La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Bucolique 2012 : vendredi 24 août

Fuyant une actualité devenue folle (la mort d’un cycliste qui a marché sur la lune et le visage du Christ défiguré par une vielle dame aux talents incertains), votre paire malicieuse s’est abritée ce week-end dans un havre de paix, logé au cœur du Condroz.

Relogé aux pieds du château de Ville-My pour sa septième édition, le Bucolique festival reste, à bien des égards, un événement hors du commun.

Prouvant si besoin est qu’il n’est nul besoin d’attirer des stars internationales pour concocter une affiche de choix. 

Au menu, éco-responsabilité, nourriture de qualité à prix défiant la concurrence, joutes théâtrales, fanfares endiablées, et surtout, surtout, quelques fleurons de notre pays, loin d’être plat quand on aborde son versant musical.

Vendredi 24 août

A mi-chemin entre promenade champêtre et rendez-vous à la mode des jeunesses écolos presqu’ardennaises, le Bucolique est avant tout un festival musical dans la pure tradition électro-rock. Et pour être certain de bien cerner un public toujours plus exigeant, les deux styles dominants trouvent refuge dans une journée qui leur est totalement consacrée. Le vendredi fait la part belle aux sonorités synthétiques et électroniques tandis que le samedi devient un ersatz de La Mecque du rock belge.

Difficile de bâtir affiche plus cohérente et alléchante pour une manifestation de cette ampleur, le line up du premier soir laisse pantois. Alliance subtile entre produits du terroir (Compuphonic, Jona, Kolombo, Attar! et les frapadingues de la Disco Mafia) et talents extérieurs à nos frontières peu habitués aux chapiteaux de campagne (Clara Moto, Alex Gopher et Agoria). Reste à savoir comment le public réagira … et c’est justement ici que le bât blesse. Peu enclin à se laisser transporter vers d’autres horizons, l’audience parsemée ne se laisser aller qu’à l’approche d’une turbine à peine dissimulée, signe révélateur d’une triste réalité. La douce mais glaciale Autrichienne (comprenez Clara Moto) en a fait les frais. Trop minimaliste et trop élitiste, son set s’est soldé par un fiasco tout à fait prévisible. Faut dire que lorsqu’on absente pendant plus de deux ans… Très regrettable, quand on connaît le talent de la Teutonne.

Au-delà de ce flop annoncé, on pouvait classer les performances de la soirée en 3 autres catégories. Ceux qui ont dû jouer dans une indifférence quasi-générale ; la faute à une tranche horaire délicate ou à des conditions climatiques désastreuses par intermittence. Navrante constatation pour ces artistes qui méritaient sans doute une assemblée moins clairsemée.

Ceux qui étaient présent en territoire conquis suite aux multiples prestations précédentes accordées en ces même lieux (ou presque).

Et enfin ceux dont le dépucelage de Ferrières s’est opéré en douceur et brillamment. En effet, les deux dj’s de l’Hexagone ont livré, chacun dans leur style, une prestation claire, nette et sans bavure. De quoi prouver à celles et ceux qui en doutaient encore qu’ils sont pétris de talent.

Au final, de cette soirée électronique, nous retiendrons le nouveau cadre semi-naturel, bien plus en adéquation avec l’esprit du festival, des prix pratiqués, en général très démocratiques, et une affiche harmonieuse que les organisateurs sont parvenue à ficeler, sans trop se mouiller…

(Organisation : ASBL Bucolique)

 

Pukkelpop 2012 : samedi 18 août

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Seule journée affichant complet, ce samedi était clairement celle qu’il ne fallait manquer à aucun prix, si vous ne disposiez pas de combiticket. C’est aussi celle qui, pour de nombreux festivaliers, voire artistes, rappelait un douloureux souvenir. Et pour cause, le 18 août 2011, soit exactement un an plus tôt une tornade s’abattait sur le site du Pukkelpop, faisant de nombreux blessés, mais surtout cinq victimes.

Aujourd’hui, tout comme la vieille, le soleil tape très fort. Il atteindra même les 35 degrés centigrades. La déshydratation guette ! Une bonne excuse pour se désaltérer auprès des nombreux bars installés aux quatre coins de la plaine. 

La journée débute par le groupe californien Ceremony. Rien de tel que du noise-punk pour réveiller les esprits encore à moitié endormis des festivaliers. Certains ne semblent d’ailleurs pas gênés par l’heure précoce (il est 11h30-12h) et affichent une forme étincelante, en  pogotant devant le Shelter.

Le concert à peine terminé, on est déjà face à un choix cornélien. Soit on opte pour le set de la formation belge Oscar and the Wolf ou le quintet londonien Dry the River. Finalement on décide d’assister à celui du trio gantois. Faut dire qu’il est actuellement un des groupes noir/jaune/rouge les plus intéressants du moment. D’ailleurs, il enchaîne les dates depuis plusieurs mois. Il dispose d’une demi-heure pour défendre son Ep, « Summer Skin ». Et il s’en sort parfaitement. Les formations nationales vont même plutôt s’en tirer plus qu’honorablement toute la journée…

A l’instar de Kiss the Anus of the Black Cat, mais également Flying Horseman, malgré une musique pas toujours facile d’accès. K.T.A.O.T.B.C. est drivé par le troubadour barbu Stef Heeren. Le groupe pratique une sorte d’acid folk qui baigne au sein d’une atmosphère moyenâgeuse. Intitulé « Weltuntergangsstimmung », son dernier elpee, est paru en 2012. Leur set est ténébreux, shamanique, dans l’esprit de 16 Horsepower….

Flying Horseman se produit dans le Wablief. A sa tête, le guitariste Bert Dockx. Ici le climat est aussi sombre, mais il est le fruit d’un mélange de post rock et de blues. « Twist », leur dernier opus est également paru cette année. Le groupe anversois reconnaît pour influences majeures Joy Division, Bill Callahan, Talk Talk et le Velvet Underground. Balisées par les cordes de guitares, les compos sont construites suivant un mode crescendo. Elles débutent dans la quiétude, puis s’élèvent progressivement, poussées par le tempo tribal, avant d’atteindre un climat de tempête, caractérisé par des explosions de fuzz, de distorsion et de drums…

A partir de 16h, place aux grosses pointures. Tout d’abord, Stephen Malkmus and the Jicks. Sous le Marquee. Flanqué de son nouveau backing group, Malkmus déçoit. Son aventure vécue chez Silver Jews n’était déjà pas exceptionnelle. Depuis qu’il a délaissé Pavement, il faut avouer qu’il est sur la pente descendante. Manifestement, son passé le poursuit. Même ses derniers albums ne parviennent pas à sauver la mise…

Quant aux Shins de James Mercer, alternant morceaux majestueux (« Saint Simon », « So Says I », « Kissing the Lipless ») et titres sans grande consistance, leur set est trop inégal pour convaincre…

Vers 18 heures, tant les festivaliers que les artistes vont observer une minute de silence, en hommage aux victimes du drame de l’an dernier.

