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La vision de l’art prônée par Superchunk…

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Jean-Claude Mondo

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mardi, 28 octobre 2014 10:54

Heavy water

Fo'Reel est un nouvel ‘all star band’ issu de la Nouvelle Orléans. Il a été fondé pour célébrer le blues, le R&B et le funk. Son créateur est Mark Domizio. Producteur et guitariste, il a régulièrement joué en compagnie de Bryan Lee. Y sont également impliqués, C.P Love, un chanteur soul local, Johnny Neel –un claviériste notoire qui a beaucoup travaillé pour l’Allman Brothers Band et Gov't Mule–, Dickey Betts, et enfin, le bassiste David Hyde. Le line up est soutenu par une section de cuivres réunissant Jon Smith au saxophone ténor, Ward Smith au saxophone baryton et Barney Floyd à la trompette. Et enrichi par la présence de Daryl Burgess à la batterie et Rick Lawson au chant. Fo'Reel est donc un projet. Qui vient donc de graver "Heavy water". Mais il vient également de prendre une dimension live. Y participent Domizio, C.P Love, Neel et David Barrard, un bassiste qui a épaulé pendant 40 longues années Dr John et s'est également produit en compagnie des Neville Brothers. Parmi les onze plages qui figurent sur "Heavy water", la majorité est issue de la plume de Domizio. Les prises de son ont été opérées au studio de David Farrell à New Orleans ou celui de Straight Up à Nashville.

Le collectif est au grand complet pour attaquer "Breaking up somebody's home". Ce titre, Albert King en avait fait un hit. Il avait également été repris par Etta James et Ann Pebbles. La voix soul de C.P Love est naturelle, chaleureuse et plutôt remarquable. La même équipe embraie par le titre maître, une piste funky, dansante, tapissée par l'orgue Hammond de Johnny Neel. R&B pétillant, "Leave your love alone" est chargé de swing. Harmonieuse, la voix de Lawson est proche d'un jeune BB King. Les interventions de Neel à l’orgue Hammond sont savoureuses. Domizio aux cordes et Smith au sax ténor prennent ensuite le relais. "Blues" est un superbe blues lent. La voix de Rick Lawson y épanche toute sa sensibilité, alors que Domizio nous réserve un solo brillant, tout autant chargé de feeling personnel. Originaire du Mississippi, Lawson est un chanteur de southern soul. Il voue une grande admiration à Tyrone Davis. Il a réalisé la plus grande partie de sa jeune carrière à Jackson, capitale du Mississippi. Plage instrumentale, "Gate" permet aux différents musicos de tirer leur épingle du jeu. Et tout particulièrement Domizio à la six cordes. Blues particulièrement subtil, "What can I do" concède les accents latins d'une rumba, une superbe composition chantée par C.P Love qui secoue aussi des congas et gratte une planche à lessiver! Fo'Reel adapte ensuite deux compositions signées Luther Allison et James Solberg, le leader de son backing band américain! C’est la voix de nouveau chargée de passion que C.P chante le funky "What's going on my home" (extrait de "Blue Streak", paru en 1995) et "Just as I am" (issu de "Reckless, publié en 1997), un slow blues éblouissant. Rick Lawson revient chanter deux titres. Tout d’abord "Snake n Bake", un funk d’une grande pureté, largement cuivré. Puis "Outside love" un blues remarquable au cours duquel Johnny Neel tire son épingle du jeu en doublant piano et orgue, alors que les interventions de Domizio à la slide sont bouleversantes. La fête du rythme s’achève par la plage instrumentale "Tater", un titre de jazz coloré de southern soul, caractérisé par des envolées brillantes de Domizio aux cordes, mais également de la section rythmique, constitué, on vous le rappelle, de Daryl Burgess et David Hyde.

