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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

jeudi, 24 octobre 2013 11:19

Bullet

Sandra Ferretti chante, écrit et compose. C'est à l’issue de ses études accomplies à l'Université de Manchester, qu'elle se lance dans la musique. A l’époque, elle puise son inspiration dans la pop, le reggae et l’électro. Très tôt, elle est remarquée par Wilfried Brits, l'ancien manager de Vaya Con Dios. Il lui permet de publier deux singles. Elle cherche ensuite sa voie et s’intéresse à différentes formes de rythmes. Dont le reggae pop en compagnie de Bonobo. Avant de tâter de la musique underground électronique. Sandra vit en Belgique. Elle s’est lancée dans la politique. Avec succès, puisqu’elle est élue communale FDF, à Bruxelles. A ce jour, elle comptait un album à son actif. Un album partagé en duo avec Daniel Vinck, "Live au studio Dada", sous le patronyme de Dany Sand.

"Bullet" ouvre l’elpee. Accrocheuse, la voix me fait un peu penser à celle de Kate Bush. Sandra fait vibrer son organe, apparemment fragile mais bien affirmé. "My own" est un titre rythmé entretenu par les percussions et les cordes acoustiques. Et l’exercice vocal s’avère complexe tout au long de ce boogie cabaret bien imaginé. Miss Ferretti est bien soutenue par ses Prime Time Ministers, c’est-à-dire Daniel Vincke à la gratte acoustique, Branko Jovanovic à la basse et R'Elvis aux percussions. Les premières mesures de "The day" sont chargées de passion et empreintes d’une grande pureté. Un environnement idéal pour la voix douce et mélodieuse de Sandra qui emprunte ici une tonalité très jazz ! Mais également pour Daniel qui peut alors faire frémir ses cordes non amplifiées. Les couleurs exotiques de la samba galvanisent "Transat". Le Brésil n’est pas loin ! "Night shield" est certainement le meilleur morceau du long playing. Une piste plus travaillée, caractérisée par des impulsions plus électriques. Sandra se sent comme un poisson dans l’eau au sein de cette expression sonore particulièrement dense. Un sommet de cet opus ! Et sa voix s’intègre parfaitement dans le rythme tout au long de "What if I". "You say" achève le long playing. Une piste qui nous replonge dans la douceur cristalline de l'ouverture. Et c’est R'Elvis et ses Calbadrums qui en assurent l’assise rythmique.

 

jeudi, 24 octobre 2013 11:15

Test of time

Issue d’Irlande du Nord, Grainne Duddy est chanteuse, compositrice et également guitariste. On la compare volontiers à l'Américaine Bonnie Raitt, ce qui est indéniablement un compliment. Son premier album, "Out of the dark", est sorti en 2008. Elle reconnaît pour influence majeure, Peter Green. Un choix plus que respectable, il faut l’avouer. En outre, elle apprécie BB King et son compatriote disparu, Rory Gallagher. Son second opus, "Test of time", est paru en 2011. Il a été enregistré à Los Angeles, apparemment en compagnie de son backing group, soit le guitariste Paul Sherry, le bassiste Davy Watson, le drummer Eamon Ferris et le claviériste John McCullough. Mais il vient seulement de débarquer sur le Vieux Continent…

 

L’elpee s’ouvre par "Everyday", un titre au potentiel pop incontestable. Légèrement ébréchée, la voix de Grainne ne manque pas de charme. Et inonde de délicatesse cette plage mélodieuse. "Let me in" évoque instantanément les Rolling Stones. On s'attend d’ailleurs à voir débouler Mick Jagger, sur les planches. De toute bonne facture, ce titre sculpté dans le pop/rock permet à Miss Duffy d’opérer sa première sortie sur les cordes. Elle hausse le ton de la voix, bientôt rejointe par le choeur des musiciens. Et l'impact est instantané ! Il n’est guère surprenant qu’un morceau intitulé "Rockin' rolling stone" rende hommage au mythique groupe. Un rock/blues d’excellente facture au cours duquel Mrs Duffy adopte un timbre vocal proche de Chrissie Hynde (Pretenders), en plus expressif. Derrière son piano, John McCullough se fond parfaitement dans l’ambiance. Facilement mémorisable, "Sweet sweet baby" est un titre de reggae pop caractérisé par des orchestrations subtiles et des percussions bien marquées. Les Stones hantent à nouveau le titre maître, une chouette plage pop/rock à la production soignée. Guitares et ivoires épousent parfaitement la voix. "Please take care" baigne au sein d’un climat blues. Le tempo est indolent. Les Faces ne sont pas loin. Il ne manque que Rod Stewart pour donner la réplique vocale. Superbe ballade country, "What more can I do" se signale par son sens mélodique aiguisé. Les accords de piano sont délicats. La guitare sonne comme une pedal steel. Autre bien jolie ballade, "I know we're gonna be just fine" nous entraîne dans la country. Il est vrai que la voix de Grainne se prête bien à ce style ; et puis que l'album a été masterisé à Nashville. La jeune Irlandaise salue une dernière fois les Stones sur "Falling for you", en adoptant un riff rythmique si caractéristique. Une dernière ballade clôt l’elpee : "In my arms". Véhiculant à  la fois des sentiments de passion, de tendresse et d’angoisse, la voix est superbe.  Excellent !