Ce sont ensuite les Hives qui vont enflammer la Main Stage en faisant la part belle aux guitares. Dix ans que la formation suédoise nous sert la même recette. Mais elle est préparée avec tant de passion qu’on ne peut y résister. Les musicos sont vêtus de leurs rituels costards noir et blanc. Pelle Amsqvist saute, hurle, fait virevolter son micro. Le soleil tape dur, mais la formation venue du froid n’en a cure. D’ailleurs tous les musicos termineront le concert complètement trempés.

On jette un œil et une oreille à la prestation de The Antlers au Club. Après le spectacle que nous venons de vivre, difficile d’accrocher à leur noisy/pop qui baigne au sein d’une atmosphère chargée de spleen. Pourtant, le combo nous réserve l’un ou l’autre morceau bien senti. A l’instar d’« I Don’t Want Love », au cours duquel un frisson nous parcourt l’échine…

Place aux Black Keys. Depuis leur dernière tournée, le duo est soutenu par deux musicos supplémentaires. Ce qui nuit quelque peu au feeling sauvage de leur musique. Néanmoins, les compos dispensées sont impeccables. Le public massé devant la Main Stage est ravi et en redemande. La setlist privilégie les compos les plus récentes, et notamment celles du dernier opus, « El Camino ». Les puristes reprocheront sans doute un manque de spontanéité dans le chef de Dan Auerbach et Patrick Carney, mais manifestement The Black Keys est devenu un ‘grand groupe’…  

Jeff Tweedy et sa bande se produisent sous le Marquee. Juste avant que les Foo Fighters ne montent sur la scène principale. Afin de disposer d’une place idéale, la majorité du public décide de se planter devant la Main Stage. Conclusion, lorsque Wilco monte sur l’estrade, le chapiteau est presque vide. Tant pis et tant mieux, puisque cette situation va nous permettre de savourer une excellente prestation, démontrant en outre, que la notoriété grandissante du band chicagolais n’est pas usurpée

Vu les circonstances, Foo Fighters n’avait donc pu accorder son set l’an dernier. Dave Grohl et son team avaient promis de revenir, cette année. Promesse tenue. Et pour un ‘gig’ particulièrement réussi. La puissance est de rigueur. La setlist épingle des titres devenus maintenant cultes, tels « My Hero », « Pretender » ou encore « Dear Rosemary », un superbe ‘best of’, au cours duquel l’ex-Hüsker Dü, Bob Mould (NDR : il avait joué plus tôt dans l’après-midi) vient les rejoindre sur l’estrade. Dave n’en oublie pas pour autant de dédier une chanson aux victimes.

Ce Pukkelpop s’achève pour nous au Shelter, afin de célébrer un autre grand retour, celui de Refused. Il ne date pourtant que depuis janvier 2012. Et autant en profiter, car le groupe a annoncé que leur reformation ne serait que temporaire. Le punk-hardcore de ce combo suédois est puissant, frénétique, sauvage et rapide. David Sandström frappe ses drums comme s’il avait un ennemi à tuer. Kristofer Steen et Jon Brännström arrachent littéralement les sonorités de leurs de leurs grattes. Et Magnus Flagge arrose le tout de ses interventions sulfureuses à la basse. L’attitude du leader, Dennis Lyxzén, évoque parfois un certain Scott Weiland (Stone Temple Pilots). Ses lyrics véhiculent d’inévitables pamphlets révolutionnaires quand ils ne traduisent par leur combat en faveur des droits des animaux. Il exhorte la foule au changement, en s’adressant tout particulièrement, à la nouvelle génération…  

C’est sur ces notes brutales que cette 27ème édition du festival s’achève. Un excellent cru ! Que ce soit chez les découvertes ou les artistes consacrés, tous ont participé à la réussite de cette édition 2012. Il a fait beau, il a fait chaud, l’affiche était superbe et l’ambiance au rendez-vous. Bref, tout était parfait. Le Pukkelpop est relancé pour de nombreuses années…

 

Pukkelpop 2012 : vendredi 17 août

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Ce vendredi 17 août, le Pukelpop se réveille sous un soleil de plomb. Vu le temps pourri que nous avons connu, au cours des semaines précédentes, on ne s’en plaindra pas. Quoique ! Ce changement radical de conditions météorologiques est de nature à perturber pas mal de festivaliers. D’ailleurs, la recherche de parcelles ombragées va finir par devenir une leurs préoccupations favorites. Heureusement, les organisateurs ont prévu de distribuer des cannettes d’eau tout au long du festival. Et c’est une excellente initiative à souligner. Enfin, l’affiche de ce vendredi est caractérisée par la présence d’une flopée d’artistes ou de groupes qui se sont déjà produits au Pukkelpop ; parmi lesquels certains se sont forgés, depuis, une certaine notoriété…

Grandaddy s’est donc reformé. L’aventure en solitaire du leader, Jason Lytle, a tourné court. La formation californienne n’a rien perdu de son homogénéité. Coiffé de sa casquette fétiche, éternellement barbu, Jason n’a peut-être plus une voix aussi douce ; mais elle colle parfaitement aux compos. Parmi lesquelles on retrouve avec beaucoup de plaisir, « El caminos in the west », « The crystal lake », « AM 180 », « Summer here kids » ou « Stray dog & chocolate cake » Des compos qui peuvent virer dans le psychédélisme, à l’instar du ‘floydien’ « He’s simple, he’s dumb, he’s the pilot ». Et puis, la magie opère toujours. Comme avant la séparation du combo, en 2006. Et lorsque le band issu de Modesto balance « Now It’s On » sur la plaine de Kiewit, un frisson nous parcourt l’échine…

Autre retour attendu : les Stone Roses. De nombreux fans insulaires ont d’ailleurs fait le déplacement. Leurs deux albums remontent quand même à 1989 et 1994. Ce qui explique sans doute pourquoi les plus jeunes n’accordent que peu de crédit à la formation mancunienne. Pourtant, le band parvient à attirer une foule plus que conséquente devant la Main Stage. Et le groupe assure. Les riffs de guitare sont bourrés d’effets. La ligne de basse est profonde. Les drums conquérants. Et puis Brown est dans un bon jour. Le band va aligner la plupart de ses classiques, tels que « I Wanna Be Adored », « Waterfall/Don’t Stop », « Sally cinnamon », « Ten storey love song », une version remarquable de « Fools gold », « Waterfall », « Love spreads », « This is the one » et « I am the resurrection » ou encore « Made of Stone ». Un symbole du mouvement Madchester qui se produit au Pukkelpop ! Qui l’aurait cru ?

