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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Les Nuits Botanique 2014 : mardi 27 mai

Les Nuits Botaniques 2014 se sont refermées ce mardi soir lors d’un concert atypique, accordé dans le cadre solennel de la cathédrale des Saints Michel et Gudule. Une co-production Botanique / Manège.mons / Musiques Nouvelles qui traduit la volonté des initiateurs du projet, Paul-Henri Wauters (Botanique) et Jean-Paul Dessy (Musique Nouvelles), de permettre la rencontre entre artistes issus de traditions musicales extrêmement différentes, du baroque à l’électro.

Un imposant podium a été installé à l'avant de l'hôtel, en plein centre de la cathédrale ; et quand résonnent les premières voix du plain-chant de la Schola grégorienne du Sablon, on est plongé dans un univers magique. Le très sombre et majestueux « Andante » du ‘Deuxième quatuor, en do mineur’ (1896) de Sergei Rachmaninov, permet d'apprécier la remarquable finesse de l'Ensemble Musiques Nouvelles, que dirige avec maestria Jean-Paul Dessy.

Pour suivre, l’intermezzo ‘ambient’, bénéficie de la complicité de deux invités de marque issus d'Islande. Sygtriggur Baldursson, percussionniste multi-instrumentiste, fondateur des Sugarcubes en compagnie de Björk, joue à l’aide d’un archet sur des sortes de gongs bols ; et son complice Kippi Kaninus bidouille des sons étranges sur son laptop. Tout en douceur, l'orchestre entame ensuite « Mother of God, Here I stand », très belle pièce pour cordes du compositeur britannique Sir John Kenneth Tavener, malheureusement décédé l'an dernier.

On sursaute ensuite quand retentissent les premières notes de la Toccata en ré mineur pour orgue de Jean-Sébastien Bach, interprétée ici par Xavier Deprez. On lève la tête car, dans la cathédrale, l'orgue est accroché à la paroi de l'église, au-dessus de la nef. Après un nouvel a capella (« Victimae Paschali Laudes »), l'orgue se joint à l'orchestre pour le concerto op. 40 d'Henryk Görecki. La musique est ici tourmentée, répétitive et hypnotique, comme une valse virevoltante et dissonante.

Autre temps fort : la composition de Jean-Paul Dessy, « Vertiges pour orchestre à cordes » (2012), une oeuvre d'une finesse étonnante, qui se construit au travers de sonorités subtiles, riches en harmoniques et en harmonies. Dans un enchaînement parfait, la pièce se mue en écrin pour l'étrange chant diphonique de Tulegur Gangzi, nomade bluesman venu de la Mongolie intérieure.

La dernière partie du concert est illuminée par le charisme et la voix de Mélanie de Biasio, jazzwoman carolo-bruxelloise à la voix grave et sensuelle. Mystérieuse, vêtue d'une blouse blanche, elle campe sur un petit podium à l'arrière de l'orchestre et en accomplissant des gestes lents et majestueux de ses mains, elle interprète en douceur « No Deal », suivi de « The Flow », sur des arrangements superbes de Stéphane Collin. On a des frissons sur la peau et la gorge serrée devant tant de beauté. Après « Denis », une composition pour orgue, baryton et choeur de Stéphane Collin, Mélanie revient pour un dernier « All My Love » à vous couper le souffle. La douce mélopée bluesy se marie aux chants de Tulegur Gangzi et aux pulsations montantes des violons pour s’achever de façon surprenante sur trois sons de cloche. S'en suit un silence recueilli, jusqu'à ce que Jean-Paul Dessy laisse retomber les bras. Un final époustouflant, qui déclenche un tonnerre d'applaudissements. Les musiciens devront revenir saluer plus de cinq fois le public, vu la ferveur des acclamations. Regardez ce final en vidéo ici 

De retour sur terre, on a bien conscience d'avoir assisté à un spectacle exceptionnel, non seulement parce qu'il s'agit d'une création unique mais aussi parce qu'il transcende les frontières entre les musiques. Bien sûr, on est resté dans un environnement musical très ‘classique’ ; et on aurait apprécié un peu plus d'audace pour intégrer des musiques plus récentes, plus alternatives.

En tout cas, tous les musiciens ont ici tenté de rapprocher leurs répertoires au-delà de leur univers habituel. Entre contemplation et exubérance, ils ont entamé un dialogue pour créer une musique inédite. Concert liturgique, multiple et incantatoire, Sonic Cathedral nous a permis de vivre un superbe voyage sonore, doublé d’un florilège musical mystique…

Philippe Blackmarquis

Sonic Cathedral 2014

Programme :

• Répons des ténèbres « Velum templi »

• « Andante » du Deuxième quatuor, en do mineur (1896) de Sergei Rachmaninov (version pour orchestre à cordes)

• Mother of God, Here I stand, de John Tavener (2003)

• Toccata en ré mineur BWV 565 pour orgue (1703-1707), de Jean-Sébastien Bach

• Victimae Paschali Laudes

• Concerto pour clavecin, version pour orgue et orchestre à cordes, op.40 (1980) de Henryk Górecki

• Organum Gloria

• Vertiges pour orchestre à cordes (2012) de Jean-Paul Dessy

• Chants de Tulegur Gangzi

• No Deal & The Flow (arrangements de Stéphane Collin) par Mélanie de Biasio

• Denis, pour orgue, cor, baryton et chœur (2014) de Stéphane Collin en hommage à Denis Simándy (corniste dédicataire).

• With all my love de Mélanie de Biasio (arrangements de Stéphane Collin)

(Organisation : Botanique / Manège.mons / Musiques Nouvelles)

Les Nuits Botanique 2014 : dimanche 25 mai

Si Ásgeir Trausti Einarsson, petit elfe timide n’est pas encore notoire sur nos terres, il est quand même parvenu à réunir pas mal de monde, ce soir, sous le chapiteau des Nuits.
Vu sa voix d’ange et son joli minois, il n’est pas étonnant d’y rencontrer une assistance majoritairement féminine.

Mais ce détail peut s’avérer réducteur ; car, outre son charme discret, l’Islandais est capable de puiser un peu de la magie de ses contrées, qu’il se ferait un plaisir de partager avec nous ce soir.

Premières parties assez anecdotiques.

La jolie mais si commune voix de Denai Moore (rien à voir avec la demi-actrice !), n’a suscité qu’un intérêt plus que mitigé (quelques encouragements polis), tandis que la fougue Cockney du jeune Niall Gavin et de ses sbires, évacuée sous le patronyme de Only Real, a sans doute entraîné un regain d’attention, mais n’est néanmoins pas parvenue à électriser l’atmosphère.

Qu’importe, Ásgeir va, lui, s’en charger.

Découvert pour ma part au détour d’un reportage sur Arte, j’étais curieux d’assister en ‘live’ à la transposition de ses deux très beaux albums mêlant electronica et Folk des grands Fjörds.

Deux faux opus en vérité, puisque « In The Silence », le deuxième, est en fait une réinterprétation de « Dýrð í dauðaþögn », le premier, chanté dans sa langue natale.

Un idiome qui est principalement mis en avant lors de ses concerts. Et pour cause, le jeune homme est manifestement plus à l’aise dans sa langue natale que dans celle de Shakespeare.

Des compositions down tempo distillées comme des contes énigmatiques, au coin d’un feu, sous une aurore boréale, et qui virevoltent autour du jeune chanteur et de ses camarades venus du Nord pour nous.

