Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

logo_musiczine

Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Suede 12-03-26
dEUS - 19/03/2026
Festivals

Les Inrocks 2012 : jeudi 8 novembre

Écrit par

2012 célèbre donc le 25ème anniversaire du festival des Inrocks. Cette nouvelle édition, programmée du 5 au 13 novembre, s’arrêtait donc à Paris, Lyon, Nantes, Marseille, Toulouse et Lille. Et vu la proximité, c’est à l’Aéronef de Lille que Musiczine a couvert l’événement, ces jeudi 8 et vendredi 9 novembre. Peu de monde pour applaudir Poliça, lorsqu’il monte sur les planches, à 19h30. Un auditoire qui va progressivement gonfler, pour finalement bien investir les lieux, afin d’assister au set de The Vaccines.

Poliça nous vient de Minneapolis. Le line up réunit deux drummers, un bassiste, et une chanteuse qui bidouille régulièrement un petit pupitre électronique. Sur disque, la voix de Channy Leanagh est martyrisée par un vocodeur. Sur les planches, on est vraiment surpris par son timbre presqu’angélique. Mince, pour ne pas dire maigre, elle arpente le podium de long en large. Son bassiste, également très bon vocaliste, lui donne parfois la réplique au chant. De leur demi-heure de prestation, on retiendra surtout deux compos : « Dark Star » et « Wandering Star ». Pour le reste, si la formule est originale, le recours à deux batteurs me semble inutile, surtout si c’est pour jouer la même partition. Remplacer un de ces musiciens par un percussionniste pourrait certainement apporter davantage de profondeur à leur musique…

Place ensuite à la bonne surprise de la soirée : Phantogram. Un duo formé par Sarah Barthel et John Carter. Le couple se partage les vocaux. Sarah se charge des synthés et John de la guitare. En ‘live’, ils sont soutenus par un drummer. Sarah est une très jolie fille. Très sexy aussi. Toute vêtue de cuir. Noir, comme sa chevelure. Derrière son mini pupitre, elle entretient les couches de sonorités ‘noisy’. Sa voix est claire, mais aussi bien capable de se fondre dans la douceur que de libérer ses instincts sauvages. John dispense des accords de gratte, le plus souvent, tintinnabulants. ‘Shoegaze’ aussi. Tel un ouragan, ce mélange d’électronique et d’organique dévaste tout sur son passage. Le groupe n’est pas new-yorkais pour rien. On en est encore soufflé…

Fondé par le chanteur Asca Taccone et le drummer Matthew Compton, Electric Guest a été rejoint par les frères Todd et Torry Dahlhoff, respectivement bassiste et claviériste, en 2011. Paru cette année, son premier opus, « Mondo », a bénéficié du concours de Danger Mouse, à la production. Première constatation, Asca n’est pas plus grand que Prince. Et sa voix de ténor est capable de passer en falsetto, à l’instar du kid de Minneapolis. Il se déplace sur l’estrade un peu à la manière d’un crapaud, et vient de temps à autre pianoter sur un clavier. Le répertoire d’Electric Guest oscille entre compos pop et ballades mélancoliques, des chansons trempées dans une soul un peu rétro. Quant aux lyrics, ils traitent de la solitude et du déchirement entre les aspirations artistiques du vocaliste et son confort matériel. Qui ne devrait pas trop tarder à lui ouvrir les bras, tant la musique de la formation de Los Angeles est formatée pour la bande FM.

Il revenait à The Vaccines de clôturer la première journée du festival. A ce moment de la soirée, la salle est enfin comble. Un quatuor londonien qui fait le buzz, en Grande-Bretagne, depuis l’an dernier. Et pourtant on ne pas dire que leur musique soit novatrice. Puisant ses sources aussi bien chez The Strokes, The Ramones et Jesus & Marychain, elle me fait plutôt penser à celle des Arctic Monkeys. Surtout en live. Physiquement, le guitariste ressemble à Paul Simonon (NDR : même dégaine en plus), alors que le bassiste a le look pour postuler chez les Datsuns. The Vaccines va nous livrer un set de 55 minutes bourré d’énergie, puisant son répertoire au sein de ses deux premiers opus (« Come of age » et « What Did You Expect From The Vaccines? »). Bourré d’énergie, très rock’n’roll, mais bien balancé, démontrant que l’expérience acquise au fil des concerts, commence à payer. D’ailleurs le public ne s’y est pas trompé en acclamant leur prestation. Un reproche ? Ben oui. Après le morceau final, le combo s’est barré. Pas un signe, pas un merci. De quoi court-circuiter l’idée même d’un éventuel rappel. C’est sans doute ce qu’on appelle l’attitude punk…

(Organisation : Les Inrocks et l’Aéronef)  

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

Festival des libertés 2012 : vendredi 19 octobre

Écrit par

C'est une salle comble qui attend le groupe Birdy NamNam, vendredi soir au Théâtre National de Bruxelles, dans le cadre de l’édition 2012 du Festival des Libertés. Mêlant hip-hop et musiques électroniques, ce groupe français réunit quatre DJ. Ses prestations scéniques sont devenues une marque de fabrique. Ils scratchent simultanément sur quatre platines, se répartissant et s'échangeant la ligne de basse, le solo, les rythmes et le thème principal. Acclamé tant par le public que par la presse, Birdy NamNam a reçu de nombreux prix, et se produit depuis 2005 un peu partout dans le monde.

Ce concert, très attendu par un public bruxellois venu en masse, débute en apothéose. Le décor majestueux reçoit les quatre musiciens. Ils semblent minuscules, devant un public exalté avant-même le début du set. Le concert commence dans une bouffée d'applaudissements et de sifflements flatteurs. Immédiatement, les corps gigotent, déchaînés. Les protagonistes lancent leur show, dansant au rythme des vinyles qu'ils scratchent avec délice, et des boutons qu'ils chipotent avec une précision de métronome. Les curseurs sont poussés à fond, le volume fait vibrer le sol, les cages thoraciques et les neurones. Les rythmes s'accélèrent et les yeux ne sont pas en reste, éblouis par le jeu de lumières alternant flashes multicolores, rayons tourbillonnaires et autres effets stroboscopiques.

