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Jean-Claude Mondo

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jeudi, 29 mai 2014 15:25

Hard landing

Planet Full of Blues est un trio originaire de la Virginie. Johnny Ray Light en est le leader, mais aussi et surtout le chanteur/guitariste. Il est soutenu par le drummer Brock Howe et le bassiste Ron Dameron. La formation avait publié un premier opus éponyme en août 2008. Johnny avoue avoir été particulièrement inspiré par le regretté Stevie Ray Vaughan. Sa voix évolue dans un registre proche de Clayton-Thomas, du Blood, Sweat & Tears! Pour concocter cet elpee, le trio a bénéficié du concours du célèbre Jim Gaines. Des sessions qui se sont déroulées au sein des studios Bessie Blue de Memphis. Le combo pratique un blues rock largement teinté de R&B et libérant beaucoup de groove.

"Big mouth" ouvre le feu dans l’esprit de Vaughan. Néanmoins, la voix est moins hargneuse et a moins de vécu ! Elle emprunte alors l’expression autoritaire de David Clayton Thomas sur "So special", dominant bien sûr son sujet. Mr Light aborde son "Mashed potatoes Gravy" de manière ludique. Les musicos sont à la recherche de la bonne bouffe. De quoi donner de l’inspiration à Johnny pour s’envoler aux cordes. Sa voix est quand même particulière. Grave, elle est parfaitement adaptée lorsque le tempo n'est pas trop vif, comme sur "Open your eyes", une plage caractérisée par un solo très éclectique. Bien ficelé, "Busboy" trempe dans le blues rock conventionnel, une piste typique de la formule trio, la guitare comblant naturellement tous les espaces vides. "I had a dream" repose sur une trame dramatique réminiscente d’un Stevie Ray Vaughan des bons jours, une plage lente, aux accords de guitare fluides. "Big bright light" baigne dans un swamp rock qui lorgne vers le Creedence Clearwater Revival, mais sous une approche plus douce. Contaminé par les tonalités texanes de la guitare, "Sunday drive" déménage littéralement. "Felt like a tourist" accélère le tempo, un tempo bien soutenu par une rythmique très rock'n'roll qui laisse échapper de bonnes vibrations. Parcouru par d’excellentes interventions à la slide, "Snake lady" véhicule des accents très southern, roadhouse même. De bonne facture, cet elpee s’achève par le convaincant "Shugrue shuffle", un instrumental qui bluese et rocke comme du bon Freddie King!

 

jeudi, 29 mai 2014 15:22

Gotta bring it on home to you

Saxophoniste, Terry Hanck est âgé de 66 ans. Malgré les tempes et les cheveux gris, ce chanteur/compositeur/arrangeur/musicien est reconnu pour son immense talent de souffleur. Au sax ténor, bien sûr ! Son style est forgé dans le blues, mais un blues qu’il teinte de soul, de R&B et de rock'n'roll. Il puise ses principales influences au cœur des années 50. Né à Chicago, Terry est un passionné du blues. Il a fait le pas californien au cours des sixties. Plus tard, il milite au sein du backing band de l’ex-guitariste du Paul Butterfield Blues Band, Elvin Bishop. Début du millénaire, Hanck incite Chris ‘Kid’ Andersen à émigrer en Californie. Le Norvégien deviendra le gratteur attitré du souffleur, pendant plusieurs années. Et c’est le Kid et Hank qui produisent ce nouvel elpee. Johnny ‘Cat’ Soubrand a repris le rôle de sixcordiste au sein du Terry Hanck Band, aux côtés du drummer Butch Cousins et du bassiste Tim Wagar. Terry avait déjà publié un long playing en 2011. Intitulé "Look out!", il était paru chez Delta Groove. Le nouvel opus est sorti sur le même label. Un disque pour lequel il a reçu le concours de son backing group, mais aussi d’une belle brochette d’amis, pour la plupart des stars du blues contemporain.

