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Jean-Claude Mondo

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vendredi, 18 avril 2014 16:31

New Tales

Les musiciens d’Ozma se sont rencontrés en fréquentant l’Académie Musicale de Strasbourg. Et en 2001, ils décident de monter un groupe. Un quartet réunissant le saxophoniste David Florsch, le guitariste Adrien Dennefeld, le bassiste/claviériste Edouard Séro-Guillaume et le drummer Stéphane Scharlé. Le groupe signe l’intégralité des morceaux de ce "New tales", qui raconte le voyage fantaisiste de Jim, l'étrange compagnon fictif rencontré naguère sur la route de Santiago de Compostelle et qui a participé aux différentes expériences du groupe. La formation considère sa musique comme le fruit de la rencontre entre fanfare mutante et une jungle sonore. D’une manière plus prosaïque, on pourrait la considérer comme de la prog sérieusement contaminée par le jazz et l’électro. Leur premier opus, "Electric Taxi land", est paru en 2007. Le second, "Strange trafic", en 2009. Et "Peacemaker", en 2011. Quoique essentiellement instrumentale leur expression sonore ne manque pas de charme…

Caractérisé par sa chouette mélodie, "Awakening" ouvre l'opus. Le saxophone mène les débats face à une rythmique qui glisse parfaitement sur les enchaînements. "The launch" est une plage rafraîchissante. David Florsch souffle aisément dans son instrument tout au long de ce titre de jazz moderne qui passe bien la rampe. Le tempo s’élève pour "Wide and open", une compo traversée de bruitages électroniques. La progression rythmique est irrésistible et les changements de tempo sont susceptibles d’évoquer King Crimson, même si l’approche demeure personnelle. Et sur cette piste, c’est la basse d'Edouard qui guide ses partenaires. Plus prog, "Belouga" baigne dans l’esthétisme et la sérénité. Des claviers introduisent cette compo réminiscente du Floyd circa 70’s, malgré le recours aux synthés. Des bruitages se mêlent aux percus de Stéphane sur "The drive". Accessible et même accrocheur, "The walk" trempe dans l’ambient. "Supertanker" marque le retour du saxophone. Une piste complexe, déchirante, un peu free, même si on se rend bien compte que tout est parfaitement maîtrisé comme chez Robert Fripp. Plus paisible, "Dark city" se nourrit de jazz rock. Exquis ! L'orgue cède le témoin à la guitare. Un titre hanté par le légendaire Frank Zappa, même si on est ici plus très loin de la fusion jazz-rock instituée par Weather Report… David reprend la direction des opérations sur "Monsters". Il explore un thème free jazz. Ses interventions au saxo me rappellent cependant Dave Jackson, souffleur émérite du Vandergraaf Generator. "Rest and rebirth" (le repos et la re-naissance) retrouve un peu de douceur. Très intéressant, cet opus s’achève comme il avait commencé, par "Tales of Jim", une plage à la mélodie agréable conduite par le saxophone…

 

vendredi, 18 avril 2014 16:24

Compass

Vingt-cinq années que Polly O'Keary écume les scènes du blues. Et pourtant, cette jeune femme affiche toujours autant de charme. Elle chante, joue de la basse et compose. Elle vit dans le Nord-ouest des USA, près du Pacifique. Elle avait été désignée comme meilleure chanteuse locale, en 2004, par la Société de blues de l'état de Washington. Elle avait concocté deux albums à ses débuts, à l’aide de son backing group. Puis, en compagnie de son partenaire Tommy Cook, préposé aux drums, elle a constitué la section rythmique des Taildraggers, le backing band du chanteur/guitariste Too Slim (Tim Langford). Pendant 4 ans. Polly remonte ensuite son trio, The Rhythm Method. Tommy Cook se charge, bien sûr, de la batterie et leur ami de longue date, Chris 'Seattle Slim' Nonnenmaker, est de retour. Il se charge, évidemment, de la guitare. Et les onze plages ce nouvel elpee ont été enregistrées au sein du studio Egg de Seattle. En outre, Lady Polly signe toutes les compos.