 

mardi, 28 octobre 2014 10:35

Blues scars

Cette formation a été fondée par Skyla Burrell et Mark Tomlinson. Ils jouent tous les deux de la guitare. Skyla, se réserve les vocaux. Une blonde sexy aux longues jambes. Le premier opus du SB Band, "Working girl blues", remonte à 2004. L'année suivante, la formation est demi-finaliste de l'International Blues Challenge de Memphis. Réputé pour son blues/rock incendiaire, le combo aligne un nombre impressionnant de shows. Il publie ensuite "Livin' day to day" en 2006, "Tough luck" en 2008 et "Real love" en 2011.

Skyla est native de Los Angeles. Elle a émigré vers la côte Est, après ses 20 printemps. Mark est issu de New York. Il a milité chez les Kingsnakes, formation qui a accompagné un bon nombre de seigneurs du blues. Le line up est complété par Ezell Jones à la batterie et le vétéran Charlie Hilbert à la basse, qui vient de remplacer Miss Michelle Lucas. C’est d’ailleurs cette dernière qui a participé aux sessions de "Blues scars". Les quinze plages ont été écrites par Burrell et Tomlinson, seuls ou en couple.

Le titre maître ouvre les hostilités en mode funk. La voix de Skyla est excellente. Elle est talonnée par les grappes de notes produites par Tomlinson, inspirées subrepticement par Albert King. "Bluesin' for your lovin'" est un blues/rock bien balancé. Les grattes de Skyla et Mark se distinguent en alternance, dont une slide bien trempée. La rage au ventre, Skyla chante le rock'n'roll "Trouble". Dynamique, "Stuck in a struggle" est caractérisé par une bonne sortie de Mark sur ses cordes. Skyla chante sa passion, de manière bien féminine, tout au long de la ballade blues indolente "Love letter in blue". Balayé par une slide, "Livin' for the blues" adopte le tempo du classique "Help me", une piste qui ne manque pas de charme. Miss Burrell s’éclate sur "Shut you down". Et elle a la pêche ! Les musiciens sont chauffés à blanc. Il passent à l’offensive et attaquent en rythme "Life storms". "World wide blues" se convertit à la rumba. Un changement de style judicieux pour cette plage illuminée de guitares enchanteresses. Les sorties de cordes montent encore d'un cran tout au long du puissant "Full time gambler", un morceau au cours duquel le batteur Ezell Jones Jr fait une solide démonstration de son talent ! Un des meilleurs morceaux de l’opus ! Ballade R&B, "Jace" ne manque pas d'originalité. "Juke jointin' tonight" libère énormément de swing, une piste dont les grattes sont inspirées par Albert Collins. Empreint d’une grande sensibilité, mélodieux, "6 Mile Cemetery Road" autorise paradoxalement un flux de cordes en folie. Et ce sont "21st century blues" et "Bad business" qui achèvent cet opus de toute bonne facture…

 

lundi, 27 octobre 2014 16:27

RIP Jack Bruce

Jack Bruce, musicien devenu notoire pour avoir milité comme bassiste et chanteur de l'un des tous premiers super-groupes de l’histoire du rock, The Cream, auprès d'Eric Clapton et de Ginger Baker, est décédé ce 25 octobre, à son domicile dans le Suffolk en Angleterre, il avait 71 ans.

Pas de cause de décès avancée, mais il souffrait d'un cancer du foie.

Début des sixites, Jack Buce a participé à l'éclosion du blues en Angleterre. Il a sévi au sein de l’Alexis Korner Blues Incorporated de Graham Bond Organisation et, plus brièvement, des Bluesbreakers de John Mayall.

The Cream est né en 1966. Il réunissait trois musiciens déjà légendaires de leur vivant.

Jack Bruce entame ensuite une carrière personnelle, et publie l’elpee "Songs from a taylor", en 1969. En 45 années, il gravera une douzaine d'albums personnels dont le dernier, "Silver rails", était sorti en mars 2014.

The Cream s'était reformé à deux reprises : en 1993 lors de leur intronisation dans le Rock Hall of Fame et, plus longuement, en 2005 et 2006.

Roger Waters, le bassiste de Pink Floyd, estimait que Bruce était le bassiste le plus doué de sa génération.