"Right now is the hour" ouvre la plaque. Une compo signée par son vieil ami Elvin Bishop. Enrobée de chœurs gospel, parcourue par les cordes de Cat Soubrand et dynamisée par le saxophone en délire du leader, cette chouette plage de pop/r&b aurait pu alimenter un jukebox de la fin des 50s. Un riff de guitare familier aborde sa reprise du "Whole lotta lovin". Terry vide ses poumons sur ce titre signé Maxwell Davis/Joe Josea et popularisé par BB King. L’orgue Farfisa de Jim Pugh libère des sonorités vintage et Kid Andersen se réserve la guitare sur "Pins and needles", une plage ludique, ensoleillée et bien rythmée. "Peace of mind" nous replonge dans l'atmosphère du Chicago Westside, époque Magic Sam. A cause de ce riff de gratte rythmique bien caractéristique. Bob Welsh siège derrière le piano et Cat nous livre un superbe envol enflammé de notes torrides. Très jazz, "T's groove" est un instrumental saturé… de groove. Jim Pugh prend la direction de Memphis et se souvient d’un certain Booker T. Ce qui explique le titre de ce morceau. "My last teardrop" baigne au cœur d’une atmosphère festive. Celle de la Louisiane. Les spectres de Guitar Slim et de Fats Domino planent. Soubrand démontre une nouvelle fois sa dextérité aux cordes. Le sax baryton de Doug James rejoint le ténor de Hanck, tout juste pour libérer ce dernier lors d’un changement de rythme dévastateur. "No gettin' over me" est un succès recueilli autrefois par Ronnie Milsap. Sur cette reprise, la voix féminine de Lisa Leu Andersen soutient celle, particulièrement soul, de Terry. On navigue alors dans un climat qui me rappelle quelque part Junior Walker & The All Stars. Seconde piste instrumentale, "Jam up" est un classique du R&B des années 50, composé à la Nouvelle Orléans par Tommy Ridgley. Une piste balisée par la basse de Tim Wagar et les ivoires de Welsh. Une belle rampe de lancement pour propulser les solos de Soubrand, James et Hanck, au firmament… Terry signe "Gotta bring it on home to you", un blues légèrement teinté de rock, plutôt cool, qui permet à nouveau la sortie de trois solistes. Mais aux six cordes. En l’occurrence, Soubrand, Kid Andersen et Miss Debbie Davies (NDR : elle participe également aux vocaux). Excellent ! Terry chante autoritairement "One horse town". Cette finale dansante, très r&b, mais aux accents funkysants, entretient une ambiance endiablée, au cours de laquelle tous les acteurs participent avec beaucoup de plaisir …

 

jeudi, 29 mai 2014 15:19

This house

Shane Dwight est né en Californie. Depuis 2009, ce chanteur, compositeur et guitariste partage son temps entre Nashville et son ranch californien. Sa discographie est conséquente ; il a ainsi publié huit cd et 2dvd live. Paru en 2011, son dernier elpee, "A hundred white lies", avait été fort bien reçu par la critique. Il a signé un contrat chez Eclecto Groove, la branche rock du label blues californien Delta Groove. Il a conservé le même producteur, Kevin McKendree. La crème des musiciens de studio de la Music City de Nashville a participé aux sessions d’enregistrement : Doug Lancio à la guitare rythmique et Kenneth Blevins à la batterie (NDR : ce sont des membres du backing group de John Hiatt), Steve MacKey à la basse et Lynn Williams aux drums (NDR : il milite, lui auprès de celui de Delbert McClinton). Kevin McKendree, qui a longtemps soutenu McClinton, se charge des claviers.

