Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Michel Polnareff

En attendant ce nouvel album, tant « Désiré »…

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Lors de son dernier périple européen, opéré en 2007, Michel Polnareff était passé par Forest National. Cette tournée avait attiré la bagatelle de 2 millions de spectateurs. Quand le mélomane lambda parle de cet artiste, il pense à ses tubes, et tout particulièrement à « La poupée Qui Fait Non ». Un titre qui remonte à 1966. Et bien sûr à ses lunettes singulières. Personne n’a jamais contesté ce fait. Agé de 71 balais, le compositeur/chanteur/interprète a beau être doué, on attend désespérément la sortie de son nouvel album. D’autant plus que le single, qui devrait y figurer, nous a vraiment donné l’eau à la bouche. Maintenant, il est aussi possible que ce retard, soit tout simplement consécutif à une opération de marketing. La salle est sold out. Pas de supporting act.

Polnareff est vêtu d’un smoking queue-de-pie, couleur noir et blanc. Il fait remarquer qu’elle se froisse lorsqu’il siège derrière les ivoires ; et que personne ne l’a remarqué. Pendant de ce spectacle, le natif de Nérac (NDR : c’est dans le Lot-et-Garonne) va multiplier les traits d’humour. Il sollicite un service de nettoyage pour décoller les spectateurs de leurs sièges. Fou rire général. Au cours du show, il va encore souligner ne pas aimer quand la foule est passive. Il souhaite que l’interactivité entre l’auditoire et l’artiste soit parfaite. Son backing group réunit la crème des musicos issus d’outre-Atlantique. Michel signale que les détracteurs, qui s’agitent derrière les écrans, lui reprochent de ne plus être capable de pousser sa voix dans les aigus. Au cours de cette soirée, il va démontrer le contraire. Mais c’est lorsqu’il s’accompagne aux ivoires, qu’il se révèle au sommet de son art.

La tête de Polnareff est diffusée sur un écran. Un décompte de 3 minutes est établi. Soutenue par des ivoires, une choriste exécute des vocalises particulièrement perçantes. Michel débarque, salue la foule et la remercie pour s’être déplacée. Il évoque ses précédents concerts, accordés dans la même salle. Touchant ! Ses cheveux blonds sont devenus blancs, au fil du temps. Sa silhouette est relayée sur l'écran placé au-dessus de lui. Il entame par « Je suis Un Homme ». Le light show est de teinte bleue. Embraie par « La poupée Qui Fait Non ». Il passe au rouge. Manifestement, sa voix n’a pas changé. Le début de parcours est paisible. Le public aussi. Peut-être un peu trop pour Polnareff qui lui fait la remarque. Il se réveille pour le plus rock « Tam-Tam ». Des lumières sont projetées sur des cubes en 3D. Ils tournent autour de l'écran principal ou retransmettent, en temps réel, les interventions des différents musicos. Deux guitaristes, quatre choristes, un drummer et un percussionniste. Et ils sont brillants !

Michel a enregistré son nouvel opus à l’ICP de Bruxelles, une ville qu’il aime beaucoup. Il sera plus que probablement baptisé, « Désiré ». C’est le cas de le dire ! Il nous en propose le single, seul, derrière son piano, « L'Homme En Rouge ». Mais également, en solitaire, « Qui A Tué Grand'Maman », « Lettre A France », « Love Me, Please Love Me » « Rosy », « Le Bal Des Laze » et « L'Homme Qui Pleurait Des Larmes De Verre ». Pendant ce dernier morceau, un grand arbre pivotant perd ses feuilles au gré des saisons. Elles se transforment alors en larmes, et se brisent, quand elles atteignent le sol. L’auditoire est émerveillé. Michel s’éclipse et laisse la place aux deux gratteurs qui s’autorisent des solos d’enfer.

Tout au long de sa version du traditionnel « Y'A Qu'Un Cheveu Sur la Tête A Mathieu », Michel Polnareff invite le public à reprendre le refrain en chœur. Bon, parfois, ça tire quand même en longueur. Qu’importe, puisque les spectateurs commencent à s’enflammer. Comme s’il participait à une fête country. D’une durée de plus de 140 minutes, le set s’achève par « Goodbye Marylou » et « On Ira Tous Au Paradis ». Debout, le public est alors conquis. En repartant, chaque mélomane conservera gravée, certainement, une de ses mélodies tellement contagieuses, dans un coin de sa tête, après les avoir savourées, dans le creux de l'oreille.

(Organisation : Next-Step)

 

 

 

Opeth

Les magiciens d’O’

Écrit par

Alors que la sphère œnologique est actuellement en ébullition, suite à la sortie du Beaujolais nouveau, celle du métal est agitée par la sortie du dernier opus d’Opeth. Rien ne sert de tourner autour du chaudron : « Sorceress », douzième LP de la formation suédoise, est tout simplement magique. L’occasion pour la bande à Mikael Åkerfeldt, leader incontesté du band, de venir présenter ses dernières compositions sur le Vieux Continent. Arrêt à l’Ancienne Belgique, considérée par le groupe (et par tant d’autres artistes), comme une des meilleures salles d’Europe.

S’il doit bien y avoir un défi difficile à relever, c’est de se produire en première partie d’Opeth, tant il est de notoriété publique que les artistes ont l’habitude de placer la barre très haute. Ce défi herculéen, ce sont les Norvégiens de Sahg qui s’y sont collés, en proposant un subtil mélange de Doom et de Stoner. Lente et lourde, l’expression sonore est dominée par une voix claire, telle une fenêtre qui s’ouvre à travers un épais nuage de suie. Un set d’une demi-heure ; huit morceaux qui cherchent à convaincre un auditoire, qui s’est épaissi au fil du concert. Malgré une entrée en matière un peu abrupte, force est de constater que le quatuor est parvenu à insuffler une ambiance suave et envoûtante, tout en emportant le public avec eux. Les applaudissements deviennent de plus en plus nourris. Les traditionnelles cornes ‘métaliennes’ surplombent les têtes. Le public semble charmé. Des morceaux, certes parfois inégaux (mais un « Sanctinomy » particulièrement redoutable et ravageur !), qui ont eu le mérite de préparer dignement le terrain pour les tant attendus Suédois. Pari relevé !

