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The Wolf Banes - De Casin...
Hooverphonic

The Internet

Expect The Unexpected

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‘Double Bill’ 100% hip hop et R’n’B ce 18 mars dans l’intimité de l’AB Club. Mais pas n’importe quel R’n’B ou Hip Hop. Celui qui regarde loin devant lui. Celui qui te fait tripper. Celui qui te fait voyager en fermant les yeux. Un programme alléchant initié par deux échappés de la clique OFWGKTA, Syd Tha Kyd et Matt Martians, alias The Internet. Pour l’étape européenne de leur tournée, les deux extraterrestres ont amené dans leur valise Kilo Kish, figure féminine de la formation underground Kool Kats Klub. Une soirée torride en perspective.

Torride et tardive puisque The Internet est prévu pour 22h. Et ce n’est qu’à 20h45 que Kilo Kish et Kitty Kash (ça ne s’invente pas), sa partenaire aux platines, entrent discrètement en scène. L’ABClub ne connaît pas la foule des grands jours, bien au contraire. Ce soir, les deux formations joueront pour une centaine de personnes au bas mot. Et la corrélation entre The Internet et l’artiste jouant au rez-de-chaussée est loin d’être évidente. Parce qu’il s’agit de Christophe Willem, pas de ‘Late Night Show’ gratos pour les fans du garçon à lunettes. C’est donc dans un cadre très intimiste que se déroulent les deux prestations. Pas plus mal, vu que la scène est visible de n’importe où dans la salle, même pour les nains de jardins.

Kilo Kish, née Lakisha Robinson, distille un R’n’B  lascif à mort. La mignonette de Brooklyn et sa complice n’ont qu’un Ep à leur actif, produit par The Internet et Star Slinger. C’est forcément en un tour de main que le duo lance et boucle sa prestation. En 30 minutes chrono, le duo a charmé le parterre sur des « Goldmine », « Navy » et autres incitants à se glisser tout nu sous la couette. La demoiselle, séduite par l’ambiance bon-enfant restituée par son public belge, se mêle à la foule pour trouver, sans aucun mal, quelques partenaires de danse sur « Love2K ». Seul bémol, certains refrains chantés avec l’appui de la bande communique un côté playback un peu cheap, à certains instants. Mais comme dirait Didier Deschamps, Kilo Kish a ‘des qualités et un potentiel’ qui ne la laisseront pas longtemps sur le banc de touche. A surveiller de près.

21h45. Contre toute attente, les lumières s’éteignent. Vu que Kish et Kash ont bouclé leur set une demi-heure plus tôt, les stars de la soirée décident de débarquer plus tôt sur les planches. Pas de chance pour les clopeurs. Deuxième surprise, c’est à un vrai live que l’on va avoir droit. Ce sont d’abord les trois musiciens qui montent sur l’estrade : piano numérique, grosses caisses et basse retrouvent leur propriétaires. Petit jam d’intro, et c’est déjà trop bon. Syd Tha Kyd, seule demoiselle du clan Odd Future, et Matt Martians leur emboîtent le pas. Le duo et leur bande administrent un nouveau souffle de vie aux extraits de leur premier LP, « Purple Naked Ladies » qui, dans leur version ‘vrai’ live,  exhalent d’authenticité. The Internet s’adonne à un mélange subtil de hip hop psyché et de R’n’B retro sans faille. Le set, étayé par quelques nouvelles compos, est passionnant de bout en bout.