Le titre maître ouvre l’opus. Une plage accrocheuse, caractérisée par une mélodie soul subtile. La voix de Dwight est solide et chaleureuse. Les sonorités dispensées par l’orgue Hammond de McKendree son feutrées. Une bonne rythmique communique un feeling funk à "We can do this", une piste toujours dominée par la voix, avant que Dwight ne s’autorise un billet de sortie sur sa gratte nerveuse et bien sentie. "Fool" baigne au sein d’un climat serein, presque indolent, une ballade réminiscente du Band, au cours de laquelle Shane nous réserve un solo tout en sensibilité. "Sing for me (Search for Sierra)" lorgne vers le Chicago Southside, mais sous un format contemporain. Une compo qui fleure bon le Sud. Parcouru par une mandoline et enrichie de chœurs gospel, elle exhale un charme discret et repose sur une trame mélodique ambitieuse. De sa voix accrocheuse et chargée de passion, Bekka Bramlett, la fille de Bonnie & Delaney, est venue chanter "It's gonna be beautiful", dans un climat country made in Nashville. Le style adopté tout au long de cet elpee s’avère, en général, plutôt homogène. "Devil's noose" est un blues aux accents roots americana. Directe, harmonieuse, la six cordes se fraie un chemin devant l'orgue Hammond. "Stepping stone " nous entraîne au cœur d’un Memphis blues bien saignant, une compo calquée sur le motif rythmique de "Green onions". Les changements de tempo sont parfaitement intégrés. Omniprésente, la guitare est impeccablement maîtrisée. Manifestement une des meilleurs plages du long playing. Shane a trouvé sa vitesse de croisière. Son blues est bien rythmé. Il n’a plus trop envie de changer de trajectoire. "Never before" est entraînant. La voix de Dwight est intransigeante pour aborder "I'm a bad man". Elle est aussi convaincante que celle du géant texan, Freddie King. Et la guitare laisse s’envoler de savoureux chapelets de notes, dès qu’elle en a l’opportunité, pour épouser le chant ! Ballade presque pop, "Losing ground" est tramé sur une ligne mélodique simple. Les sonorités de l’orgue sont lumineuses. Les interventions de cordes dignes de Clapton. Soutenu par un riff blues/rock, "Bad for you" concède des vocaux hip hop que traduisent les réponses animées de Lady Bekka. De bonne facture, cet elpee s’achève par "Crazy today", une piste qui baigne dans l'ambiance country/gospel de la Music City.

 

jeudi, 29 mai 2014 15:18

Taboo

Bob Corritore figure parmi les harmonicistes contemporains de blues les plus talentueux. A 57 ans, il compte une importante discographie. Il aime les collaborations. Ainsi, au cours des dernières années il a enregistré plusieurs duos, et notamment en compagnie de Dave Riley ("Hush your fuss", "Lucky to be living" et "Travelin' the dirt road"), de John Primer ("Knockin' around these blues"), de Tail Dragger ("Longtime friends of the blues") et de Kid Ramos ("Phoenix blues sessions"). Il est devenu l'un des protégés du label spécialisé de Los Angeles, Delta Groove. Il a décroché un ‘Blues Music Award’ en 2011, pour son album "Bob Corritore and Friends", et en 2012, le ‘Living Blues Award’, comme meilleur harmoniciste! Ajoutons qu'il possède l'un des meilleurs clubs de blues aux USA, le Rhythm Room à Phoenix, dans l’Arizona!

Pour enregistrer cet elpee, Delta Groove a une nouvelle fois sollicité le concours de nombreux et prestigieux invités. Un disque consacré à des exercices de blues instrumentaux. Et auquel ont donc participé une véritable ‘Dream Team’ comme le mentionne le notoire Charlie Musselwhite, dans les notes du booklet ! Little Walter (NDR : trop tôt disparu, suite à une bagarre de rue, ce musicien légendaire avait milité au sein du Muddy Waters Band) est considéré comme le Dieu souffleur par Corritore. Walter adorait concocter des plages instrumentales. C’est certainement l'inspiration majeure de notre citoyen de l'Arizona. Sur les six premières plages, il est entouré par la crème des musiciens blues de L.A. : le guitariste Junior Watson, le claviériste Fred Kaplan, le bassiste Kedar Roy et le drummer Richard Innes.

