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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

jeudi, 15 mai 2014 16:17

Black Crow

Quoique née dans le Wisconsin, Cathy Lemons a passé une bonne partie de sa jeunesse au Texas où elle s’est convertie au blues ; mais c'est bien en Californie, dans la baie de San Francisco, que cette jolie femme a accompli sa carrière, puisqu'elle y réside depuis plus de 25 ans. En 2010, elle avait publié "Lemonace", un excellent opus, enregistré en compagnie de son compagnon d'alors, Johnny Ace.

Les sessions de "Black Crow" se sont déroulées au sein du studio de Kid Andersen, qui co-produit l’elpee avec Miss Lemons et l’omniprésent Stevie Gurr. Cependant, Cathy ne se confine pas seulement à un seul style ; elle aime varier son répertoire.

Oscillant entre le style Memphis et de la Louisiane, "I'm a good woman" est une plage solide, écrite par le brillant Kim Wilson, une plage au cours de laquelle la guitare de Steve Gurr est à la fois élégante et sobre, alors que sémillant, le saxophone baryton de Doug James communique la coloration R&B. Les percus de Robbie Bean garantissent la légèreté du rythme tout au long d’"Ain't gonna do it", une délicate ballade roots que chante Cathy d’un timbre clair, pendant que Gurr souffle sans excès dans l'harmonica. Et sa voix prend tout son relief sur "Black crow", une autre ballade blues dont l’environnement est raffiné par les cordes acoustiques et les effets sonores d'Andersen. Introduit par l'harmonica, "Hip check man" est un boogie musclé, dynamisé de bout en bout par Gurr. Cathy manifeste beaucoup de conviction pour chanter "You're in my town now", un blues lent, dépouillé, au cours duquel Stevie joue parcimonieusement des cordes, pendant que Kevin Zuffi brille au piano. Kevin a régulièrement soutenu l'harmoniciste californien Mark Hummel. Autre ballade roots, "It all went down the drain" est issue de la plume de feu Earl King, musicien notoire issu de la Nouvelle Orléans. Invité, Volker Strifler injecte énormément de feeling dans cette plage, à l’aide de son dobro. Dans le passé, Volker a souvent apporté sa collaboration à Robben Ford. Cathy interprète "The big payback" de James Brown, un funk coloré par les saxophones de Doug James, le piano de Zuffi et les chœurs. "I'm going to try" est une ballade soul indolente, mais surtout bouleversante. Derrière son micro, Cathy y met tout son cœur. Kevin Zuffi siège derrière l'orgue Hammond. Et Stevie Gurr libère son plus bel envol, avant que James ne nous réserve son intervention divine au saxophone. Miss Lemons n’a pas oublié qu’elle a longtemps vécu au Texas. Et nous le rappelle à travers "Texas shuffle", une parfaite définition de son style. Elle y a même fréquenté de véritables maîtres du genre. Et Volker Strifler y semble totalement hanté par Stevie Ray Vaughan. Chargée d’émotion, "The devil has blues eyes" baigne dans le Delta blues original, une finale caractérisée par la voix offensive de Cathy et les cordes acoustiques de son partenaire… 

 

jeudi, 15 mai 2014 16:15

Josh Hoyer and The Shadowboxers

Etabli à Lincoln, dans le Nebraska, ce sextuor s’est spécialisé dans la musique soul, funk et R&B. Fondé en décembre 2012, il vient de publier son tout premier opus! Josh Hoyer en est le leader, mais surtout le chanteur et pianiste. Il est le responsable de la programmation du fameux blues bar, The Zoo à Lincoln ; c’est là où le regretté bluesman de Chicago, Magic Slim, a enregistré tout une série d'albums live.

