New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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mardi, 29 septembre 2009 21:01

Time stands still

Le nom ne doit sans doute pas vous dire grand-chose. Et pourtant, cet auteur/compositeur vient de commettre son onzième opus. Près de quarante années que ce troubadour roule sa bosse sur les chemins du blues. Son tout premier elpee, "I'm a stranger too", date d’ailleurs de 1970. Pour son nouvel opus, il a reçu le concours de son ami guitariste David Goodrich et du batteur Zak Trojano.

Les trois premières plages du cd sont manifestement les meilleures. Et tout d’abord celle qui ouvre le disque "Don't call me stranger". Un morceau qui baigne au sein d’une ambiance relaxante. La voix paresseuse de Chris ainsi que la conjugaison des cordes acoustiques et électriques font immanquablement penser à JJ Cale au sommet de son art. Excellent ! Goodrich se révèle un gratteur très inspiré. La plage éponyme est une bien jolie composition dont les accents folk sont entretenus par deux guitares acoustiques aux tonalités différentes. Intimiste, la voix de Smither semble susurrer à notre oreille. Imprimé sur un tempo soutenu, "Surprise, surprise" est plus nerveux. La voix demeure sereine. Jamais d’ailleurs elle n’éclate. Par contre, les cordes acoustiques sont particulièrement volubiles. "I don't know" véhicule des accents subtilement latins voire même centrafricains dans les sonorités des cordes électriques, émargeant finalement à une sorte de world pétillante. Chris se libère quelque peu sur "I told you so", une plage pleine de verve dirigée par les cordes amplifiées de Dave. Le reste de l’elpee est beaucoup plus folk, intimiste. On a l’impression que l’artiste est juste à côté de nous. Ses cordes sont légères. Et souvent très élégantes. A l’instar d’"Old man down". Ou lors de ses reprises. Des covers que semble vivre Mr Smither. Celle du "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry" de Bob Dylan en est une belle illustration ; comme le "Madame Geneva's" de Mark Knopfler, une jolie complainte celtique que Chris nous restitue à la manière sombre de Leonard Cohen. On épinglera encore une adaptation du folk blues traditionnel, le "Miner's blues" de Frank Hutchinson. Bref, cet album devrait ravir les amateurs de blues primitif…

 

mardi, 08 septembre 2009 03:00

The Riot Act

Pendant plus de dix ans, Perry Weber a épaulé le talentueux harmoniciste Jim Liban. A Milwaukee, dans le Wisconsin. Mais depuis 2007, Perry a monté son propre groupe, les Devilles. Toujours dans le même patelin. Il a recruté d'anciens musiciens de Liban ; en l’occurrence le bassiste Tony Menzer, le drummer Victor Span et l'harmoniciste Benny Rickun. Et le redoutable pianiste Barrelhouse Chuck a décidé de rejoindre officiellement le line up de la formation, tout prochainement. Leur premier album, "Savage beauty", est paru en avril 2007, « The Riot Act » constituant, inévitablement, leur second elpee.

Les Devilles démarrent sur les chapeaux de roues par "Got my room". Une belle rampe de lancement au cours de laquelle ils adoptent une attitude proche d'un thème musical de John Lee Hooker. Instrumental, ce titre est profilé sur un motif de cordes imaginé par Perry. L'harmonica de Rickun est omniprésent alors que Barrelhouse Chuck est insatiable derrière son piano. Rickun tire une nouvelle fois son épingle du jeu sur "The riot act". Jimmy Voegeli, invité pour la circonstance, se réserve l'orgue Hammond sur cette plage largement inspirée par le Memphis Blues d'Albert King. Signé Johnny Guitar Watson, "Hot little mama" est dispensé dans un style bien proche de  BB King. La compétence de Weber à la gratte est incontestable. Et il ne cherche jamais à en rajouter une couche. Benny Rickun est très convainquant sur "Bernie's bounce". Il dirige même la manœuvre tout au long de cet instrumental fort agréable à écouter. Weber apprécie beaucoup Johnny Guitar Watson. Il reprend son notoire "Cuttin' in" (NDR : adapté en « Excuse-moi partenaire », par Halyday, il y a 46 ans). Soutenu par un orgue Hammond, Perry chante dans un style très fifties. La cover du "Don't take advantage" (NDR : popularisé par Johnny Winter sur son album "Guitar slinger") est bien ficelée. Discrètement funky, elle est caractérisée par une attaque de Rickun (passé à la guitare) aux cordes, toute en retenue, parcimonieuse, face à l'orgue de Voegeli (NDR : également issu de Milwaukee, ce musicien a longtemps milité au sein du Westside Andy/Mel Ford Band). "My cake " permet à Barrelhouse Chuck d’étaler toute sa classe sur le piano électrique Wurlitzer. Perry disserte sur sa râpe à la manière de Freddie King. "Big Jim" emprunte le tempo cher à Jimmy Reed. La guitare évolue dans un registre proche d'Eddie Taylor, pendant que l’harmonica se libère. Chuck se déchaîne aux ivoires sur "The boy", un excellent blues imprimé sur un tempo élevé. Dernier instrumental, le "Slam hammer" de Johnny Young nous réserve un bon envol à l’harmo, soutenu par l’orgue Farfisa de Chuck. L’opus recèle un bonus track : "10 long years". Décontracté, Perry est aux vocaux et ne bénéficie que du seul Chuck au piano boogie. Pas d’ambition démesurée pour cet elpee, mais un disque néanmoins de bonne facture… 

