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L’heure personnelle de Lucie Valentine

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Hooverphonic
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 13 août 2014 12:42

Businessmen

Les Blues Shacks constituent certainement une des plus éminentes formations blues européenne. La meilleure en Allemagne sans aucun doute. Elle est, en outre, toujours fidèle au label teuton, Crosscut. Cette année, elle fête ses 25 ans d'existence. Les frères Alt sont toujours aux commandes : le chanteur/harmoniciste Michael, et le guitariste Andreas. Le line up est complété par le claviériste Dennis Koeckstadt, le bassiste Henning Hauerken, et le drummer Jochen Reich. Enfin, pour une majorité de titres, ils sont épaulés par la section de cuivres des No Blow No Show Horns. Et si la musique trempe bien dans le blues, elle est également contaminée par le R&B et le southern soul à coloration Stax.

"Out of tears" ouvre l’elpee. Un R&B particulièrement percutant évoluant sur un tempo très dansant. Dans un style proche de Jimmie Vaughan, les interventions d’Andreas sur sa gratte sont sémillantes. Et suivant le rituel, la voix de Michael se détache bien de l'ensemble. L’harmo est bien mis en exergue sur "Gimme this, gimme that", un blues classieux. "Take my name" nous entraîne dans l’univers sonore de Stax, un Memphis R&B, irrigué par l'orgue Hammond de Koekstadt. Les cuivres sont à la fête, et notamment la trompette de Stefan Gössinger ! "Business man" est un blues de bonne facture, au cours duquel chant, harmo, guitares et orgue tirent leur épingle du jeu. Saturée de swing, "Buckle up" est une plage instrumentale au tempo jazz mais au feeling Stax. A cause de l'orgue très Booker T et des cordes aventureuses d'Andreas. Ballade soul, "Lovin' night" libère toute sa tendresse. Koekstadt siège derrière le piano et Alt souffle par oscillations dans sa musique à bouche, tout au long de "Pardon me", un blues puissant mais élégant. Chez les Blues Shacks tout est parfaitement mis en place. Les arrangements s'emboîtent à merveille. Et "Rain all down my way" en est certainement la plus belle illustration. Une piste au cours de laquelle très texane, la guitare réveille les spectres de Vaughan, Albert Collins et Freddie King! Chant et harmonica excellent tout au long de "Who's dying now". Une seule reprise : "It was a dream". Un Chicago blues urbain écrit par John Brim. Une piste respectueuse de la version originale. Face au piano de Dennis, la voix empreinte d’une grande pureté rappelle Roosevelt Sykes voire Sunnyland Slim. Et Michael démontre qu’il a parfaitement assimilé cet art de souffler, institué par Little Walter. Tout au long de cet elpee, Green privilégie la quintessence de l’expression sonore. "Hot pants" permet aux envols de se succéder : piano, saxophone, guitare, etc. La voix de Michael évoque tantôt celle de Robert Cray, tantôt de Sam Cooke, sur la plage soul "Blues shadow". Nous sommes toujours à Memphis, proches du big band blues de BB King, lorsque les cordes d’Andreas sculptent "I overpaid my dues". Limpide, le timbre vocal est encore hanté par un Robert Cray des grands jours, sur l'émouvant "Blues shadow", un morceau caractérisé par une sortie d’Andréas sur sa gratte. Et les Blues Shacks de refermer cet album dans un climat chargé de swing, cuivré et teinté de jazz.

 

mercredi, 13 août 2014 12:40

Dereconstructed

Le premier opus de Lee Bains III, "There is a bomb in Gilead", était paru en 2012 chez Alive Natural Sound! Produit par Tim Kerr, leur second a été publié par Sub Pop. Et il a été enregistré à Nashville. Le line up est partagé entre citoyens d’Atlanta, en Georgie, et de Birmingham, en Alabama. Eric Wallace et Lee se consacrent à la guitare. Ce dernier, se réserve également le chant. Adam Williamson se charge de la basse et son frère, Blake, de la batterie.

La musique de Lee Bains est plutôt dure, agressive, sans concession, féroce même, combinant rock, garage, punk et blues, dans un contexte qui n’appartient qu’au Sud des States. Elle est balisée par les deux grattes. Sociopolitiques, les lyrics de Bains critiquent le néo-libéralisme.