L'introduction de "Shadowboxer" est adorable. Au grand complet, une section de cuivres fait front : Mike Dee au saxophone ténor, Russell Zimmer à la trompette, Tommy Van den Berg au trombone et le leader au sax baryton. Josh passe alors derrière son orgue et chante autoritairement, alors que les choristes Hanna, Kim et Megan lui donnent la réplique. Excellent ! "Close your eyes" est un excellent r&b. Très musicale, la voix se comporte comme un instrument. Elle balise le tempo de cette plage à la superbe mélodie, alors que les cuivres ne lâchent rien ! Le son est plutôt singulier. Les compos ne manquent pas de charme. Tout en intonations, la voix va bien au-delà de l’"Illusion". La conjugaison de la section rythmique, des claviers et des cuivres me rappelle parfois, en moins jazz et rock, le Chicago originel. "Everyday and every night" trempe dans la soul. La voix douce de Josh correspond parfaitement à ce style musical. Avant de céder le relais aux cuivres. Et lorsqu’ils dirigent la  manœuvre, la musique devient très excitante. Tommy Van den Berg se lâche alors sur son trombone pendant que le leader propulse ses interventions d’orgue à l'avant-plan. Toujours contaminé par la soul, "Just call me" est davantage propice à la danse. Mr Hoyer siège derrière le piano tout au long de "Til she's lovin' someone else", une piste dont le funk nous conduit vers la Crescent City de New Orleans. Caractérisé par les interventions d’orgue et de guitare rythmique assurée par Benny Kushmer, "Make time for love" est un autre r&b à coloration Memphis. Et Benny en profite pour nous réserver une sortie classieuse sur ses cordes. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Dirty world", une plage qui baigne dans un climat funky. Justin G. Jones exploite tout son arsenal de percussions, alors que Kushmer signe un dernier envol aux cordes…

 

jeudi, 15 mai 2014 16:11

Brand New

Le First Class Blues band est manifestement une des meilleures formations de blues allemande. A l’instar de son patronyme, c’est même un combo de première classe. Sa naissance remonte à 1991. A l’époque, il avait publié deux elpees chez Acoustic. Le line up implique trois musiciens teutons : Christian Rannenberg (Blues Company), un pianiste comme il en existe peu sur notre continent, Thomas Feldman, qui double au saxophone et à l'harmonica, et enfin, Jan Hirte, à la guitare. Le trio est soutenu par deux musicos noirs. Des Américains expatriés qui constituent la section rythmique : Kevin DuVernay à la basse, et Tommie Harris (ex-Luther Allison Band) à la batterie. Tous les cinq participent aux vocaux ! Jan Hirte est partagé entre différents projets. Il drive son Blue Ribbon et milite au sein du backing band de Guitar Crusher, les Mellowtones. Crusher est un bluesman noir âgé de 83 ans, vivant depuis très longtemps en Allemagne.

L'instrumental "Gasoline walk" pose immédiatement l’album sur rails, une compo qui permet à Feldman, Rannenberg et Hirte, de s’illustrer successivement. Tommie Harris chante "I kicked the habit", un superbe blues signé par le Texan Peppermint Harris. Il y livre toute son âme. Parfait aux cordes, Hirte adopte le style de BB King, mais gratte à la manière du regretté Mike Bloomfield, l'un des premiers sixcordistes blancs à émerger dès les sixties. Il emprunte ensuite celui de Jimmy Reed sur son "Help youself", une piste au cours de laquelle Feldman chante et souffle brillamment dans son harmonica, pendant que Rannenberg balise le tout de ses ivoires magiques. Direction La Nouvelle Orléans pour "Lady luck", une compo écrite par Lloyd Price. Un R&B classieux rehaussé par les interventions habiles de Christian au piano. Nous sommes toujours en Louisiane, mais du côté du pays cajun, pour profiter du "Zydeco boogaloo", un instrumental signé Clifton Chenier, au cours duquel guitare, piano et sax ténor prennent leur envol… "I need you" est un morceau attachant composé par Tommie Harris qui aurait pu alimenter les juke-boxes de la fin des fifties ! C'est au tour de Rannenberg de se distinguer, tout d’abord lors de l’instrumental intitulé "Slidin' boogie", une plage caractérisée par un échange entre le piano et la slide de Jan Hirte. Puis sur "Me and the blues", un blues de Chicago, qu’il chante tout en jouant à la manière de Sunnyland Slim voire d’Otis Spann, au cœur du Southside, alors que Feldman souffle comme Little Walter, à moins que ce ne soit James Cotton. Superbe ! Harris a empoigné le micro pour interpréter "You're gonna get the blues", dans une ambiance festive propre aux quartiers chauds de New Orleans. Hirte chante à son tour le "Breakin' up somebody's home" d'Al Jackson Jr. (NDR : c’est le batteur de Booker T & the MGs). Rannenberg est passé à l'orgue Hammond et invite une guitare bien sentie tout au long de ce Memphis blues. Christian se réserve les vocaux sur le "Lipstick traces" de Naomi Neville ou plus exactement Allen Toussaint, l'un des plus grands artistes de R&B issus de New Orléans! Cet album est une véritable propagande pour le blues pratiqué outre-Atlantique et il s'achève par "Tuff", un instrumental qui rend hommage à Ace Cannon, un brillant saxophoniste issu de Memphis, qui avait notamment participé aux célèbres sessions de Sun Records. Une dernière opportunité offerte à Feldman et Rannenberg de tirer leur épingle du jeu.