 

 

jeudi, 17 octobre 2013 14:24

Hush your fuss

De couleur noire, Dave Riley est né dans le Mississippi. Il est aujourd’hui âgé de 64 ans. Jeune, il apprend à jouer de la guitare et rejoint ses parents partis vivre à Chicago, en 1961. Son père est prêcheur de la Church of God in Christ. Sa famille fonde alors un groupe de gospel. Dans les années 70, il se consacre le plus souvent à la basse, puis abandonne la musique pour élever son fils. En 1996, il monte son propre band en compagnie de son fiston. La formation publie un premier album en 1997. Il s’intitule "Living on borrowed time". Et embraie assez rapidement pas "Blues across America". Au sein de son band militent alors le notoire Sam Carr à la batterie et l'harmoniciste John Weston. En 2002, il grave "Whisley, money & women".

Bob Corritore est de couleur blanche. Il est né à Chicago et joue de l'harmonica. Il s’est établi depuis bien longtemps à Phoenix, en Arizona, où il possède un excellent club de blues : ‘The Rhythm Room’. En 2008, il rencontre Dave Riley. Un duo vient de naître. Le tandem avait déjà sorti deux long playings, "Travelin' dirt road" en 2007  et "Lucky to be living" en 2009.

L’opus s’ouvre par le titre maître. Une compo signée Riley qui commence paisiblement sous une forme acoustique avant d’adopter le mode amplifié. C'est d'ailleurs le rejeton, Dave Riley Jr, qui se réserve la basse. "Baby please don't go" baigne dans le Chicago blues urbain. Puissante, la voix s’affirme. Bob se sent vraiment chez lui et son harmonica gronde. "No cussin'" poursuit sur le même tempo, alors que la voix devient rugueuse et âpre. Issue de la plume de John Weston, "Snuff dippin' woman" est un superbe blues lent qui nous replonge dans les heures de gloire du quartier Southside de Chicago. Riley crie son amour déçu. Les musicos sont presque figés sur place. Les interventions à l’harmo chromatique de Corritore sont bouleversantes. Gloria Bailey se réserve l’orgue sur le "Mississippi Po boy" de Harvey Watkins, un blues à la ligne mélodique claire. Dave en profite pour libérer son premier envol sur les cordes. Il nous parle de sa vie tout au long de "Home in Chicago", un tout bon shuffle imprimé sur un rythme soutenu. La cohésion entre les musicos est parfaite! Les percussions de Brian Fahey adoptent le rythme du chemin de fer. Corritore accentue ce phrasé saccadé sur l'harmonica. Dave se réserve un autre coup de gueule sur "Go ahead and blame me", un morceau au cours duquel le souffle de Bob est à nouveau empreint d’une grande sensibilité. Retour au duo acoustique pour "My baby's gone" et un superbe "Oil spill blues". "Laughing blues" clôt cet opus, une finale hilarante au cours de laquelle Riley semble bien imbibé dans ce juke joint blues contemporain.

 

jeudi, 17 octobre 2013 14:17

Give it back

Originaire de Galveston, ce jeune Texan fêtera bientôt ses 38 balais. Il a chopé le virus de la musique, dès son enfance. A 16 ans, il ose monter sur scène auprès de Bo Diddley, la légende du rock et du blues. Il tape aussi dans l'oeil des géants du blues texan : Albert Collins, Johnny Copeland et Clarence Gatemouth Brown. Il sort sa première galette "Hamilton" en 1994 et embraie par quelques autoproductions, "Just gimme one night" en 96, "All fired up" en 99 et "Live – Highlights" en 2002. Son cocktail de blues, funk et soul commence à intéresser les grosses écuries. Le label de San Francisco, Blind Pig, le signe. Hamilton y publie "Kickin' it" en 2003, une œuvre plébiscitée par la presse spécialisée. Puis "Ain't just temporary" en 2007, un disque pour lequel il reçoit le concours de Bo Diddley. Un nouveau live intitulé "Live in England" paraît en 2009, mais il marque son retour sur son propre label, Ham-Bone.

