Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

logo_musiczine

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Cure
Jon Spencer
Festivals

Francofolies de Spa 2013 : mercredi 17 juillet 2013

Écrit par

Un climat estival qui vire au tropical dans une jolie ville thermale, une programmation éclectique exécutant le grand écart entre Electro Bling Bling et musique électronique de choix, entre Rock à paillettes et esprit sauvage déluré, entre finesse Pop et kermesse de barakies, pas de doute, cette vingtième édition des Franco, placée sous la bannière patriotique en final ‘grandjojozant’ avait réuni assez d'éléments pour attirer la toute grande foule.
Une foule bigarrée, où le quidam en bermuda et sandales, croise le rebelle tout de noir vêtu suffoquant au soleil, où le kéké des plages, le hipster aux chaussettes montantes ; bref, un festival qui se veut depuis ses débuts familial, et qui à l'aube de son 21ème anniversaire vire au grand rassemblement populaire.
Compte-rendu de votre envoyé spécial qui souvent se demandait que faire...
Premier constat, et non des moindres : le nombre de groupes ou d’artistes suscitant mon intérêt, voire ma curiosité, se résume à tout au plus une poignée perdus dans la masse de cette affiche 2013.

Ajoutant à ma frustration, dès ce premier jour, je me vois contraint de manquer les excellents BRNS, et pour cause, je me rends au même moment dans les installations de l'Hôtel Radison pour réaliser l'interview de Jeronimo, bientôt disponible sur notre site.

C'est donc sous un soleil radieux, mais pas encore cruel que je m’installe face à la scène Proxitruc, pour mater ce qui sera une des rares apparitions de Jérôme Mardaga cet été.

Lui qui avait mis un terme (non pas à Spa) à l'aventure Jeronimo après trois albums accueillis avec enthousiasme tant par le public que par la presse, mais pas à la hauteur des attentes de son auteur, a publié cette année une petite perle Pop, répondant au nom de « Zinzin ».

Pop, c’est sans doute ce qui dérange le plus le Liégeois ; car il se voit de plus en plus en marge de ce cadre formaté.

Mais avant de continuer ‘frondeusement’ sa quête d'une musique en marge des codes, la promotion de son petit dernier l'amène à renouer un temps avec ces anciennes chansons tellement attachantes et à proposer au public ces dernières compositions.

Un public qui se montre très réceptif, enchanté de retrouver cet habitué des lieux.

Entre douceur, poésie et humour, passage au peigne fin d'une discographie nourrie d'indie anglo-saxonne et qui tend doucement à présent vers un Folk Americana apaisé mais aux accents toujours bien belges.

En témoigne « Pieds nus dans l'aube » ou « Irons-nous voir Ostende », qui contrebalancent subtilement l'ironie des textes de « John Lennon s’est suicidé », chanson contestataire grinçante ou encore « La mort solitaire de Franck Vandenbroucke », hommage appuyé à l'une de nos gloires nationales dont les lamentables frasques l'ont conduit à une fin à la fois triste et incongrue.

Mais les sonorités Shoegaze ne sont pour autant pas rangées au placard, et les guitares savent encore crépiter quand entre deux chansons, Jérôme nous réserve quelques transgressions hors du format chanson.

Enfin, retenons les mains tremblantes d'un public venu pour faire la fête mais communiant joyeusement son plaisir intact de retrouver un enfant chéri du plat pays.

Pour le reste, entre les élucubrations baignées de vodka d'un Joey Starr fidèle à son image de racaille des salons bourgeois VIP et l'humour radio Contact (et encore, avec un certain manque de tact) de DJ Didjé venu amuser la populace, en passant (zappant) le savoir faire (?) de Daddy K, il ne me restait qu'à entraîner mon sourcil droit à se soulever dubitativement face à la liesse générale déclenchée par Orelsan, dont  je reconnais volontiers plus de talent que l'immonde « La Terre Est Ronde » ne me l'avait laissé présager.

Bref, vous avez compris, vous qui lisez ces lignes, que je ne pouvais guère trouver mon salut et rechignais à faire la file devant la soupe populaire.

Néanmoins, soulignons la joyeuse prestation d'une Olivia Ruiz, drôle comme d'accoutumée, énergique et sympathique, mais qui et aussi capable de laisser transparaître une certaine sensibilité dénuée de sensiblerie au travers de certains titres introduits pudiquement par quelques mots touchants.

Un petit bout de femme chocolat qui rehaussait cette journée, comme le dessert, un frugal repas.

Organisation : Francofolies.

 

 

Ardentes 2013 : dimanche 14 juillet

Retour à un rythme cardiaque normal, voire parfois, mis en veille…
La journée familiale prend des allures de thé dans le jardin.
On se (re)pause et on profite du bon temps.
Avant de prendre une sacrée gifle qui laisse une marque en forme de M.

Le set écourté pour cause de problème technique du très attendu Jacco Gardner ne déstabilise pas l’assistance, pas plus que ce dernier, qui au final, insuffle, en compagnie de ses acolytes, un petit air de Bandas (si, si !).

An Pierlé rebondit avec brio et humour sur son énorme ballon devant une foule de spectateurs alanguis au soleil.

Bien entendu, la pertinence de placer cette artiste en début de journée, seule derrière son piano à queue, dans le grand espace du parc Astrid laisse songeur.

Mais le contraste flagrant entre la candeur de ses interventions (notamment quand elle s'adresse à de nombreuses reprises, d’un air malicieux, à ce jeune technicien du son pour lui demander de revenir nu au prochain problème technique) et la profondeur dramatique de ses interprétations habitées, elle instaure une sorte de magie, qui, si elle ne parvient pas à redresser les carcasses ramollies, a le mérite de réveiller l'émotion abandonnée ici même hier par Lou Doillon.

En contrepartie à ces deux prestations où règne un sentiment de calme et de quiétude, Hanni El Khatib répond par de saignantes salves de son Blues habité et quelque peu écrasant, alors que les Raveonettes délivrent les premières et seules vagues de guitares tranchantes de l’ensemble de ces quatre jours.