Lorsque Syd Tha Kyd lâche le micro, c’est pour mieux le refiler à Kilo Kish qui rejoint la troupe pour défendre à merveille « Ode To A Dream », extrait de « Purple Naked Ladies ». Ou à Tay Walker, préposé au piano numérique, qu’elle présente comme son coach vocal. Celui-ci lui prête d’abord main forte sur « They Say » avant de se lancer dans un premier titre ne tolérant, pour seule compagnie, que son instrument. Une voix puissante s’il en est. Le moins que l’on puisse dire c’est que Frank Ocean, autre recrue d’OFWGKTA au succès autrement plus conséquent, a du souci à se faire. A la demande générale, Walker interprète un second titre, épaulé par le préposé aux grosses caisses et le monsieur à la basse. Syd Tha Kyd prévient l’auditoire. Il s’agit d’une grande première. Les deux autres musiciens n’ont jamais entendu ce morceau de Tay Walker et vont donc improviser au fur et à mesure. Ce dernier se lance alors dans sa compo, rejoint à mi-parcours par ses collègues. Le résultat est impressionnant. L’éclosion d’un tube, en direct. Si l’on sent quelques petites hésitations au départ, la suite coule de source. Une semi-impro qui se solde par une ovation bien méritée.

Le set arrive à son terme au bout d’une heure et des poussières. En guise de rappel, le duo laisse Walker et ses deux complices jouer une petit jam improvisée. Nouveau carton plein.

Après un concert aussi solide, difficile de comprendre le manque d’intérêt général des fans de hip hop ou R’n’B pour une formation à cent mille lieues d’un buzz médiatique fumeux. Qu’ils s’arrêtent à Couleur Café, Pukkelpop, Dour out tout autre festoche cet été, The Internet n’est à manquer sous aucun prétexte.      

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Jamie Lidell

Hot ‘n’ Cold

Écrit par

‘A little bit of feel good’, c’est ce que les fans attendaient de Jamie Lidell, ce dimanche 17 mars. Le chanteur effectuait un nouvel arrêt express au cœur de la capitale belge pour un concert complet en deux temps trois mouvements. Tout seul, entouré de ses machines, Lidell présentait son cinquième et petit dernier, un éponyme funky et accessible, loin des bidouillages de l’époque « Muddlin Gear » ou de la Soul de « Jim ».

21h, l’homme entre sur une scène plutôt sobre. Un écran géant se dresse à l’arrière et son énorme dispositif de mixage à l’avant. Il explique alors d’entrée de jeu que sa vocation est de retourner aux sources ou plutôt à ses sources. Pas question de backing band, comme lors d’une tournée précédente. Mister Lidell veut tout faire tout seul. Coïncidence ou pas, le bonhomme vêtu d’un imper et d’une tenue noire et sobre lance sa prestation sur « I’m Selfish ». Titre qui décrira parfaitement la première moitié du concert.

En parfait dilettante, Lidell enchaîne quelques titres de son disque éponyme, sans que l’ambiance ne décolle vraiment. « You naked », « You Know My Name », « What A Shame », « Don’t You love Me », autant de morceaux qui feraient bondir de joie les fans de Chromeo mais laissent ceux du chanteur un peu perplexes. Et lorsqu’il s’approche du micro, placé juste devant ses machines à bidouiller, Jamie Lider exécute quelques petits pas de danse assez gauches…

Ce n’est qu’au bout de trois-quarts d’heure que l’Anglais retourne une fois pour toute derrière son énorme console. Enfin, les choses sérieuses peuvent démarrer. Ce soir, il ne sera pas question de « Jim » et ses classiques « Another day » et « Little Bit Of Feel Good ». A la place, Jamie Lidell envoie du lourd avec un vrai groove ainsi que des versions retravaillées à la sauce electro de quelques-uns de ses plus vieux titres, pour ensuite clôturer le bal par un « Big Love » fédérateur.    

En résumé, un concert entre deux eaux d’un bonhomme qui a habitué son public à beaucoup mieux auparavant. Un peu à l’image de « Jamie Lidell », un disque plutôt solide mais dont on attendait qu’il nous prenne vraiment à revers, tout comme « Compass », son précédent essai...

(Organisation : AB + Live Nation)

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Two Door Cinema Club

Rise to the Sun

Écrit par

Carton plein pour Two Door Cinema Club ! Les trois protégés des labels Kitsuné et Pias investissaient la grande salle de l’AB à guichets fermés, moins de quatre mois après avoir conquis le Botanique de la même manière. Alors que certains –dont le rédacteur de ces lignes– s’accordent à reconnaître que « Beacon », leur dernier LP, est un peu plus difficile à digérer que le précédent, les Nord-Irlandais adressent un pied de nez aux critiques en proposant ce 14 mars un concert particulièrement solide et sans la moindre imperfection perceptible.