Dernier comeback du jour : Afghan Whigs. Le combo s’est reformé en 2001. Il est programmé au Marquee. Sa musique est toujours aussi ténébreuse et puissante. Et la voix de Greg Dulli, malgré ses nombreux détracteurs, plus que jamais bouleversante, comme si elle émanait du plus profond de son âme. En outre, la setlist épingle les classiques du band, dont « Crime scene », « Uptown again », « What jail is like », « Gentlemen », « 66 », « Going to town », « Debonair », « Miles iz ded » et « See & don’t see » ; mais aussi plusieurs compos écrites depuis que la formation s’est reformée, dont « See and don’t See » et la cover de Frank Ocean (NDR : qui a curieusement annulé cette année, tout comme Baroness), « Love Crimes ». Rien que du bonheur !

Autre résurrection, mais belge, Reiziger. Convulsif, leur rock a illuminé les plus belles heures de la scène indépendante noir/jaune/rouge. Leur set a tenu la route, enthousiasmant tant les mélomanes nostalgiques que les plus jeunes. Et pour cause, leur musique n’a pas pris une ride…

Après avoir évoqué les prestations de ces légendes vivantes du rock, place aux artistes contemporains. Tout d’abord la formation londonienne Breton. Et bien sûr Two Door Cinema Club. Le trio irlandais est venu défendre son dernier opus ; mais ce sont ses singles qui recueillent le plus de succès. Et en particulier « Do you want it all », « This is the life », «  Something good can work », « Eat that up, it’s good for you » et « You’re not stubborn ». Une réaction facile de la part de l’auditoire ? Vu la chaleur étouffante qui baigne alors le site, ce réflexe est compréhensible. D’autant que la pop sucrée et naïve dispensée par le combo met de bonne humeur pour le reste de la journée.

Sous le Marquee, vers 15h (NDR : on était d’ailleurs étonné de les voir programmés si tôt en journée !), les New-Yorkais de The Walkmen montent sur les planches. Le Marquee est plein à craquer. A l’instar de leur prestation accordée dans le cadre des dernières Nuits Botanique, l’aspect visuel de leur show est plutôt rudimentaire. En fait, leur musique se concentre essentiellement sur les performances vocales du chanteur, Hamilton Leithauser. Sa voix est puissante, précise, classieuse, impressionnante. Et la setlist épingle la plupart de leurs hits…

Eagles of Death Metal se produisait au Pukkelpop, pour la quatrième fois. Le dégaine très ‘yankee’ (NDR : cette moustache !), Jesse Hughes et sa troupe vont nous délivrer un excellent concert de rock’n’roll énergique, malsain et bigrement efficace. Un spectacle qui restera certainement dans les annales de cette 27ème  édition.

Contraste saisissant, lorsqu’apparaissent les musicos de Keane. Polis, propres sur eux, les Britons ont un look de futurs gendres. Mais leur pop/rock est tannant. Le quatuor va nous réserver un ‘best of’, parmi lesquels on épinglera « Somewhere Only We Know », « Crystal ball », « Bend & break », « Spiralling », « This is the last time », « Everybody’s  changing », « Somewhere only we know », « Is it any wonder » et encore « This is the Last Time ». Si le groupe s’était produit plus tard dans la soirée, il y a fort à parier que les briquets auraient éclairé la plaine.

Lykke Li était très attendue. Rien que sa voix de soprano est de nature à faire vibrer la foule. Mais le mélomane lambda a certainement dû se rendre compte que le style de la Suédoise n’est pas toujours très accessible. Lorgnant parfois vers The Knife, sa pop puise d’ailleurs à de multiples sources (NDR : depuis le trip hop à l’électronica, en passant par le folktronica, l’indie, le wonky, et j’en passe). Finalement, elle ne parviendra à secouer l’auditoire qu’en fin de parcours ; et tout particulièrement lorsqu’elle interprétera son succès planétaire, « I follow the River »...

Jens Kristian Matsson est également issu du même Royaume scandinave. Il est 22 heures, lorsqu’il débarque sur les planches du club. Mieux connu sous le patronyme de The Tallest Man on  Earth, le songwriter est seul. Armé de sa seule guitare, il ne craint pas d’affronter la foule. Cette dernière est rapidement bluffée par ses compos particulièrement efficaces : « King of Spain », « I Won’t Be Found », « The Gardener » ou encore « Love is All ». Un set époustouflant, digne de Bruce Cockburn voire de Luka Bloom! Qui sera ponctué d’un rappel.

Autant dire que cette deuxième journée s’est encore une fois merveilleusement bien passée. Il reste à retourner au camping pour se ressourcer ; car demain l’affiche est très riche. Et pour cause, y attend notamment  Wilco, Refused, Foo Fighters ou encore The Black Keys. Que demande le peuple ?

 

Pukkelpop 2012 : jeudi 16 août

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Une année après le drame qui a frappé la plaine de Kiewit, le Pukkelpop s’est a nouveau déroulé normalement. Il aurait pu disparaître ; ce qui aurait été un grand vide pour le monde de la musique indépendante. Il a fallu du temps aux organisateurs pour se remettre de ce coup du sort. Aussi, pour prendre le maximum de protection possible, tous les arbres sur le site ont été abattus. Dommage, mais la sécurité était à ce prix. Pour l’édition 2012, sont donc prévues huit scènes où se produiront 200 groupes ou artistes, au sein d’une affiche on ne peut plus éclectique. De quoi remettre le festival campinois sur les rails. Et les mélomanes ont à nouveau répondu en masse, puisqu’il a attiré une moyenne de 60 000 spectateurs, par jour.

