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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

samedi, 09 novembre 2013 11:24

Blues Magic

Né en Californie, Brad Wilson est chanteur, guitariste et compositeur. Il est bien imbibé de blues et d'american roots. Il était au service de la chanteuse Kathy McDonald, avant de rejoindre Los Angeles, où il milite au sein de groupes de rock et métal. En 2003, il décide d’embrasser une carrière individuelle. Sa discographie est plus que respectable. Et pour cause, il compte près de quinze albums à son actif. Pour enregistrer "Blues Magic", il a reçu le concours du drummer Adam Gust, du bassiste Brian Beal et du claviériste Kirk Nelson. Un disque paru voici quelques mois. Pas son dernier, car il vient de publier "Hands on the wheel", chez Music Avenue/Blues Boulevard.

Le titre maître ouvre les hostilités. Un excellent blues roots aux accents exotiques, abordé dans un style proche de Santana. "Sugar sweet" poursuit dans un style assez semblable. Imprimé par la section rythmique et les claviers, le tempo est répétitif. Plutôt coriace, la guitare se sert de cette assise pour décoller. De bonne facture, "Hot stuff" est une compo dansante, sculptée dans le R&B funky. La partie de cordes est très soignée. Brad a le bon goût de ne pas en remettre une couche. Il respecte la cadence adoptée. Une plage parfaitement mise en forme, par ailleurs. Blues lent, "My one desire" trahit des intonations jazz. Une piste digne de feu Gary Moore, lorsqu’il dispensait parcimonieusement ses notes, dans ce registre. Une approche qu’on retrouve sur "I'm still breathin". Wilson a une bonne voix et il la met au service de ses compositions. "Cryin' lonely teardrops" lorgne vers le soul blues, un titre imprimé sur un mid tempo et caractérisé par un superbe solo en picking. Plus southern rock, "Roll with me" et "Raining in my heart"évoluent aux confins de l’univers sudiste du Marshall Tucker Band voire de Greg Allman. L’orgue tapisse le décor sonore et la six cordes est bien chaude. Blues rock classique, "The road back to you" adopte un profil semblable à celui du Cream. Le riff est bien lourd. Comme à l’époque glorieuse de Beck et Clapton. Même la voix évoque Jack Bruce. Solide Chicago blues shuffle, "Nobody but you" est particulièrement saignant. Tant la guitare que le tempo. Hormis la gratte de Wilson, "On a summer day" privilégie le format acoustique, une ballade americana empreinte de délicatesse. Et c’est dans ce style folk que "Wintergreen" clôt le long playing…

 

samedi, 02 novembre 2013 12:59

Fight for my soul

Ce jeune chanteur/guitariste est aujourd’hui âgé de 32 ans. Il n’en a que douze, lorsqu’il chope le virus du blues. A 14 ans, il sort son premier album sur un label indépendant. Intitulé "Smokin'" il paraît sous le patronyme de Kid Jonny Lang & The Big Bang. Un an plus tard, il signe chez A&M. Il y publie "Lit to me", début 1996, la veille de ses 16 printemps et en écoule plus d'un million d'exemplaires. En 1998, il grave "Wander this world", une œuvre au cours de laquelle il mêle blues, soul, funk et même pop, mais surtout démontre qu’il a déjà atteint un stade étonnant de maturité. Malheureusement, il traverse ensuite une période d'addiction à l'alcool et aux drogues. Il a cependant le courage de se remettre en question et se convertit alors au christianisme. Il faudra attendre la fin 2001 pour saluer la publication d’un nouvel elpee, un disque résolument pop-rock baptisé "Long time coming". Il opère un nouveau virage à 180°, en 2006. Son nouvel essai, "Turn around", n’est en effet ni blues, ni pop/rock, mais gospel et spiritual. Et si on ne tient pas compte de l’album "Live at the Ryman", immortalisé en 2010, il a fallu attendre sept longues années avant de voir un LP studio tomber dans les bacs. Pour la toute première fois, il est épaulé par son backing group habituel.

