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samedi, 12 avril 2014 16:44

Baptized by the mud

Elle nous vient d’Edmonton, au Canada et puise son inspiration quelque part entre les rives du Mississippi et la tradition festive et musicale de la Nouvelle Orléans. On la surnomme pourtant la ‘Reine du swamp blues’. Elle chante, joue de la guitare et compose, tout en teintant ses racines de blues et de gospel. Toujours étudiante à l'Université d'Alberta, faculté où elle y suit un cursus consacré à la musique populaire, elle prépare sa thèse de doctorat qu’elle consacre aux musiques populaires du siècle dernier. "Baptized by the mud" constitue déjà son quatrième album!

"Sun goes down" ouvre la plaque. On est immédiatement plongé dans la tradition du gospel. Les chœurs répondent au chant et au piano de Darryl Havers qui talonne le bottleneck de notre Kat. "Sweet baybay" est une chanson roots empreinte de charme. La guitare du producteur Steve Dawson et l'orgue de Havers tapissent impeccablement le décor sonore. Cet orgue est de nouveau mis en exergue sur "None of us are free", composition savoureuse au cours de laquelle la ligne de basse multiplie les échanges, et notamment avec la voix. Le titre maître nous entraîne au cœur des marais louisianais ; et nous y sommes ‘baptisés par la boue’ au son de l’accordéon, du banjo, de pedal steel sans oublier la basse acoustique de Jeremy Holmes. La musique des racines est très riche, un climat sonore qu’illustre parfaitement "Crazy for you", une piste balayée par les accords d’une grande pureté dispensés par la slide de Dawson. "O' Mary don't you weep" et "Hear me out, think it over" sont deux compos à la fois belles et mélodieuses. Kat se sert de sa voix comme un instrument sur "Winsome, lonesome", un blues acoustique qui swingue. Caractérisé par les interventions gémissantes de la slide, "Notes from the other side" exhale un parfum country. Balisé par les ivoires et dynamisé par les percussions de Geoffrey Hicks, "Prove it on me blues" vagabonde parmi les rues de la Nouvelle Orléans. Cette œuvre intimiste s’achève par très belle adaptation du "You gotta move" de Mississippi Fred McDowell, une plage au cours de laquelle la voix de Miss Kat se lâche...

 

samedi, 12 avril 2014 16:40

Cheat'n man

Patti Parks est une chanteuse tout à fait charmante dont le blues chaleureux est destiné à nous faire danser. Son backing group est établi à Buffalo, dans l'état de New York, pas bien loin des chutes du Niagara. Il est né en 2003 et implique une section de cuivres très efficace.

Dès l'ouverture, "Baby don't you know", la voix intrépide croise le fer avec le mur de cuivres, au sein duquel se dégage le saxophone ténor de Nick Salamone. Blues lent de type cabaret, "Happy you're mine" est une invitation à l'étreinte. Sensuelle, la voix de Patti se glisse entre le piano de Jimmy Eingher et l'orgue de Guy Nirelli (NDR : c’est également le principal compositeur et producteur). Charles Buffamenti assure à la gratte pour introduire "Back off". Et elle a de la voix notre ravissante blonde. Elle embraie aussitôt par un autre blues lent torride, type fin de soirée. Patti chante et répond aux interventions du piano de Carol Ann Swift, alors que Buffamenti est très heureux d’obtenir son billet de sortie sur ses cordes amplifiées. Ballade attachante, "Mama" baigne dans une douceur extrême. Miss Parks et Norelli ont co-écrit le titre maître, un blues imprimé sur un tempo lent, une piste propice à un exercice vocal de caractère. Patti vit son blues, elle opère en permanence des échanges avec ses musiciens, et tout particulièrement le sax baryton de Paul Vanacore et les cordes de Charles. Blues, swing, jazz et un zeste de funk entrent dans la texture d’"Every day", une piste balisée par le piano de Lady Swift. Les cuivres s'en donnent à cœur joie tout au long du R&B nerveux "What I had to be". C'est sous une formule big band que "Watcha gonna do" achève l’opus, un tire qui permet à Salamone de souffler vigoureusement dans son instrument…

 

dimanche, 30 mars 2014 17:51

Archi Deep and The Monkeyshakers

Le patronyme de cette formation est susceptible de vous induire en erreur. Cette formation ne nous vient pas du pays de l’Oncle Sam ou de l’Albion mais bien de l’Hexagone. Elle est même issue de l'île d'Oléron. Et est dirigée par le chanteur Arthur Di Piazza, qui a adopté le sobriquet d'Archi Deep. Ce guitariste/pianiste militait encore au sein d’un groupe punk, en l’occurrence Redfish, fin de la décennie précédente, avant de monter ses Monkeyshakers. Un line up impliquant une section rythmique, Martin Leroy à la basse et Camille Sullet à la batterie.

