Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Biohazard 8/8/26
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Festivals

Micro Festival 2013 : samedi 3 août

Pour la seconde journée du Micro festival, nous savons déjà que Holograms a déclaré forfait. La formation suédoise a été remplacée par un band catalan : Mujeres. Du froid du grand nord, on passera donc à la chaleur méditerranéenne. Et de chaleur, il en sera encore question toute la journée…

A peine séchés, la tête encore embuée, nous sommes accueillis dès 15h15, par la pop 60's des Generationals. Les mélodies sont jolies, les voix agréables mais on ne voit pas ce que le live apporte par rapport au récent et très recommandable album « Heza ». On sent le groupe pas encore tout à fait à l'aise sur les planches. Est-ce de la timidité ou juste un cruel manque de charisme ? Seuls les morceaux où les mélodies synthétiques dominent le sujet décollent vraiment (« Put A Light On », « You Got Me »). A revoir quand il aura acquis un peu plus de bouteille.

Arrive alors Frank Shinobi et son math-rock alambiqué, mais non rébarbatif pour autant. Le quatuor s’amuse à conduire les auditeurs, encore parsemés, dans les méandres d’un bruit blanc et sec comme la plaine de l’espace 251 Nord, brûlé par le soleil.

Au menu de cette conduite en état d’ivresse mais sans ébriété ; s’arrêter net sur la bande d’arrêt d’urgence pour un Sirtaki, et flirter avec un moudjahidine de l’Amour.

Héros sans visage et musique au final sans étiquette, le combo liégeois s’affiche comme à l’accoutumée, sans prétention mais en affichant un savoir-faire grandissant.

Présentant au passage quelques nouveautés à découvrir prochainement, les protégés du label Honest House remuent les premiers membres engourdis par ce climat digne du Zoulkistan.

En parlant Zoulk, petit détour au sortir de la tente devant les enceintes du Sound System qui nous abreuvent de doucereux larsens sous la houlette du magnifique DJ Kool Strings, nous rappelant l’importantissime mission qu’il s’est donné sur les ondes de 48 FM.

Avalanche de noise et cascade de delay pour conduire nos sens au mur du son où nous attend le trio Peter Kernel. Son post-punk minimaliste ne va pas faire l'unanimité, mais reconnaissons au groupe helvético-canadien le mérite de chercher l'interaction avec le public, connexion qui manquait un peu jusque-là. L'humour et la gentillesse du couple, qui restera par la suite de longues heures à discuter et boire en compagnie des festivaliers, feront oublier les imperfections techniques.

Soulignons néanmoins le mérite du batteur que nous apercevrons plus tard devant Die ! Die ! Die ! arborant timidement sa main fracturée.

L’après-midi se tasse et nous abreuvons nos canalisations sèches sur une pente diagonale dont la bande-son est assurée par Christophe Showstar, autre crème locale.

Et nous attendons.

De fait, on attendait peut être trop des Berlinois de Camera. Leur album « Radiate » renouant avec la grande tradition du kraut, Neu et Can en tête. Malheureusement, quelques problèmes techniques et l'arrivée impromptue d'un inspecteur du son tatillon vont en décider autrement. L'occasion de constater que nos oreilles martyrisées par des années de concert exigent plus de décibels que les 90 autorisés. Est-ce pour ces raisons que le groupe a paru extrêmement énervé (le batteur quittant la scène pendant plusieurs minutes et le groupe ne daignant même pas saluer à la fin du set) ? Ce qui s’est soldé par un concert en dents de scie émaillé de larges plages ambient - post-rock évoquant plus le label Kranky voire le Tortoise des premiers albums que la trance krautienne. Un goût de trop peu donc. Il faudra attendre le prochain passage du trio allemand pour se faire une idée (il se chuchote que l'on ne devrait pas patienter trop longtemps...)

La soirée prend ses quartiers et les premiers regards embués commencent à scintiller quand la vague déferlante néo-zélandaise débarque avec force et fracas sur l’estrade.

Si l’on excepte un énième problème technique ; en l’occurrence le pédalier d’Andrew Wilson, le charismatique leader, qui vient à faire défaut d’une manière impromptue –quoique brillamment suppléé par ses deux acolytes– le set ne souffrira d’aucun temps mort ! Mort ! Mort !

La tension est palpable et les pogos qui sentaient la cour de récré viennent à prendre une tournure plus menaçante, la faute à une paire de trous-du-cul.

Dans cette effervescence testostéronisée et heureusement canalisée, les morceaux de Die ! Die ! Die ! s’exécutent rageusement et, descendant à plusieurs reprises dans la foule, le chanteur finit d’instaurer une ambiance abrasive mais au demeurant résolument positive.

Une décharge d’ions qui ébranlent nos sens et nous met en appétit pour les Espagnols de Mujeres. Ils assurent la partie festive de l’affiche, mais broutent rapidos les testiculos de la nombre d’entre nous.

Après cinq morceaux qui n’auraient pu n’en être qu’un seul nous laissons les remplaçants d’Hologram (Ô déception !) finir comme ils ont commencé. Au loin, nous entendons une cover du « Run Run Run » du Velvet, ce qui semble une brève embellie dans la brume ibérique et nous apercevons le chanteur surfant sur une vague d’incompréhensible engouement.

Enfin, on ne s'étendra pas trop sur la prestation de The Suicide Of Western Culture. Il est pertinent de terminer un festival par des sonorités électroniques et les compositions sur album du duo catalan, même si elles sombrent parfois dans le pompier, ne sont pas inintéressantes pour peu qu'on aime un tantinet le monde de M83, par exemple. Mais avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de défendre le live proposé. Structures de morceaux peu compréhensibles, sonorités de fête foraine et utilisation franchement loupée de la saturation nous poussent vers la sortie. La tente se vide d'ailleurs au fil des morceaux, expulsant par petites grappes des spectateurs aux commentaires plutôt caustiques. Fin décevante pour un festival qui dans son ensemble ne l’a pas été. Et qui déjà profile sa silhouette sur les pavés de deux mille quatorze.

