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Teethe : de la douleur au soulagement…

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The Wolf Banes - De Casin...
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A Place To Bury Strangers

Chercheur de noise

Écrit par

Extrait de bord du commandant :
'Dimanche quinze septembre, dix-huit heures. Le ciel est bas. Il va pleuvoir. Sur les bords du canal, la fête foraine bat son plein. Ici, les gens affluent et garnissent complètement le navire. La tempête s'apprête à sévir. Non pas dehors, mais au-dedans.
L'air se solidifie lentement et devient compact tout autour. Le plafond bas semble écraser la minuscule scène qui d'ici trois-quarts d'heure tremblera sous les lacérations soniques du trio de Brooklyn.
Tout est en place.
Larguons les amarres.'

Nous sommes arrivés de bonne heure. Heureusement. Dix huit heures quarante-cinq, heure locale et nous sommes priés de monter sur le pont.

La planche de salut tremble sous l'effet d'un vent froid. Le vent est chez lui, ici.

La pluie s'est mise à tomber. Droite et sans pitié.

Le décor est planté.

Nous montons sur la planche, et sans nous retourner, nous sautons dans le vide.

Comme chaque soir.

Un larsen serpente au milieu des eaux troubles, et s'amplifie graduellement.

Tentaculaire, il s'inocule dans nos veines et s'immisce dans nos têtes, prêtes à exploser.

Puis, il se prolonge à l’infini tandis qu'un bruit sourd et blanc traverse l'atmosphère.

Le jour n'a pas encore quitté la plaine du Champs de Mars. Mais la nuit s'est déjà invitée et nous enveloppe.

La longue pente glissante nous propulse au-devant d'une assistance compacte et serrée. « Slide » s’extirpe de nos cordes, des fûts et de nos corps, puis rampe sur les murs, se colle aux hublots, s'empare des lieux, tandis que les voix tentent de se frayer une place au milieu du bruit.

Le bruit partout, entité de granit qui adopte toutes les formes souhaitées.

Dans son prolongement opaque, la lumière s'éteint, vacille sur elle même, s'éparpille en éclairs saccadés.

Nous sommes A Place To Bury Strangers et nous sommes les conducteurs de ce bruit.

Nous l'amplifions, le déformons à notre guise, et le déposons aux pieds de ses adorateurs.

Car le bruit est beau. Puissant et magnétique.

De nos chansons, il s'amuse et les transfigure.

Le bruit nous a adoptés, puis nous l'avons dompté.

Nous sommes A Place To Burry Strangers et nous sommes le bruit.

Setlist :

Slide
Petit Empire
In Your Heart
Ego Death
Ocean
Don't Look Back
Drill It Up
Deadbeat
Fear
I Lived My Life

(Organisation : A Gauche de la Lune)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

Dead Ghosts

Back to the roots

Écrit par

La formation canadienne Dead Ghosts effectuait un petit crochet par la Belgique, jeudi dernier. L'occasion d'aller écouter en live un des très bons groupes de garage du moment. Interprétant intégralement leur deuxième album, l'excellent « Can't Get No », elle nous a replongé dans les atmosphères des sixties pendant une bonne heure pour notre plus grand plaisir.

Une trentaine de fidèles des concerts JauneOrange, ne connaissant pour la plupart pas le groupe de Vancouver, ont fait le déplacement. Ils ne le regretteront pas.

La soirée débute par un set des Bruxellois de Mountain Bike, un ensemble fondé récemment par des membres de Warm Toy Machine et Thee Marvin Gays. Une très bonne surprise ! D'abord parce que peu de combos belges proposent du garage ; ensuite, parce qu'on assiste rarement à des premières parties de cette qualité. La section rythmique assure méchamment, les compos sont efficaces, garage 60's bien-sûr, mais tout en se référant généreusement à l'indie-rock des années 90. Et si le chant paraît moins assuré que les guitares, en écoutant leur démo, on en conclut qu’il ne faudra pas très longtemps avant que cette voix atteigne, en ‘live’, le niveau des instruments, tant elle est agréable sur bande. Ty Segall et la scène de San Francisco ont des petits cousins au pays des moules et c'est tant mieux.

