiste. Et c’est le jeune frère de Ronnie, Johnny Van Zant, qui reprend le rôle de vocaliste.

Les émissions de la TV allemande ‘RockPalast’ appartiennent à l'histoire de la musique rock. Leurs débuts étaient baptisés ‘Rockpalast nights’. Deux fois par an, elles diffusaient l’intégralité des concerts accordés par trois artistes différents. En 1981, un festival vient s’ajouter à la grille des programmes. Organisé en plein air, il se déroule au bord du Rhin dans un amphithéâtre : ‘The Lorelei’. Lynyrd Skynyrd s’y produit en 1996. Johnny Van Zant est devenu la nouvelle figure de proue. Du line up initial, il ne reste que trois membres : le guitariste Gary Rossington, le claviériste Billy Powell et le bassiste Leon Wilkinson. La formation emblématique de southern rock a conservé le front de trois solistes. Ed King et Allen Collins ont été remplacés par Hughie Thomasson ainsi que le flamboyant et longiligne Rick Medlocke (NDR : ce dernier avait été le leader d’une autre formation sudiste notoire : Blackfoot). Enfin, deux choristes soutiennent les vocaux. Devenu plus hard, voire métallique, Lynyrd Skynyrd restitue quatorze chansons dont les grands classiques, en fin de parcours. Et notamment le lent et majestueux "Simple man," "Sweet home Alabama et la longue fresque "Free Bird". Ce sont également les meilleurs moments du concert. Mais l’intérêt majeur de ce Dvd procède de la présence d’un set accordé par le groupe avant l’accident. Il date du 5 octobre 1975. Ce témoignage avait été immortalisé par l’équipe du Rockpalast au Musikhalle de Hambourg. Y figurent trois plages d'intérêt historique : "Workin' for MCA", "Free bird" et l’inévitable "Sweet home Alabama". Les musiciens de LS étalent alors la fraîcheur, la fougue et le dynamisme de leur jeunesse. Ils sont très complices. Notamment les gratteurs Gary Rossington, Allen Collins et Ed King (NDR : il avait quitté le band avant l'accident fatal). Bref, la prestation est extraordinaire.

Lynyrd Skynyrd est pourtant un groupe maudit. Il faut croire que le sort continue à s’acharner sur les musiciens. Depuis leur passage au ‘Lorelei’, le bassiste Leon Willkeson a été retrouvé sans vie dans sa chambre d'hôtel. En 2001. Le guitariste Hughie Thomassonet et l'organiste Billy Powell ont tout deux succombé à une crise cardiaque. Le premier en septembre 2007 ; le second en janvier dernier. Atteint d’un cancer, le nouveau bassiste, Ean Evans, s’est éteint ce 6 mai. Mais ‘the show must go on’! Lynyrd Skynyrd a signé un contrat chez Roadrunner, et devrait sortir un nouvel opus en septembre 2009. Il s’intitulera "God & guns". Ne vous inquiétez pas si on ne vous en parle pas davantage, ce label n’accorde aucune importance à la presse francophone et encore moins aux websites… 

 

mardi, 02 juin 2009 03:00

Tennessee pusher

Old Crow Medicine Show pratique un style qui répond au qualificatif d’americana. Un style qui puise ses sources profondément dans la tradition yankee ; même si discrètement, il affiche une attitude rock’n’roll. Il y a une dizaine d'année, le quintet a quitté New York pour se fixer à Nashville, dans le Tennessee. Et dès leur arrivée, les musiciens commencent à fréquenter les lieux sacrés de la musique country.

Edité en 2004, leur premier elpee est éponyme. Intitulé "Big iron world", le second paraît en 2006. « Tennessee pusher » constitue donc leur troisième. Il a été mis en forme par Don Was  (Rolling Stones, Bob Dylan, Bonnie Raitt,…) Et son travail de production est franchement impressionnant. Les Crows me paraissent encore bien jeunes. Leur énergie débordante invite parfois à se secouer sur la piste de danse. A l’instar de l’ouverture tonique "Alabama High test". Un morceau presque rock'n'roll, au cours duquel la slide s’insinue et le violon détonne. Ou encore de l’allègre "Humdinger". Le groupe jouit s’un solide potentiel d’écriture. Il me rappelle même Bob Dylan, à ses débuts, lorsqu’il était soutenu par le Band. 