Un show délicatement exécuté, sur la pointe des pieds, en accord parfait avec l’image que je m’en faisais, et dont l’éclat, loin d’être aveuglant, dégage néanmoins une subtile lueur, comme celle de milliers de chandelles frémissant au cœur d’espaces féeriques…

On épinglera bien entendu sa version subtile du « Heart Shaped Box » de Nirvana, une reprise régulièrement interprétée par celui que certains surnomment déjà le ‘Bon Iver des terres de glaces’

Nul doute qu’à son retour, Ásgeir se sera forgé un nom dans les flammes et la neige.

Akim Serar

(Organisation : Botanique)

Denai Moore + Only Real + Ásgeir

 

Découverte : Victoria + Jean.

Ce duo originaire de Stockholm est né de la relation entre la chanteuse Victoria et le guitariste  Jean. Le couple est soutenu à la batterie par la charmante chanteuse du défunt groupe belge, Miele. Un trio qui a convaincu le parterre de la Rotonde, ce dimanche 25 avril. 

Cette formation transpire la conviction et la puissance grâce au son massif de la guitare et une compréhension parfaite entre les musiciens, malgré leur jeunesse.

Le lyrisme, le charme animal et la sensibilité de la superbe rousse Victoria rend, en outre, cette performance captivante.

Cerise sur le gâteau, lors de ce périple sonore naviguant quelque part entre l’univers de PJ Harvey (pour le côté brutal), de Feist (pour la présence scénique et les nuances) et de Janis Joplin (pour la conviction et l’aspect farouche et revendicateur), la belle Victoria décuple l’efficacité et la puissance de ses compositions en y ajoutant des percussions inattendues et tribales.

En tout cas, Victoria + Jean s’est avéré une très bonne surprise, et voir une fille aussi ‘burnée’ qui évolue dans un style bien loin des niaiseries habituelles devrait plaire aux habitués des Nuits Botanique.

Un projet tout frais qui ne manque ni de rage ni de potentiel. Et il pourrait aller très loin.

Confirmation : Wars On Drugs

C’est enfin venu le moment de monter sur l’estrade pour l’un des groupes les plus attendus ce dimanche soir aux Nuits Botanique.

Dès le premier morceau du set, Wars On Drugs parvient à emporter le public, très nombreux par ailleurs, dans son univers, grâce au superbe « An Ocean In Between The Waves », un monde dans lequel la voix évoque Tom Petty et le Michael Stipe du début de R.E.M.

A la deuxième chanson, le chanteur parvient à obtenir une très bonne communication avec le public via quelques traits d’humour subtils.

Après avoir enchaîné quelques morceaux énergiques, agrémentés de solo de guitares bien sentis, précis et énergiques, rappelant les Waterboys, la formation nous emmène vers des ambiances plus posées et planantes rappelant les meilleurs moments de Pink Floyd, et notamment lors de l’interprétation du nouveau single « Red Eyes ».

De toute évidence, il appert que le chanteur-guitariste Adam Granduciel est la tête pensante du band. Il est parvenu à s’entourer d’excellents musiciens entièrement dévoués à sa cause ; et le line up affiche une cohésion parfaite.

Le plus impressionnant d’entre eux est certainement le batteur Patrick Berkery $ qui enchaîne passages nuancés et puissants tout au long d’une dynamique maîtrisée.

Le concert alterne ensuite titres paisibles (dont certains évoquent parfois Daniel Lanois) et morceaux plus puissants, susceptibles d’enivrer une audience réceptive à un show convaincant! Bref le set de ces Philadelphiens a largement tenu ses promesses.

Seul bémol, le côté hautain et antipathique de l’équipe technique qui m’a forcé à quitter la salle manu militari, alors que je leur demandai simplement la setlsit du soir.

François François

(Organisation Botanique)

Victoria + Jean et War On Drugs

 

 

Les Nuits Botanique 2014 : samedi 24 mai

Écrit par

Les Flaming Lips se produisaient donc ce samedi 24 mai au Cirque Royal de Bruxelles, dans le cadre des Nuits Botanique. En entrant dans la salle, on remarque la présence de câbles suspendus au plafond, accrochés un peu comme à la foire, au stand du tir à la ficelle. Souvenirs d’enfance… Il s’agit de la troisième fois que votre serviteur assiste à un set du combo issu de l’Oklahoma. La première fois, il était chargé d’hémoglobine et la deuxième digne du carnaval. A 8 heures pile, Young Knives, supporting act, ouvre les hostilités. La salle est à moitié remplie et ne le sera complètement, hormis le poulailler, apparemment resté fermé, que lorsque la tête d’affiche entamera son set…

Young Knives est un trio issu du Leicestershire, en Grande-Bretagne. A ce jour, il a publié une dizaine de singles, 4 Eps et 6 albums, dont une réédition du premier mini LP, enrichi de trois titres. Après avoir changé à deux reprises de patronyme, le band a finalement décidé d’opter pour Young Knives, en 2002. Le line up réunit deux frères, Henry et Thomas ‘The House of Lords’ Dartnall. Ils se partagent le chant. Le premier se réserve la guitare. Le second, la basse ainsi que les claviers/synthés/programmateurs. Un troisième larron, Oliver Askew est préposé aux drums. Vêtu d’une combinaison orange, Thomas, monte sur l’estrade, la tête enveloppée dans un globe à l’effigie d’un personnage cartoonesque, globe qu’il ôtera dès le second titre de la setlist. La formation va dispenser un set assez complexe, davantage truffé de bidouillages électroniques que sur leurs premiers elpees. Une forme d’alt/prog/electro/punk versatile qui nécessiterait une meilleure connaissance de leur discographie pour être apprécié à sa juste valeur ; d’autant que le fil mélodique va se révéler quasi insaisissable sur presque l’intégralité du set, avant un dernier titre beaucoup mieux équilibré et diablement accrocheur. On retiendra également de leur prestation le déploiement d’ailes de chauve-souris opéré par Henry sur « Something awful ».

Lorsque les Flaming Lips montent sur l’estrade, on remarque la présence de deux drummers, dont l’un est également percussionniste. Ce n’est plus Kliph Scurlock, présent depuis 2002, qui siège derrière les fûts, puisqu’il a été viré du band, récemment, par Wayne Coyne. Ils portent une perruque jaune enserrée par un bandeau. Steven Drozd, co-compositeur et ex-batteur, présent au sein du line up depuis 1991 (NDR : il nous avait accordé une interview en 1999 voir ici), se réserve les claviers et la guitare. Mais c’est surtout le petit nouveau, Derek Brown, également préposé aux mêmes instruments qui se charge des backing et parfois même le lead vocal. Du line up initital, il ne reste plus que le bassiste Michael Ivins –qui joue la plupart du temps assis– et le chanteur, Wayne Coyne.