 

mardi, 08 septembre 2009 03:00

Live at the Waterfront

Chanteur/harmoniciste, Bob Maglinte vit à Boston. Atteint d’une grave affection hépatique, il a subi une transplantation d'organe, il y a peu ; et apparemment cette opération a entièrement réussi, puisqu’il semble avoir retrouvé un dynamisme nouveau. Ce jeune vétéran a joué en compagnie de bluesmen aussi notoires que Jimmy Rogers, Sunnyland Slim, Luther ‘Guitar Junior’ Johnson ou encore Louisiana Red. Dans le passé, il a milité dans plusieurs groupes locaux comme le Bobby Watson Band, Blues Express et Two Bones & A Pick. Comme souffleur, il reconnaît pour influences majeures des mythes tels que Little Walter, Sonny Boy Williamson, James Cotton et Walter Horton. C’est également l'ami de Jerry Portnoy, un concitoyen impliqué naguère au sein du Muddy Waters Band. Boston est également célèbre pour ses harmonicistes. Une réputation assise par des souffleurs comme Jerry, Magic Dick, Annie Raines, Sugar Ray Norcia et… Bob. Qui se produit sur les planches depuis 1973 et drive depuis longtemps sa propre formation : les Rythm Aces. En 1992, il avait décroché le Boston Blues Challenge.

Cet elpee a été enregistré ‘live’, en 1995. Au festival Waterfront de Providence, à Rhode Island. Il vient seulement de sortir. Bob est soutenu par un trio de musiciens dont l'excellent (et alors prometteur) Troy Goynea (futur Fabulous Thunderbirds) à la guitare, Gary Burgin à la contrebasse et Dan Bunge à la batterie.

Dès le morceau d’ouverture, "Chrono jump", Maglinte se révèle impressionnant sur l'instrument chromatique. Il me rappelle même le regretté William Clarke, au sommet de son art. Son jeu est à la fois fin, délicat, incisif et puissant. La prise de son est impeccable. Bob chante "Honey". Son timbre me rappelle le grand Kim Wilson. Un compliment, vous vous en doutez. L’équipe est homogène. Le jeune Gonyea y étale tout son talent. Et on se rend compte qu’il a bien assimilé le style des grands de la West Coast. Entièrement conquis, Maglinte le suit pour rejoindre les sommets. Et un pic est d'ailleurs atteint lors du "Same old blues" de Little Milton, une compo dont le traitement énergique est accentué par un tempo soutenu, réminiscent du Chicago westside sound de Magic Sam. Troy s’y révèle impérial. Son intervention est remarquable. Et c’est dans ce style qu’il va briller, quelques années plus tard, au sein des Fabulous Thunderbirds. Le set embraie par "Walk with my baby" sur un rythme très New Orleans, subtilement exotique, contaminé par la rumba. A cet instant du show, les musiciens sont chauds comme la braise. Leur version accélérée du "Goin' down slow" de St Louis Jimmy Oden décoiffe littéralement. Habituellement traitée sous la forme d’un blues lent, cette compo génère un swing omniprésent ; en outre, la lutte fraternelle livrée entre Troy et Bob est sidérante. Lorsque Maglinte a composé "Tramp groovin", il était hanté par le classique "Tramp". Il le mijote à sa sauce. Son intervention est inspirée de Georges ‘Harmonica’ Smith mais aussi du saxophoniste Junior Walker. Troy sature l’ensemble de groove ; un groove dispensé dans l’esprit de Magic Sam Maghett. Signé Sonny Boy Williamson II, "Sad to be alone" est un slow blues au cours duquel Bob souffle dans les aigus à la manière de son maître. Les Rhythm Aces embraient par "Love you baby" et "Loner". Cette dernière plage déménage littéralement. Et pour cause, pendant que la rythmique adopte un profil familier à Jimmy Reed, Troy se met dans la peau d'Eddie Taylor! Lors de la cover du "Beautician blues" de Roy Brown, c’est Gonyea qui cherche à réincarner Johnny Guitar Watson. Le titre final est particulièrement long. Intitulé "Shufflin", il s’étale sur près de 12', un morceau au cours duquel Bob nous réserve un long exploit instrumental sur sa musique à bouche, une performance susceptible de rappeler celle de son concitoyen Magic Dick, du J Geils Band, dans son "Whammer Jammer". Un excellent concert, impeccablement restitué sur ce cd…