Dès les première notes de "The Company man", je ne puis m’empêcher de penser aux frères Asheton, lorsqu’ils sévissaient dans les Stooges, en 1969. Bien sûr, la voix de Lee n'est pas vraiment comparable à une caresse, mais elle diffère de celle d’Iggy Pop. Nous ne sommes d’ailleurs pas à Detroit, mais bien dans le Sud. "Dereconstructed" a une pêche d’enfer. Un southern rock au cours duquel les guitares s’illustrent. Dans un style qui me rappelle un autre band issu d'Atlanta, Georgia Satellites. Drivé par Dan Baird, il cartonnait dans les années 80. Un Baird qui milite aujourd’hui chez Homemade Sin et les Bluefields, des combos établis à Nashville impliquant l’ex-gratteur de Jason and the Scorchers, Warner E Hodges. Et les grattes sont toujours aussi débridées sur "Burnpiles, swimming holes", une plage caractérisée par ses changements de tempo et ce feeling dramatique qui contaminent les riffs. D’excellente facture, "The Kudzu and the Concrete" baigne à nouveau dans le southern rock à la Baird. "What's good and gone" s’ouvre dans un climat paisible ; néanmoins l’électricité refait rapidement surface sur cette compo plus pop, bien structurée, qui lorgne à la fois vers Lynynrd Skynyrd pour le refrain, et les Stones, pour les cordes. "We dare defend our right!" adopte un profil davantage blues, mais sudiste, une piste au cours de laquelle, déjantées, les six cordes sont au bord de l'asphyxie. Offensif et rageur, "Flags" opte pour un format plus punk. Autre rock sudiste, "Mississippi bottomland" accroche plus aisément l’oreille. La voix est empreinte de sérénité, alors que les riffs sont dispensés à la manière d’un Keith Richards. Lee souffle alors dans son vieil harmo pour marquer le retour au calme. Les Glory Fires achèvent cet elpee de toute bonne facture par "Dirt track". Caractérisée par les derniers cris de Lee Bains III, cette compo macère dans un blues à nouveau contaminé par l’esprit de Lynyrd Skynyrd et des Stones…

 

mercredi, 13 août 2014 12:38

Clover Lane

Jonah Tolchin nous vient du New Jersey. Un chanteur compositeur américain qui puise son inspiration dans le folk, le blues et l’alt country. Agé de 21 ans, ce jeune musicien a publié son premier opus, "Criminal man", en 2012. Un disque suivi par l’Ep "Five Dollar", qui avait bénéficié du concours de Marvin Etzioni (Lone Justice), à la production. Il signe chez Yeproc, début 2014. Et lui réserve "Clover Lane". Les sessions se sont déroulées à Nashville, toujours sous la houlette d’Etzioni. "Clover Lane", c'est le nom de la rue où habitait Tolchin, et où il a passé toute son enfance! Son père avait vécu dans le Mississippi. Il possédait une belle collection de disques de blues. Un réservoir au sein duquel Jonah a puisé son inspiration première.

"Mockingbird" est un témoignage de ses influences originelles. La voix du chanteur est soutenue par les percussions, un violon et un harmo au sein duquel souffle Mickey Raphael, un musico issu du backing group de Willie Nelson. Pedal steel et violon dominent "Midnight rain", une piste qui baigne dans le folk blues traditionnel. Le violon est un instrument auquel Jonah fait souvent appel. Il chante "Hey baby blues", un blues indolent au cours duquel Steve Berlin (Los Lobos) apporte son concours au saxophone baryton. Ballade folk, "Diamond mind" se signale par sa mélodie accrocheuse. Le violon est à nouveau mis en exergue sur "Atlantic winds". Tolchin privilégie l’americana. Un style dont la simplicité naturelle et le souci de l’esthétisme lui permettent de concocter des chansons comme "Mansion in Hollywood", une piste qui sert de tremplin à une superbe envolée de gratte dispensée par Chris Scruggs (NDR : c’est le fils de la chanteuse Gail Davies et le petit-fils du banjoïste bluegrass Earl Scruggs). John McCauley, le leader de Deer Tick participe aux chœurs tout au long de la jolie ballade, "Low life". Et on apprécie lorsque les musicos rebranchent leur amplis. A l’instar d’"Hybrid Automobile", un blues électrique tramé sur un riff solide, mais hypnotique. Raphael s’y réserve l’harmonica, alors que la guitare de Scruggs crache des flammes incandescentes avant d’exploser. "21st Century girl" est une autre chanson dont la mélodie flatte l’oreille. Mêlant à merveille folk, country et blues, "Motel #9" est une ballade qui fleure bon le Sud. Les interventions de mandoline et de steel guitare rappellent l’époque "Let it bleed" des Stones. Et l’elpee de s’achever par "I'll be gone", un titre somptueux, nonobstant son dépouillement…