 

mercredi, 15 octobre 2014 16:45

Gotta keep rollin'

Originaire de Boston, Rob Stone est un chanteur/harmoniciste de blues. Mais aujourd’hui, il partage son temps entre la cité des Vents et celle des Anges, Los Angeles. C'est en assistant à un concert de Charlie Musselwhite que lui prend le désir irrésistible de souffler dans l'harmonica. A ses débuts, c’est un concitoyen impliqué dans le Muddy Waters Band, qui le guide, Jerry Portnoy. En 1991, le drummer de blues Sam Lay l'invite à rejoindre son groupe. Rob s’établit alors à Chicago. En 1998, il forme sa propre formation, les C-Notes, en compagnie de Chris James et Patrick Rynn. Stone compte trois elpees à son actif, tous publiés chez Earwig. Le premier "No worries" remonte déjà à 1998, "Just my luck" est paru en 2003 et "Back around here", en 2010. Sans oublier la compilation qu’il vend lors de ses concerts, "My side of the story" (éditée chez Marquis). Il a désormais signé sur le label de Richard Rosenblatt, Vizztone.

Pour concocter "Gotta keep rollin'", il a reçu le concours du guitariste Chris James et du bassiste Patrick Rynn, deux musicos chevronnés qui l’épaulent depuis plus de 20 ans. A eux trois, ils signent la moitié du répertoire de ce nouvel opus. Mais les invités se sont également bousculés. Et ils sont notoires. Eddie Shaw, tout d’abord. Agé de 77 ans, ce vétéran a joué du saxophone ténor pour les mythiques Little Milton, Muddy Waters et surtout, Howlin' Wolf, pour lequel il a été le chef de bande jusqu'à la mort du géant. John Primer, ensuite. Il a joué de la guitare pour Muddy Waters au cours des dernières années de sa vie, mais également Magic Slim. Sans oublier le drummer Willie Hayes, et le pianiste bostonien David Maxwell. Et la liste prestigieuse est loin d’être exhaustive…

Stone démarre par le "Wait baby" de Johnny Jones, un bon shuffle au cours duquel le leader ne tarde à se mettre en évidence. Son art et sa puissance de souffle, sont bien inspirés par la légende, Little Walter. Du blues d’excellente facture, of course. Il change déjà de style lorsqu’il attaque le "Wonderful time" de John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson, une compo nerveuse vivifiée par le piano roadhouse de David Maxwell. Autre shuffle, "Lucky 13" est issu de la plume de Rob. De l’excellent southside blues dominé les ivoires de Maxwell et rehaussé par la participation de John Primer à la guitare ! Et Rob maîtrise bien ses interventions vocales. La cover du "She belongs to me" de Jazz Gillum évolue sur un tempo indolent. Eddie Shaw a ramené son ténor sax et s’illustre tout au long d’"Anything can happen" et le "Move baby move" de Billy ‘The Kid’ Emerson, alors que Chris James se déchaîne sur ses cordes. Une pause instrumentale : "Strollin' with sasquatch". Un blues lent de facture classique balisé par les ivoires d'Ariyo, un pianiste japonais qui a sévi chez les Sons of Blues de Billy Branch. Imprimé sur un tempo enlevé, "Wired and "tired" déménage littéralement. Stone souffle judicieusement dans les sonorités aigues. Henry Gray, vétéran du swamp blues, se réserve le piano. Et son style est immédiatement identifiable. Rob épanche toute la tristesse qui le ronge devant le piano très inspiré de Maxwell, sur "Cold winter day", un blues lent composé par Blind Willie McTell. "Blues keep rollin' on" est un autre excellent blues, entraînant par ailleurs. Coup de jump pour "Not no Mo", une plage qui libère énormément de swing. Maxwell est intenable au piano. Parfaitement soudés, James et Rynn imposent l’empreinte rythmique et Chris James s’autorise même sa meilleure sortie…