Coyne a enfilé un costume de Musclor, mais de couleur rouge, recouvert de paillettes argentées sur les bras et le dos. Et dès le premier titre, il envoie trois énormes ballons dans la foule, dont l’un va finir par se coincer dans le plafond. Au cours des premiers morceaux, des poupées géantes font leur apparition. Elles symbolisent soit des chenilles prêtes à devenir papillons, une étoile, un soleil ou encore des martiens. Martiens qui finiront même par se garnir de paillettes. D’après Wayne, ils sont bourrés ! Et tel un rite, une pluie de confettis s’abat sur l’auditoire. Jusque là, pas vraiment de surprise, dans le chef de la bande yankee. Quant aux titres, ils flirtent avec une mélancolie réminiscente de Mercury Rev, même si parfois on a l’impression que le timbre vocal de Coyne, souvent en falsetto, manque de puissance. Et curieusement, il lui arrive d’emprunter certaines inflexions à feu John Lennon. Le tempo monte d’un cran sur « Yoshimi battles the pink robots part 1 », moment au cours duquel les sonorités vintage du clavier me font curieusement penser au long métrage mettant en scène Sophie Marceau, « La Boum ». Puis, dès la fin du morceau, un roadie vient débarrasser le micro de Coyne. Très rapidement, on se rend compte, qu’il va y avoir du changement. Et pour cause, un cube de plus ou moins 2m50 de hauteur se détache du fond de la scène et se déplace jusqu’au bord du podium. Les techniciens commencent alors à déployer de multiples câbles depuis le haut de ce cube aménagé en estrade, et plus exactement à mi-hauteur d’un pied de micro. Des câbles qui ressemblent étrangement à ceux suspendus au plafond. Un écran de fumée plus tard, Wayne apparaît en haut de ce mirador. Il s’est changé et berce une poupée d’enfant dans les bras. Et un véritable déluge de lumières commence à déferler le long de ces fameux câbles, un peu comme sur un sapin de Noël. Multicolores ou blancs, selon les morceaux. Et le tout est balayé de lasers. On en aura plein les yeux jusqu’au bout du spectacle. D’autant plus que si sur le panneau arrière, constitué de plaques perforées de petits trous, n’étaient alors projetées que des lumières psychédéliques, on a alors également droit à des dessins animés, représentant des jeunes filles nues qui dansent au son de la musique. Comme sur le plus indus « The W.A.N.D ». Le tempo devient même parfois frénétique sur « Silver trembling hands », une compo dont le climat et les harmonies vocales me rappellent furieusement le Floyd originel. Wayne se prend pour un chef d’orchestre, mais souffle aussi paradoxalement dans une trompette en plastique. De ses gestes, il invite constamment le public à enflammer l’ambiance. Mais quoique ravi, l’auditoire manque quand même de répondant. On ne voit pas le temps passer… Aussi on est assez étonné de voir arriver la dernière chanson, « A Spoonful weighs a ton », au bout de laquelle Wayne termine son texte par les mots « Love », répétés en boucle et affichés sur l’écran. Il descend alors de son piédestal et prend congé de la foule...

Un seul rappel, la cover du « Lucy in the sky with diamonds » des Fab Four. Coyne est remonté sur son cube et le public reprend en chœur le refrain même si, vu la puissance du son, on n’entend pratiquement rien de sa participation. Le light show est à nouveau activé sous sa forme la plus paroxystique, pendant que de petits papiers dorés sont projetés dans le Cirque Royal. Bonjour le service de nettoyage ! Puis, c’est le vide. Il est 23 heures. Les lumières se rallument et on reste sous cette impression de spectacle multicolore auquel je ne me souviens pas avoir un jour assisté… Lumineux !

(Organisation Botanique)

The Flaming Lips + Young Knives

 

La Vie En Rock 2014 : samedi 24 mai

Écrit par

De nombreux artistes se sont mobilisés pour subventionner la recherche contre le cancer. Les deux organisatrices du festival La Vie En Rock, Laurence et Janique, sont toutes deux passionnées de musique rock. En outre, elles mènent un même combat contre le cancer du sein. C'est une terrible maladie que toutes les femmes portent en elles. Toutes celles qui sont atteintes traversent une épreuve douloureuse. Moralement, d’abord. Les traitements sont lourds, les proches sont atteints. Le soutien de la famille et des amis est essentiel pour lutter contre cette pénible maladie, la vaincre et espérer en guérir, alors qu’elle est souvent considérée comme une banalité de l’existence. Malheureusement, des personnes perdent encore la vie après avoir contracté cette tumeur maligne. La recherche contre le cancer permet cependant de repousser les limites de cette terrible affliction. Mais cette recherche a besoin de fonds. Laurence et Janique ont décidé de monter ce festival avec l'aide de la ville et du festival de Dour, qui ont apporté une aide logistique essentielle dans l'organisation de cette première édition. Il faut signaler également que le concours apporté par les bénévoles est également important lors d’un tel événement. 20 artistes contactés par Laurence et Janique ont répondu présent à l'appel et ont accepté de s’y produire gratuitement. Des artistes locaux tels que Antoine Henaut, Vegas, Inc.Ognito, Ozvald, Over Me ou encore Super Like You, mais également quelques pointures internationales ou émergentes comme Aqme, Lys ou Nicola Testa et des valeurs sûres de notre rock national, dont Marka. Avaient également répondu présent de belles découvertes comme les Brugeois de Transcoder et les sympathiques Parisiens de Bagdad Rodéo, qui avaient un message à faire passer avec humour. Tous les bénéfices récoltés seront reversés à la Fondation contre le cancer.

L'événement se déroule sur le site de la Machine à Feu, bien connu des festivaliers du célèbre Festival de Dour, dans la salle de Dour Sports où deux scènes ont été aménagées. Le festival a marqué des points dans l'accueil des festivaliers d'un jour. Les scouts de Dour ont organisé des activités pour les enfants. L'acoustique a été améliorée par des aménagements dans la salle où se déroulent les concerts. Un confort permis grâce aux professionnels du festival d'été. A l'heure de l'apéritif, le magique Mighty Dan va nous émerveiller derrière ses platines. Dan est un guitariste/bassiste bien sympathique qui milite au sein de plusieurs groupes de rock : Driving Dead Girl et Jane Doe and The Black Bourgeoises.

Paire D'As ouvre cependant réellement les hostilités à 12h15. Un duo finaliste du concours 'L'Envol Des Cités' réunissant L'rapace aka Laurent Demine et Moz aka Charles Degrelle. En cours de set, ils sont rejoints par Dj Xel.2014. Pas facile d’ouvrir un festival et de défendre son potentiel en 45 minutes. Mais finalement ils s'en tirent plutôt bien. Leur rap a de la consistance. On sent qu’ils partagent une même passion pour la musique et veulent transmettre la bonne parole. Dans le genre, Paire D'As me fait penser à Makyzard, le poète dans l'âme. Une belle surprise !

Place ensuite aux Carolos d'Over Me. Ce sont un peu les petits frères de Vegas. Un sextuor réunissant 2 frères, 2 cousins et 2 amis, fondé en 2011. Ils puisent leurs influences chez Archive, Incubus et Radiohead et dispensent un rock teinté d'électro qui allie puissance et musicalité. Votre serviteur les avait découverts l’an dernier, sur la Scène Off du festival Scène-Sur-Sambre. Je confirme, c'est un des groupes montants de notre scène rock wallonne. Ils terminent toujours leurs déclarations par le terme 'Peace '. Alors, 'Paix ' les amis.