Trixie Whitley n’éveillant pas mon intérêt, j’assiste d’un regard détaché la prestation de Hooverphonic qui se révèle être de haute volée.

Dans un registre symphonique (oui, avec cordes et grand piano), les Portishead du riche comme on aime à les appeler nous proposent une relecture (?) de leur répertoire, forts de leurs hits en puissance joués à la façon ‘ bande originale de James Bond’ ; mais le tout rend très bien et manifestement plaît au public.

L’apothéose approche à grands pas.

Si la question s’était jamais posée de la pertinence d’accueillir M en tête d’affiche finale des Ardentes, la prestation cinq étoiles de Mathieu Chédid va faire taire ses détracteurs.

Il serait mal venu de notre part d’encenser le concert en question, vu que nous nous sommes surtout penchés sur la joie palpable qui émanait du public.

Mais si musicalement, nous ne nous retrouvons absolument pas dans le registre de ce drôle de loustic, incroyablement modeste par rapport à la somme de son talent, on ne peut que s’incliner face à l’incroyable force motrice génératrice de sourires d’un répertoire enjoué et rehaussé de frasques scéniques follement imaginatives.

Une sacrée leçon de positivisme donnée aux plus sceptiques qui s’est achevée en chorégraphie lumineuse sur le « Baïa » du dernier album, livré pour la seconde fois ce soir.

Enfin, il reste à Arno à réveiller nos consciences patriotiques (ah, les fesses de Paola !) et d’assurer comme lui seul sait le faire.

Fidèle à lui même, généreux et électrique, il délivre une énième prestation de haute voltige, assénant ses coups de gueule comme ses bons mots à l'encontre de la Dynastie, du marasme social ou réveillant l'engouement pour l'arrière-train de la plus italienne des Belges dans cette partie de la Belgique, berceau de l'immigration transalpine.

Finissant son set comme à l'accoutumée par ses versions de « Oh La La La » et « Putain Putain », repris en chœur par un public décidément chaud, chaud, chaud, avant un rappel brièvement sollicité.

Enfin, avant que Compuphonic ne laisse tomber le voile sur cette huitième édition, la dernière migration vers l'Open Air croise les premières vagues de festivaliers repus.

Demain est un autre jour, et déjà, on parle des Ardentes 2014.

Mais dans la tourmente, la cuvée 2013 se sera révélée d’excellente facture pour tous ceux dotés d’un minimum d’ouverture d’esprit, curieux et autres vrais fans de musique.

À l’année prochaine les Ardentes !

(Organisation Ardentes)

Voir notre section photos ici

 

 

 

Cactus 2013 : samedi 13 juillet

Écrit par

En cette deuxième journée, le soleil est au rendez-vous. Je suis encore sous le charme de la délicieuse soirée vécue la veille et bien conscient qu’une telle situation se répète rarement deux jours de suite, lors d’un festival. Quatre excellents groupes d’affilée, il y a de quoi pavoiser. Mais aujourd’hui, il y a Calexico. Ce sera la 3ème fois que j’assiste à un de leurs sets, en 10 mois. Et à chaque prestation, la qualité va crescendo. On verra donc de soir…

En rentrant vers 2h30, la veille, un temps de récupération plus long s’imposait pour votre serviteur. Aussi, je n’ai pas assisté aux prestations d’Isbells et de Ghostpoet, et débarque au moment ou celle des Raveonettes commence. C’est en 2003 que je les avais interviewés, dans le cadre du festival des Inrocks. Sune Rose Garner et Sharin Foo drivent toujours le band et sont soutenus par un drummer qui se charge également de la boîte à rythmes. Le début de parcours est un peu brouillon et privilégie la puissance sur le dynamisme. Aussi, il faudra 4 à 5 morceaux avant que le trio ne trouve la bonne carburation. Mais à partir de cet instant, la sauce va commencer à prendre. Sune et Sharin sont chaussés de lunettes fumées. Le premier est coiffé d’une casquette de baseball. Devant eux, on remarque la présence d’un impressionnant éventail de pédales de distorsion. Les deux musiciens changent ou s’échangent leur gratte presque à chaque morceau, pour donner davantage de relief à chacune de leurs compos. Sharin, dont la coloration des cheveux en blonde patinée commence à s’estomper à la racine, opte aussi parfois pour la quatre cordes. Les sonorités bourdonnantes produites par les grattes rappellent le plus souvent Jesus & MaryChain, même si elles empruntent parfois une coloration plus surf. Réverbération, feedback, rien n’est épargné au traitement électrique, mais toujours sur un même ton, et en couches, pendant que le drummer frappe métronomiquement ses fûts, un peu comme Nick Knox, quand il sévissait chez les Cramps. La conjugaison des deux voix sont superbes, angéliques, et rappellent les Everly Brothers voire les Ronettes. Sympathique !

Vers 18 heures, Depedro accorde un set acoustique en backstage. En fait, il s’agit de Jairo Zavala, guitariste qui accompagne régulièrement Calexico, en ‘live’. Il vient de sortir son album « La increíble historia de un hombre bueno ». Il est parfois soutenu par Jacob Valenzuela, à la trompette. Une petite demi-heure, ma foi, rafraîchissante.

Michael Kiwanuka et son band débarquent sous la même configuration que l’an dernier dans le cadre des Inrocks. Il s’accompagne à la guitare. Sèche ou électrique suivant les circonstances. Il possède une voix remarquable. Très soul. Les musicos de son backing band sont manifestement talentueux. Et plus énergique que la dernière fois, la première partie du spectacle, lorgnant parfois vers Booker T., ne me déplaît pas trop. Puis à mi-parcours, les compos retombent dans les ballades mielleuses. Pas vraiment ma tasse de thé !