Les roadies s’activent maintenant pour préparer l’espace scénique réservé à Opeth, bien que le band soit volontairement loin de s’encombrer d’artifices en guise de décor, préférant tout au plus jouer avec des effets de lumière. C’est dans cet esprit que sont disposées, de part et d’autre du podium, deux petites colonnes de différents projecteurs. Le fond de la scène n’est pas orné du classique backflag, mais bien de rangées de carrés mobiles, sur lesquels y sont projetés fréquemment des images de la pochette (ou une illustration qu’y s’y rapporte) de l’album interprété par les artistes. La batterie est totalement décentrée vers la droite, la grosse caisse est agrémentée d’un magnifique ‘O’ tout en volutes, symbole de la formation. L’autre partie arrière de la scène est occupée par les synthétiseurs et autres objets de percussion. En avant-plan, deux sobres pieds de micro, armés d’une dizaine de plectres sont prêts à donner de leur plastique pour envoûter les lieux. Bière ou verre de vin à la main, la foule –constituée majoritairement de trentenaires et quadras– qui s’est agglutinée dans la fosse et aux balcons,   sont maintenant prêts à savourer les douces mélodies élaborées par les Scandinaves.

Les lieux baignés d’une lumière rouge pourpre, le silence s’installe. Joakim Svalberg entame au piano les premières notes jazzy de « Sorceress », titre maître du dernier long playing, soutenu par la batterie de Martin Axenrot et la basse fragile de Martin Mendez. Une mise en haleine de plus ou moins une minute, avant que n’apparaissent finalement le patron et son bras droit, Mikael Åkerfeldt et Fredrik Åkesson. Il n’est plus un secret pour personne qu’Opeth est tout simplement l’enfant prodige de Mikael. L’homme aux allures de D’Artagnan (ou de ‘Milou’, selon un fan dans la fosse, qui n’a cessé –et c’est une énigme– de le nommer comme tel) est derrière toutes les manettes : de la composition à la production en passant par le mixage. Une tyrannie soft dont tout un chacun accepte de prendre part et d’y trouver la place qu’il mérite. Cette hiérarchie en découle naturellement sur la présence scénique, où Mikael est projeté en avant-plan, monopolisant la parole pendant les morceaux (à l’exception de certains chœurs entonnés par Åkesson et Svalberg) mais également lors de ces temps morts entre les compositions, au cours desquels le vocaliste s’est taillé la réputation d’un dandy pince-sans-rire. ‘On est tout simplement là pour que vous preniez du bon temps et pour que, quand vous sortiez d’ici, vous vous sentiez bien…’, lance-t-il, avant de poursuivre, sourire aux lèvres et sûr de lui : ‘Mais bon, qui peut douter que ça ne se passe pas comme ça ?’ N’essayez pas de décrocher un mot ou de déceler une quelconque émotion sur le visage de la part des autres musiciens, ces derniers resteront obstinément confinés dans leurs bulles musicales hermétiques. 

Deux heures de show, réparties en onze morceaux, où les Suédois vont faire passer les spectateurs par une foule de sentiments les plus variés : de la hargne à la tristesse, de l’exultation à la mélancolie, du rire à la naissance de larmes. Ces mecs sont des magiciens dont jaillissent de leurs instruments des nappes qui traversent le corps, le cœur, l’âme et l’esprit. Il suffit par exemple de se concentrer sur les réactions du public après l’interprétation de l’envoûtant et tendre « In My Time of Need » pour se rendre compte qu’ils ne suscitent pas qu’une réaction physiologique et pavlovienne de leurs spectateurs, mais bien la catharsis du panel d’émotions provoquées pendant les longues minutes de ce morceau. Certains s’embrassent, d’autres se surprennent à s’enlacer, le tout dans un silence et un respect quasiment religieux. À certains moments, on n’est sûrement pas très loin de l’expérience spirituelle. ‘Ce titre-ci est le morceau Heavy de la set list’, mime Åkerfeldt en roulant des épaules. Il est vrai qu’Opeth a, depuis ses vingt-six ans d’existence, pris quelques tournants abrupts, déstabilisant plus d’une fois ses fans. C’est ainsi que le vocaliste a notamment décidé, depuis 2011, d’abandonner ses growls et de laisser champ libre au vaste panel que peut emprunter sa voix claire. Une décision qui a valu des reproches au band, délaissant son étiquette ‘Death Metal’ pour embrasser une voie dite ‘prog’, aux origines aussi diverses que variées. Il n’empêche que le quintet continue toujours de puiser dans son ancien répertoire, des compos au cours desquelles la voix gutturale de Mikael fait trembler les murs, à l’instar du très sombre et violent « Heir Apparent », de « Demons of the Fall » ou encore de « The Drapery Falls ». Alors que classiquement, le réflexe aurait été de proposer une majorité de compositions issues du dernier elpee, Opeth s’est limité à deux plages, complétant le reste de la set list de pistes issues de ses différentes périodes, ravissant le fan d’hier comme celui d’aujourd’hui. ‘C’est quand même impressionnant que, malgré tous les changements apportés à notre musique, de voir que vous êtes toujours aussi nombreux à nous supporter. Merci à vous !’, s’exclame Åkerfeldt.

Cerise sur le gâteau émotionnel : c’est à l’issue de « Deliverance » (NDR : près de 15’, quand même) qu’Opeth prend congé de son auditoire. Une dernière pirouette de choix, s’il en fallait encore une, afin de convaincre les derniers réticents dans la salle. En prenant un peu de recul, il en résulte –mais avec le sourire !– quelque chose de frustrant : on sait pertinemment bien qu’on va se prendre une claque quand on se rend à un concert du groupe, mais, à chaque fois, on en oublie l’intensité.

Set list : Sorceress, Ghost of Perdition, Demon of the Fall, The Wilde Flowers, Face of Melinda, In My Time of Need, Cusp of Eternity, The Drapery Falls, Heir Apparent, The Grand Conjuration

Rappel : Deliverance

(Organisation : Live Nation + AB)

Dubioza Kolektiv

Une ambiance digne du réveillon !

Écrit par

Dubioza Kolektiv est issu de Sarajevo en Bosnie-Herzégovine. Une formation qui vient de publier son septième opus, « Happy Machine ». Un disque auxquels ont notamment collaboré Manu Chao, Dzambo Agusev, La Pagita et Benji Webbe. Elle est actuellement en pleine tournée mondiale, périple qui transitait par le Nijdrop, à Opwijk, une petite salle bien sympathique dont la capacité maximale est de 300 personnes, ce mercredi 16 novembre.  