 

mercredi, 15 octobre 2014 16:41

The other side

Drew Nelson est issu d’Ottawa. Ce chanteur/guitariste/compositeur canadien était, à l’origine, influencé par le rock'n'roll et le Chicago blues. En 1989, il monte son Drew Nelson Band. Et dans la foulée le combo publie son premier elpee, "The Drew Nelson Band". Puis “The Honeymoon’s Over”, en 1990. En 1994, il enregistre "Mr. Nelson’s Neighbourhood », en solo. De 92 à 97, il commet trois elpees en compagnie de Dutch Mason. Puis, il disparaît de la circulation. Il faut attendre 2001 avant qu’il ne refasse surface. Il sort alors "Just because", long playing solo pour lequel il reçoit le renfort de Steve Marriner à l'harmonica. Et en 2006, paraît "30 odd years". Nouveau long silence ; et huit années plus tard, il a enfin la volonté et la détermination d’opérer son grand retour. Pour y parvenir, il reçoit de nouveau le concours de Southside Steve Marriner, le leader du trio Monkeyjunk! "The other side" est une œuvre blues/roots réunissant onze plages, dont neuf sont signées par Nelson. Les sessions se sont déroulées au studio Signal Path d'Almonte, dans l’Ontario. Trois musiciens y sont totalement impliqués : Drew au chant et aux guitares, Matt Sobb à la batterie, et Marriner à la basse, à l’harmonica et une foule d’autres instruments.

Surprise, c'est une composition de Bob Dylan, "Seven days" qui ouvre le feu. Armé de sa guitare slide, Drew chante d'une voix proche du Zim des débuts. Une reprise de bonne facture. Marriner amorce "Make it right" au piano, un blues imprimé sur un tempo soutenu. La slide ronronne et le jeune Marriner (pas encore 30 ans) dégaine rapidement son harmonica ; et manifestement il est particulièrement doué. Il a, en outre, le don de fouetter l’enthousiasme de Nelson qui libère une excellente envolée de cordes. "Stick around" adopte le rythme de reggae. Kelly Sloan se réserve les backing vocals et Steve se charge de l'orgue. La reprise du notoire "Bird on a wire" de Leonard Cohen est très réussie. Illuminée par la pedal steel de John Steele (Cooper Brothers), elle nous plonge dans un climat country. On passe à du Chicago southside pour "One more chance", un blues lent très proche de Muddy Waters. L'harmonica de Southside Steve et la slide de Drew ressuscitent le tandem de Little Walter et Muddy Waters. Et c’est un vrai bonheur ! "Valentine" nous entraîne à la découverte des paysages lugubres des swamps louisianais. Les sonorités sont réverbérées. Les cordes de Drew et la guitare baritone de Marriner se frictionnent. Excellent ! Nelson emprunte la voix grave de Johnny Cash pour interpréter "Drifting away", une ballade country marquée par le retour de la pedal steel. Et le résultat est sublime ! Caractérisé par ses changements de rythme, "Please come home" est blues de bonne facture, au cours duquel l’harmo du jeune Steve s’enflamme à nouveau. Ballade empreinte de tendresse, "Did you ever?" bénéficie d’excellents arrangements, procurés par la six cordes et le saxophone de Steve Trecarten. "Get it!" est de la pure dynamite. Un rock'n'roll stimulé par la slide dévastatrice et Steve qui double au piano et à l'harmonica. Ballade folk roots, "The other side" est balayé par le violoncelle Ken Kanwisher. Retour réussi pour Drew Nelson !

 

mercredi, 15 octobre 2014 16:35

Shakedown & Boogie

Le blues a toujours été populaire chez nos amis du Nord ; et depuis les 60’s, ils ont toujours donné naissance à des artistes talentueux. La scène y est particulièrement vivace et le nombre de jeunes formations y est important. Les Hollandais possèdent un son, qui a été cultivé et exploité par le label Cool Buzz depuis ses débuts en 1998. Sur cette écurie, la formation Big Blind a pondu un excellent album en 2009, "Circus left town". On se demandait ce qu’elle était devenue. Et bien on a la réponse, puisque le chanteur/harmoniciste Wesley Van Werkhoven, le guitariste JJ Van Duijn et le drummer Niels Duindam ont décidé de monter un nouveau combo en février 2013, le Dynamite Blues Band. Seul changement au sein du line up, la présence de Renzo Van Leeuwen qui a repris le poste de bassiste à Dirk, le frère de JJ! Et le résultat tient la route. Du blues franc, direct, dynamique et original. Les quatre musiciens signent les treize plages.

