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Le parfum de vie de Goudi

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Hooverphonic
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 09 novembre 2014 12:47

Swamp cabaret

Beverly Jo Scott ou si vous préférez B.J Scott a une carrière déjà bien remplie. Et un parcours qui lui a permis d’acquérir une fameuse expérience. Elle est originaire de l'Alabama, près de Mobile. Ses racines sont donc sudistes. Et dans sa musique, se mêlent dès lors blues, gospel, country, folk et rock. A 22 ans, cette chanteuse/guitariste/compositrice fait le grand pas et vient s'installer en Belgique où elle vit d’ailleurs toujours aujourd'hui, à Wezenbeek-Oppem, très exactement. C'est en 1990 qu'elle publie son premier single, sa version du célèbre "C'est extra" de Léo Ferré. Son premier album, "Honey and hurricanes", paraît l’année suivante. Depuis, elle en a publié une dizaine y compris trois elpees live. Elle a apporté son concours à de nombreux artistes, et tout particulièrement à Arno. En 2005, elle monte un spectacle baptisé "Planet Janis", tout naturellement consacré à l'inoubliable Janis Joplin. Au cours des dernières années sa côte de popularité est montée en flèche. Tout d’abord en participant comme jury à "The Voice Belgium" sur la RTBF, puis en animant l'émission ‘BJ Sunday Brunch’, tous les dimanches midi sur Classic 21. "Swamp Cabaret" constitue son premier opus studio depuis cinq ans déjà. Elle signe dix des onze plages de ce disque, des lyrics qu’elle a écrits dans sa langue maternelle.

"Mobile bay" est une superbe ballade empreinte de douceur. BJ nous avoue qu'elle est toujours prête à tout quitter pour retrouver certains espaces qui ont hanté sa jeunesse, dans l'est de l'Alabama, à deux pas de la Floride. Grave, suave, harmonieuse, sa voix est soulignée par l’harmonica de Larry T Wilson, un ami issu de l'Alabama! Autre ballade, "If you don't want me" est enrobé de chœurs féminins, une plage au cours de laquelle Marcus Scheibmaier se réserve l’orgue et Julz Parker la guitare. "Love me wild" est une piste pop/rock plus vivifiante, séduisante aussi. BJ y module sa voix en fonction du tempo, Anthony Crawford apporte une coloration ‘americana’ à l’aide de la pedal steel, alors que Thierry Plas injecte toute son agressivité dans les cordes. Chanson intimiste, "Love me wild" est sculptée par les cordes acoustiques de BJ et les bruitages électroniques de Scheibmaier. "Southern pearl" nous entraîne dans le Sud profond. En Louisiane même. Un blues aux sonorités métalliques, trempées dans la reverb. Miss Scott la chante de sa voix expressive, légèrement écorchée, face à la slide de l’ex-Wet Willie, Rick Hirsch. Encore une autre ballade : "Worry". Une compo envahie de cordes synthétiques d’où émerge quand même le violon de Tom Morley (NDR : un musico issu de l'orchestre symphonique de Mobile) et des voix féminines. Plutôt southern rock, "Working after midnight" est un titre bien électrique, subtil, alimenté par le gratteur belge Fabrice Manzini. On reste dans la ballade, mais roots pour "No kiss goodbye", une plage à la mélodie limpide. Très présente, la guitare baritone de Hirsch apporte de la solennité à l'ensemble. Excellent roots/rock, "Are you the one" repose sur une structure instrumentale impeccable : section rythmique, orgue, violon, voix. Après "Swamp Cabaret", le combo attaque "Rockabilly legend", un rock'n'roll signé Bo Roberts et Len McCumber. Epaulé par Fabrice Manzini, BJ se consacre à la gratte électrique. Et l’opus de s’achever par une ballade folk roots empreinte de tendresse, "Fall up that hill"…

 

dimanche, 09 novembre 2014 12:46

Rootbag

Richard Van Bergen est néerlandais. Il est considéré comme l'un des meilleurs guitaristes de blues dans son pays. Ce n'est plus un débutant puisqu'il a participé aux sessions d’enregistrement de Sugarcane, T-99, JW Roy et Dede Priest. Il puise ses influences majeures dans le Delta Blues du Mississippi, qu’il mêle aux rythmes de la Nouvelle Orléans et au blues atmosphérique des marais louisianais. Il décrit ainsi son style de ‘gumbo’. Il fonde Rootbag en 2010. Et s’appuie alors sur une excellente section rythmique constituée de Dick Wagensveld à la basse et Jeroen Goossens, à la batterie. Wagensweld est malheureusement décédé, quelques mois après l'enregistrement. L’opus lui est d'ailleurs dédié. Réalisées au sein du Sylvester d'Erik Spanjers, à Utrecht, les sessions ont été exhumées et confiées aux soins de Mischa Den Haring (T-99) et d'Isa Azier.