Dubioza Kolectiv pratique une musique festive, délirante, déjantée, dans l’esprit de Shaka Ponk voire de Ska-P. Un melting pot au sein duquel se mêlent folklore balkanique, rock, ska, reggae, electro swing, dub, metal, hip hop, ragga, metal, drum & bass et punk. En ‘live’, ces joyeux lurons manifestent une énergie débordante. De quoi inciter la foule à danser et s’éclater. Leur bonne humeur est communicative. Ils jouissent d’une belle notoriété dans leur patrie, mais également au sein des pays limitrophes. Leur prochain objectif : se forger un nom sur la scène internationale. Selon Manu Chao, c'est le meilleur groupe européen en live. Leur destin s'est forgé pendant la guerre de Bosnie. Brano Jakubovic et Vedran Mujagic avaient 13 ans quand Sarajevo a été assiégée par les forces extrémistes serbes, en 1992. Ils ont survécu à la barbarie, à l'extrême dénuement et aux tirs des snipers. Pas étonnant que leurs lyrics véhiculent des messages destinés à lutter contre la partition ethnique qui ronge leur pays d'origine.

Une bande-annonce préenregistrée formule, en néerlandais, l'arrivée du band sur les planches. Le line up de Dubioza Kolektiv réunit un guitariste, un bassiste, un drummer (protégé par un paravent en plexi), un saxophoniste, un dj et deux chanteurs. Chaque musicien monte sur l’estrade en tenant à la main un objet désopilant. Ils sont tous vêtus de jaune. Sans doute pour accentuer leur visibilité. Dès les premiers accords, la tchatche est bien au rendez-vous. Les musicos sont de véritables piles 'Duracell' montées sur pattes. Il s’expriment dans un anglais approximatif ; mais qu’importe. On est venus pour danser, jumper et rire. Et le rire est le meilleur remède pour oublier les tracas de la vie quotidienne. La bière est bonne et coule à flots. La joie reflétée par les musicos fait chaud au coeur. La set list intègre bien évidemment des plages issues du dernier long playing, « Happy Machine ». Pendant près de 3 heures, la foule va participer à cette fête et même mieux s’éclater. Une ambiance digne du réveillon ! A revoir lors d’un festival ou dès qu’ils reviennent en Belgique.

(Organisation : Nijdrop)

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The Divine Comedy

Un grand cru !

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Lundi 14 novembre 2016. The Divine Comedy est programmé au théâtre Sebastopol à Lille. L’accréditation presse a été confirmée à 17h30. Pourtant le concert n’est pas sold out. Allez comprendre… Bref, en démarrant vers 18h30, la durée de parcours est estimée à une petite heure. Pour 30 kilomètres ! Sauf que la circulation est particulièrement dense. Et comme la météo est pourrie, les embouteillages se multiplient. Ouf, on arrive quand même vers 19h45 à la rue Solferino. Ne reste plus qu’à dénicher une place de parking. Et là, c’est manifestement un casse-tête chinois. Résolu de manière pas trop académique. M’enfin, on atteint enfin la destination vers 20 heures.

The Divine Comedy a publié un nouvel album début septembre 2016. Intitulé « Foreverland », il reflète la vision de Neil Hannon, de l’État et du pouvoir. Particulièrement critique, vous vous en doutez. Dans son style si caractéristique, britannique, tellement propice à la dérision. Et puis sa pop orchestrale, baroque y est toujours aussi savoureuse. Dès lors, 10 ans après son passage à l’Aéronef de Lille, il semblait judicieux d’aller revoir cet artiste, pour le moins, atypique.

Lisa O’Neil assure la première partie. Elle nous vient d’Eire. Plutôt frêle, elle est armée d’une sèche. Son accent est résolument gaëlique. Sa voix, particulièrement aigue. Et ses chansons trempent dans le folk. Elle est soutenue par une violoniste, dont on attend à peine les interventions. Sauf quand elle se consacre aux backing vocaux. Un accordéoniste vient les rejoindre en cours de set. Mais il n’est pas davantage audible. Bref, le plus intéressant procède des traits d’humour, qu’elle s’évertue à exprimer en français, entre ses chansons. Une chose est sûre, elle a la langue bien pendue…

Sur l’estrade, on constate la présence d’une grosse mappemonde, à gauche de l’estrade et puis d’une tête réduite de cheval blanc, entre deux claviers. Les musicos grimpent sur le podium. Un drummer, deux claviéristes, un bassiste et un guitariste. Barbe de trois jours, Neil Hannon arrive quelques secondes plus tard. En costume de Napoléon. Il affiche un sourire narquois. Applaudissements nourris. On est en France, pardi ! Aussi, après avoir amorcé son set par l’hilarant « How can you leave me on my own », il embraie par l’inévitable « Napoleon Complex », deux pistes issues du dernier opus. Pour ce dernier titre, un des claviéristes est passé à l’accordéon ; et ses interventions nous bercent littéralement, même lorsqu’elles baignent dans un climat ‘guinguette’. Elles vont d’ailleurs régulièrement colorer l’expression sonore. Quant à celles du drummer, elles sont singulièrement toniques. En outre, lorsque le guitariste, le bassiste –dont les déhanchements sont particulièrement sexy– et le second claviériste conjuguent leurs harmonies vocales, on se croirait presque au cœur d’un exercice de polyphonie vocale.

Neil dépose son couvre-chef sur la mappemonde, avant d’aborder « The frog princess », une chanson au cours de laquelle le bassiste se met à siffloter, alors que son leader charismatique souffle dans une drôle de clavinet. Ce dernier se sert un verre de vin. Proclame que le café est bon, puis affronte « Catherine the great », une diatribe à peine voilée du pouvoir politique en Russie. Mais Trump n’est pas davantage épargné. Son discours, entre les chansons, est très clair, à ce sujet. « The certainty of chance » clôt la première partie du show. La voix de Neil est emphatique, opératique même. Les chœurs sont éthérés. Les arrangements, dispensés par les synthés, reproduisent les orchestrations de cordes. C’est sans doute bluffant, pour une bonne partie de l’auditoire. Mais franchement, un quatuor de cordes aurait donné une autre dimension à la compo. Neil se retire quelques minutes. Les musicos en profitent pour régler leurs instruments en proposant une sorte d’‘ambient’.    