Depuis 2010, année de la sortie de l’impeccable condensé de Pop supérieure, « Tourist History », Two Door Cinema Club entretient une solide relation avec son public belge, qui lui déroule systématiquement le tapis rouge à chacun de ses passages. Et ce, depuis une prestation impressionnante à l’AB, en première partie de Phoenix. Depuis, le trio a élargi son public en enchaînant festivals et autres prestations : Pukkelpop 2010 et 2012, Werchter 2011, deux arrêts au Botanique et même une soirée Libertine Supersport pour un DJ Set! Au cours de ses pérégrinations, le trio s’est forgé une réputation ‘live’ irréprochable qu’il va confirmer une fois de plus ce soir.

Après avoir jeté leur dévolu sur leurs compatriotes de Kowalski lors de la tournée de novembre dernier, les trois garçons de 2DCC ont cette fois opté pour les Anglais de Dog Is Dead en guise de support act de cette seconde étape. Mais à l’heure où le quintet que j’avais hâte de découvrir sur scène (ce « Glockenspiel Song » !) prenait place sur les planches, les portes de l’AB sont prises d’assaut. Pas de chance. Ce n’est que sur les dernières notes de leur set que je pénètre enfin dans une salle tout à fait bondée. Et le manque de pot est total, les cinq gaillards ayant repoussé au dimanche 17 mars leur concert programmé à l’ABClub, en février dernier. Même soirée que pour Jamie Lidell. Affaire classée.

21h00 : l’heure de vérité. « Beacon » ne m’a fait ni chaud ni froid aux premières écoutes. Je n’attends donc pas grand-chose de la prestation de ce soir. Mais c’est bien mal connaître Two Door Cinema Club. La formation débarque sous la forme d’un quatuor sur les planches et l’entame de « Sleep Alone » créé instantanément l’hystérie dans la foule. La setlist bifurque ensuite du côté de « Tourist History » : « Undercover Martyn », « Do You Want it All ? » et  « This Is The Life » s’emboîtent parfaitement. De quoi faire monter la température au sein de l’assistance.

Le manque de contact entre le band et les spectateurs est éclipsé par une setlist extrêmement bien étudiée, parfait équilibre entre anciens morceaux (« You’re Not Stubborn », « I Can Talk », « Costume Party », « Something Good Can Work », etc.) et nouvelles compos (« Wake Up », « Sun », « Handshake »…) Ces derniers passent d’ailleurs la barre du live haut la main. Ils en sont même bonifiés. De quoi faire taire les (ma) mauvaise(s) langue(s). Les tubes s’enchaînent à vitesse grand VV’, et vu de l’étage, la foule est rapidement prise de secousses impressionnantes (NDR : pas autant que le lendemain pour Foals, mais pas loin). En guise de piqûre de rappel, les Irlandais proposent un beau tiercé final : « Someday », « Come Back Home » et « What You Know », la chanson qui vous fout la pêche et vous rappelle de jouer à l’Euromillion.

Le trio et leur acolyte vident les lieux après un peu moins de 20 morceaux, tous plus accessibles les uns que les autres. Nul doute que la base de fans de Two Door Cinema Club ne cessera pas de croître de sitôt, tant les garçons ont l’art et la manière de confectionner des tubes à haut potentiel. Des tubes d’un optimisme sans faille, remèdes idéaux aux coups de cafard. La machine ultra bien huilée de 2DCC est en marche et personne ne pourra plus l’arrêter. Prochaine étape : le Lotto Arena ?

Entre-temps, c’est le vendredi 5 juillet que les natifs de l’Ulster feront sauter (‘no pun intended’ le public belge. Un événement qui se déroulera sur la scène principale de Rock Werchter.

