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La fuite d’Ellside

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Hooverphonic
Suede 12-03-26

XXYYXX

Youth Of The Nation

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Ce 3 mai, l’AB proposait une soirée entièrement consacrée aux nouveaux oisillons de la Chill/Dream Wave et du glitch hop. En tête de gondole, XXYYXX, jeune prodige du genre qui, à 17 ans, est déjà responsable de pas moins de deux LPs, dont un éponyme fort efficace publié l’an dernier. Pour l’accompagner, l’Ancienne Belgique a convié Dream Koala, Blackbird Blackbird, Giraffage et Slow Magic. Une quintuple affiche sold-out de ‘Bedroom producers’ pour un public jeune. Très jeune.

A mon arrivée à l’ABClub, grosse surprise, et pas des moindres. Charlei Yin, alias Giraffage, et son binôme sont penchés sur leurs platines dans une ambiance très salon de thé. La lumière est toujours allumée. A la vue du public, dont la moyenne d’âge ne dépasse que difficilement les 25 ans, un sentiment égal à celui de mon homologue Adrien Fassotte, pendant le concert de Disclosure (Cfr review du 27/03), m’envahit. Me sent vieux d’un coup, là… Les petits groupes tapent la discute comme on prend un verre aux apéros urbains ; et le DJ, dont personne n’a rien à cirer, est relégué à l’arrière-plan. Bref, Giraffage ne joue pour (presque) personne. Son nouvel LP, « Needs », d’assez bonne facture, n’a pas spécialement enthousiasmé un parterre plus que distrait.

Pas très chaud pour le salon de thé, j’effectue mon retour vers 22h pour la fin du set de Slow Magic, à priori solide. Le public à l’air réveillé. Faut dire que l’alcool a manifestement coulé à flots. Une vingtaine de minutes plus tard, Mikey Maramag, plus connu sous le pseudo de Blackbird Blackbird, déboule devant ses manettes. Le producteur prolifique présentait « Boracay Planet », un sympathique Ep de Folktronica, emmené par le lumineux « All » et son obsédante ligne de guitare. Après cette parfaite mise en bouche, l’homme, qui ose le chant, enchaîne quelques titres électro tapageurs parfaitement emboîtés à sa discographie downtempo élégante, à la Washed Out.

45 minutes et le tour est joué. Le San Franciscain laisse sa place à son homologue originaire d’Orlando, XXYYXX. Accompagné à son tour d’un binôme, l’ado délivre devant des projections psyché, un set yo-yo, faisant ponctuellement monter la pression sans jamais vraiment atteindre de climax. Un set qui s’apprécie parfaitement quand on a un coup dans le nez ou dans d’autres conditions, style festival. A l’arrière, la salle se vide de plus en plus. C’est qu’il est bientôt minuit là-dedans... XXYYXX ne livre rien de bien palpitant et je finis par suivre le chemin de la sortie, plutôt déçu d’une soirée dont la prestation captivante de Blackbird Blackbird constituait le seul véritable intérêt.

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Benjamin Biolay

Jusqu’aux portes du Paradis…

Écrit par

Auteur-compositeur-interprète et chanteur, Benjamin Biolay est né en 1973 dans le Rhône, à Villefranche-sur-Saône, très exactement. Il s’illustre d’abord en composant quelques chansons pour l’album d’Henri Salvador, « Chambre avec vue », en 2000. Depuis, il a apporté sa collaboration à de nombreux artistes, et notamment Françoise Hardy, Carla Bruni, Vanessa Paradis, Julien Clerc ou encore 113. Publié en 2009, son double album « La Superbe » récolte un franc succès. Plus ténébreux voire plus rock (encore que les compos recèlent des traces de hip hop et d’électronica) son sixième opus, intitulé « Vengeance », est paru en novembre 2012, et il épingle de nombreux duos. Echangés notamment en compagnie de l’ex-Libertine Carl Barât ou d’Oxmo Puccino. C’est d’ailleurs pour défendre cette œuvre que la nouvelle coqueluche de l’Hexagone est partie en tournée…

Et si sur disque, pour réaliser ses duos, il invite régulièrement collaborateurs et collaboratrices, ce soir il assume lui-même les deux voix. Sous cette forme, « Ne Regrette Rien », le titre pour lequel il avait pourtant reçu le concours d’Orelsan en studio, constitue une des meilleurs moments du concert. Tout comme « Laisse aboyer les chiens ». Mais la plus grosse surprise nous viendra de la participation de Vanessa Paradis, lors du premier rappel. Ensemble, ils vont interpréter « Profite », en fin de parcours.