Hannon remonte enfin sur les planches. Il s’est changé. En homme d’affaires britannique, il s’est habillé de noir. Costard, et chapeau melon. Et, bien évidemment, le parapluie est de la même couleur. Sauf la chemise. Blanche et bien amidonnée. Le guitariste a opté pour le banjo, et le bassiste pour un ukulélé. Le combo se lance dans la valse « Bang goes the Knighthood ». Très british, of course. Et une attitude qui me rappelle quelque part le regretté John Steed, dans la série ‘Chapeau melon et bottes de cuir’. Encore que ses lyrics fustigent l’establishment, les tabloïds ; mais aussi les banques, qu’il estime responsables de la crise financière. Il fait tournoyer son pépin au cours de « The complete banker ». Pendant « Generation sex », Neil descend dans le public. Enfin dans l’allée centrale. Une vingtaine d’aficionados ont quitté leur siège ; et de leurs bras, forment une haie humaine, sous laquelle Hannon passe allègrement. Un peu comme lors d’une fête country. Quand il remonte sur l’estrade, c’est pour ouvrir son fameux globe. Afin de se servir un autre verre de vin. Des roadies lui apportent une chaise haute, sur laquelle il interprète « The happy goth ». Le spectre de Peter Hamill plane… Puis une seconde, afin d’accueillir Lisa O’Neil. Ensemble, ils vont interpréter « Funny peculiar », un morceau balisé par des sonorités de piano bar. Très cabaret ! Surprise, le band nous balance une cover, quand même abrégée, du « Brimful Of Asha » de Cornershop. C’est à partir de ce moment que le set va carrément changer de ton. Il devient plus rock. Le public se concentre de plus en plus dans l’allée centrale. « All the indie disco » enflamme les aficionados. Et la foule se lève enfin pendant « Something for the weekend ». A la demande de Neil, quand même. Une autre reprise ? Celle de Cilla Black, « Alfie ». Et après « I like », on lui apporte une belle guitare blanche sur laquelle, il va s’autoriser un solo. Pendant le dernier morceau du show, « National Express ».

Mais rapidement The Divine Comedy revient sur l’estrade. La troupe est sur sa lancée. Il faut donc battre le fer tant qu’il est chaud. Surtout quand il est bien rock. Mais avant de relancer la machine, Hannon rouvre sa mappemonde, et offre une tournée à ses musicos, n’oubliant pas de se servir un nouveau canon. D’un grand cru ? Ce n’était, apparemment pas, de la vulgaire piquette. Neil est un bon vivant, c’est une certitude. Les « Absent friends » ont probablement eu tort. Et ce superbe concert de s’achever –comme lors de la plupart de ses derniers sets– par le jubilatoire « Tonight the fly », sous les acclamations nourries de la foule…

Tracklisting

1. How Can You Leave Me on My Own
2. Napoleon Complex
3. Bad Ambassador
4. The Frog Princess
5. Catherine the Great
6. To the Rescue
7. The Certainty of Chance
8. Bang Goes the Knighthood
9. The Complete Banker
10. Generation Sex
11. Our Mutual Friend
12. The Happy Goth
13. I Joined the Foreign Legion (to Forget)
14. Funny Peculiar
15. A
Lady of a Certain Age
16. Songs of Love
17. Brimful Of Asha (Cornershop cover)
18. At the Indie Disco
19. Something for the Weekend
20. Bernice Bobs Her Hair
21. Alfie  (Cilla Black cover)
22. I Like
23. National Express 

Encore:

24. Absent Friends
25. Assume the Perpendicular
26. Tonight We Fly

(Organisation : FLP / Divan Prod)

Puggy

En pensant aux victimes du Bataclan…

Écrit par

Puggy est en pleine campagne promo pour l’instant, en France. Il se produisait au Splendid de Lille, ce 13 novembre, salle dont il avait foulé les planches, 3 ans plus tôt. Et bien sûr, pour y défendre son quatrième opus, « Colours ». 

C’est le premier anniversaire des attentats de Paris qui ont lourdement frappé le Bataclan. On ne peut donc qu’y penser. Et les artistes n’oublieront pas de commémorer ce drame.

Le concert est sold out. A l’entrée, la file est longue d'une cinquantaine de mètres. 

La capacité du Splendid est estimée à 900 âmes. Cet ancien cinéma reconverti en salle de concert est vétuste ; mais elle a son charme. Pas facile de se faufiler jusqu'aux premiers rangs. Tant pis, votre serviteur décide de s’installer à hauteur de la table de mixage.

Le supporting act est assuré par Faon Faon (NDR : voir présentation et review concert accordé au Brass de Forest, ici.

19h00 précises, les lumières s'éteignent. Les deux filles débarquent de l’arrière de la scène. Elles portent sur la tête une coiffe blanche à franges en papier. Une bande enregistrée déclamatoire est diffusée dans les haut-parleurs. Il s’agit de ‘faontro’ », un enchaînement de différents jeux de mots et calembours, au cours duquel, l'expression 'Faon' est mise à toutes les sauces. Passé cette intro, elles déposent ces couvre-chefs sur un support. Fanny s’installe derrière son synthé, et Olympia, ses percus. Les clochettes résonnent. Olympia frappe sur ses percussions électroniques à l’aide de ses baguettes. Elles entament à deux voix « Fsld (Faon Sous La Douche) ». « Mariel » déboule, une ritournelle dansante qui vous invite lentement à investir le dancefloor. Les dominos et les jouets sont rangés. La tendre enfance est loin. Ne va pas trop vite ! On repart vers l'« Utopie », sans « Gravité ». Pour un petit voyage dans les fjords norvégiens, à la rencontre d’un « Eskimo », perdu sur un  îlot qui mange des grumeaux d'igloo. Conclusion, on a froid aux dents, mal au ventre et froid au coeur. Et cette french electro/pop rafraîchissante semble plaire à l’auditoire. Gravissons la « Montagne » par paliers,  jusqu'à 8 000 mètres. Le duo invite le public de reprendre le refrain. Une petite répétition est organisée. Olympia empoigne son ukulélé magique et Fanny le micro. Et le résultat est plutôt réussi, d’autant plus que le public accepte l’exercice choral avec enthousiasme. L’interaction est parfaite. Fanny pousse sa voix dans les octaves. « Mariage » clôt la prestation. C’est le morceau le plus délirant du concert. Il parle de blanc qu'elles n'aiment pas, de bistouquette et d'amour sans condition…

La scène n'est pas bien grande. Ziggy s’installe à droite. Armé de sa belle gratte (de couleur brune) électrique –parfois d’une semi-acoustique– Matthew se plante devant et au milieu. Romain, le plus agité, a opté pour le côté gauche. Le trio est soutenu par le claviériste/pianiste Matthieu Vandenabeele qui remplace John Janssens, depuis le début de la tournée consacrée au dernier elpee, « Colours ».

