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Iron & Wine

En chef d’orchestre…

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Ce lundi 3 juin, le Cirque Royal accueillait un concert très attendu en cette fin d’année scolaire. Celui d’Iron & Wine. On espérait donc conclure cette saison sur une bonne note afin de se préparer à celle des festivals d’été qui s’annonce, comme les années précédentes, riche et longue. En outre, on était curieux de découvrir la transposition du nouvel opus de Sam Beam, en live. Un disque au cours duquel il n’a pas hésité à sortir des sentiers battus du folk, qui balisent pourtant son parcours, depuis maintenant une bonne dizaine d’années.

Avant de passer aux choses sérieuses, place à This is the Kit. Une formation insulaire drivée par Kate Stables. La jeune Anglaise monte sur l’estrade flanquée de deux autres demoiselles préposées à la basse et au xylophone ainsi qu’un drummer. Le set ne durera qu’une demi-heure. Période au cours de laquelle, le band va dispenser un folk empreint de grâce et de douceur, mais un peu trop monotone à  mon goût. Pourtant, l’artiste respire la bonne humeur et semble heureuse d’être là. Dommage que sa musique ne corresponde pas à son état d’esprit… 

Les choses sérieuses commencent enfin vers 21h00. Tous les sièges du Cirque Royal ne sont pas occupés, mais le public présent semble concentré sur le sujet. Et le silence qui va régner durant la quasi-intégralité du concert en est certainement la plus belle démonstration. Pour mettre en scène « Ghost on Ghost », Sam Beam n’a pas lésiné sur les moyens, puisqu’il est accompagné de 12 musicos, sur les planches. Une section de cuivres. Une autre de cordes. Des chœurs féminins, un batteur, un bassiste et un claviériste complétant le line up. Sam s’installe au milieu du podium. Barbu, il est vêtu d’un costar. Ce soir, il servira de chef d’orchestre. Première impression, le spectacle est très soigné, à la limite du guindé. Sam Beam et sa troupe interprètent les plages du dernier opus. Nous sommes alors très loin du folk originel d’Iron & Wine. L’atmosphère générale tourne régulièrement au jazz. Faut dire que les solos de cuivres, accentuent clairement cette empreinte. L’ensemble est parfaitement maîtrisé. Difficile de faire plus classe. Et quand il attaque enfin son répertoire plus ancien, il est toujours soutenu par ses acolytes. Il nous réserve alors notamment une version alternative de « Jezebel »…

Néanmoins, pour être honnête, ce ne sont pas les parties les plus instrumentales qui ont le plus séduit les spectateurs. Mais plutôt lorsque Beam, armé de sa gratte acoustique, a affronté le public en solitaire, pour interpréter trois titres, dont le splendide « Upward over the Mountain ». A vous flanquer des frissons partout. C’est aussi durant ce laps de temps qu’on a pu le mieux savourer le talent de songwriting et la voix de l’Américain.

Ce soir, Sam Beam a démontré qu’il était capable de se renouveler. Et qu’il était à l’aise sur tous les terrains. Néanmoins, c’est sous le format le plus minimaliste, qu’il parvient à communiquer le mieux ses émotions…  (voir notre section photos ici)

(Organisation Botanique)

 

-M-

Mainstream…

Écrit par

Tout comme Akim, l’autre soir, je ne devais pas être là. Mais un concours de circonstance m’a poussé à accepter un remplacement au pied levé. Que j’ai volontiers accepté. Faut dire qu’à la lecture des comptes-rendus dithyrambiques lus dans la presse écrite et web (NDR : y compris celui rédigé par un collaborateur de Musiczine), le rédac’ chef avait envie d’aller lui-même vérifier sur place. Le Zénith affiche complet, deux jours de suite à Lille (NDR : et il y revient le 8 novembre !) M est extrêmement populaire en France ; ce qui explique pourquoi sa nouvelle tournée au sein de l’hexagone marche du tonnerre.