"Give it back" a été mis en boîte au Texas, à Houston. Hormis une plage, toutes les compos sont signées Loomis ou cosignées en compagnie de Michael Hodge, responsable de la mise en forme de l’elpee. Depuis le début de sa carrière, outre le chant, Hamilton joue d’une multitude d’instruments. Depuis la guitare bien sûr, aux claviers, en passant par l'harmonica et la talk box. Il est cependant épaulé ici par sa section rythmique, en l’occurrence le drummer Jamie Little et le bassiste Tommy Sims ; sans oublier un organiste et des cuivres.

Le trio de base ouvre l’elpee. Des choeurs soutiennent le chant d'Hamilton tout au long de "Stuck in a rut", un funky blues solide. R&B mélodique, "Eternally" sonne l'arrivée des cuivres. La basse de Sims balise bien le tempo. Les interventions vocales ne manquent pas d’allure. D’ailleurs, lorsqu’il aborde le soul/blues, ses intonations peuvent lorgner vers Stevie Wonder. Dédoublée, la guitare commence à sortir de sa réserve. Loomis injecte beaucoup de conviction dans la voix pour chanter "She's had enough", un boogie léger découpé par un riff bien assuré. Il ponctue ses interventions par les cris déchirants de son harmonica. Victor Wooten milite au sein de la formation de country/jazz, Bela Fleck and the Fleckstones. Il se réserve le chant et la basse sur "Give it back", une ballade soul/funk au cours de laquelle la quatre cordes frôle le délire. Les grattes crachent leurs flammes sur "Partner in crime". Hamilton active sa talk box sur cet excellent funk rock. Ballade indolente, "A woman like you" ne manque pas de charme. "High" est un blues/rock puissant. Un morceau alimenté par l’ensemble des instruments. La densité est impressionnante. Loomis se sert de tout ce qui lui tombe sous la main : guitare, talk box et harmonica. L'album s’achève par "Peer Pressure", une plage instrumentale contaminée par le funk. Loomis avait fait forte impression lors de l’édition 2012 du Festival de Peer. Il doit s’en souvenir. Très cuivrée, cette piste est même très susceptible de rappeler le James Brown Band.

 

jeudi, 17 octobre 2013 12:39

Haunted

Matt Baxter et Jake Sampson ont établi leurs quartiers à San Francisco. Le premier s’est spécialisé dans la guitare slide. Apparemment, il est né en Angleterre. Il a apporté sa collaboration à de nombreux musiciens et a notamment lors de sessions d’enregistrement, comme musicien de studio. En particulier Sue Foley, Debbie Davies, Guy Davis et… Procol Harum. Sous son propre nom, il a gravé "Cold front", en 1989. Flanqué de son partenaire, il avait déjà publié "Dusty Mule blues", en 2001. Sampson est originaire de Detroit. Il est chanteur et bassiste. Sampson a gravé "Closer to the blues", en compagnie de Barry Levenson en 2000, et "Three shades of blues" en 1995.