Cette longue journée sera empreinte de bonnes sensations et pleine de surprises musicales. Super Like You est la troisième formation à monter sur l’estrade. Je reconnais au chant le guitariste de Jane Doe and The Black Bourgeoises, Antoine Canon. Le second gratteur, c’est Julien Mus et il est particulièrement doué (NDR : Daniele, sa maman, également responsable du fan club de Fed Lani, me glisse à l'oreille que c'est son gamin ; et le gamin, je l'ai vu cinq jours plus tôt à la Rotonde du Botanique, empoigner la guitare d'un membre du groupe liégeois d'It It Anita pour nous accorder un fameux solo de guitare). Denis Gehain et Nicolas Scaillet sont les deux autres membres de Super Like You. J’apprends également qu’il y a un bout de temps que le band ne s’est plus produit en ‘live’ et qu’il est temps qu’il sorte un album. On l’attend donc impatiemment…

On passe ensuite aux choses sérieuses en compagnie des Louviérois d'Inc.Ognito. Quatre amoureux du son et du rock, responsables d’un premier Ep 6 titres, « Do It Yourself ». Et il a bien été accueilli par la critique musicale. Mourat Agjij (bassiste et l'ingénieur son indispensable du Botanique), Loïc Vanhooland (talentueux guitariste du groupe de covers Rock En Stock), Lucas Lepori (également batteur de Romano Nervoso) et enfin d'Angelo Guttadauria (chant et guitare) sont les quatre mousquetaires. Angelo a laissé de côté ses claviers aujourd'hui. Inc.Ognito prépare un nouvel album ; nous allons donc découvrir de nouvelles compos. Ils ont peint une bande noire à hauteur des yeux, un peu comme un masque de Zorro. Novateur, leur rock est bourré d'énergie et mature. Ils n'ont certainement pas inventé la dynamite, mais ils auraient pu. Ils reconnaissent pour influences majeures, Nirvana, Queens Of The Stone Age, Foo Fighters et The Ramones. Dès leur enfance, ils ont été biberonnés au rock, au punk et au grunge. Une claque magistrale ! Et pas besoin de boules-Quiès pour savourer leur musique énergique et chargée de décibels…

Les organisatrices tenaient à programmer dans leur festival, une formation issue du Nord du pays. Ce sera Transcoder, un quintet issu de Bruges. La Flandre regorge de talents, mais peu d’entre eux se produisent en Wallonie. Ils ont assuré les deux premières parties, à l'Ancienne Belgique, d’Arid. C'est d'ailleurs Steven Van Havere, le batteur de la bande à Jasper Steverlinck, qui les a découverts et les a pris sous son aile. Ils viennent de publier un Ep intitulé « For My Blood », en vinyle collector. Produit par Luc Van Acker, il pourrait être rapidement épuisé (NDR : votre serviteur s'est donc précipité au merchandising pour acquérir son exemplaire signé par les artistes). Jan Van Acker, le chanteur, et Miguel Wensch, le bassiste, affichent un look à la Triggerfinger. Et leur musique libère une énergie comparable. Précis sur son instrument, Miguel me fait même penser à l'imposant Mr Paul. Au sein de Transcoder, militent également trois jeunes loups : le nouveau guitariste Jonathan Verrier, le second gratteur Steve Lehnen et un fameux batteur répondant au nom de Minco De Bruin. Manifestement, le band est influencé par les Stooges, Sonic Youth, Joy Division et Radiohead. Et cet astucieux cocktail procure des sensations dans le bas du dos. Leur set est énergique, tout en puissance et assez rock'n'roll. Une belle découverte ! Allez donc les applaudir en concert, vous ne serez pas déçu. Et puis, vous pourrez même aisément leur parler après leur show, ils sont charmants.

Laurence, drapeau Breton en main, annonce un groupe qui lui tient chaud au coeur : Lys. Qui dit Bretagne me fait penser directement à Lorient et son festival inter celtique. J'en ai déjà la chair de poule. J'adore ce mélange de musique celtique et de rock. Mais c’est une petite déception, car non seulement ce quatuor nous vient de Rennes, mais il nous balance un pop/rock teinté d'électro, aux références anglo-saxonnes particulièrement marquées. Pas grave quand même, et finalement plaisant à écouter. A leur actif, une galette intitulée « Go Your Own Way ». Gravée en 2001, elle a été produite par l'ex-batteur de Placebo, Steve Hewitt, qui poursuit son projet solo en compagnie de son frère Nick : Love Amongst Ruin. De très bonnes sensations musicales pour ce projet à suivre de très près…

Je me retourne vers la table de mixage et je vois arriver le second ingénieur-son de Puggy, un des mes groupes favoris. Pourtant, le son est parfait ; cependant, Alex possède une technique toute particulière pour rendre le son cristallin, un son qui n'agresse pas les tympans délicats. Et c’est un plus lors d'un concert. Alex va se charger de mixer le set de Nicola Testa. Je ne pourrais y assister, puisqu’une interview est calée au même moment. J'espère pouvoir le découvrir prochainement, en salle.

L'interview terminée, je retourne dans la salle pour y découvrir un groupe régional, Ozvald. Drivé de main de maître par Giuseppe Petolillon, il se singularise par la présence d’une talentueuse violoniste de remplacement (Hélène Cambier), qui a intégré le groupe après seulement deux répétitions. Elle a suivi une formation classique et les sons qu'elle tire de son instrument communiquent une forme de mélancolie aux compos atmosphériques de Giuseppe. Le capitaine de ce navire est flanqué d'un doux rêveur à la six cordes, Stéphane Panozzo. Eminemment sympathique, le sourire constamment aux lèvres, Stéphane est pourtant batteur de formation. Le line up est complété par le bassiste Fabrice Giacinto et le drummer Maxime Pasquini. Ozvald est venu défendre son Ep 5 titres, « United Opposites », paru il y a peu. Malgré un son légèrement trop fort à mon goût, qui n'altère heureusement pas la qualité du concert, la musique est aérienne et vous transporte dans un voyage intemporel rempli de rêves et d'elfes. Mais le périple peut aussi s’achever en douceur dans les fjords du Grand Nord et de l'Islande, un pays béni pour les artistes créatifs. Une nouvelle découverte musicale à épingler à ma collection d'albums et surtout un collectif d’artistes attachants et totalement ouverts à la discussion. D’ailleurs, à l’issue du set, j’ai pu rencontrer Giuseppe et ses quatre acolytes…

Nouvelle impasse pour les concerts d’Antoine Henaut et de Marka, pour cause d'interviews…

Mes entretiens terminés, je reviens assister à la prestation d'un groupe essentiel et émergeant de la scène belge, Vegas. Ce n'est pas la première fois. Il a publié, il y a quelques mois, son troisième album « Everything You Know Is Wrong », sous la houlette de Charles De Schutter. Vegas est actif sur le circuit rock belge depuis 2005, année au cours de laquelle il a sorti son Ep inaugural. Eponyme, son premier elpee est paru en 2006. Second LP, « An Hour With » a été enregistré au studio Noise Factory (Channel Zero) et mixé par Charles De Schutter (Superbus, Vismets, Pleymo, Stereo Grand et M). Le troisième album constitue, en général, un tournant dans la carrière d'un groupe. Il explose ou disparaît dans la zone crépusculaire de l’underground. Et « Everything you know is wrong » a bien été accueilli par la critique. Vegas est occupé de se forger une réputation de plus en plus solide. Plutôt électro/pop, le single « I Know » est plus que prometteur. Les sensations sont bonnes, la mélodie accrocheuse et même contagieuse. Le virage électro est une invitation à se rendre sur le dancefloor. Un public de fans est aggloméré devant le podium et va nous démontrer, à grands cris, qu'ils sont capables de danser sur la musique de ce groupe que je vous recommande vivement. 