"Blew up" ouvre la plaque. Une piste chargée de promesses. Agréable à l’écoute aussi. Bien construite, parfaitement mise en forme, elle est imprimée sur un tempo accrocheur. Contagieuse, la voix de Jonny est soutenue par des chœurs féminins. Il y règne un climat R&B propice à la danse, presque ‘motownesque’. Cependant, acérée, déjantée et singulière, la guitare parvient à se libérer. Nonobstant sa structure élaborée, "Breakin' in" trempe dans un R&B aux accents pop et commerciaux, une piste au cours de laquelle les percussions sont placées bien à l'avant-plan. Et "We are the same" est de la même trempe. Un R&B chiadé, luxuriant même, qui intègre cordes et arrangements amples. A cet instant, nous ne sommes plus très loin d’un Stevie Wonder, mais à des années-lumière du blues rock que le guitariste nous dispensait au cours de son adolescence. "What you're looking for" pénètre alors dans l’univers soul/pop de feu Michael Jackson, même si les interventions remarquables de la six cordes dominent l’ensemble. Curieux ! Et "Not right" creuse le même sillon. "The truth" est une ballade au sens mélodique aiguisé. Légèrement écorchée, la voix passe bien la rampe. Les interventions de guitare sont limpides, belles à pleurer. "River" est contaminé par le son Tamla Motown, un excellent R&B au cours duquel on s’attend à voir débarquer les Four Tops ou les Supremes. Autre ballade, "Fight for my soul" épouse un profil assez proche d'un Eric Clapton contemporain, mais en plus musclé. Et un peu pleurnichard sur "All of a sudden". Encore une ballade : "Seasons". Indolente, chargée de cordes, elle s’étire lentement, mais sûrement, comme une B.O. de film. Solennelle, "I'll always be" est une longue plage qui clôt l’elpee. Difficile de comprendre pourquoi Jonny a concentré les pistes les plus rythmées en début de parcours, et les plus lentes en fin de tracklisting…

 

samedi, 02 novembre 2013 12:57

Road dog's life

Né fin des 80’s, ce duo surfe littéralement sur une vague de contrastes. Ils sont pourtant tous deux guitaristes. La longue crinière qui lui tombe sur les épaules, Smokin' Joe Kubek porte maintenant une barbichette blanche. Et il est blanc. Chanteur, Bnois King, lui, est de couleur noire. Depuis leur rencontre, ils ont publié près de 15 albums et sont reconnus par toute la communauté blues. Leurs disques sont d’ailleurs tous sortis sur d’illustres labels. Que ce soit Bullseye, Blind Pig, Alligator et depuis deux ans, Delta Groove. C'est Randy Chortkoff, le boss de cette écurie qui s’est chargé de la production de ce nouvel elpee dont dix des douze plages sont composées par le tandem.

Pour la circonstance, nos deux gratteurs ont reçu le concours de Willie J Campbell (Mannish Boys, ex-Fabulous Thunderbirds et James Harman Band) à la basse et Jimi Bott (Woodbrain, ex-Mark Hummel, Rod Piazza et Fabulous Thunderbirds) à la batterie.

Le duo s’est forgé un style bien distinct. Et dès les premières notes de "Big money Sunny", on reconnaît immédiatement leur patte. Empreinte de délicatesse, la compo est soulignée par la voix veloutée de Bnois et ponctuée par une sortie de guitare toute en créativité. Et "Come on in" qui embraie est tout aussi raffiné. "Nobody but you" nous entraîne au cœur d’un climat digne de Sonny Boy Williamson II. On remarque bien la présence de deux chanteurs et deux harmonicas. Il s’agit de Randy Chortkoff et l'inimitable Kim Wilson. A charge de Jimi Bott de bien imprimer le rythme. Joe et Bnois s’y réservent chacun une sortie sur les cordes, dans leurs genres spécifiques. "Road dog's life" accélère le tempo. Kubek y puise l'inspiration pour décocher une brassée de flèches sur ses cordes. Kim Wilson souffle dans son harmonica sur "K9 blues", un blues classique au cours duquel Smokin' Joe construit un solo qui monte progressivement en puissance, dans un style emprunté à Freddie King, son ex-patron! "The look at your face" est parcouru d’accents exotiques. Ceux de la rumba. Bott entretient parfaitement ce climat à l’aide de ses percussions. Invité, Kid Andersen s’autorise un superbe solo, mais à la touche tellement singulière, si proche du grand Peter Green. Il est aussitôt relayé par un Kubek au sommet de son art. Les deux solistes prennent leur pied face aux superbes interventions de basse dispensées par Willie J Campbell, sur l’excellent blues rock "Face to face". Une surprise ? La reprise du "Don't bother me" de George Harrison. Et Kubek se ménage une splendide sortie lors de cette remarquable adaptation. Kim Wilson se révèle aussi percutant au chant qu’à l'harmonica sur "I ain't greasin'", un blues imprimé sur un tempo élevé. Kubek est à la lap steel et King au crachoir pour "Talkin' bout bad luck", un blues plutôt indolent. Et une seconde surprise nous attend. Après avoir adapté les Beatles, ils s’attaquent aux Rolling Stones. Leur version du "Play with me" est plus rapide que l’originale. Largement infusée de blues, elle met en exergue l'harmo de Chortkoff et les cordes des deux gratteurs. Cet excellent opus s’achève par "That don't work no more", un blues rock solide balisé par une rythmique familière à Jimmy Reed.