Votre serviteur découvre Van Bergen. Un guitariste passionné et un excellent vocaliste. Son style est plutôt primaire, mais évolué sous son aspect technique. Le combo me fait parfois penser aux débuts des Black Keys, mais en mieux. Richard signe toutes le pistes. Des compos d’excellente facture. Et qui ne souffrent d’aucune faiblesse.

"Nobody", morceau d’ouverture, et "Tired of being the fool that I am" sont deux pistes tout à fait irrésistibles. Caractérisé par ses percussions tribales et la guitare largement amplifiée, à la sonorité métallique, "Nobody" baigne dans le Delta du Mississippi. "When he comes" est un blues bien traditionnel au cours duquel les percus assurent un rôle primordial. Entrelacées, dédoublées, les guitares y apportent le relief. Créatives, les cordes mettent sans cesse le nez à la fenêtre. A l’instar des entraînants "All the time" et "Give me your heart". Un bottleneck parcourt "Stand in line" de sonorités de cordes lancinantes, une piste envoûtante mais aussi lugubre. "Od on love" est un blues lent et dépouillé. Paisible, la voix s’élève face à la basse métronomique et la six cordes, triturée par les effets des pédales. On en vient alors à "Tired of bein' the fool no more", un titre époustouflant qui nous entraîne au Texas. La section rythmique libère un groove pas possible alors que la voix ainsi que la guitare sont dignes de Jimmie Vaughan. Chargé d’intensité, "Don't lose your pride" adopte un profil funky, assez proche des musiques percussives de New Orleans. "Nothing in this world" trempe dans un swamp rock bien réverbéré. Isa Azier apporte son concours à la gratte sur "Will this love", une plage qui opère un retour vers la Crescent City de Nola. Créatif, ce funk est manifestement hanté par le Little Feat du regretté Lowell George. Van Bergen avoue être un adepte de feu Jimi Hendrix ; et il le démontre tout au long de "Love tells no lies", un blues imprimé sur un mid tempo, au duquel ses cordes ont totalement déjantées. Et puis également lors de la finale, un instrumental intitulé "Od on love (Slight Return)". Un excellent opus.

Et pour que votre info soit complète, sachez que Rootbag est reparti en tournée. Van Bergen est cependant soutenu par une nouvelle section rythmique, soit Roelof Klein à la basse et Jody Van Ooijen à la batterie.

 

dimanche, 09 novembre 2014 12:40

Going back

Maxwell Street est certainement l'un des plus anciens blues bands belges. Il vient de célébrer ses trente années d'existence. A la barre, les deux guitaristes originels sont toujours au poste ; en l’occurrence le chanteur Marino Noppe et Willy Devleeshouwer. Issus de Flandre Occidentale, ces deux musicos ont toujours eu un agenda particulièrement chargé et fréquentent régulièrement le célèbre Banana Peel, un club sis à Ruiselede. Fin du siècle dernier, Willy avait monté le Banana Peel Blues Band, une formation qui avait gravé un elpee  baptisé tout naturellement "Live at the Banana Peel". Il a également milité au sein de Catfish et épaule souvent Lightnin' Guy, chez les Mighty Gators. Marino apporte régulièrement son concours à de très nombreuses figures du blues, lorsqu’ils sont en tournée européenne. Le dernier en date ? Super Chikan. Il a acquis une fameuse réputation à la slide. La section rythmique de Maxwell Street réunit Joos Demeurisse à la basse et de Didier Feys à la batterie. Lors des sessions d’enregistrement, le combo a reçu le concours de quelques invités, dont la chanteuse Tessa De Vreese et le claviériste Filip Ketels. Et la production a été confiée à Tiny Legs Tim, alias Tim De Graeve, un authentique country bluesman belge.