Arrive alors les Dead Ghosts, un peu timides au début devant cette salle à moitié vide. Mais habitués aux bars nord-américains, ils se détendent peu à peu. Surtout au fur et à mesure que l'assistance quitte le zinc, attirée par l'adrénaline qui se libère de la scène. On ferme les yeux et on se retrouve en 1963, au début du phénomène garage quand des adolescents américains, influencés par les groupes anglais émergents osaient se lancer dan un rock'n'roll crasseux à l'énergie débordante. Plus encore que sur le disque, on déduit que le titre de l’elpee n’est pas le seul à évoquer les early-Stones. Mais ce n'est bien-entendu pas la seule référence qui nous vient à l'esprit. On pense aux débuts des Beatles pour la qualité des mélodies, à des Shadows poisseux, aux premiers titres des Clash (la rythmique du batteur, sorte d'Animal des Muppets, tant il s'agite dans tous les sens) et à des formations plus psychédéliques (la guitare fuzz règne fatalement en maître de cérémonie). Les ‘tubes’ de l'album s'enchaînent. "Cold Stare" ouvre les hostilités tout en mélodie puis c'est l'avalanche de décibels déclenchée par "Can't Get No", "Summer with Phil" ou "I Want you Back", sans oublier la pièce maîtresse de "Can't Get No" à mon sens "Roky Said", hommage non voilé à Rocky Erickson, le leader des mythiques 13th Floor Elevators. Et pour l'anecdote, on est heureux de voir le bassiste arborer un magnifique t-shirt Sarah Records. Est-ce la raison pour laquelle, on entend dans certaines de ses notes des réminiscences de la légendaire structure anglaise? Après tout, Dead Ghosts, c'est autant pop que rock, la pop des débuts, la vraie, pas la soupe actuelle.

Jetez vous sur l'album si cet article vous a alléchés. Enregistré comme les pionniers sur un 8 pistes et par conséquent faisant fi de tout ordinateur, il nous ramène aux racines du rock ; de quoi nous ravir de retrouver un son brut, non trafiqué, plein d'humilité et de ferveur comme le sont les Dead Ghosts.

(Organisation l’Escalier)

 

 

The Black Angels

Psycho trip

Écrit par

Les couloirs du temps se rétrécissent et il n'est plus nécessaire, de nos jours, de posséder une Delorean pour en arpenter les longueurs, largeurs ou toutes autres dimensions.

En empruntant un des vecteurs les plus communs et des plus usuels, je fais route ce mercredi soir vers des contrées hors de portée des affres de la nostalgie, inoculant cette substance non prohibée que l'on nomme simplement bon temps.

Par contre, il serait plus qu'opportun d’enfin concevoir la téléportation !

À défaut de cette grande et belle invention future, j'arrive alors qu’Elephant Stone vient d'entamer son set.

Mince, il est déjà sitar ?

Ben oui, dès les premières rasades, il est évident qu’Elephant Stone n'a pas inventé la roue ; mais ces Canadiens, emmené par leur bassiste, Rishi Dhir, disposent d’un certain potentiel pour renouer avec les trames de motifs sixties tout en y incorporant des éléments de musique traditionnelle indienne.

Passant judicieusement de la basse aux cordes pincées de son noble instrument à manche long, l'ex-membre des High Dials fait valser les compositions outrageusement pop de son répertoire.

Le résultat est donc à ranger dans la catégorie Revival aux côtés de Miles Kane, par exemple, plutôt que sur l'étagère où trônait Cornershop.

Si une écoute distraite avant leur passage n'avait guère affolé les aiguilles de mes potentiomètres, leur concert m'a permis de revoir mes premières impressions à la hausse. Beaucoup moins niaises qu'il n'y paraît à premier abord, leurs compositions recèlent de fort bonnes mélodies, rehaussées de galvanisantes montées sonores assénées par un excellent guitariste.

Et à aucun moment, les ponts brodés au sitar ne viennent encombrer le sentiment de légèreté qui émane des titres proposés.

À l'aise dans son français (et pardon aux néerlandophones), Rishi et son band nous laissent donc sur une agréable impression, tout en sourire et remerciements sincères.