 

Bad Brad, c'est le projet de Brad Stivers, un chanteur/guitariste originaire du Wisconsin. Agé de 23 ans seulement, il s’est établi du côté de Denver, dans le Colorado. Bad avait représenté la Société de blues du Colorado à l'International Blues Challenge de Memphis, en 2011.

Les Fat Cats se résument à un duo. Soit le frère de Brad, Alec, à la batterie et Nick ‘Cottonseed’ Clark, à l’harmonica. Le team avait publié "Eyes on the prize", l'année dernière ! Les Fat Cats, c'est avant tout un groupe de planches et ce n'est donc pas une surprise si cet elpee a été immortalisé ‘live’ au studio Colorado Sound.

L’intro est plutôt primaire. "Take a walk with me" manifeste une agressivité naturelle rappelant Hound Dog Taylor. Pas de fioritures, l’impact est direct. La voix brute, la guitare omniprésente. Nick Clark est venu souffler sur "Leghound". Cet harmoniciste talentueux rappelle Sonny Boy Williamson II. Brad ne desserre pas l'étreinte. Le kid de Denver met le feu à "Ego trip", un boogie endiablé. Le jeu des questions et réponses s'installe entre la guitare et l'harmonica. "Take it easy" est attaqué en formule trio. Pour la circonstance, c’est la six cordes qui tire son épingle du jeu. Sans grande subtilité mais avec fluidité et efficacité. "Going to the country" cavale au grand galop. La voix est bien maîtrisée. Une compo parfaitement équilibrée. La guitare concède des accents métalliques à "Headin' out". La voix est nasillarde. L'harmonica s’adapte parfaitement à l'ensemble. Une plage qui me fait penser aux punchers de Los Angeles, et tout particulièrement au regretté Lester Butler ainsi qu’aux Mama's Boys de Johnny Mastro. Le tempo ralentit enfin pour céder le relais au blues lent espéré. Brad vit ce blues. Il force son chant dans une atmosphère volontairement dépouillée. L'harmo de Clark est bien présent et en gémissant, la guitare concède des accents tragiques. "Lucky man" opère un changement de trajectoire et nous entraîne en Louisiane. Percussions syncopées et interventions de slide parcimonieuses caractérisent ce blues inspiré du gospel. Une rythmique dont le profil semble emprunté à Jimmy Reed canalise "Runnin' me down", une piste imprimée sur un tempo nonchalant, caractéristique du swamp blues, au cours de laquelle l'harmonica pousse des cris stridents. "See my way" s’attarde en Louisiane, mais plus près du pays cajun, une compo légèrement zydeco, propice à insérer tout naturellement dans le décor, un accordéon, en l’occurrence celui de l'invité Dwight Carrier. "Man on the move" opère un retour au blues rock, un shuffle à la texane, sans concession, hanté par le souvenir de Stevie Ray Vaughan. "Train down south" est bien implanté dans le Sud. La voix est aussi caverneuse que celle d'Omar Dykes, alors que la guitare devient incontrôlable. Le long playing s’achève par "UMA", un instrumental sculpté dans un surf bien métallique…

 

jeudi, 15 mai 2014 16:06

Before daylight

Issu de San Antonio, ce Texan est déjà considéré comme un vétéran, sur la scène blues et americana. En 1993 il s’établit cependant à New York. Il y fonde The Healers, et fait ses débuts en proposant un blues au son plutôt hard, publiant alors "Neal Black and the Healers" et "Black Power", deux albums parus en Europe sur le label français Dixiefrog. La voix de Neal est graveleuse, usée par les excès de la vie qu’il a menée à la manière d’un autre Texan, décédé en 2011, Calvin Russell. Au fil du temps, son répertoire est devenu plus roots. Avant de s’installer en France, en 2004, où il jouit d’une certaine popularité, il est retourné au Texas, pendant quelques années, et a même vécu au Mexique. Et belle preuve de confiance du label, Dixiefrog a toujours continué à distribuer ses albums !

