Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

samedi, 22 février 2014 10:49

76

Giant Tiger Hooch (traduisez ‘la gniôle du tigre géant’) est une nouvelle formation batave, issue d'Amsterdam plus exactement, fondée en 2011, qui pratique une musique née d’un mélange de blues, punk et R&B. Elle a signé chez Cool Buzz, un label qui dans le passé, a hébergé nombre d'artistes intéressants (Cuban Heels, T99, Hokie Joint, Big Blind, Drippin' Honey, Sugarcane, …) Ce quatuor réunit deux chanteurs guitaristes (Jeroen Ligter et Jorrit Longo), un bassiste (Simon Zijlstra) et un drummer (Johannes de Boer). Trois musiciens blancs et un noir, Johannes, le maître du rythme.

"76" constitue leur premier véritable elpee. Auparavant, le groupe avait publié un Ep. Les musiciens ne manquent pas de talent, même si ce ne sont pas des techniciens de haut vol. Leur expression sonore nous replonge dans le passé. Elle me fait d’abord penser à la vague punk qui a déferlé fin des 70’s. Au pub rock qui a débarqué un peu plus tôt, aussi ; et en particulier à Dr Feelgood. Mais également aux groupes insulaires apparus au cours des sixties qui masquaient leur manque de planches par une énergie débordante. A l’instar des Pretty Things, à leurs débuts, par exemple. Pas de méprise, car au fil du temps, la formation va devenir de plus en plus expérimentée, créative et attachante. Elle est même devenue mythique !

Revenons à nos tigres géants. Ils démarrent en force par "My time". Impeccables, les percus de Johannes canalisent bien l'ensemble et l'harmonica d’Ivo van Jar, invité pour la circonstance, communique une couleur pub rock indélébile à la compo. "Get high" embraie sur un tempo aussi vivifiant. Si le son est impeccable, le chant est volontairement primaire, sans compromis. Bien sollicité en slide, le bottleneck accentue cette impression. La conjugaison des cordes électriques largement amplifiées et de l'harmonica forge le plus souvent la trame des compos. "You and I" entre dans une transe hypnotique. La reprise du "Mojo" de Bob Dylan atteint parfaitement sa cible. L’attaque est brutale, alors que la voix n’est pas tellement éloignée de celle du Zim au début des sixties. Le tempo ralentit quelque peu sur "Horse", même si les sonorités rugueuses, coupées au couteau, sont très susceptibles de rappeler une certaine technique chère au géant Howlin' Wolf ! L'atmosphère est lourde. Les guitares discordantes envahissent "Oh my lord". L’équipage néerlandais décide alors de chante en chœur, comme si leur vie en dépendait. Toujours bien amplifiées et réverbérées, les grattes attaquent "Blacka woetade". Le chant est punk et agressif. Métallique, le son flirte avec la surf music. L'étreinte ne se desserre pas. Anouk Vissee accorde la réplique vocale féminine sur "Six 49". "My momma told me" trempe un peu dans la pop festive. Et surprise, les musicos achèvent l’elpee par une compo acoustique, un morceau de folk/country/blues que le band restitue sans se prendre vraiment au sérieux… 

 

L'album "Unplugged" d'Eric Clapton était paru en 1992. Il réunissait des chansons issues du répertoire de l'artiste retravaillées, notamment sous un format acoustique. Eric n'y croyait pas, le label Warner, non plus. Pourtant le disque s’est vendu à plus de 19 millions d'exemplaires, la meilleure vente jamais réalisée par Clapton. L’elpee décroche alors le titre de meilleur album de l'année, Eric, celui du meilleur chanteur et "Layla", de meilleure chanson.

Pour célébrer ses 50 années de carrière et les vingt années de sortie de l'album originel (21 si on est sourcilleux sur les chiffres), Rhino a décidé de rééditer "Unplugged" en version ‘extended’. Le premier cd réunit les quatorze plages remasterisées. Le second des bonus tracks. Et le tout est accompagné d’un Dvd immortalisant un concert filmé par MTV. 