Polly possède une voix autoritaire. Et elle le démontre déjà sur "Fools gold". Une solide plage légèrement teintée de funk au cours de laquelle Arthur Migliazza, invité pour la circonstance, se charge des claviers. Particulièrement inspiré, Seattle Slim torture le son dispensé par sa six cordes à l’aide de ses pédales. La voix de Polly vibre tout au long du divertissant "Summer". Chris excelle à nouveau sur son manche. Il affiche ici un lyrisme proche de Dickey Betts. Les choses sérieuses commencent à partir de "Nothing left to say", une piste roots aux accents western. Soutenu par les Seattle Horns, au sein duquel la trompette de Greg Lyons se met en évidence, ce titre évoque, malgré le chant, une hypothétique B.O. d'Enio Morricone. Chris en profite d’ailleurs pour surfer sur ses cordes… Long blues aux intonations r&b, "Your honor" met bien en exergue le timbre vocal de Miss O'Keary ; et 'Seattle Slim' en profite pour libérer toute sa sensibilité sur sa gratte. Migliazza siege derrière le piano pour attaquer le solide shuffle "Harder than it has to be". Le riff répété de la guitare communique un format funk à "Stop train", un blues parfaitement balisé par la section rythmique. La voix bien féminine de Polly caresse la mélodie d’"I've got none", une ballade légère, au swing empreint de délicatesse ; une chanson qui permet à Chris de se réserver une superbe sortie jazzyfiante, toute en subtilité et fraîcheur. "How the mighty fall" baigne dans un climat R&B. Mais les percussions exotiques suscitent un envol de six cordes digne de Carlos Santana. Les cuivres et le cordes de Nonnenmaker contribuent rondement à la configuration purement funk de "You get me high". Polly met une dernière fois ses capacités vocales en exergue sur "Let me be kind, une piste dont la mélodie semble assez proche d’"I'd rather go blind". Une occasion rêvée pour ‘Seattle Slim’ d'exprimer toute l’intensité de son feeling sur ses cordes. Impeccable, cette finale est investie par de nombreuses voix.

 

vendredi, 18 avril 2014 16:17

Frogs

Larman Clamor, c'est le projet d’Alexander von Wieding, un artiste allemand établi à Hambourg. Paradoxalement, sa musique est imprégnée du climat torride et terriblement humide des marais. Elle baigne même dans une atmosphère propice au swamp boogie, irrigué par le blues et le rock, mais également par un psychédélisme singulier. En outre, ce chanteur/musicien voue une grande admiration au blues primitif du Delta (Robert Johnson, Mississippi Fred McDowell, John Lee Hooker). "Frogs" n’est ni son premier ni son dernier essai. Il avait publié un Ep ("The Lonely Pendulum") et deux elpees en 2011 ("Altars to turn blood" et un éponyme) en 2011. Et en 2013, il a gravé "Alligator heart". Ce "Frogs" remonte donc déjà à 2012.

Alexander joue aussi bien de la gratte acoustique qu’électrique, mais a aussi recours aux percus. Sa voix est caverneuse, ténébreuse et semble communiquer le même mal de vivre que Tom Waits.

Boogie primaire, le titre maître ouvre le long playing. La voix semble venir voix d'outre-tombe. Clamor crée des effets sonores à l’aide de ses instruments basiques, que ce soit des percussions des percussions fugitives ou des rythmes saccadés produits par la guitare. "Seven slugs O'mud" a changé l’or en boue. Instrumental, "Mill wheel alchemy" concède des accents orientaux. L’attaque sur les cordes est quasi permanente. Et cette menace se traduit par une brèche hypnotique. Des rythmes spasmodiques secouent "The mudhole stomp". Les éclats de la voix sont au bord de la rupture. Les pensées les plus sombres sont difficiles à évacuer… Autre boogie, "Undead waters" adopte un profil plus chaotique. La marée ne cesse de monter. "Mine to grind" hésite entre le blues en transe et le périple psychédélique ; mais il ne mène qu’à une impasse. Ce sorcier des sons de l'étrange nous entraîne au cœur d’un autre trip instrumental acide, "Potions & secrets". Alexander frappe sur tous les objets qui l'entourent. Angoissé, il cogne même sur ses cordes lors d’un autre boogie, "Black cylinder". Introduit par un clavier lointain, "Gorgon's gold" est peu à peu envahi par les cordes. Elles prennent même possession de l’espace sonore à travers une fusion de blues et de rock. Malgré le chant âpre et vindicatif, la compo est plus accessible. Tourmenté, acide, presque envoûtant, "Within temples of mold" demeure néanmoins agréable à l’écoute. "Frogs" est une œuvre qui mérite une écoute attentive. On y rencontre une multitude de sonorités inattendues. L’elpee s’achève par "Journey of the serpents". Ces marais sont décidemment bien dangereux à traverser…