Dès les premières notes de "Howlin", nous sommes plongés au cœur de cet univers blues typiquement batave ; un ancrage bien personnel, même si le tout est épicé de saveurs empruntées aux Red Devils de Lester Butler. La voix de Wesley n'est pas très puissante, mais harmonieuse, elle se fond bien dans l’ensemble. Subtil, original, le jeu d'harmonica intervient assidûment. Une formule qu’on retrouve sur "Reset", une des meilleures plages de l’opus. Le rythme s'emballe sur "Boom boom boom". La rythmique puissante et le chant caustique me rappellent les Pretty Things à leurs débuts. Butler hante également "Doin' okay". L’harmoniciste vide pour la circonstance ses poumons. La voix est vivace. "Anna Lee" nous entraîne dans l'univers texan des frères Vaughan, et tout particulièrement celui de Jimmie. A cause du style incisif de JJ sur les cordes. "Rebound" opère une première incursion dans le boogie. Un tempo également adopté par le brillant "Boogie through the night" et lors de la finale, "Shakedown & boogie". "Rebound" évolue sur un rythme indolent, lancinant, hypnotique même, dans l’esprit de Howlin' Wolf ; une piste au cours de laquelle JJ se concentre sur la slide. Van Duijn tire son épingle du jeu tout au long de "Movin", un West Coast jump qui libère une swing léger, tout en évoquant la crème du genre, comme Hollywood Fats ou Junior Watson. Le long playing recèle également deux pistes rythmées et explosives ; en l’occurrence, "TNT" et "Dynamizer", un instrumental sur lequel Wesley pourrait rivaliser avec les meilleurs souffleurs contemporains. "Black magic" est la compo la plus lente, une chanson empreinte de mélancolie qui reflète un certain de mal de vivre… 

 

mercredi, 08 octobre 2014 11:46

Warning shot

Mississippi Heat est un blues band multiracial établi dans la cité qui a tant donné au blues, Chicago. Le groupe s'est formé en 1991, sous la houlette de deux frères, Pierre et Michel Lacocque, originaires de Ransart, en Belgique. La famille avait émigré dans la plus grande ville de la région du Mid-Ouest, en 1969. Harmoniciste exceptionnel, au style très personnel, Pierre est devenu depuis docteur en psychologie. Michel se charge du management. La formation n’a jamais été stable ; sans doute une volonté du leader qui a toujours souhaité s’entourer de musiciens notoires, tout en invitant des vocalistes, davantage féminins que masculins, occuper le front de scène. A l’instar de Deitra Farr, Mary Lane, Zora Young, Katherine Davis et pour cet elpee, Inetta Visor.

Les quatre premiers elpees du combo sont parus sur leur propre label, Van der Linden. Les deux suivants ont été publiés par l’écurie allemande Crosscut. En 2005, il est passé chez Delmark, et lui est resté fidèle ; une boîte qui a depuis des lustres pignon sur rue, à Chicago. Le groupe puise en effet ses sources dans le Chicago blues urbain des années 50, tout en y ajoutant une pointe d'originalité très personnelle. Le line up de base implique Pierre, Inetta, Giles Corey et Michael Dotson aux guitares ainsi que Kenny Smith à la batterie et Brian Quinn à la basse. En mars dernier, ils se sont réunis au studio Riverside à Chicago, et ont invité, comme d’habitude, une belle brochette d'invités. L’opus est découpé en seize plages, pour la plupart signées par Lacocque.