(Organisation : Live Nation  )

Voir aussi notre section photos :

http://www.musiczine.net/fr/photos/two-door-cinema-club-14-03-2013/

http://www.musiczine.net/fr/photos/dog-is-dead-17-03-2013/

 

 

 

The Bloody Beetroots

Wasted Hours

Écrit par

Bloody déroute. Le bordel annoncé n’a pas eu lieu. Ce mercredi, soit à peu près 3 ans après avoir fait trembler les murs de l’AB une première fois, Simone Cogo aka ‘Bob Cornelius Rifo’ et ses acolytes masqués de Bloody Beetroots revenaient sur les lieux du crime. Et autant dire que le second passage des Italiens sur la grande scène de l’Ancienne Belgique a plutôt eu l’effet d’un pétard mouillé.

Il est 21h lorsque les trois betteraves sanglantes se présentent sur les planches, pour un ‘vrai’ live. L’ambiance est à ce moment électrique. Il faut dire que les fans attendent beaucoup de la formation italienne, tant elle avait laissé l’assemblée sur les genoux lors de leur passage en 2010. Mais en lieu et place de l’explosion de BPMs et de riffs electropunk que The Bloody Beetroots avait servi en rafale à son public belge il y a trois ans, ce grand Cornelius s’est illustré par un manque flagrant de conviction tant sur scène qu’au niveau de la setlist.

Celle-ci était principalement, et bien évidemment, axée sur de nouveaux morceaux. Des morceaux d’une fadeur accablante (dont cet horrible single « Chronicles Of A Fallen Love »), très loin des beats tapageurs et putassiers dégoulinants de testostérone qui ont forgé le succès de l’homme et de sa bande. Au rayon vieilleries, les trois musiciens enchaînent même des versions tout aussi fadasses des extraits de « Romborama ». Comme ce « Talkin’ In My Sleep » complètement saccagé. Dans sa version originale, « Talkin’ In My Sleep » est une compo rageuse au sein de laquelle une Lisa Kekaula (The Bellrays) au top de sa forme use de toute sa puissance vocale pour faire trembler les conduits auditifs de son auditoire. Mais ce soir, la force des basses et du gosier de la demoiselle sont tant mis en sourdine qu’il est difficile d’y trouver un quelconque intérêt.

Le sursaut de BPMs purulents a bien eu lieu, en milieu de parcours, lorsque le trio a balancé son grand classique « Warp ». Probablement le seul morceau de la setlist qui a bien produit l’effet escompté, malgré sa fin charcutée. Heureusement, l’AB compte deux bars, de quoi noyer sa déception, un grand verre à la main et se rendre à l’évidence : The Bloody Beetroots s’est un peu trop assagi…

(Organisation : Live Nation)

 

Steven Wilson

Ce n'est pas seulement une musique progressive, c'est aussi une musique qui progresse...

Il y a quatre ans, Steven Wilson, le fondateur et cerveau de la formation anglaise de métal prog Porcupine Tree, s'est lancé dans un projet en solo pour donner libre cours à sa boulimie créatrice et étendre son horizon à d'autres styles musicaux comme le jazz-rock, le trip-hop, l'industriel, le dark ambient mais surtout la musique progressive des années 70 ; et en particulier l’univers de King Crimson, dont il a remixé les albums. Le premier opus de Wilson, "Insurgentes", constituait un effort à 100% solo. Après avoir publié la deuxième plaque, "Grace For Drowning", il décide de former un nouveau groupe et accomplit une première tournée en 2012, au cours de laquelle il accorde un concert exceptionnel à l'AB de Bruxelles. Lors de l’enregistrement de son troisième long playing, "The Raven Who Refused To Sing (And Other Stories)", il reçoit le concours de Monsieur Alan Parsons en personne. Il s’agit donc de la première production solo de Wilson créée pour un groupe et avec un groupe. Et franchement, c'est un vrai succès !