Même heure, même endroit ?

Organisation : JauneOrange.

(Voir aussi notre section photos ici)

Esperanzah ! 2013 : vendredi 2 août

Écrit par

Selon le manuel du parfait petit snobinard en jeans noir et cuir laminé (NDR : autrement dit ma bible), je m’apprête donc à pénétrer en terre exotique, un territoire absolument dénué de toute hostilité, où l’autochtone, paré d’un saroual, chaussé de sandales et riche d’une gourde en peau de chèvre, viendra m’accueillir.
Ensemble, nous irons traire les chèvres, adopter l’un ou l’autre enfant du tiers monde, avant d’aller fumer du chanvre dans les allées d’une abbaye au passé foisonnant.
Au détour, nous discuterons malbouffe, société de consommation, et tenterons de freiner l’élan rotatif du consumérisme à outrance.
En passant, nous nous délecterons de saveurs Bio, boirons de la pisse de houblon et discuterons le coup en contemplant quelques charmantes amazones se déhanchant voluptueusement aux sons de fanfares venues du monde entier.
Imagerie fantasmagorique ?
Pas si sûr, tant l’image baba cool et l’esprit altermondialiste colle à ce sympathique festival depuis ses débuts.
Mais si je n’y ai jamais mis les pieds, c’est simplement parce que la programmation ne m’a jamais vraiment passionnée.
Au diable les considérations de tout ordre si ce ne sont celles musicales, car cette année, l’affiche propose bien plus qu’un condensé (qui a dit dansé ?) de World Music.
En route pour une journée au bout du monde !

Bon ! Le petit manuel n’avait pas tort sur la tenue vestimentaire de rigueur ici. 73 degrés à l’ombre, des senteurs de fennec se propagent et pas un souffle de vent. Aussi, je commence à me demander si Floreffe se situe dans la zone chaude intertropicale, lorsqu’un étrange petit être barbu et surmonté de dreadlocks plus hauts que sa taille me propose de m’abreuver en sa compagnie.

Par politesse, j’accepte et l’eau rafraîchissante me fait gagner cinq points de vie.

Je suis donc au mieux de ma forme pour apprécier le set de seize heures tapantes.

Soit les onze (11, comme une équipe de foot !) membres de The Peas Project.

Beaucoup de positif à retenir de ce moment en compagnie d’une des valeurs sûres du syndicat de la bonne humeur.

D’abord l’enthousiasme est communicatif.

Si je reste impassible sous le soleil de plomb (on ne change pas un rebelle farouche de mon espèce avec de l’eau minérale), tous autour de moi semblent trouver matière à danser et faire la fête.

Et c’est vrai que Marc Zinga et sa chanteuse tirent habilement les ficelles.

Bien sûr, le vieux renard que je suis ne tombe pas si facilement dans le panneau.

La connivence entre les musiciens est évidente et leur jeu de scène parfois stéréotypé. On arrête la musique, on stigmatise le public et on repart de plus belle. Une recette éculée mais certes toujours efficace en pays conquis Néanmoins, le savoir-faire est indéniable et force même mon respect.

Les rythmiques tribales secouant « Question Of Death Or Life » (NDR : en fait, je n’ai pas la moindre idée du titre vu que j’ignore la discographie du groupe et suis trop paresseux et/ou débordé pour me renseigner) mettent une partie de mes neurones en fête tandis que les autres préfèrent opter pour la mode veille (NDR : afin d’éviter toute éventuelle surchauffe du système).

Un rappel (à cette heure ci ?) soulève un sourcil étonné (le droit, car le gauche est noyé depuis longtemps).

Quittant le côté cour, je me lance donc à l’attaque de l’ascension du jour qui doit me mener au sommet des jardins de cet endroit que je me dois de qualifier de superbe écrin.

La particularité de ce festival veut donc qu’en chemin, je croise un coiffeur botaniste exerçant ses ciseaux sur de volontaires cobayes qui ne rechignent pas à ressembler à des pots de fleurs, un cinéma niché dans une alcôve de fraîcheur, et quelques militants pour mille et une causes communes comme des fosses.

Une chorale de Noël chantant des psaumes arabes ou encore une tribu africaine martelant furieusement des troncs de séquoia.

Manifestement, c’est super chouette ces activités prévues pour les bobos.

Mais elles manquent cruellement de mascara et de cheveux crêpés ; car l’étranger, ici, c’est moi.

Donc, placé à côté d’un quidam endimanché comme Jack Sparrow pour le mariage de sa tante, je décide de reluquer The Soul Jazz Orchestra.

Le soleil étincelle et ruisselle sur le cuivre des instruments, et c’est comme si les notes s’y baignaient.

Consonances Afro Jazz Funk qui devraient me saouler mais qui au contraire me Soul.

Clin d’œil appuyé à James Brown par ci, petit air de Reggae par là, tout finit par se ressembler ; mais bon, je ne suis un expert du genre.

Je m’allonge alors et écoute la fin de ce sett qui se termine, ami lecteur, si toi tu es connaisseur, par « Mister President », un titre vachement entraînant.

Redescendant le long des remparts, je m’arrête au coin des saveurs ; en fait, un vrai village.

J’échange mes euros contre quelques jetons de monnaie locale et me décide à aller voir le Teuton Patrice qui, comme son nom ne l’indique pas, n’a rien d’un blanc-bec français.