Finalement, la pertinence de cette double affiche apparaît sous la lumière nouvelle de ces quarante minutes, et l'on comprend l'engouement des Black Angels de les emporter dans leurs bagages.

Du bagage, les Texans en ont pris depuis la première fois où je les ai vus en concert.

En quelques années, ils sont devenus incontournables et malgré un crochet récent à la frontière hollandaise, dans le cadre d’un festival gratuit, il n'est pas étonnant que l'Orangerie soit comble ce soir.

Le public enthousiaste (dont certains énergumènes survoltés) ne s'y trompe pas et réserve à chaque titre un accueil chaleureux.

En une heure et demie de passage à la moulinette, de télescopage chromatique et de réverbération hallucinée, les sens tanguent sous la houlette d'Alex Maas et sa clique d'anges ténébreux.

Pas de temps mort. C'est pied au plancher que le groupe d'Austin emballe son auditoire.

Chant incantatoire, pop noyée d'effets multiples, orgue grésillant et assaut de noise, le tout précieusement enrobé du linceul de gloires éternelles, du Velvet aux Doors en passant par 13th Floor Elevators.

La tête dans le tambour d'une machine qui abriterait du beau linge coloré, mais dont le bruit de moteur pétaraderait jusqu'aux portes de l'enfer, nonobstant la dose nécessaire d'adoucissant ajoutée, afin que le groupe entre dans la légende.

Un bref aperçu des titres joués ce soir permet de se rendre compte de l'évolution du band, restant intègre et fidèle à sa ligne de conduite.

Une recette sans cesse génialement réinventée qui donne substance et matière à des morceaux devenant au fil du temps classiques du genre.

Bref, on n’est pas prêt d'arrêter d'en parler de ces anges noirs.

Après cette avalanche de morceaux imparables ponctuée par « Young Men Dead » en apothéose, je n'ai plus qu'à plier genou à terre, tirant ma révérence, définitivement aux anges.

(Organisation : Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Braids

Figé dans la perfection…

Écrit par

Soirée de rentrée, ce vendredi 9 septembre, au Botanique. Et pour débuter cette saison, qui propose une programmation de haute volée, les organisateurs ont choisi la formation canadienne, Braids. Une valeur sûre, vu la qualité du concert accordé, il y a déjà deux ans. En outre, c’est une belle opportunité offerte au band de présenter son deuxième album, « Flourish//Perish ». Résolument tourné vers l’électronique, cet opus a déjà été salué par la chronique spécialisée. Et il revenait au Belge Ssaliva d’assurer la première partie…

Confronté à un problème de transport, je débarque 30 minutes en retard, au Botanique. Le temps de récupérer ma place et de me diriger vers la Rotonde, je croise le public qui vide les lieux pour prendre un rafraîchissement. Ssaliva, ce sera donc pour une autre fois. Dommage…

Un bon quart d’heure plus tard, les spectateurs reprennent le chemin de la Rotonde. La salle est cependant loin d’être pleine à craquer. Il faut dire que Braids ne jouit pas encore d’une notoriété suffisante, chez nous. Vers 21h, le désormais trio (NDR : depuis le départ, l’année dernière, de Katie Lee) monte sur l’estrade. Raphaelle Stadell-Preston (guitare, claviers, voix), Austin Tufts (batterie) et Taylor Lee (claviers, basse) s’installent derrières leurs instruments. Ils y resteront plantés, quasiment tout le concert. Qui démarre d’emblée par des morceaux issus du dernier elpee. Vu la température qui règne à l’extérieur, on peut affirmer que leur cold-wave détonne. Des nappes sonores réverbérées planent au-dessus de l’auditoire. On a l’impression d’entrer en lévitation. Pourtant, le band maîtrise parfaitement son sujet. La voix de Raphaelle Stadell-Preston impressionne, même. Björk n’a qu’à bien se tenir ! Si les premiers titres sont plutôt lents et s’installent progressivement, la suite prend davantage de relief. Le set passe alors à la vitesse supérieure. Ainsi sur l’excellent « In Kind », la vocaliste montre littéralement les dents (façon de parler !) Mais la setlist n’a pas oublié le premier long playing, « Native speaker ». De quoi ravir les aficionados. Malheureusement, le jeu de scène m’a paru un peu trop statique. Autrement dit, on ne peut pas dire que les musicos soient des showmen. Manifestement, c’est un aspect à améliorer, si le combo souhaite prendre de l’envergure. Tout comme leurs jeux de lumières, un peu trop ternes à mon goût. Bien sûr, leur musique ne prête pas à la rigolade ; mais on attend d’un spectacle qu’il dépasse la dimension de l’enregistrement studio, et pas simplement le reproduire, même à la perfection…