Et pour que votre info soit complète sachez qu’Alexandre confectionne personnellement les illustrations de ses pochettes. Celle de "Frogs" est particulièrement colorée de vert et de jaune, laissant apparaître un soleil levant au ton blafard…

 

vendredi, 18 avril 2014 16:15

KOTW

King of the World nous vient des Pays-Bas. Un excellent quartet de blues réunissant le chanteur/bassiste Ruud Weber, le merveilleux guitariste Erwin Java, le claviériste Govert Van der Kolm et le batteur (ex-Normaal) Fokke De Jong. Java est un gratteur particulièrement populaire dans son pays. Pendant 25 longues années, il a figuré dans le backing group de Harry Muskee, authentique légende du blues et leader intemporel de Cuby and the Blizzards. Ruud a également longtemps sévi comme bassiste au sein d’un autre backing group. En l’occurrence celui du Britannique Snowy White. Et on l’entend tout au long de cet opus. Tant la voix que le style particulièrement mélodique.

King Of The World est né en 2012, un an à peine après la disparition du mythique Cuby. La formation avait publié un premier opus en 2013, "Can't go home". Et en Hollande leur popularité est montée en flèche en deux temps trois mouvements. D’ailleurs, lors de la remise des Dutch Blues Awards, en février dernier, elle a remporté cinq prix : meilleur blues band, meilleur guitariste, meilleur organiste, meilleur bassiste et meilleur batteur. Qui dit mieux?

Le long playing baigne dans un blues esthétique, mélodique, harmonieux. Et on s’en rend compte dès le premier morceau, "Fool no more", une compo empreinte de charme. La voix de Ruud est très expressive, proche de celle de son ami et partenaire des meilleurs jours, Snowy White. L’orgue Hammond de Govert communique à l’ensemble une chaleur naturelle ; et, enfin, les sonorités de guitare sont belles à pleurer. Le toucher est tellement parfait qu’on en oublierait presque que pour sortir de telles notes imaginatives, il faut être à la hauteur. Le tempo s’élève pour "Someway somehow". La section rythmique swingue naturellement. L'orgue est omniprésent et les cordes de Java décollent à nouveau pour atteindre les sommets. "If you want to leave" est le long blues lent de circonstance. Abordé dans le style des Blizzards, mais à l'anglaise, bien sûr, rappelant les jours glorieux de la british blues boom qui a sévi fin des 60’s. Les sonorités de la six cordes sont vraiment chargées d’émotion. On pense aussi parfois à David Gilmour. Surtout lorsqu’elles sont rejointes par l’orgue, dans l’esprit du Pink Floyd à son apogée. Le sens mélodique authentique des compositions est un des maillons forts de KOTW. Des compos qui ne souffrent d’aucune faiblesse. "Living with the ghost of the past" s’illustre par une fluidité claptonienne des cordes. La plage qui me botte le plus est incontestablement "Beatin like a drum". Une compo belle et pure. C’est à cet instant que Java se rapproche le plus du Dieu Peter Green. Ce son réverbéré ne peut émaner que d'une Gibson Les Paul. Face aux roulements de caisse, on retrouve l'impact de "Supernatural", l'inoubliable instrumental qui figurait sur l’LP "A hard road" des Bluesbreakers de John Mayall. C’était en 1966, Green et Dunbar y étaient impliqués. Erwin a empoigné le dobro acoustique pour négocier "Get up and do it", une plage roots. Nerveux, "Hurricane" réveille le souvenir du "Going down" de Don Nix. Fokke en assure la trame tout en puissance. Le piano électrique et les percussions communiquent un ton très jazz  à "Doctor doctor", une piste qui puise son inspiration dans les rues de la Nouvelle Orléans. "Money means trouble" clôt l’opus. Java est passé à la slide pour cette piste imprimée sur un tempo très vif. Et ce n'est pas tout à fait terminé, car le disque recèle une plage cachée, en l’occurrence une reprise intimiste du "I shall be released" de Bob Dylan. Un superbe album!