Par esprit de contradiction, la météo à banni la pluie et le vent. Pas même un seul nuage. Mais un soleil de plomb, responsable d’une chaleur accablante. Qui va régner durant les 3 jours. Mais place d’abord au premier jour du festival… 

Au Club se produit le trio étasunien Bowerbirds. Trempé dans le folk, leur dernier elpee a bien été reçu par la critique. Malheureusement la prestation n’est pas à la hauteur de nos attentes. Le son est un peu trop diffus ; et plusieurs morceaux sont nécessaires avant que les balances soient réglées correctement. Ce qui n’empêchera pas le combo d’aligner tous ses tubes. Episodiquement, on retrouve toute la magie de leur songwriting ; à l’instar de « Tuck the darkness in » ou encore « Stitch the Hem ». Bref, à l’issue de ce set, mon avis était mitigé. Probable que programmé dans le cadre intimiste du Castello, il aurait pu décoller. Faut dire que ce style musical est davantage adapté à ce type de configuration…

Sur la Main Stage, Snoop Dog vient de monter sur le podium. Il s’est converti en rasta et rebaptisé Snoop Lion. Au moins, le Californien a le mérite de nous faire rire. Il a conservé les artifices qui l’ont rendu célèbre ; et notamment son micro plaqué en or ainsi que les femmes-objets qui dansent autour de lui. Il nous réserve quelques morceaux choisis produits autrefois en compagnie de Dr Dre. Ce sont les seuls titres qui passent encore vraiment la rampe. Sans quoi, il faut bien avouer que Snoop Lion devient rapidement grotesque.

Cap sur le Castello pour y assister aux sets des Anglais de Alt-J et des Etasuniens de Chromatics. Malheureusement, impossible de pénétrer sous le chapiteau. Il est bourré comme un œuf. Il est vrai que la popularité du band de Leeds est montée en flèche, au cours des dernières semaines.

On se rabat donc vers le Marquee. Il y a aussi du peuple, mais on parvient quand même à se faufiler pour assister au concert des Islandais d’Of Monster and Men. Perso, leur folk pop est certainement allègre, mais il me semble un peu trop inspiré par Arcade Fire et Edward Sharpe. De leur répertoire, je retiendrai surtout leur hit, « Little Talks », repris en chœur par les spectateurs…

C’est au Shelter que nous allons enfin avoir notre première bonne surprise : The Bots. Un duo californien (NDR : issu de L.A., très exactement) réunissant les frères Mikaiah Lei et Anaiah Lei, respectivement âgés de 15 et 18 ans. Leur punk rock aux accents blues est à la fois rafraîchissant et énergique. Et évoque même parfois un autre tandem, qui se produira également dans le cadre du festival, dans deux jours, The Black Keys. Un bottleneck glissé à l’index, Mikaiah parcourt agilement son manche. Il fait aussi les cent pas sur l’estrade. La coupe afro, Anaiah Lei se déchaîne derrière ses fûts. Bref, que du bonheur ! Un groupe à suivre de très, très près.

Un détour par la Main Stage pour jeter un œil au show de Santigold s’impose. Elle est tout de vert vêtue. Et malgré un dernier elpee décevant, la Philadelphienne se débrouille plutôt bien. Elle nous réserve même un cocktail très fruité de hip pop, funk, soul et électro. Soutenue par des danseuses, elle semble s’amuser et se déhanche en interprétant une majorité de tubes issus de son premier opus, « Santogold », un disque publié en 2008.  

C’est à 18h30 que Django Django débarque. Au Club. Pas question, donc, de les louper. Vêtus de t-shirts mauves tachetés, les Ecossais s’en donnent à cœur joie. Depuis leur passage au Botanique, ils maîtrisent manifestement beaucoup mieux leur sujet. « Default », « Firewater », les titres s’enchaînent. Ces compos nous rappellent que leur premier album éponyme est certainement l’un des meilleurs de l’année. Convulsifs et exotiques, les rythmes alimentent un rock particulièrement dansant. Bref, en ce début de soirée, Django Django a mis littéralement le feu au Club…

Au Marquee, ce sont les Londoniens de Hot Chip qui sont au programme. Et eux aussi sont en grande forme. Il ne faut guère longtemps pour voir le public entrer en transe. Le plancher tremble sous les pas des festivaliers. Et la voix de farfadet, d’Alexis Taylor fait le reste. Un grand moment du festival.

Björk est donc la tête d’affiche de ce jeudi 16 août. Bien que se produisant sur la Main Stage, elle ne se gêne pas pour dispenser un set expérimental. Et quand un concert est aussi peu abordable, une partie du public déserte progressivement les lieux. Dommage, mais c’est ainsi. M’enfin, les nombreux espaces libres sur la plaine nous permettent aussi de respirer. Ce qui n’est pas plus mal. Son look est toujours unique en son genre. Elle est déguisée en poulpe noir et coiffée d’une perruque bleue fluo. Et elle nous plonge dans un univers semi-aquatique, semi-surréaliste, tout en prônant le retour à la nature. Ne reste plus qu’à y pénétrer. Pas vraiment évident, lorsqu’on a passé toute la journée à déambuler d’une scène à l’autre. Elle interprète notamment « Hunter », « Natura » et « Joga » ; mais hormis « Hunteren », casé en début de concert, et « Possibly Maybe », lors du rappel, les titres de son répertoire ne sont pas forcément les plus pop. L’album « Biophilia » forge même la majorité de la setlist. Björk est soutenue par un drummer, un préposé au laptop et une chorale féminine. La voix de l’Islandaise est toujours aussi particulière, même si elle monte moins dans les aigus. Un concert particulièrement audacieux qui a certainement dû plaire aux inconditionnels. Pour les autres, ou ça passait ou ça cassait…

Pour terminer cette première journée en beauté cap sur le Shelter pour assister à la prestation du rockeur sudiste Mike Ness, flanqué de son band, Social Distorsion. L’âge ne semble pas avoir de prise sur le leader. Il a enfilé un marcel et porte toujours des bretelles. Ses bras sont couverts de tatouages. La guitare lui tombe presqu’aux genoux. Les autres musicos sont plus jeunes. Mike est d’ailleurs le seul rescapé du line up originel. Et on est parti pour un set punk/rock bien huilé, quoique sans grand éclat. Bref un moment sympa, mais pas inoubliable.  