Avant d’entrer dans l’hémicycle, un petit détour par le bar s’impose. Quatre consommations, svp. 20€, m’sieur ! Combien ? Ah oui, les gobelets sont consignés. 2€ pièce. Encore heureux ! En fait, les boissons sont servies dans des récipients à l’effigie de la star. Un avant-goût du show consacré au strass et aux paillettes ?

Un drap est tendu devant la scène. Y est projeté l’image d’un personnage au nez rouge destiné à promouvoir l’association ‘Clown Sans Frontières’ (NDR : dont M est l’un des parrains).

En première partie, place à Nach, c’est-à-dire Anna Chedid, la frangine de Matthieu. Elle est flanquée d’un guitariste, d’un contrebassiste/violoncelliste et d’un drummer qui se tient debout. Elle porte une armature sous sa robe assez courte qui lui donne une allure à la fois sexy et décalée. Et elle chante en se réservant régulièrement les claviers. Dans un style qui lorgne vaguement vers les Rita Mitsouko. Elle possède un beau timbre de voix qu’elle parvient à faire fluctuer entre différents octaves, mais les inflexions ne suivent pas toujours l’amplitude. L’exercice de style est périlleux et nécessite encore du boulot. Bref, pas un mauvais supporting act, mais pas non plus la révélation.

Vers 20h45, le grand drap blanc qui séparait l’espace réservé au supporting act et le reste du podium, tombe. Mais la scène reste dans le noir. Le public s’impatiente et commence à battre des mains. Celui du balcon se lance même dans une ola ou frappe bruyamment sur le plancher. Manifestement, l’audience, ce soir, est acquise à la cause de M. 21h00, les musicos débarquent. Ils sont trois. Le drummer se place à droite de l’estrade. Le bassiste/claviériste (NDR : son instrument est un curieux combiné !) à gauche, et Matthieu à la gratte, au milieu. Il porte des lunettes en forme de M. Plutôt excentriques. Il les troque ensuite contre une paire qui projette un flux lumineux devant lui. Et lorsqu’il les enlève, on remarque qu’il arbore une petite moustache (NDR : oui, c’est une barbe de 3jours !), comme son père Louis, à qui il ressemble de plus en plus. Derrière, on découvre une immense structure métallique amovible, face à un écran géant ; mais couverte de miroirs, en forme de ‘M’. Elle va même finir par se déplacer, pivoter, se retourner, refléter, et servir de poste aux techniciens préposés aux projecteurs. Le light show est à l’avenant, multicolore et multidirectionnel. Le son est puissant et plutôt basique. Rock, si vous préférez, mais sans les détails qui font la différence, chez l’artiste français. Faut dire que le drummer martèle ses fûts comme un batteur au sein d’un groupe de métal. Car ce soir, on si on va en avoir plein les mirettes (jeux de lumières qui descendent presque jusque dans le dos des musicos, en tournant sur eux-mêmes, comme des ovnis, apparition d’un personnage qui se la joue ‘sauvage’, se prenant même pour tarzan, deux danseurs, chaussés des fameuses lunettes/projecteurs, et j’en passe), musicalement, je suis resté sur ma faim. Et puis, les samplings, ce n’est pas trop mon truc. Il y a bien eu la participation d’enfants pour un titre et surtout un petit périple sympa à travers la foule (NDR : qui a commencé juste sous mon nez !), sur une estrade mobile, au cours duquel Matthieu va interpréter ses titres les plus intimistes, en s’accompagnant au piano (NDR : le meilleur moment du concert), et puis lors du premier rappel, une parenthèse acoustique, presque sculptée dans le ‘skiffle’), mais en général, le set a surtout mis en exergue le talent d’entertainer de Matthieu. Le public connaît les paroles de la plupart des chansons par cœur, donc il les chante ; et lorsque plus de 7 000 personnes les reprennent en chœur, ça met l’ambiance. Matthieu serre volontiers les mains de ses fans, les remercie, part en crowdsurfing sur le dos en se lançant dans un solo de guitare. Un étalage de sa technique qu’il n’hésite pas à renouveler. Parfois, il en remet même deux couches. Il fait virevolter sa ‘six cordes’ dans les airs ; accidentellement, elle est emportée par la foule. En fin de parcours, il demande aux spectateurs de lever les bras et d’arborer le signe ‘M’, à l’aide de leurs mains. Motif ? L’enregistrement d’un clip. La foule est alors au bord du délire. Ce qui va engendrer deux rappels. Dont le premier, minimaliste, recueillera mon assentiment. Mais en rédigeant cet article, je me doute que 6 999 personnes risquent fort de manifester leur désapprobation. Parce que si le spectacle était fantastique, enfin, si on le replace dans le contexte des formations prog rock issues des seventies (NDR : souvenez-vous d’Emerson Lake & Palmer et même du Floyd), le concert s’adressait exclusivement au grand-public. J’ai cherché vainement une fibre poétique, tout au long de ce set. Celle que j’M chez Matthieu Chedid, et je ne l’ai pas trouvée… Désolé !