Swing stomp, le "Potato stomp" de Willie Egan ouvre la plaque. Une plage qui met bien en exergue le talent de Bob, bien entendu, mais aussi de Doug James au saxophone et Watson à la guitare jump ! Bob est remarquablement secondé tout au long de "Many a devil's night", un merveilleux blues lent, beau à pleurer. Et les interventions de Watson sont bouleversantes face aux ivoires de Kaplan! Chicago southside, "Ruckus rhythm" évolue dans un style fort proche de Little Walter voire de Big Walter Horton. Subtilement exotique, "Harmonica Watusi" est une excellente plage, caractérisée par un harmo aux accents percutants et les interventions judicieuses dispensées par l'orgue de Fred ! Les percussions syncopées d'Innes stimulent le titre maître, une rumba extraite des marais, dont la mélodie est véritablement sublime. Après "Harp Blast", un shuffle imparable, l’opus pourrait s’achever et on pourrait le considérer comme une belle réussite ; mais l'intérêt va persister jusqu’à son terme, et même nous réserver de nouvelles bonnes surprises. L'orgue de Papa John Defrancesco et les cordes de Jimmie Vaughan alimentent "Mr Tate's advice", un Memphis R&B qui ne manque pas de charme. Blues fin de soirée, "5th Position plea" est destiné aux couples qui s’étreignent sur la piste de danse. Des rythmes latinos enflamment "Fabuloco", une plage qui rend hommage au remarquable guitariste Kid Ramos, qui lutte depuis plus de deux ans contre le cancer. Papa John DeFrancesco, Jimmie Vaughan et Doug James font leur retour pour épauler Bob sur "Shuff stuff", un shuffle à la texane. "T-Town ramble" s’achève dans le swing. Un climat jazzyfiant qui sert de tremplin à l’envol subtil de l’harmo. De grande classe, cette œuvre s’achève par "Bob's late hours", un dernier blues lent, idéal lors d’une virée nocturne vécue autour du bar...

 

jeudi, 29 mai 2014 15:14

Austin wired

Brian Cober s’est forgé une fameuse notoriété à la guitare slide. C’est lui qui aurait inventé, dès 71, la technique de la double slide guitare, pratiquée en plaçant un bottleneck à deux doigts en même temps! Il participe à l’aventure du Terraplane Blues Band, fin des 70’s. En 1986, il monte son propre groupe, The Nationals, en compagnie de Paul McNamara et Dave Colter. Ils vont assurer le backing band de Bo Diddley, pendant deux tournées ! Le groupe publie l’album "Blue Howl" en 1996, suivi de "Peace of wood", en 2001, et "Double slide", en 2005. Après le décès de McNamara, en 2008, Cober poursuit une carrière individuelle, et grave "Real for gone", en 2010. Brian signe la plupart des compos de son répertoire.

Plutôt rock, "What will come" ouvre l’opus. Si le chant n'est pas inoubliable, le jeu sur la slide est étincelant et réverbère des sonorités très métalliques. La relecture du "Preachin' the blues" de Robert Johnson est opérée sur un tempo accéléré. La slide est omniprésente et ses incursions acérées sont particulièrement douloureuses. Lors d’une interview, Cober explique que "Preachin the blues" a été enregistré par Son House, dès 1930, une compo qu’il avait lui-même apprise de Tommy McCoy. Et quand, quelques années plus tard, Johnson l’a mise en boîte ce titre, sans lui avoir attribué de titre, il aurait du l'intituler "Blues walkin' like a man", pour ne pas entretenir de confusion! "I'm a bluesman baby" baigne dans un climat plus cool. Personnelle et originale, la slide épouse des ombres surprenantes, tout en relief. "Woulda coulda shoulda" s’attarde dans une semblable atmosphère. Et le tempo ralentit, comme si Brian voulait décomposer son approche de la slide, tel un bon pédagogue. Piste instrumentale, "Nuestro viento" suit un fil mélodique bien marqué. "I got a thing" adopte le rythme du chemin de fer, avant que la slide n’entre en éruption. Cober attaque le "Find my baby" de son ami canadien, Noah Zacharin. Laidback, "Run and  hideaway" bénéficie d’excellents arrangements. "Delevery man" clôt l’elpee. La slide adopte un profil plus conventionnel, tout au long de ce blues qui autorise les plus belles escapades de cet album… 