Tapissant l'arrière-scène, un dessin d'aigle gigantesque mêle iconographie antique, religieuse et industrielle.

L'ambiance est bien présente ; les morceaux se succèdent naturellement ; et pourtant, petit à petit, l'énergie s'essouffle et la salle se désemplit insensiblement. Les titres se suivent et se ressemblent, similaires dans leur intensité, leur construction rythmique, leur tempo.

Faut dire que la position surélevée des DJs nous empêche de voir ce qu'ils bidouillent, nous interdisant ainsi le plaisir d'observer les correspondances entre gestes et sonorités, de démêler ce qui relève du scratch ou du jeu de machines.

La musique est urbaine et sauvage. Certes, la mécanique est bien huilée, mais elle semble avoir perdu l’audace des premières années.

Si on se réfère aux musiques expérimentales dispensées dans de petites salles underground de la capitale, il est indéniable que les artistes exploitent bien mieux leur potentiel. Qu’ils nous offrent une plus grande diversité de création et un pouvoir de fascination, liés, sans doute, à leur prise de risque et à leur singularité.

Le concert de Birdy Nam Nam, ce soir, ressemblait à une prise de drogue en accéléré : exaltation, effets hypnotiques, et dégringolade pénible, presque agressive pour les sens.

Birdy Nam Nam

 

Les Heures InD 2012 : 5, 6 et 7 octobre

Écrit par

Un ciel d’automne déborde de chagrin, comme un lavis peint par Emile Zola.
Et moi, et moi, et moi.
Liège s’arc-boute, laissant tomber son manteau de pluie pour accueillir ses enfants transis.
Et s’illumine de toutes parts comme pour réchauffer les cœurs meurtris.
Patchwork d’événements éparpillés aux coins de la ville.
Sonorités urbaines, renaissance cold wave : tous unis dans la même idylle.
Liège éclectique, à l’instar de cette affiche InD.
Liège plurielle, pour un festival scindé.

Projeté dans un bain de jouvence dès le premier soir, je nage à contre-courant.

Et pourtant l’ambiance demeure bon enfant.

Mon grand âge ainsi que le misérabilisme tragique et romantique qu’il traîne ne pourront appréhender le menu de ce vendredi, sans une once de scepticisme.

Je concède donc volontiers le savoir faire de Foreign Beggars dont l’entrain communicatif reste le fer de lance d’une musique somme toute assez conventionnelle dans le registre ‘Say Oh-Say Yeah-c’est tout’.

Quant à l’absolu génie commercial d’OrelSan, il envoie mille cinq cents spectateurs euphoriques en apesanteur, et me projette dans le temps et un espace bien plus approprié à mes rhumatismes auditifs.

Exit donc, les jeunes, place aux anciens.

Dans une ambiance nettement plus sobre, se déclinent alors les sonorités graves et parfois teintées de sépia, d’artistes hors du temps, hors des modes.

Auparavant, V.O. se sera collé comme le miel à la bouche, tout en douceur.

Et Lescop, sensation hexagonale aura remis au goût du jour les surgelés d’un Etienne Daho enduit de mascara.

L’occasion de constater que c’est sur la corde monotone d’un organe vocal limité que se joue la New Wave de la New Wave. Et que quelques belles envolées soniques en fin de set, peuvent enterrer les premiers doutes semés dans la forêt.

Oui, ce garçon ténébreux a la capacité de nous entraîner dans son sillage et nous perdre dans la syntaxe de ses textes obscurs.

Quand arriveront les heures Hindoues.

Mais pour l’instant, c’est aux majestueux Tindersticks que nos sens s’abandonnent.

Livrés à eux-mêmes dans les tourments de l’existence, offerts à cette musique qui défile comme la bande son de nos vies, battant nos tympans comme le ressac dans nos océans de tristesse.

Tragique et romantique, je le répète !

D’abord « Blood » monte à la tête. Puis s’ensuit une paralysie quasi générale. Lente, vénéneuse. Pour enfin s’envoler et s’estomper dans le sillage des amertumes.

Apaisé en apogée par un « Medicine » feutré.

Sobre, efficace. Un rien trop calme. Un rien trop bref.

Puis le vent se lève dans la peine, au chant d’un certain Dominique A.

Je vois les nuages passer

Le ciel s'ouvrir

J’écoute la rivière se taire

Noyant un lyrisme exacerbé dans un tourbillon de guitares tour à tour rugissantes ou contrôlées, le Français est traversé par des lueurs, de ces lueurs qui déchirent les persiennes.

Magnifique et souriant, dépouillé des cuivres du début de tournée, il s’ouvre au public, et se confie en diagonale.

Certes maniéré, ce qui en agace plus d’un, son chant perclus de gimmicks berce néanmoins cette nuit humide et froide.

« Le courage des oiseaux » revisité valant à lui seul le détour.

Enfin, soumis aux émanations d’alcool, les corps se libèrent dans la chaleur de la salle voisine, pour une soirée battue aux sonorités d’hier.

Demain, il fera moins froid.

Et comme disait Daho :

Oublier cette putain de pluie, la nuit est finie

Peut-être enfin demain nous appartient

Et de fait, le soleil s’immiscera dans cette après-midi de dimanche.

Quant à votre serviteur, il manquera à l’appel de cette dernière journée, au cours de laquelle, le ouaté de Cold Specks se sera mélangé aux tonitruantes expérimentations de Benjamin Schoos et de son septuor accoquiné pour l’occasion à Damo Suzuki, et au classicisme façon Burgalat.

Heures InD, rentrer tôt
Tôt ou tard c'est comme on le sent
Et j'ai l'idée de m'élever dans l'espace
Oublier ce putain d'ennui, la nuit est finie
Je sais enfin que demain nous appartient.