Ce petit gars qui a travaillé notamment en compagnie de Cameron McVey (Massive Attack) présente donc « The Rising Of The Son », son album pressé dernièrement, un disque dont la sortie est prévue pour la fin du mois ; le septième de sa discographie étalée sur quinze années de carrière, excusez du peu.

Un Vibe très Roots mais mâtiné d’un esprit Punk, c’est ce qui pourrait résumer l’univers de Patrice.

Une casquette orange fluo comme couvre-chef et des jambes élastiques qui le mèneront sur les rebords du mur longeant la scène, emmenant dans son sillage quelques paires de jambes elles, plutôt extatiques. Du punch à revendre et des morceaux au Dub canaille, ces quelques recettes assureront le succès de celui qui s’était illustré par la reprise de Nina Simone, « Ain't Got No (I Got Life) ».

La présence sur les planches d’une miniature à son effigie (peut être son fils ; mais j’étais placé un peu loin pour définitivement statuer sur cette hypothèse aventureuse) et quelques passages mid tempo parfaitement placés finiront de fixer mes attentes (fort peu nourries au demeurant, mais largement comblées).

L’heure de la remontée venue (mais pourquoi n’y a-t-il pas de téléphérique ???) et le moment de grâce arrive enfin.

Les corps déchirent la nuit, triomphalement. Les chérubins se pressent dans les cieux pour contempler le spectacle.

C’est que le projet Woodkid a tout sur disque pour faire craindre sur scène une grandiloquence prétentieuse et pompeuse (voire pompière).

Ramené à une formule simple en festival (il ne reste que tambours et trompettes), l’équipage de Yoann Lemoine garde fière allure mais va d’emblée rassurer sur l’envergure de sa musique sans sombrer dans la gaudriole.

Alors que colonnes et troncs d’arbres se marient dans le fond en images projetées (le visuel a une part prépondérante dans l’univers Woodkid, support évident quand on connaît le talent de vidéaste de sa tête pensante), le vent souffle de plus belle sur la plaine, comme pour insuffler une dimension encore plus tragique à la pièce qui se déroule sous nos yeux.

Le navire fend les océans et trouve son rythme de croisière dès le troisième titre, celui qui donne son nom à l’album.

« The Golden Age ». Comme le vestige d’une époque qui aurait été (vague souvenir mélancolique) mais appelée à ne plus jamais être, se rappelle à notre délicieux souvenir.

Un peu cabotin, Yoann nous réserve une vraie-fausse déclaration ensuite, nous livrant « I Love You » avant de ressortir de ses valises « Brooklyn » et de définitivement larguer les amarres.

Bien sûr, le show est rôdé et laisse peu de places aux éventuelles surprises.

La chorégraphie consacrée à « Iron » est un copier-coller sur chaque date de la tournée et on y voit le génial auteur enfourcher comme monture l’un de ses musiciens (rien de sexuel, néanmoins).

Mais ce serait là faire la fine bouche (et la mienne est enflammée par un met thaï un rien épicé).

Scandant son nom sur un air de foot (tiens, c’est pas conforme aux préceptes du hippie campagnard ça, si ?) la foule gagnera deux rappels, dont un « Run Boy Run » au galop enivrant.

La messe est dite, mais une bien belle messe, célébrée dans un cadre monastique lui allant à ravir.

Enfin, fourbu mais pas repu, je dégringole les allées pavées qui finissent d’abîmer mes pauvres chaussures (où ai-je rangé la paire de tongs que Jack Sparrow m’a offertes ?) et finis les quarante-six tickets boissons qu’il me reste en compagnie d’éleveurs de bétail du Larzac ; et nous nous délectons de jus de prune équitable tout en restant attentif au set des Français de Rocky.

Un retour aux années 80, version back to life, mais pas back to reality puisqu’il m’est encore offert de contempler quelques joyeux aborigènes sapés comme pour la Bar Mitzvah d’un boucher cubain sédentaire.

Des influences certes datées mais savamment égrenées qui confèrent un côté House à des compositions plutôt Pop, dans un mélange bien dosé.

Le son vintage des claviers, le groove des guitares et la voix puissante et autoritaire d’une chanteuse aux allures de pygmée (effet semi-trompeur des autres musiciens, eux, placés sur des estrades) assurent une fin de spectacle et de nuit réussies.

Sans compter sur les drôles de poissons de Goldfish dont le DJ Set achèvera les zozos du coin, alors que votre serviteur quitte ce lieu exotique, un collier de fleurs de jasmins sur la tête et du tabac créole dans la pipe.

Organisation : Esperanzah.

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Micro Festival 2013 : vendredi 2 août

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Pour sa quatrième édition, le Micro Festival proposait une affiche particulièrement alléchante, malgré le désistement de dernière minute des Suédois d'Holograms, remplacés au pied levé par Mujeres. Et en dépit de quelques problèmes techniques, de sets pour la plupart un peu trop courts et d'un désastreux bouquet final, on a beaucoup apprécié ce festival à taille humaine, réputé pour son atmosphère familiale et décontractée.

Les hostilités s’ouvrent, alors qu'une chaleur accablante a transformé le Belge moyen en forme molle, rouge et suintante. Pas la température idéale pour s'exciter sur du rock. La majorité de barbus présents se demandent si c'était vraiment une bonne idée de suivre cette mode en été. Les premiers festivaliers rampent donc jusqu'au podium où malgré une première coupure de courant, Scrap Dealers fait son job en balançant son garage-rock à la Ty Segall. Rien de très original mais efficace et bien en place.

Prix de la patience à Shannon & The Clams qui après deux interruptions attendra une grosse heure que les organisateurs trouvent une solution aux problèmes d'électricité avant de reprendre son set en manifestant la même bonne humeur et la même énergie. L'imposante Shannon Shaw fait le show. Elle donne de sa personne mais la chaleur est définitivement trop accablante pour se remuer et la longue pause a un peu tétanisé l'assistance. La pop sixties aux relents garage de ces citoyens de San Francisco fait donc moyennement recette.