 

vendredi, 18 avril 2014 16:14

Vegas lights

Hancox est un quartet drivé par le chanteur/guitariste Pip Hancox. Il a longtemps été le leader de The Guana Batz, un groupe anglais né en 1982, réputé pour son psychobilly. Une véritable référence dans le style ; à cause de son style énergique, fruit de la rencontre entre punk et rockabilly. Au cours de l'été 2010, il s’est retranché quelque part en Californie, du côté de San Diego, non loin de la frontière mexicaine, pour monter ce nouveau projet. Au sein duquel on retrouve quand même le bassiste Johnny Bowler, un ex-Guana Batz. Le line up implique également deux Californiens, soit le guitariste Gino Meregillano et le drummer Alex Pappas. Le band est donc partagé équitablement entre Britannique et Yankees.

"London streets" ouvre la plaque. Le chant adopte un phrasé punk, mais l’attitude emprunte au blues. Mais finalement la structure de ce titre s’avère plutôt raffinée et la production soignée. Le psychobilly reste l'épine dorsale de Hancox. Toute la sauvagerie de l'attitude punk est bien présente au cours des premiers titres. Et en particulier "Toxic twins", "Sally" et "Back door city". "Beautiful creature" marque un tournant dans l’opus. Excellente compo, elle est imprimée sur un tempo plus lent. L’instrumentation est irréprochable et les sonorités de cordes évoquent tout bonnement les Stray Cats. On reste dans le rockabilly tout au long de "7th daughter", une piste très énergique mais parfaitement construite. Gino, le gratteur américain, apporte manifestement ici toute son expérience. Bien rythmé, "Ellinore" constitue une autre réussite de l’elpee. On est même ici plus très loin de la pop. C’est la conjugaison des deux guitares qui crée la spécificité du son Hancox. Et sur ce morceau, l’envolée dans l'univers surf est remarquable. "Carburetor" fait encore la part belle au surf, même si ici les cordes sont débridées et sonnent plus métalliques. Et à partir de "Bleed", le doute n'est plus permis, Hancox pratique du 'surfabilly', pour la circonstance sur un thème hispano-mexicain. Les guitares sont irrésistibles. Tout comme sur "Shake". Un véritable mur du son est érigé, mais émaillé de petits effets sonores bien créatifs. Le titre maître est une ballade qui ne manque pas de charme. Plutôt lent, mêlant subtilement cordes électriques et acoustiques, il bénéficie de nouveau d’interventions vocales très soignées. Et Hancox se retire en attaquant une cover du hit de Blondie, "Call me". Surprenant ! Si l’album a bénéfice d’une mise en forme parfaite, je me demande quand même pourquoi il démarre par toute une série de plages psychobilly?

 

vendredi, 18 avril 2014 16:10

Hammerbeatmatic

Fred Lani avait à peine 17 ans lorsqu'il a fondé la première mouture des Healers. C’était en 1994. Elle impliquait son Healerspère, Papy X, à la basse et Marc Lhommel, à la batterie. A l’époque, le combo pratiquait du Texas blues, inspiré par Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter. Leur premier elpee, tout simplement baptisé "First", tombe dans les bacs en 1997 et séduit rapidement leur public! Dans la foulée, le combo publie "I gotta leave". Soit, en 1998. "Electerrified" ne paraît qu’en 2001. Fred se lance dans une aventure plus personnelle en compagnie du notoire Bruno Castelluci, à la batterie. En 2004, la bande à Lani grave "Red", un elpee présenté en avant-première au Botanique. A la même affiche, figure un certain Triggerfinger… C'est ensuite le silence radio. Fred disparaît pour mieux revenir. Ce sera en 2013. Il engage deux nouveaux musicos, le bassiste Cedric Cornez et le batteur Nicolas Sand. Il ressuscite ainsi les Healers.

"Hammerbeatmatic" vient donc de sortir et constitue la meilleure œuvre commise à ce jour pour notre chanteur/guitariste qui affiche aujourd'hui 36 ans au compteur. La production et toutes les compos sont signées Frédéric Lani.

