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Denver ou DNVR ?

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Suede 12-03-26
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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 15 août 2012 03:00

Live from Texas (Cd + Dvd)

Texans, Bryan Freeze et Jim Asworth sont de grands amis. Issus de Fort Worth, ces compositeurs aiment travailler en studio. Ensemble, ils ont créé, voici quelques années, le Dr. Wu' Blues Project, nom emprunté à une composition du groupe Steely Dan. Comme ces derniers, ils ont voulu tenter l'aventure live! Après avoir publié deux albums studio, ils ont donc mis sur pied ce concert organisé dans le désert, aux portes de la cité de Fort Worth.

Autour d'eux, rien que des potes. Tout d’abord le peu notoire mais très doué harmoniciste Gary Grammer ; mais aussi le Buddy Whittington Band au grand complet, soit Buddy et Mouse Mayes, qui se partagent chant et guitare, le bassiste Wayne Six et le drummer Mike Gage. Baptisé "Live from Texas", le concert a été immortalisé sur cd et dvd. Il dure environ 75'. Un set au cours duquel, la formation a interprété l'essentiel des plages qui figuraient sur leurs deux opus précédents.

Souvenez-vous, sur le dernier elpee studio ! Jim Asworth était crédité de ‘rien’ (nothin'). Ici, il chante la célèbre reprise de "I'm a man". Une ouverture royale au cours de laquelle il se révèle convainquant et même brillant. Le tempo est rapide, dans l’esprit des mythiques Yardbirds anglais. Cet "I'm a man" est issu de la plume de Bo Diddley. La nouvelle version est un réel brûlot. Pour le reste du concert, Jim se réserve plusieurs grattes rythmiques, mais pas certain qu'elles soient branchées sur un ampli! Buddy prend les rênes, dès la plage suivante, "Why is it so hard to say goodbye". Et il se révèle excellent chanteur. Sa voix est puissante et incisive. Il interprète ensuite "Jacksboro Highway", du nom de cette route qui relie Dallas à Jacksboro, la T199. Ecrite par Gary Nicholson, cette plage figurait au répertoire du John Mayall's Bluesbreakers. Tout au long de cette nouvelle adaptation, le jeu de slide est superbe! Bryan Freeze se réserve le micro sur "I wanna love you", un shuffle à la texane. Boogie, "Boogie in the rain" rend hommage à John Lee Hooker et Canned Heat. Toutes les guitares communiquent une véritable intensité à cette piste, au cours de laquelle l'envol à l'harmonica exécuté par Gary Grammer est remarquable. Bryan est au bottleneck pour "When I get to heaven", une compo qui démarre dans le Delta avant de passer à un blues électrique nerveux et percutant. Il est à la slide et sur la route dans sa Cadillac rouge pour les excellents blues rock "That ain't right" et "High maintenance baby". Buddy se réserve le chant pour "Bryant Irving road", un blues décontracté (laidback) imprimé sur un mid tempo, qui s'achève par un duel entre slide et harmonica ; et Mr Freeze, un autre shuffle participatif intitulé "I don't need no woman like you". "Slow rollin' train" lorgne vers ZZ Top. A cause de la sonorité de guitare dispensée par Buddy, digne de Billy Gibbons. C’est vrai que nous sommes au cœur du Texas. Le morceau final est particulièrement festif. C’est Mouse qui se réserve les vocaux sur ce "Bo Diddley Tribute"

Ce set généreux accordé par Dr. Wü' and Friends est reproduit sur un dvd dont les images sont d’une grande qualité. En outre, il est enrichi de deux plages captées lors du soundcheck opéré par le Buddy Whittington Band, le "Bar-B-Q" de ZZ Top et un blues lent quand même, le "Ain't nobody's business" de Freddie King.

 

samedi, 16 novembre 2013 13:42

Can't get enough

Curieuse aventure que celle vécue par trois artistes issus de générations différentes qui ont décidé de fonder un groupe, alors que leur seul dénominateur commun était tout simplement l’amour des belles bagnoles et la passion pour le blues. Au sein de ce trio, on retrouve deux vétérans. Tout d’abord Stephen Stills, 68 ans. Ex-Buffalo Springfield, Crosby, Stills & Nash, sans et avec Neil Young et Manassas. Ensuite Barry Goldberg, 70 balais. Originaire de Chicago. Pianiste et organiste de blues. Ex-Electric Flag et autrefois membre du backing group de Bob Dylan. Et puis un jeune. Kenny Wayne Shepherd. 36 ans. Chanteur, guitariste et compositeur de blues rock. Pour la route, le line up est complété par une section rythmique réunissant Kevin McCormick à la basse et Chris Layton (ex-Double Trouble, le backing band de Stevie Ray Vaughan), à la batterie.