Metz est bien plus attendu par le public. La tente se remplit et l'atmosphère est suffocante. Alex Edkins, chemise roulée au dessus des biceps et tronche de nerd, hurle tant et plus, monte sur la batterie, dégouline de sueur et donne des grands coups de gratte rageurs. Un pogo se constitue. Il sent la testostérone. Le trio cherche avant tout l'efficacité et les quelques mélodies post-punk sont noyées sous une déferlante rageuse hardcore.

Les oreilles décapées, nous sommes prêts à accueillir Moon Duo. Ce sera un des grands moments du festival. Le concert démarre telle une séance d'hypnose qui contraste évidemment avec le shoot d'énergie que Metz vient de nous asséner. La voix chamanique de Ripley Jonhson suscitant fatalement plus la transe et la rêverie que le quasi screamo d’Edkins ; un climat sonore entretenu par une batterie kraut métronomique et ses tambourins très Spacemen 3. Mais progressivement, le groove de la basse du moog de Sanae Yamada nous rappelle que le plaisir n'est pas que mental. « Circles » et « I Been Gone » nous entraînent dans le space boogie qui a fait la réputation de ces cow-boys lunaires. La foule commence à dodeliner. Pas pour longtemps malheureusement. La formation, vu le retard accumulé en début de festival et la peur du gendarme, doit cesser après une petite quarantaine de minutes. Frustration du public, frustration des musiciens habitués à des shows bien plus longs. Mais à quoi bon râler ? On a passé un bon moment, les commentaires autour de nous sont élogieux et il est de toute façon grand temps de prendre une douche (NDR : on vous a dit qu'il faisait chaud ?)

Organisation : Jaune Orange

(Voir aussi notre section photos ici)

Rivierenhof 2013 : samedi 27 juillet

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Comme pour souligner le fossé qui sépare le Nord et le Sud du pays en matière d’investissement consacré aux Arts et à la Culture, Anvers accueillait à nouveau, ce samedi soir, dans le (magnifique) cadre du domaine provincial de Rivierenhof, les Tindersticks, alors qu’en fin de nuit, j’assistais aux funérailles du Fiacre, un des derniers endroits dédié à ces disciplines, dans le centre de Liège, disloqué par les mâchoires stupides du pouvoir en place.

Sans revenir sur ce débat, je constate tout simplement, en m’asseyant dans les travers de ce petit amphithéâtre, que tout est prévu pour nous permettre d’assister, dans les meilleures conditions possibles, à quelques concerts de très, très bonne facture.

Même les orages retiendront leur souffle jusqu’à la note finale d’un spectacle majestueux, comme c’est souvent le cas pour ce groupe fêtant bientôt ses vingt et un ans de bouteille et nos vingt années d’ivresse, depuis la sortie de leur premier opus éponyme.

« If You’re Looking For A Way Out » entame donc le set, sous la moustache frémissante de Stuart Staples, enchanté de se retrouver à nouveau dans ce cadre seyant si bien à son groupe.

Tout semble être en harmonie avec la musique ce soir.

Le ciel, chargé mais tout en retenue, l’air, les arbres qui surplombent la scène, et le public, attentif et respectueux.

La formation ne s’y trompe pas et marque son plaisir dans chaque intonation.

Avant de s’atteler à des représentations spéciales marquant les 20 ans de la sortie de « Tindersticks », et qui passeront le mardi 22 octobre au Cirque Royal dans le cadre de l’‘Across Six Leap Years Anniversary Tour 2013’, le band revient principalement sur les titres de son dernier opus en date, « The Something Rain ».

Oui, une pluie, qui jusqu’au bout, se contiendra dans les lourds nuages menaçants au-dessus de nous.

Un premier rappel ponctué du frissonnant « Tiny Tears », un second entamé par un « If She’s Torn » dédié aux nombreuses femmes enceintes de l’assistance (cette chanson a été écrite en pleine grossesse de l’épouse de Stuart) et un « Goodbye Joe, éclairé par les flashes de plus en plus nombreux des anges au firmament.

Enfin, le déluge pouvait s’abattre, ainsi que nous tentions de rejoindre nos véhicules.

Qu’importe ! Bientôt, les Tindersticks seront de retour.

Tindersticks

(Organisation : Openlucht Theater Rivierenhof)

 

Francofolies de Spa 2013 : dimanche 21 juillet

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Sonnez au Roi, résonnez bals musette !
En ce jour National de couronnement altier, dernier du quintuple exercice de style qui me voit revenir inlassablement (quoique...) sur ces terres, trois noms se détachent du peloton dans un sprint final engourdi par la fatigue et la chaleur et dopé à la clameur de la liesse populaire.
God save the King !

Rapidement, le premier candidat au titre de concert du jour perd du terrain.

Axel Bauer est le prototype même du Poulidor musical.

Une carrière discrète, rehaussée de deux victoires d'étape en ont fait, à défaut d'une référence, au moins un nom.

Le « Cargo de Nuit » de 1983 (une année où nombre d'entre vous n'étaient même pas nés!) et une échappée en duo avec Zazie en 2001 pour « A ma place ».

Pour le reste, respecté dans le milieu, il n'en demeure pas moins un second couteau au parcours en dents de scie.

J'étais donc curieux de voir le bonhomme sur les planches.

Si les deux premiers morceaux devaient me laisser une impression honnête m'incitant à me pencher un peu plus sur sa discographie, force est de constater que la suite allait fortement me décevoir.