L'ouverture est largement électrique. Blues/rock, "Doyle the hunter" nous replonge à une époque où Jimi Henrix était un dieu vivant. Bien que déjantée, la guitare reste parfaitement sous contrôle. Une excellente entrée en matière. Changement de style pour "A man for a day", une folk blues intimiste, particulièrement mélodieux, paru –semble-t-il– en single, une plage qui monte progressivement en puissance. "Roots and roses" est un morceau écrit pour le festival du même nom qui se déroule chaque 1er mai au Centre Culturel René Magritte de Lessines. Il est vrai que Mr Roots & Roses, Frédéric Maréchal, naguère responsable du Boogie Town Festival de Louvain-la-Neuve, demeure l'agent des Healers. Oscillant entre rock et boogie, la piste est toujours hantée par le spectre de Hendrix. "Burning" porte bien son titre. De toute évidence inspiré par l'albinos texan, Johnny Winter, il est particulièrement brûlant ! Fred éructe ses vocaux de la même manière, et ses cordent slident également jusque la jouissance. Enrobée de chœurs, "Dreams" est une ballade roots qui ne manque pas de charme. Chargées de sensibilité, les cordes explorent tous les espaces disponibles. "Lover's boogie" est le boogie attendu. L’intro est digne de Canned Heat. Dr Boogie et Fred Maréchal ne doivent plus tenir en place. Pourtant la guitare restitue des accords plus proches d’un Billy Gibbons (ZZ Top). Le riff asséné à "AVD" est très percutant. Sans aucun doute, un élément de base de la ‘Hammerbeatmaticmania’. La section rythmique est à son avantage, une rampe de lacement idéale pour permettre à Fred de lancer ses scuds. La voix a fortement mûri et c'est bien la marque d'une progression. La machine de guerre est définitivement sur ses rails. Les brûlots se suivent : "The river bed", caractérisé par ses cordes incandescentes, le très ‘hendrixien’ (époque Band of Gypsies) "The best thing", l'incendiaire "Like a leaf". "Remedy" nous ramène vers les berges du Mississippi. La slide domine le sujet. Plage dynamique, "Scratch my back" n’est pas un titre de Slim Harpo, mais bien signé Lani. Enfin, en finale, "Another place" nous immerge dans le Delta, une compo au cours de laquelle le bottleneck est en plein délire…

 

vendredi, 18 avril 2014 16:09

Too much is not enough

Derrière ce groupe d'amis, se cache un fameux trio. On y retrouve d’abord le bassiste Gerry McAvoy. Pendant plus de 20 ans, c'est-à-dire de 1971 à 1991, il a milité au sein du backing group de feu Rory Gallagher. Puis le drummer du même combo, qui a sévi de 1978 à 1981, Ted McKenna. Enfin, le guitariste néerlandais, Marcel Scherpenzeel. Soit l'ami de l'attachant Rory ! Le band a décrété qu’il allait réaliser ‘une célébration de la musique de Rory Gallagher’. Le mythique gratteur irlandais nous a quittés pour toujours le 14 juin 1995, des suites de complications après une greffe du foie.

"Too much is not enough" est un box qui réunit un Cd et un Dvd. Et ici pas question de sempiternelle duplication ! Le disque audio a été enregistré au studio Seathwaite en Angleterre. Il a été coproduit par Paul Rose qui ajoute suivant son inspiration, interventions de guitare, mandoline et percussions.

"Dreamcatcher" est une solide mise en jambes. Le trio s’avère déjà particulièrement soudé. Consistante, captivante, "Leap of faith" est une plage qui communique le tournis. Elle est balisée par le drumming en béton de McKenna. Marcel injecte une dose d'orientalisme dans  ses sonorités de cordes, communiquant un effet psychédélique très réussi à la compo. Plus roots, "I don't cry" mêle cordes acoustiques et électriques. Tommy Stead y souffle dans son harmonica. Autre plage robuste, "Body and soul" emprunte largement au style Gallagher. Les riffs assénés par Scherpenzeel sont puissants et brillants. Presque pop, "Sing it with the band" accroche instantanément l’oreille, une piste au cours de laquelle les cordes prennent un plaisir manifeste à vagabonder. Le compact disc s’achève par la reprise du "If I had a reason" de Gallagher (NDR : la version originale figure sur l’elpee "Blueprint"), une ballade acoustique plutôt sympathique qui autorise une belle échappée à la six cordes amplifiée.