Mathis Gardel assure le supporting act. Il est surtout connu pour son single « Reste encore ». Pourtant, ce jeune songwriter ne manque pas de talent. Il appartient à la génération du renouveau de la chanson française. Il reconnaît pour influences majeures, Daho et Bashung. Ce qui explique sans doute pourquoi Biolay l’a emmené dans ses bagages. Il faut dire que l'on a déjà vu et entendu pire comme première partie, d’autant que dans son style, il s’en sort plutôt bien, et puis, il a une bonne voix.  

Ce soir, Biolay sera généreux. Et va proposer un spectacle de deux heures, en forme de ‘best of’. Car non seulement il va interpréter les meilleurs morceaux de son dernier elpee, mais également, ses classiques, prenant bien soin d’équilibrer ancien et nouveau répertoire. Benjamin Biolay est une valeur sûre, en ‘live’, et il va de nouveau le prouver ce soir…

Il est 20h35. Le chiffre ‘600’ s'affiche en lettres lumineuses au fond de la scène. Une voix cynique résonne dans les haut-parleurs. Elle communique ‘Biolay fait de la pop française comme de la pop anglaise mais en moins bien’. Autodérision ? Benjamin et ses acolytes débarquent alors sur les planches et le spectacle peut commencer…

Après un "Cactus Concerto" déconcertant, Benjamin et ses musicos attaquent « Sous le lac gelé ». Le son est excellent. La formation très soudée. Benjamin Biolay paraît à l'aise sur scène. Sa voix est grave et profonde. Les arrangements sont particulièrement soignés. Il arpente le podium de long en large et lève parfois le poing, quand la foule l'acclame. Les guitares incisives ont leur mot à dire et on est ici très loin de la variété française. Le groupe s’autorise même une incursion dans la dance sur « Rendez-vous qui sait », l’électro pop (« A l’origine ») et même le funk (« Qu’est-ce que ça peut faire » et « Padam »).   

‘C'est bien d'être ici, ça fait longtemps’ déclare le chanteur, avant de se lancer dans une splendide interprétation de « La Superbe ». Une des ballades qui reflète parfaitement son univers mélancolique. Celui où il communique le mieux ses émotions. Et ces ballades seront nombreuses ce soir, puisqu’il exécutera également « La pénombre des Pays-Bas », « Aime mon amour », « Chère inconnue », « Ton Héritage » ainsi que « Confetti » (NDR : sur l’elpee, c’est Julia Stone qui lui donne la réplique).

Le public en veut encore et le Caladois réapparait sur le podium, suivi par la silhouette d'une dame. On entend les premières notes de "Profite" et une immense ovation s’élève de la foule pour accueillir Vanessa Paradis, venue en guest partager la scène avec Benjamin. Le public est ravi et le Français revient une seconde fois pour interpréter « Marlène est aux Anges ». Au bout de 120 minutes, il clôt sa prestation par l’incontournable « Les Cerfs-Volants ». Un chouette concert !

Setlist :

Cactus concerto
Sous le lac gelé
La Superbe
La pénombre des Pays-Bas
Dans la Merco Benz
Laisse aboyer les chiens
Aime mon amour
Chère inconnue
Rendez-vous qui sait
Qu'est ce que ça peut faire
Ton Héritage
Ne regrette rien
Dans mon dos
Confettis
Ground Zero Bar
15 septembre

Personne dans mon lit
A l'origine
Padam 

1er rappel

Profite (avec Vanessa Paradis)

2ème rappel

Marlène déconne
Les cerfs-volants

(Organisation AJA concerts)

 

John Grant

Un grand moment d’émotion, tout simplement.