Ballade instrumentale, "Signe" s’inspire d’un bateau baptisé de ce nom. Eric reprend le "Before you accused me" de Bo Diddley et le "Hey hey" de Big Bill Broonzy, le premier blues qu'il ait jamais appris à jouer ! "Tears in heaven" est une chanson qui rend hommage à son fils, Conor, qui avait trouvé la mort à l’âge de 4 ans, l'année précédente. La star de la guitare blues anglaise excelle dans le domaine de la reprise d'anciens classiques du style. A l’instar du "Nobody knows you" de Bessie Smith, une plage caractérisée par la présence des voix de Katie Kissoon et Tessa Niles ainsi que le concours de Chuck Leavell au piano. De deux titres de Robert Johnson, "Walkin' blues" et "Malted milk". Signé Snooks Eaglin, "Alberta" se distingue par sa bien jolie mélodie. Piano, harmonica et kazoo s’invitent tout au long de l'entraînant "San Francisco Bay blues", une compo issue de la plume de Jesse Fuller. Traditionnel, "Rollin' & tumblin'" (NDR : pour la circonstance attribué à Muddy Waters) bénéficie de la participation du public. Mais le meilleur moment de ce concert acoustique demeure la version indolente du superbe "Layla". Deux pistes émanent de "Journeyman", un opus gravé en 1989. Tout d’abord le "Running on faith" de Jerry Lynn Williams. Sur cette plage chargée d’émotion, Eric se sert du dobro. "Old love", ensuite. Une compo qu’il a coécrite en compagnie de Robert Cray.

Le deuxième disque propose six plages inédites dans leur configuration. Et tout d’abord deux chansons qu’il n’allait enregistrer que quelques années plus tard, sur l’album "Pilgrim", en 1998. Soit "Circus" et "My father's eyes". Sur ce dernier morceau à la superbe mélodie, Clapton, qui n'a jamais connu son papa, regarde son fils disparu à travers ses yeux de père. Il nous réserve cette compo sous deux versions différentes. Deux démos issues des sessions d’enregistrement d’"Unplugged" ont également été ajoutées. En l’occurrence le très beau "Running on faith" et "Walkin' blues". En finale, Clapton reprend un autre classique, le "Worried life blues" de Big Maceo Merriweather. Eric injecte énormément de sensibilité dans la voix pour interpréter cette chanson, devant le piano de Leavell.

Une version bien "De Luxe".

 

jeudi, 28 novembre 2013 19:01

Songs from the road (Cd + Dvd)

Bien que n’affichant que 27 ans au compteur, cette jeune chanteuse/guitariste anglaise possède déjà une belle expérience sur la scène musicale. Avant de publier "Songs from the road", elle avait déjà gravé trois autres elpees solo. "White sugar", en 2009, "Diamonds in the dirt", en 2010 et "Almost always never" en 2012, tous parus sur le label allemand Ruf. Et Thomas Ruf a décidé de l’inscrire dans la série "Songs from the road", en lui consacrant un Cd et un Dvd. Disciple de Stevie Ray Vaughan et de Jimi Hendrix, elle avait été repérée par le claviériste des Eurythmics, Dave Stewart, il y a une dizaine d'années. En août 2012, elle avait soutenu Annie Lennox, lors du Diamond Jubilee Concert, qui s’est déroulé à Londres, en présence de sa Majesté, The Queen.

Nous sommes au cœur de Soho à Londres, en mai 2013. Au Borderline, très exactement. Il affiche complet. Joanne est entourée du claviériste Jools Grugings, du bassiste Joseph Veloz et du drummer Tony Dicello. Miss Shaw Taylor présente des compositions personnelles qui figurent sur ses trois albums studio.

Elle démarre en force par "Soul station". Un rock blues puissant tapissé par les sonorités de l’orgue. La voix de Joanne est légèrement déchirée, mais autoritaire. Elle maîtrise parfaitement sa Gibson. Son aisance est surprenante. Pourtant, elle ne ménage pas ses cordes. En outre, le son qu’elle propage est vraiment personnel. "Theo & Bound" est une compo toujours aussi rude. Les interventions de son claviériste sont judicieuses. Il ponctue les riffs de sa leader dans un style qui fleure bon les années 70, un style que la guitare adopte également. "Beautifully broken" est sculpté dans le funky soul. "Watch 'em burn" lorgne vers Stevie Ray Vaughan. La section rythmique accomplit un solide boulot. D’une durée de plus de 10’, cette plage démontre la capacité de résistance affichée par cette jeune dame. Très bien construite, cette piste lui permet de s’autoriser des solos volcaniques. Et d’incarner une forme de 'guitar hero'. "Diamonds in the dirt" est une ballade qui baigne dans le soul rock. Hendrix figure parmi les maîtres de Joanne. C’est flagrant lorsqu’elle reprend son "Manic depression", une cover au cours de laquelle elle se réserve une petite escapade acide sur ses cordes. Elle adapte également le "Jealousy" de Frankie Miller, un morceau lent au profil dramatique. Sa voix transpire le vécu. Et sa guitare exacerbe cette sensibilité. "Kiss the ground goodbye" libère énormément de puissance. En rappel, Miss Taylor nous réserve "Jump that train" et "Going home". Et pour que votre info soit complète sachez que la production audio a été assurée par Jim Gaines.