Bagdad Rodeo nous vient de l’Hexagone. Il est même parisien. A leur actif, deux albums simplement intitulés « Un » et « Deux » (NDR : ce dernier vaut vraiment le détour !) Ce quintet réunit MSR De La Tourette, un chanteur un peu fou et déjanté, le guitariste Christobal Sanchez Del Rodéo, coiffé d’un chapeau de cow-boy (NDR : une paire de sympathiques joyeux lurons !), Yayo à la basse, Romain à la batterie et Houston aux claviers. Sur l’estrade, le combo plonge son spectacle dans la dérision totale. Si les textes sont engagés, ils sont cependant parfois inachevés, et on reste un peu sur sa faim. Bagdad Rodéo utilise l’humour pour faire passer son message. Le set est bourré d’énergie. Les riffs de guitares sont précis et incisifs. Festif, leur rock peut aisément virer au country. Un ukulélé introduit « Dis-Moi Papa ». Quatre filles sont invitées à monter sur le podium pour participer aux choeurs et chanter le refrain légèrement incorrect (‘On suce des bi..es’). Hilarante, « Mon Pote Jésus » est une compo qui baigne dans la country. Le contact entre les musicos et le public est total. Il s’agit de leur premier concert en Belgique, et c’est pour une bonne cause. Ils sont à l’affiche des Francofolies de Spa. Si vous souhaitez passer un bon moment en leur compagnie, ne les manquez surtout pas.

Originaire de Mons, Komah est une formation de métal. Le line up implique Leny Andrieux au chant, Luigi Chiarelli et Greg Discenza aux guitares, Nicholas Brynin à la basse ainsi que Jonas Sanders à la batterie. Le quintet compte deux elpees en rayon : « Straight Line » sorti en 2009 et « Between Vice And Virtue », un disque enregistré et mixé par Charles Deschutter, en 2012. Puissante et bien structurée, leur musique libère ses décibels. De quoi ravir les aficionados du style, comme votre serviteur. Komah s’était produit dans le cadre du Graspop Metal Meeting, en 2013. Pas étonnant qu’il ait de la bouteille…  

Il est déjà 23h10, lorsque Aqme débarque sur l’estrade, un groupe parisien de rock/métal alternatif dont les lyrics sont chantés dans la langue de Molière. Un quatuor au sein duquel militent Vincent Peignart-Mancini au chant, Julien Hekking à la guitare, Charlotte Poiget à la basse et Étienne Sarthou à la batterie. Sa discographie compte, à ce jour, la bagatelle de six elpees studio, 2 Eps et un cd/dvd live. Il est venu défendre son dernier long playing « Épithète, Dominion, Épitaphe », paru en 2012. Vincent a une présence scénique impressionnante. Un charisme qui déborde d’énergie et de passion. Mais le concert ne manque ni d’humour, de folie ou de bonne humeur. C’est mon fiston qui m’a permis de découvrir Aqme, il y a quelques années et j'ai accroché immédiatement. Il n’est pas courant de voir une dame se charger de la basse, chez un combo métal. Mais elle excelle sur ses quatre cordes. Les riffs de guitare dispensés par Julien sont incisifs et ravageurs. Etienne frappe frénétiquement sur ses fûts. Quel bonheur de revoir ce groupe attachant, que j’avais tant apprécié lors de sa prestation accordée dans le cadre du défunt festival Autumn Rock, de Braine-Le-Comte.

Il est 01h00 du matin, la journée a été longue et pleine de surprises. Il est donc temps de quitter Dour. Le festival La Vie En Rock est une belle expérience. Il en était à sa première édition et c'est une totale réussite. A l'année prochaine, pour la deuxième...

(Organisation : La Vie En Rock ASBL-Laurence Musique et Janique Saussez)

 

Les Nuits Botanique 2014 : jeudi 22 mai

Écrit par

Partagé depuis longtemps, comme de nombreux mélomanes, entre la réputation usurpatrice, équivoque et opportuniste de Fauve ≠ et sa poésie rock touchante à la rage toute adolescente, je me demandais comment cette formation hexagonale allait se débrouiller pour remettre les pendules à l’heure. Bonne nouvelle quand même, leur premier Ep m’avait plutôt rassuré sur leurs intentions. Et réponse ce jeudi soir, dans le cadre des Nuits du Bota, au Cirque Royal de Bruxelles…

Il fallait s’y attendre, la salle est comble pour accueillir le collectif parisien. On ne remplit pas 20 fois le Bataclan de Paris par hasard ! Et je dois avouer ne pas me souvenir d’un Cirque Royal aussi blindé ! Quoique emblématique, le chanteur affiche une allure et une dégaine tout à fait ordinaires. Il emmène sa troupe sur l’estrade, au fond de laquelle sont projetées sur un énorme écran, les créations vidéo du groupe. L’ambiance est électrique, jeune et féminine (NDR : un signe qui ne trompe pas sur le chemin du succès) mais surtout moite et étouffante (Les Nuits Fauves ?) Le set s’ouvre par « De Ceux », le nouveau single rageur, et embraie sur l’imparable « Haut les Cœurs », hymne qui figure sur leur indéfectible premier Ep, « Blizzard », sorti en 2013. Le débit vocal de Quentin Postel est impressionnant et pas une fois il n’écorchera son texte… J’en connais un qui a suivi des cours de diction. Le combo se révèle bien plus à l’aise que lors de son dernier passage l’an dernier, et semble prêt à affronter sa tournée marathon des festivals, cet été. Il est, en effet, celui qui est le plus programmé au cours de la période estivale. Stats à l’appui…

Bruts, crus, passionnés et tendus, les lyrics libèrent une rage toute adolescente qui s’était éteinte, fin des 90’s, en même temps que le déclin de Mano Solo, Rage Against The Machine et Noir Désir. Entre espoir et désespoir, révolte et aspiration pour un monde meilleur, leur naïveté frôle l’extrême limite du cliché, tout en nous replongeant dans un passé que nous pensions oublié. On comprend dès lors l’engouement manifesté par les plus jeunes. A contrario de leurs textes, qu’on pourrait également taxer d’hermétiques voire d’ésotériques, les musicos communiquent beaucoup avec leur public. A l’instar de « Lettre à Zoé » ou « Voyous », les nouvelles compos  passent le test du ‘live’ (NDR : face à un auditoire conquis d’avance, quand même…), malgré une certaine lassitude qui commence à gagner, suite à une trop grande uniformité de ton. Baignant au sein d’un climat mélancolique, l’expression sonore mêle judicieusement rock et électro. Une instrumentation qui soutient impeccablement les textes, sans pour autant tutoyer des sommets d’originalité. Si Fauve ≠ a l’intention de graver un elpee dans le même registre, il risque de se prendre une belle gamelle. Heureusement, le band nous réserve de superbes cartouches en fin de set, comme l’hymnique « Kané » ou l’efficace « Vieux Frères », chansons au cours desquelles le public, presque en transe, scande les refrains désillusionnés…

A l’issue du concert, une conclusion s’impose : on a beau se gausser de leur intégrité, Fauve ≠ incarne manifestement le groupe d’une certaine génération…

(Organisation Botanique)

Fauve ≠

 

Les Nuits Botanique 2014 : mardi 20 mai

Pas vraiment de tête d’affiche au Grand Salon du Botanique ce mardi soir. Deux configurations à l’identique, piano (jardin) et cordes (cour) plantés au centre d’un décor sobre illuminé de lumières blanches mettant en relief les deux colonnes de pierre du salon. Un écrin douillet en configuration assise confrontant toutefois deux univers différents. Tout d’abord, celui du duo danois rigoureux de Broken Twin, entre mélancolie et colère. Ensuite, celui du duo français emmené par le charme délicieusement moqueur d’Emily Loizeau.