 

Bucolique 2012 : samedi 25 août

Fuyant une actualité devenue folle (la mort d’un cycliste qui a marché sur la lune et le visage du Christ défiguré par une vielle dame aux talents incertains), votre paire malicieuse s’est abritée ce week-end dans un havre de paix, logé au cœur du Condroz.

Relogé aux pieds du château de Ville-My pour sa septième édition, le Bucolique reste, à bien des égards, un événement hors du commun.

Prouvant si besoin est qu’il n’est nul besoin d’attirer des stars internationales pour concocter une affiche de choix. 

 Au menu, éco-responsabilité, nourriture de qualité à prix défiant la concurrence, joutes théâtrales, fanfares endiablées, et surtout, surtout, quelques fleurons de notre pays, loin d’être plat quand on aborde son versant musical.

Samedi 25 août.

Appréhendés par une vache au regard hagard et sollicités par une coccinelle hérétique, nous arrivons en retard sur le site verdoyant du festival, absolument confus et contrits à l’idée d’avoir manqué The Themis et de devoir ici relater les impressions d’un spectateur ou l’autre trié sur le volet.

Hélas, après de vaines recherches, il nous sera impossible de retrouver l’une des trois personnes présentes à cette heure précoce du jour.

A vrai dire, Recorders a déjà entamé son set, et le public est encore parsemé sous la toile du chapiteau, alors que nous nous y engouffrons.

Armé de bonne volonté, le jeune combo s’évertue à sensibiliser la maigre assistance à force de mélodies teintées sombrement d’une vague loin d’être nouvelle.

Si le single « Someone Else’s Memory » jouit d’un certain intérêt sur les ondes positives d’une certaine radio FM, le résultat en ‘live’ reste encore pâlichon et demande à être réexaminé dans des conditions plus propices.

Le public recèle encore de nombreux curieux mal éveillés quand Gaëtan Streel et ses quelques musiciens décident de poser leurs valises emplies de rêves et d’escapades ensoleillées sous les projecteurs de l’unique scène du jour.

Amputé d’une bonne partie de son groupe et rejoint in extremis par sa claviériste, le talentueux Liégeois distille son folk aérien ; et comme d’hab’, l’artiste est de charmante humeur.

Le répertoire issu de son premier et élégant premier album (« One Day Day At A Time » publié chez Jaune Orange), enrichi d’un inédit en mode test, ravit les grappes d’auditeurs qui commencent à se former, et timidement se regrouper.

Habitué à se produire devant bien plus de peuple, Gaëtan affiche pourtant la même volonté de donner le meilleur de lui, et offre ses chansons avec autant de générosité qu’il ne nous gratifie de son sourire.

« Whatever I Shall Say » et « I’m Gonna Get Through Fall » lancés en éclaireurs dans les brumes épaisses de nos esprits encore anesthésiés par la nuit Electro de la veille, et en arrière plan, ces images cinématographiques qui s’impriment dans nos imaginaires à l’écoute de ces pépites pop, tantôt sucrées, tantôt enlevées, toujours empreintes d’une douce nostalgie ensoleillée.

Quelques bouffées de soleil plus tard, nous sommes confrontés à une grande énigme : Stereo Grand.

La première impression que la formation nous avait laissée, en mai dernier, à Liège, était pour le moins mitigée.

Il faut dire que le groupe cultive un sens quelque peu démesuré du spectacle.

Une scénographie fort imposante. Des éclairages sophistiqués destinés à jouer sur les contrastes blancs. Des milliers d’euros de matériel. Bref, un équipement qui fait quelque peu tache dans un cadre bucolique.

Du coup, on craint une poussée d’ego surdimensionné et d’arrogance mal à propos.

Que nenni !

Les compos sont certes ultra communément pop, mais elles lorgnent avec insistance outre-Manche voire outre-Atlantique ; cependant, l’interprétation ne manque ni de gouaille, ni de panache et la maîtrise est parfaite. Conclusion, SG ne se la joue absolument pas en conquérants.

Si ces jeunes gens bien propres sur eux se rêvent sûrement plus à Wembley qu’en plein cœur d’une nature campagnarde, et bien sur scène, cet état d’esprit ne transparaît pas.

L’habit ne fait donc décidément pas le moine. Ce qu’illustre parfaitement ce combo belgo-écossais au travers de son album « The Invisible Wall ».

Malheureusement, pour d’affreuses raisons de timing, le set doit être écourté.

Alors, humbles et nimbés de couleurs, le Stereo Grand s’en est allé.

Laissant derrière lui une excellente impression.

L’heure est au grand écart, en compagnie de BRNS, quatuor qui confirme tout le bien qu’on dit de lui, et ce, de prestations en prestations.

Une explosion de contrastes entre atmosphères nuancées.

Inventive sans être rébarbative, leur musique semble embrasser plusieurs styles tout en se révélant particulièrement cohérente, formant un patchwork résolument emballant, le tout dans une bonne humeur communicative.

De Ferrières à Mexico, le vol ne prend pas plus d’une poignée de secondes. Vol malheureusement écourté pour d’affreuses raisons de timing (impression de déjà vu).

Anecdotes de comptoir et coulées de bières fraîches dans les pissoirs, et on repart de plus belle.

Place au cuir version simili et à la sueur labellisée Narta. Le trio Elvis Black Stars vient de monter sur les planches.

Efficace, certes, mais un poil trop sobre et maniéré que pour convaincre réellement. Il y a néanmoins, de la bonne volonté et de la qualité.

Mais dans ce registre, la différence se joue sous la ceinture, et cet Elvis semble manquer de poids.

Le son est puissant, mais la trique est molle.

Il y a de la gomina, là où on souhaite du cambouis, et du marcel qui transpire trop proprement.

Rien d’affligeant, juste un peu dérangeant. Mais pas de quoi gâcher l’agréable sentiment d’une après-midi se terminant.