C'est donc avec une grande curiosité que nous attendons le début de ce concert, donné dans la magnifique salle Arenberg à Anvers. Après une introduction 'ambient' et la projection d'une vidéo inspirée du visuel lunaire de la pochette du dernier opus, qui contribuent déjà à créer une atmosphère sombre et mystérieuse, le combo monte sur les planches. Il réunit le batteur allemand Marco Minnemann, le bassiste Nick Beggs (NDR : il a joué pour Steve Hackett et... chez Kajagoogoo, le claviériste Adam Holzman (NDR : il a côtoyé Miles Davis), le flûtiste/saxophoniste/clarinettiste Theo Travis et un nouveau guitariste, Guthrie Govan. Dès la première chanson, "Luminol", les sons sont carrément jazz-prog et nous sommes replongés 30 ou 40 ans en arrière, à l'époque de King Crimson, Pink Floyd, Yes, Rush, Todd Rundgren (Utopia) et autres Van der Graaf Generator. Pieds nus suivant son habitude, Steven Wilson se plante au centre de son nouveau super-groupe tel un chef d'orchestre, soulignant les impulsions majeures et stimulant en permanence les musiciens. Ce premier morceau est un véritable tour de force qui mélange différents styles et ambiances avec une maîtrise étonnante.

Avant la deuxième chanson, Wilson salue le public et confie qu'il a eu peur de jouer dans une salle vide à cause de la neige! Il s'assied armé de sa guitare acoustique. Une ovation s’élève de l’auditoire, lorsqu’il attaque "Drive Home", un extrait de "The Raven ..." Cette douce ballade, caractérisée par son intro à la Camel, rappelle aussi Genesis ; mais à l’issue du break, la guitare jazzy et la clarinette lorgnent carrément vers Sting et Branford Marsalis. S'en suit un fantastique solo de guitare dispensé par Guthrie Govan. Son style est très fluide, un peu comme celui d'Alan Holdsworth, le légendaire guitariste du groupe insulaire.

Après "The Pin Drop", abordé dans l’esprit d’Anathema, et "Postcard", ‘une preuve que je peux aussi composer des chansons conventionnelles de moins de 5 minutes’, place au premier point culminant de la soirée: "Holy Drinker", une autre nouvelle compo accueillie par les acclamations du public. Et pour cause, ce chef-d'œuvre progressif est nourri de guitares puissantes et de séquences complexes qui évoluent vers un refrain psychédélique en accords mineurs joués au mellotron ; et son final tragique est soutenu par de sonorités de 'drones' ténébreuses et des riffs de guitare hypnotiques. Un grand moment. Ensuite, Adam Holzman entame au piano la magnifique intro de "Deform To Form A Star", tiré de "Grace For Drowning": des frissons nous parcourent l’échine durant cette superbe composition digne d’une perle oubliée sur un vinyle de King Crimson.

A ce moment, un voile transparent descend entre la scène et le public et une vidéo, reproduisant le visage d'un vieil homme, est projetée. La mise en scène est destinée à "Watchmaker". De beaux arpèges joués à la sèche, comme à l’époque du Genesis de l’Archange Gabriel, ouvrent cette chanson mélancolique. Ils se transforment en improvisation jazzy et s’achèvent dans une frénésie prog à la Yes. Le rideau ne disparaîtra d'ailleurs qu'après la chanson suivante, "Index". Le set embraie par deux compos relativement calmes du premier long playing. Tout d’abord "Insurgentes" et surtout "Harmony Korine", qui met en cause un metteur en scène américain que Wilson décrit comme ‘tordu’... L'enthousiasme du public est grand et non sans raison car il s'agit d'une chanson parfaite, presque ‘mainstream’. Malgré l’intro de guitare à la U2 et une mélodie réminiscente d’"Exit Music For A Film" de Radiohead, elle porte la marque indélébile de Wilson. Ici, comme c'est souvent le cas, l’adaptation live a beaucoup plus de punch que la version studio.