Le Dvd est sensiblement différent. "Manic depression" n'y figure pas. Par contre, on épinglera 5 autres titres. Tout d’abord "You should stay I should go", une ballade rythmée qui ne manque pas de charme. Ensuite "Let it burn". Un blues shuffle extrait de son premier album. Du pur SRV ! Et surtout "Time has come", un blues lent classique (NDR : enfin !), excitant et ‘fumant’, abordé à nouveau dans l’esprit de Vaughan ! Regarder et écouter une jeune femme jouer le blues de cette manière est vraiment épatant…

 

vendredi, 22 novembre 2013 16:14

Live at Montreux (Dvd)

Carlos Santana et John McLaughlin sont deux monstres sacrés. Deux virtuoses de la guitare qui possèdent une technique exceptionnelle. Les artistes s'étaient déjà croisés en 1973, lors de l’enregistrement de "Love devotion surrender", pour rendre hommage à John Coltrane. Ils étaient également devenus des disciples du philosophe Chinmoy. Ce qui explique pourquoi, lors de cette fameuse réunion, ils étaient tout de blanc vêtus. Coïncidence ou pas, hormis le  pantalon et les chaussures de John, lorsqu’ils montent sur les planches du casino de Montreux, pour célébrer cette "Invitation à l'Illumination", c’est à nouveau cette couleur qui est à l’ordre du jour.

Nous sommes le 1er juillet 2011. Le line up réunit deux drummers, soit la féline Cindy Blackman (NDR : c’est l'épouse de Carlos) et Dennis Chambers (ex-Funkadelic et membre de Santana depuis 2003), deux bassistes, en l’occurrence le Camerounais Etienne M'Bappé, pour l’instant impliqué au sein du groupe de John MacLaughlin (NDR : sa longue carrière lui a, en outre, permis de jouer pour Jacques Higelin, Liane Foly, Catherine Lara et Joe Zawinul) ainsi que le Batave Benny Rietveld (NDR : né à Utrecht, il a transité par les backing groups de Miles Davis, John Lee Hooker et Santana). Aux claviers on retrouve le claviériste David K Matthews, un Californien qui a sévi chez Tower Power et l’Etta James Band. Sans oublier les musicos de Santana, soit le second gratteur Tommy Anthony et le percussionniste Paul Rekow, mais également Tony Lindsay et Andy Vargas, deux vocalistes invités à monter circonstanciellement sur l’estrade. 

Dès le début, on ressent une évidente complicité entre Carlos et John. Le plaisir de se retrouver en ‘live’ se lit sur leurs visages. Ils s'embarquent dans un medley amorcé par le "Peace on earth" de Carlos. Les interventions du natif d’Autlán de Navarro sont explosives. Et celles de la section rythmique, le sont tout autant. Le périple transite par le "A hard rain's a gonna fall" de Dylan, le "Stairway to heaven" de Led Zeppelin et le "SOCC" de Sun Ra.  McLaughlin est un sorcier des cordes. Un virtuose hors format. Pourtant, Santana lui tient la dragée haute. La formation passe en revue tous les maîtres du jazz rock moderne. Et notamment le "Right off" de Miles Davis. Au menu également deux morceaux du Lifetime de David Matthews. "Vuelta Abajo" tout d’abord qui met en exergue la prestation de la tigresse Cindy Blackman. Le "Vashkar" de Carla Bley, ensuite. Pour "The creator has a master plan" de Pharaoh Sanders, le collectif est au grand complet. Lorsque les deux guitaristes seuls, assis sur une chaise, adaptent le "Naima" de John Coltrane et l'hispanisant "Lotus land op47 n°1", l’émotion est palpable. Place ensuite au blues "Downstairs", une plage qui figurait au répertoire de Lightnin' Hopkins, et au cours de laquelle c’est la section rythmique qui fait la différence. En fin de parcours, Carlos est absolument divin lorsqu’il nous accorde le superbe "Let us go into the house of the Lord", un titre empreint d’une grande spiritualité. Lors du rappel, les musicos nous réservent encore "A love supreme", un titre de John Coltrane, le "Black satin" de Miles David, et enfin "Shake it up and go". Ce boogie qui bénéficie du concours de Claude Nobs, le patron de Montreux, à l'harmonica rend hommage à John Lee Hooker. Mémorable !