Bonnie Raitt est âgée de 63 balais. Aussi bien en photo qu’en live, on est d’abord impressionné par sa chevelure rousse, même si aujourd’hui, une mèche grise lui traverse la crinière. Plus de 4 décennies qu’elle roule sa bosse. Au cours de sa carrière, elle a décroché 10 Grammy Awards. Socialement et politiquement engagée, elle est considérée par le magazine Rolling Stone comme une des 50 meilleures chanteuses et 100 meilleur(e)s guitaristes de l’histoire du rock. Pour sa nouvelle tournée, elle est soutenue par de grosses pointures. Soit l’ancien membre des Beach Boys, Ricky Fataar aux drums, les fidèles George Marinelli à la guitare (dans le passé, il a quand même bossé pour Bruce Hornsby et Art Garfunkel) et Hutch Hutchinson (son cv est ahurissant ; il a ainsi notamment côtoyé Bryan Adams, Ryan Adams, Jackson Browne, The Chieftains, Joe Cocker, Crosby, Stills, Nash & Young, The Doobie Brothers, Al Green, Etta James, Ziggy Marley, Willie Nelson, les Neville Brothers, Ringo Starr, Brian Wilson et Link Wray…) à la basse. Sans oublier la collaboration du légendaire claviériste Mike Finnigan, spécialement invité pour ce périple ; un vétéran au curriculum vitae tout aussi impressionnant, puisqu’il a notamment participé aux sessions d’enregistrement de l’album de Jimi Hendrix, « Electric Ladyland ». Et il a amené son Hammond ! Fallait s’y attendre, l’auditoire à cet instant est essentiellement composé de soixante-huitards. Jean-Claude, notre spécialiste en blues, aurait certainement été mieux inspiré que votre serviteur, pour décrire ce concert. Les musiciens sont extrêmement brillants. Leur hybride de blues-folk-soul-rock-r&b (le vrai, le millésimé !) est irréprochable. La voix de Bonnie est âpre, chaleureuse et sensuelle. La setlist regorge de reprises consacrées à des classiques : Gerry Rafferty (“Right Down the Line”), John Hiatt (“Thing called love”), Bob Dylan (“Million Miles”), et bien d’autres. Entre les morceaux, Raitt raconte quelques anecdotes. Parfait ! Sauf que votre serviteur n’est pas parvenu à accrocher. Désolé !

Pour la troisième fois que j’assiste à un concert de Calexico en 10 mois, j’avais un peu envie de participer à la fête et me suis approché du podium. Une bonne idée, car le show du groupe a carrément été exaltant. Première constatation Paul Niehaus, le jouer de pedal steel est absent. Il tourne en compagnie d’un autre artiste. Et est remplacé par Jairo Zavala. Ce dernier a sans doute enfin compris son rôle, car au lieu de booster les compos de sa gratte électrique, et d’en remettre chaque fois une couche, comme à l’AB, il va les affuter, les bichonner, en se consacrant davantage à la steel guitar. Joey est en forme, et harangue la foule. Sa voix est empreinte de douceur et de ferveur. Wenk et Valenzuela caressent régulièrement l’expression sonore de leurs cuivres mariachi pendant que John balaie le tout de ses drums, alors que régulièrement, le claviériste/pianiste se lance dans de belles envolées cubaines. Wenk semble de plus en plus à l’aise au sein du combo et vient régulièrement jouer de l’accordéon en front de scène. Quant au contrebassiste/bassiste, il pulse le tout de ses accès convulsifs. Ne m’en demandez pas plus, j’ai été pris dans cette ambiance latino et ne me suis pas occupé des morceaux proposés. C’est rare, mais ça arrive et je ne m’en plains pas. Une chose est sûre, ils s’emboîtaient à merveille. Et pas de quoi reprocher au combo de ne pas avoir accordé de rappel, puisque leur set a débordé de dix bonnes minutes… Olé !

Ozark Henry ? Je me souviens qu’à ses débuts, Daniel B. m’avait filé son tout premier album. Et j’avais alors pris de soin de souligner le talent et la créativité de Piet Goddaer, alors illustre inconnu, à travers une chronique. Depuis il a fait du chemin et n’intéresse plus qu’un public mainstream. Et puis comme je ne voulais pas gâcher le plaisir pris après le show mémorable de Calexico, j’ai préféré m’éclipser…

Organisation : Cactus Club (Bruges)

(Voir notre section photos ici)

 

 

 

Les Ardentes 2013 : samedi 13 juillet

Enfin une journée où nous pouvons nous dédoubler.

Mais avant que dEUS ne nous la joue ‘grande fête du peuple’, sur le coup de minuit quinze, il s’en est passé des événements intéressants…

Et ils commencent tôt. Par les Elvis Black Stars qui moulinent des bras (ils aiment bien ces gestes) en propageant un Rock structuré et bien ficelé. Les petites têtes sont bien carrées et correctement coiffées. Et leur set est bien couillu pour un début de journée. Si leurs poses de mécanos de calendrier sont vite exaspérantes, on retiendra de réelles qualités à une musique loin d’être originale mais qui assure l’essentiel.

Les musicos de Pale Grey affichent leur candeur avec panache mais un peu trop de politesse.

Se présentant dans une tenue identique, ils proposent les chansons de leur premier (et encensé sur notre site) premier album « Best Friends », mais peinent à vraiment captiver une assistance, il est vrai encore en quête d'énergie, tant la météo se montre plutôt propice au farniente.

Néanmoins, les protégés du label Jaune Orange réussissent à flanquer la banane et notamment par l'entremise de leur irrésistible single « Seaside » qui fait battre la mesure aux premiers pieds téméraires.

Ensuite, place à Compakt Disk Dummies. Un duo, dont les membres sont âgés de vingt et dix-huit ans. De véritables bestioles de scène !

Ces dignes héritiers de Goose peuvent donc envisager l’avenir en manifestant un optimisme certain au vu de la forte impression laissée sur un public chauffé à blanc, à l'abri du corps astral, là, sous les tôles ondulées du plafond du HF6.