Écrit par

The Czars est une formation qui a sévi de 1994 à 2004. Son leader, c’était John Grant. Il n’a cependant relancé sa carrière qu’en 2010. En solitaire. Il publie alors un premier opus intitulé « Queen of Denmark ». Un disque sculpté dans le folk, et dont les compos intimistes relatent ses problèmes liés à l’alcool, la drogue et l’homosexualité. Le grand barbu se produisait ce jeudi 18 avril au Botanique de Bruxelles, pour défendre son second elpee, « Pale Green Ghosts ». Un opus au cours duquel l’Américain prend un virage à 180 degrés, en introduisant dans sa texture sonore de l’électro. On se demandait donc quel serait le résultat de sa nouvelle approche musicale, en ‘live’.

L’Orangerie est loin d’être comble. Faut dire que John Grant ne jouit pas d’une notoriété suffisante pour remplir une salle de cette capacité. Pas de première partie. Plutôt judicieux, à défaut de se mettre quelque chose d’intéressant sous la dent.

John Grant monte sur les planches vers 20h15. Il est accompagné par un groupe. Depuis qu’il s’est installé à Reykjavik, il recrute ses collaborateurs au sein de la scène islandaise. Le guitariste, le bassiste, le batteur ainsi que le préposé aux bidouillages électroniques sont issus de la terre de feu et de glace. Tous les musicos du combo portent d’ailleurs un nom qui se termine par ‘son’. Seul le pianiste est britannique.

Dès les premiers titres, John Grant nous entraîne au sein de son univers mélancolique. Le lightshow est parfait. La ligne de basse gronde. Les nappes de synthés se superposent. Grant s’est planté au milieu de podium. Il se déhanche légèrement. Sa tessiture vocale est impressionnante. Il est capable de passer d’un registre caverneux à un autre fluet, le plus naturellement possible. Certains morceaux glissent parfois dans l’électro-pop kitsch, mais sans jamais se départir de son intensité émotionnelle. A l’instar de « I Hate This town ». L’artiste le dédie à la ville de Denver, alors que paradoxalement il admet avoir été inspiré par ABBA, lorsqu’il a composé cette chanson. Il enchaîne ensuite plusieurs titres plus folk issus de son dernier elpee, comme « You don’t have to » ou encore « It doesn’t Matter to him ». Entre chaque compo, Grant remercie son public. Si ses lyrics ne respirent pas la joie de vivre, son attitude semble plutôt positive et on a même l’impression qu’il et heureux d’être là ce soir. Après une heure de set, il passe à son plus ancien répertoire. Le moment à partir duquel la prestation va atteindre son summum. Et tout en crescendo, « Queen of Denmark » en est vraiment l’apothéose. On en reste figé. Des frissons vous parcourent l’échine. Après une brève pause, Grant revient sur les planches pour nous accorder quelques titres supplémentaires, dont l’excellent « I wanna go to Marz ».

Personnage sympathique et attachant, John Grant nous a offert un concert de haute volée. Un grand moment d’émotion, tout simplement.

(Organisation Botanique)

 

Eros Ramazzotti

L’Eros de ces dames aurait-il pris un coup de vieux ?

Écrit par

Découvert, il y a quelques années, lors d’un show télévisé diffusé sur la RAI qui retransmettait un concert mémorable de par son gigantisme (stade olympique de Rome, plus de 60 000 fans présents) et son irréprochable qualité, je m’étais dit qu’un jour, moi aussi, j’irais voir et écouter le plus désirable des sex-symbols musicaux italiens, Eros Ramazzotti. Et coup de chance, ce soir, le bellâtre transalpin est de passage, une fois n’est pas coutume, dans notre plat pays.

Sa tournée européenne entamée à Turin le 3 mars fait escale pour trois soirées chez nous, les mardi 16 et mercredi 17 Avril à Forest National et le lendemain à l’Ethias Arena d’Hasselt. Inutile de vous préciser que les sésames se sont vendus comme des petits pains et ce mini-périple, sous nos latitudes, affiche complet depuis belle lurette. Une dizaine de milliers d’amateurs de belles histoires d’amour et de mélodies douces-amères avaient dépensé la jolie somme de 57 € pour pouvoir assouvir leur envie. Pas gratos hein !

Accompagné de notre photographe, nous arrivons non sans mal aux abords de la salle. Il faut dire que les voitures et/ou autocars sont légion et débarquent d’un peu partout. Même si la majorité émane de Mons, Charleroi et surtout Liège, on relève également pas mal de plaques d’immatriculation françaises et même quelques italiennes ; tous ces véhicules font plus qu’encombrer la circulation autour du site.