Après le bouleversant "No Part Of Me", Wilson exhorte ses musiciens à ‘explorer tout l'espace de la salle en se servant de leurs improvisations jazzy, mais pas trop jazzy’... Cette déclaration précède "Raider II", probablement le morceau le plus ambitieux écrit par Wilson. Un kaléidoscope musical consacré au tueur en série américain Dennis Rader Lynn (BTK pour "Bind Torture Kill"). Quelques notes très graves au piano, des bruits de film d'horreur joués en quadriphonie envahissent l’espace : l'atmosphère est sombre comme l'enfer et on entend les mouches voler. Puis, la chanson se développe pendant 20 minutes dans une succession d'ambiances oscillant du jazz au heavy metal en passant par le prog, le doom et le dark ambient. A nouveau, le final provoque une véritable explosion. Sur scène d'abord et, juste après, dans le public.

Changement total d'ambiance lors du dernier morceau. Une chanson douce. En l’occurrence le titre maître du dernier opus, "The Raven..." Wilson a révélé dans une interview que c'était probablement le plus beau morceau qu'il ait jamais composé ; et je suis tenté de lui donner raison. Lors de l'interprétation, un très beau film d'animation montre l'histoire déchirante d'un vieil homme qui a perdu sa petite sœur quand ils étaient jeunes (voir la vidéo ici ). L'ambiance dans la salle est tout simplement magique et pendant les dernières notes de piano, tout le monde se lève pour une ‘standing ovation’ qui va durer plus de 10 minutes.

Pendant le rappel, le groupe ne reprendra pas l’ancien morceau de Porcupine Tree, "Radioactive Toy", à l’instar des précédents spectacles de la tournée, mais jouera un très joli medley de deux chansons signées Wilson: "Remainder Of The Dog" et "No Twilight Within The Court Of The Sun". Ici encore, tous les avatars du prog-rock sont revisités de main de maître. L'intro hypnotique au piano évoque "Carousel" de Happy The Man et les guitares, "Voyage Of The Acolyte" de Steve Hackett, qui joue d'ailleurs sur l'enregistrement studio de "Remainder...".

Au sortir de ce véritable spectacle audiovisuel, il est clair que Wilson a formé autour de lui une équipe de grands virtuoses et que l'alchimie fonctionne à merveille. Wilson a confié dans une interview que deux ans au moins seront nécessaires avant qu'il n'envisage de reformer Porcupine Tree ; mais cette projection n'a plus guère d'importance pour votre serviteur. Cette nouvelle formation, très à l’aise pour interpréter les magnifiques compositions de Wilson, marque une évolution très positive tant sur disque qu'en concert. Ce n'est pas seulement une musique progressive, c'est aussi une musique qui progresse... Le "Roi Wilson" continuera d'être l'un des artistes les plus influents sur la scène rock et c'est ce qui compte après tout ... ‘Je gagnerai cette difficile bataille: chacun doit comprendre que ce n'est pas un 'side project', c'est la chose la plus importante que j'aie jamais faite.’ On ne peut être plus clair...

Setlist:

Luminol
Drive Home
The Pin Drop
Postcard
The Holy Drinker
Deform to Form a Star
The Watchmaker
Index
Insurgentes
Harmony Korine
No Part of Me
Raider II
The Raven That Refused to Sing

Rappel

Medley avec Remainder of The Black Dog et No Twilight Within The Court Of The Sun

Organisation: Arenberg (en collaboration avec Live Nation)

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METZ

C’était quand le nirvana du grunge ?

Écrit par

Ce lundi 11 mars 2013, au Club de l’Ancienne Belgique de Bruxelles, se produisait Metz, la formation qui monte dans l’univers du noise-grunge. Une popularité croissante confirmée par l’engouement suscité par ce concert, puisqu’il affichait sold out, en moins de temps qu’il ne fallait pour l’écrire. En outre, c’est sans doute une des dernières fois que la formation évolue dans une petite salle…

Ce soir, Blackup assure la première partie. Et dès 20 heures, l’auditorium est presque comble, lorsque le band monte sur l’estrade. Un ensemble né de la rencontre entre membres de Fifty Foot Combo et The Andrew Surfers & The Featers. Sauvage, leur punk rock est authentique. Pendant une grosse demi-heure, les musicos vont se livrer à fond. Les grattes crissent, les fûts sont pilonnés et le chanteur hurle à se détruire les cordes vocales. Rien de bien original, mais une bonne mise en bouche, avant le plat consistant…

Metz n’est pas un groupe lorrain, mais canadien. Issu de Toronto, très exactement. On leur prête comme influences majeures, Big Black, Melvins, Jesus Lizard, Nirvana, My Bloody Valentine, Jon Spencer, Sonic Youth et les Pixies. Entre autres. Signé chez Sub Pop (NDR : le label qui hébergeait à une certaine époque, la bande à feu Kurt Cobain), le combo a publié son premier elpee, en automne dernier. Un disque qui a carrément bluffé les fans de noise rock, malgré sa brièveté : 29 minutes !