 

mercredi, 13 août 2014 12:37

Livin it up

Ce duo black & white nous avait gratifiés, en 2013, d'un excellent opus baptisé "Drink drank drunk", sur le label californien Delta Groove. Le noir, c'est Nick Nixon, une référence musicale dans sa ville de Nashville. Il a longtemps milité chez les New Imperials. Il a côtoyé un certain temps Jimi Hendrix, avant que ce dernier ne devienne une star universelle. Le blanc, c'est Andy T Talamantez. Ce Californien a émigré à Nashville en 2008. Dans le passé il a sévi au sein des backing groups de Guitar Shorty et Smokey Wilson. Leur premier album avait été produit par le Texan Anson Funderburgh, un gratteur de blues notoire. Il a remis le couvert. 

Imprimé sur un mid tempo, "Baby right now" ouvre la plaque. La voix de Nixon émerge naturellement. Son organe est taillé pour chanter le blues et le R&B. Andy met rapidement le nez à la fenêtre, mais dans un style parcimonieux et efficace rappelant son ami Anson Funderburg. "Best in town" nous abandonne au cœur des swamps louisianais. Une compo imprimée sur un tempo indolent. Sous les impulsions de l'harmonica, que se réserve le pote autrichien Christian Dozzler, la plage nous entraîne dans l’univers des swamps louisianais. Signée Delbert McClinton, "Livin' it down" est une piste qui nous conduit dans la Big Easy, la cité de la Nouvelle Orléans, sous l’impulsion du piano syncopé de Dozzler et le saxophone de Ron Jones. La voix de Nick est toujours aussi chaude et caressante pour aborder le "My baby is now on my mind" de T-Bone Walker. Andy est totalement investi par son rôle, tout au long de ce blues qui swingue naturellement. "Good man" est une compo signée Renee Funderburgh (l'épouse d'Anson) ; un slow blues au cours duquel toute l’instrumentation est bien en place : piano, cuivres et, la guitare, qui se réserve un nouveau billet de sortie… Larry Van Loon (NDR : un guest issu de Kansas City) se charge de l’orgue dans le style de Jimmy Smith. "Back down south" opère un retour au downhome blues. La voix de Nick est systématiquement ponctuée par les interventions concises d’Andy à l’harmonica. Une plage bourrée de charme au cours de laquelle Ron Jones prend son envol sur son saxophone ténor. Pur rock’n’roll, "Last to leave" communique un max de bonnes vibrations. Pour la dernière fois, Dozzler se charge des ivoires. Dana Robbins et Andy ont signé cette piste parcourue par un saxophone explosif. Pour votre info, sachez que citoyenne de Nashville, Dana milite au sein du backing band de Delbert McClinton. Irrigués par l’orgue Hammond, "Let's say it's for good" et "Snake in the grass" trempent dans le Memphis blues. Sur ce dernier morceau, Andy module ses cordes à la manière d’Albert et BB King. "Whatever you had you ain't got it no more" est un succès soul né au cours des sixties. Nick chante passionnément ce southern R&B. Anson Funderburg se réserve la guitare et Lady Robbins le saxophone rythmique sur "Ob baby", une piste née du fruit d’un subtil cocktail de blues et R&B. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par "Love at first sight", une plage balisée par le piano et l’orgue, une compo dont les vocaux sont empreints d’une grande sensibilité…

 

jeudi, 31 juillet 2014 14:51

Evolution

Errorhead, c'est le projet du guitariste allemand, Marcus Nepomuc Deml. Il est cependant né à Prague, en 1967. En 1986, il part en Californie pour y suivre les cours du ‘Guitar Institute of Technology’ de Los Angeles. Son diplôme en poche, il y devient professeur agréé. Il revient néanmoins, en Allemagne, dès 1993.