A l’issue d’une intro préenregistrée, le band monte sur l’estrade et attaque le dansant « Fight Like You'Re Fighting ». Matthew salue Lille. Il est vêtu d’un costume de couleur bordeaux. De teinte verte pour Ziggy et bleue pour Romain. Pas de chemise blanche, ni de cravate. « Feel So Low » et « Soul », sont davantage funky. Matt évoque le souvenir des attentats, de ses victimes, et remercie le public et les professionnels, pour avoir permis au monde de la musique, de continuer à vibrer pour des concerts. Après « Last Day on Earth (Something Small) », la température monte d’un cran. Mr Irons signale que c'est la première fois, lors de ce périple, que la formation va interpréter en ‘live’ « Gods Could Give », un morceau imprimé sur un mid tempo. Et le résultat est concluant. Puggy se permet même d’improviser sur les anciennes compos. De quoi leur communiquer une nouvelle jeunesse (« Goddess Gladys », « How I Needed You », « Something You Might Like » et « When You Know », titre qui achève le set). Ainsi le claviériste s’autorise quelques parenthèses jazzyfiantes. Quant aux hits, ils sont repris en chœur par l’auditoire, à l'unisson.

Le terrifiant « Territory » n’a donc pas été choisi pour clore le show, mais bien pour entamer le rappel. De quoi mettre tout le monde d’accord. Avant d’attaquer « You Call Me Up », Matt invite la foule à participer aux vocaux. Il la divise en trois parties, pour créer une polyphonie vocale, aux intonations différentes. Un chouette moment !

Puggy se produira à Forest National ce 9 décembre et à l’Olympia de Paris, le 31 janvier 2017.  

Setlist : Intro, « Fight Like You'Re Fighting », « Feel So Low », « Soul », « Last Day on Earth (Something Small) », « This Time », « Lonely Town », « Gods Could Give », « Goddess Gladys », « Ready Or Not », « How I Needed You », « Change The Colours », « To Win The World », « Something You Might Like », « Goes Like This », « When You Know »

Rappel : « Territory », « I Do », « You Call Me »

(Organisation : A Gauche De La Lune)

Bring Me The Horizon

Une véritable machine de guerre !

Écrit par

Nous sommes la veille du premier anniversaire de ce funeste vendredi 13 novembre. Un an déjà que Paris et son Bataclan ont été victimes des attentats. La sécurité est maximale. Une certaine tension est palpable dans la foule, avant de pénétrer dans Forest National. Faut dire qu’il y a du monde à l’entrée. Qui ne sera autorisée qu’après deux fouilles. Ce soir, Bring Me The Horizon est tête d'affiche. Basement et Whiles She Sleeps assurant les supporting acts.

Andrew Fisher constitue la véritable colonne vertébrale de Basement. Originaire d’Ipswich, il est né en 2009. Sa musique est le fruit d’un mélange entre post hardcore, punk et grunge. Il s’était séparé en 2012, avant de reprendre l’aventure deux ans plus tard. Son dernier LP est paru en 2016. Il s’intitule « Promise Everything ». Et c’est surtout ce titre maître qui va se révéler le plus intéressant. C’est également le moment choisi par les deux gratteurs pour se mettre en évidence. A revoir lors d’un set plus conséquent.

Setlist : « Whole », « Aquasun », « Bad Apple », « Spoiled », « For You The Moon », « Earl Grey  », « Brother's Keeper», « Promise Everything », « Covet »

Formé en 2006, While She Sleeps nous vient de Sheffield. Il réunit le chanteur Lawrence Taylor, le bassiste Aaran McKenzie, le drummer Adam Savage ainsi que les guitaristes Sean Long et Mat Welsh. En 2012, le quintet avait été élu meilleur nouveau groupe britannique, lors de la remise des ‘Kerrang Awards’. Il s’était déjà produit à deux reprises à l’Ancienne Belgique. Et il avait séduit par son énergie débordante.

Le podium est pris d’assaut par les 5 gars. Hormis le drummer –difficile quand même dans ce rôle– tous les musicos bondissent comme des kangourous sur les planches. Le combo propose un majorité de plages issues de son dernier opus, gravé en 2015, « Brainwashed ». Quoique brute de décoffrage, la musique est particulièrement mélodieuse. Les deux gratteurs s’en donnent à cœur joie. Exhibant une chevelure abondante, le chanteur est un excellent showman. Il incite la foule à se rapprocher de l’estrade, s’écarter ou pogoter. Plus trop un exercice dans les cordes de votre serviteur. Il préfère assister au spectacle, depuis les gradins… WSS joue parfaitement son rôle d’entertainer. Malheureusement, les balances sont mal réglées. Et on n’entend pas trop bien les paroles du vocaliste…

 Setlist : « Brainwashed », « This Is The Six », « Our Courage, Our Cancer », « Civil Isolation », « Trophies Of Violence », « New World Torture », « Seven Hills », « Crows », « Four Walls ».

Bring Me The Horizon (BMTH) est une formation insulaire (NDR : également issue de Sheffield) fondée en 2004. Depuis, sa musique est en évolution constante. A l’origine deathcore, elle est passée par le metalcore avant d’embrasser un rock plus alternatif, généreusement nourri à l’électronique, à la limite du popcore. Et son dernier opus, « That's the Spirit », paru l’an dernier, en est certainement la plus belle illustration.   

Une estrade en trois créneaux est disposée, en arrière-plan tout en largueur, et devant un immense écran, sur lequel seront projetés des slogans, des textes de chansons, des mandalas animés, une mosaïque TV ou le film des musicos en action. D’une hauteur de 4 bons mètres, les deux cubes extérieurs sont destinés au drummer Matt Nicholls (à droite) et au claviériste/percussionniste/vocaliste Jordan Fish (à gauche). Sur le parallélépipède central, réduit à plus ou moins trois mètres de hauteur, les trois gratteurs se relaient régulièrement au milieu des imposants projecteurs. Soit le bassiste Matt Kean, le soliste Lee Malia ou le rythmique, John Jones. Ou alors coudoient le chanteur Olivier Sykes, sur le plancher des vaches. Et cette gigantesque structure sert également de support aux haut-parleurs ainsi qu’au light show qu’on pourrait qualifier d’explosif. Impossible de résister plus d’une heure, à ce régime, sans avoir les neurones en compote et les yeux explosés. C’est de la démesure ! Du gigantisme !