 

jeudi, 15 mai 2014 16:24

Too many roads

Thorbjørn Risager est danois. Agé de 37 ans, ce chanteur est un fervent adepte de BB King et Ray Charles. Professeur de formation, il a opté pour la carrière musicale. Depuis 2003, il dirige un groupe de sept musiciens, baptisé désormais The Black Tornado. Ensemble, ils ne se limitent pas au blues pur et dur mais plutôt à une fusion entre le blues, le funk, le R&B, la soul, le gospel et le rock. "Too many roads" constitue leur 8ème opus, il fait suite à "Between rock and some hard blues", paru en 2013.

L'album démarre par "If you wanna leave". Une véritable claque ! Puissante, la voix domine son sujet y compris la section rythmique. Le son est sale, pourrave, avant que l’ensemble des musicos ne viennent le rejoindre. La voix de Thorbjørn est autoritaire. Idéale pour ce type de plage, elle force même le passage. Pourtant, c’est le saxophone de Kasper Wagner qui s’autorise le premier envol. Une ouverture assez extraordinaire. "Too many roads" nous entraîne dans le delta du Mississippi, berceau du blues originel. La production est soignée. Le son du dobro, clair. Les harmonies vocales et la section rythmique soutiennent parfaitement le leader. "China gate" est la B.O. de ce film, un long métrage sorti en 1957 qui mettait notamment en scène Nat King Cole, une compo signée Victor Young. Cette nouvelle version est traduite en ballade folk/blues émouvante et dépouillée. "Paradise" nous ramène dans le Delta, pour une fusion roots blues, impliquant la collaboration de la section de cuivres. Des cuivres toujours bien présents et même grisants tout au long de "Drowning", une plage syncopée, balisée par la lourde contrebasse de Soren Bojgaard et les percussions de Martin Seidelin, qui emprunte à la musique caribéenne. Retour au blues pour "Backseat driver", une piste au riff impérieux, imposé par le leader. Ballade soul, "Through the years" est illuminée par une belle sortie de Peter Skjerning sur ses cordes. Un épais riff blues/rock amorce "High rolling". Nous ne sommes pas loin des Stones, mais la voix de Risager est bien plus allumée et mâle que cette de Jagger. De toute bonne facture, "Long forgotten track" est une ballade roots aux accents laidback, nonchalants, digne de JJ Cale. Plus immédiat, "Reh hot & blue" trempe dans un R&B presque pop. Un morceau bien ficelé au cours duquel la guitare parvient à se détacher de la fusion entre les cuivres et l'orgue. Libérant un max de groove, "Rich man" nous plonge dans l’univers de la Nouvelle Orléans. Et plus exactement reflète la joie de se produire dans la rue. Trompette, clarinette et sousaphone : tous les cuivres sont à la fête. Ce superbe album s’achève par une dernière surprise. Un rockabilly ! Pur et dur ! "Play on" dont le piano boogie est attaqué furieusement, un peu à la manière de Jerry Lee Lewis…

 

jeudi, 15 mai 2014 16:22

Get Pure

Mount Carmel ne nous invite pas à grimper sur la montagne biblique située en Israël, Mais à savourer son troisième opus. Fondé en 2010 à Colombus, dans l'Ohio, ce power trio américain réunit les frères Reed. Matthew au chant et à la guitare, Patrick à la basse. Un line up complété par le drummer, James McCain qui a remplacé récemment Kevin Skubak. Leur patronyme serait inspiré du lieu de naissance de cette fratrie : l'hôpital Mount Carmel de Colombus! Les deux premiers elpees étaient parus chez Siltbreeze, "Mount Carmel" dès 2010 et "Real woman" en 2012.