L’accueil est irréprochable de la part du service préposé aux entrées qui nous sépare, évidemment, pour accomplir chacun ce pourquoi nous sommes venus ce soir. Petit bémol, et c’est un euphémisme, la tâche de notre opératrice photos est loin d’être aisée… En effet, prise en charge par un ‘garde du corps personnel’, elle ne peut entrer dans l’hémicycle que sous escorte ; et ce, après le second titre. A ce moment, elle prend place (?) pour tirer ses clichés, mais doit dégager la zone dix minutes plus tard. Et ce n’est pas tout ! Son ‘espace réservé’ se situe deux bons mètres sous la scène alors que deux cameramen sont eux postés sur des estrades qui leur donne toute l’aisance voulue pour immortaliser le concert. A part les pieds d’Eros, rien ou pas grand-chose n’est visible pour la pauvre qui, cerise sur la gâteau, se voit dès la fin du quatrième titre, illico presto confisquer son matos pour la suite de la soirée. Des centaines de flashes illuminent pourtant la vingtaine de chansons d’Eros qui s’amuse même avec les spectateurs/photographes des premiers rangs. Merci à la production pour ces conditions indignes d’un tel évènement. Preuve en est, aucun autre photographe n’est présent ce soir et le ‘garde du corps’ d’ajouter que la veille, tous étaient surpris par ces mauvaises conditions de travail. Pas étonnant qu’aucun d’entre eux ne remette le couvert ce soir !

Ceci étant dit et il fallait le dire, reste le concert à proprement parler…

Surprise, une de plus, l’espace scénique est entièrement recouvert de structures volumineuses. Des prismes gigantesques placés les uns à côté des autres laissent uniquement un couloir d’un mètre de large à peine qui traverse, en biais, toute la scène depuis l’arrière. Il est vingt heures précises quand retentissent les premières mesures. Etonnement total, le Latin Lover entame son set!!! Pas de lever de rideau, aucune introduction, il est déjà là, face à nous. Le ‘Noi Tour’ commence. Il va sans dire que quelques retardataires seront de la revue. Impensable en effet qu’un concert prévu à vingt heures commence à… vingt heures, non ? Tant pis, ceux-là en seront pour leurs frais !

Seul à la guitare devant ses cubes et prismes à base triangulaire énormes, Eros nous livre son premier titre, « Un Angelo Disteso Al Sole ». La folie s’empare directement des 10 000 âmes présentes dans l’enceinte. Cette voix chaude, sensuelle et envoûtante a le pouvoir de séduire et le don de faire chavirer les cœurs, que l’on parle couramment l’italien ou non. Mais entre nous, ceux qui ce soir ne parlent pas la langue du Romain doivent se compter sur les doigts d’une main…

Ce premier tube se termine sous les vivats et les structures volumineuses se soulèvent laissant apparaître, l’une, la section rythmique, une autre, les chœurs, la suivante, les guitares et ainsi de suite. Ces gros blocs relevés et inclinés au-dessus des musiciens (ils sont dix en tout) transforment leurs faces en écrans géants et Eros Ramazzotti est ainsi multiplié par six ou sept de manière à augmenter le coup d’œil. Culte de la personne ou souci de bonne visibilité ?

‘Bonsoir Bruxelles’ et ‘merci’ sont les seuls mots prononcés dans notre langue ; par contre, les ‘Grazzie’ fleurissent tout au long de l’heure trois-quarts du concert. Pas un grand bavard, l’ami Eros. Pas un premier prix d’élégance non plus. Sa tenue est d’ailleurs plutôt austère. Un bluejean élimé et un tee-shirt noir sur lequel apparaissent côté pile un écusson tricolore noir-jaune-rouge et côté face ‘Brussels’, tout simplement. De manière ostensible, l’homme aux 60 millions d’albums vendus sur la planète veut ainsi remercier notre plat pays pour l’accueil qui lui est réservé. Les neuf acolytes qui l’entourent font preuve durant tout le set d’un professionnalisme total et d’un talent à couper le souffle. Ainsi, le préposé aux percussions troque de temps à autre ses instruments contre le micro qu’il partage, avantageusement, avec les deux choristes féminines qui, toute la soirée se déhancheront (parfois de façon ridicule) aux rythmes des différentes ballades. Autre phénomène du band, le saxophoniste qui éblouira l’assistance par des solos de la meilleure veine et une présence scénique de tout premier ordre. Et que dire des trois grattes ? Un bassiste donne le tempo vigoureusement mais sans exagération. La rythmique est bien présente. Et la solo se la joue perso épisodiquement, à la demande du maestro. Le batteur et le claviériste assurent leur part de boulot avec précision et efficacité. Dernière remarque, Eros himself taquine la guitare sur quelques titres et démontre ainsi qu’il n’est pas seulement un ‘interprète joli cœur’ mais également un artiste dans tous les sens du terme qui, non content d’assumer l’écriture et les compos, prouve –si vous l’ignorez encore– qu’il est un musicien accompli.