Petit tour au château, avant la dernière ligne droite, où nous sommes accueillis de fort agréable manière (c’est aussi ça, le Bucolique Festival).

Quelques ‘coupettes’ de champagne plus tard, alors que le soleil s’apprête à lécher l’horizon, Dan San caresse l’atmosphère de ses délicates sonorités.

Nimbées d’une aura mystérieuse, délicates et fragiles, malicieuses comme un feu follet, et enrobées d’imperceptibles subtilités, les chansons du combo liégeois s’expriment mieux dans des endroits plus confinés mais se saisissent néanmoins des attentions, à cette heure, toutes prêtes à être détournées.

La nuit avance se diluant dans le ciel, et les silhouettes se fondent à présent dans l’opacité de l’air.

Suivant le tracé d’une montagne qui se dessine sous nos yeux, nos esprits vagabondent le long de la scène, où s’installent bientôt les prémices d’une surprise de taille.

Quelque peu refroidi par quelques prestations acoustiques, somme toute sympathiques mais qui n’avaient guère éveillé en notre fors intérieur, une flamme passionnelle, je constate que les Great Mountain Fire ont décidé de se brancher sur l’électricité. Et c’est une très bonne nouvelle !

Et chevauchant le vent, vont cette fois nous démontrer l’étendue de leur talent.

De fait, maîtrisant parfaitement leurs sujets, ces seigneurs des grands espaces mêlent l’élégance pop à la fulgurance du rock sur leur album « Canopy » ; un génie perceptible sur disque qui prend pourtant toute son envergure quand le groupe déploie ses ailes comme ce soir.

Une prestation de toute grande facture qui interpelle et semble poser les jalons d’une conquête de territoires toujours plus vastes.

Le meilleur moment de ce week-end, à n’en pas douter.

Ravi par tant d’excellence, il me reste à trancher entre faire ripaille en bonne compagnie ou subir le concert (NDR : qui a dit horrible ?) de Joshua.

Conversant avec quelques poissons rouges en manque d’oxygène, je ne vois pas le temps passer, et oh ! Zut ! J’ai raté Joshua.

Tant pis !

Il se fait tard et la nuit est loin d’être finie.

Montevideo installe donc son rock élégant entre les étoiles.

Son chanteur charismatique dépose sa voix suave sur des compositions nichées dans le creux du temps, entre différentes époques.

Libre et décomplexée, la musique de ce groupe se moque des étiquettes et instaure un climat chatouillant légèrement les sens.

Alors que DJ Grounchoo s’installe derrière les platines, vos serviteurs sont déjà noyés dans l’obscurité de la plaine.

Il fût un temps où être Belge était un handicap de taille sur la scène musicale.

Aujourd’hui, en proposant une affiche presqu’exclusivement issue du terroir, le Bucolique peut se targuer d’avoir, si non amassé les foules, au moins offert un large panel des plus belles promesses de nos contrées.

Et comme ce qui était à Ferrières ne sera plus à faire demain…

(Organisation : ASBL Bucolique)

 

Bucolique 2012 : vendredi 24 août

Fuyant une actualité devenue folle (la mort d’un cycliste qui a marché sur la lune et le visage du Christ défiguré par une vielle dame aux talents incertains), votre paire malicieuse s’est abritée ce week-end dans un havre de paix, logé au cœur du Condroz.

Relogé aux pieds du château de Ville-My pour sa septième édition, le Bucolique festival reste, à bien des égards, un événement hors du commun.

Prouvant si besoin est qu’il n’est nul besoin d’attirer des stars internationales pour concocter une affiche de choix. 

Au menu, éco-responsabilité, nourriture de qualité à prix défiant la concurrence, joutes théâtrales, fanfares endiablées, et surtout, surtout, quelques fleurons de notre pays, loin d’être plat quand on aborde son versant musical.

Vendredi 24 août

A mi-chemin entre promenade champêtre et rendez-vous à la mode des jeunesses écolos presqu’ardennaises, le Bucolique est avant tout un festival musical dans la pure tradition électro-rock. Et pour être certain de bien cerner un public toujours plus exigeant, les deux styles dominants trouvent refuge dans une journée qui leur est totalement consacrée. Le vendredi fait la part belle aux sonorités synthétiques et électroniques tandis que le samedi devient un ersatz de La Mecque du rock belge.

Difficile de bâtir affiche plus cohérente et alléchante pour une manifestation de cette ampleur, le line up du premier soir laisse pantois. Alliance subtile entre produits du terroir (Compuphonic, Jona, Kolombo, Attar! et les frapadingues de la Disco Mafia) et talents extérieurs à nos frontières peu habitués aux chapiteaux de campagne (Clara Moto, Alex Gopher et Agoria). Reste à savoir comment le public réagira … et c’est justement ici que le bât blesse. Peu enclin à se laisser transporter vers d’autres horizons, l’audience parsemée ne se laisser aller qu’à l’approche d’une turbine à peine dissimulée, signe révélateur d’une triste réalité. La douce mais glaciale Autrichienne (comprenez Clara Moto) en a fait les frais. Trop minimaliste et trop élitiste, son set s’est soldé par un fiasco tout à fait prévisible. Faut dire que lorsqu’on absente pendant plus de deux ans… Très regrettable, quand on connaît le talent de la Teutonne.

Au-delà de ce flop annoncé, on pouvait classer les performances de la soirée en 3 autres catégories. Ceux qui ont dû jouer dans une indifférence quasi-générale ; la faute à une tranche horaire délicate ou à des conditions climatiques désastreuses par intermittence. Navrante constatation pour ces artistes qui méritaient sans doute une assemblée moins clairsemée.

Ceux qui étaient présent en territoire conquis suite aux multiples prestations précédentes accordées en ces même lieux (ou presque).

Et enfin ceux dont le dépucelage de Ferrières s’est opéré en douceur et brillamment. En effet, les deux dj’s de l’Hexagone ont livré, chacun dans leur style, une prestation claire, nette et sans bavure. De quoi prouver à celles et ceux qui en doutaient encore qu’ils sont pétris de talent.