Archi Deep a vécu pas mal de temps à Londres. Les premiers elpees des Stranglers constituent certainement ses disques de chevet. Et c’est manifeste sur le titre qui entame l’opus, "Ballad of love". Une compo punk, tramée sur les lignes de basse. La voix rappelle inévitablement celle de Hugh Cornwell. Une introduction très réussie. Plus garage, "Half of a two" est parcouru par une guitare aux accents métalliques. Soutenu par les chœurs des deux Moneyshakers, le chant est lustré, communiquant un aspect plus pop à la plage. Les sonorités sont parfaitement ciselées et surtout bien maîtrisées. "Psycho girl" s’ouvre par des accès de gratte funkysants. Camille fait le forcing sur ses peaux pour communiquer ce profil nerveux qui incite au déhanchement. S’étalant sur plus de 7 minutes, "Whispering song" se distingue manifestement de l’ensemble. A l’instar du titre, il fait l’apologie du murmure. Un véritable tour de force opéré par le chanteur qui emprunte quelque peu les paroles à « The end » (‘This is the end, my friend…’) de Jim Morrison, tout en conservant un style personnel. Un morceau au cours duquel on est propulsé par les cordes d’Arthur Di Piazza, dans un périple psychédélique, délirant, bruitiste. Une véritable claque ! "Oh God! I want you!" retombe sur terre ; ou plus exactement dans un garage pop que le band semble affectionner! Trop court, ce mini elpee s’achève par le ludique "Hate". Ce groupe français a manifestement du potentiel ; il est à suivre de très près…

 

jeudi, 27 mars 2014 00:00

They call me The Professor

Hugh Holmes, alias Professor Harp, s’est donc autoproclamé The Undaunted Professor Harp, c’est-à-dire l’intrépide Professeur Harmonica. Il n’est plus de première jeunesse, puisqu’il est né en 1951, à Boston. A ses débuts, il joue de la batterie ; ce n’est qu’après avoir rencontré l'harmoniciste prestigieux Georges Smith, alors membre du Muddy Waters Band, qu’il opte pour la musique à bouche. C’était en 1969. Une passion nouvelle qui va lui permettre de monter sur les planches auprès de Muddy Waters, au milieu des 70’s. C’est même ce dernier qui va lui coller son pseudonyme. Il côtoie alors épisodiquement Solomon Burke et Luther Guitar Johnson. Fidèle à son Boston natal, où il se produit le plus souvent, il lui a fallu plus de 35 ans avant de graver son premier opus solo. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de musicos expérimentés. Et notamment Doug James (Roomful of Blues), Bob Margolin (ex-Muddy Waters Band) et des proches du célèbre gratteur Duke Robillard, comme le bassiste Marty Ballou, le batteur Mark Teixeira ou encore le regretté bassiste/guitariste John Packer.

L'ouverture "Professor Harp" est royale. Hugh chante d'une voix grave empreinte de swing. Il ponctue ses couplets de brefs chorus à l'harmonica. Instrumental, "Texago at Doyle's" est un parfait témoignage de la puissance de son souffle. Sa cover de "Sugaree", un classique signé  Marty Robbins popularisé par les Jordanaires en 1957, ne manque ni de puissance ni de classe, une reprise au cours de laquelle il pose bien sa voix. Soutenu par l’orgue et le piano, "Fightin' the battle" est un long blues lent. Le professeur y est dans son élément. "What you do to me" pénètre dans le jump, une compo chargé de swing, un blues champagne sabré par les ivoires de Glenn Hardy et surtout le sax baryton de Doug James. "Wild weekend" est un hit décroché par les Rockin' Rebels en 1960. Un instrumental qui rocke. Tout au long de sa version, le professeur souffle comme un gamin qui manifeste sa joie, alors que la guitare de Tom Ferraro est éclatante en mode surf. "Sly black fox" est un swamp blues paresseux attaqué par Holems, dans l'esprit des grands du style, comme Slim Harpo! Chicago blues, "My life : An exercice in blue" adresse un clin d'œil au mentor de Hugh, Muddy Waters ; et sans surprise, Bob Steady Rollin' Margolin se réserve la guitare slide. Excellent jump blues, "Just come natural" est dirigé par le professeur devenu shouter devant les cordes de Ferraro et les ivoires de Keith Munslow. La plage finale "Eine für Herr Schmidt" est un instrumental. Un hommage poignant à l'inoubliable George 'Harmonica' Smith au cours duquel Holme souffle avec émotion et passion dans son harmonica chromatique. Un excellent album !