La chaleur anormalement élevée s’est glissée subrepticement dans toutes les salles du Botanique. 26° C au thermomètre. Température idéale pour plonger dans l’océan polaire et hautement mélancolique des deux jeunes Scandinaves. Une transition thermique rondement menée par la talentueuse chanteuse/pianiste Majke Voss Romme accompagnée de son impassible Broken Twin au violon, Nils Gröndahl.

Inconnues du grand public, ces deux jeunes femmes d’à peine 25 ans ont déjà assuré les premières parties de l’excellent groupe britannique Daughter, en 2013, et font déjà partie des rares privilégiés (premiers artistes scandinaves) à rejoindre les rangs du prestigieux label ANTI- (Beth Orton, Tom Waits, Wilco).

Et, dès les premières notes de « Sun Has Gone », en ouverture, un microclimat s’installe : froideur et spleen profond. Les deux virtuoses nous confirment très vite qu’elles ne sont pas venues à Bruxelles pour plaisanter : une voix magnifique, des compositions habitées, un univers d’une mélancolie abyssale fidèle à la musique scandinave contemporaine. Une chanteuse du crépuscule dans la lignée danoise d’Agnes Obel et de Mi & L’Au qui vire au cauchemar et à l’angoisse sur « In Dreams ». Quelques pizzicati crispants en guise d’entrée, des murmures menaçants dans un parlophone évoquant des hurlements issus d’une forêt lointaine, ce sont les rêves crispants dont se berce Majke Voss Romme.

Ensuite, la tension redescend sur « River Raining », un morceau sur lequel les deux musiciennes s’échangent les instruments. Nils passe sagement au piano et Majke prend la guitare électrique pour nous offrir un nébuleux pop-folk venu du Nord. 

Hormis quelques ‘shuuut’ épars, le public est cloué par cette poésie venue d’ailleurs. Une poésie mélancolique mettant en scène deux enfants saisis d’un désespoir tranquille, perdus dans l’immensité d’un monde anxiogène.

Une sublime collection de chansons minimalistes et intimistes sans âge à découvrir sur leur premier album « May ».

Extrait : http://youtu.be/cNemKX1jF88

Changement de décor et d’atmosphère pour la nouvelle création acoustique d’Emily Loizeau. Un concert intimiste composé de 24 plages issues de ses trois albums configuré autour de son piano, sa voix pétillante, sa poésie originale, son humour noir contagieux et du stupéfiant violoncelle d’Olivier Koundouno. Un répertoire réorchestré, présenté dans un contexte de musique de chambre lui conférant une toute autre dimension. Tout un programme !

Un show complet entre rires et larmes qui voyage dans le temps et dans l’espace.

Il a suffi de trois morceaux pour que le piano cède sur « London Town ». Pas besoin de backliner, l’artisan accordeur Loizeau le répare seule en toute décontraction. Déconcertant ! S’emparant naturellement de l’incident pour entrer dans un long dialogue avec son public et se lancer dans une savoureuse improvisation pleine d’humour. Un humour irrésistible et une  autodérision qui chauffe rapidement la salle. Accords et désaccords aussitôt réparés, l’artiste française se lance et relance « London Town » et « Coconut Madam ». Deux morceaux jazz blues endiablés sur un piano désaccordé qui ne sont pas sans rappeler les cafés concerts de la belle époque ou encore les music-halls des années folles.   

Un spectacle qui joue avec les sentiments des spectateurs et échoue sans alerte sur la profonde tristesse de « Cet Enfant » ou, assise sur l’avant-scène, sur le folk mélancolique de « In Our Dreams », proche de l’univers de Moriarty ou Herman Düne.

Trêve de mélancolie, la chanteuse française, constamment en interaction avec son public, change de costume et se lance dans un vrai jeu d’acteur et de conteur sur la surprenante reprise de « Gigi L’Amoroso » de Dalida. Une cover qu’elle vit intensément, face à un public qui ne reste pas de marbre.

Emily Loizeau possède un talent indéniable pour composer au piano de belles chansons françaises (ou anglaises) et écrire des textes bien troussés. Exercice qu’elle illustre à la perfection en affichant une douce excentricité sur « Boby Chéri » et « Je ne sais pas choisir ». Deux titres dignes d’un grand Thomas Fersen !

Une heure trente et trois rappels plus tard, l’artiste protéiforme rend un hommage musical (« Assum Blanco »), à l’actrice-chanteuse-poétesse brésilienne Renata Rosa avec laquelle elle prépare une tournée au Brésil et clôture son spectacle par ces simples mots : ‘Je pars à l’autre bout du monde…’

Bon voyage l’artiste !

Eric Ferrante

Extrait : http://youtu.be/vUUe788wnAo

(Organisation : Botanique)

Emily Loizeau + Broken Twin

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Triple affiche alléchante ce mardi soir sous le Chapiteau trônant fièrement dans les jardins du Bota… Une soirée placée sous un simple moto qui aurait pu faire un beau titre pour une production spaghetti de Sergio Leone : ‘La Découverte, La Confirmation et Le Retour…’

La Découverte : Moodoïd. Il revenait donc à cette jeune formation française, drivée par Pablo Padovani (guitariste de Melody’s Echo Chamber et fils du jazzman Jean-Paul Padovani), de fouler en premier lieu, les planches du chapiteau. Elle est venue défendre son premier Ep qui s’ouvre par l’élégant single psyché « Je Suis la Montagne ». Bien entendu, vu l’heure et la température estivale qui règne à l’extérieur, l’assistance est plus que clairsemée. Bref, il y a peu de monde pour découvrir les compositions alambiquées du quatuor parisien. Pour entretenir un certain mystère, Pablo s’est maquillé d’un masque étoilé. Mais il a surtout de la chance d’être soutenu par trois charmantes demoiselles. Clémence Lasme aux drums, et puis deux Lucie, Droga aux claviers et Antunes à la basse. Il éprouve parfois des difficultés à assurer sa voix sur les parties instrumentales, pourtant efficaces, rappelant l’univers vaporeux de Connan Mockasin, mais en plus rock et moins sensuel. Mais en y réfléchissant un peu, c’est plutôt du côté de Tame Impala qu’il faudrait aller chercher, les références. Une intéressante découverte qui me laisse toutefois un peu sur ma faim…

La Confirmation : François & The Atlas Mountains. Plus la peine de revenir sur le succès critique récolté par la bande hexagonale depuis la sortie de son second album, « Piano Ombre », il y a quelques semaines… Mais c’est un public, déjà plus conséquent, qui accueille la troupe, deux ans après leur passage, aux mêmes Nuits, dans la plus intimiste Rotonde. Dès les premières notes, le ton est donné : le set sera énergique, intense et dansant ! Le groupe puise parmi les plus belles pépites de son répertoire qu’il chante tantôt dans la langue de Shakespeare, tantôt dans celle de Molière. Outre la présence de singles en puissance (« La Vérité »), certaines compos bénéficient d’envolées ‘africanisantes’. François & The Atlas Mountains incarnerait une sorte de Vampire Weekend qui afficherait sans honte son faible pour la variété française tout en assouvissant son appétit à propager des salves indie-rock très susceptibles de virer au psychédélisme. Annoncé légèrement dépressif, François Marry semble avoir remonté la pente et manifeste beaucoup de dynamisme à côté de ses Atlas Mountains qui, eux, prouvent et confirment à nouveau leur réputation, leur talent et leur parfaite cohésion ! Une évidente confirmation qui me le laisse rêveur quant au potentiel futur du groupe…