Harmonica aux tonalités aigues et orgue colorent judicieusement "Highway halo". "Lit him up" baigne au sein d’un climat troublant. Ketch Secor et Willie Watson se partagent les lead vocaux ainsi que les guitares acoustiques, l'harmonica et le violon. Une des voix est plus frêle, mais elle est saturée d'émotion. Longue fresque sonore, "The greatest hustler of all" me rappelle les plus jolies ballades des Rolling Stones. Celles composées à l’époque de "Sticky fingers" voire d’"Exile on main street'". Au cours desquelles banjo, harmo et slide guitare faisaient bon ménage. Un profil qu’on retrouve sur "Crazy eyes". L’elpee recèle quelques compos personnelles. Qui possèdent un potentiel commercial indéniable. A l’instar su superbe "Methamphetamine". Si le courant principal de leur musique traverse le plus souvent la country de Nashville, le honky tonk et le bluegrass ont également leur place. Banjo et violons balaient ainsi "Next go round" alors "That evening sun" bénéficie des interventions limpides de Gill Landry à la slide, et à nouveau d’une envolée d’archets. L’Old Crow Medicine Show emprunte également et régulièrement la route de Memphis, pour y puiser à d’autres sources plus proches du blues et du rock. "Motel in Memphis", le country/blues énergique "Mary's kitchen" et le titre maître en sont les plus parfaits exemples. Ce superbe album s’achève par "Caroline", une compo aux accents dylanesques particulièrement prononcés…

 

mardi, 02 juin 2009 03:00

Turbulence

The Seatsniffers est un groupe de roots rock. Belge, de surcroit. Et surtout excellent. Leur mélange de r&b et de rockabilly est percutant et énergique. Le guitariste Walter Broes et le saxophoniste Roel Jacobs mènent la barque. Ils sont soutenus par une section rythmique en béton assurée par les frangins De Houwer : le drummer Piet et le bassiste Dierk ‘Bop’. Paru en 1997 sur le label belge Rowyna (NDR : où es-tu Jeroen?), leur premier elpee était éponyme. Au sein de la discographie des Sniffers, on inventorie de nombreux singles et même un vinyle d’un diamètre de 25cm intitulé "R&R covers". Depuis 2003, ils sont passés chez Sonic RendezVous, une écurie pour laquelle ils ont gravé le ‘live’ "Flavor Saver", l’elpee studio "Let's burn down the Cornfield full" et réédité leurs trois premiers opus.

Attachez bien vos ceintures, "Turbulence" nous invite pour un nouveau voyage au cœur des années 50. Walter Broes signe la majorité des titres. Il se charge, en outre, du mixing et de la production. La machine s'envole dès les premiers accords de "Git'r done". Walter chante, talonné de près par le souffle de Roel. "She's mine" est sculpté dans le rock'n'roll le plus pur. Il aurait même pu alimenter un jukebox de la fin des fifties. "Bangkok" est une compo signée Alex Chilton (NDR : dans une autre vie, il a drivé les Box Tops, avant de militer chez Big Star). Ce r&b sauvage est alimenté par des bruitages insolites. Une technique plutôt inhabituelle chez nos amis anversois. Blues rocker bien rythmé, "I'd wait all over" déborde d’enthousiasme. Les solistes en profitent pour se mettre en évidence, tout en prenant soin de ne pas trop s’écarter d’une ligne de conduite parfaitement tracée. "Woman is her name" marque un retour au rockabilly. La section rythmique est bien mise en évidence. La basse acoustique de Bop est très alerte. Bernd Batke est de nationalité allemande. Il a été invité à partager un duo au chant en compagnie de Walter. Pour "Boat", un morceau qui emprunte le rythme du twist. Bernd sévit également au sein d’une formation country : le Smokestack Lightnin'. Il partage avec Peter Hoppe un projet répondant au patronyme de Slackwax. Ce duo est notamment responsable d’un drôle de mélange entre blues, country et électronique. Et a commis une version originale du "On the road again" de Canned Heat! Mr Broes prend la liberté de pincer ses cordes à la manière du maître, Albert Collins. "(You need a) Checkup from the neck up" nous invite à suivre les traces du pub rock. Celui du Dr Feelgood originel. Broes y joue même le rôle de Wilko Johnson. Pas de saxophone pour la cover du "Dark in my heart" de Lee Hazlewood. Un titre plus pop/rock. L'étau rythmique ne desserre jamais l’étreinte. Un regret ? La brièveté des morceaux. Bien sûr, ils sont efficaces ; mais cette « Turbulence » nous laisse un peu sur notre faim. Faut dire que si elle est dédiée à la mémoire de James Brown, Link Wray et Ike Turner, elle ne dure que moins de 30'...