 

samedi, 02 novembre 2013 12:47

The devil's in the details

Daddy Longlegs est considéré comme un groupe de garage. Il nous vient de Waterloo, dans l'Etat d'Ontario, au Canada. Fondé en 2001, il a décroché un Maple Blues Award (César du blues canadien), en 2008. Le line up réunit le chanteur/guitariste Mike Elliott, l’harmoniciste Chris ‘Junior’ Malleck, le bassiste Steve Toms et le drummer Jeff Wagner. Les musicos revendiquent comme influences majeures, les spécialistes du West Coast blues, comme Rusty Zinn, le regretté Nick Curran, les Fabulous Thunderbirds, Red Devils, James Harman et Little Charlie and the Nightcats. "The devil's in the details" constitue leur 5ème opus.

L’elpee démarre par le titre maître. Un brûlot à l’impact direct. Les sonorités primaires dispensées par la guitare me rappellent les Red Devils. La voix est caractéristique des ‘garage bands’. L’harmonica est plutôt détonnant. "Your love is killing me" élève le tempo. Chris Malleck est incapable d’attendre son tour et aligne une série de notes torrides, explosives. Il est rapidement relayé par Elliott qui n’hésite pas à en remettre une couche. Mike chante, d’un timbre à la fois perçant et émouvant, le blues lent "Lonely". Sa sortie aux cordes est bien plus parcimonieuse, face aux interventions graves et écrasantes de la section rythmique. Guitare et harmonica se conjuguent pour attaquer le nerveux "Borrowed time". Wagner en profite pour s’exciter sur ses fûts, alors que Malleck nous réserve un solo plein de dynamisme. Shuffle menaçant, "40 hour wreck" est balisé par le travail rythmique de la guitare. Une compo qui brille par sa cohésion. Manifestement la formation canadienne prend plaisir à nous faire partager sa musique."Easy for me" adopte le rythme du Chicago Westside originel. La voix se déchaîne sur "Get drunk and be someone", du pur rock'n'roll, très jump, au cours duquel Chris souffle dans son harmo comme un possédé alors que Mike semble hanté par le regretté Hollywood Fats. Ralentissement de tempo pour "You wonder", une plage qui baigne au sein d’une atmosphère lourde et au cours de laquelle la guitare se charge de reverb’. Malleck aborde le thème musical de "Summertime" dans sa partie libre à l'harmonica. "The one" lorgne à nouveau vers les Red Devils de Lester Butler. Le rythme est hypnotique et la six cordes totalement déjantée. "Half pint" nous replonge dans le West Coast jump. De bonne facture, cet opus s’achève par un blues acoustique intitulé "Dug my own grave".

 

samedi, 02 novembre 2013 12:44

Fire it up Live

Depuis le succès commercial décroché fin 1968 par sa cover du "With a little help from my friends" des Beatles et son passage remarquable et remarqué au Festival de Woodstock, en août 1969, Joe Cocker est considéré comme une star mondiale. Le petit bonhomme de Sheffield fêtera ses 70 balais en 2014. Ce double album a été immortalisé à l'Anxess Arena de Cologne, en avril dernier. Il fait la part belle à son dernier opus studio, "Fire it up", sorti en 2012, puisque 8 plages ont été retenues dans le tracklisting. Il y a bien longtemps que les vétérans du Grease Band ou de Mad Dogs and Englishmen n’assurent plus le rôle de backing group. Par contre, Joe possède encore cette voix chaude si caractéristique, idéale pour aborder son pop/rock teinté de soul et blues.