La suite des évènements sera un enchaînement de nouvelles chansons (« Noi » est déjà disque d’or chez nous) et de plus anciennes, hélas trop peu nombreuses à mon goût. Le bourreau des cœurs italiens n’a offert que six classiques intemporels dont « Se Bastasse Une Canzone », « Aurora », « Una Storia Importante », « Pui Bella Cosa » et « Cose Della Vita », repris en chœur par toute la foule (sauf votre serviteur !), quand elle ne chante pas sans son idole. Bien évidemment c’est le magique « Musica E » qui termine une prestation sans tache.

Il n’est que 21h45 lorsque le salut final et la présentation de la troupe clôturent une belle soirée de variété italienne de qualité. Le séducteur, à l’aube de la cinquantaine (il les aura le 28 octobre), aurait-il pris un coup de vieux ? Perso, jamais je ne m’étais couché si tôt après une sortie musicale. Buona notte !

(Organisation Live Nation)

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Bastille

Dirty Little Secret

Écrit par

Dan Smith, nouveau Golden Boy de la Pop, effectuait un arrêt remarqué ce 17 avril au Club de l’Ancienne Belgique à l’occasion de la sortie de « Bad Blood », première galette de son projet Bastille. Un concert sold-out en une petite dizaine de jours grâce au martelage des Stubru, Pure, Twizz et à l’appui de quelques centaines de blogs spécialisés. C’est d’ailleurs en découvrant fin 2012 des extraits de la mixtape « Other’s People’s Heartache Part II » et les singles « Overjoyed » et « Pompeii », issus de « Bad Blood », que mon oreille s’est dressée. Mal m’en a pris.

Des erreurs de parcours, on en fait tous parfois. L’important c’est de s’en rendre compte. Aussi loin que je me souvienne, il n’y a, ces dernières années, que les concerts de Hurts et de Hoodie Allen qui ont provoqué chez moi une crise d’urticaire au point de quitter la salle bien avant le rappel. Ce soir, un troisième artiste rejoint cette catégorie. Dan Smith et le revival de la coupe à la Desireless ont tranché court mes attentes. Alors qu’une écoute rapide de « Bad Blood » m’avait laissé quelques bons souvenirs (« Pompeii » et son côté Beirut, « Things We Lost in The Fire »), le show du Londonien et de ses musicos m’ont par contre laissé un goût amer.

Sur les planches, Bastille est définitivement un groupe de kids pour les kids. Les ‘trentenaires-et-au-delà’ se réfugient au fond de la petite salle, là où personne ne peut les voir. Ça tombe bien, c’est justement là que je me dirige... A peine Smith débarque-t-il sur l’estrade que les tympans sont mis à rude épreuve. Les filles sont là, et en forme. La setlist s’enclenche sur « Bad Blood », dont les onomatopées sont instantanément reprises en chœur par la horde de fans. Du fond de la salle, l’engouement me prend par surprise. Tout comme la suite du set qui n’avait de cohérent que le sympathique timbre de voix du chanteur. Il se la joue Ellie Goulding en exécutant de temps à autre, de petits coups de percus. S’ensuivent des compositions qui me paraissaient bien plus solides en version studio mais qui se révèlent, après un second tour d’horizon post-concert de « Bad Blood », parfois assez inintéressantes. Sur scène, le caractère linéaire du concert m’assomme complètement. Et cette coupe me fait mal aux yeux. Je tente de résister mais trois-quarts d’heure plus tard, j’abdique. De leur côté, les fans continuent de scander chaque texte du bonhomme, avec une énergie folle.