Dès « Happy Song », c’est le bordel dans la fosse. Tous les stroboscopes fonctionnent au-dessus de l'écran géant et devant l'estrade. L’ombre lumineuse du batteur apparaît au fil de ses frappes. Des canons à confettis et des serpentins multicolores sont balancés au-dessus de la foule en délire. Il y a trop de monde dans la fosse, et le service de sécurité tente d’y empêcher l’accès. Mais les spectateurs passent par les balcons et enjambent les barrières pour la rejoindre, engorgeant encore davantage le parterre…

La voix d’Oli passe correctement la rampe. Mais, outre les chœurs, c’est Jordan qui le supplée, lorsqu’il ne peut pas (ou plus) assurer son rôle. Quoique puissante, écrasante et truffée de breadowns, la musique reste mélodieuse. Surtout les refrains. Quasiment pop. Les tubes se succèdent. Fish se charge des beats électro. Et ils sont bien calibrés. Toutes les demandes formulées par Oli au public sont exécutées : fucks, hands up, jumps et circle pits. Il est partout, sur les planches ou les estrades.

Des anneaux blancs sont projetés sur l’immense écran, avant « Shadow Moses », le titre le plus attendu par l’auditoire. Oli tourne sur lui-même. Des machines à fumée crachent leurs vapeurs. On n’y voit plus rien. Les guitares frémissent et la foule –y compris celle des gradins– reprend le refrain en chœur.

« Chelsea Smile » (« Suicide Season ») opère un retour au metalcore. De quoi satisfaire les fans de la première heure. Plus paisible, « The Best Is Yet To Come » est enrichi de choeurs d'enfants samplés et de beats electro.

Et en fin de parcours BMTH balance ses « Can You Feel My Heart » et « Antivist », avant d’achever le show par « Throne  ».

En rappel, « True Friends » donnera une nouvelle occasion à l’auditoire de reprendre le refrain à l’unisson. La formation anglaise a manifestement ravi son auditoire, constitué d’une majorité d’aficionados. Musicalement, mais surtout visuellement, il faut reconnaître que le show était impressionnant. Une véritable machine de guerre !

Setlist : « Happy Song », « Go To Hell, For Heaven's Sake », « The House Of Wolves », « Avalanche », « The Best Is Yet To Come », « Aoife Ni Fhearraigh song », « Shadow Moses », « Chelsea Smile », « Follow You », « Sleepwalking », « Doomed », « Can You Feel My Heart », « Antivist », « Throne  »

Rappel :  « True Friends », « Oh No », « Drown »

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

Preoccupations

Un climat malsain, mais dans le bon sens du terme…

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La fraîcheur qui enveloppait les alentours du Botanique servait de décor idéal pour accueillir la formation canadienne, Preoccupations. Si ce nom ne vous dit rien, il en va sans doute autrement de Viet Cong. En fait, il avait été contraint de changer de patronyme, suite à des pressions extérieures, La bande à Matt Flegel était donc venue défendre son deuxième opus, ce samedi 15 novembre, dans la salle bruxelloise. Compte-rendu !

Joyfultalk assure le supporting act. Pas vraiment folichon. On décide alors de quitter la salle pour aller admirer le magnifique Jardin du Botanique. Trois des quatre musicos de Preoccupations nous rejoignent alors. On en profite pour déguster une bière, ensemble, avant le concert. Ces gars sont vraiment sympas !

Cinq minutes avant le début de leur représentation, ils prennent congé de leurs interlocuteurs et partent préparer leur set qu’ils vont accorder dans l’Orangerie. A 21 heures, le quatuor monte sur l’estrade. Et il entame son show par « Anxiety ». Issue du nouvel opus, cette plage est bien plus sombre que les compos qui figuraient sur l’opus de Viet Cong. Elle nage toujours dans le post punk ; mais la voix particulièrement rauque de Flegel est davantage mise en avant. Le climat est quelque peu malsain, mais dans le bon sens du terme. Oui, c’est possible…

Le deuxième titre, « Silhouettes » est un titre-phare issu du précédent LP. Mais le tempo est bien plus rapide que sur celui imprimé sur le morceau d’ouverture : et la foule commence à remuer en reprenant en chœur les ‘Ahou oh ouh oh’ qui parsèment le refrain. Un public qui n’a pas rempli totalement la salle, puisque à vue de nez, elle doit comptabiliser entre 3 et 400 âmes…

Les natifs d’Alberta alternent titres du premier et du second long playing, avant d’atteindre le pic du spectacle ; en l’occurrence « Memory ». Suivant un schéma régulièrement imaginé par les musicos, le morceau est découpé en trois parties. Le départ est paisible, la suite est intrigante et le final captivant. Flegel nous y invite à ‘Erasing your memory’, comme pour faire une croix définitive sur Viet Cong.

C’est un rôle dont on ne parle pas assez souvent, mais celui du batteur est vraiment important. C’est lui qui balise le rythme sur toutes les compos. Et sans exception. En outre, et tout particulièrement dans l’univers du post punk, la qualité du drumming est primordiale.

A l’issue de « Death », le band tire sa révérence. Un titre quand même exceptionnel. La version studio est longue, mais en live, elle dépasse les 20 minutes. Elle est également découpée en trois volets, chacun d’entre eux pourraient d’ailleurs être appréhendés en morceaux distincts. Un véritable régal !

Pas de rappel. C’est dans la norme. Et puis, bien dans l’esprit du post punk. Preoccupations a donc accordé une prestation d’une heure. Mais elle a été époustouflante. Malgré son changement de patronyme, il n’a rien perdu de ses aptitudes. Ancien et nouveau répertoire se complètent parfaitement. En outre, les musiciens sont éminemment sympathiques. Non seulement on avait pu tailler une bavette en leur compagnie avant le spectacle, mais à l’issue de celui-ci on a retrouvé Matt pour une longue conversation au cours de laquelle nous avons parlé de musique, mais pas seulement. Vivement leur retour en Belgique ; et selon les renseignements recueillis, on pourrait les revoir lors des festivals estivaux, l’an prochain…  

(Organisation : Botanique)

Kadavar

Kadavar exquis…

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A premier abord, l’affiche peut sembler improbable. Elle renseigne la présence d’un groupe slovène et un autre allemand. Mais où est-on allé chercher ces formations de hard rock pour se produire à Tourcoing ? Simplement là où beaucoup d’artistes puisent leur inspiration, et depuis de nombreuses années. Soit au sein des fabuleux albums de Black Sabbath et Deep Purple ; et même en allant puiser chez le Led Zeppelin, où se confondent encore les genres et les influences.