Publié sur Alive Naturalsound, "Get pure" a été enregistré au Suma Recordings de Cleveland et mixé au Ghetto Recorders de Detroit par Jim Diamond (NDR : notamment responsable de la mise en forme d’un album des White Stripes). L’esprit blues/rock est intact. Ces jeunes musicos ont été plongés, dès leur naissance, dans ce style insulaire réminiscent de la fin des 60s et du début 70s. Notamment celui que pratiquaient The Cream, Free et Humble Pie. Vous devriez ainsi vous faire une petite idée de la musique concoctée par le trio.

La machine à remonter le temps nous replonge donc quatre décennies en arrière. "Gold" ouvre l’opus. Une compo qui baigne dans l’ambiance du Cream, même si McCain ne possède pas la puissance de feu d’un Ginger Baker. "Back on it" est imprimé sur un tempo rapide. La section rythmique, bien soudée. La voix de Matthew, légèrement écorchée. "Back on it" trahit l’influence majeure de Mount Carmel : le Free. A cause des riffs blues rock dramatiques et de la manière de chanter, proche de celle de Paul Rogers, malgré un peu moins de puissance naturelle. "Whisper" me rappelle un des tous premiers groupes de hard rock californien, Blue Cheer, un combo sont sa version enflammée de "Summertime blues" avait récolté un énorme succès. Les deux plages suivantes nous invitent à pénétrer dans l’univers d'Humble Pie lorsque le pouvoir était partagé entre Steve Marriott et Peter Frampton. Tout d'abord "No pot to piss". A cause de cette succession de rythmiques adoptée par la guitare et surtout la voix empruntée à Frampton. Puis "Swallow me up", plus hard dans le style. Instrumental "Bridge to nowhere" constitue un exercice de style. Il sert également d’interlude avant de passer à la suite des événements. "One more morning" opère un retour à la formule instituée par le Free. Caractérisée par une sortie de cordes bien sentie, cette piste recèle son lot de dérapages contrôlés. Dans un climat similaire, "Will I" libère des sonorités de guitare bourrées de feeling. En écoutant "Hanging on", j’ai dû quelque peu me creuser les méninges. Faut dire que des groupes anglais susceptibles de composer une telle compo, à l’époque, il y en avait des tonnes. Parfois de très bons, quoique obscurs, comme Leafhound. Et cette piste me rappelle finalement ce band britannique! "Fear me now" lorgne de nouveau vers The Cream. La tension dramatique y est entretenue par la lourdeur du riff. Tout comme le final, "Yeah you mama". Cependant, Matthew ne possède ni la force, ni l'élégance vocale de Jack Bruce. Un long playing à conseiller à celles et ceux qui n’ont ceux qui n'ont pas vécu cette grande époque! Même si Mount Carmel n’a pas encore acquis la notoriété des Black Crowes voire des Black Keys!

 

jeudi, 15 mai 2014 16:21

The end of time

Cet arc-en-ciel lunaire est un combo de stoner rock originaire de Kentucky. Un super-groupe, puisqu'il réunit des musiciens de Hank3, Afghan Whigs, Hermano et Valley of the Sun. La formation a été fondée en 2010 par le chanteur Matt Bischoff. Et elle implique Ryan McAllister à la basse (NDR : qui se sert d’une Rickenbacker), David McElfresh à la guitare et Steve Earle à la batterie. 