"Sweet poison" ouvre la plaque. Un Chicago shuffle contaminé par le Southside. Giles Corey (NDR : il vient juste de fêter ses 40 balais) fréquente le Heat depuis près de 10 ans. Il prodigue un riff de gratte familier. La voix d'Inetta est autoritaire et passe facilement la rampe. Plus rock, "Alley Cat Boogie" est imprimé sur un tempo plus enlevé. Soutenue par un solide chœur féminin, Miss Visor balise l’ensemble. Pierre Lacocque opère sa première sortie sur l'harmo astatique. Et elle est spectaculaire. Il est ensuite relayé par le saxophone baryton de Sax Gordon. Excellent! Lacocque aime se plonger dans des ambiances exotiques et latines. A l’instar de "Come to Mama", une compo dont le climat festif est enrichi par les percus, les cuivres et les claviers. Le "I don't know" de Brook Benton a permis à Ruth Brown de décrocher un hit. Soul/blues, cette version met en exergue les interventions de l’harmo tout en délicatesse et finesse. Michael Dotson chante son "Yeah now baby", un morceau imprimé sur un rythme nerveux! "Swingy Dingy Baby" et "Evaporated blues" me bottent davantage, des plages qui démontrent toute la cohésion, la puissance et la créativité de l'ensemble! Inetta chante le ludique "Birthday song", une compo écrite par Pierre pour ses trois petits-enfants. Les percussions et surtout la guitare délirante de Carl Weathersby entretiennent une atmosphère digne de Santana. "Nowhere to go" opère un retour au style Chicago. La voix d'Inetta est conquérante face à l'harmonica et le piano de Neal O'Hara (NDR : un musico du groupe de funk Heard). Ce dernier tire son épingle du jeu à l’orgue sur le titre maître, sans pour autant faire de l’ombre à son leader! L’adorable Inetta chante "Too sad to wipe my tears", un excellent roots blues. Particulièrement dépouillé, il est talonné par l'harmonica, les cordes de Corey et le piano. Dynamisé par ses rythmes syncopés, "Recession blues" permet à Larocque et Corey de prendre un nouveau billet de sortie. Encore un grand moment ! Une seule plage instrumentale : le "Your cheating heart" de Hank Williams, un piste qui met en exergue le sax ténor de Sax Gordon! Un espace funk est concédé à Miss Visor pour attaquer son "A part of something special". Kenny Smith (le fils du légendaire Willie ‘Big Eyes’ Smith), chante "What cha say?", tout en se consacrant aux drums, un blues lent qu'il a composé. Et ce superbe opus s’achève par "Working man", un Chicago blues rythmé, dernière opportunité pour célébrer cette rencontre réussie entre la voix expressive d'Inetta et l'harmonica du chef Lacocque!

 

mercredi, 08 octobre 2014 11:45

Heart 'O' Chicago

Etablie à Chicago, Liz Mandeville est une chanteuse de blues. Compositrice prolifique, elle gratte également de la guitare. En outre, elle a également monté son propre label, Blue Kitty Music. Originaire du Wisconsin, elle s’est installée dans la Cité des Vents, en 1979. Elle s’était alors mariée à Willie Greeson qui militait au sein du Legendary Blues Band, une formation qui réunissait des musicos qui avaient sévi dans le Muddy Waters Band. Elle s'est d'abord révélée sous le nom de Liz Mandeville Greeson. Le nom de son mari a disparu, suite à l’échec de son union! Elle a longtemps travaillé auprès du bassiste Aron Burton, mais également bossé en compagnie de Willie Kent, Maurice John Vaughan et Michael Coleman. De couleur blanche, cette dame est parvenue à se forger une notoriété dans la plus grande ville de la région du Mid-Ouest. Ce qui n'était pas gagné d'avance. Elle vient de graver son sixième LP personnel.

Liz drive son propre groupe, les Blue Points, un combo au sein duquel militent le Japonais Minoru Maryama à la guitare, Darryl Wright à la basse et Jeremiah Thomas à la batterie. Un claviériste et une section de cuivres complètent le line up. Et suivant la tradition, quelques invités ont poussé la porte du studio. Quoique blues, "Heart 'O' Chicago" est largement teinté de soul, et notamment à caractère Stax et Muscle Shoals.