Le disque s’ouvre par la plage éponyme. Un titre issu de la plume de De Vleeshouwer, inspirée par le Chicago blues. La voix de Marino est soutenue par celle de Tessa, alors que Willy se réserve la partie de soliste. Signé Noppe, "I'm a lover" est un excellent blues lent, davantage marqué par le Chicago Westside. Entre la gratte et la voix s’établit un jeu de questions/réponses. Une voix chargée de passion et une six cordes bien sentie. La cover du "Ramblin'" de Robert Johnson est imprimée sur un tempo assez enlevé. Miss De Vreese la chante aisément, mais en puissance. Et Marino se lâche sur son bottleneck. Noppe a pris le micro pour attaquer le ludique "Hot pants", une piste légèrement calquée sur le "Killing floor" de Howlin' Wolf, mais dans un style proche d'Albert King. Mario chante d'un timbre âpre le "Cut off  my right arm" de Johnny Copeland, un blues mélodique tout au long duquel Filip Ketels siège derrière le piano, avant que la guitare ne prenne son envol ! Dominée par la slide, "29 ways" est un Chicago blues signé Willie Dixon. Direction New Orleans pour le "I went to Mardi Gras" de Snooks Eaglin. La guitare est continuellement créative. C’est elle qui imprime le tempo, alors que les ivoires de Ketels et les percussions de Didier Feys se chargent de baliser l’ensemble. Les guitares lorgnent vers BB King sur "The Gateway", un autre blues lent de toute bonne facture. Marino est un expert à la slide et il le démontre tout au long de "Somebody has to pay". Tessa l’épaule au vocaux sur cette plage qui baigne dans un climat digne d’Elmore James. Un climat qu’on retrouve lors de la finale, le "My heart beats like a hammer" de Jeremy Spencer (Fleetwood Mac), lui aussi jadis marqué au fer rouge par l’illustre gratteur chicagoan. Et on n’est pas au bout de nos bonnes surprises, puisque l’elpee nous réserve encore une adaptation du slow blues de Johnny Otis, "One hour past midnight", un "Two O'clock in the morning" écrit par Marino, inspiré de BB King, qui permet à Ketels de se multiplier aux ivoires, et une reprise du "Summertime" de Gerschwin, au cours de laquelle, judicieusement canalisée par les interventions de guitare aussi sobres qu’efficaces, la voix de Tessa est en état de grâce. Et on épinglera encore le "See see baby" de Freddie King, morceau qui illustre à nouveau la qualité des références puisées par le quatuor belge… 

 

vendredi, 31 octobre 2014 11:55

John Weeks Band

Né en France, John Weeks est chanteur et guitariste de blues. C’est un vétéran puisqu'il a entamé sa carrière au début des 70’s. Au départ, il était influencé par les Allman Brothers, Jimi Hendrix, Eric Clapton et surtout Freddie King. Début des 90s, il vit à Paris. Il drive alors un trio baptisé TNK, un combo qui squatte les clubs de l'Hexagone. Depuis, l’artiste a émigré à  Denver, dans le Colorado où il multiplie les projets : Bluzinators, Papa Juke, Cedar Avenue Blues Band, entre autres. Printemps 2014, il monte ce Willie Weeks Band, en compagnie d’Andras Csapo (AC), un chanteur/claviériste/harmoniciste d'origine hongroise, Curtis Hawkins à la basse, et Tim ‘Chooch’ Molinario à la batterie. Au cœur de cet été, ils ont investi le studio Colorado Sound. 

L’elpee s’ouvre par "All night", un blues teinté de R&B de toute bonne facture qui rappelle quand même l’Allman Brothers Band, notamment à cause de la guitare de Weeks et l'orgue de Csapo. La voix de Weeks colle bien à ce climat digne d’un jam band sudiste… Caractérisé par ses cordes acoustiques, "Devil in my house" sonne plus roots, une piste au cours de laquelle AC est passé à l'harmonica. Plus laidback, l’atmosphère est plus proche de JJ Cale. Guitare et harmonica dialoguent tout au long de l’instrumental "Why don't we slepp on it?", une compo bien balancée. Une excellente intervention à l’orgue Hammond ouvre "How can you love me?", un blues lent que chante Weeks d’une voix empreinte de désespoir, face à un amour qui n’est pas partagé, avant de libérer ses cordes, tout en retenue et parcimonie. Blues funk, "I want to get back home" est coloré par l'harmonica de Csapo et dynamisé par la six cordes du leader. "You never say what you mean" baigne dans un climat latino-jazz, une plage dont le groove est alimenté par les percussions de Chooch, mais également les variations de la guitare et d’orgue. Des claviers chaleureux qui balaient la finale "Moving on", une autre plage funk, caractérisée par une dernière sortie des cordes, sans pour autant déborder de son contexte.