Organisation A Gauche de La Lune

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Trampled by Turtles

Quelque part au cœur du Midwest…

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A l’instar de Low, Trampled by Turtles nous vient de Duluth, dans le Minnesota. Fondée en 2003, cette formation compte déjà 6 albums à son actif. Aux States, le quintet jouit d’une solide notoriété. Faut dire que la roots music y est encore très populaire. Sur le Vieux Continent, son crédit se limite aux aficionados du style. Comme chaque année, avant les festivals d’été, le Botanique tente de nous faire découvrir des artistes ou des groupes totalement méconnus du grand public. Et ce soir, ce coup d’essai s’est transformé en coup de maître…

Pour accueillir le combo étasunien, les organisateurs ont choisi la Rotonde. En configuration assise. Et le public est conséquent. Pourtant, après deux titres, on était en droit de craindre le pire pour la suite des événements. En fait, il fallait le temps que le band prenne la température des lieux. Car la suite va se révéler épatante. Le line up réunit 5 musicos. Armés d’un violon, d’une guitare, d’une mandoline, d’une basse acoustique et d’un banjo, les musicos revisitent le bluegrass traditionnel, tout en n’oubliant pas d’inclure leurs hits, imparables de l’autre côté de l’Atlantique. Et ce sont de véritables virtuoses. Et en 90 minutes, ils vont littéralement mettre le feu à l’auditoire, en adoptant une attitude presque punk ! Pourtant, cette frénésie, ils la libèrent avec respect, classe et originalité. Dispensant des morceaux issus de leurs 6 opus, dont le dernier en date, le magnifique « Stars and Satellites ». La voix de Dave Simonett est éraillée. Les interventions au violon de Ryan Young sont délirantes, et celles de Dave Caroll au banjo, épileptiques. Hormis le bassiste, les membres du groupe portent la barbe. C’est dans la tradition ! En quelques morceaux, leurs mélodies sont susceptibles de nous projeter quelque part au cœur du Midwest, dans un saloon. Une description visionnaire qui explique pourquoi leur style supposé soporifique, se mue en réalité fascinante. Et puis aussi parce que Trampled by Turtles parvient à rendre au genre, ses lettres de noblesse. Ravi, le public a même obtenu le rappel qu’il réclamait, malgré un set particulièrement copieux. Une belle découverte !

(Organisation Botanique)

 

CocoRosie

Dans le cercle des fées

Écrit par

C’est marrant. Je ne devais pas être là…

Il doit être plus ou moins 22h00, et le set des sœurs Casady est déjà bien entamé. Or, depuis près d’une heure, je passe un excellent moment, en leur compagnie. Les yeux rivés sur la scène en contrebas. Une demoiselle en tutu accomplit une chorégraphie un rien saccadée. Une voix de soprano bat des ailes sous la coupole de ce cirque. Quelques envolées d’arpèges pleuvent en cascade d’une harpe aux pouvoirs féeriques. J’avoue n’avoir jamais prêté qu’une attention distraite au parcours de ce groupe articulé autour de la personnalité de ces deux demoiselles dont j’ignore toujours si elles sont jumelles, oui ou non (NDR : en vérité, il semble que non). Récemment désigné pour suppléer un imminent collègue appelé au chevet d’un festival ensoleillé, je me suis donc penché sur la discographie de CocoRosie.