Le trio débute en force par "Mississippi road house". La voix de Stills adopte les inflexions qu’il empruntait autrefois chez Manassas. Assurées par Kenny Wayne et le père Stills, les parties de guitare sont bien équilibrées. Ce dernier libère des sonorités sixties et particulièrement fuzz, réminiscentes du Buffalo Springfield. Shepherd chante en puissance "That's a pretty good world", un R&B speedé, calqué sur la mélodie du "Hit the road Jack" de Ray Charles, permettant une rapide libération des cordes. Le style Stills (?!?!) est immédiatement identifiable, dès les premiers accords de "Don't want lies". Chaleureuse, sa voix n'a rien perdu de son charme ; et son sens mélodique est intact. Surprise, le combo adapte le "Search and distroy" d'Iggy Pop et des Stooges, une compo qui préludait la naissance du punk. Les spécificités du genre sont ici préservées. La jeunesse, la fougue et la vitalité de Shepherd font le reste. L’empreinte de Stephen est à nouveau très présente tout au long de "Can' get enough of loving you". Notamment à cause de son timbre. Légèrement éraillé. Qui domine parfaitement ce blues. Sa voix s’autorise même des inflexions enragées. Comme un shouter. Pendant que Goldberg tapisse de son orgue le décor sonore, Kenny Wayne s’autorise un envol empreint d’une grande sensibilité. Ce dernier se réserve le micro pour interpréter le classique de Muddy Waters, "Honey bee", un superbe slow blues, une piste au cours de laquelle Goldberg se charge à la fois du piano et de l'orgue. Dispensés dans leurs styles respectifs, les échanges de guitares sont magiques. Fluide, technique, le toucher de Shepherd est irréprochable. Ecorché, spasmodique, celui de Stills, authentique. Encore une surprise, la cover d’une des compos les plus notoires de Neil Young, "Rockin' in the free world". Stephen rend manifestement hommage à son ancien acolyte. Une version plutôt conventionnelle qu’il chante néanmoins autoritairement. Autre reprise, celle d’un classique du blues ; en l’occurrence le "Talk to me baby" d'Elmore James. Et c’est le sémillant Kenny Wayne qui balise le tout. "Only teardrops fall" est une ballade bluesy de bonne facture. En guise de morceau final, The Rides nous réserve "Word game", une composition signée Stills qui remonte à l’époque du Buffalo Springfield ; une plage qui n'avait jamais mise en boîte. Il existe une version de luxe de cet excellent cd, enrichie d’un Dvd et de trois bonus tracks.

 

samedi, 16 novembre 2013 13:39

Magic honey

Cyril Neville nous vient de la Nouvelle-Orléans. Agé de 65 balais, ce chanteur/percussionniste et son frère Art, ont sévi au sein du groupe funk, The Meters. En 1977, leur nouveau projet devient une véritable affaire de famille qui répond au patronyme des Neville Brothers. 35 ans plus tard, la formation est d’ailleurs toujours bien vivante, même si elle ne se réunit plus qu’épisodiquement. Début des années 2000, Cyril enregistre en compagnie des Uptown All Stars et de Tribe 13. Et au cours des deux dernières années, participe à l’aventure du Royal Southern Brotherhood, en compagnie des guitaristes Mike Zito et Devon Allman. Il avait également publié trois albums solo, dont le dernier "Brand new blues", remonte à 2009. Ce nouvel opus a été enregistré à Bogalusa, en Louisiane, un opus pour lequel il a reçu le concours du guitariste Cranston Clements (ex-Dr John, Boz Scaggs), du bassiste Carl Dufrene (Anders Osborne, Tab Benoit), du drummer Willie Green (ex-Neville Brothers), et du claviériste Norman Caesar, sans oublier la présence de quelques amis invités. 