Le concert démarre par "I come in peace", une piste issue de son dernier elpee studio. Joe est introduit sur scène par les claviers de son directeur musical Nick Milo. La voix rappelle toujours celle de Ray Charles et domine l'ensemble. Il embraie ensuite par deux de ses grands succès, "Feelin' alright" de Dave Mason, soutenu par les interventions bien dynamiques de Milo au piano, et "The Letter", une compo que les Box Tops avaient traduite en hit, dès 1967. Caractérisées par celles du piano, du saxophone de Norberto Fimpel et des voix féminines de deux choristes, la version est exceptionnelle. "When the night comes" est un autre titre qui figure à son répertoire depuis bien longtemps. Un hard rock mélodique signé Bryan Adams. Une occasion rêvée pour le guitariste Gene Black de tirer son épingle du jeu. Originaire de Detroit, ce gratteur partage la scène avec Joe depuis 1997. Sur ce premier cd, j’épinglerai encore la reprise du "Up where we belong" de Buffy Sainte-Marie. Et pour mettre en exergue cette superbe mélodie empreinte d’une grande sensibilité, Joe et une voix féminine se partagent des vocaux. A l'origine, en 1982, il la chantait en compagnie de Jennifer Warnes. Sans oublier la reprise tout en puissance du "Come together" des Beatles et une impeccable relecture du "You are so beautiful" de Billy Preston, au cours duquel sa voix écorchée libère tellement d’émotion…

Le second compact disc s’ouvre par le titre maître de son dernier opus, "Fire it up". Il aligne ensuite toute une série de morceaux plus notoires les uns que les autres. Tout d’abord "N'oubliez jamais", une compo signée par Russ Kunkel et Jim Cregan (ex-Family/Cockney Rebel), qu’il avait incluse sur son long playing "Across from midnight", en 2003. Et au cours de cette cover impeccable, le clavier emprunte le son d'un accordéon. Le "You can leave your hat on" de Randy Newman, ensuite. Un de ses titres fétiche. La version particulièrement réussie d’"Unchain my heart" est vraiment hantée par son idole, Ray Charles. Bien entendu, lors d’un concert de Joe Cocker, sa célèbre reprise du "With a little help from my friends" est incontournable. Pour la circonstance, elle s’étale sur plus de 11'. En fin de concert, il nous réserve le "Summer in the city" de John Sebastian (NDR : en 1966, cette chanson avait permis à Lovin' Spoonful d’atteindre le sommet des charts). Sans oublier, bien sûr, un pétillant  "Cry me a river". Un show de Cocker est toujours soigné et d’excellente qualité, y compris de nos jours ; même s’il n’engendre plus aune surprise et encore moins de grande claque…

 

samedi, 02 novembre 2013 12:41

The Rock House sessions

Originaire de Fort Meyers, en Floride, Sean Chambers est chanteur et guitariste de blues. En 1998, il avait déjà publié un premier album, intitulé "Strong temptation". Il rejoint alors le légendaire Hubert Sumlin (ex-guitariste de Howlin' Wolf), pour y assurer le rôle de second gratteur. Il y restera de 1998 à 2003. Il monte alors son propre groupe, en compagnie duquel, il grave "Humble spirits" en 2004 et "Ten til' midnight" en 2009. En 2011, il commet encore "Live from the Long Island Blues Warehouse". Dernièrement, il a bossé pour le groupe de southern rock, Blackfoot, en compagnie de Rick Medlocke, guitariste qui milite aujourd'hui au sein de Lynyrd Skynyrd. Pour enregistrer "The Rock House sessions", il s’est rendu à Nashville, au studio Rockhouse. Il n’a pas entraîné son backing group, dans l’aventure, mais à recruté des requins de studio locaux comme le bassiste Tommy McDonald, le drummer Tom Hambrigde, et le claviériste Reese Wynans, cet ex-Double Trouble se chargeant également de la mise en forme.