Au final, de cette soirée électronique, nous retiendrons le nouveau cadre semi-naturel, bien plus en adéquation avec l’esprit du festival, des prix pratiqués, en général très démocratiques, et une affiche harmonieuse que les organisateurs sont parvenue à ficeler, sans trop se mouiller…

(Organisation : ASBL Bucolique)

 

Pukkelpop 2012 : samedi 18 août

Écrit par

Seule journée affichant complet, ce samedi était clairement celle qu’il ne fallait manquer à aucun prix, si vous ne disposiez pas de combiticket. C’est aussi celle qui, pour de nombreux festivaliers, voire artistes, rappelait un douloureux souvenir. Et pour cause, le 18 août 2011, soit exactement un an plus tôt une tornade s’abattait sur le site du Pukkelpop, faisant de nombreux blessés, mais surtout cinq victimes.

Aujourd’hui, tout comme la vieille, le soleil tape très fort. Il atteindra même les 35 degrés centigrades. La déshydratation guette ! Une bonne excuse pour se désaltérer auprès des nombreux bars installés aux quatre coins de la plaine. 

La journée débute par le groupe californien Ceremony. Rien de tel que du noise-punk pour réveiller les esprits encore à moitié endormis des festivaliers. Certains ne semblent d’ailleurs pas gênés par l’heure précoce (il est 11h30-12h) et affichent une forme étincelante, en  pogotant devant le Shelter.

Le concert à peine terminé, on est déjà face à un choix cornélien. Soit on opte pour le set de la formation belge Oscar and the Wolf ou le quintet londonien Dry the River. Finalement on décide d’assister à celui du trio gantois. Faut dire qu’il est actuellement un des groupes noir/jaune/rouge les plus intéressants du moment. D’ailleurs, il enchaîne les dates depuis plusieurs mois. Il dispose d’une demi-heure pour défendre son Ep, « Summer Skin ». Et il s’en sort parfaitement. Les formations nationales vont même plutôt s’en tirer plus qu’honorablement toute la journée…

A l’instar de Kiss the Anus of the Black Cat, mais également Flying Horseman, malgré une musique pas toujours facile d’accès. K.T.A.O.T.B.C. est drivé par le troubadour barbu Stef Heeren. Le groupe pratique une sorte d’acid folk qui baigne au sein d’une atmosphère moyenâgeuse. Intitulé « Weltuntergangsstimmung », son dernier elpee, est paru en 2012. Leur set est ténébreux, shamanique, dans l’esprit de 16 Horsepower….

Flying Horseman se produit dans le Wablief. A sa tête, le guitariste Bert Dockx. Ici le climat est aussi sombre, mais il est le fruit d’un mélange de post rock et de blues. « Twist », leur dernier opus est également paru cette année. Le groupe anversois reconnaît pour influences majeures Joy Division, Bill Callahan, Talk Talk et le Velvet Underground. Balisées par les cordes de guitares, les compos sont construites suivant un mode crescendo. Elles débutent dans la quiétude, puis s’élèvent progressivement, poussées par le tempo tribal, avant d’atteindre un climat de tempête, caractérisé par des explosions de fuzz, de distorsion et de drums…

A partir de 16h, place aux grosses pointures. Tout d’abord, Stephen Malkmus and the Jicks. Sous le Marquee. Flanqué de son nouveau backing group, Malkmus déçoit. Son aventure vécue chez Silver Jews n’était déjà pas exceptionnelle. Depuis qu’il a délaissé Pavement, il faut avouer qu’il est sur la pente descendante. Manifestement, son passé le poursuit. Même ses derniers albums ne parviennent pas à sauver la mise…

Quant aux Shins de James Mercer, alternant morceaux majestueux (« Saint Simon », « So Says I », « Kissing the Lipless ») et titres sans grande consistance, leur set est trop inégal pour convaincre…

Vers 18 heures, tant les festivaliers que les artistes vont observer une minute de silence, en hommage aux victimes du drame de l’an dernier.

Ce sont ensuite les Hives qui vont enflammer la Main Stage en faisant la part belle aux guitares. Dix ans que la formation suédoise nous sert la même recette. Mais elle est préparée avec tant de passion qu’on ne peut y résister. Les musicos sont vêtus de leurs rituels costards noir et blanc. Pelle Amsqvist saute, hurle, fait virevolter son micro. Le soleil tape dur, mais la formation venue du froid n’en a cure. D’ailleurs tous les musicos termineront le concert complètement trempés.

On jette un œil et une oreille à la prestation de The Antlers au Club. Après le spectacle que nous venons de vivre, difficile d’accrocher à leur noisy/pop qui baigne au sein d’une atmosphère chargée de spleen. Pourtant, le combo nous réserve l’un ou l’autre morceau bien senti. A l’instar d’« I Don’t Want Love », au cours duquel un frisson nous parcourt l’échine…

Place aux Black Keys. Depuis leur dernière tournée, le duo est soutenu par deux musicos supplémentaires. Ce qui nuit quelque peu au feeling sauvage de leur musique. Néanmoins, les compos dispensées sont impeccables. Le public massé devant la Main Stage est ravi et en redemande. La setlist privilégie les compos les plus récentes, et notamment celles du dernier opus, « El Camino ». Les puristes reprocheront sans doute un manque de spontanéité dans le chef de Dan Auerbach et Patrick Carney, mais manifestement The Black Keys est devenu un ‘grand groupe’…  

Jeff Tweedy et sa bande se produisent sous le Marquee. Juste avant que les Foo Fighters ne montent sur la scène principale. Afin de disposer d’une place idéale, la majorité du public décide de se planter devant la Main Stage. Conclusion, lorsque Wilco monte sur l’estrade, le chapiteau est presque vide. Tant pis et tant mieux, puisque cette situation va nous permettre de savourer une excellente prestation, démontrant en outre, que la notoriété grandissante du band chicagolais n’est pas usurpée

Vu les circonstances, Foo Fighters n’avait donc pu accorder son set l’an dernier. Dave Grohl et son team avaient promis de revenir, cette année. Promesse tenue. Et pour un ‘gig’ particulièrement réussi. La puissance est de rigueur. La setlist épingle des titres devenus maintenant cultes, tels « My Hero », « Pretender » ou encore « Dear Rosemary », un superbe ‘best of’, au cours duquel l’ex-Hüsker Dü, Bob Mould (NDR : il avait joué plus tôt dans l’après-midi) vient les rejoindre sur l’estrade. Dave n’en oublie pas pour autant de dédier une chanson aux victimes.