Ce premier opus est chargé de promesses, même si la voix de John n'est guère passionnante. Néanmoins, le band vient d’engager une chanteuse, Miss Michele Steele, pour assurer les lead vocals. Et c’est une excellente idée !

 

vendredi, 31 octobre 2014 11:48

I'm free

Agé de 37 ans, Jordan Officier nous vient de Montréal. Chanteur, compositeur et guitariste, le Canadien a déjà reçu un Prix Juno pour le meilleur album de jazz vocal, publié en 2010. Une récompense attribuée à son premier elpee commis en solitaire, "Jordan Officer". Pour enregistrer "I'm free", il a déménagé temporairement à New York. Lors des sessions, il n’a reçu le concours que d’une section rythmique. Aux drums, le plus souvent Charley Drayton (ex-Herbie Hancock, Johnny Cash, Neil Young) et parfois Tony Mason (ex-Joan Osborne, Norah Jones, Bo Diddley). A la basse, Andy Hess. Le tracklisting recèle huit compos originales et, en finale, deux reprises.

"At least I've got the blues" ouvre le long playing. Une perle. Jordan avoue que, s'il aime le  jazz, la country et le rock'n'roll, il éprouve un réel plaisir à en revenir aux sources, le blues. Un dialogue d’une grande pureté et particulièrement raffiné s’établit entre l’artiste et ses cordes. Les percus de Tony Mason sont bien mises en exergue tout au long de "A night of fun", une piste qui véhicule des accents latinos. La voix est nonchalante et le jeu de gratte très rythmique. Blues indolent, dépouillé, le titre maître rappelle T-Bone Walker voire, sous un angle plus contemporain, Ronnie Earl, un morceau au cours duquel on ressent profondément le feeling de l’artiste. "When we were just two" adopte le Diddley beat, mais sous un format très léger. Les cordes et les drums de Mason font ici bon ménage. Pour exprimer au mieux ses émotions, Officer choisit le plus souvent le dépouillement extrême, notamment à travers son jeu de cordes. La section rythmique balise à la perfection "I'm all alone". Exercice de style, "Jackie's tune" conjugue virtuosité et mélodicité. Une piste qui navigue à nouveau dans un climat proche de Ronnie Earl. Jordan chante "Two will do". Mason produit un léger swing proche du bebop, sur ce titre jazz. Intimiste, "Life just showed me" opère un retour au blues traditionnel. Le jeu de guitare est d’une grande limpidité. Superbe ! Le long playing s’achève par deux reprises. Tout d’abord "Ain't nobody's business", un blues lent popularisé par Freddie King. L’intensité dramatique de cette version traduit la sensibilité d'écorché vif de l’artiste. La finale est instrumentale. "Hang 'em high" me fait penser à une B.O. de western ; finalement pas tellement éloignée de l’esprit d'Ennio Morrricone, même si le morceau est davantage contaminé par le blues et le surf. Un album remarquable !

 

vendredi, 31 octobre 2014 11:46

Love whip blues

Originaire de la région de Washington DC, Erin Harpe chante et se consacre à la guitare. Elle a appris à en jouer très jeune, auprès de son père, bluesman. C’est dans la capitale fédérale qu’elle va commencer à se produire tout en améliorant progressivement son style. Elle émigre ensuite à Boston où elle apporte sa collaboration à Paul Rishell et Susan Tedeschi. Elle publie deux albums solos acoustiques, "Blues roots" en 2002, et "Delta Blues duets" en 2008. Sa nouvelle formation, The Delta Swingers lui permet de découvrir les racines du blues du Mississippi des années 30 ; une structure qu’elle va balayer de références plus ou moins conséquentes de soul, funk et reggae.