 

mardi, 08 septembre 2009 03:00

Hard travelin'

Le RTB est une formation établie à Boston, dans le Massachussetts. Sa naissance remonte à 1995. Deux ans plus tard, elle remportait le ‘Battle of the Bands’ dans son propre fief. Le groupe se produit régulièrement dans le nord-est des States, concédant plus de 150 apparitions par an. Racky Thomas en est le leader. Chanteur/harmoniciste, il lui arrive de glisser à la steel guitare. Né en 1969 dans le New Hampshire, il a émigré à Boston, en 87. Pour compléter le line up, Nick Adams se consacre à la guitare, Todd Carson à la basse et Michael Avery à la batterie. Si habituellement, Jeremy Berlin (NDR : également impliqué chez Johnny Hoy & the Bluefish) se réserve le piano, pour cet elpee, c’est le talentueux Matt McCabe qui est préposé aux ivoires. De son côté, McCabe a longtemps rempli ce rôle chez le Roomful of Blues ; en outre, il a tourné en compagnie d’Anson Funderburgh & the Rockets, de Duke Robillard et de Sugar Ray Norcia. Le groupe comptait déjà trois elpees à son actif : "Last of the big spenders" en 98, "Troubled all the time" (NDR : auquel le guitariste Troy Gonyea avait participé) en 2000 ainsi que "Live at the Yardrock", enregistré à Quincy en 2001 et paru l’année suivante.

L’opus s’ouvre par "Ain't gonna do it". Nick pose les premiers accords. Le tempo est bien enlevé. Les cuivres sont à la fête et en particulier ceux des frères Aruda ; c'est-à-dire Scott à la trompette et John au saxophone ténor. Pourtant, c’est Matt qui se réserve un envol remarqué au piano. La plage affiche une coloration très New-Orleans. Faut dire qu’elle est signée Danny Bartholomew. "Someone to keep me satisfied" est issu de la plume de Racky. Un Chicago shuffle inspiré du blues urbain des années 50. Il souffle dans un registre proche de Sonny Boy Williamson. Pendant que Nick assure comme Jimmy Rogers, McCabe est à nouveau intenable. Ses interventions sont proches d'Otis Spann voire de Sunnyland Slim. Thomas a une très belle voix. Il la met en valeur sur le délicat "If my luck don't change", un morceau au cours duquel le champ libre est laissé au sax ténor de John. Mais son intervention est aussitôt suivie par de celle de son frère à la trompette. Un bottleneck acoustique colore bien l’ensemble, alors que l'harmonica sort enfin de sa réserve. Excellent! "Break it to me easy" est un tout bon slow blues que prélude les accords d’une six cordes inspirés par le grand BB King. On est plongé au sein d’une délicieuse ambiance fin de soirée. Les cuivres tapissent discrètement l'ensemble. Disciple de Ronnie Earl (NDR : un concitoyen), Nick Adams s’autorise un envol tout en nuances sur sa gratte. Nous sommes alors immergés dans l'ambiance des meilleurs moments de Roomful of Blues. "Dance with your daddy" réactive le rythme. Une invitation à la danse plus proche du style des Fabulous Thunderbirds de Kim Wilson. Ravi, Racky souffle de bonheur dans son harmonica tandis que Nick sculpte son instrument en rythmique, à la manière d'un certain Jimmie Vaughan. "Goin' away baby" opère un changement radical. Un country blues acoustique qui barbote dans le Delta du Mississippi. La palette sonore de cet opus est très ample. Et le "Junker's blues" de Champion Jack Dupree en est une autre illustration. Racky a parfaitement assimilé le style vocal de l'ancien champion de boxe néo-orléanais pendant que McCabe se révèle impérial sur les ivoires. Un duo magique ! Les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans envahissent "She's all right". Avery excelle derrière ses fûts. Retour à Chicago pour une reprise empreinte de douceur du "Louise" de Howlin' Wolf. Racky se force un peu la voix tandis que Nick se prend pour Hubert Sumlin. Instrumental, "Racketeering" est un terreau favorable aux échanges entre les cordes et l'harmonica. Adams est passé à la slide, lors de cover irréprochable du célèbre "Honey bee" de Muddy Waters. Largement cuivré, le titre maître est imprimé sur un tempo vivace, un morceau au cours duquel McCabe en profite pour sortir en boogie woogie. L’album s’achève par le "Ride with your daddy tonight" de Slim Harpo, une excellente cover qui ponctue un elpee très bien ficelé et particulièrement plaisant…