"Magic honey" ouvre la plaque. Un R&B percutant. La voix de Cyril colle vraiment au rythme. Signé Dr John, "Swamp funk" reflète parfaitement la musique issue de la Nouvelle Orléans. Un funk tapissé de claviers qui met en exergue quelques gloires locales. Dr John se charge des parties d’orgue et Allen Toussaint du piano. Blues lent, "Something's got a hold on me" concède des accents dramatiques. La voix est chargée de rage contenue, face à la guitare hendrixienne du producteur David Z. Cyril est son épouse Gaynielle ont coécrit "Another man", une fort jolie ballade aux accents exotiques. Le chant est chargé de passion alors que devant le piano percussif d'Allen Toussaint, la six cordes lorgne vers Carlos Santana. Et ce n’est pas une surprise. Cranston Clements tire son épingle du jeu tout au long de "Still going down today", un excellent blues, abordé à la manière d'Albert King. Issu de la plume de Paul Butterfield, "You can run but you can't hide" (NDR : ce titre figure sur "Put it in your ear", un album paru en 1975) scelle une belle rencontre entre le blues rock bien électrique et le funk louisianais. Ecrit par Warren Haynes de Gov't Mule, "Invisible" est un intéressant R&B funkysant. Cyril chante "Blues in the truth" d’une voix pure, un blues lent classique au cours duquel Cranston gratte ses cordes en adoptant une nouvelle fois le toucher d'Albert King.  Walter Trout cosigne "Running water", un morceau funk tapissé par l'orgue Hammond de Caesar, mais surtout caractérisé par les interventions de Mr Trout à la guitare. Et cela s'entend ! Mike Bloomfield et Nick Gravenites ont coécrit "Working man" pour "Mourning in the morning", un album d’Otis Rush paru en 1969. S’appuyant sur un riff puissant, ce rockin' blues bénéficie de la participation de son ami Mike Zito, dont la guitare slide apporte un changement de tonalité judicieux. Et ce dernier récidive sur "Honey and oil". "Slow motion" achève l’opus, un titre paradoxalement de pur reggae.

 

samedi, 16 novembre 2013 13:37

Vari-Colored songs

Leyla McCalla est une jeune femme à la peau colorée. Elle est née à New York de parents d'origine haïtienne. Elle joue du violoncelle, depuis qu'elle est haute comme trois pommes. C’est son instrument de prédilection. En 2012, elle s’est établie à la Nouvelle Orléans. Elle y arpente les rues du vieux quartier français pour d’abord y interpréter des œuvres de Bach avant d’opter pour la musique créole et caribéenne, courants apparus bien avant le zydeco. Elle a participé à la tournée de la jeune formation Carolina Chocolate Drops. Elle vient d'enregistrer son premier album, un opus au cours duquel elle a mis en musique des textes de son poète favori, Langstone Hughes. Ce qui explique le sous-titre de cet elpee, "A tribute to Langston Hughes". Lors des sessions, elle a reçu le concours de quelques musicos, dont deux membres des Chocolate Drops, Rhiannon Giddens et Hubby Jenkins.

La sonorité magique, grave et puissante du violoncelle introduit "Heart of gold", une entrée en matière fort originale. La voix de Leyla est claire, douce et expressive. Et la pedal steel de Tom Pryor traverse cette ouverture comme un rayon de soleil. "When I can see the valley" trempe dans le folk, une jolie compo chantée en toute sobriété, au cours de laquelle elle affiche son jeu tellement créatif et subtil à l’aide de son archet. Nous sommes à la Nouvelle Orléans, ville multiculturelle, où tout est susceptible de se mélanger. Les langages, par exemple. Ainsi, Leyla interprète le divertissant "Mesi Bondye" (NDR : comprenez ‘Merci mon Dieu’) armée de son banjo ténor. La musique est introspective. Dignité et passion alimentent son inspiration. Elle pose la voix sur "Girl", en contant la vie enchanteresse d'une jeune fille. Le violoncelle dicte les lignes de basse et (NDR : sans doute par la technique du re-recording) y égrène des notes de ténor banjo, alors que la mystérieuse pedal steel vient balayer le décor sonore ! Leyla est seule pour attaquer "Kamensa w fè?", une ballade traditionnelle haïtienne. "Too blue" s'inscrit parfaitement dans l’esprit de la grande ville louisianaise, un bel hommage à la rencontre entre le jazz et le blues, illustré par la cadence du banjo en rythme et les interventions impeccables à la gratte de Luke Winslow-King, un autre immigré qui s’est installé à la Nouvelle-Orléans. Caractérisé par la présence de deux voix féminines, en l’occurrence celles de Leyla et Rhiannon Giddens, "Mamman Mwen" nous plonge une nouvelle fois dans le folklore. Matt Rhody se réserve le violon sur "Love again blues", un blues proche du bluegrass. Miss McCalla et ses amis des Carolina Chocolate Drops conjuguent leurs voix tout au long de l’amusant "Rose Marie". "Latibonit" transpire des accents latins. Les vocaux sont nerveux. Complexes, les rythmes émanent de la rencontre entre le violoncelle, le banjo et les fragiles percussions. De bonne facture, cet elpee s’achève par "Changing time", une plage au cours de laquelle on retrouve la voix passionnée de Leyla, son banjo ténor et la pedal steel de Tom Pryor.