Certes, la Pop de Bastille est bien plus fine que celle qui envahit les charts ; mais il s’agit d’une Pop à laquelle on adhère entièrement ou pas du tout. De mon côté, j’opte pour la seconde option, finalement. Même si j’avoue avoir un petit faible pour « Things We Lost In the Fire ». Mais, ça, personne ne doit le savoir…

Bastille sera sous la Marquee de Rock Werchter, le dimanche 7 juillet.

(Organisation : AB)

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Steve Hackett

En perpétuelle quête de perfection…

Est-il vraiment utile de présenter Steve Hackett ? Car il est tout simplement un des meilleurs guitaristes de l'histoire du rock. Il a d’abord milité chez Genesis, le légendaire groupe de rock progressif, entre 1971 et 1977, et a contribué à la confection d'albums qui sont autant de chefs-d’œuvre, depuis "Nursery Cryme" jusqu'à "Wind And Wuthering". Sa carrière solo a été très prolifique, mais ne lui a pas permis de renouer avec le succès de masse.

Il y a quelques mois, il publiait le second volume de son "Genesis Revisited". Un ambitieux quadruple LP (2xCD) enregistré en compagnie de pointures comme Steven Wilson, Michael Åkerfeld, John Wetton, etc. Au cours d'une interview, Hackett a déclaré qu'il estimait intéressant de ‘réinterpréter des morceaux comme "Can-Utility And The Coastliners" ("Foxtrot") 40 ans plus tard, en utilisant les techniques actuelles et en tirant parti de son expérience acquise comme musicien et producteur’.

J'attendais donc, très impatiemment, la transposition ‘live’ de cet opus. Et je n'étais pas le seul ; l'Ancienne Belgique affichait, en effet, ‘sold out’! Etonnant mais, en même temps, révélateur de l'extraordinaire aura dont bénéficie toujours Genesis aujourd'hui. La nostalgie est un refuge bien utile dans cette période de vide créatif abyssal…

Soudain retentissent les premiers accords de "Watcher Of The Skies" et une intense clameur monte de la foule. On va probablement assister à un événement d'unique. Et en effet, il sera unique. Plus de 2 heures de musique. Et des compos exclusivement issues du répertoire de Genesis. Soit un florilège de véritables joyaux, à l’instar de "The Chamber Of 32 Doors", tiré de "The Lamb Lies Down On Broadway", un titre qui montre bien toute l'étendue du spectre musical de Genesis. C'est orchestral, puissant et d'inspiration classique mais également jazzy, burlesque, entrecoupé de passages carrément folk. ‘C'est juste une petite chanson que j'ai composée en venant ici’, ironise Hackett.

Sur les planches, Hackett est flanqué de Roger King, le claviériste américain qui est à ses côtés depuis les années 90, Rob Townshend à la flûte et au saxophone soprano, Gary O'Toole, son fidèle batteur ainsi que Lee Pomeroy (The English Rock Ensemble, Archive) à la basse. Mais le grand point d'interrogation, c'est bien entendu le micro. Qui Hackett a-t-il choisi pour interpréter les parties vocales, exceptionnelles, de Peter Gabriel et de Phil Collins? L'heureux élu est un certain Nad Sylvan, le chanteur du groupe prog anglais Agents de Mercy (ex-Unifaun). Au niveau technique, il se débrouille pas mal ; il a une voix assez proche de celle de Gabriel, mais un peu trop nasillarde à mon goût. Le maquillage noir autour des yeux, les longs cheveux blonds et la longue redingote : son look est plutôt gothique, mais son attitude est un peu trop théâtrale. Il a tendance à sur-jouer, se permettant même un geste déplacé sur "The Musical Box". Dans l'ensemble, le show est dépouillé. Pas de décors ni de déguisements, juste un superbe lightshow et quelques vidéos discrètes.

Un des grands moments du concert est sans nul doute "Dancing With The Moonlit Knight", au cours duquel public entonne la mélodie hyper connue : ‘Can You Tell Me Where My Country Lies...’ Pendant le break instrumental, on découvre l'exceptionnelle technique de Hackett, qui est un des inventeurs du 'finger tapping'. Popularisée par Eddie Van Halen, elle consiste à venir frapper le manche à l’aide des doigts (NDR : de la main droite pour Steve), en hammer-on/pull-off pour dispenser des séquences très rapides de notes. Hackett a élaboré cette méthode en regardant certains bluesmen et de jazzmen (surtout Emmett Chapman, le créateur du 'Stick'). Le tout premier 'finger-tap' figure probablement dans l'intro de "The Return Of The Giant Hogweed", paru sur "Nursery Cryme", en 1971!!