Tantôt intrigué, tantôt irrité, souvent distrait, je ne me suis que trop mal préparé à ce qui se déroule maintenant. Ou bien est-ce justement l’effet de surprise qui joue ce rôle prédominant dans le plaisir enfantin que me procure le concert de ce soir ? Quoi qu’il en soit, le spectacle est captivant et prouve que j’ai été bien inspiré de prendre la relève. Merci Eric !

La sonnette retentit et annonce le début du spectacle.

Trop tard pour chercher sa place dans les strapontins, j’imite les retardataires et m’installe discrètement en haut d’une volée de marches, alors que le trio Scarlett O’Hanna distille timidement les premières notes servant d’introduction à cette soirée.

Si je suis quelque peu sceptique d’entrée de jeu, c’est que cette musique très intimiste peine à trouver ses marques dans l’ampleur de cet environnement Royal.

Néanmoins, au fil des minutes, les compositions semblent prendre corps, et la voix de la jeune Bruxelloise d’adoption parvient à conquérir l’espace, ainsi qu’un public des plus attentifs.

Une très belle voix, au demeurant, même si pas franchement originale (je ne peux m’empêcher de penser à Chan Marshall) mais qui possède assez d’arguments pour accrocher.

Fort logiquement fière du succès rencontré, elle peut donc quitter l’estrade sous les applaudissements nourris de paires de mains bientôt jointes dans une communion solennelle…

Dans l’intervalle, parmi le brouhaha d’une assistance qui gonfle à mesure que les minutes s’égrènent, trois notes répétées en boucle installent un climat hypnotique. Elles préparent la célébration d’une messe…

Puis les lumières s’effacent et tandis que les cris d’engouement se détachent des gorges serrées ou extasiées, les six membres du collectif prennent tour à tour possession des lieux.

De la scène d’abord, mais très vite de l’ensemble du Cirque Royal.

L’une des sœurs, dans une robe mystique, l’autre surplombée d’une très Led coiffe (des dizaines de points lumineux éparpillés en grappes autour de sa tête).

L’effet visuel est, en outre, assuré par des projections en fond, qui illustrent tantôt par petits films, tantôt par des captations live, le contenu musical de ce show haut en couleurs fluorescentes.

Un contenu époustouflant de maîtrise et d’audace qui va me laisser littéralement sur mon séant, posé négligemment en travers d’une allée.

Alliant magistralement les styles et les formes techniques, le sextet retranscrit parfaitement, en live, l’univers loufoque et quelquefois baroque des sœurs Bianca et Sierra (ok, qui est Coco, qui est Rosie ?)

Le préposé au human beatbox déchaînant quant à lui l’enthousiasme général pendant un break au cours duquel sa virtuosité est mise pour la seule fois de la soirée en exergue.

Alliant pendant près de deux heures les ingrédients disparates de leurs féeries musicales, CocoRosie développe avec classe et panache, l’étendue de son savoir plaire.

Après un rappel au cours duquel figure le très demandé « Beautiful Boyz » (évidemment sans Antony Hegarty), le concert set se termine, laissant derrière lui comme une impression lumineuse sur le négatif de mes préjugés.

Un superbe moment, la tête projetée dans les étoiles, en compagnie de Bianca (Coco) et Sierra (Rosie).

(Organisation : Botanique)

 

Dominique A

No photo !

Écrit par

C'est le sac léger, que votre serviteur débarque ce samedi 25 mai à l'Aéronef, légèreté toute légitime car l'équipement du rédacteur est assurément bien plus confortable que celui du photographe. Sans bousculade et parmi une majorité de quadras, c'est dans sa version intime que je découvre la salle qui ce soir accueille Dominique Ané.

Il est 20h15 quand débute la session de Thomas Suel, un ch’ti gars du Nord qui nous invite à découvrir son univers poético-social, flanqué de Christian Pruvost à la trompette et Jérémie Ternoy au Fender Rhodes.

Très rapidement je suis distrait par les odeurs suaves du resto-bar. Aussi, malgré le slam endiablé de Thomas, je décroche quelques secondes plus tard. Cette technique vocale ne retenant définitivement pas mon attention.