 

vendredi, 22 novembre 2013 16:08

Miami Pop Festival

Il y a déjà 43 ans, le 18 septembre 1970 exactement, Jimi Hendrix était retrouvé mort dans un hôtel de Londres. Depuis, ses ayant droits continuent d’étancher la soif discographique des fans. Et ce depuis plusieurs générations. Pour la circonstance, on a droit à une nouvelle prestation live du natif de Seattle. Jimi s’était produit, en 1969, dans le cadre du plus grand festival de tous les temps, celui de Woodstock, même s'il n’était apparu qu’à l'aube du dernier jour, devant quelques milliers de spectateurs. Il avait déjà participé, dès juin 1967, au premier festival d’envergure, en l’occurrence celui de Monterey, en Californie. A la même affiche, figurait alors Jefferson Airplane, Janis Joplin, Ravi  Shankar, Otis Redding et le Who qui opérait ses premiers pas sur le sol américain. Michael Lang, le futur planificateur du festival de Woodstock, vivait à Miami. En mai 1968, il décide de monter le Miami Pop, un événement qui va s’étaler sur deux jours, au nord de cette cité floridienne, et très exactement au champ de courses de Hallandale. Une même programmation répétée deux jours consécutifs! Le Jimi Hendrix Experience en est la tête d'affiche, un trio qui implique alors deux compères insulaires, en l’occurrence le bassiste Noel Redding et le drummer Mitch Mitchell. La formation jette les bases de la future musique rock.

JHE venait de publier son second opus, "Axis bold as love". Pourtant ce set est essentiellement alimenté par le premier elpee, "Are you experienced". Hendrix avait demandé à son directeur musical, Eddie Kramer, d'enregistrer les prestations. Au sein du tracklisting figurent ses deux premiers singles, "Hey Joe" et "Purple haze".

C'est par un feedback continu que Jimi ouvre le concert. Une intro qui ouvre les portes à "Hey Joe", un succès planétaire. La version est impeccable. La section rythmique est solide. Hendrix expérimentait sans cesse de nouvelles sonorités, en se servant des pédales. On s’en rend compte tout au long de "Foxey lady". Mais également sur "Tax free". Une jam instrumentale au cours de laquelle, malgré la recherche, les dérapages sont parfaitement contrôlés, alors que Mitchell se distingue par son drumming très libre ! Comme Hendrix le précise, "Hear my train a comin" est une longue jam blues aventureuse, une forme d’impro qui allait devenir plus tard un de ses plus grand succès, "Voodoo child". Tout au long d’"I don't live today", il triture ludiquement sa Fender Stratocaster. Jimi puisait ses racines dans le blues. Dans le style, "Red House" constitue certainement le morceau le plus notoire. Il lui réserve un traitement plus long, de plus de 12'. Et c’est le remarquable "Purple haze" qui clôt le set. En bonus, on a encore droit à deux titres du concert accordés au cours de l'après-midi, "Fire" et "Foxey lady". Un brillant témoignage de cette étoile filante du rock…

 

vendredi, 22 novembre 2013 16:06

Chicago 3011 Studio Sessions

Luca Giordano est un guitariste italien de 33 ans. Quique Gomez est un harmoniciste espagnol. Madrilène, pour être plus précis. En 2005, Luca émigre à Chicago pour rencontrer les acteurs du blues local. Il publie un album solo, en 2012, "My kind of blues", disque pour lequel il reçoit le concours de Chris Cain, Sax Gordon et Bob Stroger.

Le duo avait déjà bossé ensemble sur un premier opus, en 2010, "Dead Mama blues". Quique a milité au sein du groupe espagnol Gatos Bizcos. Lors de cette aventure, il a participé à la confection d’"I can't believe my eyes", en 2012.