Au cours de sa carrière, il a participé à de multiples sessions d’enregistrement pour d'autres artistes. Son aventure Errorhead, il l’a entamée en 1998. Depuis, il a publié quelques cd et dvd, tant en ‘live’ qu’en studio. En 2005, ce virtuose de la six cordes, a reçu le ‘Guitar Hero Award’ du magazine Guitar Player, un trophée qui lui a été remis par Steve Lukhater et Joe Satriani.

Pour concocter cet « Evolution », il a reçu le concours de son ami Frank Itt, à la basse. Les deux artistes se partagent la production. Le drummer Zacky Tsoukas et le chanteur Karsten Stiers complètement le line up.

Dès "Scream people like us", on est plongé dans une musique particulièrement technique. Pourtant, sur ce rock/blues, Stiers chante à la manière d’un hard rocker. Plus pop que rock, "Hideaway" est une plage plutôt bien ficelée. Empreinte de douceur et convaincante, la voix s’appuie sur une jolie ligne mélodique. Les sonorités de cordes sont majestueuses, de toute grande classe. Karsten est capable de moduler sa voix, en fonction des compos. Et elle s’adapte parfaitement à "One good reason", une piste sculptée dans un excellent funk, au cours de laquelle Marcus se réserve un envol vaporeux. Indolent, tendre, "Tell me" intègre parfaitement un solo qui explore différents axes, afin de monter en puissance. A l’instar de Satriani et Vai, Marcus Deml mérite amplement son statut de virtuose. Remarquables instrumentaux, "Resurrection" et "Purple Lord" en sont certainement les plus beaux témoignages. Pétillant, "Thieves & Poets" est morceau de pop hard rock qui accroche instantanément l’oreille. Tout aussi agréable à écouter, "Where did our love go?" est légèrement teinté de blues. Un climat qu’on retrouve sur "Someone", une composition complexe, mais qui ne maque pas de charme. Et finalement, elle aurait pu figurer sur un long playing du Led Zep –mais dans son second cycle– si l’attaque avait été plus saignante et agressive. "Get off my back" synthétise la diversité de styles sondés par Errorhead. Un hard rock dont les accents pop sont singulièrement raffinés. Cet elpee s’achève par "The mighty tube", un instrumental paisible…

 

jeudi, 31 juillet 2014 14:50

Shotgun Wedding

Dirty Deep, c’est le projet de Victor Sbrovazzo, un Alsacien qui avait déjà gravé un Ep en 2010, et un album intitulé "Back to the Roots", en 2012. Et il vient de publier son second opus, baptisé « Shotgun Wedding ».

En fait de projet, il s’agit plutôt d’un homme-orchestre, puisqu’il cumule le chant, la guitare, l’harmonica et le stompbox. Ce bluesman reconnaît pour influences majeures, des légendes comme John Lee Hooker, Sonny Boy Williamson et Son House. Bien que solitaire, l’artiste est régulièrement épaulé par le drummer, Geoffroy Sourp. Alors, serions nous en présence de nouveaux Left Lane Cruiser ou Black Keys ? Ben le duo Dan Auerbach/Patrick Carney semble avoir gommé la plupart des ses références blues, sur disque. La comparaison me semble dès lors, plus que légère. A contrario, la piste Left Lane Cruiser me semble plus adéquate.