 

samedi, 16 novembre 2013 13:29

Black wind howlin’

Agée de 24 printemps, Samantha Fish est originaire de Kansas City. Cette jeune chanteuse/guitariste y a fait ses premières armes, et tout particulièrement au sein du club local Knuckleheads Saloon. Elle y tape dans les oreilles de Mike Zito et Tab Benoit. Miss Fish s’était illustrée en 2011, lors de la tournée organisée par Thomas Ruf, baptisée ‘Girls with guitars’, un périple au cours duquel elle était accompagnée par l'Anglaise Dani Wilde et Cassie Taylor (NDR : c’est la fille d'Otis). L'année dernière, elle publie sa première oeuvre en solitaire chez Ruf. Intitulé "Runaway", cet opus est bien reçu par la critique. Elle a également participé aux sessions d’enregistrement de "Turquoise", un long playing signé Devon Allman et paru sur le même label allemand. Ce nouvel elpee a été concocté au studio Dockside de Maurice, en Louisiane, sous la houlette de Mike Zito.

Samantha a du tempérament. Elle débute en force par "Miles to go", un morceau très dynamique, imprimé sur un tempo delta blues particulièrement enlevé, au cours duquel notre blonde est constamment à l'attaque. Southern blues, "Kick around" évoque les Georgia Satellites de la belle époque. L'ami Zito se réserve le poste de soliste et donne la réplique vocale sur cette compo au rythme entraînant. Miss Fish a reçu le concours de Zito pour écrire "Go to hell". Le tempo est toujours aussi offensif. Le riff rythmique puissant. Mais pour la circonstance, c’est Paul Thorn, un bluesman du Wisconsin, qui colore le morceau de son timbre chaleureux. Armée de son bottleneck, Samantha impose une cadence qui fleure bon le Mississippi blues tout au long de "Sucker born", alors que le vétéran Jumpin' Johnny Sansone galvanise le tout de son harmonica. Un sommet de ce long playing ! Ballades acoustiques, "Over you" et "Let's have some fun" nous permettent savourer une autre facette du timbre vocal de Samantha. Et pour cause, il s’y révèle particulièrement délicat. La reprise du célèbre "Who's been talking" de Howlin' Wolf trempe dans le blues pur et dur. Pas de fioritures. Des accords de gratte bien dosés et respectueux. Seul l’harmo de Sansone est flamboyant. L’énergie et l’âpreté font leur retour pour "Lay it down", un boogie constamment sur la réserve qui laisse la part belle aux cordes. Hard blues rock, "Heartbreaker" s’inspire à nouveau du Delta, une piste dont le riff de slide est probablement exécuté par Zito. "Foolin' me" concède des accents plus pop rock. La titre maître macère dans le delta funk blues.  Samantha démontre tout son art à maintenir la tension lorsqu'elle s'évade sur ses cordes, dans un registre proche d’un Jimi Hendrix. "Last september" achève l’elpee, une ballade dont la touche country est apportée par le violon de Bo Thomas.

 

samedi, 16 novembre 2013 12:58

Blues at the Grand

Son of Dave, c'est le patronyme utilisé par Benjamin Darvill pour baptiser son projet. Agé de 46 balais, il est originaire de Winnipeg, au Canada, mais vit aujourd'hui à Londres. Au cours des 90’s, il a milité au sein du groupe de folk/rock Crash Test Dummies. Il joue de la guitare, de la mandoline, du piano, de l'harmonica, se sert de boîte à rythmes et chante. Il est également auteur et compositeur. SoD compte à ce jour 5 elpees à son actif. Le dernier, "Shake a bone", est paru en 2010 ; et il avait été très bien reçu de la critique. Pour concocter ce « Blues at the Grand », il a de nouveau joué à l’homme-orchestre, ne tolérant pour collaborateurs que la présence de Martina Topley Bird ainsi que du claviériste Will Foster. Benjamin a conservé une certaine filiation au blues. Comme harmoniciste, il puise d’ailleurs son inspiration chez de vieux bluesmen comme James Cotton et Sonny Terry?