Ce duo multiracial est responsable d’un country blues acoustique d'excellente facture. Dès le premier titre, on tombe sous le charme. Tout au long de ce "Someday", la voix de Sampson, très sombre, épouse celle du monstre sacré du roots blues, Taj Mahal. Deux guitares et un harmo soutiennent l’ensemble. "Dusty mule" est imprimé sur un tempo tout aussi indolent. L’atmosphère devient lugubre. Elle est même chargée de tristesse. Baxter arrache des sonorités incroyables de son bottleneck. La prise de son est impeccable ; c'est comme si l'artiste était juste devant vous. On peut entendre le son des doigts sur les cordes et le glissement du bottleneck. Magique, cette slide nous transporte sur les berges du Mississippi, au coeur du Delta. "Haunted" est à nouveau dominé par les tonalités métalliques des cordes. Le climat devient oppressant. Pourtant, la voix de Jake manifeste une autorité naturelle. Trempé dans le country/folk/blues, "Jaime Lynn" est davantage bercé de douceur et de sérénité. Une piste illuminée par des interventions de mandoline. Sampson chante nonchalamment "Same old pain", dans un style proche du swamp blues laidback de Tony Joe White, même si la voix rappelle plutôt John Lee Hooker. Manifestement, nous pourrions contempler le calme absolu d'un marais louisianais, sur une telle bande sonore ciselée par des cordes acoustique. "Soul" élève le tempo. L’expression de la voix laisse transparaître un sourire. "Don't it make you feel good" opère un changement radical de style. Matt excelle lors de ce blues électrique aux accents latins. La voix est moins grave. Tony Coleman se charge des drums et Dave Pellicciaro de l'orgue Hammond B3. Le coup de bottleneck meurtrier revient pour "Little girl gone", une compo qui macère de nouveau dans une ambiance ténébreuse, hantée par la voix angoissante de Jake. "Take me back home" est un autre un blues déchirant. John Lee Hooker se réincarne dans la peau de Sampson. Il gratte nerveusement sa guitare rythmique, alors que le piano de Simon Russell prépare discrètement l'arrivée de la slide. "Highway 54" clôt cet excellent opus, un blues minimaliste tourmenté par la voix caverneuse et déchiré par le bottleneck …

 

mercredi, 09 octobre 2013 19:45

Shiver & sigh

Chanteuse/guitariste et compositrice, Miss Grainger est australienne. Ses débuts remontent à la fin des années 90. Elle monte alors à Sidney, un blues band baptisé Papa Lips, en compagnie de son frère Mitch, un harmoniciste qui jouit d’une notoriété certaine. Leur collaboration accouchera de deux elpees, "Harmony" et "High time now". En 2006, elle décroche un contrat comme artiste solo. Elle publie "Grand and green river" en 2008, puis "LA Blues" en 2011. Depuis 2008, elle vit à Los Angeles. Elle signe alors chez Eclecto Groove, département du grand label blues Delta Groove.

"Shiver & sigh", son nouvel opus, a bénéficié du concours de David Z. Kara à la production. Mais également de beau monde. Et notamment du bassiste Hutch Hutchinson (ex-Wilson Pickett/Neville Brothers/Bonnie Raitt), des drummers James Gadson et Jim Bott (ex-Fabulous Thunderbirds), du claviériste Mike Finnigan (ex-Bonnie Raitt), des guitaristes rythmiques Kirk Fletcher (ex-Fabulous Thunderbirds) et Josh Sklair (ex-Etta James) des Pacific Coast Horns ainsi que de son frangin Mitch, à l'harmonica.

En ouverture, "Little pack of lies" est un titre chargé de promesses, une compo blues roots introduite par une slide acoustique. Kara possède une bien jolie voix qui domine parfaitement son sujet. Elle manie le bottleneck avec beaucoup de dextérité. La section rythmique est solide et les claviers de Finnigan sont bien intégrés. Superbe ballade, "Shiver & sigh" est signée Kevin Bowe, un compositeur notoire qui vit à Minneapolis. Les arrangements sont délicatement construits. Notre sirène des antipodes nous réserve alors un savoureux solo. Autre ballade issue de sa plume, "Lost in you" baigne dans l’americana. Légèrement funkysant, "Shut down" est caractérisé par une sortie à  la slide de toute beauté. La passion de Kara est dévorante, lorsqu’elle chante "I'm not ready", une compo à la légèreté toute personnelle. Ecrit par Bruce McCabe, un pianiste issu de Minneapolis qui milite chez Jonny Lang Band, "No way you can hurt me now" marque une changement de style. Le rythme est entraînant et Mike Finnigan se révèle très en verve aux ivoires sur cette plage qui emprunte le format New Orleans boogie. Lady Grainger adapte parfaitement le "Holding out for love" de Mike Zito. Soutenue par Mitch à l'harmonica, elle pénètre dans le blues originel lors de la lecture émouvante du "C'mon in my kitchen". Beaucoup plus funk, "You're the one" est enrichi par la présence de cuivres et des percussions de Lenny Castro.  La reprise du "Breaking up somebody's home" d'Al Jackson Jr (Booker T & the MGs) entraîne notre chanteuse dans une atmosphère soul/R&B judicieuse.  Un album attachant qui s'achève dans la douceur profonde d’"Overdue for the blues".