(Organisation Botanique)

 

My Bloody Valentine

Just remember that deaf is not the end

Écrit par

Plus de vingt et un an après que les aiguilles de l'observatoire Royal de sismologie se soient mise à danser au son du légendaire groupe emmené par l'énigmatique Kevin Shields, l'AB accueillait à nouveau une horde de fans désireux de se faire perforer les tympans.
Suscitant autant d'enthousiasme que de mines circonspectes, le concert de ce mardi trois septembre a relancé l'éternel débat qui déjà divisait l'opinion en avril 1992.
Soit : que penser de ce bruit qui se répand comme la lave, figeant l'auditoire ou l’incitant à fuir selon les circonstances et les conditions d'écoute.
Adulés par certains, honnis par d'autres, My Bloody Valentine ne fait certes pas l'unanimité et le concept de ce mur du son qu'ils ont bâti comme une forteresse autour de leurs personnalités renfermées divise les avis autant qu'il n'a(ba)sourdit.
Mais après un retour chahuté où ce concept avait été poussé à son paroxysme (cf. leur prestation au Pukkelpop accordée en 2009 au cours de laquelle la puissance développée en décibels allait, pour de nombreux spectateurs, au delà du supportable), le groupe semblait avoir compris que les spectateurs étaient en droit d'attendre autre chose qu'un magma sonore inaudible susceptible de mettre en péril leur intégrité organique.
Mur du son, certes, mais dont les brèches permettent aux mélodies de se faufiler.
Sauf que...

Sauf qu'on ne change pas les habitudes.

Il est vingt heures quarante-cinq et le set va bientôt débuter.

En arrière-fond de la scène, un message du band déplore que notre pays soit le seul à s'enorgueillir d'une loi visant à limiter les nuisances sonores.

Et oui, Kevin, depuis les nineties, le vent à tourné...

Soit dit en passant, la formation savait à quoi s'attendre, puisque je me suis laissé dire qu'il était question un moment que le Cirque Royal les accueille dans le cadre des Nuits Botanique, avant qu'ils ne refusent de se plier à cette même ordonnance.

Donc, revenu sur cette décision et décidé à néanmoins s'offrir au public belge, le quatuor entame son concert par « I Only Said », non sans égratigner cette politique de protection de l'ouïe par le biais d'une remarque caustique en guise d'introduction.

De la voix de K. Shields, c'est quasi tout ce qu'il nous sera donné d'entendre.

Pas de surprise.

En effet, il est communément admis (du moins par la frange fidèle de ses fans) que le combo met en avant le son des guitares (oui, LE son) au détriment des mélodies vocales qui elles, sont mâchouillées à l'extrême et à peine perceptible dans le boucan électrique.

Si ce sous-mixage a de quoi étonner, il paraît quand même logique que ce qui est produit en studio –et met en valeur ces mélodies– soit en ‘live’ mis entre parenthèse pour des raisons techniques évidentes (essayez de chanter sans vous entendre et vous comprendrez).

L'idée n'étant pas de reproduire une copie plus ou moins conforme de ce qui existe sur album, il est alors fait appel à nos mémoires affectives.

Ainsi, au delà de cette chape écrasante et de ce tumulte assourdissant, les mélodies se fraient une place non pas depuis la scène, mais en toile de fond, quelque part dans notre subconscient.

Car avant toute chose, un concert de My Bloody Valentine reste une expérience.

Éprouvante, qui se joue de la facilité, intègre et fidèle au précepte du bruit élevé au rang sacré.

Sans fioritures.

Un pavé lancé en plein figure.

Il faut donc être un minimum préparé et se montrer conciliant.

Et donc venir en connaissance de cause.