Les instruments se mettent en place : piano, harmonica, boîte à rythmes et saxophone. Son of Dave est sur les rails pour transporter "Well, well, well", un boogie accrocheur, parcouru par la voix overdubbée de Miss Topley Bird. Une cadence syncopée prévoit une "Hot summer night". De sa voix sans éclat qu'il force pour dominer les harmonies vocales féminines, Benjamin crie sa joie de vivre cette chaude nuit d'été. Les drums imposent le tempo alors que chaque couplet est ponctué de quelques phrases à l'harmonica. Pop/soul, "We goin' out" est une piste très dansante, contagieuse, caractérisée par le travail impeccable opéré par Jimmy Hogarth à la production ; chiadées, les voix féminines et masculines se répondent à propos. Une formule reconduite sur "Titty shake", une forme de ‘work song’ adaptée au XXIème siècle. Les voix et les percussions cèdent ensuite le relais à de timides envolées à l'harmonica et au saxophone. "They let too many people in" navigue quelque part entre hip hop et R&B. Si la voix est volontiers grave, elle est capable d’adopter d’autres registres. Le recours à la musique à bouche est destiné à renforcer le caractère hypnotique du tempo de cette compo relativement dense. Et lorsque la voix de Darville plonge dans les graves, c’est pour mieux pénétrer dans le blues basique. Ballade empreinte de délicatesse et d’esthétisme, "Old Mexico" est subtilement sculpté dans les cordes de guitare acoustiques d’inspiration hispanique. Et le résultat est particulièrement grisant. Malgré ses percussions électroniques et les boîtes à rythmes, "Miss Katalin" lorgne vers le mythique Sonny Boy Williamson. A cause des effets sur les vocaux et de l’harmo. Ballade mélodieuse, "Bow wow" baigne dans la douceur. Même la voix est paisible. Et la présence de claviers est destinée à renforcer l’aspect contagieux de cette plage. Une face séduisante qu’on retrouve sur "Lay your hands", morceau au cours duquel le timbre fragile de Martina s’immisce discrètement. Encore un titre pop/soul, "Poor me". Une composition cependant chargée d’accents exotiques et à la structure complexe. Son of Dave nous quitte sur "If only". Sa voix, le piano et son harmonica aussi. Si ce disque est de bonne facture, on regrettera sa brièveté. A peine une demi-heure, c’est un peu court, cher Benjamin !

 

samedi, 09 novembre 2013 11:55

Dangerous

The Mannish Boys est un groupe californien considéré comme le plus habile à fusionner le blues traditionnel et contemporain. Une formation a géométrie variable qui réunit des musicos disponibles au moment même. Il tournent un peu partout dans le monde, et surtout aux States. Au chant, on retrouve habituellement le vétéran Finis Tasby ainsi que Sugaray Rayford. Sugaray mesure plus d’1m90. Texan d'origine, il est issu d'une famille pauvre. Enfant, il chantait au sein d’une chorale gospel, à l'église, le dimanche. Ses véritables débuts remontent à un peu plus de dix ans, lorsqu'à San Diego, il se réserve le micro chez les Urban Gypsys, un groupe de funk et R&B. En 2004, il passe ensuite au blues en intégrant le backing group d’Aunt Kizzy'z, Boyz. Il participe alors à l’enregistrement de deux elpees, "Trunk full of bluez", dès qu’il débarque, et "It's tight like that", en 2007. Au cours de l’année 2011, il s'installe à Los Angeles où il est assez rapidement incorporé aux Mannish Boys. Entre-temps, il avait publié une première œuvre personnelle intitulée "Blind Alley", en 2010. 