mardi, 01 septembre 2009 03:00

Big boy boogie

Mr Nande est un jeune bluesman danois. Il est à peine âgé de quarante ans, mais affiche déjà une belle carrière musicale. Après avoir écouté Sonny Terry et les deux Sonny Boy Williamson, il prend goût à l’harmonica. Il n’a alors que 16 ans. Il lui faut cependant un certain temps pour monter sa formation, Peter Nande and the Big Difference. A Copenhague, bien sûr. Nous sommes alors en 1998. Eponyme, leur premier elpee paraît en 2002. Le combo commence alors à se faire un nom en Europe. Malheureusement, en 2005, le combo se sépare. Peter veut goûter l'aventure américaine. Il est vrai qu'il a régulièrement participé à des concerts en compagnie d'harmonicistes notoires. Et notamment James Harman, RJ Mischo et Gary Primich. Mais c’est surtout au contact d’Harman que le courant passe. Et en mai 2006, Peter s'embarque pour la Californie, en entraînant son guitariste Ronni Busack-Boysen. James a tout prévu. Il a réservé le studio Oceanside de son ami Nathan James et réunit une jolie brochette de musiciens pour participer aux sessions, parmi lesquels figurent l’élégant pianiste de boogie woogie Carl Sonny Leyland ainsi qu’une excellente section rythmique réunissant le bassiste Buddy Clark et le drummer Hal Smith, notoires dans l’univers du jazz. La star du west coast blues, Junior Watson, est prévue pour épauler l'ensemble. C'est ainsi qu’est né cet opus. Sous-titré "California sessions Vol I", il est sorti en 2006. Enfin, hormis trois plages coécrites en compagnie d’Harman, Nande signe tous les morceaux.

Vaporeux, "Cat be gone" ouvre l’elpee. Un instrumental qui trempe dans le jazz traditionnel. Pas de basse, mais deux guitares aux tonalités contrastées : celle de Ronni et puis de l’invité de circonstance, Nathan James. Peter chante "I need a woman". Son timbre est ferme, mais un tantinet nasillard. La section rythmique libère un maximum de groove. Chicago shuffle, "Mover & shaker" bénéficie du concours des interventions éclatantes de Leyland au piano et de Busack-Boyen aux six cordes, dont le style jump semble parfaitement assimilé. Mr Nande se réserve "She's mad again" en solitaire. Il se concentre sur sa voix et ses deux harmonicas tout au long de cette compo qui évolue quelque part entre Sonny Terry et Howlin' Wolf. Un rythme de mambo introduit "Confessions of a workaholic". Peter chante à la manière d’Harman. Leyland et Nathan James se débrouillent parfaitement dans ce registre funky. Puissant, "Snollygoster" constitue un des meilleurs morceaux de l’opus. Un instrumental au cours duquel le souffle du leader est magique, alors que Busack-Boysen se met dans la peau d'Elmore James. Epatant ! "Ol' sleepyhead" emprunte le rythme du ska. Carl siège derrière l'orgue. Au sommet de sa forme, Jr Watson dispense un solo intégrant partiellement le thème de "Santa Claus is coming to town". James Harman chante le très dépouillé "Kiss me now". Les tonalités de la musique à bouche concédées par Peter sont graves, proches du meilleur Sonny Boy Williamson II. James Michael Tempo se charge des percus. Léger, traditionnel mais suranné, "King of bad excuses" est parcouru par le piano roadhouse de Leyland et caressé par les balais de Smith. Découpé par un tempo saccadé et illuminé par la guitare sur le fil du rasoir de Mr Watson, "Mr Nice" évolue dans un registre proche de la Nouvelle-Orléans. Superbe ballade lente, "Lucky charm" est parfumé par les swamps de la Louisiane. Peter chante d'une voix nasillarde devant les arpèges des ivoires de Carl Sonny. Une superbe plage qui procède paradoxalement de la nonchalance et de la parcimonie de l’instrumentation, et notamment des cordes de Watson. Harman a surnommé Nande, "Big Boy Pete". Il a participé à l’écriture de la plage finale, "Big Boy boogie". Soutenue par la section rythmique veloutée et balayée par les escapades successives de Ronni, Carl et Junior, ce morceau campe un blues d’excellente facture.