C’est d’ailleurs cet aspect immédiat, primaire et nerveux qu’on retrouve sur l'ouverture, "Bottleneck". Et tout au long de son ‘one man show’, on peut dire que l’artiste se débrouille plutôt bien. Sa voix est authentique, brute, mais généreuse. Gouailleur, son bottleneck glisse sur de frêles percussions. Sa voix gémissante hante le Delta blues traditionnel, "Low down". Bien tranchées, les interventions à l’harmo s'évadent face au bottleneck qui s’affirme. Malgré le chant plus paisible, "Junky green truck" est imprimé sur un tempo boogie primaire. Et cette plage déménage littéralement. "Middle of nowhere" est un excellent blues lent. Face à une instrumentation dépouillée, réduite à quelques éclats d’harmo et de sobres interventions à la slide, la voix se dégage naturellement. Mais au bout de 3 minutes, Geoffroy débarque et vient siéger derrières les fûts. A partir de cet instant, la compo monte en puissance. La rage au cœur, Victor dévoile toutes les privations endurées. Sa voix et son harmonica se libèrent. Il émane de ce titre un sentiment de douleur bouleversante. Un morceau vraiment convaincant. "Midnight bus" adopte un tout autre profil. Si l’inspiration de base reste le blues originel, le rôle plus conséquent des percussions et le chant rap volontairement nerveux de Mr E, communiquent une dimension hip hop à cette plage. On retrouve le riff caractéristique à la slide d'Elmore James voire de J.B Hutto sur "Let it ride", une piste très amplifiée, imprimée sur un tempo nerveux. L’attaque est franche. Et telle une houle, l’harmo accomplit un mouvement de va-et-vient, dans un style urbain et électrique, proche de celui du Chicago d'après guerre. A contrario, "Til the day I die" est plus rural, classique. La voix de Victor est tourmentée et son accompagnement très respectueux du prewar blues. "John the Revelator" est un titre traditionnel. De nombreux bluesmen l’ont adapté, et tout particulièrement Son House. Et Dirty Deep a eu l’excellente initiative de transformer cette authentique work song, stimulée de percussions primaires et enrobée de chœurs, en boogie étourdissant. Dépouillée, "Release me" est une folk song empreinte de sérénité. "What the hell" embraie dans cette atmosphère paisible, jusqu’au retour de la slide bien amplifiée. "She's the devil inside" opère un retour aux racines du blues. Les percus alimentent ce rythme échevelé, alors que la slide n’hésite pas à déborder du cadre qui lui a été tracé. Et l’elpee de s’achever comme il avait commencé, par une plage aux sonorités primaires, intitulée "When the sun copes deep". Surprenant autant qu’impressionnant ! A suivre de très près…

 

jeudi, 31 juillet 2014 14:47

The devil you know

Tommy Castro est devenu une référence incontournable dans l’univers du blues et du R&B. Ce chanteur/guitariste californien accomplit une carrière exemplaire depuis une bonne vingtaine d'années. Il est surtout plébiscité pour ses aptitudes vocales. Une voix soul, qu’il puise dans le southern soul de Memphis. Il a même été comparé à Otis Redding. Il compte déjà plus d'une douzaine d'albums à son actif, dont six ont été publiés par le label californien Blind Pig. En 2009, il signe chez Alligator. Il lui réserve "Hard believer", la même année. Il aura fallu attendre un break de cinq années pour saluer son 2ème opus qui sort sur le label chicagoan. Il ne faut cependant pas oublier qu’en 2011 il avait gravé "Tommy Castro presents : Legendary R&B Revue Live!".

Les sessions d’enregistrement de « The devil you know » se sont déroulées en Californie, à Sausalito et San Rafael. Il a reçu le concours de son backing band, qu’il drive depuis 2012, les Pain Killers ; en l’occurrence le bassiste Randy McDonald, le drummer Byron Cage et le claviériste James Pace (un ex-Ana Popovic Band). Il a également bénéficié de la participation de nombreux et prestigieux invités. Le tracklisting est découpé en 13 pistes, soit neuf compositions personnelles et quatre reprises.

Une armée de guitares attaque "The devil you know", une plage qui macère dans le Mississippi blues. La voix de Tommy est puissante et savoureuse. Saturée, sa six cordes talonne le chant! L'orgue de Jim Pugh ouvre "Second mind", un morceau caractérisé par ses débordements de percussions syncopées. Les Pain Killers soignent ce funk participatif tandis que les cordes deviennent audacieuses. "I'm tired" est une des meilleures compositions issues de la plume de Chris Youlden, remarquable vocaliste qui a sévi chez Savoy Brown de 1967 à 1970. Castro chante d’ailleurs dans un registre assez proche. Ce titre figurait sur l'elpee "A step further, paru en 1969. Et c'est Joe Bonamassa qui reprend sans complexe le rôle de Kim Simmonds. La nouvelle version n’est guère surprenante, mais elle est bien restituée. Plutôt exploratoire, "Center of attention" consomme du R&B qui rocke. "The whale have swallowed me" est un blues composé par JB Lenoir. La cover ne manque pas de charme. La slide part en dérapage contrôlé. Tasha Taylor (NDR : c’est la fille de feu Johnnie Taylor, un chanteur et acteur texan qui a l’instar d’Isaac Hayes et The Staple Singers a marqué l’histoire de la scène Stax) lui donne la réplique vocale. Pour aborder le puissant "When I cross the Mississippi", Tommy est épaulé par le chanteur/guitariste Tab Benoit, le gratteur Mark Karan et l’organiste Mike Finnigan. Castro adapte le "Mojo Hannah" d'Andre Williams, à la sauce louisianaise. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’une invitée de charme, en l’occurrence Marcia Ball qui se consacre au piano et au chant. Pace siège derrière l'orgue Hammond, les Homes Brothers assurent les backing vocaux et Magic Dick (J. Geils Band) souffle dans son harmo, tout au long de "Two steps forward", un blues traditionnel, largement amplifié, au cours duquel le rythme s'emballe dans un gospel nerveux. Malgré la présence de cette ribambelle de ‘guests’, Tommy parvient à tirer son épingle du jeu sur ses cordes. Et c’est une véritable prouesse. Sur "She wanted to give it to me", ses interventions se révèlent même bien plus agressives que de coutume. La voix de Castro est vraiment impressionnante tout au long de "Keep on smilin'", un superbe R&B signé Wet Willie. C’est également la meilleure plage de l’opus. Tommy ne relâche pas l'étreinte. Il entame un duel vocal face à la ravissante Samantha Fish, tout au long "Medicine woman", une piste dont le cadre est balisé par les ivoires de Pace! Le long playing bénéficie de deux bonus tracks. Les deux titres parus en single. Soit les dansants "That's all I got" et "Greedy". Un excellent album!