"End of time" ouvre le long playing. On pénètre d’abord dans un univers folk entretenu par un violon et des cordes acoustiques. Mais après trente secondes, une ligne de basse bien épaisse ébranle le décor. Et nous entraîne au cœur d’un rock bien dur mais parfaitement audible. Et Black Sabbath n’est pas loin lorsque la guitare se fond dans la section rythmique. La musique pratiquée par Moonbow est bien stoner, c’est-à-dire très influencée par les 70s. Pas de hurlement vocal. Lorsque la guitare se libère, elle est bien maîtrisée et cavale rarement comme un étalon incontrôlable. "Journey of the iron horse" embraie sans la moindre pause. Le rythme est nettement plus rapide. Le cheval d'acier est au galop. La conjugaison entre la ligne de basse et les interventions de la batterie est volontairement lourde, écrasante même ; et la guitare de McElfresh a bien du mérite à s'en extraire. Matt Bischoff a une voix bien timbrée. "Fire bath" est une compo accrocheuse, malgré son titre. Un bain de feu pour se purifier de la fumée sacrée dans la fontaine de Satan. Pas vraiment un thème réjouissant ! Remontons dans le temps, et plus précisément fin des sixties/début des seventies lorsque Black Sabbath, Budgie ou même Motörhead sévissaient sur la scène hard rock. "Take it for granted" nous y replonge. Les lyrics sont signés John Garcia (Vista Chino, Kyuss) ; et il chante d’une voix douce, avant que Matt en prenne le relais pour aussitôt nous invectiver ! De bonne facture, "Octavia" est une plage au refrain contagieux. Cette aventure stoner se poursuit par "Saved", une piste censée sauver le pécheur des ténèbres. Mais l’opus s’achève dans un climat chaotique, lorsque débarque "Black widow", une veuve noire dont l’apparition est saluée par une bonne sortie des cordes.

 

jeudi, 15 mai 2014 16:20

Traveling South

Mikey Jr poursuit sa route parfaitement tracée depuis qu’il a accompli ses débuts dans le New Jersey, il y a déjà 31 ans ! Et sa belle discographie est au diapason. "Traveling South" constitue son huitième opus. Pour la circonstance, il a de nouveau reçu le concours du jeune Dave Gross qui s’est chargé de la production, de conduire les séances de studio, tout en apportant sa participation à la guitare.

Le titre maître ouvre l’opus. Une compo signée Mike Vernon, l'ancien gourou du blues anglais. Il souffle dans son instrument chromatique. Deux grattes soutiennent les vocaux, mais c’est bien la musique à bouche de Mikey qui dirige la manœuvre. Et ses interventions sont superbes. Une excellente entrée en matière ! "Nobody does it like me" permet de savourer la qualité du chant. Une voix qu'il force quelque peu mais sans excès ; d’ailleurs on peut mesurer la réserve de puissance du souffle. Mikey en garde sous la pédale tout en variant aisément ses tonalités. Michael Bram excelle aux percus sur "Morning on my way". L'orgue Hammond de Jeremy Baum (un musicien de studio notoire) s'intègre parfaitement à cette compo qui rappelle quand même Billy Boy Arnold. Mikey peut y vider ses poumons sans ressentir la moindre entrave. L'artiste s'enfonce dans le Delta pour aborder "Mill Tavern". Michael ‘Leroy’ Bram maîtrise ce blues authentique imprimé sur un tempo à l’aide de ses fûts. Bram est également un bluesman talentueux. Leader des Alternators, il se réserve le chant et la guitare. "Katie Lynn" constitue un sommet de l’opus. Tout est parfaitement en place. Jeremy est passé au piano. Et bien soudés, les musicos édifient une rampe de lancement rêvée pour le chant et l'harmonica. Auteur, compositeur, chanteur et guitariste, Danny DeGennaro s’était forgé une solide réputation en militant chez Kingfish, groupe lié à Grateful Dead. Danny a été lâchement assassiné lors d'un cambriolage perpétré dans son domicile, fin 2011. Cinq personnes ont depuis été arrêtées, jugées et emprisonnées. Mikey Jr lui rend justice en lui dédiant cet album et en interprétant une de ses compositions, "Bad time blues". Dave Gross y opère une sortie brillante sur ses cordes. "The cheat" s’appuie sur un riff solide de guitare, un blues de bonne facture au cours duquel l'harmonica ne tient plus en place. "You" baigne au sein d’un climat hypnotique réminiscent de Howlin' Wolf. A cause du chant. Un climat de transe propice aux solistes. "She's good at being bad" est un autre summum de l’elpee, un blues très lent, dépouillé, aux intonations dramatiques. Très en verve, Dave Gross devient même carrément intenable sur "Please come back", une plage plus R&B. DeGennaro avait co-écrit "Wrong number", une ballade majestueuse très Memphis Stax, au cours duquel l'orgue de Baum ronfle comme celui de Booker T. "Trying to do the best I can" clôt le long playing. Une piste acoustique agréable et finalement très roots.