Ce disque a été enregistré au sein des studios Fat Rabbit (NDR : ils appartiennent au jeune guitariste/producteur issu du New Jersey, Dave Gross). Le tracklisting réunit quatre compositions personnelles et des reprises de standards des années glorieuses du blues d'avant-guerre. Le line up des Delta Swingers implique le bassiste Jim Countryman, le drummer Bob Nisi et l’harmoniciste Richard Rosenblatt (NDR : c’est également le boss du label Vizztone qui avait aussi lancé Tone Cool Records). Et la production est impeccable.

Erin chante d’une voix pure et suave "Delta Swing", une plage très roots, qu’elle a co-écrite auprès de Rosie Rosenblatt. Le titre ne manque pas de charme et permet une excellente sortie de Rosie à l’harmonica. Quel plaisir de pouvoir le réécouter à ce niveau! Les percussions saccadées de Bob Nisi secouent "Love whip blues". La voix est étonnante ; mais c’est surtout l’harmo qui reste maître du jeu. La cover du "Future blues " de Willie Brown est superbe, un titre qui emprunte le tempo du chemin de fer, alors que la slide de Sonny Jim Clifford évoque les interventions d’Alan Wilson de Canned Heat, dans leur version de 1970. Et Rosenblatt s’y révèle époustouflant! Willie Brown est l'un des pionniers du country blues. Né à Clarksdale, il avait côtoyé Charley Patton, Robert Johnson et Son House! Solide compo, "Good luck baby" concède de légers accents reggae, une plage dont les parties vocales sont particulièrement soignées. Lucille Bogan est une des premières chanteuses de blues. On lui attribue la signature de "The M&O Blues". Willie Brown en avait également réalisé sa propre reprise. La nouvelle est une autre belle réussite dans l’univers du blues traditionnel, un morceau rehaussé par la présence à la slide de Bob Margolin, un ancien du Muddy Waters Band. Et à nouveau, Rosenblatt est bouleversant sur son harmonica. Les Delta Singers abordent le country blues traditionnel "One way gal", puis le jazz manouche "Pick poor Robin clean". Dave Gross se réserve le Wurlitzer pour le ludique et dynamique "Virtual booty blues". Les musiciens ont adapté le vieux "Mississippi blues" de Willie Brown (NDR : sans doute un WB différent de celui cité plus haut, un des mystères du blues!) sous la forme d'un blues amplifié, conventionnel mais impeccable. Ils l’ont cependant rebaptisé "Charles River Delta blues". Dans un style proche du Chicago southside, Miss Harpe se charge des cordes et Rosie de l'harmo. La interventions vocales d’Erin Harpe sont brillantes tout au long d’"Angel from Montgomery", une compo signée par le chanteur de country, John Prine. Et c’est également la finale. Pour votre info, sachez qu’Erin milite également au sein de Lovewhip, une formation qui pratique de l'electro-funk!

 

vendredi, 31 octobre 2014 11:43

Fatter than ever

Fathead est incontestablement un des meilleurs groupes de blues canadiens. Fondé en 1992, ce quintet est sur les routes depuis plus de 20 ans. A son actif neuf albums et deux JUNO awards (les oscars du blues canadien). Issue de Toronto, cette formation peut s’appuyer sur deux excellents compositeurs, Al Lerman et Omar Tunnoch! Multi-instrumentiste, Lerman est le leader. Il se réserve essentiellement l'harmonica et les saxophones, mais joue également de la gratte électrique ou sèche. John Mays se consacre aux lead vocals. C’est le seul membre de couleur noire du groupe. Sa voix est puissante et domine parfaitement l’ensemble. Le line up est complété par le bassiste Tunnoch, le guitariste Papa John King (ex-Long John Baldry Band) et le drummer Bucky Berger.