Mark Lanegan semble aussi avoir retrouvé une nouvelle jeunesse. Toujours aussi charismatique, l’ex-Screaming Trees/Queens of The Stone Age/Soulsavers est épaulé, pour la circonstance, par un backing group belge. Au menu, du rock’n blues ténébreux, sur lequel Lanegan vient poser son baryton. Puisant essentiellement son répertoire dans son dernier album, « Blues funeral », le set est tout bonnement époustouflant. Points d’orgue, « The Gravedigger’s Song », une compo qui va nous conduire au bord de l’envoûtement. Et puis “Methamphetamine blues”, au cours duquel Greg Dulli vient rejoindre Lanegan sur les planches, pour échanger un superbe duo vocal. Des moments inoubliables et un concert qui clôture la journée en beauté…  

Les plus résistants et les nightclubbers auront cependant encore le loisir de se défouler au Boiler, sous la houlette des Djs, tandis que les autres retourneront au camping afin d’essayer de récupérer, avant d’attaquer la deuxième journée…  

 

Sziget Festival 2012 : dimanche 12 août

C’est le dernier jour du festival, et on doit avouer que la fatigue commence à peser. Mais nous sommes aussi présents pour couvrir l’événement. Et puis nous voulons profiter au maximum de ce séjour.

Il est 15 heures (NDR : c’est le moment au cours duquel les premiers groupes branchent leurs amplis) et nous nous dirigeons vers la scène italienne ‘Puglia Sounds – Mambo Stage’. L’occasion d’y assister à la prestation de 15 Reasons. Notre coup de cœur noir/jaune/rouge. Fondé en 2002, cet ensemble de Nu-Métal puise ses influences majeures chez Metallica, Stone Sour ou encore Korn. Il avait publié un premier album intitulé « Equilibrium », en 2007. Au cours de cet après-midi, ils vont défendre leur second, sobrement baptisé « The Second Coming ». En 50 bonnes minutes. Le set s’ouvre par une petite intro accordée par Valéry Granson (Val pour les intimes), l’amoureux de la guitare à sept cordes. Couvert de tatouages et responsable de grimaces, il est facilement identifiable. Le combo nous réserve des titres monstrueux comme « Darker Than Black » ou encore « Almost Blind » (NDR : notre compo préférée). Derrière ses fûts, Fred Werner est déchaîné. Il parvient à faire  trembler la scène à lui seul. Nicholas Brynin, bassiste confirmé et depuis peu préposé au chant, étale toute son assurance ; et en particulier sur « Call me By my name ». Afin de chauffer davantage le public, le combo nous réserve une reprise de LMFAO (tête d’affiche de ce dimanche), cuisinée à la sauce Métal. Surprenant mais agréable ! Bref, un excellent concert pour ce band belge qui mériterait d’être reconnu à sa juste valeur. Et si vous souhaitez mieux le connaître, je vous invite à visiter leur site web (www.15reasons.net).

Setlist : Intro (Val), Damage Done, Sea5ons, Darker Than Black, Almost Blind, Around me, Taste The Worm Inside, The end of everything, Call me by my name, Mirror Mirror

Il est nécessaire de retraverser le site, pour revenir vers la scène Pop Rock. Et notamment pour ne pas manquer le concert de l’excellent groupe suédois, Mando Diao. Plutôt rock, leur style classieux et énergique nous rappelle celui de leurs compatriotes The Hives. Bien soutenu par un backing group, les chanteurs/guitaristes Bjôrn Dixgard et Gustaf Norén parviennent à mettre le feu en dispensant des titres comme « Dance with somebody » et « Gloria », issus de leur elpee « Give me fire ». En 2007, les médias leur ont consacré toute une série d’articles, suite à un accident qui s’était produit lors d’un de leur concert. Une vingtaine de fans s’étaient alors blessés, suite à l’effondrement du plancher. Les musicos ont rendu visite à toutes les victimes, qui séjournaient à l’hôpital. Et il est vrai qu’ils sont sympas et accessibles. On les a ainsi retrouvés un peu plus tard, dans la soirée, sur une piste de danse du Sziget !

Pas besoin de se déplacer pour le spectacle suivant. Mais nous constatons que la foule devant ce podium est de plus en plus imposante. Normal, puisque va s’y produire une des grosses têtes d’affiches du festival : LMFAO. Epris de ‘dance pop’, ce duo californien s’est formé en 2006. Il réunit Sky Blu (Skyler Austen Gorden) et Red Foo (Stefaan Kendal Gordy). Leur premier opus, « Party Rock », est paru en 2009 ; le second, « Sorry for Party Rocking », en 2011. Ils sont aussi friands de collaborations. Et en particulier, pour David Guetta sur « Gettin’ Over you » ; mais également Pitbull, Flo Rida ou encore Madonna. Ce soir, les filles sont ravies. Elles en ont même plein la vue, puisque l’estrade est peuplée de mecs en slip qui dansent sur « Sexy and I Know it ». Malheureusement, passé cet épisode fantaisiste, le set tourne rapidement en rond. Le tandem se contente d’user et d’abuser de samplings lorsqu’il ne balance pas des reprises, à l’instar du hit passe-partout « Seven nation army » et même d’un titre des Guns’n’Roses.

Cap ensuite vers l’‘OTP Bank World Music’, pour suivre le spectacle proposé par Goran Bregovic et son Wedding and Funeral Band. Affichant plus de 62 balais au compteur, le Serbe possède une longue carrière derrière lui. Au sein de différentes formations d’abord. Mais aussi comme compositeur de B.O. de films. Et en particulier « Le temps des gitans » d’Emir Kusturica (NDR : encore lui), « Arizona Dream » ainsi qu’« Underground ». Et comme la veille, en compagnie des Pogues, devant le podium, l’atmosphère est ‘bon enfant’. Un vrai public de world. Qui remue allègrement. Même la courte averse qui s’abat lors du set ne parvient à refroidir son enthousiasme. Pourtant, sur les planches, les musicos sont plutôt statiques. Le leader demeure confortablement assis. Composé de trois instrumentistes, la section de cuivres a de la bouteille. Peut-être un peu trop. Quant aux deux choristes, installées à gauche de l’estrade, vêtues de tuniques traditionnelles, elles me font penser à des mamies qui vendent des fleurs sur un marché local. Mais qu’importe, la musique balkanique fait mouche ; il faut même avouer que depuis quelques années, elle est quelque peu considérée comme un ‘hype’. Peu de temps mort cependant, au cours de ce concert, qui s’est achevé par le chant révolutionnaire « Bella Ciao » et dans la foulée, le tout au autant frétillant « Kalachnikov ».