"World on fire" est une ouverture imparable. Signée par l’ex-Fleetwood Mac Rick Vito, elle baigne dans une atmosphère digne de Howlin’ Wolf. Une compo puissante, caractérisée par des guitares réverbérées, nappée par les claviers de Wynans, balayée par l'harmonica et ponctuée par une explosion finale des cordes. Sean et Etta Britt se partagent les vocaux tout au long de "Since I've been down", une piste franchement rock'n'roll. Reese folâtre sur l'orgue Hammond, un peu à la manière de Jon Lord ; d'ailleurs ce titre aurait pu figurer au répertoire de Deep Purple. Et pour cause, si Chambers s'éclate d’abord sur sa slide, il entame ensuite un dialogue ‘blackmoresque’ avec Bob Britt (NDR : encore un musico issu de Nashville qui a déjà apporté sa collaboration à Bob Dylan et John Fogerty). Sean attaque "Healing ground", une piste signée par le Texan Gary Nicholson. Un rockin' blues bien graisseux, hanté par un harmo, et découpé dans un riff stonien par le gratteur Rob McNelley (NDR : ex-Tinsley Ellis et Delbert McClinton Bands). Jolie ballade, "Meant to be" s’ouvre dans un climat réminiscent des Stones circa "Sticky fingers", c’est-à-dire lorsque Mick Taylor était préposé à la guitare. Chambers injecte toute sa sensibilité sur cette plage. Changement de style pour "Come to Pappa", une compo issue du répertoire de Bob Seger, convertie en R&B très funkysant, tapissé par une section de cuivres. Sean adapte sous un format Stax, "Holding on", une composition lente issue de la plume de Gary Moore. Signé Hambridge et Gary Nicholson, "Just for the thrill" est un blues rock imprimé sur un mid tempo. Chambers et Michael St Leon se partagent les parties de six cordes, mais c'est l'harmonica qui prend son envol ! Egalement écrit par Tom Hambridge, "Money in a minute" est un autre rockin' blues puissant, au cours duquel Chambers écrase ses pédales. Soul blues mélodieux, "It hurts to see you go" libère énormément d’émotion. Une compo qui évoque Albert King, même si la voix lorgne plutôt vers Gary Moore. Et la sortie de cordes est impériale. Très rock'n'roll, le "Choo Choo Mama" d’Alvin Lee clôt l’elpee. Une finale formulée en forme d’hommage… 

 

jeudi, 24 octobre 2013 11:54

Simply blues

Blues Point est un trio qui pratique un mélange acoustique de blues, R&B, funk et rock'n'roll. Une formation polonaise, née à Varsovie, en novembre 2010. Le line up réunit le chanteur/guitariste/bassiste/drummer/claviériste Wlodek Sobczak, le chanteur/guitariste Mirek Borkowski et le saxophoniste Arek Osenkowski. Le groupe avait publié un premier album en mai 2012, "Po Prostu…" "Simply blues" constitue, en réalité, la version anglaise de cet opus, qui pour la circonstance a été enrichi de deux nouveaux titres.

Cette tranche de blues qui nous vient de l'Est s'ouvre par "You've gone out of my life", un morceau discrètement funky d'où s'échappe rapidement le saxophone d'Osenkowski. Et son intervention est excellente ; elle me rappelle même celle du regretté Dick Heckstall Smith, lorsqu’il militait chez les Bluesbreakers de John Mayall, à la fin des sixties. "This old good blues" baigne dans le Chicago blues urbain proche de l’esprit originel. L'atmosphère est bien reconstituée par les interventions au piano et du bottleneck, même si on se rend bien compte que l’anglais n'est pas la langue maternelle du chanteur. Imprimé sur un tempo lent, "Whiles like diamonds" nous entraîne dans une ambiance très roots. Impeccable, l’instrumentation est ponctuée par un superbe envol du saxophone. Le souci de la perfection hante "My one and only", un blues singulier qui colle bien au climat de l’elpee. Nonobstant l’âpreté des vocaux, "A new life" se distingue par la pureté du son des cordes et du saxophone. Et j’avoue que j’apprécie tout particulièrement cette piste. Le combo nous propose sa version du classique de Tampa Red, "Don't you lie to me" ; et à la sauce polonaise, elle s’avère particulièrement rafraîchissante. Caractérisé par son empreinte jazz, "Open up your heart" est poursuivi par son souci de l’esthétisme. "Lonely in this town " met une fois encore en exergue le jeu exceptionnel d'Arek. La six cordes est amplifiée tout au long du blues lent "My guardian angel" ; et manifestement Wlodek se débrouille plutôt bien dans le style. Et lorsque le saxophone entame un dialogue avec les cordes électriques, l’émotion est à son paroxysme. Très électrique, la guitare affronte alors le saxophone devenu hurleur (honky) sur "Fun with Blues Point". L’elpee s’achève par "Molla", une plage instrumentale particulièrement mélodieuse…

 

jeudi, 24 octobre 2013 11:50

Dig this savage soul

Non, ce n’est pas une plaisanterie, mais le véritable nom de Barrence Whitfield est Barry White. Il est né à Jacksonville, en Floride, un haut lieu du rock sudiste (NDR : le southern rock est considérée comme la terre de l’Allman Brothers Band et de Lynyrd Skynyrd). Agé de 58 ans, il s’est forgé une belle notoriété comme chanteur de R&B et soul. Il a connu ses heures de gloire comme leader des Savages, au cours des années 1980 et 90. Il avait entre-temps déménagé à Boston. Dès 1977, pour être plus précis. Réputées explosives, ses prestations scéniques empruntaient aussi bien à Little Richard, Wilson Pickett que Don Covay. A l’époque, Barrence avait publié une dizaine d'albums.