Le premier band répond au patronyme de Stray Train. Y militent cinq hommes dont l’âge oscille entre la trentaine et la quarantaine. Ils balancent du rock’n’roll. Mais le timbre vocal du chanteur est léger. A première écoute, c’est plutôt surprenant. Et la surprise vient autant de l’inconnu que du matériel utilisé sur scène. D’abord à cause de la conjugaison entre les deux guitares, opérée entre une ‘Gibson Custom’ –branchée sur un ampli de marque obscure, elle est responsable d’un son particulier– et la Fender Stratocaster, câblée sur un Marshall. Puis de l’impact apporté par le drummer, dont les interventions sont tellement précises qu’elles en deviennent fascinantes. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le solo de Jimmy Page, pendant « Whole Lotta Love », a été exécuté sur Fender. Mais qui donc a dit que le rock était essentiellement sous l’emprise de la Gibson ?

Là où l’on attend une déferlante susceptible de faire remuer les corps et hocher les têtes, on assiste à une performance magnifiquement réglée, techniquement imparable, mais qui souffre d’un excès de calme. Ne nous méprenons pas, le show est au rendez-vous. Tatoués, les types ont une dégaine certaine. Les mains glissent sur le manche avec une aisance stupéfiante pour libérer des riffs rageurs. On a la nette impression que les musicos veulent étaler tout leur brio. Une sensation accentuée par la cover du « Pressure On Time » de Rival Sons. Bien réalisée, la version confirme la parfaite maîtrise des musiciens. La première partie a donc bien répondu aux attentes du public ; une mise en bouche qui dresse parfaitement le décor pour le combo suivant : Kadavar.

Kadavar réunit trois types, dont le look aurait pu naître d’un croisement entre des Vikings et les membres de ZZ Top. Trois gars qui ont de la présence sur les planches. En témoigne, le monde qui a rappliqué dans la salle, dès la fin du supporting act. L’atmosphère est instantanément lourde. La tension monte alors que la musique se meut en bourdonnement sourd et perturbant. Le groupe se prépare. Les balances sont presque terminées. Il ne reste plus qu’à attendre. Les écoutes préliminaires n’ont pas révélé grand-chose. C’est en véritable néophyte qu’il faudra partir à la découverte du trio. Et là, on va prendre une fameuse claque. On aura ainsi droit à un set flairant bon les seventies. Alimentés par des solos de gratte, bien soutenus par la ligne de basse et bien entretenus par les drums, les morceaux s’étalent sur plus de cinq minutes. Les riffs paraissent simples mais ils sont si bien enchaînés que le résultat est bluffant. Hochant la tête tous les trois en rythme, les musicos donnent envie à l’ensemble de l’auditoire de s’époumoner et de danser. Et pourtant, quoique caricatural, ce hard rock a beau se déchaîner et libérer toute sa rage, il est toujours juste. La voix est peu présente et, le plus souvent, elle épouse les sonorités de gratte, pour mieux épauler les interventions du soliste. Enfin, en constatant que le bassiste s’est confiné dans un coin du podium, on pourrait penser que son rôle est plus qu’effacé. Mais rapidement, on se rend compte qu’il est indispensable. Il sert même de fil conducteur. Quant au batteur, installé au centre et à l’avant de l’estrade, il fait penser à un homme-orchestre au bord du délire. Puissant, inépuisable, son drumming est tout bonnement phénoménal… Et on n’est pas au bout de nos surprises ; car en rappel, le band ne va pas nous réserver un morceau, mais trois, dont en finale une reprise du célèbre « Helter Skelter » des Beatles, comme un écho au morceau le plus rock du groupe pop/rock britannique.

(Organisation : Le Grand Mix)

 

 

Okkervil River

L’émotion à son paroxysme…

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Fondé en 1998, Okkervil River est considéré comme un des meilleurs représentants de la scène folk yankee contemporaine. Et pour cause, au fil du temps, sa musique a constamment évoluée. Sa discographie est conséquente. Elle compte 8 elpees et de nombreux Eps. Sans oublier les diverses collaborations auxquelles Will Sheff, le leader a participé. On rappellera quand même, qu’à l’origine, Jonathan Meiburg militait au sein du combo. Puis il a décidé de monter son propre projet, Sherawater.

S’il faut bien avouer, que les précédents opus ne sont pas exceptionnels, le dernier en date, intitulé « Away », est vraiment excellent. Faut dire que Will a renouvelé le line up de son band, presque dans son intégralité. On était donc curieux de connaître le résultat, sur les planches. Et la Rotonde semblait vraiment l’endroit idéal pour juger, s’il avait fait le bon choix.

Lors de sa tournée, Okkervil River a choisi pour supporting act, un jeune londonien, Lookman Adekunde Salami, aka L.A Salami. Il vient de graver un premier LP, baptisé « Dancing with Bad Grammar ». En général, les premières parties son rarement passionnantes et incitent plutôt le mélomane à s’attarder au bar, en taillant une bavette en compagnie de ses potes. Bon, bien sûr, il y a des exceptions. Et bien L.A Salami en est une. D’ailleurs, tout au long de sa prestation, l’hémicycle ne va jamais désemplir, le folk singer, armé d’une sèche et d’un harmonica, nous réservant un set d’une demi-heure particulièrement inspiré…

A 21h, les lumières de la Rotonde s’éteignent. Will Sheff grimpe sur l’estrade. Il est suivi de ses musiciens. Une demoiselle s’installe derrière son clavier, à droite, tandis que le guitariste et le contrebassiste optent pour la gauche. En arrière plan, siège le drummer. Le décor est adapté à la saison. Un paysage automnal est projeté sur une toile, sur laquelle on a accroché quelques feuilles d’arbre. Bucolique !

Le set s’ouvre par plusieurs titres issus du dernier opus, l’excellent « Okkervil River R.I.P ». Le son est excellent. Les balances sont impeccables. La voix de Sheff est vraiment bouleversante. Les musicos sont excellents, à l’instar du guitariste qui va nous réserver, tout au long du show, de superbes solos. Outre son répertoire récent, Okkervil River va puiser dans sa discographie antérieure. Ce qui nous vaudra de splendides –et surprenantes– versions de « Or Life is not a movie, or maybe », « For Real » ou encore d’« Unless It Kicks ». Entre les morceaux, Will échange quelques mots avec l’auditoire. Il nous rappelle qu’en 2008, il avait vécu un gros stress, sur le ferry, qui le conduisait de l’Angleterre à la France, alors qu’il suivait les résultats des élections aux States, opposant Obama à McCain. Une situation qu’il avoue revivre ce soir (NDR : son réveil a dû être difficile, quand il a appris que Trump avait été élu).