« Elle et SM » par exemple, écrite pour lui par Brigitte Fontaine manque de le faire choir dans le fossé du ridicule béant mangeant sa roue de devant, tandis qu’« Éteins la lumière » incite juste à munir Axel d'une lampe torche afin qu'il puisse voir les dangers d'une route sinueuse qui semble vouloir le happer au tournant.

Tel un vieux rocker qui veut sonner jeune (horrible!) et dont les gimmicks semblent piqués à Placebo, l'artiste, affable, y va de quelques joyeuses banderilles sur le couronnement Royal (‘Vous avez un roi !’ s'exclame-t-il, et personne dans l'assistance n'a alors le culot de lui rétorquer que ça fait quand même 182 ans que c'est le cas). Bauer et son groupe pataugent entre deux eaux boueuses et s'enlisent au long d'une heure de concert.

Pire ! Galvanisé par des applaudissements polis (mais loin d'être enthousiastes) du public, il s'obstine à faire durer les choses, maladroitement.

C'est que sa version de « Cargo d'ennui » tenait relativement bien la route sur la dernière ligne droite. Mais il a fallu qu'il revienne à la charge, contre l'avis des organisateurs et qu'il joue les prolongations inutiles de son morceau phare qui après avoir épuisé ses piles, n'éclairera même plus sa voie de garage.

Il est clair que je préfère avoir assisté à cette péripétie qu'à l'intronisation, la veille, de Quentin Mosimann en tant que roi des gueux, mais bon...

Amputé d'une marche, mon podium du jour voit alors se profiler le vainqueur haut la main.

À l'ombre, mais éclaboussant de leur lumière, les Stereo Grand vont durant une heure me convaincre de leur réel potentiel, déjà aperçu l'an passé.

Outre les singles du groupe (« Yeah Yeah » et « Stereo » un rien fédérateurs), une très convaincante reprise d'Archive (« F*** You ») et un « Buddy Fisher » qui rappelle Bowie et Arctic Monkeys à la fois, tous les titres présentés ce dimanche ont fini de me convaincre de la force de frappe de ces talentueux Belgo-écossais qui semblent avoir laissé de côté l'impact visuel et s'être recentré sur ce qu'ils font le mieux, à savoir d'excellentes chansons.

Et si le pantalon blanc du chanteur semble avoir essuyé pas mal de concerts récemment, ce côté un peu négligé leur sied à mon sens nettement mieux à présent.

Reste que pour juger de leur dauphin, il me faut traverser la ville en diagonale afin de rejoindre la grand place où se produisent, jugez vous même de l’éclectisme, Malibu Stacy avant... Les Gauff (au suc' de la région liégeoise) les infâmes Suarez et le Grand Jojo qui paré de sa toge de Roi du rire, devrait nous faire succomber à son irrésistible candeur de supermarché.

Pour leur dernier concert à jamais, les Visétois s'emparent donc du grand podium, et si je regrette d'avoir manqué la première moitié, je me réjouis d'assister à la seconde, car il est tout de même préférable de voir le fin du fin d'une fin en soi.

Ainsi, comme annoncée sur leur page Facebook, la setlist comprenait de beaux moments de bravoure comme « Sex In Malibu » ou encore « Los Angeles », leur reprise des Bangles (« Walk Like An Egyptian ») et en final, entre émotion retenue, remerciements divers et fournis et humour omniprésent, le furieux « General Thijs », le tout sous le regard attendri de Spiderman déguisé en fils du chanteur.

Un concert festif, un rien décalé, devant un parterre de gens pas tous venus pour eux, mais qui a assurément accentué le regret de les voir partir dans des aventures différentes.

Malibu Stacy, c'était quand même vachement bien. Mais voilà, Malibu a mis les bouts et nous on reste assis... Rêveurs et pensifs, en attendant la suite.

Mais certainement pas ici, où le reste des festivités risque de me donner la nausée.

En fait, j'ai fait le tour de la question.

Il ne me reste plus rien à voir, ni plus rien à boire, après ces cinq journées éprouvantes.

Même plus le courage de m'en aller voir Jean Lou Hallyday qui comme chaque année fait tanguer une tonnelle en bord de festival, chaque sacro Sainte soirée.

Non, pas aujourd'hui mon p’tit Lou, même si ça va faire mal ce soir...

Je m'en vais retourner dans mon royaume et reprendre mes esprits loin d'ici.

Organisation Francofolies

 

Dour Festival 2013 : dimanche 21 juillet

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Le programme de la journée est amputé. Pourquoi ? Non pas une mais deux annulations, communiquées en début d’après-midi. Klaxons tout d’abord, mais aussi et surtout Holograms. Pas de quoi gâcher le feu d’artifice final, et encore moins la fête célébrée par les Tropics, rebaptisés pour la circonstance The Belgians.

L’absence des Klaxons n’est qu’une demi-surprise. Les Britanniques viennent, en effet, de déclarer forfait au festival parisien ‘Days off’. ‘Afin de se consacrer aux dernières sessions d'enregistrement de leur futur troisième album studio’, suivant le communiqué de presse destiné à la presse d’outre-Quiévrain. Qu’importe, puisque le combo a été avantageusement remplacé par le band courtraisien Balthazar, qui est donc crédité d’un autre grand festival, cet été.