L'homme a ressuscité ses Savages, l'année dernière ; cependant, sa musique ne trempe plus dans le soul/funk/R&B mais plutôt dans le rock féroce et primaire! Peter Greenberg, guitariste originel, qui a sévi chez des garage bands comme DMZ ou les Lyres, a accepté de recommencer l’aventure. Et il déborde toujours autant de dynamisme.

Barrence nous salue sur une rythmique franchement punk sur "The corner man". Il a conservé toute l’énergie extravertie qui l’enflammait au siècle dernier. "My baby didn't come home" est un R&B orageux. Le saxophone de Tom Quatrulli se met à hurler. Whitfield met toute la puissance dans sa voix et la guitare parvient à se frayer un chemin jusqu'à l'explosion attendue. Dévastateur, "Oscar Levant" est un rock'n'roll qui déménage. La basse de Phil Lenker et les percussions d'Andy Jody impriment le rythme alors que les autres acteurs se démènent. Et le tout macère dans un bouillonnement jouissif. Vraiment excellent ! "Bread" est du R&B rockant, soutenu par des voix féminines débridées. Les plages défilent. Les musicos ne s’accordent aucun répit, mais jamais ne se désunissent. Leur fougue leur permet de tout renverser sur leur passage. En outre, Greenberg n'hésite jamais à prendre un billet de sortie, en attaquant brutalement ses cordes comme pouvait le faire Ron Asheton, chez les Stooges. "Hey little girl" permet à Quatrulli de faire exploser son saxophone. Jamais rassasiée, la voix de Barrence libère une énergie comparable à celle d’un James Brown sur les planches. Barrence nous entraîne dans son monde où le répit n'existe pas! Et même si le tempo ralentit sur "I'm sad about it", la voix éclate d'un bout à l'autre. "Show me baby" nous dévoile les Savages sous leur jour le plus blues. "Turn your damper down" conclut dignement cette œuvre : un boogie au dynamisme détonant. Excellent et unique en son genre !

 

jeudi, 24 octobre 2013 11:44

Friend

Billy Thompson est originaire de Fayetteville, en Caroline du Nord. Guitariste, il chante le blues et le R&B. Sa discographie est conséquente. En 1994, il publie son premier opus, "Coat with many colours", en compagnie des Mighty Penguins. Sous son propre nom, il a gravé "Tangerine sky" en 1998, "Area 51" en 2005 et "A better man" en 2010. Ce dernier elpee avait été produit par Tony Braunagel (Robert Cray Band) et notamment bénéficié du concours de Mike Finnigan, John Lee Schell, Kenny Gradney et Lenny Castro. En 2001, il avait participé au spectacle musical de Broadway, "It ain't nothin' but the blues".

En ouverture, "Soldier of misfortune" donne le ton. Un morceau de Memphis R&B au cours duquel Billy démontre qu’il possède une fort bonne voix pour ce style. Il laisse échapper de subtiles grappes de notes inspirées par Albert King, alors que la section de cuivres épouse les riffs. Il reprend le "Garden" de Joey Harris, une plage blues roots, à laquelle participe Bill Payne, le pianiste de Little Feat. Constituée de Hutch Hutchinson à la basse et Eric Selby à la batterie, la section rythmique est solide. Ce qui permet à Bill de se concentrer sur sa guitare slide. Thompson vit son blues. Sa voix est empreinte d’une grande sensibilité tout au long du blues indolent, "Interlude". Et l’atmosphère intimiste, chaleureuse est entretenue par l'orgue Hammond B3 de Mike Finnigan (Bonnie Raitt Band). Blues enlevé, "Farmer Kenny" est une piste qui permet aux solistes –Billy, Wes Lamich à l'orgue et Red Holloway sur son saxophone– de tirer leur épingle du jeu. Excellent, le titre maître est une ballade roots découpée dans des accords de gratte à la fois saignants et captivants. Un peu dans le style d’un Clapton contemporain. Particulièrement mélodique, "Halfman" baigne dans un climat intimiste. Funky voire même R&B, "Many faces" est dominé par le sax de Ron Holloway et enrobé de choeurs féminins. Le funk devient percutant sur "Satisfied". Nous ne sommes pas tellement loin de Little Feat qui a justement délégué son pianiste Bill Payne et son bassiste Kenny Gradney. Chargé de passion mais indolent, "Then my love" est un gospel blues au cours duquel le sentiment de mélancolie est entretenu par l'orgue de Finnigan. Soudés par le rythme, les quatre musicos se déchaînent tout au long d’"Ain't but one", un R&B nerveux, dansant. Shuffle de bonne facture, "Got to be did" libère beaucoup de groove. La version du "Ain't no sunshine" de Bill Withers est excellente. Chargé de swing, dansant, rythmé, "While the world's winding down" clôt ce superbe long playing. Une plage au cours de laquelle la voix de Billy me rappelle alors le vétéran anglais John Mayall…