Le Dvd a été immortalisé au Kulturhalle de Remchingen, en Allemagne. Il épingle pas moins de onze compositions signées Gallagher. Et nous sommes bien plongés dans l’univers de l'Irlandais dès "Continental op" ("Defender" - 1987). Largement amplifiée la guitare assure devant la section rythmique en granit. "Do you read me" ramène un relative quiétude. Blues lent, "Off the handle" ("Top Priority" - 1979) est découpé dans des riffs dramatiques, tranchants et nerveux. Cette piste était un peu la réponse au "Red House" de Jimi Hendrix ; et manifestement Marcel a très bien assimilé la technique de Rory. Sur les planches, le maître de cérémonie est sans surprise Gerry, un entertainer qui prend indubitablement son pied. Le trio aligne des pistes toujours aussi solides : "Bought and sold", "Philby" repris en chœur par le public et le puissant "Laundromat", la plage qui ouvrait le tout premier opus solo de Gallagher, en 1971. Intenable, Marcel se réserve la slide sur "Secret agent". Les musiciens et le public sont chauds. Moment propice pour attaquer une des meilleurs compos de l'Irlandais, "Tattoo'd lady". Et "Bad Penny" embraie, un titre que le trio dispense en conjuguant limpidité et élégance. Les deux plages finales rendent un vibrant hommage à l'artiste disparu, "A million miles away" et "Shadowplay".

 

vendredi, 18 avril 2014 17:22

Messe i.x–vi.x

Ulver (NDR : Ulver se traduit par loup en norvégien) est un groupe norvégien fondé en 1993. Au cours de sa carrière, s’est frotté à une multitude de styles, depuis le black metal (à ses débuts) à l’avant-garde, en passant par le folk, la prog, le garage, l’ambient, le trip hop, l’indus, le gothique, l’électro et j’en passe.

Pour enregistrer « Messe », il a reçu le concours de l'Orchestre de Chambre de Tromsø. Le concert s’est déroulé le 21 septembre 2012 et les bandes ont ensuite été retravaillées à Oslo. Cette messe est découpée en six chapitres.

L’introduction du premier est particulièrement longue et lente. C’est à peine si le son est audible. Baptisé pompeusement "I.X – As Syrians pour in lebanon grapples with ghosts of a bloody past", il libère quelques bruitages qui vont progressivement laisser la place à l'électronique aérienne et sidérale, avant que ne débarque un violon et un violoncelle pour déchirer l’atmosphère. Retour ensuite au calme absolu, moment choisi pour libérer le piano et saluer le retour de l'orchestre de chambre. Emphatique mais beau.

Sans s’en rendre compte, nous glissons dans la seconde plage. Intitulée "II.X – Shri Schneider", elle prélude l'arrivée de percussions électroniques, suivie d’interventions de claviers qui expérimentent des bruitages. L’ensemble est dirigé par le membre fondateur Garn, de son véritable nom Kristoffer Rygg, maître de la programmation.

"III.X – Glamour Box" constitue le troisième volet de l’opus. Grandiloquent et ambitieux, il mêle, dans un climat tragique, les sonorités synthétiques aux cordes de l'orchestre de chambre ! La progression sonore qui reflète le thème du fantastique est tout à fait remarquable…

Et elle bascule dans la pièce suivante, "IV.X -Son of man". Pour la première fois, des mots sont déclamés, laissant ensuite les chœurs prendre le relais au sein d’un décor majestueux, jusqu'à la déflagration de l'orchestre de chambre au cœur d'une atmosphère avant-gardiste.

"V.X – Noche oscura del alma" traverse la nuit. Elle est très sombre, manifestement…

"VI.X - Mother of Mercy" opère un retour au calme. Un final chanté dans un décor mélodique plutôt féerique quoique assez minimaliste.

Depuis Ulver a déjà publié un nouvel elpee en 2014, "Terrestrials". Jusqu’en 2011, Ulver était presque exclusivement une expérience studio. Ensuite, le band scandinave a commencé à se produire au sein de lieux prestigieux ; malheureusement, depuis ce mois d'avril, il semble que des ennuis de santé rencontrés par un des membres du groupe les aient obligés à mettre la pédale douce et à se concentrer sur leur travail en cercle fermé.

 

vendredi, 18 avril 2014 16:06

First name Lucky

Fondé en 2010, Tweed Funk est un brass band établi à Milwaukee, dans le Wisconsin. Son objectif ? Célébrer le blues, la soul et le funk! Au cours des deux dernières années, il a été plébiscité meilleur groupe ou artiste R&B par la WAMI (Wisconsin Area Music Industry). Le leader est le chanteur noir Joseph 'Smokey' Holman. Il est soutenu par cinq musiciens blancs : le guitariste JD Optekar, le bassiste Eric Madunic, le drummer Nick Lang, le saxophoniste Jon Lovas et le trompettiste Klemme. L'opus recèle sept compositions signées par la formation et quatre reprises. A ce jour, le combo avait publié deux albums, "Bringin' it", un live immortalisé au Waukesha BluesFest, en 2011, et "Love is", en 2012.