Soutenu par le piano de Lance Anderson (NDR : décrété claviériste blues de l'année au Canada), "I don't want to leave the party" est imprimé sur un tempo vivace. Lerman s’autorise déjà sa première sortie sur l'harmonica! Et elle est explosive. "Johnny says" adopte un même tempo. Le riff rythmique est âpre sur cette piste qui adresse un clin d'œil au rockabilly, tout en permettant une sortie aux cordes de Papa John. Enlevé, "Take a little time for yourself" emprunte des accents country. Expressif, le chant de Mays se détache face aux petits coups de griffe ingénieux assénés par l'harmonica. "Evil eye" est toujours aussi remuant. Alec Fraser, un musicien qui a souvent épaulé feu Jeff Healy, est préposé à la basse. "Twenty second chances" adopte un tempo plus tempéré. Un soul blues tapissé par l'orgue Hammond de Lance Anderson et traversé par le saxophone d’Al Lerman. Blues/rock, "When do you ever?" réactive le rythme. La guitare marque le riff et l'harmonica reste constamment à l'affût ! Tout aussi dynamique, "Slippery slope" est un titre qui incite à se déhancher devant le podium, un morceau au cours duquel Al Lerman libère une énergie digne de celle des Nighthawks. Lerman a empoigné une Resonator pour attaquer "Life goes on ", une roots song paisible. Retour à l’agitation pour "My brother", une piste vivifiée par les riffs de la guitare, au cours de laquelle la voix de Mays est soutenue par les chœurs passionnés de ses partenaires. R&B, "Better off taking chances" célèbre le retour du piano et du saxophone de Lerman. Deux instruments toujours à l'offensive sur "Shake that rooster", une plage qui déménage et rocke. Blues funk, "Pinching pennies" adopte le style New Orleans. De funk, il en est à nouveau question sur "Preacher jam", une sorte de gospel fluidifié par l'orgue Hammond de Denis Keldie. "Throw me a bone" trempe dans de la soul dansante, une compo excitante au cours de laquelle Papa John King y intègre astucieusement un solo. Et l'opus de s’achever par un dernier funk, "Cost to boogie".

 

vendredi, 31 octobre 2014 11:43

In the magic shop

Ce chanteur/guitariste américain est décédé en avril 2008, la veille de son 29ème anniversaire. Il était originaire de Philadelphie et sa famille s'était installée à Atlanta alors qu'il n'avait pas encore dix ans. A 16, il grave son premier elpee, "Call the cops". En 1996. A 20, il publie "Cuttin' in", un opus très bien reçu par la scène musicale blues. De son vivant, il publie encore "Moanin' for molasses" en 2001, "Elvis Costello" en 2005 et "We can get together" en 2008. Il avait une voix étonnante et était aussi bien capable d’aborder le blues, le R&B que la soul. Mais ces deux derniers long playings s'éloignaient quelque peu du blues pour aborder le southern soul et le rock. Hélas, il a été retrouvé mort dans une chambre d'hôtel, à Atlanta, probablement des suites d'une overdose. Il souffrait de désordre bipolaire, une maladie qui pouvait le rendre euphorique un instant et morose le suivant, proche même du suicide. Ses parents ont depuis fondé le ‘Sean Costello Memorial Fund for Bipolar Research’. En septembre 2009, son label Landslide a sorti un "Best of" baptisé "A Memorial Retrospective". Sean s’était bâti une solide réputation d’artiste live. En 2011, l’écurie a publié "At his best – Live", un LP dont les bénéfices ont permis d’alimenter le Fonds. Vizztone s’est chargé de graver ce petit bijou, immortalisé au cours de l'automne 2005 et mixé durant le printemps 2014 au studio ‘The Magic Shop’ à New York, sous la houlette de Steve Rosenthal.