Nos deux compères sont soutenus par le drummer Marty Binder (ex-Albert Collins Band, Junior Wells), le bassiste Harlan Terson (Lonnie Brooks Band, Otis Rush), et le pianiste Ariyo (Billy Branch & Sons of the Blues). Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au Studio 3011 de Chicago, sous la houlette de Pete Galanis, lui-même guitariste, ex-Howard and the White Boys, Rob Blaine's Big Otis Blues.

Piano et harmonica ouvrent "Blow my blues away". Un blues imprimé sur un mid tempo. Manifestement, le chanteur ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Les premières ouvertures émanent des ivoires d'Ariyo et des cordes de Giordano. Les choses sérieuses commencent dès "The fool", un Chicago shuffle" canalisé par l'harmonica de Gomez et caractérisé par l’excellence des vocaux. La guitare de Luca s'autorise un envol à la fois superbe et parcimonieux. Véhiculant des accents swamps, dans l’esprit de Slim Harpo, "You're fine" nous entraîne dans la danse ; une belle opportunité pour Gomez de se mettre en évidence. "Three wheels automobile" est un blues qui aurait pu être signé par Willie Dixon pour Little Walter. C'est pourtant Luca qui fait d’abord la différence. Impeccablement ficelé, son solo monte progressivement en puissance, avant de céder le relais à Quique, qui piaffait d’impatience. Toujours aussi brillant, "Livin' in a campsite" est bercé par un swing délicat, un swing alimenté par la section rythmique et le piano converti au jazz! Les deux amis reprennent le "Woman don't lie" de Luther ‘Snake Boy’ Johnson, guitariste du Muddy Waters Band au cours des années 60. Quique en profite pour s’accorder un nouveau billet de sortie lumineux. La qualité est toujours au rendez-vous tout au long de "Travellin' man", une piste imprimée sur un tempo funky. Bob Stroger se réserve la quatre cordes et chante le classique d'Eddie Taylor, "Bad boy". Au cours de ces dernières années, ce vétéran a remporté deux fois l'award du meilleur bassiste de blues. Quique et Luca son particulièrement inspirés pour attaquer le long blues lent "Outskirt of town". Une plage bouleversante. Jimmy Burns prête sa voix à "That's life". Et elle a du vécu ! Billy Branch vient souffler dans son harmo sur "Rocket 88". Il ne manque d’ailleurs pas de panache. Eddie C. Campbell chante et gratte sur son "Eddie's shuffle", un blues saignant. Enfin, en bonus, tout ce beau monde se retrouve en studio pour attaquer "Jammin' with friends", une finale très ‘Made in Chicago’. Un album sans prétention mais bigrement plaisant !

 

vendredi, 22 novembre 2013 16:01

Live in Cork (Dvd)

Rory Gallagher a sans doute été le plus talentueux guitariste de blues, en Irlande du Nord. Tout comme Lou Reed, il avait subi une transplantation du foie. Une opération qui s’est également soldée par un échec, puisque le natif de Ballyshannon s’est éteint en juin 1995. Il était alors âgé de 47 ans. Il avait effectué ses débuts au cœur du British Blues Boom des sixties, au sein de son trio Taste. A partir des années 70, il embrasse une carrière solo. Ce qui va lui permettre d’acquérir une énorme popularité. Notamment à cause des prestations qu’il accorde en ‘live’. Et puis parce qu’outre son talent, il était généreux, charismatique et sympathique. La discographie de Gallagher est riche, mais ses meilleurs albums, il les a enregistrés en public. Et en particulier "Live in Europe" et "Irish tour 74". Jusqu'à son dernier souffle, il est resté fidèle à sa Fender Stratocaster, datant de 1961.

Pour lui rendre hommage, de nombreuses vidéos lui ont déjà été consacrées, depuis son décès. Parmi les plus intéressantes, figurent "Irish Tour 74", "Live at Rockpalast", "Live in Montreux" et ce "Live in Cork". A l’origine, il était sorti en VHS. Intitulé "Messin' with the kid – Live at the Cork Opera House", il remontait à 1987. La nouvelle version est parue en Dvd. Le son a été masterisé. En outre, elle a été enrichie de toute une série de bonus : documents, photos, discographie ainsi qu’un guide perso de Rory Gallagher (NDR : ses bonnes adresses !)