Ce Pukkelpop s’achève pour nous au Shelter, afin de célébrer un autre grand retour, celui de Refused. Il ne date pourtant que depuis janvier 2012. Et autant en profiter, car le groupe a annoncé que leur reformation ne serait que temporaire. Le punk-hardcore de ce combo suédois est puissant, frénétique, sauvage et rapide. David Sandström frappe ses drums comme s’il avait un ennemi à tuer. Kristofer Steen et Jon Brännström arrachent littéralement les sonorités de leurs de leurs grattes. Et Magnus Flagge arrose le tout de ses interventions sulfureuses à la basse. L’attitude du leader, Dennis Lyxzén, évoque parfois un certain Scott Weiland (Stone Temple Pilots). Ses lyrics véhiculent d’inévitables pamphlets révolutionnaires quand ils ne traduisent par leur combat en faveur des droits des animaux. Il exhorte la foule au changement, en s’adressant tout particulièrement, à la nouvelle génération…  

C’est sur ces notes brutales que cette 27ème édition du festival s’achève. Un excellent cru ! Que ce soit chez les découvertes ou les artistes consacrés, tous ont participé à la réussite de cette édition 2012. Il a fait beau, il a fait chaud, l’affiche était superbe et l’ambiance au rendez-vous. Bref, tout était parfait. Le Pukkelpop est relancé pour de nombreuses années…

 

Pukkelpop 2012 : vendredi 17 août

Écrit par

Ce vendredi 17 août, le Pukelpop se réveille sous un soleil de plomb. Vu le temps pourri que nous avons connu, au cours des semaines précédentes, on ne s’en plaindra pas. Quoique ! Ce changement radical de conditions météorologiques est de nature à perturber pas mal de festivaliers. D’ailleurs, la recherche de parcelles ombragées va finir par devenir une leurs préoccupations favorites. Heureusement, les organisateurs ont prévu de distribuer des cannettes d’eau tout au long du festival. Et c’est une excellente initiative à souligner. Enfin, l’affiche de ce vendredi est caractérisée par la présence d’une flopée d’artistes ou de groupes qui se sont déjà produits au Pukkelpop ; parmi lesquels certains se sont forgés, depuis, une certaine notoriété…

Grandaddy s’est donc reformé. L’aventure en solitaire du leader, Jason Lytle, a tourné court. La formation californienne n’a rien perdu de son homogénéité. Coiffé de sa casquette fétiche, éternellement barbu, Jason n’a peut-être plus une voix aussi douce ; mais elle colle parfaitement aux compos. Parmi lesquelles on retrouve avec beaucoup de plaisir, « El caminos in the west », « The crystal lake », « AM 180 », « Summer here kids » ou « Stray dog & chocolate cake » Des compos qui peuvent virer dans le psychédélisme, à l’instar du ‘floydien’ « He’s simple, he’s dumb, he’s the pilot ». Et puis, la magie opère toujours. Comme avant la séparation du combo, en 2006. Et lorsque le band issu de Modesto balance « Now It’s On » sur la plaine de Kiewit, un frisson nous parcourt l’échine…

Autre retour attendu : les Stone Roses. De nombreux fans insulaires ont d’ailleurs fait le déplacement. Leurs deux albums remontent quand même à 1989 et 1994. Ce qui explique sans doute pourquoi les plus jeunes n’accordent que peu de crédit à la formation mancunienne. Pourtant, le band parvient à attirer une foule plus que conséquente devant la Main Stage. Et le groupe assure. Les riffs de guitare sont bourrés d’effets. La ligne de basse est profonde. Les drums conquérants. Et puis Brown est dans un bon jour. Le band va aligner la plupart de ses classiques, tels que « I Wanna Be Adored », « Waterfall/Don’t Stop », « Sally cinnamon », « Ten storey love song », une version remarquable de « Fools gold », « Waterfall », « Love spreads », « This is the one » et « I am the resurrection » ou encore « Made of Stone ». Un symbole du mouvement Madchester qui se produit au Pukkelpop ! Qui l’aurait cru ?

Dernier comeback du jour : Afghan Whigs. Le combo s’est reformé en 2001. Il est programmé au Marquee. Sa musique est toujours aussi ténébreuse et puissante. Et la voix de Greg Dulli, malgré ses nombreux détracteurs, plus que jamais bouleversante, comme si elle émanait du plus profond de son âme. En outre, la setlist épingle les classiques du band, dont « Crime scene », « Uptown again », « What jail is like », « Gentlemen », « 66 », « Going to town », « Debonair », « Miles iz ded » et « See & don’t see » ; mais aussi plusieurs compos écrites depuis que la formation s’est reformée, dont « See and don’t See » et la cover de Frank Ocean (NDR : qui a curieusement annulé cette année, tout comme Baroness), « Love Crimes ». Rien que du bonheur !