 

mercredi, 09 octobre 2013 19:43

Rhythm & Blues

Buddy Guy devient lentement mais sûrement l'un des plus vieux bluesmen qui roule encore sa bosse sur la route. Ce chanteur/guitariste noir, originaire de Louisiane, a maintenant 77 balais bien tapés. Il en avait 21 lorsqu'il émigre à Chicago, la ville de ses idoles. Il enregistre dès la fin des 50’s sur le label Cobra. Dans les 60’s, il devient l'un des fleurons du mouvement Chicago Westside, à l’instar de Magic Sam, Otis Rush ou encore Freddie King. Il s'associe très vite à l'harmoniciste Junior Wells, en compagnie duquel il va très longtemps faire équipe. Guy est un musicien extraverti. Il aime amplifier le son, et n’hésite pas à en remettre une couche. Sa discographie est impressionnante, et il a publié un bon nombre d’albums pour des labels major.

"Rhythm & Blues" est double et propose deux facettes nettement distinctes de l’artiste. Le premier cd, "Rhythm", nous entraîne dans le R&B et la soul, le second, sans ambiguïté, plonge au cœur du blues pur et dur ! C’est un rituel, mais lors des sessions d’enregistrement, de nombreux invités ont transité par le studio Blackbird de Nashville. La production est signée Tom Hambridge, un excellent drummer qui s’est forgé une belle réputation, au cours des dernières années, et qui par ailleurs signe pas mal de plages de cet opus.

"Rhythm" s’ouvre par "Best in town", un R&B largement cuivré par les Muscle Shoals Horns. De son orgue, Reese Wynans tapisse la toile de fond, pendant que Buddy écrase ses pédales. "Justifyin" adopte un profil plus rock. Cordes et choeurs encadrent le leader pour "I go by feel", une ballade soul au cours de laquelle il se libère sur son manche. Guy reprend un des titres fétiche de sa carrière, une compo qu’il partageait auprès de Jr Wells ; en l’occurrence "Messin' with the kid". Pour la circonstance, c’est le rockeur/rappeur Kid Rock qui participe aux parties vocales. Le vieil artiste met la gomme. Les flèches décochées à l’aide de ses cordes, tout au long de "What's up with that woman", sont meurtrières. Pourtant, il peut également nous réserver l’une ou l’autre plage empreinte de douceur. A l’instar de "One day away" ou des excellents "Devil's daughter" et "Whiskey ghost". Il reprend respectueusement le "Well I done got over it" de Guitar Slim. Et ose se mesurer aux cordes vocales effervescentes de Beth Hart sur "What you gonna do about me".

"Blues" débute très naturellement à Chicago. Buddy chante "Meet me in Chicago". Il est soutenu par des voix féminines. Les interventions de gratte sont volubiles et arides. Chicago shuffle, "Too damn bad" fait littéralement mouche. Au piano, Reese Wynans pousse le vieux maître vers les sommets, et son envol est opéré avec une facilité déconcertante. "Evil twin" est le slow blues brûlant très attendu. La spécialité du chef ! Steven Tyler, le vocaliste d'Aerosmith, est venu le rejoindre, et ô surprise, les deux gratteurs du groupe, Joe Perry et Brad Whitford, sont également de la partie. Empreinte d’émotion, "I could die happy" est une plage caractérisée par la rencontre entre les cordes acoustiques de David Grissom et électriques de BG. Une atmosphère réminiscente de Chicago, brute et primaire, baigne "Never gonna change", un morceau qui bénéficie du renfort de Rob McNelley à la slide. "All that makes me happy is the blues" : quel beau titre pour un autre blues lent ! L’artiste ne nous laisse guère de répit, et embraie par "My mama loved me". "Blues don't care" est un blues imprimé sur un tempo très enlevé, une compo chantée et grattée en compagnie du nouveau prodige texan, Gary Clark Jr. Cette fête consacrée au blues s’achève par la reprise toute en swing de "Poison Ivy", un morceau écrit par Mel London (NDR : pas celui de Leiber & Stoller). Encore un album de choix pour ce génie du blues!