Lors de ce set, Rory est soutenu par son fidèle bassiste Gerry McAvoy, le drummer Brendan O'Neill et l’harmoniciste Mark Feltham. Un concert de près de 80' au cours duquel il avait interprété des compos personnelles, mais également cinq reprises de classiques du blues.

Nous sommes donc en 1987. Après de nombreuses années d’absence, Rory revient à Cork, la ville où la famille Gallagher a vécu. Pour la toute première fois, l'enfant du pays se produit à l'Opera House.

Le concert s'ouvre par "Continental op", un rockin’ blues bien saignant, au cours duquel
Rory a recours au bottleneck comme il était sans doute le seul à pouvoir s’en servir de cette manière. Il embraie par "Tattoo'd lady", sans doute sa meilleure composition et surtout un cheval de bataille qu’il réservait à chaque concert. L'artiste est en grande forme. Le trio est rejoint par Mark Feltham. Il souffle brillamment tout au long de "Don't start me to talkin", une compo signée par le légendaire Sonny Boy Williamson II. Rory adapte une autre compo de ce dernier, "When my baby she left me". De toute bonne facture, "Ain't no saint" met en exergue les excellents échanges entre l'harmonica et les cordes. Gallagher nous réserve deux plages issues de "Top priority", un long playing paru en 1979. Tout d’abord "Follow me", qui opère un retour au rock blues. Ensuite, "Off the handle" un blues aux accents dramatiques, caractérisé par un dialogue entre le chant et les cordes. Gallagher aborde Leadbelly en solo, à la gratte acoustique. Puis "Out on the western plain", en se servant de son bottleneck. Et toujours dans le même registre, chante le "Wanted blues", un morceau issu du répertoire de John Lee Hooker. Retour à l'amplification pour l'instrumental "The loop". Il n’oublie pas le notoire "Shadow play", un titre extrait de "Photo Finish", long playing publié en 78. Ni la cover du "Messin with the kid", une plage popularisée jadis par Jr Wells. Lorsque le band revient sur les planches, c’est pour attaquer "Loanshark blues", un boogie qui figurait sur "Defender", un opus qui venait alors de sortir.

 

vendredi, 22 novembre 2013 15:57

Proof of love

Issue de Boston, Gracie Curran est une jeune femme âgée de 28 ans. On ne peut pas dire qu’elle soit vraiment gracieuse, mais c’est une très bonne chanteuse de soul. On la compare d’ailleurs volontiers à Sharon Jones des Dap Kings, Shemekia Copeland voire Etta James. Suivant un rituel immuable, elle s’est forgée la voix en chantant le gospel. Pas difficile, puisque sa mère était la directrice de la chorale. Son High Falutin' Band réunit d’excellents musiciens. En l’occurrence le guitariste Tommy Carroll, le bassiste Paul Chase et le drummer John Wood. Pour enregistrer leur premier album, ils ont bénéficié de la production du vétéran local, Richard Rosenblatt, par ailleurs président du label Vizztone. Et lors des sessions, du concours de Roomful of Blues, soit les cuivres de Mark Earley et Doug Woolverton ainsi que les claviers de Bruce Bears.

Des accords de gratte écorchés nous invitent à pénétrer dans le monde musical de Gracie Curran. "Even with the rain" acquiert rapidement du rythme, et notamment lors de l'introduction de cuivres. La voix de Gracie est puissante. Incontestablement, c’est une ‘shouteuse’. Lente ballade, "Take you with me" évoque davantage le R&B à coloration Stax. Réplique féminine à Otis Redding, sa voix est capable d’affronter plusieurs octaves. Quant à la guitare, elle évolue sur le fil du rasoir. Rockin R&B plutôt funky, "Jack & Maryjane" repose sur un riff répété par les cordes et cuivres. Gracie enchaîne par "Rock & a hard place", une nouvelle ballade lente. La voix est bouleversante. Un vécu qui s’arrache de l'arrière-fond de la gorge. La référence à Otis Redding refait surface. Bruce Bears siège derrière son orgue Hammond alors que Tommy fait vibrer ses cordes. Nerveux, funky, vivace, "Can't getta" est un R&B classique qui évoque Aretha Franklin ; cependant, la voix de Miss Curran est plus ravagée. Elle serpente entre les cuivres, ne tolérant que les notes délirantes de Carroll. Décidément cette chanteuse à la peau blanche possède une voix très noire. Elle la force circonstanciellement. Et même au bord de l’épuisement, elle parvient encore à convaincre. A l’instar de "Told me so", une autre ballade R&B fort bien construite, caractérisée par ses changements de tempo. Blues classique, "Been all over" adopte un motif rythmique qui accroche instantanément l’oreille. Le producteur, Richard ‘Rosy’ Rosenblatt souffle dans l'harmonica ; et cet assemblage fonctionne à merveille. On se prend d’ailleurs une claque, en écoutant cette plage. La formule bien au point, elle chante un autre R&B indolent intitulé "Weight of her world". "With friends like these" clôt cet opus. La piste s’ouvre par des percus ténébreuses. Gracie susurre ses mots très lentement devant l'orgue et les interventions discrètes de la trompette jouée par Doug Woolverton.