 

jeudi, 24 octobre 2013 11:33

Made up mind

Le Tedeschi Trucks Band est un groupe qui marche très fort aux States. A l’origine, il se produisait sous le patronyme de Dereck Trucks and Susan Tedeshi Band, une formation fondée en 2010 à Jacksonville (NDR : c’est en Floride !) Dereck et Susan sont mariés. Agée de 42 ans, elle est originaire de Boston. Chanteuse/guitariste, elle a déjà publié plusieurs elpees sous son propre nom. Derek, lui, n’en a que 34 ans. C’est le leader de son Derek Trucks Band et surtout il est membre de l’Allman Brothers Band.

Le premier opus du TT Band "Revelator" est paru en 2011, un disque qui a décroché un Grammy Award pour le ‘meilleur album de blues’. Et le deuxième est sorti en 2012. Un ‘live’ intitulé "Everybody's talkin'". Pour ce troisième essai, le couple a reçu le concours de Kofi Burbridge, aux claviers et à la flûte, de deux batteurs/percussionnistes, de cuivres et de choristes.

Le titre maître ouvre l’elpee. La compo est imprimée sur un rythme soutenu. Puissante, la voix de la charmante Susan domine l'ensemble jusqu'à ce que Derek libère sa slide, une sortie musclée, caractérisée par sa sonorité caractéristique. "Do I look forward" constitue un des sommets de l’opus. Sur une superbe mélodie, Susan chante d’un timbre rocailleux, expressif, cette compo bouleversante illuminée par une orchestration magique et traversée par une slide tout à fait exceptionnelle. Manifestement l'école de l’Allman Brothers Band a été déterminante dans la formation du jeune Trucks. Pas pour rien que son père, Butch Trucks, a assuré le rôle de drummer dès les débuts de l'ABB, aux côtés de Duane Allman et Dickey Betts! Introduite par les cordes acoustiques de Derek et la flûte de Kofi, "Idle wind" est une ballade au cours de laquelle la slide refait surface en fin de parcours, au coeur des cuivres. "Misunderstood" est une plage coécrite par Sonya Kitchell (une jeune chanteuse/auteur/compositrice) et Eric Krasno (guitariste de Soulive). Funky elle laisse la part belle aux cuivres et à l'orgue Hammond. La même paire signe également "It's so heavy", une ballade assez émouvante que Susan chante avec une émotion bien palpable devant les soubresauts de la slide. Le guitariste texan Doyle Bramhall partage l’écriture de "Part of time". Il en profite pour communiquer une touche soul au TTB. Bramhall remet le couvert sur "All that I need", une piste réminiscente de l’Allman Brothers ponctuée par une sortie brillante de la slide. Très southern rock, "Whiskey legs" se limite à la voix, les guitares et la section rythmique. Et le résultat est excellent ! Les deux époux s'échangent des chapelets de notes sur leurs grattes. Susan chante passionnément "Sweet and low", une ballade soul issue de la plume d’Eric Krasno. "The storm" constitue le meilleur titre de cette œuvre. Puissant, inventif, complexe, stimulé par ses changements de rythme, c'est la dernière occasion franche accordée à Butch pour faire palpiter sa slide ou lui permettre de dialoguer avec l'orgue Hammond. Duo acoustique intimiste échangé entre Susan et Butch, "Calling out to you" clôt l’elpee, une piste écrite par Eric Krasnus.

 

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