Ses Healers sont yankees. En l’occurrence le claviériste Lattrell, le bassiste Kris Jefferson (NDR : des anciens membres de Popa Chubby) et le drummer Dave Bowler. Soit ses compagnons habituels pour la route. Il a également reçu le concours de quelques invités, dont Pascal ‘Bako’ Mikaelian, à l'harmonica, et Randy H, à la guitare acoustique rythmique. Enregistré dans son pays d’adoption, cet elpee a été mis en forme par Black en personne !

Dès "Jesus & Johnny Walker", il aborde un thème équivoque. Jesus et Johnny Walker ne feraient-ils pas bon ménage pour rendre l’homme meilleur ? Guidée par l'harmonica de Bako et une guitare largement amplifiée, cette compo se traîne au fil de la voix paresseuse, désabusée. "Hangman's tree" constitue certainement une des meilleurs plages de l’elpee. La slide et l’harmo se liguent pour marquer à la trace ce blues lancé au galop. Une compo qui relate la mésaventure d’un homme pendu sans avoir été jugé, accusé à tort par sa propre copine d'avoir tué son frère pour le voler. Lattrell se charge des cordes acoustiques, de la mandoline et de l’accordéon tout au long de  "The peace of darkness", une ballade country roots traduisant un sentiment de paix que procurent les ténèbres nocturnes lorsqu’un amour vient de s’éteindre… Piano et cordes dynamisent "Mama's baby", un boogie au cours duquel la voix éprouve d’énormes difficultés à se libérer de sa paresse naturelle. Superbe blues lent, "The same  colour" est empreint de tristesse désabusée, cette même couleur née dans la souffrance et le blues! Les interventions instrumentales de Mike Lattrell et Neal sont totalement bouleversantes. Sculptée dans le roots/rock, "The road back home" est une plage qui traite de la solitude de l'ancien combattant quand il continue à vivre désespérément seul. Et par esprit de contradiction, la partie de cordes semble allègre, lumineuse et dynamique.

"Before daylight" est une autre ballade roots. Harmonica et slide y brille de mille feux. Le désespoir hante la voix tout au long de "Goin' down the road" ; et dans le même esprit antagoniques, la mandoline et la guitare construisent de superbes lignes musicales. "American dream" confirme que le rêve américain n'est guère plus qu'un mirage. L’occasion rêvée pour  Bako de se libérer à l’harmo. "Dead by now" achève cet opus au cours duquel la véritable joie n’a guère le loisir de se manifester…

 

jeudi, 15 mai 2014 16:05

Weightless

Matt Andersen est canadien, du New Brunswick très exactement. Auteur/compositeur/chanteur/guitariste, il a entamé sa carrière en 2002. Au cours des dernières années, il a publié "Second time around" en 2007, "Something in between" en 2008, "Piggyback" et "Live at Phoenix Theatre" en 2009 et "Coal Mining blues" en 2011. Sans oublier, au cours de ce même exercice, "Push Record", en duo avec Mike Stevens, et "Spirit of Christmas", un album de Noël. Janvier 2010, il avait remporté le réputé International Blues Challenge de Memphis!