Restent donc ces vagues successives qui viennent nous harponner sans relâche, nous faisant tanguer (et certains sombrer).

Aux classiques « When You Sleep », « You Never Should », « Honey Power » et « Cigarette In Your Bed » vient se greffer « Only Tomorrow » qui en réalité ne sera qu'un des trois titres extrait de « MBV » leur dernier opus en date.

Une sorte de ‘Best of’ donc, qui bien sûr, enchante les jeunes quadragénaires constituant une grande partie de l'auditoire.

Souvenirs d'une époque glorieuse mais qui vit une nouvelle jeunesse et dont MBV restera à jamais le fier étendard, assurant la filiation avec bien des mouvements d'aujourd'hui.

À ce jeu d’échanges, remarquons que le groupe insuffle à ses nouvelles compositions quelques pertinentes inflexions en territoires audacieux.

Comme cette Drum'Bass qui tapisse « Wonder 2 » dont la version ‘live’ malheureusement, est à mon sens quand même fort brouillonne et pataude.

Au final, « You Made Me Realize » et son intermède sonique tant redouté (une montée en puissance qui ferait passer un ensemble de moteurs de F16 pour une chorale pastorale et s'échelonne selon les prestations entre une poignée de minutes jusqu'à une demi-heure d'un insupportable vrombissement) sera ramené ce soir à sa plus simple expression, étouffé sans doute par les impératifs cités plus haut.

Les avis criés plus que chuchotés après le show (surdité oblige) continuant d'alimenter le mythe My Bloody Valentine pour les deux prochaines décennies…

Setlist :

1.         I Only Said
2.         When You Sleep
3.         You Never Should
4.         Honey Power
5.         Cigarette In Your Bed

6.         Only Tomorrow
7.         Come In Alone
8.         Only Shallow
9.         Thorn
10.       Nothing Much To Lose
11.       Who Sees You
12.       To Here Knows When
13.       Wonder 2
14.       Soon
15.       Feed Me With Your Kiss+
16.       You Made Me Realize

(Organisation: AB)

 

Big’n

Rentrée de Grande Classe

Écrit par

Rentrée en force et anticipée au Magasin 4 qui propose une triple affiche couronnée par Big'N, groupe ricain dont les plus anciens de nos lecteurs se souviennent peut-être des premiers enregistrements opérés il y a une petite vingtaine d'années.

Mais commençons par le début ou presque car faute d’avoir pu assister au tour de chauffe de Made in Canada (qui en réalité nous vient de l’Hexagone), je débarque alors que Mont-Doré s'apprête à entrer en piste. Première et heureuse constatation, le public a répondu présent au coup d'envoi de cette nouvelle saison. Car même si la salle est loin d'être remplie, on compte une bonne centaine de personnes ; ce qui est respectable pour un jour en semaine et sans groupe hype à l'affiche.

Mont-Doré est un quintet bruxellois qui a choisi la voie d'un screamo assez complexe et épique pour s'exprimer au travers de compositions qui alternent passages saccadés et 'downtempo'. Le tout est interprété en puissance, mais aussi parfois avec un trop plein d'émotions propre au style emo et à ses déclinaisons (NDR : la voix typique entre cris et 'pleurs', susceptible d’irriter). Néanmoins l'ensemble est assez recherché et plutôt maîtrisé pour garder notre attention pendant la durée de leur set.

Puis place à Big'N qui, comme je le précisais en début d'article, n'en est pas à son coup d'essai puisque si son premier LP date de 94, le suivant est paru en 96, avant que le groupe ne se sépare peu de temps après la sortie de ce dernier.