 

vendredi, 22 novembre 2013 15:53

Butter on my rolls

Surnommée The Mississippi Queen, Sheba est née à Sunflower, dans le Mississippi (NDR : of course !) De son véritable nom Martha Booker, elle est issue d'une famille de cueilleurs de coton. Sa vie était d’ailleurs essentiellement partagée entre ce dur labeur et l'église, où elle chantait le gospel. Elle accompagne sa mère, ses frères et sœurs pour aller vivre en Floride, où elle commence à chanter au sein des Grove Girls. Elle rencontre Freddie Nelson et le couple s'installe à New York. Ils s'y produisent sous le patronyme de The Swingers. C'est alors qu'elle se passionne pour la mythique chanteuse de jazz, Billie Holiday. Quinze ans plus tard, elle retourne à Miami en compagnie d’un autre musicien, Yosiah Israel. Elle y découvre enfin le blues, la musique de ses racines, à l’écoute de BB King, Koko Taylor et Etta James. Elle fonde ensuite les Rhythm Kings. Le groupe multiplie les tournées puis grave son premier elpee, "Miss Good'n' Plenty". Elle cherche de nouveaux musiciens et engage finalement le True Blues Band, ou plus exactement le Roach Thompson Blues Band, c’est-à-dire le backing group du guitariste floridien Warren ‘Roach’ Thompson, soit le bassiste George ‘Chocolate’ Perry, le drummer Michael ‘The dog’ Gauthier, également préposé aux gadgets électroniques, claviers, cuivres et cordes synthétiques ainsi que le joueur de slide, Chuck Juntzman. C’est flanquée de ce line up qu’elle a enregistré ce " Butter on my rolls", œuvre pour laquelle elle signe toutes les chansons!

L'album s’ouvre par le rythmé "Dance jump", une plage chargée de swing. La voix de Sheba est bien forgée dans le gospel. Naturelle, puissante elle est même remarquable. Roach Thompson libère des notes vivaces dès qu’il en a l’opportunité. Gauthier essaime des sonorités synthétiques à l’aide de ses claviers. Pas vraiment ma tasse de thé. La Mississippi Queen chante autoritairement "Real good woman", un excellent blues lent tapissé par l’orgue, et au cours duquel les cordes de Roach vibrent subtilement. Dommage, une nouvelle fois, la présence de ces cuivres synthétiques. Gauthier et Perry auraient mieux fait de s’abstenir ! De toute bonne facture, "Big man" est imprimé sur un tempo contagieux. La voix de Sheba est talonnée par les cordes délicates de Thompson. Tendre ballade, "Can't help lovin' my man" véhicule des intonations soul et jazz. La slide de Chuck Juntzman s’impose tout au long du vivifiant "Oh so good". Bien rythmée, "Pourin' rain" est une plage destinée à la danse, une compo que Roach colore de tonalités personnelles. En libérant des accords de gratte acoustiques et métalliques, à l’aide de sa Resonator, Juntzman nous ramène dans son Mississippi natal. De quoi apaiser Sheba qui nous raconte longuement, tout au long de ce "Blues of my soul", les lointains souvenirs de son enfance. "Butter on my rolls" est introduit par des accords de piano, un superbe blues lent qui met en exergue sa voix saturée d’émotion. Une voix qui se fait grave pour interpréter, "Don't say goodbye", une chanson d'amour… Après un jump blues musclé intitulé "Ms Good-n-Plenty", l’opus s’achève par "Good good lovin'", un dernier blues chargé de passion, mais malheureusement, une nouvelle fois altéré par des claviers synthétiques…