Des solos de guitare à genoux et un petit bain de foule qui fleurent bon l'esprit Rock d'un groupe aux influences majoritairement Electro.

On en reparlera certainement à la rentrée car à l’instar de leurs petits camarades de classe de School Is Cool, ils devraient fort logiquement se dégager du lot.

Les choses s’emballent sur le coup de seize heures quarante, puisque The Maccabees vient nous rappeler tout ce qui nous avait déjà séduits en deux mille neuf ; les charmants sourires collés au bord des lèvres témoignant de leur plaisir intact.

D'abord, il y a toujours la voix d'Orlando Weeks qui se pose en avant et mène le navire à bon port, là où chavirent les cœurs de quelques fans venus communier avec ce groupe au nom à consonance religieuse, mais qui jure ses grands Dieux ne prêter aucune signification particulière à la religion.

Et puis, il y a ce savoir faire tout britannique pour vous ficeler des morceaux d'une singulière efficacité tout en arborant un détachement pince sans rire.

L'album « Given To The Wind » trouve donc tout naturellement ses marques dans la discographie des Maccabees et lors de ce set rehaussé bien entendu des immanquables « Love You Better » « No Kind Words » et « Can You Give It ? » mais également du tout aussi efficace single « Pelican ».

Un concert qui s'achève par « Grew Up At Midnight » et qui place un peu plus haut la barre des exigences des amateurs de Pop et de Rock.

La Place réservée à Lou Doillon est donc des plus délicates.

Mise en avant par la grâce d'un album subtil, mais desservie par des liens familiaux étouffants, elle est attendue au tournant.

Cependant, la petite heure passée en sa compagnie aura l'avantage de démêler la pelote de scepticisme cynique qui entoure ses débuts.

Franchement à l'aise et très humble, l'artiste pluridisciplinaire redresse les poils calfeutrés sur les nuques moites de chaleur et distille quelques frissons dans une assemblée tombée sous le charme.

Balançant deux reprises enthousiasmantes mais qui font pâle figure face à ses propres chansons au pouvoir subtil.

Laissant derrière elle la sensation d'avoir assisté à l'avènement d'une grande dame du Rock international.

Rien de moins.

Alors arrive l’avènement des Kaiser Chiefs.

Entertainer hors pair, Ricky Wilson ne se ménage pas pour conquérir la foule. Elle est à ses pieds, et il n’est pas étonnant, au vu du rythme effréné qui nous tient en haleine pendant une heure, qu’il ait perdu tant de poids.

Alignant ses hits, dont « I Can’t Believe » et « Ruby », repris en chœur par la foule surexcitée, le show est un peu bourrin, certes, mais bon enfant, et se révèle un des chauds moments de cette année.

La poésie d’Oxmo Puccino, le savoir-faire de Soldout ou l’énorme talent de la petite Raving George derrière les platines dépose définitivement le label de qualité sur cette journée, sans même parler de la prestation hyper professionnelle de dEUS dont personne n’ose dire de mal.

Pourtant, à mon sens, le groupe de Tom Barman n’apporte plus rien à la scène belge, constat navrant dans la mesure où ce groupe était non seulement pionnier en nos terres, mais aussi parce que son génie excentrique était reconnu bien au-delà des frontières…

Une chape de conformisme qui semble s’être abattue sur la créativité de ce band qui n’hésitait pas à prendre le risque de se planter lamentablement à ses débuts ; mais qui s’avérait le plus souvent absolument fantastique.

Mais bien sûr, depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et dEUS n’est sans doute plus tout à fait maître de son succès. Ce qui l’oblige à revoir sa vision de l’extravagance, au point de faire monter le public ‘on stage’ dans un grand happening final fleurant quand même le populisme.

Avant de clôturer cette avant-dernière journée, revenons quelques instants sur le set de La Femme, annoncé par beaucoup comme la sensation du moment.

Rêve de hipster bobo parisien mouillant son caleçon Calvin Klein en émettant un petit cri aigu, ce combo autoproclamé bipolaire nage effectivement entre deux eaux.

Entre Taxi Girl et Les Inconnus version « Isabelle », le combo est à deux doigts du pitoyable tout en restant cohérent.

Une attitude surfaite et des compositions empruntées qui sonnent comme autant de reprises du « Bob Morane » d’Indochine en font un hype incontournable dont le talent reste quand même à prouver.

À suivre…

(Organisation Ardentes)

Voir notre section photos ici

 

 

 

Cactus 2013 : vendredi 12 juillet

Écrit par

Il s’agit déjà de la 32ème édition du festival Cactus. Un festival qu’on savoure d’autant plus quand le temps est clément. L’an dernier, sous la pluie, qui s’est abattue presque continuellement les deux premiers jours, personne n’avait vraiment envie de rigoler. Ni les artistes, ni le public et encore moins les organisateurs. Ce week-end on annonce du soleil. Donc l’affluence devrait dépasser les 20 000 âmes. Suffisant pour un événement convivial, limité à une seule scène, chaque prestation étant séparée par une pause d’une demi-heure, et le dernier concert s’achevant à 1 heure du matin. Bref, cette année, votre serviteur a choisi de se rendre à Bruges, le vendredi et le samedi. Et place d’abord au premier jour. Il fait un peu frisquet, mais pas de flotte, c’est l’essentiel…