Liz Mandville s'échauffe sur "Cloud of love", un R&B bien dansant. Sa voix est claire. Elle conserve cependant une réserve de puissance conséquente. Les cuivres sont bien mis en exergue. Le prestigieux Eddie Shaw, autrefois leader du Wolf Gang, backing group de Howlin' Wolf, est venu renforcer l’ensemble de son sax ténor. Il émane de ce titre, un funk naturel, balisé par les interventions de basse de son compagnon Darryl et l'orgue Hammond de Miss Joan Gand. Elle adopte un timbre plus grave pour aborder "These blues", une ballade swing jazz au cours de laquelle Joan passée au piano, Minoru brille aux cordes et les cuivres se révèlent particulièrement en verve. "Don't doubt my love" est un titre de soul classieux. Liz et Charlie Love (ex-Casey Jones Revue), un grand spécialiste du style, se partagent les vocaux. Contemporain, dansant, "So called best friend" est un Chicago blues coloré par l'orgue Hammond et souligné par les interventions de Billy Branch à l’harmo. La voix de Liz est au sommet de son art sur "Quit me on a voice mail", un R&B très lent, abordé dans l'esprit du southern soul de Memphis. Elle y injecte toute sa sensibilité, épanche tout son vécu, face à l'orgue Hammond, le saxophone ténor troublant d'Eddie Shaw et les cordes mélodieuses de Maruyama. Imprimé sur un bon tempo, "Party at the end of time" est un Chicago blues plus conventionnel, marqué par le retour de Branch à l’harmonica. Et ses interventions sont vraiment atmosphériques. Les cuivres reviennent à la surface sur "Silver's lining", un blues rythmé destiné à la danse. "Tig Tok" est une composition qui accroche instantanément. Une compo de pop/r&b à la mélodie légère, tapissée par l'orgue Hammond. Les cuivres servent de rampe de lancement à la guitare, alors que Miss Mandville ne cesse de relancer le Tig Tok! Enchantée, elle empoigne sa gratte électrique et nous sert une tranche funk bien brûlante intitulée "Why would a woman sing the blues". Charlie Love revient servir de partenaire vocal pour le blues enlevé "Smart women foolish choices", une piste balayée par la trompette de Wade Baker, alors que Minoru semble bien avoir rechargé ses accus à la six cordes. "Life is like a wave" clôt l’elpee. Un pur bonheur ! Du blues très fifties dont le tempo semble avoir été emprunté à Jimmy Reed. Liz est toujours à la gratte, pendant que Dizzy Bolinski, une étoile montante de la Cité des Vents souffle passionnément dans son harmonica. De toute bonne facture, ce long playing propose onze compos originales également produites par Liz Mandeville…

 

mercredi, 08 octobre 2014 11:41

Open mic at the Knick

Rhode Island est un petit état situé sur la côte Atlantique des USA, coincé entre le Connecticut et le Massachusetts. Mais depuis longtemps, sa scène jump blues et R&B est particulièrement fertile. Surtout à Newport. C’est dans ce port de plaisance que se déroulent  le Newport Jazz Festival ainsi que le Newport Folk Festival. Des événement qui ont permis, au cours des 60’s et des 70’s la découverte d’artistes incontournables comme Bob Dylan, Joan Baez, mais aussi Greg Piccolo, Johnny Nicholas et Duke Robillard qui allait former le big band Roomful of Blues. JP Gauthier et son ami Bob Christina ont eu l'idée de ressusciter ce concept en réunissant des musiciens qui partagent la même passion afin d'enregistrer cet album dans l'esprit d'une performance live.

Bob est batteur. C’est le frère de Fran Christina, le drummer historique des Fabulous Thunderbirds. Il a participé à l’enregistrement de trois plages. Le line up des All Stars implique les frères Christina, le bassiste Bob Worthington, le guitariste Ricky King Russell, Al Copley ou Dave Maxwell au piano ainsi qu’une section complète de cuivres. Et pas moins de 8 chanteurs ont été invités pour immortaliser l’événement. Un événement qui s’est déroulé dans le patelin de Westerly ; et "Open mic at the Knick" nous restitue l'ambiance brûlante qui y régnait et règne encore les plus grands soirs. John Paul Gauthier a enregistré, mixé, produit et distribue ce CD sur son label JP Cadillac.