 

dimanche, 30 mars 2014 17:49

Temptation

Laurence Jones est un jeune chanteur/guitariste anglais. Pourtant, âgé à peine de 21 ans, son blues rock est inspiré par d’illustres gratteurs qui affichent de nombreuses années au compteur ou considérés aujourd’hui comme des légendes, à l’instar d’Eric Clapton, de Buddy Guy, Jimi Hendrix et Walter Trout. "Thunder in the sky", son premier elpee, était chargé de promesses. Depuis, l’artiste a pris de la bouteille. Il s’est énormément produit en ‘live’. Il a servi de supporting act pour le Royal Southern Brotherhood et côtoyé le Texan Mike Zito qu'il a réussi tout bonnement à impressionner. Le gamin a désormais tout dans les mains. Il a signé un contrat chez Ruf ; ce qui lui a permis d’enregistrer cet opus au sein du studio Dockside à Maurice, en Louisiane. Des sessions au cours desquelles il a bénéficié du concours de grosses pointures, dont Yonrico Scott, Charlie Wooton ainsi que la section rythmique du Royal Southern Brotherhood. En outre, Mike Zito s’est chargé de la mise en forme.

"Foolin' me" est une entrée en matière très musclée. Pour un si jeune gars, la voix de Laurence s’affirme naturellement. La guitare crache le feu au sein de cet univers manifestement rockin' blues. "Move on" adopte un même tempo. Le climat est torride. Solide, la voix domine l’ensemble soutenu par une section rythmique de grande classe. L’envol des cordes est particulièrement impressionnant. "Tomorrow is another day" baigne dans une ambiance plus cool, une compo qui flirte avec le R&B. Le grand Jumpin' Johnny Sansone est bien de la partie. Il rugit de plaisir sur son harmonica. Une piste au cours de laquelle on remarque le soin apporté par Zito à la production. Un grand moment ! Sur "Temptation", Jones me rappelle Walter Trout, dans un style proche d'Albert Collins. Les cordes sont dupliquées de manière à assurer des échanges brûlants. "Can't keep living like this" est un rock blues plutôt gouailleur à la limite du hard. Laurence se réserve le dobro et Mike Zito les cordes acoustiques tout au long de "Whisper in the wind", une tendre ballade. Le spectre de Jimi Hendrix plane sur "Fall from the sky", notamment lors de l’excellente finale, qui met en exergue les cordes. La voix de Jones est naturellement puissante, incisive même, tout au long du "My eyes keep me in trouble" de Hysear Don Walker, une parenthèse funk. "Southern breeze" constitue un autre sommet de l'opus. Très inspirée par le Sud, caractérisée par la présence d’une guitare slide, cette plage évolue dans un registre que ne renierait pas Zito. "Wind me up" nous plonge dans une ambiance digne des Allman Brothers, un blues puissant, irrigué par l'orgue de Lewis Stephens (NDR : un musicien qui bosse régulièrement en compagnie de Zito) et caractérisé par des guitares dédoublées. Blues lent, "Bad bad dream" est a nouveau hanté par Hendrix. En finale, "Soul swamp river" est dominé par l’harmo passionnel de Johnny Sansone, un titre coécrit par Mike Zito et Laurence Jones…

 

jeudi, 27 février 2014 17:05

Songs from the road (Cd + Dvd)

"Songs from the road" est une œuvre qui a été immortalisée à la Nouvelle-Orléans, en 2012, dans le cadre du Crossroads Blues Festival. Ce set est reproduit sur cd et dvd.