En débarquant vers 18h45, je ne pouvais assister au set de Blaudzun. Et celui de Pinback vient de débuter. Pour bien connaître cette formation californienne (issue de San Diego, pour être plus précis), il faut être un véritable aficionado. Fondé en 1998, le band compte 5 albums et une volée d’Eps, à son actif. Mais participe également à de multiples projets. Et il y en a tellement qu’on éprouve parfois des difficultés à s’y retrouver. D’autant plus qu’une belle volée de musiciens a également transité par le line up du band. Mais Pinback c’est avant tout Armistead Burwell Smith IV et Rob Crow (ce dernier s’est élagué la barbe !) Compositeurs, chanteurs et multi-instrumentistes. Sur les planches, Smith se charge de la basse et Rob de la guitare. Et ils sont soutenus par Chris Prescott, aux drums. Leurs morceaux sont saupoudrés d’effets électroniques judicieusement dispensés. Sur disque, l’aspect rythmique est moins évident et la musique s’avère assez complexe. Mais en ‘live’, si la solution sonore demeure élaborée, le concours d’un batteur énergique et la conjugaison des superbes voix, rend les mélodies plus contagieuses. Des voix qui sont parfois soulignées par les cordes, un peu comme Rory Gallagher le faisait chez Taste. En fin de parcours, Crow (NDR : qui doit avoir vidé un demi bac de bières et bien entamé une bouteille de gnole), descend dans le public et fonce jusque la table de mixage. Le fil était trop court, sans quoi, il courait jusqu’au canal pour se rafraîchir. Une belle entrée en matière, donc…

Daan a donc décidé de chanter dans la langue de Molière. Et en particulier sur son dernier album, « Le Franc Belge », sur lequel il lui réserve (NDR : le français !) une majorité de compos. C’est la première fois que j’assiste à un concert de l’ex-Dead Man Ray. Il est accompagné d’un backing group. Un violoncelliste/bassiste (Jean-François Assy), un trompettiste/claviériste, un guitariste soliste (NDR : il a milité au sein du backing group d’Arno), un claviériste ainsi qu’une drummeuse (NDR : en l’occurrence Isolde Lasoen), également préposée aux backing vocals. Et franchement ses interventions vocales sont superbes. La voix de Daan est rocailleuse. Parfois elle me fait penser à Bashung. Tout comme certaines de ses compositions. Encore que lorsqu’elles baignent dans un climat plus jazzyfiant, le spectre d’Yves Montand se met à planer. Sous une forme plus kitcsh, elle lorgne alors vers Divine Comedy et plus structurée, cinématique, elle nous renvoie aux Triffids voire à Calexico, sans l’aspect latino. Bien équilibré, le concert est presque irréprochable. Un bémol ? Oui, le recours au synthé que tripatouille Jeroen Swinnen. Pas toujours une bonne idée. A contrario des rares solos de trompette dispensés par Jo Hermans, de toute grande classe. Les sonorités d’orgue ou de piano collent bien mieux à la musique de Daan. Alors pourquoi ne pas davantage les explorer ? Lors du rappel, alors on comprend mieux, car le band va enflammer le public à l’aide de deux titres électro-dance, « Swedisch Designer Drugs » et « Housewife ». Manque pas grand-chose pour que Daan suive les traces d’Arno…

Thurston Moore et Kim Gordon se sont donc séparés ; ce qui risque fort de mettre un terme à l’aventure de Sonic Youth. D’autant plus qu’il a déjà monté différents projets depuis. Le dernier en date ? Thurston Moore & Chelsea Moving Light. Un quatuor dont le line up ressemble fort à celui de son groupe mythique. Il y a même une bassiste. Cependant, elle ne chante pas. Et elle doit mesurer à peine 1m50. La formation a publié un disque éponyme, le printemps dernier. Paraît qu’il est assez calme. Ne m’en demandez pas plus, il est sans doute réservé à l’élite médiatique. Mais venons-en au set. Moore semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. On a l’impression qu’il a repris les choses là où il les avait laissées, 25 ans plus tôt. Pensez à « Daydream nation », paru en 1985 voire à « Dirty », gravé en 1992. Ou alors à son elpee solo, « Psychic hearts », qu’il avait commis en 1995. Sur les planches, les deux grattes libèrent des sonorités crépitantes, bringuebalantes, distordues, malsaines, vivifiantes, chargées de feedback mais qui rattrapent constamment le fil mélodique au moment où on pense qu’il est définitivement perdu. Quant à la section rythmique, elle fédère toute cette énergie pure et sans concession. Elle vous percute de plein fouet et électrise tous vos sens. Une remarquable prestation au cours de laquelle on épinglera une cover du « Empire of time » de 13th Floor Elevators ; sans oublier le petit rappel, que le quatuor va consacrer à une nouvelle compo et un titre que Samara va parcourir de son violon, après avoir abandonné sa quatre cordes…

Plus d’une vingtaine de musiciens (NDR : peut-être 25) montent sur l’estrade. Très classe, il faut le reconnaître. Chemise blanche, cravate et costard noirs pour les hommes. Robe de même teinte mais gaufrée, pour Noémie Wolf, particulièrement élégante dans cette tenue. Elle s’installe au milieu de la scène. Et puis on va vivre un moment empreint de magie, né de la rencontre entre les musiciens plus pop/rock (basse, guitare, drums, percus) et l’orchestre symphonique (violons, violoncelles, cuivres). Bien sûr, Hooverphonic revisite ses plus grands tubes (“Jackie cane”, “Mad about you”, “2 wicky”, “Eden”, “World is mine”, “Sometimes”, “Vinegar & salt”, etc.), mais ces versions prennent une toute autre dimension, sous cette forme. Anecdote cocasse, le moment au cours duquel les violonistes se mettent à chanter dans leur instrument. Bref, le travail opéré par Rayond Geerts et surtout Alex Callier mérite un coup de chapeau, tant les arrangements sont soignés, et mettent en exergue la superbe voix de Noémie. On ferme les yeux et on laisse couler la musique, comme un long fleuve tranquille. Beau !

Il est 1h10 du mat’ et il est temps de rentrer, d’autant qu’il y a une petite heure de route à se farcir. A demain !

Organisation : Cactus Club (Bruges)

(Voir notre section photos ici)

 

 

 

Ardentes 2013 : vendredi 12 juillet

Notre don de multiplicité semble de plus en plus superflu tandis que nos degrés de tolérance sont appelés eux à s’étirer exponentiellement si nous voulons extraire quelque chose de consistant de cette journée partagée entre Pop grand à très grand public, Hip Hop et Drum & Bass.