L’elpee s’ouvre par "Country boy", un excellent blues inspiré par la cité des vents. Le tempo est contagieux. La voix de Sugaray, puissante, et le jeu d'harmonica de Sugar Ray Norcia, éblouissant. Ce dernier est notamment un ancien membre des Bluetones et de Roomful of Blues. Les interventions de cordes dispensées par Gino Matteo sont à la fois brillantes, judicieuses et percutantes tout au long de "Stuck for a buck", un R&B cuivré. Imprimé sur un mid tempo, "I'm dangerous" baigne dans un style assez proche de Muddy Waters. Sugar Ray Norcia tire à nouveau son épingle du jeu à l'harmo, alors que (Little) Anthony Geraci se réserve le piano. Signée Norcia, "Two times sugar"est une superbe composition. Sugaray Rayford et Sugar Ray s’y partagent les vocaux particulièrement soul, devant la guitare inspirée de Monster Mike Welsh. Blues lent nightclubbien, "When it rains, it pours" est issu de la plume de Pee Wee Crayton. La voix de Rayford est chargée d'émotion au cœur de ce climat très T-Bone, caractérisé par la présence de Fred Kaplan aux ivoires et Frank Goldwasser aux cordes. "Pretty fine mama" semble sortir tout droit du pays des bayous. La guitare de Monster Mike Welsh libère des sonorités vibrantes, bien réverbérées. Randy Chortkoff est le responsable de cette compo. Il souffle dans son harmonica, pendant que Goldwasser s'éclate sur la slide. Il est toujours préposé à la slide tout au long de "Goin' to Texas", un long slow blues souligné par l'harmo de Kim Wilson. Enlevé, "I might do sometin' crazy" adopte le tempo du "Wang dang doodle" de Willie Dixon. A la gratte Kid Andersen nous réserve une intervention particulièrement originale. Remarquable blues lent, "Surrendered" nous replonge encore dans un climat proche de Muddy Waters. La voix de Rayford est bourrée de feeling. Kim Wilson souffle parcimonieusement dans son harmo, mais Goldwasser et Geraci ne s’effacent pas pour autant du décor sonore. Blues acoustique, "Need a little more time" se révèle à la fois primitif et dépouillé. Une grande complicité s’établit entre la voix et la National steel de Frank Goldwasser. Big Pete est néerlandais. Il enflamme "Keep her at home", un boogie nerveux, de sa musique à bouche. D’excellente facture, cet opus s’achève par "Preachin the blues" un prewar blues signé Son House. Frank se charge de la slide, Bill Stuve de la basse acoustique et Jim Bott des percus.

 

samedi, 09 novembre 2013 11:52

Rock them back to hell!

Le duo hillbilly/punk/blues de l'Indiana est de retour. Petit rappel, le tandem puise ses sources au sein de l’écurie Fat Possum, R.L Burnside et toute sa famille en tête bien sûr, mais également Junior Kimbrough. Un style caractérisé par un son primaire, brut, auquel s’identifiaient et s’identifient encore les artistes issus des collines au Nord du Mississippi. Left Lane Cruiser réunit Frederick ‘Joe’ Evans IV, préposé au chant et à la guitare slide ainsi que Brenn ‘Sausage Paw’ Beck, partagé entre les drums, les percus et l’harmonica. En 2007, le band signe chez Alive Natural Sound, label sur lequel il a publié cinq elpees à ce jour, dont "Painkillers" en 2012. Pour concocter "Rock them back to hell!", LLC a bénéficié d’un véritable travail de production. Et notamment d’overdubs afin, par exemple, de permettre le recours à trois lignes de guitare au même moment.

Et on s’en rend compte dès "Zombie blocked". Une compo particulièrement dense, au cours de laquelle les musicos n’hésitent pas à en remettre une couche, en se servant de cette technique mise à leur disposition. Quant aux vocaux, ils se révèlent sauvages et sans concession. Un seul musicien subsidiaire a participé aux sessions. Il s’agit de Kevin Jackson, l'oncle de Brenn. Il souffle dans son harmo tout au long d’"Electrify" et parvient même à se frayer un chemin au sein de cette compo inextricable, fruit d’un enchevêtrement de cordes, qui colle bien au style garage. Evans IV éructe ses paroles tout au long de "Neighborhood". Manifestement, il est en bisbille avec son voisinage. Furieux, il sort son bottleneck et le glisse âprement le long de son manche. Des cordes acoustiques amorcent "Juice to get loose", une plage qui nous plonge d’abord dans une forme d’éthylisme. Avant que Beck déballe ses gadgets. Une accalmie, même si elle sera brève. Joe interprète "Overtaken" à la manière d’un Robert Plant impétueux. La guitare finit par s’extirper du flot de percussions, avant que la voix ne reprenne le dessus. "Be so fine" permet à LLC de replonger au cœur de son domaine de prédilection, le delta rockin' blues métallique. La slide arrache tout sur son passage. Cet acharnement destructeur constitue sans aucun doute le sommet de cet elpee. Aucune compromission n’est admise. Le duo revient carrément de l’enfer. Joe chante rageusement "Jukebox". Son bottleneck est nerveux, opiniâtre. Les litres de bière qu’il a ingurgité lui donne la force d'exorciser les dernières réserves qui coulent encore dans ses veines. "Coley" s’étire paresseusement. La voix est enfin naturelle lors de ce blues au cours duquel il laisse échapper des notes acoustiques empreintes de douceur. Le duo remet ensuite un peu d'huile dans les rouages. Imprimée sur un mid tempo hypnotique, le morceau libère à nouveau des sonorités poisseuses, traçant une piste destinée à permettre le retour des morts-vivants de l’Empire des Ténèbres. Brenn et Joe avalent une solide rasade de Jack Daniel’s (NDR : à moins que ce ne soit du Southern Confort) pour amorcer le titre final, "Righteous". La slide entre en transe et force le passage vers l’issue triomphale...