 

jeudi, 15 mai 2014 16:18

Stand or fall

Originaire de Detroit, Marcus Malone est un chanteur/guitariste de couleur noire. Depuis plus de 10 ans, il pratique un blues rock très mélodique. Son premier album ? Il l’a mis en boîte à Los Angeles. Au cours des 90’s. Intitulé "Marcus", il avait bénéficié du concours de Tim Bogert (ex-Vanilla Fudge/Cactus/Jeff Beck) et Gene Black, un gratteur qui depuis s’est mis au service de Joe Cocker. Cet opus avait beaucoup plu en Europe ; ce qui avait permis à l’artiste d’y tourner inlassablement. Il s'est alors établi en Angleterre dès 1997 et a entamé la publication de toute une série d’elpees : "One more time" en 1999, "Walkin' shoes" en 2002, "Blue radio" en 2005, "Hurricane" en 2007, "Let the sunshine in" en 2011, et enfin ce "Stand or fall".

L'artiste jouissant aujourd’hui d’une belle notoriété, il a reçu le concours de toute une série de collaborateurs, lors des sessions d’enregistrement. Dont de nombreux amis guitaristes, parmi lesquels on épinglera John Nolan de Staylight Run, Stuart Nixon de Never the Bride, Billy Burke et Julian Burdock de 24 Pesos (ex-Waterzooi). Marcus signe la plus grande partie des plages.

Il démarre par "Leaving the blues", un rockin' blues bien nerveux, auquel participe un des meilleurs souffleurs anglais contemporains, Wil Wilde. Nous ne sommes pas loin de Whitesnake, mais en beaucoup moins hard. En outre, la slide de Burdock communique à la plage, une coloration particulière. Marcus revient au style qu'il affectionne sur "Stand or fall". Imprimé sur un tempo lent entretenu par des riffs dramatiques, la musique évoque le célèbre blues band insulaire de la fin des 60’s, Free. La voix est d’ailleurs aussi rauque et puissante que celle de Paul Rogers, alors que Billy Burke ressuscite les accords chers à Paul Kossoff, en moins écorché toutefois! Malone a également assuré la mise en forme ; et il en a profité pour injecter de nombreux chœurs dans ses arrangements. "Aint no tellin" élève quelque peu le tempo. La voix de Marcus colle parfaitement au genre. John Nolan s’autorise une envolée de classe sur ses cordes. "It's gonna take time" est une ballade indolente. Les cordes acoustiques, l'orgue de Moz Gamble et l'harmonica d'Alan Glen (ex Nine Below Zero/Yardbirds) y font bon ménage. "Detroit City Blues" est à nouveau hanté par le Free. Marcus se souvient de ses jeunes années vécues dans la Motor City. Dixon s'envole aux cordes dans un registre plus métal. "Slow down" est un blues rocker au tempo vivace. Will Wilde se réserve l’harmo, alors que la guitare de Dixon emprunte un profil bien plus rock'n'roll! Slow blues dramatique, "Jealous kind" nous entraîne dans l’univers de John Lee Hooker. Malone chante toujours comme Rogers sur "Under pressure", mais de l’époque Bad Company. Le long playing nous réserve deux bonus tracks. Et c’est le bonheur ! Tout d'abord "Living the blues", un excellent boogie blues caractérisé par le retour de Burdock à la six cordes. Puis, une version longue du lent "It's gonna take time"…    

 

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