Fort heureusement, les moments de grâce vont à eux seuls tirer tout ce cortège vers le haut et rendre des couleurs à l’affiche de ce vendredi.

Balthazar. Une formation dont on fait grand bruit, et qui mériterait qu’on en fasse davantage. Bien que ces Courtraisiens n’aient guère besoin de nous pour se faire connaître à travers le monde.

Quand une Pop de très haute voltige se combine avec autant de magie à l’identité d’un groupe, on peut être certain de détenir un joyau. Et quand ce petit bijou dispose d’atouts de cette trempe, il peut alors se permettre de voir haut, très haut.

Balisées par des harmonies vocales d’une limpide luminosité, les compositions n’ont aucun mal à prendre possession de n’importe quel lieu, que ce soit l’intimité d’une salle obscure ou les vastes étendues des plaines de Werchter.

Un moment d’une belle intensité.

L’autre grand moment est bien sûr à mettre à l’actif de Chris Corner et de son band, IAMX. Se livrant pleinement comme d’accoutumée, l’ex-Sneaker Pimps a sans doute dérouté ceux qui ne connaissent pas son univers pour le moins excentrique, mais convaincu la majorité du public amassé devant la grande scène pour ce spectacle, qui, s’il frôle parfois le grotesque, reste quand même toujours vachement excitant.

Drapé d'oripeaux vaguement gothiques et entouré d'un band sapé comme pour la nuit des morts vivants, le génial trublion s'est approprié la plaine et a mis la foule à ses bottes grâce à son sens du show hors du commun.

Changeant de couvre-chef en cours de set et arborant alors une très jolie plume, l'excentrique Anglais ne s’est pas laissé décontenancer par la lumière diurne peu propice à son univers et a proposé divers titres de son catalogue oscillant de son petit dernier, « Unified Field » à son premier opus éponyme, et en particulier l'incontournable « Kiss And Swallow ».

Sinon ?

L’incontournable Mika a assuré ce qu’on lui demande d’assurer, à savoir mettre des paillettes dans les yeux de ses fans (nombreux). Si le côté Mary Poppins de son show peut être fatiguant, on n’enlèvera pas au bonhomme un sacré talent pour transformer en une heure trente n’importe quel espace en lieu de célébration étoilée.

Alex Hepburn est tout aussi insignifiante que son album le laissait présager, mais son sourire rattrape le coup.

Grems est bien la bête de scène attendue et annoncée.

Alignant son flow comme une déferlante sur un HF6 en ébullition, le Français est venu en force pour dégainer son Hip hop dévastateur ; enfin dévastateur si vous appréciez son étonnante inventivité dans un  registre dont j'avoue ne pas saisir les codes.

Mais d'après mon filleul, c'était de la bombe.

Et s'il le dit...

Les Puppetmastaz ne progressent plus mais proposent toujours un spectacle qui amuse les grands et les petits, 1.9.9.5. met toujours le feu (surtout à ses t-shirts). Quand à MØ (dont le O est barré pour souligner l’origine scandinave de l’artiste), c’est est un petit brin de femme sympathique dont la prestation s’est révélée fort plaisante.

Un peu de Ladyhawke transparait lors de son concert accordé sous le soleil. Il y a un zeste de provocation sur la fin, mais rien de bien outrancier, ma foi.

Rien de fondamentalement novateur, mais quelques chansons qui laissent une impression positive dans une atmosphère détendue.

Bref, tout ce qu'on pouvait attendre de cette inconnue.

Et pour terminer ce deuxième jour, impossible de ne pas revenir sur les excellents Stupeflip. Il est certain que je ne voue pas un culte à leur univers baroque comme beaucoup de jeunes fans réunis ici, mais je lui trouve néanmoins un côté créatif et terriblement excitant, chose suffisamment rare dans la banalité du Hip Hop contemporain, et principalement hexagonal.

Et si je me lasse rapidement d'une succession de flows qui tend, en général, à tourner en rond, je m'incline avec bonne grâce et même enthousiasme devant leur show baigné de folie excentrique et leurs costumes de scène ingénieux, pourtant faits de trois fois rien. Procession extra-terrestre et catcheurs en folie sur fond de beats dévastateurs, font que je ne regrette pas un instant le quart d'heure que j’ai infligé à ma chère et tendre qui me devait bien de se faire pardonner par une prolongation du concert en costume et en privé. Vraiment 'stupéflan' ! (Akim)

(Organisation Ardentes)

Voir notre section photos ici

 

 

 

Ardentes 2013 : jeudi 11 juillet

La crise gangrène le climat social et nourrit l’amertume, c’est un fait établi.

En bord de Meuse, ce n’est pas une grande découverte anthropologique.

Mais quand l’hostilité, l’imbécilité, la méchanceté gratuite et la hargne vindicative alimentent un feu digne de haut-fourneau et que plane un nuage noir et toxique, il est alors temps de se poser les vraies questions.

Cette huitième édition des Ardentes a été chahutée, bien avant l’entame des festivités, par une vague de mécontentement qui grossissait chaque jour et venait saper l’enthousiasme général.

Face à cet océan de critiques, gardant vaillamment le cap, malgré la houle, quelques milliers d’embarcations se sont néanmoins aventurées le long de ces quatre jours, avec à leur bord quelques mutins à la langue bien acérée.

L’objet de toutes les velléités ? La programmation 2013.

Si d’autres polémiques allaient bientôt se greffer à la grogne qui sourdait, force est de constater que les noms composant l’affiche étaient loin de faire l’unanimité.

Oubliant que le plus important festival liégeois devait cette année plus que jamais composer avec l’hégémonie de certaines puissantes organisations dont le pouvoir semble de plus en plus totalitaire et fermant les yeux sur l’aspect fédérateur de l’événement, les esprits chagrins partaient donc à l’assaut et faisaient feu de tout bois.