 

mercredi, 09 octobre 2013 19:37

Mule

Fondé en 2008, PC Prophets est un trio établi en Caroline du Sud qui pratique une musique teintée de blues et de soul. Tim Kirkendall (NDR : il nous vient de St Louis, dans le Missouri) se consacre au chant et à la basse, Troy Tolle, la guitare et le black Henry Ancrum, la batterie. Le band s’est forgé une solide réputation en accordant des shows incendiaires. Lors de l’enregistrement de cet opus, un disque découpé en 10 pistes, le groupe a voulu restituer ce climat qu’il entretient en ‘live’. Et il a reçu le concours de deux potes, le claviériste William Nance et le percussionniste Eric Rickert.

"Close your eyes" est un blues rock à l’impact direct. La voix est profonde. L’orgue se fond subrepticement dans la section rythmique. Impatiente, la guitare n’attend guère pour se mettre en exergue. Très amplifiée, la slide de Troy introduit "Jesus saved my soul, but…" dans un climat volontairement dramatique. Très lent, ce blues nous pénètre jusqu’aux entrailles. Le chant de Tim est saisissant, curieusement proche de celui de Robert Plant des débuts du Zeppelin. Et le résultat est très réussi. C’est sur le même mode que PC Prophets embraie par "I already know". Naturellement puissante, expressive, la voix de Tim est chargée d’intensité. Troy ne concède que les notes nécessaires, mais en y injectant un maximum de sensibilité. C’est d’ailleurs dans ce registre que la formation me semble la plus performante. La voix de Kirkendall continue à impressionner sur "Mule in a horsetown". On vient pourtant de passer au R&B. Entraînante, cette plage est tapissée par l'orgue de Nance. Roots blues, "When the lights go down in St Louis" est sculpté dans les cordes acoustiques, malgré le bottleneck au son bien métallique. "Done changed my mind" opère un retour dans le blues lent atmosphérique. La voix ‘zeppelinesque’ de Tim s’y inscrit spontanément. Les notes torturées de la ‘six cordes’ passent parfaitement le cap, lorsque soudainement l’orgue impose un changement de tempo, amorçant une incursion dans le jazz. Et comme le blues lent colle à la peau de PCP, il nous en remet une couche, au cours de "Let me breathe". Une compo de très bonne facture, soulignée par la voix toujours aussi envoûtante du chanteur, mais dont la formule un peu trop répétitive peut finir par lasser. Légèrement funk, "I used to love" permet à la guitare de Trolle d’opérer un va-et-vient permanent. Prometteur, cet opus s’achève par "Pluff mud", un boogie instrumental saignant.

 

jeudi, 03 octobre 2013 13:28

Stepchild of the blues

Il y a déjà plus de 20 ans qu’Howard Glazer sillonne les routes. Originaire de Detroit, ce chanteur/guitariste est aussi à l'aise aux cordes acoustiques qu'électriques. Sa première production personnelle, "Brown paper bag", date déjà de 2005. Il grave ensuite "Liquor store legend", en 2007. En 2011, il publie "Wired for sound", toujours en compagnie de son backing band, les EL-34s et avec le concours du mythique David ‘Honeyboy’ Edwards. Le présent opus a été mis en boîte au coeur du Michigan par Howard en personne. Il s’est d’ailleurs chargé de tout. Pour la circonstance, il est soutenu par son fidèle drummer Charles David Stuart (NDR : il l’accompagne depuis les débuts !), Chris Brown ou Chuck Bartels (Bettye Lavette Band) à la basse et de l'un ou l'autre invité.

"Don't love you no more" ouvre l’elpee. Le style est franc et direct. La rythmique se mêle aux cordes acoustiques. Largement amplifiée, la guitare talonne la voix, secondée par deux choristes. "Shakin'" est introduit par le ‘diddley beat’ imprimé par les fûts de Stuart. Alors que les arrangements se révèlent subtils, les interventions de gratte sont manifestement cinglantes, très amplifiées, mais totalement maîtrisées. Glazer travaille le son et dose ses effets. Il est d'ailleurs réputé pour son ‘high energy blues’! "Gaz pump blues" est un superbe blues acoustique au cours duquel Howard retrouve son vieux partenaire, Harmonica Shah. L’harmoniciste noir chante et souffle puissamment devant la guitare Resonator de notre leader. Howard vit profondément "Telephone blues", un blues lent. Il s’y sent comme un poisson dans l'eau face à l'orgue de son ami Larry Marek. Les cordes sont toujours aussi déjantées et saturées tout au long de "Honey & spice". Ponctuellement, Glazer passe à la slide, mais ses interventions sont tout aussi ravagées. Les effets pervers de son blues rock sont récurrents. "Somewhere" adopte un profil tout à fait différent. Plus roots, cette compo se distingue par des effets plus recherchés. La gratte acoustique est omniprésente. Choeurs et orgue constituent une rampe de lancement idéale pour les cordes électriques, très travaillées… "Cried all my tears" nous entraîne le long des berges du grand fleuve. Une plage aux sonorités primaires, inspirée du Delta. Très métallique, la slide vit, palpite, bouillonne… Howard reprend son "Liquid store legend", un morceau qui figurait sur son album, paru en 2007. Marek le soutient à l'orgue. Et la finale est un grand moment de délectation. Harmonica Shah est de retour pour un blues lent monumental intitulé "Hurtful feeling". Gouailleuse et saturée, la slide dialogue avec l'harmonica, rappelant le Chicago southside, le cachet agressif de la Motor City en sus. Excellent !