 

jeudi, 31 juillet 2014 14:42

Don't call no ambulance

Agé de 29 ans, Selwyn Birchwood est issu de Tampa, en Floride. Un jeune guitariste de blues, qui a remporté l'International Blues Challenge de Memphis. En compagnie de son groupe. Il reconnaît pour influence majeure Buddy Guy. Il excelle également à la lap steel, dont il a tout appris auprès de Sonny Rhodes, un des plus grands spécialistes sur cet instrument. Le Texan l’avait même intégré au sein de son backing group, pendant 4 ans.

Birchwood a fondé son propre band en 2010. Il avait déjà publié deux albums autoproduits : "FL Boy", en 2011 et "Road worn", en 2013. Les sessions d’enregistrement de ce nouvel opus se sont déroulées, chez lui en Floride. Le saxophoniste Regi Oliver, le bassiste Donald ‘Huff’ Wright et le drummer Curtis Nutall sont au poste. Selwyn signe l’intégralité de son répertoire.

"Addicted" nous plonge profondément dans le blues cher à Buddy Guy. La voix de Selwyn est aussi graveleuse que celle des doyens. De quoi forcer le respect. "Don"t call no ambulance" réverbère des sonorités du Mississippi blues. La guitare reste bien rivée au chant, prête à bondir dès que l’occasion se présente. Une opportunité qui ne tarde guère. Caractérisée par ses accents métalliques, la plage évoque les fameux boogie de John Lee Hooker! Changement de tempo et de style pour "Walking in the lion's den", une ballade blues roots que chante Selwyn d’un timbre très grave ; une piste légèrement teintée de jazz par les interventions de Regi à la flûte et au saxophone. "The river turned red" est un funk/blues dominé par les éclats de slide ; et c’est un invité de prestige, Joe Louis Walker, qui se la réserve. "Love me again" est un blues lent que chante Birchwood d’un timbre soul, spectral, alors que les accords de gratte sont parcimonieux et empreints d’une grande sensibilité. Armé de son bottleneck, il empoigne sa slide pour attaquer "Tell me why". Il libère d’abord des riffs épais et puissants, avant de s’autoriser quelques expérimentations sonores parfaitement maîtrisées. Notre homme est un adepte de la guitare slide. Il aime caresser voluptueusement son doigt d'acier tout au long des cordes, comme sur le paisible "Overworked and underpaid". Un piste au cours de laquelle il se réserve le micro, alors que RJ Harman (NDR : ne pas confondre avec le Californien James Harman!) souffle dans l’harmo. Agé à peine de 24 balais, ce jeune Floridien puise son influence majeure chez Jason Ricci. "Brown paper bag", c’est le blues lent attendu. Plus de 9 minutes de bonheur ! Selwyn y injecte toute sa sensibilité, sa passion. Et manifestement, ce feeling, il parvient à le pousser à son paroxysme, lorsqu’il se montre parcimonieux aux cordes. Une sobriété qu’il enrobe de douceur. Il y communique ainsi son mal de vivre. Une compo au cours de laquelle Dash Dixon, le claviériste de Black Honkeys, un collectif funk issu d'Orlando, siège derrière l'orgue Hammond! Changement radical de style pour "Queen of hearts", un R&B funky, généreux, soutenu par la section rythmique porteuse et l'arsenal de saxophones dont dispose Mr Oliver. Birchwood s’autorise un envol contaminé par le jazz sur "Falling from the sky", un r&b plutôt cool. Hoodoo stew" achève l’elpee. Le bottleneck et les interventions du saxophone baryton de Regi colorent ce Delta blues imprimé sur un mid tempo.