Le Retour : Hercules & The Love Affair. Après avoir pondu un 1er elpee éponyme, en 2008, disque qui leur avait permis de percer sur la scène new-yorkaise, la bande emmenée par l’iconique Andy Butler a ensuite traversé un long passage à vide, défaillance ponctuée par la publication d’un deuxième long playing plutôt décevant. Toujours aussi fantasque, le combo yankee nous revient sous un nouveau line up resserré entre les bidouilleurs Andy Butler et Mark Pistel ainsi que les deux vocalistes Gustaph et Rouge Mary. Gustaph est néanmoins belge, et son registre est proche de celui de Jimmy Somerville. Quant à Rouge, c’est un Ch’ti (et oui…) D’origine algérienne, ce personnage charismatique possède une voix profonde. La house d’Hercules est destinée à chauffer l’ambiance. Et ses beats sont capables de remuer les spectateurs les plus stoïques. Les choristes ainsi que le très Cousteau Butler (coiffé d’un bonnet rouge) se décarcassent pour faire danser d’auditoire et se donnent les moyens pour y parvenir, malgré une certaine monotonie de ton ! Le public se trémousse et en redemande ! On se croirait transporté dans un Club berlinois plutôt qu’au beau milieu de l’austère capitale européenne. Franchement euphorisant, le set d’Hercules prône l’amour et l’ouverture à un auditoire qui n’attendait que ces messages… Il fallait bien que la foule se réchauffe avant d’affronter le déluge qui s’est abattu sur Bruxelles, dès la fin du concert ! Un retour pimpant et mouillé qui m’a littéralement lessivé, avant d’entamer la rédaction de mon article…

(Organisation Botanique)

Taï

Hercules & the Love Affair + François & The Atlas Mountains + Moodoïd

 

 

 

 

 

Les Nuits Botanique 2014 : lundi 19 mai

Votre serviteur est donc tombé amoureux de The ZZZ's, un trio féminin issu d'Osaka (Japon), lors de son passage remarqué dans le cadre du festival Sonic City, à Courtrai. Et apparemment, Paul-Henri Wauters, le programmateur du Botanique, qui était également sur place, a dû, lui aussi, succomber à leur charme ; car quelques mois plus tard, nous avons le bonheur de retrouver cette formation à l'affiche des Nuits.

Elles ont beau être de jolies et frêles demoiselles, elles n'en produisent pas moins une musique très puissante, violente même ; un postpunk/no wave sur le fil du rasoir, très 'noise' et expérimental, un peu comme si Einstürzende Neubauten avait reçu le renfort de Bauhaus et Thurston Moore, l’ex-leader de Sonic Youth. A propos de Thurston Moore, c'est d'ailleurs lui qui a remarqué les trois Nippones, lors d'un show à Miami et les a propulsées sur la scène alternative internationale.

Dans la magnifique salle de la Rotonde, The ZZZ's a littéralement ‘déchiré’. Au moment où elles montent sur le podium, habillées de noir, elles ressemblent à des geishas gothiques officiant dans une messe mystique intense et menaçante. A droite de la scène, arborant une longue chevelure noire, Youkary est très belle. Elle porte une basse qui a l'air plus grande qu'elle ! Mais quelle dextérité ! Dans « DNA », elle joue exclusivement des harmoniques et sa précision est redoutable. Le son est ronflant, métallique et hypnotique, surtout tout au long de « Cut It Out ». Par moments, elle pousse des cris orgasmiques dans le micro tout en ondulant très élégamment. Au centre, Lyn est une ‘batteuse’ puissante et expressive, à la technique irréprochable. Souvent, elle relève la tête pour se dégager les cheveux et élève son regard vers la haute voûte de la Rotonde.

Mais le point focal de la formation, c'est clairement Youkaku, à la guitare et aux vocaux principaux. Elle tire de sa gratte des sons vraiment hallucinants, tantôt batcave façon Daniel Ash (Bauhaus), tantôt shoegaze façon A Place To Bury Strangers, tantôt carrément 'indus', noise, façon scie sauteuse. Les voix sont principalement transformées en cris stridents ; mais parfois, la chanteuse nous réserve des moments plus calmes, où elle murmure doucement, comme dans « Suicide ».

The ZZZ's a interprété la majorité des morceaux de ses deux Ep's digitaux autoproduits : « Magnetica » et « Prescription », réunis une compile en 2013. Les deux titres phares sont incontestablement « Dystopia » et « Suicide ». Sur « Dystopia », on distingue une filiation étrange avec Savages, le groupe dirigé par Jehnny Beth. Les deux girls bands se sont d'ailleurs liés d'amitié. Une excellente prestation !

Avant The ZZZ's, nous avons pu découvrir deux formations liégeoises. D'abord, Frank Shinobi. Leur prog-noise-rock étonnant évoque Pixies, 31 Knots, The Redneck Manifesto et même Yes. Ensuite, IT IT Anita, dont le shoegaze post-nineties très puissant, à la limite du metal est également parvenu à faire revivre le fantôme de Sonic Youth. Lors de leur dernier morceau, un des guitaristes est descendu dans le public pour donner sa guitare à un fan qui a pu jouer lui même pendant quelques minutes l'accord unique (Sol majeur) de cette partie-là de la compo. Funny !

(Organisation Botanique)

Philippe Blackmarquis

The ZZZ's + IT IT Anita + Frank Shinobi

Voir aussi notre section photos :

http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/zzzs-19-05-2014/
http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/it-it-anita-19-05-2014/
http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/frank-shinobi-19-05-2014/

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 Nous en sommes au quatrième jour des Nuits Botanique, le soleil est bien présent pour réchauffer le coeur des mélomanes. Votre serviteur se dirige donc vers la Rotonde où se produit l'événement. Deux groupes bien de chez nous sont chargés d’électriser la salle : Frank Shinobi et It It Anita. ZZZ'S constitue la tête d'affiche. Une curiosité nippone qui vaut le détour !

 

Le premier groupe à fouler la scène de la Rotonde est liégeois. Il s’agit de Frank Shinobi. Quatre joyeux lurons qui ne se prennent guère au sérieux ; et on le ressent évidemment sur les planches. Un album à épingler au tableau de chasse leur actif : « A Little Less More ». Il est sorti en 2010 chez Honest House. Malheureusement, le son est médiocre et ne me permet pas d'apprécier leur musique. Je fais donc l'impasse. On se revoit dans de meilleures conditions.

Le second groupe à affronter le public est It It Anita. Ce n'est pas le nom de code d'une opération d'envergure organisée par les services secrets russes, mais une autre formation liégeoise. Bourrée de talent, elle est en contact permanent avec son public. Je la découvre pour la première fois.

Michael Goffard (guitare/chant), membre du défunt Malibu Stacy et Damien Aresta (chanteur et fondateur du label Jaune/Orange) décident de se réunir pour composer quelques morceaux ensemble. Ils sont rejoints par le batteur François Casteleyn et le bassiste Christophe Malpas (ex-Terrils). Au printemps 2013, quelques titres sont enregistrés et mixés par Jason Sébastien Russo (ancien bassiste de Mercurey Rave). Les influences sont nombreuses : Pavement, Thee Oh Sees, Band Of Horses, Mogwai en passant par Beastie Boys, Sonic Youth, Grandaddy et Sparklehorse. I.I.A. pratique un rock indé qui puise ses sources dans les années 90 et vient de sortir, en vinyle collector, un Ep cinq titres hautement recommandable. Et il est éponyme.