Le compact disc s’ouvre par "Fired up!", une compo réminiscente du Santana d’une certaine époque. Yorinco est bien calé sur son siège, derrière une imposante batterie. Cyril est debout à l'avant-plan, face à un impressionnant dispositif de percussions. Les deux musicos mènent la danse. Cyril est aux vocaux. Les accords de guitare concédés par Devon sont nerveux. Mike prend le relais au chant sur "Hurts my heart". Sa voix est stupéfiante. Ce solide roots rock est appuyé par un riff rythmique, pendant que Devon remplit tous les intervalles à l’aide de notes bien grasses produites par sa Gibson Les Paul. Devon Allman chante "Gotta keep rockin'", dans un style aussi autoritaire que celui de son père, Gregg. Mike Zito se réserve à son tour le rôle de soliste. Le refrain est repris en chœur par les trois vocalistes. Victor Wooton assure discrètement et efficacement la partie de basse. Neville interprète, d’un timbre clair et mélodieux, "Moonlight over the Mississippi", un funk pourtant solide. Devon est au micro pour "Left my heart in Memphis", un blues rock lent aux accents dramatiques. Légèrement acide, la guitare nous invite au voyage. Mike a armé son doigt d'un bottleneck pour aborder "Fire on the mountain, une chanson roots signée Mickey Hart. Cyril est à nouveau aux vocaux et Zito se signale par une superbe partie de slide. Une piste qui trempe dans des sonorités southern blues rock dignes de l’Allman Brothers Band ! Et dans le même esprit, il cède ensuite le relais à Allman, pour consacrer une fête des cordes. Moment au cours duquel on se remémore la fabuleuse paire constituée par Duane Allman et Dicky Betts ! D’une voix naturellement puissante, Zito se charge du paisible "Ways about you", théâtre de joyeux échanges de cordes entre les solistes. "Sweet Jelly Donut" nous entraîne à la Nouvelle-Orléans. Les percus de Yorinco sont bien présentes. Cyril est aux vocaux. Zito se révèle très agile en se servant du bottleneck sur la slide. Et la section rythmique participe activement aux réjouissances… Morceau de roots pop, "New horizons" surprend par son refrain facilement mémorisable et ses interventions de guitares en folie. Le public est de plus en plus en effervescence. Mike Zito marque de son empreinte "All around the world", une des meilleures compositions du groupe. Il est encore aux cordes et Devon se réserve le micro pour "Sweet little angel", un blues lent classique qui figurait au répertoire de BB King. Lors du dernier rappel, le Royal Southern Brotherhood adapte le "Gimme Shelter" des Rolling Stones. Attention, cette finale figure sur le dvd, mais pas sur le cd. Une excellente propagande pour le blues…

 

jeudi, 27 février 2014 17:04

Rust bucket

Sean Pinchin est canadien. Issu de Toronto, très exactement. Agé de 32 ans, ce chanteur/guitariste/auteur/compositeur pratique du folk blues, la musique des racines. Il se sert de guitares National steel d'avant-guerre. Il avait publié "In transit" en 2008, "A day without may" en 2009 et un Ep intitulé "25 John street", en 2010. L'enregistrement de ce nouvel elpee s’est déroulé au studio Ratspace de Toronto. Lors de ces sessions, Sean a reçu le concours du bassiste Mark McIntyre et du drummer Adam Warner. La production a été confiée à Rob Szabo, spécialiste du folk et du blues, mais surtout soucieux de la qualité du son.

Dès l'ouverture, un bottleneck électrique bien acéré s’ébroue très nerveusement. Sur ce "Broke down automobile", la voix est excellente. Elle est soutenue par celle d'Emma-Lee. Très Delta blues, "Boo hoo" poursuit dans le même registre. La barre d'acier glisse et frétille le long des cordes. "High heel shoes" est une compo qui ne manque pas de charme. La prise de son est vraiment irréprochable. Sean est rejoint par Steve Strongman (NDR : un musicien canadien notoire dans l’univers du folk) pour attaquer "Wanna stay in bed", une plage acoustique dépouillée. "Gotta move" emprunte un schéma résolument blues rock. Sean et Miss Emma-Lee chantent en duo. "Comin' home" est un blues lent, aride, à l'intonation volontiers dramatique. Fragile, la mélodie est caractérisée par un très bel échange vocal entre Emma-Lee et Pinchin. Ce dernier nous maintient dans son un univers intimiste, à travers l’unplugged "Dirt poor blues". Bien maîtrisé, "Complete fool" est une des meilleures plages de l’elpee. Un blues rocker au cours duquel Sean arrache en permanence! Très roots, "Confession blues" est une superbe compo dynamisée par ses changements de tempo. D’excellente facture dans le style, l’opus s’achève par "Can't stop falling in love", une piste naturellement belle, ponctuée par un bouquet final illuminé par les cordes électriques…