Entre-temps, Peter a monté son Peter Nande Band pour tourner en Europe. Au sein du line up on retrouve Ronni aux cordes, Peter Lapiki aux claviers, Henrik Poulsen à la basse et Soren Poulsen aux drums. Et l’an dernier il a commis une suite à l’elpee chroniqué ; un opus qui porte bien évidemment le titre de "California sessions Vol 2", dont on reparlera d’ici quelques semaines, ainsi qu’un autre elpee intitulé "Jellybean baby". Prolifique le Nande !

mardi, 01 septembre 2009 03:00

Day to day

Peu d’infos au sujet d’Alabama Mike Benjamin. Il est bien originaire de Tallageda, dans l'Alabama, où il est né en 1964. Et vit actuellement à Berkeley, en Californie. Producteur, mais aussi drummer, Scott Silveira est un de ces fureteurs constamment à la recherche de talents cachés. C’est donc lui qui a découvert l’énigmatique Mike. Et qui l’a invité à entrer en studio. Vu le talent de cet artiste, les collaborateurs se sont bousculés au portillon pour participer aux sessions d’enregistrement. Car cet elpee est hors norme. La plume de Benjamin est prolifique. Il signe sept des onze plages de "Day to day". Il puise essentiellement son inspiration dans le bon vieux blues urbain et électrique du Chicago des fifties. Presque une ligne de conduite. Par la puissance et le ton grave de sa voix, Mike peut nous rappeler Elmore James, Buddy Guy, mais aussi le Taj Mahal des débuts. De nombreux musiciens notoires issus de la baie de San Francisco ont donc tenu à participer à la confection de cet elpee.

Jon Lawton tout d’abord. Excellent gratteur, il est particulièrement à l'aise sur la slide. Il s’est forgé une réputation sous le sobriquet de Little Johnny, à la tête de son groupe, The Giants, un combo responsable à ce jour de 5 elpees. Il a également milité chez les Pontiax, pour lesquels il a participé à la confection d’un long playing chez Parsifal. Il est présent sur huit titres. Et c’est sa slide qui introduit le leader sur "Day to day". Le son est primaire, poisseux, dépouillé. On ressent l’empreinte et le style d'Elmore James. La voix de Mike transperce et envoûte. Une remarquable entrée en matière. Cette slide est toujours bien présente lors de la cover très personnelle du "Death letter blues" de Son House. Elle occupe tout l'espace, ne concédant du terrain qu’à la voix autoritaire de Mike, dont le timbre rappelle étrangement le Taj Mahal des sixties (NDR : pensez à son opus éponyme paru en 1968). "Naggin'" baigne dans le pur funk. Lawton est intenable. Il est soutenu par Scott Brenson, dont les cordes rythmiques sont triturées par la pédale wah wah. "Lay my money down" campe un boogie intransigeant. Charles Wheal a longtemps sévi au sein du band de Mark Hummel. Comme guitariste. Mais il y a quelques années, il a décidé de fonder sa propre formation. Toutes en swing, les cordes de Wheal sont d'une pureté éclatante sur le "Strange angels" d'Elmore James. Wheal mène également la barque sur "I've been rocked", un shuffle puissant, torride, au cours duquel le talentueux John Nemeth tire son épingle du jeu à l'harmonica. Sid Morris a également côtoyé Mark Hummel. Il est devenu le pianiste de Catfish and the Crawdaddies. Ses interventions aux ivoires sont parfaites tout au long du blues lent "Religion". Guitariste, Steve Freund a forgé sa réputation, chez lui, à Chicago. Il réside aujourd’hui dans la baie de San Francisco. Il participe à deux des meilleures plages de l’elpee. Tout d’abord le "Too many cooks' de Willie Dixon, une compo popularisée jadis par Robert Cray. Les cordes de Freund sont limpides, alors que Scott Brenton est passé à l'harmonica. Et c’est cette même équipe qui attaque le "Knockin' at your door" d'Elmore James, un Chicago blues de haut niveau! RJ Mischo est sans conteste un des meilleurs harmonicistes contemporains. Il s’est également établi du côté de San Francisco. D’origine anglaise, Steve Gannon est un guitariste talentueux ; mais il ne jouit pas d’une grande notoriété en Europe. Ces deux musiciens sont impliqués sur deux morceaux. C’est-à-dire "Somethin' on my mind", un blues lent irrésistible, caractérisé par les sorties de Mischo, de Gannon à la slide et de Chris Burns au piano (NDR : un collaborateur d'Eric Bibb), alors que Steve se charge de la rythmique derrière Lawton. Enfin, Gannon se réserve la slide sur "Sara Brown", le titre qui achève le cd. Superbe album de blues, "Day to day" ne peut qu’emporter vos suffrages. Depuis, Alabama Mike a monté sa propre formation. Ce formidable vocaliste a ainsi réuni le guitariste Jon Lawton, l’harmoniciste/guitariste Scott Brenton et le pianiste Sid Morris au sein de son 3rd Degree. On attend donc impatiemment la suite de ses aventures…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