C'est par le biais du label italien Africantape (Pneu, Marvin, Oxes ou encore les incroyables Electric Electric) qu’il publie, en 2011, l'Ep "Spare the horses" et la compile "Dying Breed - A collection of singles & unreleased songs" ; de quoi attester la bonne santé du combo étasunien. Et l'épreuve de la scène va s'avérer des plus concluantes vu les traces de doigts qu'on porte encore sur la joue en souvenir de cette claque magistrale. On retrouve chez Big'N tout ce qu'on a pu aimer et qu'on aime encore dans le noise rock US façon early Helmet, Unsane ou Pissed Jeans (mais on pourrait en citer bien d'autres). Le côté direct, crade et viscéral qui vous agrippe et ne vous lâche plus pendant une bonne heure. Au-delà, on risquerait l'asphyxie! Le sens du riff répétitif asséné jusqu'à l'obsession et l'aspect malsain dans les dissonances. Tout y est et on connaît la chanson par cœur mais on ne s'en lasse jamais pour autant que l'intention et l'intensité soient bien présentes. On appelle cette conduite de l'authenticité et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'en manquent pas, cherchant la proximité avec le public (le chanteur descendra un moment prendre un petit bain de foule) mais tout en gardant le contrôle de leur barque. Et pour ma part ainsi que pour les autres spectateurs, encore une traversée rondement menée à partir de l'Avenue du Port...

(Organisation Magasin 4)

 

Attagirl

Une belle promesse…

Écrit par

Fondée en 2008, Attagirl est une formation dont la majorité des membres est issu de la région tournaisienne. En 2009, elle avait sorti une démo trois titres. Et il y a deux bons mois, son line up s’est enrichi d’un cinquième membre, un claviériste. Le groupe venait présenter son premier Ep, ce 27 juin, à la Fenêtre de Tournai, dans le cadre d’une ‘release party’. Intitulé « In the limelight », il a été mis en forme par Tommy Desmedt (The Tellers). Plus d’une centaine de personnes s’étaient déplacées pour assister à ce set.

Un supporting act avait cependant été inscrit au programme. En l’occurrence Juke Boxes. Un duo bruxellois, régulièrement rejoint par deux musiciens complémentaires, sur les planches. Ce qui ne sera pas le cas ce soir. Kevin se réserve les drums, les synthés et les backing vocals. Juliette chante et assure soit les claviers ou la guitare. Elle porte de longs cheveux blonds et porte un pantalon assez original, sur lequel sont dessinés des losanges. La musique de J.B. alterne moments plus planants, presque shoegaze, développements trip hop et envolées bien rythmées. Parfois même au cours du même morceau. La voix de Juliette est très claire, éthérée même, épousant certaines inflexions à Cat Power voire Heather Nova ; mais ce qui frappe surtout c’est l’amplitude et la richesse du drumming de Kevin. Exécuté dans l’esprit de certains groupes prog issus des seventies. Pourtant, le groupe se cherche encore, notamment en matière de liaison entre les arrangements ; mais il dispose d’un fameux potentiel. Et lors du final, le batteur vient jouer du clavier en front de scène, pour interpréter ce qui sera, à mon goût, le meilleur morceau de leur prestation. On se rend compte alors qu’il doit mesurer plus d’1m90, mais sa manière de danser derrière son instrument, ne manque pas d’élégance. Leur nouvel album, « King Dying » est paru ce 1er mars 2013. Mais ne m’en demandez pas plus ; car il faut croire que sa distribution est plus que confidentielle…

Place ensuite à Attagirl. Tiens c’est amusant, mais le drummer ressemble étrangement à Phil Collins, quand il était plus jeune… Sans quoi, le line up implique Max à la basse (également préposé aux backing vocaux) et Manuël à la guitare, qui s’installent de chaque côté du chanteur, Ben. Ce dernier joue aussi régulièrement de la gratte et parfois du clavier ; c’est également de cet instrument que se sert, mais de manière permanente le nouveau venu, Anatole, qui dispose apparemment d’un Rhodes. La setlist propose anciennes plages retravaillées ou issues de l’Ep. Les morceaux sont bien maîtrisés, même si on sent que le nouveau claviériste n’est pas encore totalement intégré à l’ensemble. Ben possède une superbe voix qui me fait tantôt penser à celle de Ian McNabb (Icicle Works), tantôt à Finn Andrews (The Veils). Encore que lors du rappel, il va se mettre à crooner, un peu à la manière d’un Neil Diamond, lors d’un duo au cours duquel il s’accompagne à la guitare, en ne recevant le concours que d’Anatole. Dommage, le deuxième titre proposé lors de cet ‘encore’, compo probablement la plus faible de leur répertoire. Avant de se reprendre magistralement lors de la finale. Quant à Max, en cours de route, il va troquer sa basse contre une trompette à coulisses. Apportant une coloration totalement différente à l’expression sonore d’Attagirl. Qui baigne dans la pop. Autant insulaire que yankee. Indie, mais pop, quand même. Car si elle fait surtout penser à Stereophonics (surtout lorsque les accords de guitare se font tintinnabulants), son sens mélodique est susceptible de lorgner vers Nada Surf. Reste maintenant au band à composer la (ou les) chanson(s) imparable(s) qui pourrai(en)t lui permettre de décoller. De se distinguer au sein d’un genre qui commence à se boucher. En outre, quoique revisitées, les anciennes compos n’accrochent pas suffisamment, et les nouvelles semblent coulées dans un même moule. Comment donner du relief à ses chansons sans pour autant perdre son homogénéité et surtout sa personnalité ? Ce sera certainement le prochain challenge d’Attagirl. Et tout particulièrement lors de l’enregistrement de son premier opus, qu’il envisage réaliser d’ici quelques mois. Mais pour le relever, il va falloir bosser et se montrer créatif. Une chose est sûre, le quintet dispose de tous les atouts nécessaires pour atteindre cet objectif…