Par contre pour Holograms, c’est la douche froide. Je vous avais recommandé la formation dans mes ‘highlights’. Parce que leurs prestations en ‘live’ pètent littéralement des flammes. Elle devait, en outre, se produire dans le cadre du Micro festival, de Liège, ce 2 août. Pas de bol, elle fera aussi faux bond…

Lorsque je débarque sur le site de la Machine à Feu, Tryo squatte la Last Arena. Pas trop ma tasse de thé. Je préfère m’éclipser, laissant le grand public, dont de nombreuses familles, applaudir ses idoles hexagonales…   

Kate Nash ? Je ne veux pas manquer son set. Elle est parvenue à gommer les clichés britpop qui avaient grevé son premier opus. A travers un second essai, « Girl Talk », au cours duquel elle durcit littéralement le ton. C’est donc bien une ‘riot girl’ qui s’apprête à monter sur les planches. Le décor est bien planté. Un écran vidéo géant a été installé en en arrière-plan, et quatre petites télés vintage trônent sur les amplis. Un petit road movie est diffusé, avant que les trois musiciennes, vêtues d’une robe à pois plutôt sexy, ne s’emparent des lieux. Et Kate suit ses acolytes, vêtue d’une parure de couleur bordeaux, tout aussi affriolante. Elle est même coiffée d’oreilles de chat, de type fétichiste. Leurs look est aussi léger que leur pop. Et malgré la chaleur étouffante qui règne sur le site, le collectif girl-power semble monté sur ressorts. Les tubes s’enchaînent énergiquement : “Kiss that grrrl”, “Dickhead”, “Foundations”, “Under-estimate the girl”… Et pour corser le spectacle, la chanteuse n’hésite pas à se fondre dans le public, afin de recruter des choristes, pas toujours très doués, il faut le souligner. Ou invite un contingent de filles sur l’estrade, pour participer au final. Manifestement, elle a adopté ce qu’on appelle la ‘Girl-power attitude’.

Rayon découverte, il faut de nouveau se rendre dans la Petite maison de la prairie, pour satisfaire ses aspirations. Pas pour y assister au concert des Ingalls mais de Thee Oh Sees. Leur mélange de punk, rock, garage et psyché est toujours aussi enivrant. Malheureusement, je débarque en fin de parcours. En fait, j’ai un peu perdu mes repères, suite aux modifications de programmation, consécutives à l’annulation de Holograms…

Je décide donc d’aller faire un tour, sous la Cannibal Stage, pour jauger si les décibels font toujours rage. Et pour cause, Biohazard va entamer son set. Biohazard est une figure légendaire du hardcore qui a sévi au cours des 90’s. Le combo s’est d’ailleurs produit à Dour, en 95 et 96. Le line-up n’a pratiquement pas changé. Bien sûr, leur ex-leader, Evan Seinfeld, manque à l’appel. Il  s’est reconverti dans le hard… porno. Scott Roberts, qui a sévi chez Spudmonsters et Cro-Mags, se réserve une des grattes depuis 2011. C’est un peu le petit nouveau. Le chapiteau est bondé. Et la foule déborde même, plusieurs mètres à l’extérieur de la tente. Les pogos et autres circle pits éclatent instantanément. Les vétérans semblent toujours avoir bon pied bon œil et bondissent d’un côté à l’autre de l’estrade. La ligne de basse adopte un profil très nineties. Leur fusion de hardcore old school et de hip hop me fait penser à un boomerang sonore, que l’on prend en pleine poire…

Et puisqu’on évoque les nineties, à 22h30, Smashing Pumpkins investit la grande scène. En toute humilité, je dois avouer que c’est un groupe que j’ai adulé à ses débuts. Gravé en 1991, l’explosif « Gish » (dont aucun titre ne sera interprété ce soir), collait parfaitement au rock indie pratiqué au début de cette décennie. Si « Siamese dreams », publié en 1993, se révélait davantage mainstream, « Mellon Collie and the Infinite Sadness », paru en 1995, osait le retour au concept album. Et brillamment ! Puis le line up a commencé à se lézarder. L’aventure Zwan a tourné en eau de boudin. James Iha, Jimmy Chamberlin et Melissa Auf der Maur ont mis définitivement les voiles. Et lorsque j’ai assisté à la prestation du groupe en 2007, dans le cadre du Pukkelpop, je me suis rendu compte que les citrouilles s’étaient dégonflées. Mais revenons au set de ce soir. Qui ne commence pas trop mal. "Tonight", "Bullet with butterfly wings" et la cover du "Space oddity" de David Bowie mettent le feu aux poudres. Le public, pourtant sceptique au départ, commence à s’enthousiasmer. Mais le soufflet retombe assez rapidement. En fait, dès « Quasar » et « Pale horse », issus de l’elpee tout aussi transparent « Oceania » (NDR : sorti l’année dernière). Quelques titres parviennent cependant à maintenir l’attention des spectateurs (NDR : sous respiration artificielle ?) ; et notamment « Disarm », « Chebub rock » ou encore en fin de parcours, « Ava adore », « Zero » et le final, « Today ». Mais difficile de s’enflammer, lorsqu’on observe l’attitude de Billy Corgan, de plus en plus nonchalante, pour ne pas dire pathétique…

La fête (nationale) ne doit pas être gâchée. Juste après ce spectacle un peu trop mollasson à mon goût, on assiste à un feu d’artifice, lancé depuis l’arrière de la grande scène. Était-ce la surprise prévue pour le 25ème anniversaire du festival ?

Car pour clore le quatrième jour en beauté, rien de tel qu’un set de The Experimental Tropic Blues Band. Surtout quand le trio est encore plus délirant que d’habitude (NDR : si, si, c’est possible !) Rebaptisé pour l’occasion The Belgians, le combo s’est paré des couleurs nationales, soit de noir, jaune et rouge. Et peu importe si un des chanteurs a perdu la voix, puisqu’une fanfare est venue booster le show. Mais également un melting-pot d’images de propagande consacrées à notre Belgitude (NDR : oscillant de nos exploits footballistiques à notre JCVD national). Bref, un grand moment de surréalisme à la Belge. De quoi en jeter plein les yeux à nos visiteurs étrangers. Et lors du final, on assiste à une farandole géante sur l’air de la Brabançonne. Même le Gand Jojo n’y aurait pas pensé ! Un pari réussi donc, et qui n’était pourtant pas gagné d’avance. Et dans la grande histoire du festival, encore un épisode de plus à marquer d’une pierre blanche. C’est une certitude, ce set fera date, au même titre que ceux de Didier Super ou Rémy Bricka.