If it ain´t one thing, it´s another

Alex ‘Easy Baby’ Randle est né en 1934. A Memphis, dans le Tennessee. Chargé de son éducation, sa grand-mère et son oncle lui enseignent l'harmonica. Il fait la connaissance de Howlin' Wolf, de James Cotton, de Joe Hill Louis et de quelques autres illustres musiciens, en jouant dans les juke joints de Memphis En 1956, il s'installe à Chicago. Pendant 20 ans, il va y fréquenter régulièrement la scène de Chicago, tout en assumant le job de mécanicien. Aujourd'hui, il ne se produit plus guère. Il a quand même commis un elpee en 1979 : "Sweet Home Chicago Blues", sur Barrelhouse. On y retrouve Eddie Taylor en personne à la guitare et Kansas City Red à la batterie. " If it ain't one thing, it's another " contitue donc son second album. S'il ne peut plus compter sur le fabuleux Eddie Taylor aux cordes, il bénéficie du concours des deux fils de l'ancien guitariste de Jimmy Reed. Timothy Taylor se réserve ainsi les drums sur quatre plages, tandis qu'Eddie Jr partage la guitare avec Johnny B. Moore. Eddie Jr est aujourd'hui âgé de 30 ans. Il n'a commis qu'un seul opus à ce jour : "Looking for trouble".

Sous-titré "A tribute to Eddie Taylor" (sur Wolf également), il est sorti en 1998. Cet elpee constitue déjà le 57ème volume des Chicago Blues Sessions du célèbre label autrichien. Il s'ouvre assez curieusement par "Lovey dovey", un rock'n'roll imprimé sur un bon rythme. Titre signature, le blues lent "Call me Easy Baby" nous ramène dans le Westside de Chicago. Il nous rappelle assez bien la démarche de Magic Sam ; mais ici, c'est l'harmonica qui est sur le devant de la scène. La voix transpire le vécu. Descriptive, un tantinet chevrotante, elle me fait penser à celle de Sonny Boy II. Flanqué de Johnny B à la guitare acoustique, il reprend d'ailleurs aussitôt "Let me explain", du même Sonny Boy. Ce qui démontre que Rice Miller est une de ses influences majeures. Bien saignant, imprimé sur un rythme galopant, "Baby you fine" permet au sémillant Alan Batts de se mettre en évidence. Easy pousse de courtes phrases, entrecoupées de silences, sur son harmo. La même formule est reproduite sur "Beggin' woman". Il empoigne son instrument chromatique pour amorcer un nouveau slow blues : "Sittin' here worryin". Une composition qu'il chante de manière remarquable, totalement naturelle, pendant qu'Eddie dispense avec retenue des grappes de notes, derrière son leader. Ce qui n'empêche pas, ensuite, les deux guitares de tirer leur épingle du jeu. Easy Baby accorde alors une version acoustique du 1er blues qu’il n’ait jamais appris : "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy I. Mais l'instant le plus poignant est sans doute son travail vocal sur "Good morning, Mr Blues". L'homme vit totalement ce qu'il chante. Omniprésente, sa sensibilité est fragilisée par les cordes de Johnny B. Inspiré sans nul doute par Muddy Waters, l'excellent "All pretty women" intègre bien la slide ; alors qu'en finale, la plage générique est consacrée à un spiritual. Un fragment au cours duquel le piano roulant de Batts et l'harmonica chromatique sont assez irrésistibles. Une découverte !