 

MoRkObOt

Avis de tempête sur le Magasin 4…

Écrit par

C'est par une chaleur quasi tropicale et chargée de promesses d'orage que je me rendais ce mercredi au Magasin 4 pour aller assister à une triple affiche qui n'en manquait pas moins. Au programme la formation transalpine MoRkObOt, le duo russe uSSSy et le quatuor canadien Topanga. Malheureusement, arrivé en retard sur les lieux, je n’ai pu assister au set du combo torontois.

A peine ai-je débarqué, le temps de se mettre en condition, que retentissent déjà les premiers accords de uSSSy. Ma première impression est la surprise. Et pour cause, vu la richesse instrumentale des morceaux découverts au préalable, il est étonnant de voir les Moscovites œuvrer en duo. Comme souvent dans ces cas là, c'est la synchronisation et la maîtrise technique qui fait la différence et permet à un batteur et un guitariste de nous laisser bouche bée. Car si à leurs débuts leur noise frontale en avait déjà séduit quelques-uns, que dire de ce mélange de free noise et d'influences traditionnelles? Qu'il communique une coloration assez inattendue à leur musique faite de polyrythmies singulières. En outre, ce jeu de guitare bluffant apporte une touche world orientale au sens large du terme ; donc aussi bien arabisante qu'est-européenne. Et on se souviendra peut-être de groupes pratiquant déjà ce genre de fusion, emmenés par le label Trottel Records dans nos contrées et plus particulièrement à Liège pour ceux/celles qui ont fréquenté la Zone dans les années 90/2000. Merci à uSSSy pour cette brise rafraîchissante dans l'atmosphère moite et étouffante de cette journée avant de passer à la tornade italienne MoRkObOt.

Lin, Lan & Lon les 3 membres de ce trio fêlé ne sont pas fait prier pour faire monter la tension d'un cran à l'aide de quelques solides déflagrations soniques qui allaient également bien nous secouer les neurones. En effet, c'est un véritable rouleau-compresseur qui a déboulé sur le Magasin 4, une machine de guerre qui trace ses plans de bataille en se souvenant des conquêtes entreprises par de grands généraux répondant aux noms de Primus, No Means No ou encore leurs compatriotes de Zü. Un ouragan noise traversé de quelques éclairs psychédéliques ou ‘stoners’ déconseillé aux oreilles trop sensibles et aux épileptiques. Un casse-tête musical pour auditeurs exigeants et endurants. MoRkObOt est un peu tout ça à la fois, fuyant les évidences, cherchant sans cesse la voie la plus tordue pour s'introduire insidieusement dans votre boîte crânienne et y faire le ménage. Attention toutefois, ce phénomène pourrait laisser des traces indélébiles ; mais il se peut que vous en redemandiez! Sachez néanmoins que dans ce cas, la rédaction de Musiczine ainsi que les organisateurs du concert déclinent toute responsabilité... Bon d'ici là surveillons les prochains bulletins météo et vivement la prochaine tempête!

(Organisation Magasin  4)

 

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