"In the magic shop" débute de manière… magique! Blues lent, "It's my own fault" est une cover de B.B King, une compo extrêmement dépouillée, mais particulièrement efficace. Pour jouer ainsi, Costello avait certainement le blues. Il ne dispense que les notes indispensables, et elles font mouche. Les moments de silence sont importants. Et Paul Linden le seconde impeccablement. Un exercice de style opéré sur le fil du rasoir. Et au cours de la dernière minute, Sean se met à chanter. En transe, comme s’il était possédé ! Tapissé par l'orgue Hammond de Linden et le piano électrique de Brian Jackson, "Can't let go" embraie en mode soul. Passionnée, la voix de Sean est soutenue par deux voix féminines. "Hard luck woman" est imprimé sur un tempo indolent. Un blues alimenté par les vocaux, le chant, la gratte, l’harmonica, le piano et une section rythmique constituée du bassiste Melvin Zachery et du drummer Ray Hangen. "Trust in me" (Traduction : Faites-moi confiance) déchire l’atmosphère. Il ressemble à un cri de douleur, un appel à l’aide extrêmement expressif, face aux ivoires et aux cordes acoustiques. Blues amplifié, "Feel like I ain't got a home" rocke, une plage au cours de laquelle Sean hurle ses mots. Autre cover, "You don't know what love is" est issue de la plume de Fenton Robinson. Du Chicago westside blues coloré de soul. La six cordes est bien sentie. La voix est dévorée par la passion. "Check it out" est une plage écrite par Bobby Womack. La nouvelle version trempe dans un cocktail de soul, R&B et funk plutôt sauvage! "I went wrong" nous transporte dans le monde du Memphis blues. La guitare marche sur les traces d'Albert King, avant de planer dans la stratosphère. La reprise du "You wear it well" de Rod Stewart est surprenante. Sean adapte cette ancienne compo de l’ex-(Small) Faces issue de l’elpee "Never a dull moment", parue en 1972. Et la voix de Sean est encore plus écorchée que celle de Stewart. Tout comme sur "Told me a lie", une ballade blues tourmentée, lancinante, parcourue par une guitare effarouchée. Fruit de la rencontre entre funk et r&b, "Make a move" célèbre le retour des voix féminines. Signée Johnny Fuller, "Fools paradise" est une piste minimaliste tellement chargée de passion. Une finale aussi bouleversante que l’ouverture. Dommage que cet artiste soit disparu si jeune. Car son talent était vraiment exceptionnel!

 

vendredi, 31 octobre 2014 11:42

Walk away

Jimmy Carpenter est surtout notoire comme saxophoniste. Pourtant, il est également chanteur, compositeur et arrangeur. Il est né à Greensboro, en Caroline du Nord. Il y a effectué ses premiers pas musicaux. En 1980, au sein des Alka-Phonics. Il émigre ensuite à Charlottesville, en Virginie, pour y rejoindre Charlie Pastorfield and the Believers. Tinsley Ellis (NDR : un chanteur/guitariste de blues issu d'Atlanta) le remarque en 1998 et l'intègre dans son band. L'année suivante, il intègre celui de Jimmy Thackery, The Drivers, au sein duquel il restera cinq ans. En 2004, il se fixe à la Nouvelle Orléans pour poursuivre ses expériences musicales. Il apporte sa collaboration à Eric Lindell, Walter Wolfman Washington et au Honey Island Swamp Band. Son premier opus personnel, "Toiling in obscurity", paraît en décembre 2008. Depuis, il multiplie les prestations ‘live’, que ce soit chez les Roadmasters de Wolfman Washington (surtout) et aussi depuis peu en compagnie de Mike Zito, au sein de The Wheel. Il est également impliqué dans l'organisation du MNOP Festival (Music of New Orleans de Périgueux, en France). On se demande parfois s’il prend encore le temps de dormir.

"Walk away" constitue sa deuxième œuvre personnelle, un long playing pour lequel il a bénéficié du concours de la crème des musiciens de la grande cité louisianaise. "Can let go" ouvre les hostilités. De toute bonne facture cette compo concède des accents pop. Les arrangements sont fouillés. Jimmy a une bonne voix et est épaulé par d’excellents musicos : John Fohl (longtemps membre du Dr John Band) à la guitare et John Gros (le leader de Papa Grows Funk) à l'orgue Hammond. Sans oublier comme ‘guest’, le célèbre Anson Funderburgh, qui nous réserve un solo de guitare. Le titre maître est un solide rhythm & blues roots. Le tempo est balisé par une section rythmique de classe : Casandra Faulconer à la basse et Wayne Maureau à la batterie. Jimmy est parfait aux vocaux et peut enfin mettre son sax ténor sur orbite, une intervention talonnée par l’orgue Hammond. Une superbe plage ! "When you're ready" s’inscrit dans le même registre. Et si Johan Gros est passé aux ivoires, on reconnaît le style de Mike Zito à la six cordes. Le saxophone amorce le tendre "She's not you", une piste lente caractérisée par d’excellents vocaux, des cordes acoustiques subtiles et un orgue majestueux. Instrumental, "7th Street shuffle " met bien en exergue le jeu raffiné de Jimmy sur son saxophone. "No one's ever" est une ballade indolente, décontractée, ‘cool’… Un tempo adopté par "More than meets the eye", un southern soul cuivré au cours duquel les saxophones du leader sont rejoints par la trompette d'Antonio Gambrell. Ainsi que par "Hard to be cool", une plage aux accents jazz, chantée passionnément et caractérisée par les cuivres à l'avant-plan. Plus pop, "Crazy 'bout you" accroche pas sa mélodie, et nous réserve des envols magiques sur l'instrument à vent. Longue épopée instrumentale, "C King blues" rend hommage à son véritable maître, le grand King Curtis, malheureusement assassiné alors qu'il n'avait que 37 ans. Ses interventions sont ici enflammées et lumineuses. Autre perle, "Favorite muse" emprunte le rythme d’une rumba. Fohl est à la guitare pur accentuer l’aspect blues de la compo. Michael Skinkus se charge des percus et Gros de l’orgue. Un orgue qu’on retrouve sur "On the outside", une piste plus rock, découpée par de solides riffs de guitare, que chante divinement Jimmy. D’excellente facture, cet LP s’achève par une ballade country dépouillée, au cours de laquelle Jimmy et la Texane Reba Russell se partagent les vocaux…