Matt possède un timbre vocal aussi graveleux et ravagé que celui de Joe Cocker. Et c’est manifeste dès "I lost my way", la plage qui ouvre l’elpee. Pour ce r&b de toute bonne facture, il est soutenu par d’excellents musicos, et notamment une armée de cuivres et de chœurs. Tout au long de l’opus, on remarque que lors de la mise en forme, Steve Berlin (Los Lobos/ex-Blasters) est venu ajouter son grain de sel… Caractérisé par sa superbe mélodie, "My last day" est une ballade lente, colorée par l'orgue Hammond de Ross Billard, une piste que chante Andersen comme un Cocker juvénile… La tendresse envahit "So easy", une autre ballade country transcendée par les interventions cristallines de la pedal steel que se réserve un autre Canadien issu de Vancouver, Paul Rigby. Le titre maître baigne dans le r&b, une piste légère qu’illustre parfaitement la plume reproduite sur la pochette ; et pourtant, on ne peut pas dire que la corpulence d'Andersen soit un argument de poids (?!?!) pour refléter cette subtilité. Son partenaire habituel et ami, Mike Stevens (NDR : un spécialiste du bluegrass) vient apporter son concours à l’harmonica. La six cordes sort enfin de sa réserve sur "Alberta Gold", un titre imprimé sur une rythmique sobrement rock. Il était temps! "Let's go to bed" reconduit un peu la formule utilisée pour "So easy" : l’intimité et la tendresse. Sentiments que traduit parfaitement la pedal steel. Andersen libère le max de sensibilité sur les compos les plus paisibles. Il élève pourtant la voix sur "The fight", un combat valeureux et convaincant. Sans aucun doute, la plage qui m’a botté le plus. Délicatement country, "Drift away" opère un retour à la country. Un peu de rythme qui anime "City of dreams" suffit pour libérer les cordes acoustiques et amplifiées. "Between the lines" est empreint d’une douceur extrême. Paisible, la voix se laisse cajoler par les interventions limpides de l’orgue et de la guitare, échangeant des baisers, des roses et du chocolat…

 

jeudi, 15 mai 2014 16:04

Self made (Ep)

Fondé en 2009, The 1984 est un quatuor bruxellois. Il réunit le chanteur Nicholas Brynin, le guitariste Nicolas Claus, le bassiste Gregory Paternoster et le drummer Gary Divito. A ses débuts la formation avait publié un Ep intitulé "The nightmare before". Et dans la foulée, gravé un album baptisé "Room 101", un disque enregistré au sein des studios Sainte-Marthe, à Paris. Depuis, elle tourne inlassablement en Belgique et s’est même produite lors de la finale du Hard Rock Cafe ainsi qu’au festival rock de Durbuy. Ce "Self made" constituerait le premier volet d'une trilogie annoncée. Il est découpé en cinq pistes.

"The key" ouvre la plaque. Le son est particulièrement musclé. Les musiciens sont bien soudés. La guitare se fond parfaitement dans la puissance de feu attisée par la section rythmique. "Dark passenger" est imprimé sur un tempo frénétique. Les arrangements sont assez complexes, mais bien structurés. Les changements de rythme fréquents. Pas de hurlement vocal. Les musicos maîtrisent impeccablement leurs instruments et on distingue clairement les interventions bien balancées de basse et de guitare. "Lonely bones" est une compo très homogène. Elle baigne au sein d’une atmosphère très stoner, sans doute un peu lourde, mais se singularise par ses accès de cordes bien ciblés et la voix lugubre, quoique distincte de Nicholas. Qui reçoit le concours de ses partenaires, aux backing vocaux, sur le plus élaboré "Compromosis". Des cordes acoustiques empreintes de douceur et de mélancolie ouvrent "Open wounds", une plage qui monte progressivement en puissance, se magnifiant au fil des superbes arrangements… Une voie que The 1984 aurait tout intérêt à approfondir…

 

vendredi, 18 avril 2014 16:40

Without

‘There will be blood’ (Trad : ‘Il y aura du sang’) est un film américain signé Paul Thomas Anderson, sorti en 2007, c'est aussi le patronyme d’un trio italien, issu de la région de Varèse, qui ne fait pas dans la dentelle. Une formation née 2009 qui réunit Davide Paccioretti (chant et guitare rythmique), Riccardo Giacomin (guitare et harmonica) et Mattia Castiglioni (batterie et percussions). Ce groupe avait déjà publié un Ep en 2010 intitulé "Prologue" et un autre en 2013, "One to nothing", dit le Diddley EP, ainsi qu’un album en 2011, "Whenever you go".