Un rapide coup d’œil au show des Ting Tings, s’impose, afin de prendre quelques clichés de la toujours aussi sexy Katie White et de son acolyte Jules de Martino. La chanteuse a fait un bel effort, pour présenter le groupe. Elle lit ainsi quelques lignes rédigées sur une feuille de papier, en magyar De quoi bien amuser le public. De notre côté, on a aussi l’opportunité de savourer quelques excellents morceaux de leur répertoire, comme « We walk » ou « Fruit machine »…

Pour terminer ce festival en beauté, un dernier crochet vers la grande scène s’impose. The Killers y est programmé. Les filles sont en furie. Elles piaillent ou scandent le nom du beau gosse ‘Brandon’. Une grande majorité de l’auditoire danse et chante sur « Runaway » et « Somebody told me ». La cover du « Forever young » d’Alphaville, « Mr Brightside », et en fin de parcours « Jenny was a friend of mine » ainsi que « When You Were Young » pètent des flammes. Pas étonnant dès lors d’assister à un final ponctué par des jets de fumigènes, le tir d’un feu d’artifice et la projection de confettis au-dessus de l’auditoire. Manifestement, The Killers est bien une tuerie en live, et surtout un choix judicieux pour clôturer un festival…

(Voir aussi notre section photos ici)

Pour nous, l’heure est aux bilans (plutôt positifs) après ces quatre jours de marathon musical

Nos plus :

-           les transports en commun reliant la ville et le site du festival (métro, tram, bus nocturne, et même bateau)

-           le cadre idyllique du site dans une ville de Budapest qui mérite une visite touristique.

-           l’amabilité des Hongrois, toujours prêts à nous renseigner

-           une affiche (surtout la scène world) et un public multiculturels

-           la diversité des stands et la variété de la nourriture proposée (ce qui change aussi des grands festivals belges)

Nos moins :

-           le stand presse : un bungalow de plus ou moins 10m2 mis à la disposition des journalistes et des photographes, une connexion internet hyper lente et un pc configuré en hongrois.

-           les horaires des concerts qui se chevauchent (les têtes d’affiche sont toutes programmées vers 21h30 sur toutes les scènes)

-           les consignes fastidieuses imposées par le management des groupes pour les photos (inscriptions sur une liste, consultation d’e-mails en cours de journée, prise de rendez-vous pour contrat, etc.)

-           un emploi du temps tellement chargé qu’il aurait fallu disposer de journées de 48 heures pour couvrir davantage le festival ; mais vos serviteurs ont fait le max, en ne se réservant qu’un minimum de périodes consacrées au repos.

 

Sziget Festival 2012 : samedi 11 août

Chose promise, chose due, aujourd’hui, nous débarquons sur le site, frais comme des pinsons.

Nous nous dirigeons sans perdre de temps vers la scène OTP Bank World Music pour assister à la prestation de Sergent Garcia. Nous ne sommes pas seuls à vouloir vivre ce concert. L’auditoire est déjà bien conséquent. Bruno Garcia est chauffé à blanc, cet après-midi. Et les titres de son dernier album, « Una y otra Vez », incitent le public à danser. Tous les ingrédients sont réunis pour un spectacle réussi : un zeste de salsa, une touche de reggae et une pointe de rock. En outre, on n’oubliera pas que le chanteur français est l’ancien guitariste de Ludwig von 88. D’ailleurs, il continue d’afficher une certaine attitude punk, de manière à éviter que sa musique ne sombre dans le latino traditionnel.

The Horrors se produit sur la scène principale. Pop/rock, son style nous replonge quelque peu dans les eighties. Mais la formation a abandonné le look kitsch, emprunté aux films d’épouvante de série B, affiché à ses débuts. En outre, ce soir, le répertoire n’inclut aucun morceau issu de l’elpee paru en 2007, « Strange house ». Seuls quelques titres issus de « Primary colours », dont les efficaces « Mirror’s image » et « Who can say » dispensés en début de parcours, ont été retenus. Le reste est issu de « Skying ». L’univers ténébreux du band insulaire est entretenu par la voix de Faris Badwan. Mais difficile d’apprécier leur prestation sur une aussi grande scène. Le public n’est qu’à moitié conquis. Pour se forger une meilleure idée de leur potentiel, il serait peut-être souhaitable de les revoir dans de meilleures conditions.

Setlist : Mirror's Image - Who Can Say - I Can See Through You - Scarlet Fields - Changing The Rain - Endless Blue - You Said - Sea Within A Sea - Still Life - Moving Further Away .

SUM41 embraie sur le même podium. Agé de 32 ans, Derick Whibley est toujours à la tête de son groupe. Et depuis 1996. Son punk rock a toujours autant de succès auprès des teenagers boutonneux qui lui soufflent les paroles de « Fat Lip » et « In Too Deep ». Deux chansons qui ont alimenté la B.O. d’American Pie, c’est dire ! Car il faut avouer qu’on a bien passé l’âge pour ce type de musique. On a presque pitié pour Whibley qui devra sans doute encore jouer son rôle d’éphèbe, jusqu’à ses 40 balais, au moins.

Autre lieu, autre style. La scène Arena accueille Letfield. Le duo londonien est devenu une légende dans l’univers de l’électro. Paul Daley et Neil Barnes sont venus défendre leur dernier opus, « Tourism ». Plusieurs de leurs chansons ont été reprises pour les B.O. de films ; et notamment « Trainspotting » ainsi que « The Beach ». En outre, leurs collaborations opérées en compagnie de John Lydon (pour les singles « Open up » et « Sun ») ne sont pas, non plus, passées inaperçues. Sous le chapiteau, au rythme des basses qui vous transpercent littéralement le corps, et saoulés par le light show de circonstance, les Clubbers dansent jusqu’à l’épuisement le plus total. Dommage que ce show ait été programmé en fin d’après-midi. Plus tard, en soirée, il aurait fait carton plein, en drainant tous les festivaliers qui ne jurent que par la dance…