 

jeudi, 03 octobre 2013 13:25

Live at the Delta

Mark est un chanteur/harmoniciste canadien. Originaire de Toronto, il doit son surnom de ‘Bird’ à son style, proche du légendaire saxophoniste de jazz, Charles ‘Bird’ Parker. Sans surprise, il avoue pour influences majeures, Little Walter, Sonny Boy Williamson et Big Walter Horton. Il se produit sur scène depuis 1985. A cours de sa carrière, il a monté différents groupes, et notamment Polaroid Blues Band ainsi que les Sly Dogs, dont il a ensuite changé le patronyme en Mark ‘Bird’ Stafford & The Rectifiers. Son premier album officiel, "The bird man", remonte à 1996. Il faudra attendre 2003 pour le voir publier son deuxième, intitulé "Harpspace". Il a aussi assuré en permanence la promotion de l'harmonica, en réunissant régulièrement, sous la bannière des Harmonica Knights, les meilleurs souffleurs du pays à la feuille d'érable ; et en particulier Jerome Godboo, Paul Reddick, David Rotundo, Raoul Bhanja, Carlos del Junco, Michael Pickett ou encore Bharath Rajamukar. L'album a été enregistré ‘live’ au Delta Chesea de Toronto, en juillet 2012. Bird est entouré de son backing group, soit deux guitaristes, un bassiste et un drummer. Le répertoire est uniquement consacré à des classiques du blues, et presque exclusivement de Chicago blues.

L’elpee démarre en force par "Pretty baby". Une compo composée par Little Junior Parker, en 1957. Issu de Memphis, cet artiste est disparu alors qu’il n’avait pas encore 40 ans. Atteint d’une tumeur au cerveau, il est décédé lors de son opération. La formation est bien soudée. La voix de Bird est admirable. Tous les instruments bien en place. Place ensuite au "Born blind" de Sonny Boy Williamson II. Rice Miller est son idole et son style est fort bien restitué. Stafford adapte ensuite un morceau de l'inévitable Little Walter. Un exercice de style instrumental réussi pour l’universel "Juke". Il embraie par le "Mellow down easy" du même compositeur. Remarquables, les soli sont partagés avec son guitariste Aaron Griggs. Bird restitue parfaitement et aisément le style de ses maîtres. Sa cover du "Sloppy drunk" de Sonny Boy Williamson I est saignante. Cependant, si les gratteurs assurent correctement leur job, il faut reconnaître qu’il existe une différence de classe entre le leader et ses partenaires. Le tempo ralentit et le style devient primaire pour "I found joy", un titre signé par Jimmy Reed. Bird souffle, bien entendu, dans les aigus. Il les pousse même à leur paroxysme. Il opte à nouveau pour une compo de Rice Miller, "I don't know", une piste au cours de laquelle il embrasse la technique de Sonny Boy avant d’accorder un billet de sortie à un sémillant Briggs. Direction Baton Rouge, en Louisiane, pour "Got love if you want it", un swamp blues signé Slim Harpo. Mark termine son concert par trois plages de Willie Dixon, le plus grand compositeur du blues de Chicago, trois plages popularisées par Little Walter. Tout d’abord l’indolent "Can't hold out much longer", un sommet de ce live, caractérisé par un dialogue étonnant entre Bird le souffleur et Bird le chanteur. "It’s too late brother", ensuite. Très jump et parcouru d’un léger swing entretenu par la section rythmique. Enfin, le morceau final. Une véritable leçon d'harmo accordée sur l'instrument chromatique, face aux percussions de Tyler Burgess. Pas de doute, Stafford est un musicien particulièrement brillant.

 

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