 

samedi, 09 novembre 2013 11:31

Shout !

Fondé en 1994, Gov't Mule est un groupe qui, à l’origine, réunissait des musiciens militant en même temps chez le prestigieux blues band sudiste, Allman Brothers Band. Soit le chanteur/guitariste Warren Haynes, le bassiste Allen Woody et le drummer Matt Abts. A l’instar de l'ABB, Gov't Mule aime se produire en live, afin d’y interpréter de longues versions de ses compos. C’est un adepte des jam sessions, par excellence. Woody décède en 2000, suite à une overdose d'héroïne. Les deux rescapés décident alors de rendre hommage à leur acolyte disparu, en publiant 2 volumes de "The Deep end", des œuvres pour lesquelles ils reçoivent le concours de 25 bassistes différents, que Woody appréciait tout particulièrement. En 2003, Andy Hess récupère la basse. Puis le line up s’enrichit d’un claviériste, Danny Louis. En en 2009, Jorgen Carlsson reprend le rôle de ‘quatrecordiste’. Le discographie du combo est plutôt conséquente. Faut dire qu’il immortalise tous ses concerts, et en autorise la commercialisation. Intitulé "Shout!", le nouvel opus est enrichi d’un second cd, reprenant toutes les mêmes compositions, mais impliquant un ou plusieurs invités.

L’elpee démarre par "World boss", une plage imprimée sur un tempo funky. Si la section rythmique est de grande classe, la part belle est laissée à la guitare de Haynes, un musicien qui jouit d’un énorme potentiel créatif. Et il ne faut guère attendre pour qu’il mette en exergue son talent. Sa six cordes libère constamment des sonorités relativement déjantées, tout au long de "No reward", un blues ravagé par le psychédélisme. "Whisper in tour soul" véhicule des accents acides, une ballade qui se développe lentement, suivant la cadence imposée par les percussions d’Abts. Et ce mouvement rythmique nous entraîne dans un périple aux saveurs étranges, à la poursuite d’une guitare qui s'évade sur des sentiers torturés et complexes. Epique, "Captured" s’inspire des longues chevauchées imaginées par Neil Young et son Crazy Horse, même si on y décèle un zeste de Pink Floyd circa "Wish you were here". Et l'envol des cordes est tout à fait passionnant. "Scared to love" trempe dans le pur reggae. A cause des percus si caractéristiques et des interventions d’orgue bien en rythme, même si la mélodie rappelle une certaine époque des Beatles. "How could you stoop so low" est une piste au cours de laquelle la gratte et l’orgue tirent parfaitement leur épingle du jeu. Une bonne jam de blues que Haynes chante dans un registre parfois proche de Joe Cocker. Et sa voix est chargée de passion, lorsqu’il aborde "Forsaken saviour", un morceau indolent mais à la superbe mélodie. Une compo de toute benne facture, soulignée par les accords de gratte tout en  sensibilité et les judicieuses interventions de Danny Louis, au piano. C’est un riff qui donne le ton à "Done got wise". Warren est passé à la slide. Le tempo est hypnotique et la densité sonore évoque manifestement Little Feat. Bénéficiant également d’une chouette mélodie, "When the world gets small" permet à Haynes de confectionner un solo exceptionnel, très travaillé, progressif, avant qu’il n’atteigne le point de rupture et l'explosion. Bien enlevé, "Funny little tragedy" frise les exaspérations punk, mais une voix sage, réminiscente de Sting en pleine quintessence de Police, calme quelque peu les esprits. "Bring on the music" clôt le premier disque. Une finale qui s’étale sur plus de 11'. Elle se déploie lentement, nonobstant les changements de rythme, et se singularise par une dernière sortie glorieuse de la guitare, exécutée dans l’esprit de l’Allman Brothers Band.