A peine ai-je terminé de composer mon menu imaginaire et très olfactif, que débute le set du meilleur interprète français de l'année 2013, élu récemment aux Victoires de la Musique.

Tout de noir vêtu, Dominique A, en maître de cérémonie, monte sur l’estrade. Il est accompagné de Thomas Poli, guitariste aux pédales multiples et préposé au synthétiseur analogique, du bassiste Jeff Hallam, équipé d'une contrebasse imposante, sans doute tout droit sortie du conservatoire le plus proche, du batteur Sébastien Buffet et du claviériste David Euverte, ces deux derniers s’installant un peu plus en retrait.

Dominique A ouvre le menu par " Pleine des Sables", extrait de l'album "Vers les Lueurs". Il est armé de sa Fender Telecaster et ne la quittera pas de la soirée.

La gestuelle et la démarche digne d'une diva de notre ‘MC’ en impose immédiatement. Le set va puiser dans toutes les périodes de sa discographie.

Aucun temps mort entre les morceaux et, malgré les demandes incessantes du public afin d’interpréter "Le sens" ou le "Twenty-two bar", l'artiste ne cède pas aux sollicitations et impose son répertoire de manière très élégante et subtile. Un certain respect professoral s'instaure entre le public et l'artiste, et les revendications sont vite oubliées, laissant place aux applaudissements.

En élève attentif, même si une certaine lassitude débarque après la première heure, je me concentre sur la prestation. Que ce soit les morceaux les plus puissants ou le plus tendres, voire les nombreux premiers titres revisités pour cette soirée. C'est Thomas Poli aux fourneaux de l'electro qui efface toutes sonorités désuètes, à l’instar du célèbre "Courage des Oiseaux", définitivement plus rock et contemporain sans les synthétiseurs. L'attitude scénique de Thomas me fait, par ailleurs, souvent penser à Jonny Greenwood de Radiohead.

Dominique A va dispenser un concert irréprochable tant d'un point de vue technique vocale que guitaristique, au détriment somme toute d'une certaine émotion, que je déplore ne pas avoir assez ressentie. 

Heureusement, Jeff Hallam, en sous-chef averti, épiçait soigneusement le tout, pour démontrer que l'émotion était bien présente lors de ce ‘live’, mais que le professionnalisme et le perfectionnisme prenaient le dessus avant tout.

Intimiste et agréable, ce festin de roi cuisiné aux petits oignons par un top chef et son équipe, m’a donné l'envie de replonger dans les premiers albums de cet artiste incontournable…

Photographiquement vôtre…

 

Deerhunter

Un rêve psychédélique chargé d’intensité et de puissance…

Écrit par

Trois années se sont écoulées depuis la sortie de « Halycon Digest », un remarquable album qui avait propulsé Deerhunter au faîte du mouvement noise indépendant. Pendant ce long break, les musicos ne se sont cependant pas tourné les pouces, puisqu’ils ont développé leurs propres projets, à l’instar de Bradford Cox chez Atlas Sound ou de Lockett Pundt pour Lotus Plaza. C’est donc afin de défendre son nouvel elpee, « Monomania », que la formation étasunienne (NDR : elle est issue d’Atlanta) était venue se produire, ce lundi 20 mai, à l’Ancienne Belgique. Dans ses valises, elle a emmené His Clancyness, pour assurer la première partie.

Leader d’A Classic Education, Jonathan Clancy est canadien d’origine italienne. L’an dernier, il avait publié « Alway Mist Revisited », un essai paru à l’origine sous forme de cassette et réédité après remasterisation, mais enrichi de 7 nouvelles plages. Début 2013, il a terminé l’enregistrement d’un nouvel opus, enregistré à Detroit, sous la houlette de Chris Koltay (Atlas Sound, Liars, Akron/Family). Prévue pour cet automne, sa sortie a été précédée par celle d'un Ep. Sur les planches, il est soutenu par un batteur, un bassiste et une claviériste. Le combo ouvre les hostilités vers 20h00. Pendant une bonne trentaine de minutes, His Clancyness va dispenser un psyché-pop-rock d’excellente facture (voir section photos ici ). Une mise en bouche idéale avant de passer au plat consistant.