Quelques chiffres pour terminer cet article. Les organisateurs ont enregistré une fréquentation de 183 000 personnes, du mercredi au dimanche. 35 000 campeurs, 39 0000 entrées le vendredi, 40 000 le jeudi ainsi que le samedi. Record absolu ? Le dimanche. 42 000 festivaliers !

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

Francofolies de Spa 2013 : samedi 20 juillet

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Après la frénésie de Sexy Sushi, bien fade me paraît ce samedi où le soleil semble définitivement imprimer sa suprématie sur l'humeur générale.
Encore et toujours plus de monde donc, et par moment, la ville ressemble à une grande foire agricole.
Quelques odeurs d'excréments viennent d’ailleurs régulièrement amplifier cette sensation de m’être égaré au sein d’un marché bovin où les animaux se seraient drapés d'attributs humains.
Un petit coup d’œil à l'affiche de la grande scène révèle la raison de cet envahissement de gogols en goguette.
Reste à faire le gros dos.

Dans cette ambiance surréaliste, reste heureusement quelques salves de bon goût.

Ainsi, sur le coup de seize heures, Montevideo a-t-il la bonne surprise de découvrir, tout au long de son concert, que le public se prend au jeu et qu'outre un soleil de plomb, leur musique est elle aussi capable d'instaurer l'ambiance.

Six années se sont écoulées depuis la sortie de leur premier opus, mais si le ton a changé, se voulant plus Dandy et résolument tourné vers des mélodies soignées, les Bruxellois se montrent aujourd'hui bien plus à l'aise sur les planches.

Gêné aux entournures par un costume étroit, son leader s'adresse aux Spadois en anglais et réussit l'exploit, malgré la chaleur à sortir les spectateurs de leur torpeur, insufflant une ambiance propice à un rappel mérité.

« Madchester » et son côté Baggy, « Hello » et sa trompette éclatante ou encore « Runaway Girl » dédié à la gente féminine, autant de titres extrait de leur petit dernier « Personal Space » qui prennent de l'envergure dans une atmosphère presque survoltée.

Une attitude résolument positive qui sera le seul fait d'arme de la journée.

Oh, bien sûr, il a Saule.
Le géant au cœur d'or.
Généreux et très applaudi.
Auteur d'un très bon album.
Et puis il est sympa, Saule.
Bon, OK, je n'insiste pas.

Saule, c'est effectivement très bien dans le genre qui n'est pas mon genre.

Si vous écoutez la radio, vous connaissez ses titres. Je n'écoute pas la radio, mais au fil du concert, on me soufflait des noms de chansons.

On a donc entendu, entre autres, « Chanteur Bio » ou encore « Vieux » délicatement dédicacée à son batteur.

Et aussi un morceau swing au cours duquel un drôle de chanteur coiffé d’un chapeau vient le rejoindre sur l’estrade. Même que tout le monde il a l'air content.

Comment ?
« Dusty Men »
Oui, c'est ça.
Avec qui ?
Ah, oui, Charlie Winston ?
Bon, trêve de plaisanterie, c'est sympa, on se croirait à l'émission de Naguy, Turlututu, là.
Mais moi, je fais quoi, hein ?
Il y a des gens partout qui me bousculent et m’écrasent…
Saule qui peut !!!!!!

Organisation Francofolies

 

Dour Festival 2013 : samedi 20 juillet

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En cette fin d’après-midi, je croise (NDLR : j’enjambe ?) de nombreux corps étendus sur le sol. On entend également moins de hurlements. Et les batailles de pistolets à eau se sont évaporées. Faut dire que la fatigue commence à entamer les organismes, au troisième jour de festival. Elle est même de plus en plus perceptible sur le visage des festivaliers. Y compris sur celui de votre serviteur, victime des excès de la veille.

Mais de l’énergie, Mass Hysteria en a à revendre. De la bonne et de la positive, en plus. C’est d’ailleurs par « Positif à bloc » qu’il ouvre son set sur la Last Arena. Embrayant par « Tout doit disparaître ». S’avançant à l’orée du podium, comme de valeureux Vikings en terrain conquis, les musicos enchaînent les titres pratiquement sans tant mort. La poussière se soulève au sein des premiers rangs. Les pogos éclatent. Les spectateurs les plus sceptiques et ceux qui ne connaissent pas ou peu le groupe, notamment de jeunes néerlandophones, se décident également à se joindre aux mouvements de foule. Et en fin de parcours, la formation invite une petite centaine de fans à monter sur les planches, afin de participer à la fête traduite par « Contraddiction ». Adoptant un discours constamment zen, le leader Mouss remercie ces aficionados, pour avoir respecté le matériel, ponctuant son propos par ‘Ca aussi c’est le bon esprit rock’n’roll’. Et le combo français d’attaquer « Furia », histoire de bien enfoncer le clou. Bref, fédérateur, ce groupe est vraiment taillé sur mesure pour allumer la Plaine de la Machine à Feu. D’ailleurs, lors de la présentation du band, Ponpon avait déclaré, à juste titre, ‘On n’imagine mal un 25ème anniversaire de Dour sans eux. Eux qui sont déjà venus à quatre reprises, en 1997, 1999, 2005 et 2010’. Et le groupe d’avouer, lors d’une interview accordée à la radio : ‘On fête aussi un anniversaire, celui de nos 20 ans d’existence, et on tenait à ce qu’il passe aussi par Dour’ (NDR : Mass Hysteria n’a sélectionné que quelques dates prestigieuses, dont le Hellfest et les Eurockéennes de Belfort).