 

jeudi, 27 février 2014 17:00

As sharp as possible

Dan McKinnon est un jeune chanteur/guitariste canadien. Issu de Toronto, pour être plus précis. En 2012, il avait publié un Ep 4 titres. "As sharp as possible" constitue donc son premier elpee. Dan y signe les 10 compositions. Ce nouvel essai été enregistré au sein du studio Canterbury de Toronto, sous la houlette de Jack de Keyzer, un bluesman local particulièrement notoire. McKinnon pratique un blues rock largement amplifié, libérant des riffs purs et durs. Son style est parfois comparé à celui de Stevie Ray Vaughan ; mais s’il existe certaines similitudes entre les deux gratteurs, Dan n'est pas la réincarnation du Texan disparu, même si son jeu est toujours très inspiré et particulièrement en verve.

Dan attaque vigoureusement "Ain't looking back". Son riff est puissant. Il est judicieusement secondé par ses partenaires, Aaron Carter à la basse et Jon Foster à la batterie. Poussée dans ses derniers retranchements, la six cordes occupe tous les espaces libres. "King of the hill" baigne dans un climat bien texan. La voix est bien assurée. Manifestement, Dan maîtrise parfaitement son sujet. Parcouru par une guitare particulièrement expressive, "Lucky one" communique un peu de douceur et de fraîcheur. Une longue introduction de cordes alimente "Killing time", un blues lent dont le traitement classique met en exergue une gratte bien sentie. "Perfect ten" est un blues rock léger, sans prétention, mais bien ficelé. Piste instrumentale, "The recife" s’inspire d’exercices de style pratiqués autrefois par Freddie King. Deux guitares se la partagent. Tout d'abord celle du producteur Jack DeKeyzer, ensuite de Dan. Autre bues lent, mais plus flemmard, "One regret" vagabonde au beau milieu des marais louisianais. "A different road" clôt l’elpee. Après une intro boogie blues, digne de Foghat, la compo nous entraîne au cœur d’une chaleureuse orgie de cordes!

 

samedi, 22 février 2014 10:55

Can't shed a tear

Jim Gustin nous vient de Santa Clarita, au Nord de Los Angeles. Ce Californien n’est plus vraiment un débutant même si son talent de compositeur, guitariste et chanteur tarde à rencontrer la reconnaissance. Il possède une voix puissante qui lui permet d’injecter un maximum d’énergie, que ce soit dans le blues ou la soul. « Can't shed a tear » constitue son premier album solo. Il a été produit par Terry Wilson, dont la carte de visite mentionne la mise en forme d’œuvres d’Eric Burdon et Ana Popovic. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de son backing group. En l’occurrence, la chanteuse Jeri Goldenhar (NDR : mesurant plus d’1m80, une fille à la silhouette longiligne), son époux Chuck Goldenhar à l'harmonica, le guitariste Chris Baurer, le bassiste Burke Greer, le drummer Jim Sipotz, et une seconde vocaliste, Jessica Baurer. Jim signe l’essentiel des titres de cet opus.