Mais c’était sans compter sur la mentalité du peuple, la volonté de fer (et de bien faire) des organisateurs, le talent de certaines têtes d’affiche ne suscitant que moqueries de la part des plus obtus, et un climat estival parfait, qui allaient, contre vents et marées, faire de cette édition une réussite, certes pas totale, mais néanmoins bien au-delà des espérances.

À l’heure où les rumeurs vont déjà bon train quant au déroulement du festival, l’année prochaine, bilan de ces Ardentes 2013.

Jeudi 11 juillet

Le don d’ubiquité semble être un luxe, cette année, aux Ardentes. En effet, rares sont les concerts qui se chevauchent. Nous sommes donc munis de super pouvoirs un peu inutiles en ce jeudi qui ouvre les yeux sur une après-midi encore fardée d’un ciel de traîne.

En l’espace de quelques heures, nous voyons donc se succéder seize prestations, suscitant tantôt découverte plaisante ou étonnement médusé.

Seize, c’est le nombre maigrichon de noms à l’affiche de cette première journée.

C’est peu. Surtout qu’aucun n’a de réelle envergure. Mais certains tireront mieux leur épingle du jeu.

Tels des pongistes faisant le grand écart, nous suivons donc parfois d’un œil, parfois des deux oreilles les prestations qui se succèdent entre la grande scène de l’Open Air et le hall rebaptisé HF6 en l’honneur du bassin sidérurgique local.

Si la bonne surprise est venue de Robbing Millions, groupe bruxellois encore peu connu, dont la Pop scintillante laisse deviner d’authentiques espoirs, de véritables bonnes chansons aux chouettes mélodies s’accrochant en boucle à nos oreilles, les deux réelles révélations de ce premier jour seront, sans contestation possible, Skip & Die et Aufgang.

La musique hybride des premiers est visuellement mise en valeur par la tenue extravagante mais terriblement sexy (du moins d’un point de vue batracien) de sa chanteuse Catharina Pirata. Cette jeune Sud-africaine associée pour l'occasion à l'artiste visuel Jori Collignon exécute un show haut en couleurs (fluorescentes) qui mêle différentes influences Roots et Electro. Élastique, la belle Catarina Aimée Dahms (de son vrai nom) n'hésite pas à donner de sa personne pour stimuler une foule qui peu à peu se prend dans les mailles de ses filets.

Son flow sinueusement Hip Hop se conjuguant aux sonorités binaires de son acolyte, assurant l'adhésion d'un public jeune et en demande de sensations dansantes en cette fin d'après-midi.

« Love Jihad » en tête de proue raggae attisant les esprits festifs, l'excellente prestation de Skip & Die résonnera encore longtemps dans bien des oreilles alors que celle d’Aufgang va mettre tout le monde d’accord en début de nuit sur leur potentiel à transformer la musique de dancefloor avec pour seules armes deux pianos et une batterie.

Unique en son genre et tout simplement énorme sensation de cette première journée, le trio a définitivement infligé une grosse claque à tout ceux présents soit à peu près deux-cent cinquante amateurs de bonne musique, vu que le reste préférait sans doute contempler un guignol sur un bateau gonflable entartant son public plutôt que de regarder de réels musiciens livrer une prestation d'anthologie.

Rayon bonnes surprises que retenir ?

Que les BB Brunes semblent avoir pris de l’envergure. Toujours aussi affables, ils s'offrent à leur public majoritairement pré-pubère et apportent les frissons attendus.

Mais il faut surtout parler de la très convaincante prestation des Vismets. 

Carrée et efficace, leur Pop Rock génère toujours l'engouement d’un public demandeur de ce genre de riffs, mais le côté plus psychédélique du band affiché en ouverture de son show constitue une bonne surprise.

Ce public a également constaté la vista du quatuor quand un problème technique a failli mettre un terme prématurément à « Dilemna » avant d’être brillamment relancé pour le plus grand plaisir d'une foule bondissante.

Épinglons également l’énergisante dose d’Electro assenée par des Superlux au mieux de leur forme dans la foulée de leur album « The Line » et soulignant un retour incisif de guitares plus tranchantes au sein de leur Electro loin d'être formatée.

À l'aise dans leur fief liégeois, face à un auditoire venu en nombre les acclamer, ils se sont montrés bien plus à l'aise que l'an passé aux Francofolies, preuve d'une sérénité retrouvée.

Sans oublier le professionnalisme d’un Nas décidément à l’aise en solo.

Parcourant généreusement son répertoire en assénant ses hits devant un parterre, il est vrai conquis d'avance, le rappeur américain a prouvé qu'il est possible d'allier Hip Hop haut de gamme avec popularité non putassière tout en déjouant le piège des clichés bad boys.

On ne terminera quand même pas cet article sans parler de l'insupportable structure baptisée Joe Piller Saloon, sorte de parade publicitaire digne d'un carnaval de far-West. Non seulement elle célébrait chaque interlude scénique par le déhanchement de ses hôtesses (et hôtes) décérébrés, mais elle poussait l'ignominie jusqu'à concurrencer le volume sonore de la Main Stage, devenue alors paradoxalement secondaire.

Enfin, on tentera d'effacer le traumatisme sismique laissé par Steve Aoki, l'Attila de la Techno bourrine, qui devait tenir en éveil les autochtones des larges environs, les poussant à signer une pétition dès les premières lueurs de l'aube.

En définitive, une très bonne première journée.

(Organisation Ardentes)

Voir notre section photos ici

 

 

 

Open’er 2013 : samedi 6 juillet

Écrit par

L’occasion est belle, en ce samedi, de visiter les environs du festival polonais. Gdynia appartient à la ‘Tri-cité’ (Trój-miasto) : Gdansk – Sopot – Gdynia. Trois cités proches mais aux spécificités très différentes. Et qui réunissent, à elles seules, plus d’un million d’habitants.