 

mardi, 01 septembre 2009 03:00

Blind for Love

La charmante Serbe est aujourd’hui âgée de 33 ans. Depuis son expérience américaine et son contrat signé chez Electro Groove, elle semble avoir atteint la pleine maturité. « Blind for Love » fait donc suite à "Still making history". Paru en 2007, il avait fort bien marché. Le nouvel opus a de nouveau été enregistré sous la houlette de David Z. Hormis une seule plage, Ana signe ou cosigne tous les titres. Elle est soutenue par sa section rythmique habituelle, composée de Ronald Jonker et Andrew Thomas, ainsi que par Mike Finnigan et Tony Braunagel, deux membres du Phantom Blues Band.

Elle démarre en force par "Nothing personal". Une compo très rythmée, enrichie par les cuivres de Joe Sublett et Darrell Leonard, au cours de laquelle elle force quelque peu sa voix. Imprimé sur un tempo fort proche, "Wrong woman" évacue également une belle dose d’agressivité. Pourtant sa voix ne la cantonne pas au rôle qu’on voudrait lui attribuer, de ‘mauvaise femme’. Ses intonations sont purement et simplement travaillées. Lors de ce morceau plutôt pop dans la sonorité, la féline demoiselle s’autorise une sortie autoritaire sur les cordes. Acoustique, "Steal me away" est ciselé par les sonorités d’un bottleneck et tapissé de chœurs féminins. "Blind for love" est une ballade douce et tendre. Tout comme "More real". Très réussie, cette dernière se révèle cependant beaucoup plus atmosphérique. Elle est même satinée par les interventions discrètes mais efficaces du piano électrique de Braunagel. "Putting out the APB" marque le retour à un blues rock plus conventionnel. Ana libère enfin sa slide. Elle se met alors à rugir de plaisir et d'effroi au même moment! Elle revient enfin dans un univers nettement plus blues tout au long de "Get back home to you". Sa voix est plus présente. Elle vit alors sa musique. La section de cuivres est à la fête. Jazzyfiant, "The only reason" démontre que Miss Popovic jouit d’un réel talent de gratteuse. Elle a manifestement du style et de la créativité. "Dirty dozens" baigne également dans ce climat subtil. Mais c'est dans l'exercice de la slide qu'elle se montre la plus brillante. Et "Part of me" ainsi que la reprise du "Need your love" de D. Murdock en sont les plus belles illustrations. Une flamme dans le regard, Ana referme cet elpee par "Blues for M", un blues généreux. La libération des cordes est ici un réel bonheur qui s'est bien fait attendre…

 

mardi, 01 septembre 2009 03:00

A Chicago session

Carl Sonny Leyland est un pianiste qui jouit d’une solide réputation. Il est né en 1965. A Southampton, en Angleterre. A l'origine, il était pianiste de boogie woogie. Il a ainsi débuté au sein de la formation de son concitoyen, Bob Pearce. Il s'est depuis largement exposé à une foultitude de styles. Depuis le blues au jazz, en passant par le R&B et le rock'n'roll. Il s’est établi aux States, en 1988. A la Nouvelle Orléans d'abord. Avant d’émigrer à Orange, près de Los Angeles. En 1995. Il compte une imposante discographie à son actif. Essentiellement instrumentale, elle était à l’origine concentrée sur le boogie woogie. Les titres de ses premiers elpees sont révélateurs : "I like boogie woogie" en 94, "From boogie to rock'n'roll" en 95, "Boogie and blues" et "They call me the boogie woogie man" en 96. Son dernier opus remonte à 2007. Intitulé "Back in the alley", il constituait un exercice solitaire. Il faisait suite à "The Carl Sonny Leyland Trio meets Nathan James and Ben Hernandez", paru l’année précédente. Pour concocter « A Chicago session », il a reçu le concours des Modern Sounds, une formation chicagolaise, réunissant le guitariste Joel Paterson, le bassiste Beau Sample et le drummer Alex Hall. Un peu jaunie, la pochette du Cd ressemble à celle d’un vieux 33 tours de blues. La photo des acteurs a été prise en noir et blanc. Et puis comme sur un vinyle, le tracklisting est divisé en deux faces.