Retour sur l’‘OTP Bank World Music’ pour terminer la journée. Ainsi la boucle est bouclée. D’autant plus que les Pogues sont au programme (NDLR : Seb en est fan depuis 20 ans ; il était donc logique qu’il s’en réserve le compte-rendu). Un concert du célèbre groupe de punk/folk irlandais demeure une expérience à part entière. Si les aficionados sont nombreux, leur contingent se renouvelle sans cesse. L’intro du fameux « Straight to hell » du Clash nous rappelle que feu Joe Strummer était un proche du groupe. L’inimitable Shane MacGowan monte sur l’estrade. Titubant, un verre de gin dans la main droite et une cigarette au bout des doigts de l’autre. En débarquant sur les planches, il est autant applaudi que sifflé. Comme d’hab’, il est ivre. Son public lui pardonne et rigole même de le voir aussi bourré. C’est devenu rituel, il rencontre des difficultés à se souvenir des lyrics, lors de certains refrains, et Spider Stacey le supplée. Un regret ? Oui cette foutue playlist qui est inchangée depuis plusieurs années, même si elle continue de faire recette. « Streams of whiskey » et « IISFFGWG » entament toujours le concert. Et les pogos se déclenchent déjà. Le public chante et danse bras dessus-bras dessous sur les titres comme « A pair of brown eyes » ou « Dirty old town ». Il y règne traditionnellement cette ambiance ‘bon enfant’ ; une ambiance qui évoque celle des pubs irlandais, où les clients se parlent à haute voix, chantent, dansent… Et en final, « Fiesta » invite tout naturellement à faire la fête. Un show sans surprise donc pour les admirateurs qui suivent le band depuis longtemps ; mais dont le bon déroulement relève du miracle, lorsqu’on connaît l’état de santé du leader, victime de ses nombreux excès. Il est d’ailleurs un peu fou, le pari osé par Lionel Grosheny, ce jeune loup de Polydor France qui vient de convaincre sa hiérarchie de les programmer deux soirs de suite, à l’Olympia de Paris, ces 11 et 12 septembre 2012. Mais surtout, d’immortaliser ces événements sur un cd et un dvd…

Mais en attendant, il nous reste une journée à couvrir ce dimanche, à Budapest. Et elle sera bien remplie. Il est donc judicieux de rentrer sagement à l’hôtel, afin de débarquer de bonne heure, le lendemain, pour cet ultime rendez-vous de l’édition 2012 du festival Sziget…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Sziget Festival 2012 : vendredi 10 août

Aujourd’hui, on a intérêt à se montrer un peu plus pro. En fait, la veille, après le festival, nous nous sommes aventurés dans les ‘ruin bars’ du district VII. Les Hongrois adorent ces endroits, car ils leur rappellent leur enfance sous le régime communiste. Ces ‘ruin bars’ sont installés dans de vieux immeubles à l’abandon ou destinés à la rénovation. Le public les fréquente volontiers, car chaque soir ils s’ouvrent aux expositions, projections ou encore concerts. Le tout, bien évidemment, en prenant une consommation. (NDR : ou deux voire davantage, comme l’ont appris à leurs dépens, vos serviteurs)

Si vous êtes intéressés, les sites http://www.ruinpubs.com et http://www.district7.hu/ vous fourniront toutes les infos nécessaires. Dont l’octroi d’un passeport D7 qui permet de bénéficier de ristournes lorsque vous devenez des clients assidus.

Bref, revenons à notre festival car l’affiche de ce vendredi est trop alléchante pour rester au lit à ‘cuver’.

A l’instar de The XX qui est programmé dans tous les grands festivals. Il s’était ainsi produit dans le cadre du dernier T/W. Suite au départ de Baria Qureshi, le line up est réduit à un trio. Le set des jeunes londoniens s’ouvre tout en douceur par « Angels », un titre issu de leur nouvel album « Coexist ». Et déjà la musique nous transporte. Suffit de fermer les yeux et de se laisser guider. Une chose est sûre, The XX porte bien son patronyme, car leur show baigne au sein d’un climat sensuel. Qui déteint dans l’auditoire. Les couples s’enlacent et s’embrassent sur leur premier tube « Intro », balancé en fin de set. « Tides » et « Stars » viennent clôturer une prestation de toute beauté. Les voix lymphatiques de Romy Madley Croft et Oliver Sim sont pourtant très différentes. Elles semblent sortir d’un même réveil difficile ou d’une fin de coma. Mais sont très complémentaires. Tout comme cette ligne de basse et ces synthés qui se rejoignent dans la candeur et les tonalités cold des 80’s.

Les Stone Roses se produisent ensuite sur le même podium. Originaire de Manchester, cette formation insulaire alternative a connu ses moments de gloire, au début des 90’s. Avant de se séparer en 1996, pour enfin se reformer cette année. Ce groupe est toujours adoré en Angleterre. Et les aficionados insulaires sont nombreux à avoir fait le déplacement pour assister à un de leurs concerts, car les premières dates mancuniennes, sont toutes sold out. La moyenne d’âge est d’ailleurs sensiblement relevée. Le set démarre en force par leur tube, publié en 1991, « I Wanna Be Adored » (NDR : ben tiens !), une compo qui figurait sur leur premier elpee. Ian Brown n’arrête pas de faire le pitre. Sa voix est monocorde et plombe parfois l’atmosphère. Mais les fans britanniques n’en ont cure. Ce sont eux qui vont entretenir la flamme durant toute la prestation. On a même parfois l’impression qu’ils soufflent les paroles à Brown. Il est vrai qu’il partage pas mal de points communs avec Liam Gallagher, et notamment le look et l’attitude désinvolte. L’engouement manifesté par tous ces Anglais me fait d’ailleurs davantage penser à celle d’un stade de foot qu’à un concert de qualité. Mais ce type d’ambiance de ‘stadium band’ est surtout à apprécier sur le moment.

Setlist : I Wanna Be Adored, Mersey Paradise, (Song for My) Sugar Spun Sister, Sally Cinnamon, Ten Storey Love Song, Where Angels Play, Shoot You Down, Fools Gold, Something’s Burning, Waterfall, Don’t Stop, Love Spreads, Made Of Stone, This Is the One, She Bangs The Drums, I Am The Resurrection

Ce soir nous décidons d’aller nous promener sur l’île. De manière à mieux nous imprégner de l’environnement. L’étendue du site est impressionnante. Pas seulement à cause des podiums et des stands, mais aussi des villages. Le Hungarian Village nous invite ainsi à découvrir les us et coutumes locales. Des jeunes s’extasient devant un Hard Rock café ou un Chuck’n’bar, dressés en plein air. Au coin d’une rue, une grande piste de danse reggae a été improvisée. Sans oublier les combats de Sumo, les sauts à l’élastique, le bar qui s’élève à plus de 50 mètres de hauteur ou encore cette grande roue animée par des projections géantes. Si vous avez envie d’y jeter un coup d’œil, c’est ici  

De notre côté, promis, plus d’excès cette nuit. On reprend ainsi sagement le bateau à l’arrière du site. On s’accorde une dernière balade bucolique le long des rives du Danube. Et surtout on profite d’un arrêt pratique de ce même bateau à proximité de notre hôtel. Histoire de bosser plus rapidement sur nos comptes-rendus, et d’être plus frais et dispo pour le lendemain.