Le bonus cd nous propose donc le même tracklisting, mais réserve les parties vocales à des invités. Warren a opéré un choix en fonction du style habituel du chanteur. Ce qui ne suscite jamais un sentiment d’ennui et nous réserve même quelques bonnes surprises. Ben Harper n'apporte pourtant rien de bien neuf pour "World boos". Par contre, Elvis Costello est vraiment convaincant sur "Funny little tragedy", une compo qu’il se réapproprie dans l’esprit des Attractions. Dr John tire également son épingle du jeu. Sa voix de fausset et ses claviers funky apportent une toute autre dimension à "Stoop so low". La jolie Grace Potter est parfaitement dans son élément pour interpréter le psychédélique "Whisper in your soul". Toots Hibbert, leader de Toots and the Maytals, est également dans son univers pour revisiter le reggae "Scared to live". Glenn Hugues pose impeccablement son timbre soul rockin' blues sur "No reward". Et Stevie Winwood nous démontre qu’il n’a rien perdu de ses facultés d’interprète pour adapter "When the world gets small".

 

 

samedi, 09 novembre 2013 11:29

Jericho road

Agé de 62 balais, Eric Bibb est chanteur, guitariste et compositeur. Originaire de New York, c’est le fils de Leon Bibb, un chanteur de folk notoire. Il s’est installé à Helsinki en compagnie de son épouse finnoise. C’est en 1997, qu’il a acquis une certaine réputation en gravant "Good stuff". Depuis, il publie régulièrement des albums, principalement pour Manhaton (NDR : le label anglais d'Alan Robinson), Telarc International et Stony Plain. Les deux derniers opus remontaient à 2012, "Deeper in the well" chez Dixiefrog, et "Brothers in Bamako", en compagnie du musicien malien Habib Koité, sur Contrejour. Glenn Scott, a produit et mixé ce CD. Il a également participé aux sessions d’enregistrement de la majorité des plages, en jouant des claviers et des percussions, parfois même de la basse et de la guitare. Insulaire, Glenn est donc musicien, compositeur et producteur de couleur noire. "Jericho road" est le fruit de la collaboration entre les deux artistes qui partagent une même passion pour la musique traditionnelle américaine.

Empreinte de douceur, "Drinkin' gourd" est une compo qui parle de la fuite d'esclaves, qui ont pris la direction de la Drinkin' Gourd, en suivant une constellation qui inclut l'étoile Polaire. Ballade folk, "Freedom train" célèbre cet hymne à la liberté, une compo caractérisée par le concours discret de cordes électriques, d'un accordéon et par la présence de choristes. Complexe, "Let the mothers strip up" libère une énergie funk produite par les percussions et des claquements de main, une piste au cours de laquelle trois guitares électriques finissent par se conjuguer. Staffan Astner est préposé à la partie solo alors qu’une section de cuivres complète, constituée de musiciens suédois, vient tapisser le tout. "Have a heart" véhicule des accents africains. Et pour cause, le Sénégalais Mamadou Sene vient donner la réplique vocale, alors que Solo Cissokho se réserve la Kora. Une plage impliquant également la vocaliste texane Ruthie Foster et le gratteur suédois Astner, qui a ramené sa Telecaster. Jolie complainte soul/blues, "The right thing" est balisé par la ligne de basse que trace Victor Wooten (NDR : un membre de Bela Fleck) et les interventions répétitives de Scott aux ivoires. Blues authentique, "Death row blues" est sculpté dans les cordes acoustiques, parcouru par le piano de Glen et balayé par l'harmonica de Grant Dermody (NDR : un souffleur issu de Seattle). Un véritable moment magique ! Hammond et cuivres alimentent "Can't please everybody", un funk blues électrique. La voix d’Eric est remarquable tout au long de "The Lord's work", un blues rudimentaire dont les lyrics prêchent la paix, en s’accompagnant à la six cordes aux sonorités chargées de reverb’. Eric et Glen se partagent les vocaux sur "With my maker I am one", un autre superbe blues roots, face au dobro du Finnois Olli Haavisto et le saz turc du Norvégien Knut Reiersrud. Ce dernier collabore également à "She got mine", une autre jolie ballade roots. "One daya ta time" est censé servir de dernière ballade folk. Pas tout à fait, car après une demi-minute survient un bonus track intitulé "Now". Et quand on attend encore une poignée de secondes, le griot sénégalais débarque pour chanter "Nanibali, armé de sa kora.

 

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