Alex Edkins, Hayden Menzies et Chris Slorach débarquent sur les planches vers 21h30. Les boules Quiès sont indispensables, car le son est énorme. Le groupe enchaîne d’abord les morceaux de son elpee. Et on est littéralement soufflé par une tempête sonore de force 10. Marécageuse, la guitare gronde. Pulsante, la basse ronronne. Ces deux musicos font les cent pas sur l’estrade. Un tonnerre de drums secoue constamment les lieux (NDR : doit pas être normalement constitué, ce type, pour taper de cette manière sur ses fûts). Alex, le chanteur (NDR : c’est aussi le gratteur !) pousse des cris perçants. Tout au long du set, qui ne durera que 40 minutes, le trio va libérer une énergie qui ne faiblira jamais. Manifestement il a de l’endurance, même s’il n’a pas accordé de rappel…

De la fougue, des décibels et de la sueur. On se serait cru de retour, au début des 90’s, en plein nirvana du grunge…

(Organisation AB)

 

Of Monsters And Men

Un Arcade Fire de grandes surfaces…

Écrit par

Le pouvoir d’un single fédérateur. C’est à cette règle que tient toute la notoriété des Islandais de Of Monsters and Men qui, un an après avoir squatté l’ABClub, multiplie son public par dix pour une prestation à guichets fermés dans la grande salle de l’AB. Une ascension fulgurante mais disproportionnée au regard de ce que la formation nous propose sur scène…

Sur le coup de 20h et des poussières, l’AB est déjà prise d’assaut. Les gradins sont déjà full, les premiers rangs difficilement accessibles, même pour se rendre au bar ; et les sièges, à l’étage, sont protégés vigoureusement par leurs occupants.

Un certain Mugison se charge de la mise en bouche. Une première partie insupportable s’il en est. Equipé de son laptop, l’homme hésite entre electronica, folk, et parfois même noise, le tout entrecoupé de deux rugissements Metal. En résulte une soupe indigeste qui se termine pour votre serviteur par un raid (NDLR: ?!?!?) vers le bar…

Dès 21h, c’est au tour du septuor nordique de faire son apparition sur scène derrière un rideau de fumée, au son de « Dirty Paws », la première ballade d’une longue série. Le ton est donc donné. Of Monsters and Men ne s’en écartera pas d’un iota. Ce soir, c’est toute leur première œuvre qui est passée en revue. Les mélopées de « My Head Is An Animal » se suivent et se ressemblent un peu. Les sept membres de l’équipée sont propres sur eux comme de parfaits petits boyscouts. Au bout de quelques morceaux, il devient évident que l’auditoire ne devra pas compter sur eux pour voir jaillir une petite étincelle de folie sur l’estrade. Les écarts de conduite ne sont définitivement pas permis ce soir.

Gentillet comme tout, Of Monsters and Men offre à son public une série de jolies compositions folky, forcément reprises en chœur par l’assemblée. La troupe se permet néanmoins un petit détour hors de sa discographie pour interpréter une cover des Yeah Yeah Yeahs. Et tandis que le combo new-yorkais possède à son actif une tripotée de tubes taillés pour secouer l’auditoire, les Islandais jettent leur dévolu sur « Skeletons », ballade mollassonne extraite de « It’s Blitz! ». Le collectif délivre cependant une version charmante, qui colle parfaitement au reste de la setlist. Mais il en faudrait bien plus pour me sortir de la torpeur dans laquelle la formation m’a plongé ce soir.