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Festival Sziget 2012 : jeudi 9 août

C’est déjà la 3ème fois que nous débarquons dans la magnifique ville de Budapest. Le vol direct Charleroi-Budapest nous permet d’atterrir dans la matinée. Arrivés sur place, à l’aéroport, nous empruntons le train qui nous amène au centre de la Capitale, puis le métro et ensuite traversons à pied le fameux pont métallique qui enjambe le Danube pour enfin rejoindre l’emplacement qui s’étend sur près de 80 hectares : l’île d’Óbudai.

Parvenus à destination, rien ne nous freine, même pas la canicule. Après avoir vécu une bonne moitié d’été pourri en Belgique, les 30° ont de quoi surprendre. Et nous rendre le sourire. Les organisateurs ont cependant pensé à tout, vu la chaleur. Sur l’île, des vaporisateurs d’eau ont été installés. Et en particulier sur les sites des plus grandes scènes, afin de rafraîchir les festivaliers déchaînés, en sueur et les préserver des éventuels malaises.

On se dirige vers le podium Pop-Rock Main Stage (NDR : dont l’espace réservé à l’auditoire peut atteindre les 45 000 personnes) pour assister au concert de Maxïmo Park. Un groupe fondé en 2000 du côté de Newcastle. Leur pop/rock s’inscrit dans la lignée des Franz Ferdinand ou autres Arctic Monkeys. Leur  patronyme est inspiré du Maximo Gomez Park, situé à La Havane, quartier général des révolutionnaires cubains. Mais après avoir réalisé un carton grâce à leur opus « A Certain Trigger », disque qui a d’ailleurs été plébiscité pour le Mercury Prize, en Angleterre, l’engouement suscité par la formation est quelque peu retombé. Et le set va connaître une même courbe descendante. Après avoir opéré un début en force, l’intensité va progressivement s’estomper. Pourtant, le chanteur Paul Smith et le claviériste Lukas Wooller se démènent sans compter. Mais en cette fin d’après-midi, le public est encore sur la réserve…

Lorsqu’un festival compte plusieurs scènes, il est de bon ton d’en changer régulièrement. D’autant plus que Friendly Fires se produit sur la A38. On ne change pas trop de style, puisqu’il s’agit à nouveau d’un ensemble insulaire. Leur carrière est quand même plus courte. D’ailleurs, leur premier elpee a été réédité mi-2009. En novembre 2008, il avait même fait forte impression dans le cadre du festival des Inrocks, au Splendid de Lille (NDR : voir notre compte-rendu ici ). L’an dernier, il a publié "Pala", une œuvre dont le titre est tiré du nom d'une île dont parle l’auteur anglais Aldous Huxley, dans son roman "Island". Dès le début des hostilités, Ed Macfarlane se déhanche. Réaction instantanée, les filles commencent à crier. Les musiciens sont déchaînés et le public se met à danser. Quoique discrets, les cuivres sont particulièrement efficaces, de manière à ce que le show ne connaisse aucun temps mort. C’est d’ailleurs là toute la différence avec un ‘similar band’ comme The Rapture. Et ravi, l’auditoire en redemande. Bref on a déjà vécu un tout grand moment de cette édition 2012.

Un festival, c’est aussi parfois des choix cornéliens à opérer dans le programme. Aujourd’hui ce sera entre Korn et Shaka Ponk. Ils jouent à la même heure. Comme nous avions déjà assisté au spectacle des Français, notre choix s’est donc porté sur les metalleux californiens.

Dès le début du set, on se rend compte que le public est chaud. Il faut dire qu’il commence fort par "Divine", un extrait du premier long playing. Jonathan, le leader, s´accroche à son pied de micro (NDR : unique exemplaire forgé pour l’anecdote par l´artiste suisse H.R Giger). Sa voix nous transperce. Dans la foule, ça pogote sec et tous azimuts, même au bout du site. A la basse, on distingue vaguement un mec bodybuildé. Il est torse nu. Fieldy aurait-il enfin suivi un régime ? La deuxième partie du concert est davantage consacrée au dernier opus "The path of totality". Plus électro, ce disque, constitue un virage à 180° dans le style musical du combo. Pour la circonstance, Korn avait reçu le concours de grands noms du Dubstep comme DJ ‘Skrillex’, mais aussi de Kill The Noise » et Noisia. La nouvelle formule semble plaire à l’auditoire. Les aficionados se mettent à danser et des circles se déclenchent sur des titres comme « Narcissistic Cannibal » ou le remix de « Get Up ». En fin de parcours, le quartet nous livre une reprise d’« Another brick in the wall » du Floyd, moment choisi par le drummer pour se réserver un solo. Et pour bien sceller la communion entre le groupe et le public, le chanteur et le guitariste prennent bien le temps de le saluer…

(Setlist : Divine, Predictable, No place to Hide, Good God, Narcissistic Cannibal, Kill Mercy Within, Chaos Lives in Everything, My wall, Get Up, Way Too Far, Here to stay, Freak on a Leash, Falling Away From Me, Another Brick in the Wall, Shoots and Ladders / One, Got the Life, Blind)

On jette un œil au spectacle d’Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra qui se produit sur l’estrade de l’OTP Bank World Music Party Main Stage (NDR : la scène World est la deuxième plus importante du Sziget et accueille un peu tous les genres musicaux issus de tous les continents, célébrant un grand brassage culturel). Le Serbe est surtout notoire comme cinéaste. Souvenez-vous de « Chat noir, chat blanc », long métrage un peu loufoque dont une partie de l’action se déroule justement sur le Danube ! Mais si vous souhaitez mieux connaître le collectif, je vous invite à vous procurer le documentaire qui retrace leur parcours, « Super 8 stories », même s’il remonte à 2001. Ou encore le Dvd immortalisant leur concert accordé le 5 mars 2005 a Buenos Aires. D’ailleurs, ce soir, une bonne partie du set se révèle résolument gipsy-punk.

Cap vers d’autres horizons, sur la recommandation de mélomanes locaux. Et en particulier la magyar zenei nagyszinpad (NDR : traduction dans la langue de Molière : scène musicale hongroise). Les vedettes nationales Kiscsillag sont à l’affiche. Il est plutôt fascinant de voir le jeune public local scander des paroles qu’il connaît par cœur. A cet instant, on se dit vraiment que c’est pour ce genre de moment aussi qu’il faut venir au moins une fois dans sa vie au Sziget.

Et pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de se rendre au Sziget cette année, il est possible de consulter une retransmission en ‘live’ du festival via Youtube (voir ici ). Les artistes qui se produisent sur les plus grandes scènes, Pop/Rock, Musique Festive du Monde et la A38, y sont proposés…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

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