L’elpee s’ouvre par le "BVD blues" de Roosevelt Sykes. La voix assurée de Carl me rappelle quelque peu celle du regretté pianiste issu de la Nouvelle Orléans, Champion Jack Dupree. La plage est, ma foi, fort classique, mais bien exécutée, dans l’esprit de véritables esthètes. L’opus embraie par un boogie woogie percutant ; en l’occurrence le "Rockin' the house" de Memphis Slim. La technique du pianiste est stupéfiante. Un instrumentiste hors pair ! La section rythmique assure. Joel Paterson est un gratteur de très grande classe et Beau, à la contrebasse, n'est pas non plus un manchot. Instrumental, "Struttin' with some BBQ" baigne dans le pur jazz. Extraordinaires, les interventions à la six cordes prêtent au western swing. Sonny chante autoritairement "Teddy bear blues", un slow blues au cours duquel Paterson (NDR : s’il est né à Madison, dans le Wisconsin, il vit depuis plusieurs années à Chicago) se distingue une nouvelle fois. Son toucher est envoûtant. Sa dextérité époustouflante. Impressionnant ! Instrumentaux, "Hindustan" et "Lazy river" sont largement imbibés de jazz. Un jazz manouche qui met en exergue les accents tout en légèreté de la section rythmique. Signé Piano Red, "Rockin' with Red" est imprimé sur un tempo enlevé, rock’n roll, et libère à nouveau beaucoup de puissance. Impeccable, "Careless love" campe le blues lent de circonstance. Enfin, cette Chicago session s’achève dans le boogie woogie. Un hommage à l’endroit où l’elpee a été enregistré : "Bernie's place", un haut lieu du jazz sur Lake Shore Drive. Impeccable, cet opus a été immortalisé en une seule après-midi de décembre 2007.

Patron du label Ventrella, Joel Paterson vient de commettre un double cd, flanqué des Modern Sounds, une formation qui vient de se voir coller l’étiquette de ‘Best jazz act’. Intitulé "Hold it fellas"/"Stomp stomp", cette œuvre se focalise tout au long du premier disque sur le rockabilly et blues, et le second, jazz et swing.

mardi, 25 août 2009 23:34

Troubled child

Chanteur de soul/blues, Charles Wilson est originaire de Chicago. C’est le neveu du fameux bluesman Little Milton Campbell. Il s'est forgé une certaine réputation sur le circuit du southern soul. Son premier single date de 1964. Et son premier elpee de 1991. Intitulé "Blues in the key of C", il est paru chez Ichiban. Il aligne ensuite plusieurs opus sur le label Eecko, avant de fonder son propre label, Wilson Records. Il grave pourtant "If heartaches were nickels", pour la célèbre écurie blues Delmark, un long playing concocté en compagnie de son oncle Little Milton et du guitariste Carl Weathersby. Ce qui va lui permettre de décrocher une nomination aux W.C Handy pour le meilleur album de soul blues paru en 2005. Après avoir édité deux elpees chez CDS, il a décidé d’opérer son retour dans le giron du blues en signant chez Severn.

Pour la circonstance, il a reçu le concours de la crème des musiciens locaux ; et en particulier le guitariste Monster Mike Welsh, le claviériste Benjie Porecki ainsi que le bassiste Steve Gomes et le drummer Robb Stupka. Episodiquement, l’équipe est épaulée par une imposante section de cuivres et de cordes. Les références vocales de Charles sont plutôt solides, puisqu’il cite Bobby Blue Bland, Otis Redding, Sam Cooke et Nat King Cole parmi ses maîtres…

L'album s'ouvre dans le pur southern blues ; et ce n’est pas une surprise. En l’occurrence le "Where my baby went" de Don Robey, issu du répertoire de Bobby Blue Bland. La voix de Wilson est d’une grande pureté. Elle est taillée pour ce répertoire tout en nuances. Un répertoire dont l’homogénéité impressionne. Tant les arrangements de cuivres, de chœurs et de cordes. L’osmose s’opère naturellement, mais ne laisse guère de place aux prouesses instrumentales. De bonne facture, les compos sont mises au service des cordes vocales de l'artiste. Et je pense tout particulièrement à "Someone must have taught you", "I want to shout about it", deux morceaux issus de la plume de Steve Gomes et "Troubled child". L’opus recèle également une reprise rythmée, mais empreinte de douceur du célèbre "Is this love" de Bob Marley. Mais le meilleur moment de l’elpee procède de la cover du "Somebody's tears" de Denise Lasalle. Une compo qui rend hommage à son oncle Little Milton. Sa voix richement texturée s'épanouit devant l'orgue Hammond de Porecki. Et Mike Welsh se permet une de ses rares sorties en solitaire. Cependant, il manifeste un maximum de retenue tout en injectant une fameuse dose de sensibilité dans son intervention. Il se rappelle encore à notre bon souvenir, lors de la finale, "Put something into it". Dans le style, cet opus est impeccable…