Autre résurrection, mais belge, Reiziger. Convulsif, leur rock a illuminé les plus belles heures de la scène indépendante noir/jaune/rouge. Leur set a tenu la route, enthousiasmant tant les mélomanes nostalgiques que les plus jeunes. Et pour cause, leur musique n’a pas pris une ride…

Après avoir évoqué les prestations de ces légendes vivantes du rock, place aux artistes contemporains. Tout d’abord la formation londonienne Breton. Et bien sûr Two Door Cinema Club. Le trio irlandais est venu défendre son dernier opus ; mais ce sont ses singles qui recueillent le plus de succès. Et en particulier « Do you want it all », « This is the life », «  Something good can work », « Eat that up, it’s good for you » et « You’re not stubborn ». Une réaction facile de la part de l’auditoire ? Vu la chaleur étouffante qui baigne alors le site, ce réflexe est compréhensible. D’autant que la pop sucrée et naïve dispensée par le combo met de bonne humeur pour le reste de la journée.

Sous le Marquee, vers 15h (NDR : on était d’ailleurs étonné de les voir programmés si tôt en journée !), les New-Yorkais de The Walkmen montent sur les planches. Le Marquee est plein à craquer. A l’instar de leur prestation accordée dans le cadre des dernières Nuits Botanique, l’aspect visuel de leur show est plutôt rudimentaire. En fait, leur musique se concentre essentiellement sur les performances vocales du chanteur, Hamilton Leithauser. Sa voix est puissante, précise, classieuse, impressionnante. Et la setlist épingle la plupart de leurs hits…

Eagles of Death Metal se produisait au Pukkelpop, pour la quatrième fois. Le dégaine très ‘yankee’ (NDR : cette moustache !), Jesse Hughes et sa troupe vont nous délivrer un excellent concert de rock’n’roll énergique, malsain et bigrement efficace. Un spectacle qui restera certainement dans les annales de cette 27ème  édition.

Contraste saisissant, lorsqu’apparaissent les musicos de Keane. Polis, propres sur eux, les Britons ont un look de futurs gendres. Mais leur pop/rock est tannant. Le quatuor va nous réserver un ‘best of’, parmi lesquels on épinglera « Somewhere Only We Know », « Crystal ball », « Bend & break », « Spiralling », « This is the last time », « Everybody’s  changing », « Somewhere only we know », « Is it any wonder » et encore « This is the Last Time ». Si le groupe s’était produit plus tard dans la soirée, il y a fort à parier que les briquets auraient éclairé la plaine.

Lykke Li était très attendue. Rien que sa voix de soprano est de nature à faire vibrer la foule. Mais le mélomane lambda a certainement dû se rendre compte que le style de la Suédoise n’est pas toujours très accessible. Lorgnant parfois vers The Knife, sa pop puise d’ailleurs à de multiples sources (NDR : depuis le trip hop à l’électronica, en passant par le folktronica, l’indie, le wonky, et j’en passe). Finalement, elle ne parviendra à secouer l’auditoire qu’en fin de parcours ; et tout particulièrement lorsqu’elle interprétera son succès planétaire, « I follow the River »...

Jens Kristian Matsson est également issu du même Royaume scandinave. Il est 22 heures, lorsqu’il débarque sur les planches du club. Mieux connu sous le patronyme de The Tallest Man on  Earth, le songwriter est seul. Armé de sa seule guitare, il ne craint pas d’affronter la foule. Cette dernière est rapidement bluffée par ses compos particulièrement efficaces : « King of Spain », « I Won’t Be Found », « The Gardener » ou encore « Love is All ». Un set époustouflant, digne de Bruce Cockburn voire de Luka Bloom! Qui sera ponctué d’un rappel.

Autant dire que cette deuxième journée s’est encore une fois merveilleusement bien passée. Il reste à retourner au camping pour se ressourcer ; car demain l’affiche est très riche. Et pour cause, y attend notamment  Wilco, Refused, Foo Fighters ou encore The Black Keys. Que demande le peuple ?

 

Pukkelpop 2012 : jeudi 16 août

Écrit par

Une année après le drame qui a frappé la plaine de Kiewit, le Pukkelpop s’est a nouveau déroulé normalement. Il aurait pu disparaître ; ce qui aurait été un grand vide pour le monde de la musique indépendante. Il a fallu du temps aux organisateurs pour se remettre de ce coup du sort. Aussi, pour prendre le maximum de protection possible, tous les arbres sur le site ont été abattus. Dommage, mais la sécurité était à ce prix. Pour l’édition 2012, sont donc prévues huit scènes où se produiront 200 groupes ou artistes, au sein d’une affiche on ne peut plus éclectique. De quoi remettre le festival campinois sur les rails. Et les mélomanes ont à nouveau répondu en masse, puisqu’il a attiré une moyenne de 60 000 spectateurs, par jour.

Par esprit de contradiction, la météo à banni la pluie et le vent. Pas même un seul nuage. Mais un soleil de plomb, responsable d’une chaleur accablante. Qui va régner durant les 3 jours. Mais place d’abord au premier jour du festival… 

Au Club se produit le trio étasunien Bowerbirds. Trempé dans le folk, leur dernier elpee a bien été reçu par la critique. Malheureusement la prestation n’est pas à la hauteur de nos attentes. Le son est un peu trop diffus ; et plusieurs morceaux sont nécessaires avant que les balances soient réglées correctement. Ce qui n’empêchera pas le combo d’aligner tous ses tubes. Episodiquement, on retrouve toute la magie de leur songwriting ; à l’instar de « Tuck the darkness in » ou encore « Stitch the Hem ». Bref, à l’issue de ce set, mon avis était mitigé. Probable que programmé dans le cadre intimiste du Castello, il aurait pu décoller. Faut dire que ce style musical est davantage adapté à ce type de configuration…

Sur la Main Stage, Snoop Dog vient de monter sur le podium. Il s’est converti en rasta et rebaptisé Snoop Lion. Au moins, le Californien a le mérite de nous faire rire. Il a conservé les artifices qui l’ont rendu célèbre ; et notamment son micro plaqué en or ainsi que les femmes-objets qui dansent autour de lui. Il nous réserve quelques morceaux choisis produits autrefois en compagnie de Dr Dre. Ce sont les seuls titres qui passent encore vraiment la rampe. Sans quoi, il faut bien avouer que Snoop Lion devient rapidement grotesque.