Et tant qu’à baigner dans le hardcore, autant s’engouffrer sous la Cannibal Tent. Bleed From Within se produit en lieu et place d’un autre ensemble hexagonal, ETHS, qui lui a joué plus tôt que prévu. Les musicos sont jeunes. Ce qui ne les a pas empêchés de décrocher un Award aux Metal Hammer Golden Gods, en 2013. Des Ecossais aux cheveux longs, couverts de tatouages qui pratiquent du deathcore ! La batterie imprime un tempo frénétique. Les riffs claquent et déchirent l’atmosphère. De quoi déclencher pogos, circles, et autres ‘battles’ à la Bravehart.

Je me rends ensuite sous le Dance Hall, pour quelque peu m’oxygéner l’esprit. La tente est bondée pour accueillir Herbaliser. Encore un collectif fidèle au festival. Et leurs compos font à nouveau mouche, des morceaux qui mêlent savamment funk, hip-hop acid-jazz, tout en n’oubliant pas de les souligner de cuivres (saxophone, trompette), histoire d’apporter une touche ‘lounge’ à l’expression sonore. Un set très agréable à écouter, mais qui ne semble pas avoir tellement évolué au cours des dernières années (NDR : voir reviews concerts et festivals sur Musiczine).

Côté indie, DIIV et Suuns sont programmés à la même heure. Finalement, j’opte pour DIIV, tant son dernier opus « Oshin », sorti en 2012, m’avait bluffé. Lorsque les musicos débarquent sur l’estrade, on remarque leur look grunge. Ils sont également jeunes. Et doivent manifestement vouer un culte à la musique des 90’s. Ce band étasunien, issu de New York City très exactement, adopte cependant, en ‘live’, l’attitude des shoegazers, communiquant très peu avec leur public. Et finalement, si leur set est irréprochable, il ne diffère guère des enregistrements sur disque, ne réservant aucune étincelle particulière.

Je délaisse donc ce concert, à mi-parcours, pour rejoindre celui de Suuns. Il y a de l’électricité dans l’air également, mais beaucoup moins prévisible. Davantage d’énergie dispensée aussi. Le quatuor montréalais combine son électro, parfois minimaliste, aux riffs qu’il développe en crescendo. En n’oubliant pas d’arroser le show d’un lightshow psychédélique. Ce qui rend le spectacle bien plus vivant. Et si certaines compos plus longues sont susceptibles de faire tomber en léthargie le spectateur lambda, les sorties brutales et inattendues des guitares ramènent rapidement tout le monde sur terre. Encore un grand moment du festival. Score au coup de sifflet final : DIIV 1 – Suuns 2. Ce sont les détails qui ont fait la différence !

Changement de style, mais c’est aussi la spécificité de Dour, en compagnie des Ultramagnetic MC’s. Ils se produisent sous le Dance hall. Originaire du Bronx, ce groupe funk issu des 80’s s’est surtout forgé une réputation en faisant un usage intensif du sampler. Mais aussi à cause de textes à la fois déjantés et obscurs. Pas tellement étonnant, quand on sait que l’un des leaders, Kool Keith, a été plusieurs fois interné en hôpital psychiatrique. Ou que certains membres, à l’instar de Rooney Moon, sont constamment compromis dans des démêlés judiciaires. Sur le podium, trois MC’s et un DJ’s s’agitent. Ils dispensent un hip-hop old school à la Cypress Hill, Public Enemy ou House of Pain (qui sont d’ailleurs tous passés par Dour).

Poursuivons l’exploration des styles. Et pourquoi ne pas revoir Devendra Banhart, puisqu’il est capable de mettre tout le monde de bonne humeur ? Enfin c’est ce que je pensais. Tout d’abord, l’artiste a 20 minutes de retard sur l’horaire (NDR : ses techniciens semblaient s’empêtrer dans un fine-tuning sans fin), quand il débarque sur l’estrade, dans la Petite Maison dans la Prairie. En 2005, la foule chantait ses compos en chœur. En 2010, lors d’un set plus électrique, elle ne pouvait résister à taper du pied. Mais aujourd’hui, je ne parviens pas à pénétrer dans l’univers du Texan. Ses compos me semblent un peu trop versatiles, à l’instar de son dernier elpee, « Mala ». Puis, je ne parviens pas trop à comprendre, pourquoi, après seulement quelques titres, il abandonne le chant pour s’isoler discrètement sur le côté droit de la scène, afin de se consacrer à une percussion. Sans avoir oublié de présenter son guitariste Rodriguo Amarante, à qui il refile le micro. La prestation ne ressemble alors vraiment plus à rien. Trop, c’est trop donc.

Et ne voulant pas rester sur cette grosse désillusion, je trouve refuge sous la Jupiler X Marquee, où les Simian Mobile Disco, eux, j’en suis convaincu, ne vont pas nous tromper sur la marchandise. Il ne faudra que quelques titres pour que le band trouve sa vitesse de croisière. Le son finit même par devenir excellent (NDR : sur cette scène, cette qualité a constamment varié d’un set à l’autre). Les deux artisans James Ford et James Shaw se font face, et se livrent une sorte de battle, digne des meilleurs bidouilleurs. Les jeux de lumières flashy transforment rapidement l’espace en discothèque géante. Pas de doute, les Anglais connaissent parfaitement leur sujet. Mais l’heure avance, les basses commencent à accabler mes tympans. Et c’est sagement que je décide de rejoindre mes pénates, histoire ne pas accentuer l’acouphène, car il me reste encore une journée à couvrir…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

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