La mise en route est un peu chaotique, avant que le trio n’adopte le tempo du boogie pour attaquer "Ain't no places, no matter". La voix de Paccioretti est tonitruante. Elle prend naturellement le dessus. La musique est rustre, sans concession. Les deux grattes lui donnent son relief. "Twister" est imprimé sur un tempo vif, une compo largement inspirée par le blues primitif du delta. Castiglioni martèle ses fûts sans ménagement, mais c’est lui qui assure la cohésion de l’ensemble. Les cordes réverbèrent des sonorités particulièrement métalliques. A l’instar d’un Canned Heat enfermé dans un garage, le trio cherche une ouverture. "Kneel to your slave" se révèle plus menaçant. Davide hurle sa colère, tel un rapper assoiffé de sang, face aux riffs écrasés à la manière du Sabbath originel. Un style de riff qu’on retrouve sur "My face carved in stone", un autre blues lent au cours duquel les grattent érigent un véritable mur de son. Oui TWBB aurait pu naître au cœur des collines du Nord du Mississippi et enregistrer sur le label Fat Possum, comme le Jon Spencer Explosion en compagnie du bluesman R.L Burnside ou des Black Keys. Et c’est sur ces routes du Mississippi que "Souls cart" écrase la pédale des gaz. Une accélération fatale ! Manifestement le combo italien adore le boogie. Il le démontre sur "Voodoo", "Swamp" plage impressionnante au cours de laquelle il lorgne vers le ZZ Top des bons jours, et, en fin de parcours, "Back no more". A cet instant, Davide est proche de l'agonie. Une chanson qui s’achève à la manière d’une work song, comme à l’époque des chœurs d'esclaves dans les champs de coton. Le band se plonge dans l’atmosphère infernale d'un vieux juke joint branlant du Sud profond pour y déverser son énergie débordante et libérer un groove incroyable. C’est en sueur que la formation pousse son public au bord de l’anoxie. Se servant de "Truck", "Moonshine" et "Son of the lightning", ce dernier titre baignant dans un véritable climat de transe hypnotique. Le reste de l’elpee permet à tout le monde de souffler. Tout d’abord à travers "Snout", une piste unplugged. Les cordes sont bien sûr acoustiques, mais Mattia assume les percus à l’aide de cuillères. Rock/blues "Deeply well" adopte un tempo plus tempéré. Et l’opus s’achève par une chanson paisible intitulée "Last march", la marche d'un retour après une guerre qui aura été féroce…

 

vendredi, 18 avril 2014 16:35

Live in Hamilton

Basé à Hamilton, au bord du lac Ontario, ce blues band canadien compte déjà 17 années d'existence. Le chanteur/harmoniciste Corey Lueck en est toujours le leader. Il est secondé par le guitariste Mike Stubbs. "Live in Hamilton" constitue leur 5ème opus. Le dernier, "It ain't easy", était paru en 2012. Ce nouvel elpee a donc été immortalisé en public, l'année dernière, au Stonewalls Music Hall, chez eux à Hamilton. La formation avait voulu capter cet événement sur support, afin de révéler leur manière de communiquer toute leur palette d’émotions à un auditoire susceptible d’apprécier leur musique. Le répertoire est essentiellement signé par la paire Lueck/Stubbs.

"Ain't no sunshine when she's gone" est une ouverture somptueuse, un blues lent écrit par Bill Withers, gravé sur son premier elpee, en 1971. Le piano de Nick Succi cède le relais à une intervention magistrale de Gordon Aiechele, au saxophone ténor. La voix de Nick est rocailleuse, puissante, et chargée de passion. Le son est impeccable. Les interventions de guitare, de piano électrique et surtout du saxophone sont remarquables. "Hen house hopping" accélère le tempo. Ce swing blues aux accents jazzy permet aux solistes de prendre un billet de sortie ; que ce soit l’harmoniciste, le pianiste, le guitariste ou le saxophoniste, tous les musicos sont pétris de talent. "Josephine" est une bien jolie chanson empreinte de douceur. Mike distille un solo en y injectant toute sa sensibilité avant de céder le témoin au fameux Aiechele. "Wrong side girl" marque un retour au swing et au rythme. Succi balise le boogie woogie à l’aide de son piano et Jason Colavecchia se réserve un solo sur sa lourde basse acoustique. Le timbre de Lueck est vraiment particulier, mais il sait comment le faire vibrer. Comme sur la douce ballade, "I can't change". Blues rythmé, "Fine furred Momma" nous permet de découvrir une autre facette du talent de Corey, à l'harmonica. Sans surprise, "Smoke wagon boogie" est un boogie qui laisse toute liberté aux différents solistes : guitariste, bassiste, harmoniciste et bien sûr le pianiste. Blues lent d’une grande pureté, "Lonesome whistle blues" adopte une ligne mélodique réminiscente de "Bring it on home". "Feeling of the witch" est une longue plage, une espèce de medley empruntant autant à "Feelin' alright" qu’à "Season of the witch". Et le style adopté par le piano nous renvoie à la Nouvelle Orléans ou encore à l'époque de Joe Cocker lorsqu’il était flanqué de ses Mad Dogs & Englishmen. Bref, ce qui va à la voix de Cocker va à celle de Lueck ! De toute haute facture, ce concert s’achève par la reprise du "Blow wind blow" de Muddy Waters.