Le moment le plus amusant de la soirée sera celui où Nana, co-interprète de la bande, demande au public ‘I think you guys speak French and German in your country, right ?’ Et à la jeune femme de se prendre un énorme vague de ‘Noooo !’ et autres protestations dans la gueule. Sauf que, les gars, aux dernières nouvelles on ‘speak’ aussi ‘german’ en Belgique, non ? La pauvre demoiselle se confond alors en excuses et se fait pardonner son omission en demandant comment traduire ‘Love’ en néerlandais. Le ‘Liefde’ qu’elle balance est chaudement accueilli. S’ensuit un « Love Love Love » mou du genou (encore…), très rapidement suivi par le moment que toute la salle attendait : « Little Talks ». En haut, à droite, à gauche, tout le monde hurle jusqu’à la moindre virgule de la chanson.

Le climax de la soirée est atteint, sans aucun rebondissement. Un titre supplémentaire et un rappel de deux morceaux plus tard, les sept musiciens s’éclipsent, me laissant l’impression tenace d’avoir assisté au concert d’un Arcade Fire de grandes surfaces… Et en parlant de grandes surfaces, Of Monsters and Men sera également de passage cet été du côté de Rock Werchter (what else ?), le dimanche 7 juillet 2013.

(Organisation : Live Nation)

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The Lumineers

En poussant la porte du saloon…

Écrit par

The Lumineers est une formation issue de Denver, dans le Colorado. Si la formation n’a publié qu’un seul elpee à ce jour, un opus éponyme paru en avril 2012, elle a surtout décroché un succès radiophonique étonnant, grâce à « Ho Hey », un single qui a même été disque de platine aux States et au Canada. Pas étonnant dès lors qu’elle ait rempli sans mal, le Grand Mix, ce samedi 9 mars, à Tourcoing.

Et lorsque le New-yorkais Langhorne Slim ouvre le bal, la salle est déjà comble. Des conditions pas nécessairement faciles pour un supporting act, quand il s’agit de chauffer l’ambiance. Et bien l’americana de ce vieux briscard yankee est parvenu à capter l’attention de l’auditoire. Enfin, lui et son backing band. Sa voix de crooner du Midwest couplées aux envolées irrésistibles du banjo a conquis, même les plus sceptiques…

La bande à Wesley Schultz (voix et guitare) et Jeremiah Fraites (batterie) implique également  la charmante Neyla Pekarek (violon et voix), le plus énervé Stelth Ulvang (piano) ainsi que le très cool Ben Wahamaki (basse). Le combo va passer l’intégralité de son premier et unique album à la moulinette. Difficile de résister à leur americana hyper mélodique et entraînant. Le piano est joyeusement sautillant. La voix de Wesley Schutlz, savoureusement éraillée. Mais surtout, leur sens mélodique est irrésistible. Le combo parvient à transformer des morceaux de country rock éculés en véritables hits radio-friendly (NDR : n°2 au Billboard américain tout de même…) Les Mumfords & Sons n’ont qu’à bien se tenir ! Le band semble, en outre, être heureux de jouer ici, ce soir. L’énergie dispensée est communicative et malgré le succès rencontré aujourd’hui, les musicos restent simples. Parfois on a l’impression d’assister à un concert accordé par quelques pionniers de l’Ouest sauvage, après avoir poussé la porte d’un saloon… Des chansons comme « Ho Hey » et « Stubborn Love » donnent au public l’occasion de s’époumoner ; mais le reste de leur répertoire est suffisamment varié pour succomber à leur prestation. Le groupe va même s’autoriser une reprise de Bob Dylan. Le public est manifestement ravi. Et pour enfoncer le clou, The Lumineers va entamer son rappel a cappella. A cet instant, dans la fosse, règne un silence monacal. Avant de clôturer leur set par un final enthousiasmant, en compagnie de Langhorne Slim et sa troupe. Un réel ‘feelgood’ concert qui a permis de découvrir une formation taillée pour les festivals !

(Organisation Le Grand Mix)

 

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