Dès l’entrée en matière, pas de doute, le climat entretenu par Tweed Funk baigne bien dans le Memphis R&B. Tout au long de "Blues in my soul", la voix réverbère bien des accents Stax. La section rythmique est dynamique et les cuivres sont chatoyants. "Time to burn" constitue sans aucun doute une des meilleures plages de l’opus. La voix de Smokey accroche instantanément l’oreille. Optekar démontre sa technique sur sa six cordes. Jon s’accorde un premier billet de sortie sur son saxophone. Le combo reprend l'un des titres phare du répertoire de BB King, "Let the good times roll". Le chant est naturellement puissant. De quoi parfois déconcerter le mélomane. Les solistes prennent le large, à tour de rôle : trompettiste, guitariste ; et pas de doute, les musicos prennent leur pied quand il reprennent le refrain en chœur. Particulièrement funk, "Hoodoo power" lorgne vers Tower of Power. Une invitation à la danse collective. La voix prend toute son expression sur "Divided", une lente ballade R&B. Smokey y livre toute son âme pour faire revivre Otis Redding! Puis, il se réincarne en James Brown pour attaquer le remuant "Sugarfoot" de Black Joe Lewis. Les cuivres sont au bord de l'explosion et la trompette de Kevin Klemme monte dans le rouge ! "Deed is done" est abordé dans l’esprit d’un big band blues, un superbe morceau qui s’agite et swingue, remettant le sax et la trompette sur orbite. Cette musique est destinée à faire danser. Impossible de résister à leur version d’"I got loaded", un succès jadis (en 1951!!) décroché par le Texan Peppermint Harris. "Slippin misery" constitue le blues cabaret fin de soirée. Une plage tendre et indolente caractérisée par la voix au bord du désespoir, et l’intervention de la trompette, prête à faire chavirer le cœur des couples enlacés! En guise de cadeau, Tweed Funk adapte un des fleurons du Stax R&B, le "Knock on wood" d'Eddie Floyd. En finale, le collectif nous réserve un R&B saignant, "Get in on", un titre qui bénéficie du concours de Brian Lucas, invité pour la circonstance, à l’harmonica. A cet instant, nous ne sommes plus très loin de l'univers blues de Junior Parker, qui avait enregistré à Memphis dans les studios Sun.

 

samedi, 12 avril 2014 16:47

Running out of time

Mary Ann Casale est originaire de Long Island. Au cours de sa jeunesse, elle a sillonné les routes des States de long en large, afin d’y accorder des récitals, en accompagnant sa voix d’une simple guitare acoustique. C'était dans 70’s. Puis elle a tout abandonné et s’est accordée un long break de trente bonnes années. Elle a donc décidé de revenir dans le parcours. Tout en travaillant sa voix intimiste, elle s’est remise à la sèche et puis surtout à écrire des chansons, des compos qui baignent dans une ambiance très folk, légèrement teintée de blues!

L’elpee s’ouvre par "Running out of time", une plage à fois belle et tendre, pour laquelle elle a reçu le concours de Beth Robinson au violoncelle. Caractérisée par ses subtiles effluves de blues et jazz, "Don't knock on that door" est une superbe piste magnifiée par les interventions de la six cordes de Tas Cru. Ce dernier se réserve également l’harmonica sur le blues "No place to hide". Il y tire même presque toutes les ficelles, puisqu’il produit le long playing. L'écriture de Mary Ann est simple et directe. Sa voix est bien timbrée, et si elle colle parfaitement à la douceur de sa musique folk, elle révèle également certaines affinités avec le blues, surtout quand elle monte en puissance. Les plages se succèdent dans un registre qui ne varie guère ; reconnaissons néanmoins que le sens mélodique de ses chansons est à la fois naturel et irréprochable. Plus nerveux, "All that is left behind" est dynamisé par un bohdran, instrument de percussion celtique. Cordes, basse et bongo balaient "Faces never seen" une autre jolie plage aux intonations gospel. Tas Cru revient souffler dans son harmonica sur le gospel blues "One of these days". "Running out of time" est une oeuvre qui baigne dans la sérénité…

 

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