Après une demi-heure de pause, les musicos de Deerhunter débarquent sur fond sonore jazzyfiant. La salle est loin d’être remplie ; mais perso, j’estime que moins de monde se traduit pas plus d’espace et donc de confort pour le spectateur. Au centre, on reconnaît immédiatement la silhouette squelettique de Bradfort Cox ainsi que la tignasse de Lockett Pundt. Le morceau d’introduction plante le décor. A coups d’envolés de grattes, Deerhunter va nous balancer un set dense et psychédélique. Il faudra d’ailleurs attendre 10 bonnes minutes avant d’entendre, pour la première fois, la voix de Cox. Les guitares crissent, les larsens fusent. Résultat des courses, le public non non-averti file à l’anglaise. Le tracklisting puise au sein de toute la discographie de la formation. Bradford Cox et Lockett Pundt alternent au chant. Ce dernier pose sa voix sur les compos les plus atmosphériques, à l’instar du titre maître du dernier opus. Son acolyte se réserve le micro pour les morceaux davantage noise et n’hésite pas à pousser sa voix, au risque de se déchirer les cordes vocales. L’atmosphère qui règne sur l’estrade est plus que tamisée ; d’ailleurs, vu la disposition des jeux de lumières, on ne verra jamais distinctement la tête des musiciens. Par contre, nos tympans sont soumis à rude épreuve, même si l’effort en vaut la peine. Faut dire que le bruit est très mélodique. A mi-concert, le climat s’apaise quelque peu. Les Yankees puisent dans leur répertoire plus rythmé et allègre ; notamment, en interprétant « T.H.M » et « Back to the Middle ». Vers 22 heures, le band vide les lieux, dans un vacarme électrique étourdissant. Pour y revenir quelques minutes plus tard, afin d’accorder un rappel de quelques titres, dont une version sublime de « Cover Me ».

Exceptionnel, ce set a mis en scène un groupe qui marche allègrement sur les traces des mythiques Sonic Youth. Et puis, pour une fois qu’un line up ne compte pas de claviériste… Bref, ce soir, Deerhunter nous a plongés dans un rêve psychédélique chargé d’intensité et de puissance, même si pour y parvenir, il a pris nos tympans en otage… (voir section photos ici )

(Organisation Ancienne Belgique)

 

 

I Like Trains (iLiKETRAiNS)

Sans crier gare

Écrit par

Il est des promesses douces à caresser, des rêves de grandeur non démesurés, qui au fil du temps s’étiolent néanmoins jusqu’à prendre des proportions plus modestes en risquant au final d’avoir raison de tout espoir.

À première vue, les membres du groupe de Leeds semblent toujours afficher la même foi inébranlable en leur musique, mais qu’il doit être difficile d’appréhender l’étroitesse et le confort précaire de certains clubs –et c’est le cas ce soir– quand les débuts si prometteurs les propulsaient d’office sur des scènes bien plus appropriées aux tourments soniques qui agitaient leurs compositions, dès les premières notes de « Progress-Reform », en 2006.

Si David Martin et sa clique ne semblent pas sourciller, attablés en terrasse, devant l’Escalier, ce soir, je ne peux m’empêcher de nourrir une certaine crainte de voir le découragement ruiner leur projet, dans un futur proche.

Mais une image chasse ces sombres pensées.

Je souris intérieurement.

Ainsi, depuis l’angle de vue sous lequel j’observe cette scène, les membres d’I Like Trains se tiennent dans l’embrasure de la porte du café d’à côté.

Le nom du bistrot est inscrit en blanc sur fond rouge : ‘L’aller Simple’.

Il est de ces clins d’œil du hasard…

La mentalité liégeoise et la tolérance du voisinage permettent à l’Escalier d’assouplir son timing, souvent dicté par le bon vouloir des artistes, mais aussi d’un public qui tarde à se déplacer.

Et celui-ci n’a pas l’air de vouloir quitter ses pénates de trop bonne heure aujourd’hui.