 

mardi, 28 octobre 2014 10:55

Looking in the mirror

Howard Glazer est l'un des meilleurs bluesmen de Detroit, dans le Michigan. La Detroit Music Awards Foundation lui a d’ailleurs attribué, cette année, le titre de meilleur instrumentiste de blues et R&B. Glazer est sur les routes depuis plus de 20 ans. Il compte également plusieurs albums à son actif, dont le précédent, "Stepchild of the blues", est paru en 2013. De ces sessions, il en a conservé la section rythmique. Soit le fidèle Charles David aux drums et Chris Brown à la basse. De nouveau, Larry Marek se charge circonstanciellement des claviers. Glazer est devenu un homme à tout faire. Il a assuré la prise de son, le mixage et la production. Il signe aussi les douze plages!

Des cordes de guitare parcimonieuses introduisent "Midnight postman", un blues funk tapissé par les interventions d’orgue de l'orgue de Marek, alors que les voix féminines de Maggie McCabe et Stephanie Johnson soutiennent celle du leader. "Broken down hotel blues" emprunte un riff à Howlin' Wolf. La voix de Maggie épaule à nouveau celle d’Howard. Ce dernier libère une excellente sortie au sein d’une atmosphère cool. Howard écrase sa pédale sur "Take me baby" afin de torturer les vibrations électriques de sa guitare. Larry Marek prend un billet de sortie sur son orgue et réplique aux cordes acérées et bien amplifiées. De bonne facture, "All I ever wanted" jouit d’une excellente ligne mélodique. Miss McCabe susurre ses mots. L’assemblage des cordes est audacieux et bien réverbéré. Qu’elles soient acoustiques, électriques ou dispensées sur un dobro. Detroit shuffle, "Walking in Detroit" est très proche du blues de Chicago. La rythmique est bien marquée. Le duo vocal lymphatique. La guitare impeccable. Tout comme la sortie de David Kocbus à la trompette. "Eviction blues" est le long blues lent qu’on attendait. L'échange entre le chant et la guitare est bien mis en évidence. Armé de sa guitare resonator, Glazer chante d’un timbre quelque peu fatigué, le blues acoustique "Feeling so bad". Le titre maître est certainement le meilleur de l’opus. Un blues amplifié caractérisé par des grattes aux tonalités différentes qui s’entrelacent. La voix est nonchalante et le recours au bottleneck est tout à fait judicieux. Soutenu par les chœurs féminins, Howard change d’une voix ‘dylanesque’ "Wandering trails", une bien jolie ballade roots nappée d’orgue et balayée de cordes lancinantes, dispensées par le bottleneck qui glisse le long des cordes. Rock'n'roll classique, "Pushing the limits" adopte le riff de Chuck Berry. Delta blues original, "Misunderstood the devil" libère des sonorités décapantes, légèrement acides, destinées à préparer la rencontre avec le diable. Et la finale est tout à fait superbe. Blues lent accrocheur aux accords de gratte réverbérés, sulfureux, psychédéliques, "Emergency" est hanté par les fantômes qui peuplent les marais du Sud ; alors que la flûte de Tom Schmaltz tente de se frayer un chemin à travers les rares espaces libérés par la six cordes Impressionnant ! Finalement, Howard Glazer aurait dû davantage explorer l’aspect le plus ténébreux de sa muse…

 

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