Cap sur le Castello pour y assister aux sets des Anglais de Alt-J et des Etasuniens de Chromatics. Malheureusement, impossible de pénétrer sous le chapiteau. Il est bourré comme un œuf. Il est vrai que la popularité du band de Leeds est montée en flèche, au cours des dernières semaines.

On se rabat donc vers le Marquee. Il y a aussi du peuple, mais on parvient quand même à se faufiler pour assister au concert des Islandais d’Of Monster and Men. Perso, leur folk pop est certainement allègre, mais il me semble un peu trop inspiré par Arcade Fire et Edward Sharpe. De leur répertoire, je retiendrai surtout leur hit, « Little Talks », repris en chœur par les spectateurs…

C’est au Shelter que nous allons enfin avoir notre première bonne surprise : The Bots. Un duo californien (NDR : issu de L.A., très exactement) réunissant les frères Mikaiah Lei et Anaiah Lei, respectivement âgés de 15 et 18 ans. Leur punk rock aux accents blues est à la fois rafraîchissant et énergique. Et évoque même parfois un autre tandem, qui se produira également dans le cadre du festival, dans deux jours, The Black Keys. Un bottleneck glissé à l’index, Mikaiah parcourt agilement son manche. Il fait aussi les cent pas sur l’estrade. La coupe afro, Anaiah Lei se déchaîne derrière ses fûts. Bref, que du bonheur ! Un groupe à suivre de très, très près.

Un détour par la Main Stage pour jeter un œil au show de Santigold s’impose. Elle est tout de vert vêtue. Et malgré un dernier elpee décevant, la Philadelphienne se débrouille plutôt bien. Elle nous réserve même un cocktail très fruité de hip pop, funk, soul et électro. Soutenue par des danseuses, elle semble s’amuser et se déhanche en interprétant une majorité de tubes issus de son premier opus, « Santogold », un disque publié en 2008.  

C’est à 18h30 que Django Django débarque. Au Club. Pas question, donc, de les louper. Vêtus de t-shirts mauves tachetés, les Ecossais s’en donnent à cœur joie. Depuis leur passage au Botanique, ils maîtrisent manifestement beaucoup mieux leur sujet. « Default », « Firewater », les titres s’enchaînent. Ces compos nous rappellent que leur premier album éponyme est certainement l’un des meilleurs de l’année. Convulsifs et exotiques, les rythmes alimentent un rock particulièrement dansant. Bref, en ce début de soirée, Django Django a mis littéralement le feu au Club…

Au Marquee, ce sont les Londoniens de Hot Chip qui sont au programme. Et eux aussi sont en grande forme. Il ne faut guère longtemps pour voir le public entrer en transe. Le plancher tremble sous les pas des festivaliers. Et la voix de farfadet, d’Alexis Taylor fait le reste. Un grand moment du festival.

Björk est donc la tête d’affiche de ce jeudi 16 août. Bien que se produisant sur la Main Stage, elle ne se gêne pas pour dispenser un set expérimental. Et quand un concert est aussi peu abordable, une partie du public déserte progressivement les lieux. Dommage, mais c’est ainsi. M’enfin, les nombreux espaces libres sur la plaine nous permettent aussi de respirer. Ce qui n’est pas plus mal. Son look est toujours unique en son genre. Elle est déguisée en poulpe noir et coiffée d’une perruque bleue fluo. Et elle nous plonge dans un univers semi-aquatique, semi-surréaliste, tout en prônant le retour à la nature. Ne reste plus qu’à y pénétrer. Pas vraiment évident, lorsqu’on a passé toute la journée à déambuler d’une scène à l’autre. Elle interprète notamment « Hunter », « Natura » et « Joga » ; mais hormis « Hunteren », casé en début de concert, et « Possibly Maybe », lors du rappel, les titres de son répertoire ne sont pas forcément les plus pop. L’album « Biophilia » forge même la majorité de la setlist. Björk est soutenue par un drummer, un préposé au laptop et une chorale féminine. La voix de l’Islandaise est toujours aussi particulière, même si elle monte moins dans les aigus. Un concert particulièrement audacieux qui a certainement dû plaire aux inconditionnels. Pour les autres, ou ça passait ou ça cassait…

Pour terminer cette première journée en beauté cap sur le Shelter pour assister à la prestation du rockeur sudiste Mike Ness, flanqué de son band, Social Distorsion. L’âge ne semble pas avoir de prise sur le leader. Il a enfilé un marcel et porte toujours des bretelles. Ses bras sont couverts de tatouages. La guitare lui tombe presqu’aux genoux. Les autres musicos sont plus jeunes. Mike est d’ailleurs le seul rescapé du line up originel. Et on est parti pour un set punk/rock bien huilé, quoique sans grand éclat. Bref un moment sympa, mais pas inoubliable.  

Mark Lanegan semble aussi avoir retrouvé une nouvelle jeunesse. Toujours aussi charismatique, l’ex-Screaming Trees/Queens of The Stone Age/Soulsavers est épaulé, pour la circonstance, par un backing group belge. Au menu, du rock’n blues ténébreux, sur lequel Lanegan vient poser son baryton. Puisant essentiellement son répertoire dans son dernier album, « Blues funeral », le set est tout bonnement époustouflant. Points d’orgue, « The Gravedigger’s Song », une compo qui va nous conduire au bord de l’envoûtement. Et puis “Methamphetamine blues”, au cours duquel Greg Dulli vient rejoindre Lanegan sur les planches, pour échanger un superbe duo vocal. Des moments inoubliables et un concert qui clôture la journée en beauté…  

Les plus résistants et les nightclubbers auront cependant encore le loisir de se défouler au Boiler, sous la houlette des Djs, tandis que les autres retourneront au camping afin d’essayer de récupérer, avant d’attaquer la deuxième journée…  

 

Page 47 sur 75