Post War Glamour Girls s’installe donc devant un parterre de curieux plutôt parsemé.

Et d’emblée, le combo est confronté à un sérieux problème technique, car le micro du chanteur refuse obstinément de retransmettre la voix, censé donner le ton.

Problème qui ne trouvera solution que bien plus tard, car le leader se dédouble et manifeste un certain don d’ubiquité (comme je le constaterai plus tard dans la soirée) pour utiliser tour à tour les microphones destinés aux backing vocals.

Ces quelques avatars n’altèrent en rien la fraîcheur et la spontanéité du band, ajoutant une touche de bordel dans une esthétique sonore au demeurant un peu brouillonne, mais éveillent, au passage, la sympathie de l’assistance (toujours bien maigre).

S’éclipsant après leur single « Jazz Funerals », les musicos remercient sincèrement chaque membre d’ILT. Pourtant, ils ne semblent pas avoir fait l’unanimité au sein du public. Mais leur set reste, à mon humble avis, une bonne surprise.

Fidèles à une esthétique sombre et romantique, c’est tout de noir vêtus que les cinq wagons d’I like Trains se mettent en branle, sur le coup de 22h30, alors que l’atmosphère de l’étroit couloir qui sert de salle devient compacte.

Alignés sur le quai, le souffle retenu, les sens suspendus, nous assistons durant l’heure qui suit à la mise à mort des derniers doutes concernant une éventuelle remise en question de l’avenir du band.

Car plutôt que d’assister au chant du cygne, la prestation de ce soir va bien vite remettre les pendules à l’heure.

Proposant une setlist sensiblement identique à celle du Nijdrop, lors de leur concert accordé en novembre dernier, mais bénéficiant de la présence d’un membre supplémentaire (en l’occurrence le chanteur guitariste de Post War Glamour Girls, préposé à la Fender Mustang), responsable d’interventions de gratte incisives, la formation va bien mettre en exergue l’aspect abrasif de sa musique.

Entre envolées crépusculaires et déchirements retentissants, la voix grave de son leader en figure de proue, I Like Trains se transforme en navire scindant en deux des mers entières de fiel et de tristesse contenues, des océans de chagrins au fond desquels gisent mille espoirs disloqués, bravant des vents mauvais et à jamais tourmentés. Tout en fixant ce minuscule objectif lumineux, un point de mire vers lequel il faut tendre vaillamment, I Like Trains montre la voie à suivre (et quelle voix !)

Après un final hautement sollicité, « Sea Of Regrets » clôt le chapitre de cette nuit, mais laisse entrevoir de magnifiques voyages ultérieurs, entre ciel, terre et mer, mais toujours sur les bons rails.

Le merchandising de désemplit pas, signe de l’engouement général pour cette fantastique prestation.

Quant à votre serviteur, comme toujours dans pareil cas, l’émotion étreignant encore ma gorge, je m’éclipse sans mot dire, guidant mon corps vers la nuit où mon esprit l’attend déjà.

(Organisation : Silenceless Shows)

 

Lumerians

La valse des illusions

Écrit par

Ostensiblement, la différence entre l’aspect visuel d’un groupe peut être inversement proportionnelle à l’énergie qu’il déploie tout au long de ses enregistrements ou tout du moins de l’idée qu’on s’en fait.

A l’écoute, on se forge une idée mentale, dessine une image glamour autour des sonorités qui happent nos sens et les étourdissent, et on reconstitue ainsi une image d’Epinal conforme à nos fantasmes.

Comme lorsqu’on se représente les protagonistes du roman qu’on lit.

Et bien sûr, la réalité n’est pas toujours conforme à notre imagination.

Mais au-delà d’une éventuelle déception physique, le plus important reste l’impact sonique.

À moins que ?

Direction le Trix ce samedi soir pour un énième rendez vous en compagnie de The Lumerians. Mais avant de les découvrir (enfin) sur scène, deux groupes sont à l’affiche, dont les très attendu KVB. Compte rendu d’une soirée où le son doit prendre le pas sur l’image…

De Beach, il est difficile d’apprendre quoi que ce soit. En choisissant un patronyme bateau, il risque en effet de s’échouer sur les bancs de sable de l’indifférence générale.