 

mercredi, 30 avril 2014 01:00

Your host

Ces Limbourgeois vont, en fin d'année, souffler les bougies de leur dixième anniversaire. Ils avaient ouvert le Belgium R&B Festival de Peer, en 2005. Leur premier elpee, "100 miles", date de cette époque, une fresque inspirée du west coast blues, produite par Marc 'Tee' Thijs. La perle du blues belge a encore publié deux albums par la suite, "Electrified" en 2006, et "Something ain't right" en 2011. Changement radical pour l’enregistrement de leur 4ème opus, puisque Rusty Roots a investi le studio de Mario Goossens, à Hechtel. Et Mario n’est autre que le drummer du célèbre trio belge, Triggerfinger. Le line up de Rusty Roots réunit le chanteur/guitariste Jan Bas, le second gratteur Bob Smets, le bassiste Stefan Kelchtermans et le drummer Nico Vanhove. Le quatuor signe les onze plages de ce long playing.

Première constatation, le style du groupe a radicalement changé. On n’y rencontre plus guère de blues authentique. Rusty Roots est devenu un rock band. Mais qui ne manque pas d’originalité. La mise en forme opérée par Goossens y est sans nul doute pour quelque chose.

Un riff rythmique nerveux, récurrent, ouvre "Come on home". Et immédiatement on pense à la quintessence des compos signées par la paire Jagger/Richards. Mais la comparaison s'arrête ici. La voix de Jan est très personnelle. Actuels, les arrangements sont excellents et reflètent un potentiel pop accrocheur. L'attaque de "Sidewalk" est ponctuée d’accents boogie blues. La mélodie est contagieuse. La sonorité des cordes est bien travaillée. La voix s'impose ; elle domine même l'ensemble. Plutôt acide, la six cordes de Bob est sur la réserve. Quoique bluesy, "Better lover" émarge de nouveau à la pop. A cause du travail de mise en forme opéré par Mario. Il ajoute de petites touches personnelles, comme du clavier, de manière à rendre le son plus fluide. Plus pop/rock, "Ohoo" épouse une trame encore légèrement blues, une compo au cours de laquelle la voix pure de Jan Bas s'impose encore et toujours. Sur "Take me down", Rusty Roots semble s’être converti au swamp rock de Creedence Clearwater Revival ; même le chant rappelle John Fogerty. Indolente, la mélodie de "Smiling face" dessine le contour d'un R&B ; mais l’attitude reste ici bien rock. D’ailleurs c’est la limpidité des cordes qui fait ressortir la voix de Jan. "All I want" adopte une attitude rock'n'roll. La section rythmique porte le chant. Les guitares sont débridées. "Backdoor man" n'est pas le blues que Willie Dixon avait écrit pour Howlin' Wolf, mais il adresse un clin d’œil au géant de West Point. On a même droit au motif hypnotique tellement apprécié par le mythique bluesman noir. Le rythme exotique, la guitare acidulée et le chant superbe de Bas complètent le tableau. C'est manifestement un sommet de l'opus. Le travail apporté aux voix sur "Bed of rose" est assez impressionnant. Les Stones ne sont pas loin ! "Fades out" nous immerge dans l’univers de Neil Young. Pendant plus de dix minutes, la guitare de Bob nous étreint, réverbère ses sonorités dramatiques, psychédéliques ; un exercice de style parfaitement maîtrisé qui préserve le sens mélodique. Et les interventions à l'orgue de David Poltrock (ex-Hooverphonic) communiquent à cette compo une dimension majestueuse. Sculpté dans le soul/funk/pop, "Tell it like it is" achève cet excellent long playing de roots rock…

 

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