"I gotta sing" ouvre le long playing. Une compo qui ne manque pas de charme. Percutante, la voix domine l’ensemble. Elle est soutenue par les interventions de piano et d’orgue, alors que la guitare se révèle plutôt extravertie. "Can't shed a tear" est caractérisé par une bonne intro aux cordes. Mais c’est toujours le chant qui s’impose. Une voix proche de celle de Joe Cocker, bien graveleuse, mais moins ravagée, lorsqu’elle n’emprunte pas le timbre ou les inflexions des meilleurs vocalistes du southern rock. Le saxophone de Jim Scimonetti pimente "No faith in forever", un R&B imprimé sur un mid tempo. Pour la première fois, la grande Jeri se réserve la réplique ; et les échanges sont de toute bonne facture. Terry Wilson est préposé aux claviers sur la remarquable ballade "If God made something better", une piste à laquelle participe également la Texane Teresa James ainsi que John ‘Rabbit’ Bundrick, un musicien qui a autrefois apporté sa collaboration à Free, Crawler, Eric Burdon, les Who et même les Wailers de Bob Marley! Un dobro bien métallique ouvre "Beauty for ashes", lui communiquant une touche roots. Caractérisée par ses accents dramatiques, cette piste trahit encore de solides traces de southern blues rock! La guitare est bien sentie, ravageuse, pendant qu’en retrait, Miss Jeri hoquette de bonheur. "Why why why" baigne manifestement dans une ambiance ‘stonienne’. Tout particulièrement à cause de la guitare plus Mick Taylor que nature. Jeri chante "Good-bye", un shuffle chaleureux. La section rythmique est aux commandes, alors que la guitare est bien offensive. Parcouru par le piano roadhouse et la clarinette, "My baby just left me again" trempe dans un climat neo-oleanesque. Chouette ballade acoustique, "You never gave up on me" implique piano et harmonica. "You answer me" est une autre superbe compo ; par ailleurs remarquablement chantée. Et la partie de cordes est belle à pleurer! Une seule reprise, le "Life is hard, live with it" de Teresa James, qui pour la circonstance se charge des ivoires. "What do you see in me ?" est une ballade craquante, visionnaire, que Jeri chante en douceur. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par "Say amen", une plage gospel…

 

samedi, 22 février 2014 10:53

Bluesoul

Terry Gillespie est né au Canada mais il a passé toute sa jeunesse dans le Michigan. Il y a fréquenté les clubs de blues et de jazz. Il a ainsi eu l'occasion de voir et d’applaudir des légendes comme Howlin' Wolf, John Lee Hooker ou Buddy Guy. En 1968, il retourne vivre à Ottawa, où il est né. Il fonde Heaven's Radio, une formation qui va recueillir un beau succès sur la scène locale, publiant même deux albums à l'époque.

Sur cet elpee, Terry chante, joue de la guitare et apporte quelques petites touches à l’harmonica et à la trompette. Il signe 9 des treize plages de cet elpee enregistré live à la Maxville Musicfest. Les autres titres sont partagés entre classiques et traditionnels. Lors de ce concert, il était soutenu par son backing group. Un trio. Soit le claviériste Pete Measroch, la bassiste/violoniste Miss Lyndell Montgomery alias ‘Captain Dirt’ et le drummer Wayne Stoute. La musique de Gillespie est légère, pétillante. Les musiciens aiment ce qu'ils jouent et leur interprétation est respectueuse du style. 

Terry entame "The devil likes to win"sur le riff cher à Elmore James. Effectivement, le diable aime gagner. Même si ici, c’est dans la bonne humeur et sans éclat. Le ‘diddley beat’ domine le "What would Bo Diddley do". Pas vraiment une surprise ! Une compo imprimée sur un rythme nerveux imposé par Wayne. Terry titille quelque peu sa trompette tandis que Pete Measroch se concentre sur son orgue de manière fort rythmique. Gillespie se réserve l'harmonica pour animer "Early in the mornin'", un classique du blues. Au piano, Pete le soutient à la perfection. La voix de Gillespie est soignée mais nasillarde sur "You're gonna make me cry", une superbe ballade soul signée O.V Wright. Ses intonations sont bouleversantes. Mais il faut avouer qu’il est bien aidé par les répliques féminines des Toasted Westerns. Une rivalité judicieuse qu’on retrouve sur "Let's get together", une piste rythmée parcourue par les interventions séduisantes de Measroch au piano électrique, dans un style proche du Ray Manzarek à l’époque des Doors. Traditionnel, "My mama" est un blues lent, particulièrement dépouillé, que Gillepsie chante avec beaucoup de sensibilité. Le leader s’évertue à puiser les notes bleues de sa guitare. "It was'nt me " est un réel bonheur, une piste abordée tout en déconctraction et caractérisée par les interventions admirables aux ivoires. Une excellente ambiance qui se prolonge jusqu’en fin de parcours. Comme par exemple sur "Her mind left first" et "16 days" deux blues subtilement saupoudrés de jazz, qui mettent en exergue le talent des musicos. "She walks right in" est un jump boogie classique composé par le notoire Professor Longhair. Il passe facilement le cap en nous entraînant dans les rues de la Nouvelle Orléans. Enfin, "Magnolia tree" est un morceau d’une pure beauté. Quel plaisir d’écouter cet opus discrètement immortalisé ‘live’ !

 

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