 

samedi, 16 novembre 2013 15:59

Hangin' with

Dr Wu est un duo texan réunissant Bryan Freeze et Jim Ashworth. Le premier est multi-instrumentiste. Le second se contente de gratter quelques cordes acoustiques. Ils sont avant tout des musiciens de studio. Et ont baptisé leur projet ‘The Texas Blues Project’. Il est né en 2002, et "Hangin' around" en constitue déjà le quatrième volume. Pour la circonstance, ils ont à nouveau reçu le concours du Buddy Whittington Band, dirigé par l'ancien guitariste des Bluesbreakers de John Mayall. Le line up du groupe implique également un autre chanteur/guitariste notoire, Mike ‘Mouse’ Mayes. Davantage versé dans le southern rock, il a notamment milité pour Black Oak Arkansas et Pointblank. Sans oublier le bassiste Wayne Six et le drummer Mike Gage. Yolande Walker avait déjà apporté sa collaboration à la confection d’un précédent opus. Aux vocaux. Pour la circonstance, elle a entraîné dans l’aventure, sa famille. Quatre voix féminines et une masculine qui forment The Walker Effect. Le duo semble vouloir nous proposer un Texas très ‘black & white’. Indice repéré sur la pochette. D’un côté figurent les cinq musiciens blancs, de l'autre, les cinq choristes noirs, issus de la famille Walker.

Face aux chœurs des Walker, Mouse injecte toute la puissance naturelle dans la voix sur "Need a witness", un blues rock qui fait mouche. Mayes s’autorise le premier solo ; mais il est aussitôt relayé par la slide de Buddy. Blues classique, "Shouda, couda, wouda" est imprimé sur un mid tempo. Whittington a également une voix qui en impose. Elle est même autoritaire. L'orgue Hammond de Red Young apporte une touche Memphis blues à l’ensemble. Buddy est à la six cordes. Si la sensibilité de ses interventions évoque Freddie King, il n’en oublie pas d’emprunter quelques riffs à Albert King. Très roots rock, "When your lips start moving" est une superbe chanson. King Buddy est au vocaux. Il marque cette plage de sa présence si personnelle. D’autant qu’il est alors entouré de ses Walkers. Et de Red Young qui brille sur son orgue B3. Et quand la gratte opère sa sortie en pickin', le résultat est exceptionnel, assez proche d'un Mark Knopfler au sommet de son art ! Mouse Mayes se sert de tous les artifices southern rock pour attaquer "Voodoo doll (Hendrix slight revisit)", une réplique personnelle au "Voodoo child (Slight return)" de Jimi Hendrix. Mouse est dans son élément naturel quand il s'inspire de l'un ses maîtres! Mayes poursuit par "Handy man". Il est soutenu par les voix féminines. Ce texas shuffle permet aux guitares de se libérer. Elles sont chargées de passion et leur tonalité me rappelle un peu l’univers de Steely Dan, impression accentuée par les interventions d’orgue dispensées par Red. Dr Wu permet à Yolanda de chanter le slow blues texan "My man's specialty". Sa voix est également naturellement puissante. Et les échanges de cordes sont une nouvelle fois superbes. Buddy affiche sa facette la plus R&B sur "Life ain't no fair". On pense alors à d'autres bluesmen texans disparus, comme Albert Collins ou Johnny Copeland. Désolé Bryan Freeze, mais les sonorités synthétiques des claviers ne m’ont jamais bottées. "Gonna be days like that" est un pur bonheur. Buddy se réserve le micro sur ce blues lent et chante à la manière de Billy Gibbons, dans l’esprit du "Sure got cold after the rain fell" de ZZ Top, un morceau issu de "Rio Grande mud". Bryan Freeze est passé à l'harmonica pour "Full time fool", un boogie au cours duquel Red Young  semble hanté par Booker T. "Best part of my life" baigne dans l’americana, la touche ‘country’ s’incrustant dans la sphère blues. "Slow rollin' train" clôt le long playing. Un dernier clin d’œil appuyé au ZZ Top originel, sans éprouver la moindre difficulté. Ce disque est une belle propagande pour la musique texane!   

 

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