 

dimanche, 27 juillet 2014 19:10

Great Western Valkyrie

Rival Sons est une formation de rock/blues issu de Long Beach, en Californie, un style qu’il pratique sans accorder la moindre concession. Elle est née en 2009, lorsque le guitariste  Scott Holiday, qui militait chez Black Summer Crush, fonde les Rival Sons, en compagnie du  Jay Buchanan, alors leader de son propre band, Buchanan. Et pour compléter le line up, le duo engage une section rythmique. Si Michael Miley est toujours à la batterie, Robin Everhart a cédé sa basse à Dave Beste, depuis l’année dernière.

Leur premier elpee, "Before the fire", paraît en 2009. Autoproduit, il est bien reçu par la critique. Ce qui permet au quatuor d’assurer le supporting act pour AC/DC et Alice Cooper. Le groupe signe en 2011 sur le label Earache. Il y publie "Pressure & Time" quelques mois plus tard, un elpee qui recueille un fameux succès. La même année Rival Sons tourne en Europe, et se produit dans le cadre du festival de Werchter. En 2012, il enregistre son second essai à Nashville, "Head down". Il sort en septembre. Début de cette année, les musicos y retournent, toujours au studio LCS, pour y mettre en boîte "Great Western Valkyrie", sous la houlette de Dave Cobb.

Ce long playing baigne dans un rock/blues puissant. Un style qui rappelle tour à tour Led Zeppelin, le Free, Bad Company et Deep Purple. Particulièrement dense, "Electric man", qui ouvre la plaque, évoque inévitablement le célèbre dirigeable. A cause de la voix qui semble hantée par le Robert Plant de la première époque. En crachant généreusement ses flammes, le  hard rockin' blues de Rival Sons nous replonge au début des 70’s, et tout particulièrement lorsque des combos comme Bad Company ou Whitesnake profitaient de la solidité de leur section rythmique, pour faire hurler leurs cordes. L'intro de "Secret" est digne de la paire Richie Blackmore/Jon Lord, mais si la gratte et l’orgue empruntent un profil semblable à celui du Deep Purple originel, le voix de Jay est davantage proche de Robert Plant que de Ian Gillan. "Play the fool" synthétise toutes ces références insulaires du passé, un rock coriace qui repose sur des riffs en béton érigés par Holiday. Mais la tonalité des cordes répercutée lors de leur envol métallique est légèrement contaminée par le psychédélisme, un peu comme chez Blue Cheer, un autre trio de braise, qui a sévi à cette époque. "Good things" nous transporte du côté de la baie de San Francisco. A cause de ce cette réverbération acide réminiscente de groupes comme Iron Butterfly voir même des premiers pas de Steppenwolf. "Open my eyes" est contaminé par le blues/rock de Led Zep. Les Rival Sons n'ont sans doute rien inventé, mais ce qu’ils font est bien fait. Caractérisé par un clavier léger, atmosphérique (NDR : probablement un Farfisa), "Rich and the poor" prend une pause dans la douceur. "Belle star" embraie dans un climat plus éthéré encore, presque prog, davantage hérité de la seconde moitié des seventies. La voix de Buchanan épouse le timbre de Paul Rodgers, tout au long de "Where I've been", une autre piste empreinte de tendresse. Solennelle, "Destination on course" est une longue plage dont le climat évolue au fil du parcours. Il y a du hard, du prog et du krautrock ; mais surtout une intervention divine des valkyries dans la voix de Buchanan, pour la circonstance tellement proche de Klaus Meine (Scorpions), alors que ravagées, les guitares hurlent de détresse. A vivement conseiller aux nostalgiques des 70’s, of course…