Vers 22h15, la formation vide les lieux. Quelques minutes plus tard, un spot éclaire Will Sheff. Il est derrière le public, seul armé de sa sèche. Le Texan attaque alors « The War Criminal Rises and Speaks ». L’auditoire est littéralement subjugué. Alors que le morceau entame un long crescendo, le musicos reviennent sur le podium pour lui emboîter le pas. A cet instant, un frisson vous parcourt l’échine. Rarement un concert n’a d’ailleurs été autant chargé d’émotion. Un set hors normes. Finalement, en ce sombre 8 novembre, on aura quand même vécu quelque chose de positif…

(Organisation : Botanique)

Red Hot Chili Peppers

Comme à la piste des étoiles…

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Le premier concert du Red Hot Chili Peppers, auquel votre serviteur a assisté, c’était le 17 février 1988. A l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Malgré la température extérieure, le set était particulièrement torride, les musicos achevant leur prestation en tenue d’Adam, leur sexe emballé dans une chaussette de laine. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et les derniers albums de la formation californienne ont souvent fait plus que pâle figure ; à l’instar du dernier, « The Getway », paru en juin dernier. Ce qui n’empêche pas le Sportpaleis d’être sold out, pour accueillir le quatuor, 28 ans plus tard. De quoi vérifier si l’énergie libérée en live, à ses débuts, est toujours aussi intense…

Deerhoof assure le supporting act. Issu de San Francisco, il réunit la chanteuse/bassiste Satomi Matsuzaki, le drummer Greg Aunier ainsi que les guitaristes John Dieterich et Ed Rodriguez. Dans le cadre de l’édition 2014 des Nuits Botanique, il s’était investi dans le Congotronics Vs Rockers, en compagnie de musiciens congolais, américains et européens. « The magic », son seizième opus, est également paru en juin dernier. Et inévitablement, le quartet va y puiser allègrement. Avant-gardiste, sa musique oscille entre noise, pop, punk, rock, jazz et prog. Si la voix de Satomi est aussi cristalline que particulière, ce soir, elle n’est pas très distincte. Problème de mixing ? Probable ! Pourtant, quoique de petite taille, inlassablement, elle s’éclate en gigotant sur le podium. Pendant tout ce temps les deux gratteurs multiplient les impros ; et ils pourraient déraper dans le n’importe quoi, s’il n’y avait la section rythmique, et tout particulièrement le drumming de Greg, à la fois impressionnant et fédérateur. A revoir dans de meilleurs conditions…

A 21h30, les lumières s’éteignent. Flea monte d’abord sur le podium. Ses fringues sont plutôt bigarrées. On lui apporte sa basse. Il est suivi par le drummer, coiffé d’une casquette à l’envers. Il se dirige immédiatement derrière ses fûts, installés sur une estrade. Josh Klinghoffer, le gratteur, porte un ‘baggy trouser’ large voire bouffant. Et le trio ouvre le show par une jam de plus ou moins 5 minutes. Flea et Josh entrent en duel, à l’aide de leurs instruments. Flea frappe vigoureusement ses cordes à l’aide de ses doigts, via sa célèbre technique du tapping. Le chanteur, Anthony Kiedis, débarque enfin. Il ressemble à un jeune premier : bermuda, tee-shirt et casquette de couleur noire, il a enfilé un caleçon long qui laisse apparaître des tatouages qui doivent remonter jusqu’en haut de ses jambes. Il sautille ou bondit sur les planches. Il me fait penser à un bonobo. Le combo est soutenu par deux musiciens de tournée, un percussionniste et un claviériste.

Le light show est impressionnant. Celui placé en arrière-plan est plutôt agressif. Constitué de 2 à 300 tubes led, un autre surplombe un bon tiers de la fosse et il va onduler en vagues successives, au-dessus des spectateurs, suivant les morceaux. Des images, des vidéos, mais également les prises de vue du concert –parfois en gros plan– sont projetés sur quatre immenses panneaux.

Anthony remercie régulièrement la foule. Il s’exprime dans un excellent français, alors que nous sommes… à Anvers. Outre celles du dernier elpee, Red Hot Chili Peppers va privilégier les plages de « Stadium Arcadium » et « Californication ». Mais également les tubes. Dont « Under The Bridge », l’inévitable « Californication » et l'explosif «  By The Way », morceau qui achève le concert. Sans oublier la cover du « Cosmic Dancer » de T. Rex. Et c’est Josh qui amorce ce  morceau à l’aide de sa six cordes. En live, Josh remplace dignement John Frusciante. Ses interventions sont précises mais généreuses. Des intros en jam amorcent pratiquement chaque hit. Lors de ses solos, Chad en profite –en fin de parcours– pour balancer ses baguettes dans la foule. Klinghoffer va également se réserver le micro à quelques reprises. Et limpide, sa voix passe bien la rampe. Chaque musicien aura droit à son solo. Une autre cover : « If It Be Your Will ». La compo est signée Léonard Cohen. Et elle est particulièrement léchée. Tout en adoptant une démarche mi-canard, mi-primate, Antony crache, d’un air vengeur, littéralement ses mots. Bluffant !

Lors du rappel, Josh va s’attaquer à « My Death ». Au chant et à la gratte. Il s’agit d’une adaptation de « La Mort » de Jacques Brel.

Flea revient sur le podium. Et son retour, il le célèbre en faisant le poirier. Ce type est incroyable. On se croirait à la piste des étoiles. Quant au final il sera tout bonnement monstrueux. Et comment aurait-il pu être autrement, puisqu’il s’agit de l’incontournable « Give It Away ».

Setlist : « Intro Jam », « Around The World », « Dani California », « Scar Tissue », « Dark Necessities », « Cosmic Dancer », « Did I Let You Know », « Go Robot », « Cosmic Dancer, Right On Time », « Feasting On The Flowers », « Aeroplane », « Detroit », « Californication », « Goodbye Angels », « If It Be Your Will », « Under The Bridge », « By The Way ».

Rappel : « My Death », « Dreams Of A Samurai », « Give It Away ».

(Organisation : Live Nation)

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