Pas que leur musique ne fasse pas de vagues. Non !

Musicalement, ce trio belge tient la barre. Mais il risque de perdre le cap.

Conduites par des consonances Punk, dégradées en nuances ‘post-ce-qu’on-veut-qui-rime-avec-bruit’, leurs compositions sont efficaces et carrées, mais délivrées avec force et panache.

Pour le reste, pour agréable que soit ce moment en leur compagnie, j’aurai tôt fait de les avoir effacé de ma mémoire.

Et il y a peu de chances pour qu’ils y refassent surface…

Bien plus excité à l’idée de découvrir The KVB, je m’installe au devant de ce qui va s’avérer être un autel.

Après un moment, je comprends vite qu’il est préférable de fermer les yeux.

Pas que les deux membres du groupe soit laids.

D’ailleurs, elle est bien ‘minouchette’ la petite Kat Day, qui s’évertue derrière son Korg à triturer les sons à qui mieux-mieux.

Mais son ennui visible conférant à la dépression suffirait à pousser au suicide des hordes entières de pinsons.

Pour m’imbiber de leurs sons, je me glisse donc les paupières mi-closes dans les projections qui défilent en arrière-plan.

Là, effectivement, l’aura de The KVB prend son amplitude et transcende le concert derrière un voile de couleurs jaillissantes et de bruit blanc.

Quarante minutes plus tard, la messe est dite.

Mais fallait il encore prêcher un convaincu ?

Enfin, après de multiples tentatives avortées pour maintes raisons obscures et sans doute cabalistiques, je vais assister à un concert des Lumerians.

Quelques années qu’ils sont dans mon collimateur ; et après quelques tentatives d’approche, je les aperçois enfin, dans mon champ de mire.

Entrevus furtivement la semaine dernière au Botanique, je sais déjà qu’ils ne correspondent pas du tout à ce que j’avais imaginé depuis la découverte de leur sensationnel et éponyme premier essai, datant de 2007.

En fait, les Lumerians ne ressemblent à rien. Et certainement pas à la musique qu’ils créent.

Ce qui devrait du reste n’être qu’un détail m’interpelle néanmoins.

J’essaie de me détacher de cette impression, mais elle me colle aux basques.

Je prends plaisir à l’écoute de leurs ‘vieux’ titres comme des nouveaux. Mon corps répond favorablement aux ondes psyché qui émanent de ce drôle d’aquarium placé sur l’un des claviers. Ma tête oscille d’avant en arrière, de gauche à droite sur « Burning Mirrors », mais je n’arrive pas à l’état de transe ultime.

Comme maintenu au sol par d’invisibles mains.

Et puis je réalise.

Je suis esclave de mon imagerie mentale.

Je ne peux me détacher complètement et m’abandonner dans la seule foi musicale, prisonnier de mes schémas fantasmagoriques.

Aussi stupide que puisse être ce constat, voir The Lumerians est comme un fantasme qui se réalise dans toute l’absurdité d’une déception injustifiée.

Je les rêvais en toges noires, mystiques et inaccessibles comme les habitants oubliés d’une cité disparue (La Lémurie) et je me trouve face à des quidams, certes, fichtrement bons dans leur art, mais désespérément communs.

Je me sens comme l’enfant démuni face au démantèlement du mythe de Saint Nicolas.

Et j’ai beau me dire que cette situation n’a pas d’importance, que seule la musique compte… je n’y arrive décidément pas.

Néanmoins, j’apprécie le set, et malgré ces considérations, je me fais une raison.

Car dans les sillons de mes vinyles ou le reflet argenté de mes cds, The Lumerians resteront néanmoins ces mystérieux habitants de l’inconnu.

Je quitte donc Anvers perplexe, chiffonné et repu, ne sachant pas très bien ce que je pense.

A moitié déçu, à moitié content, mes attentes à demi en suspens.

Mes oreilles n’ayant pas vu ce que mes yeux désiraient entendre…

(Organisation : Heartbreak Tunes)

 

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