 

dimanche, 27 juillet 2014 19:05

Songs from the road

Coco Montoya est un prestigieux guitariste. Un bluesman californien qui s’est forgé sa notoriété en militant chez les Bluesbreakers du vétéran anglais John Mayall. Il a pourtant entamé sa carrière comme drummer, au sein du backing band texan d’Albert Collins. Une légende du blues. Mais c’est sa dextérité aux cordes qui va le rendre célèbre. Coco va vivre d’incessantes tournées, pendant 10 ans, auprès de Mayall. Alors qu’il est encore sous la houlette de son employeur, il tente l’une ou l’autre aventure individuelle. Avant de se lancer en solitaire. Début des 90’s il publie pas moins de trois elpees chez Blind Pig. Puis début de ce siècle, il rejoint Alligator, réservant à nouveau 3 opus à sa nouvelle écurie. Enfin, en 2009, il signe sur le label allemand de Thomas Ruf, pour lequel il vient de graver "I want it all back".

Ruf a décidé de consacrer des albums live, en Cd et Dvd, à ses artistes, qu’il a baptisé "Songs from the road". Joan Shaw Taylor, Oli Brown, Luther Allison, Savoy Brown et Royal Southern Brotherhood avaient déjà bénéficié de la formule. Qui a permis à Coco Montoya et son band de réunir 14 plages sur un double compact disc, épinglant quatorze titres issus de la discographie du Californien, dont cinq extraits du dernier LP "I want it all back", et trois, du tout premier, "Gotta mind to travel", paru en 1994.

Le concert a été immortalisé au Triple Door de Seattle, en août 2013. Il s’ouvre par  "Got a mind to travel", une plage au cours de laquelle les interventions dispensées à la guitare sont tellement proches de celle du Master of the Telecaster, Albert Collins. Le premier envol est cependant accordé par Leeper, à l’orgue. "Hey Senorita" est un hit décroché par un combo doo-wop, baptisé The Penguins. Et il remonte à 1954. La touche latino-américaine contamine cette cover, une piste qui permet aux deux solistes de tirer leur épingle du jeu. De superbes cordes introduisent "Too much water", une excellente ballade au cours de laquelle le chant naturellement puissant de Coco se détache de l'ensemble. Ce qui ne l’empêche pas d’injecter toute sa sensibilité dans un des meilleurs soli du concert! La reprise du "The one who really loves you" de Smokey Robinson met également en exergue la voix de Coco. Elle nous transporte dans l’univers northern soul de Motown. Il marche de nouveau sur les traces d’Albert Collins lorsqu’il aborde "Love jail". Ivre de bonheur, il est comme un poisson dans l'eau. Les plages s'allongent. A l’instar de "Don't go makin' plans", une piste R&B funky qui s’étale sur plus de 11'. Le premier disque s’achève par "I wish I could be that", une belle opportunité pour les deux solistes de briller sur leurs instruments respectifs !

La seconde plaque s’ouvre par un blues pur et dur. En l’occurrence le "Fanny Mae" de Buster Brown. Caractérisée par cette trame plutôt simple, mais répétée à l’infini, cette compo avait décroché un n°1 au top R&B en 1960. Roots R&B bien nerveux,"I love your love in my life" permet à nouveau au band de se lancer dans de longues chevauchées instrumentales. "Good days, bad days" est un titre issu de la plume de Gary Nicholson. Un blues lent. Enfin ! Mélodique, cool, il baigne dans un style proche d’un Eric Clapton contemporain. Une piste qui s’étale sur plus d’un quart d'heure. La longueur de la plage aurait pu s’avérer un handicap, mais vu la constance dans l’esthétisme et la sensibilité, on finit par y succomber. "I want it all back" est une autre compo issue de la plume de David R Steen, un ami fidèle à Coco, qui lui apporte son concours à l'écriture. La mélodie est exquise. Les accords de gratte son raffinés. Tous les musiciens reprennent en chœur le refrain. Le concert s’achève par trois morceaux signés par Henry ‘Coco’ Montoya. D’abord le très soul "I won't beg" et le plus blues "You'd think I'd know better by you", une piste balisée par le piano de Leeper. Enfin "My side of the fence", un blues nerveux, susceptible pour la dernière fois de ressusciter Collins. Et pour que votre info soit complète sachez que la production et le mixage ont été assurés par Jim Gaines. Un album de bonne facture, même si un seul cd aurait largement suffi…

 

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