 

Gdansk (Dantzig pour les Allemands) est une magnifique ville portuaire qui a un passé, un futur certain et surtout une âme. Une terre de contrastes, entre d’affreux paysages où s’érige l’industrie lourde, le cadre bucolique de la vieille ville et les abords de la Moltawa. Pas étonnant qu’elle ait posé sa candidature pour devenir capitale européenne de la culture, en 2016. Sopot constitue (toutes proportions gardées) le Saint-Tropez polonais. Une station balnéaire qui revient sur le devant de la scène. Une grande jetée en bois (molo) de plus de 500 mètres prolonge la rue principale jusque dans la mer baltique. C’est également une destination très prisée par les nightclubbers. De quoi permettre aux festivaliers de faire une ‘after’ jusqu’au petit matin. Quant à Gdynia, il aurait fallu disposer d’un peu plus de temps pour pouvoir poser un avis pertinent.  

Car depuis la veille, une rumeur persistante circule. Après 20 heures, aujourd’hui, se déroulera un concert à ne manquer sous aucun prétexte : celui de Crystal Fighters. Suivant les échos recueillis, en 2011, il avait littéralement mis le feu au festival. Et votre serviteur, avait pu vérifier, l’an dernier, dans le cadre du Sziget, l’engouement que suscite le groupe, auprès des populations issues des pays de l’Est. Crystal Fighters s’empare de l’alterklub stage en plein air, et ne va plus nous lâcher. Ce combo anglo-hispanique pratique un mélange improbable entre pop et electro/dance. En extrapolant, on pourrait imaginer le chaînon manquant entre Metronomy et CoCorosie. Encore que pour les sœurs Casady, c’est plutôt l’attitude hippie qui inspire les musicos. Leur premier elpee, « Star of love », est paru en 2010 et a connu un fameux retard à l’allumage. C’est la diffusion d’un spot publicitaire pour un smartphone, utilisant comme bande sonore leur single « Follow », qui va véritablement lancer leur carrière. Ce n’est d’ailleurs pas une première ; ce phénomène est même plus courant qu’on ne l’imagine. « Cave rave », leur second long playing, est paru il y a à peine deux mois. « Sola system » puis le tube « Follow » permettent au band de démarrer sur les chapeaux de roue. Sur les planches, les musiciens bougent dans tous les sens. Et sur le site, les spectateurs aussi. « I love London », « You and I » ou encore « At home » boostent l’ambiance. Sebastian, c’est le leader. Il a un look de maître Krishna. Sa voix et celle d’Eleanor, aux backing vocals, se complètent à merveille. Lors du final, « Xtatic truth », les spectateurs sont invités à s’assoir pour mieux bondir de joie ensuite…

Un petit grief que l’on pourrait adresser au festival, c’est la présence de cette ‘Beatstage’, située à une cinquantaine mètres, derrière la scène principale, sur la gauche. En fait, elle renvoie régulièrement des retours de basses. Et pendant les concerts en plein air, c’est assez désagréable. Je décide cependant, d’aller y jeter un œil. Il y a peu de monde. Pourquoi dès lors les DJs ou ingénieurs du son ne réduisent-ils pas leur consommation de décibels, en fonction du passage des autres artistes ? La question mérite d’être posée…

Bref, cette remarque ne doit pas gâcher la prestation de la tête d’affiche, prévue ce samedi, Kings of Leon. La toute grande foule se masse devant l’Open’er Stage. Si bien qu’il est difficile de s’approcher à moins de 50 mètres. Et dans la série ‘on prend les mêmes et on recommence’, la famille sudiste (NDR : issue du Tennessee, très exactement) participe, presque chaque année, aux plus grands festivals. Pas de changement majeur, cependant, dans leur musique. Les morceaux s’enchaînent, sans émotion ni coup d’éclat, et sont repris en chœur par un public conquis d’avance… (Set list : Crawl/ Four Kicks/ Taper Jean Girl/ My Party/ Molly's Chambers/ The Immortals/ Fans/ Back Down South/ Pyro/ Be Somebody/ It Don't Matter/ The Bucket/ Cold Desert/ Closer/ On Call/ Notion/ Knocked Up/ Use Somebody. Rappel : Radioactive/ Sex on Fire/ Black Thumbnail).

J’aurais voulu assister à la fin du set de Devendra Banhart, mais il ne lui reste qu’un gros quart d’heure à prester, et la Tent stage sous laquelle il se produit est située à une bonne dizaine de minutes de marche de la scène principale. Pas grave, car il revient dans deux semaines au festival de Dour.

Je reste donc près de la main stage, pour finir la soirée en douceur. Y est programmé Steve Reich et l’ensemble moderne. A 76 ans, le musicien et compositeur new-yorkais n’a plus grand-chose à prouver. Durant les 15 premières minutes, Jonny Greenwood (membre de Radiohead) vient interpréter « Electric counterpoint », une longue compo signée Reich, datant de 1987. Le tout sans grand artifice. Seul un light show inonde l’estrade d’une gamme de teintes bleues. Place ensuite à l’ensemble moderne et le « Music for 18 musicians ». Il me semble même qu’ils sont bien plus nombreux... Bientôt 2 heures du matin, le public commence à déserter les lieux ; faut dire que ce type de concert serait mieux adapté en salle, et à une autre heure de la journée.

Sur la route du retour, l’heure est au bilan de ce festival

On épinglera donc

Comme points forts :

- de grands espaces sur le site

- la possibilité de visiter en journée la tri-cité polonaise (cf. ci-dessus)

- les prix d’entrée et des bières, moins chères pour un demi-litre que 25cl en Belgique

- les navettes de bus permanentes et les trains de nuit vers Gdansk

Et comme points faibles :

- la tolérance zéro et les fouilles minutieuses

- le nombre limité de W.C.

- le froid qui tombe rapidement le soir

- la programmation de Steve Reich le samedi soir

 

Page 46 sur 77