Le rideau s'ouvre par le classique de BB King, "You upset me baby". Ronnie Earl, qui a longtemps sévi chez Roomful of Blues, se réserve la guitare, alors que Sugar Ray Norcia, ex-leader des Bluetones, se consacre au chant. Autoritaire, puissante, sa voix est vraiment adaptée pour aborder le style jump. Rich Lataille (NDR : seul membre originel de Roomful of Blues toujours présent!) s'envole sur son sax ténor alors que King Russell s'emballe sur sa Fender Stratocaster. Les All Stars embrayent par le classique "Turn on the love light", une piste chantée dans une ambiance Blues Brothers par le Texan Malford Mulligan. Il réplique ensuite tout au long du rythmé "Love disease", un morceau dont le tempo est imprimé par Fran Christina, lui aussi un ancien Roomful of Blues. Autre Texan, Willie Laws se réserve le micro pour attaquer le blues lent "Mother-in-law blues", un petit joyau autrefois interprété par Buddy Guy. Et il remet parfaitement le couvert sur le classique "Five long years", un slow blues signé par le pianiste Eddie Boyd. Johnny Nicholas nous vient également du Texas. Il chante remarquablement le blues indolent "Jelly Jelly". Les cordes de Russell sont impeccables ; le piano et la trompette feutrée de Doc Channonhouse le sont tout autant. Rick Russell introduit "Reconsider baby", un autre blues lent. Nicholas est toujours aux vocaux pour ce titre issu de la plume de Lowell Fulson. Sugar Ray revient chanter "It's later than you think", un jump tourmenté, imprimé sur un tempo irrésistible. Al Copley, Rich Lataille et Doc Channonhouse tirent leur épingle du jeu sur cette plage composée par Roy Milton. Curtis Salgado est un autre ancien musico du Roomful of Blues. Il aborde "Ain't that lovin' you" d’une voix purement soul. Mais plutôt jazz, cette compo swingue naturellement. Et à la six cordes, King Russell s’y révèle bouleversant. "Somebody's got to go" est un blues classieux dispensé par J.P Sheerar. Brian Templeton drivait autrefois Radio Kings, un combo notoire de Boston. Sa version du "I'm tore down", un des joyaux issus du répertoire de Freddie King, ne manque pas de panache. Russell est intenable aux cordes. Un des tous grands moments de cet opus. Et on n’est pas au bout de nos surprises. Nicholas chante le blues louisianais, "Along about midnight". Rick est décidément insatiable sur sa gratte tout au long de cette composition signée Guitar Slim, l'un des fleurons du blues de New Orleans. Et il en remet une dernière couche sur le "Going down" de Don Nix, une finale très électrique chantée par Mike O'Connell.

 

lundi, 06 octobre 2014 15:27

R.I.P. Paul Revere

Né le 7 janvier 1938, Paul Revere s'est éteint ce 4 octobre 2014, à l'âge de 76 ans, très probablement d'un cancer.

Il faut déjà un certain âge ou s'être intéressé de près à la musique des années 60 pour connaître cet artiste qui aimait tant se revêtir d'uniformes colorés de la guerre d'indépendance ; il était un homme réputé attachant, amical et spontané.

Paul Revere avait fondé son groupe, les Downbeats, dès 1958, une formation à l'origine instrumentale. Elle se mue en Paul Revere and the Raiders deux ans plus tard, trouvant le succès au cœur des sixties et jusqu'au début des 70s, dans une formule pop/pock, grâce à des singles comme, "Kicks", "Hungry", "Good things", "Louie Louie", sans oublier son numéro un, "Indian Reservation", publié en 1971.

Quoique leader de la formation, Paul Revere ne se consacrait pas au chant, mais à l’orgue.

En 1978, il avait dissout son band, avant de le reformer 2 ans plus tard ; un aventure qu’il était même parvenu à poursuivre jusqu'à nos jours.

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