Barbu et chevelu, Damien, le chanteur, prend le temps de descendre dans la fosse et invite un spectateur à gratter sa guitare. Damien va le nourrir d'une banane. C'est assez rock'n'roll. Et tous les photographes présents dans la salle vont immortaliser l'événement. Ici, la bonne musique est au rendez-vous et le son digne de l'institution qu'est la Rotonde. Le set est court et intense, l'énergie est présente, les riffs de guitares efficaces. La setlist aligne « Intro », « Pile Of Gold », « Tacoma », « F# », « Mountaain », « NPR » et « G-round ». Rien à dire, c'est parfait, la place est chaude pour les vedettes de la soirée : les trois mignonnes jeunes femmes du groupe japonais ZZZ'S.

Didier Deroissart

Frank Shinobi + It It Anita

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Petite soirée francophone, ce lundi soir, dans le cadre des Nuits Botanique, puisque l’Orangerie accueille Blondie Brownie, un duo féminin flambant neuf mais qui réunit des talents confirmés, et dont la musique s’inscrit dans la lignée de Stereolab ; ainsi que le plus notoire Florent Marchet, un auteur-compositeur tellement prolifique qu’il réserve certaines de ses compos à des tas d’artistes qui militent dans l’univers de la chanson française ou à des projets conceptuels. Il est, en outre, responsable de 5 albums à ce jour, dont « Bambi Galaxy », paru en janvier dernier…

Malgré une température azuréenne, le public est plutôt clairsemé lorsque Blondie Brownie monte sur l’estrade. Faut aussi avouer que les mélomanes ont aussi parfois l’envie de récupérer de leur week-end… Pour la circonstance, Catherine ‘Blondie’ Biasio et Aurélie ‘Brownie’ Muller sont soutenues par un jeune drummer. Leurs vignettes pop sont sucrées et teintées de sonorité 80’s. Mais l’emballage est tellement chargé de fausse innocence qu’on ne peut que penser à La Femme. Ou à un pastiche de Cœur de Pirate. Et finalement, le trio s’en sort bien mieux lorsqu’il muscle le son ou booste le tempo. Alors le set gagne en intensité et parvient même à surprendre ; et en particulier lorsque ‘la Blonde’ dégaine son trombone et la brune son Steel Drum, se payant même une belle reprise de Georges Michael. Cerise sur le gâteau, Antoine Wielemans, un des chanteurs de Girls in Hawaï, vient rejoindre le combo sur l’estrade afin d’interpréter une chanson empreinte de mélancolie, dans la langue de Molière. Une découverte intéressante malgré une prestation encore inégale. Blondie Brownie devrait publier un premier Ep à la rentrée…

Etonnant, la salle ne se remplit pas davantage, lorsque Florent Marchet débarque sur le podium. Et pourtant, son dernier long playing, « Bambi Galaxy », a été unanimement encensé par la critique. Cohérent par rapport à son trip rétro-futuriste, notre ami déboule sur le podium affublé d’une bien seyante combinaison argentée, tandis que ses musiciens (un batteur et deux claviéristes) portent des masques à gaz et des combinaisons que ne renieraient pas Maître Yoda dans ‘Star Wars’. On peut alors affirmer que le délire cosmique est poussé à son comble. Les sonorités électro prennent le pas sur l’instrumentation plus classique de ses 3 brillants premiers albums (« Gargilesse », « Rio Baril » et « Courchevel »). Prolixe, l’ami Marchet affabule entre ses morceaux sur des expériences hallucinées qu’auraient vécu Plastic Bertrand ou Raël auprès d’étranges petits hommes verts… Le set est majoritairement composé des titres de son dernier elpee et le climax est d’ailleurs atteint sur le single « Space Opéra » et surtout le magnifique « Bambi Galaxy » qui réalise une rencontre (NDR : du troisième type ?) entre Polnareff et Souchon ! Même ses anciens standards tels que « Tous Pareil » ou « La Famille Kinder » sont gonflés et customisés aux beats saturés. Le groupe est bien en place et le son irréprochable. Bref, cette formule devrait faire des ravages lors des festivals, cet été. Que ce soit à la basse ou derrière son piano, Florent manifeste une énergie inépuisable. Il n’hésite pas rappeler qu’il adore les Nuits du Bota. Et le répète à l’envi. Après une petite heure de concert, l’alien français revient sur les planches et prend place aux ivoires pour nous accorder une version plus intimiste de son intemporel et bouleversant « Le Terrain de Sport », ponctuée d’une dernière salve musclée et euphorisante. Mes Nuits débutent on ne peut mieux…

Taï

(Organisation Botanique)

Florent Marchet + Blondie Brownie

 

 

 

 

 

Les Nuits Botanique 2014 : samedi 17 mai

Écrit par

Les Nuits Bota battent leur plein ! Il a fallu opérer des choix en cette troisième journée qui accueille George Ezra au Grand Salon, Cat Power au Cirque Royal, Arc Iris à la Rotonde et White Denim à l’Orangerie. Mais difficile de résister à l’appel des Australiens de Jagwar Ma qui venaient présenter leur irrésistible « Howlin’ », sous le Chapiteau du festival.

Pas d'urgence ce soir. C’est qu’il fait 21° dehors ! Complètement allergique à la pop insipide de Jamaica, je pénètre dans le chapiteau sur les coups de 22h30. Soit à l'instant même où la lumière s'éteint. Il reste pas mal de place, le concert n'est pas complet. La tente éphémère est tout de même bien remplie, et le parterre à l'air particulièrement motivé. Tant mieux, c'est exactement ce que Jagwar Ma est en droit d’attendre de son public. Parce que, Jagwar Ma, ce sont deux mecs australiens qui ont compris exactement comment faire bouger une foule.

Le duo (trio pour le ‘live’) est au rendez-vous pile à l’heure. Les gars avaient déjà fait leurs preuves sur une scène belge, en l’occurrence celle de l’AB, il y a un peu plus d’un an lorsqu’ils accompagnaient Foals pour leur tournée européenne. Une performance qui n’avait pas laissé indifférent les fans du quintet, puisque plutôt bien acclamée.

Sur l’estrade, pas de batterie. Jono Ma se charge de l'intro de « What Love », derrière son dispositif de DJ. Son binôme et interprète, Gabriel Winterfield, prend place derrière son micro, aux côtés de leur bassiste live, Jack Freeman. Une heure durant, les trois gaillards vont enchaîner les morceaux de l’excellent « Howlin’ ». Des versions revues et corrigées pour la scène, comme ce « Come Save Me », titre rock’n’roll aux accents psyché qui bifurque dans ses dernières minutes vers un véritable hymne dancefloor, rallié à un « Exercise », un peu plus faiblard. Les singles « Man I Need » et « The Throw » finissent par dégourdir les jambes d’un public chauffé à blanc. « Four », l’un des morceaux les plus electro de la bande, et le spasmodique « Let Her Go » achèvent le boulot.

Au bout de 45 minutes, Winterfield annonce la fin des festivités, clamant ‘We only have one album guys !’ devant la déception manifeste du parterre. C’est donc en omettant les deux ballades de leur premier LP que les trois musiciens effectuent un rappel sur un « That Loneliness » brillamment allongé de quelques beats bien placés. Une petite heure directe et efficace.

A revoir cet été au festival de Dour, le 19 juillet prochain !

(Organisation Botanique)

Jagwar Ma

 

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