Refermons cette parenthèse musicologique... Après "Fly On A Windshield", sur lequel Gary O'Toole prend en charge des parties vocales, place à un autre moment très attendu: "Firth Of Fifth". Au milieu du morceau, le très célèbre passage instrumental n’est pas joué à la flûte traversière, mais au saxophone soprano par l'excellent Rob Townshend. Ensuite, Steve Hackett prend le relais pour accorder un solo exceptionnel, dans un style inimitable, puissant et très fluide, tout en 'sustain', qui se répand dans la salle comme la plainte d'une mélancolie insondable. On a la gorge serrée en assistant à ce moment exceptionnel…

L'introduction de "Blood On The Rooftops" (extrait de "Wind And Wuthering") nous donne l'occasion d'écouter le virtuose à la guitare classique, un instrument qu'il maîtrise également à la perfection. C'est Gary O'Toole qui reprend ici les parties vocales de Phil Collins. Ensuite, le groupe s’accorde une petite pause afin de résoudre un petit problème technique. De claviers, très exactement. Mais il est bien vite de retour pour interpréter trois titres supplémentaires de "Wind And Wuthering", dont le très beau et lancinant "Afterglow". Embrayant par l’hypnotique et particulièrement jazz-rock "Dance On A Volcano", suivi du bouleversant "Entangled".

Pour clôturer le concert, Steve Hackett nous propose ensuite le plat de résistance: "The Musical Box" et "Supper's Ready", deux chefs-d’œuvre ultimes de Genesis. Ici, à nouveau, on frise la perfection musicale. Pendant l'instrumental joué à la flûte, au cœur de "Supper's Ready", Hackett et Sylvan constatent, étonnés et admiratifs, que la mélodie est reprise en chœur par des voix masculines venues du public : on en a la chair de poule...

Lors du rappel, la formation revient pour un "Los Endos" très jazz-rock et très puissant! A la fin du morceau, l'ambiance est indescriptible. On a l'impression que l'AB va exploser. Le public réclame un second ‘encore’, mais en vain, car les lumières se rallument. On quitte l'AB la tête remplie d'une musique magnifique et on remercie Steve Hackett d’avoir donné une seconde vie à la période la plus inspirée de Genesis, même si quelques aspects du spectacle, comme le choix du vocaliste, sont sujets à discussion. Maintenant, imprégné de ces vibrants moments, je pars vite me replonger dans les versions originales de ces compositions d'anthologie, pour m’en délecter ! Si tout le monde en fait autant, Steve Hackett aura parfaitement rempli sa mission...

Setlist

        Watcher of the Skies

        The Chamber of 32 Doors

        Dancing With the Moonlit Knight

        Fly on a Windshield

        Firth of Fifth

        Blood on the Rooftops

        'Unquiet Slumbers for the Sleepers...

        ...In That Quiet Earth

        Afterglow

        Dance on a Volcano

        Entangled

        The Musical Box

        Supper's Ready

        Rappel:

        Los Endos

(Organisation : AB + Live Nation)

 

Vitalic

Work Hard, Play Hard

Écrit par

La tournée VTLZR de Pascal Arbez, alias Vitalic, bat son plein. En novembre, le DJ électrisait déjà le festival I Love Techno. Pour sa tournée en salle, c’est à l’Ancienne Belgique qu’il donnait rendez-vous à ses guérilléros du Dancefloor. Et un vendredi soir, de surcroît. Que demandez de plus ?

Malgré un troisième LP (« Rave Age ») en demi-teinte qui pousse certains à comparer le bonhomme à David Guetta (!), Vitalic est resté fidèle à lui-même en ‘live’. D’abord, la déco est assez sobre, puisque seul un ‘V’ lumineux surplombe la scène. Ensuite, il est soutenu par un line-up discret. Cette fois, Albez est accompagné de deux musiciens, à la batterie et aux synthés, chacun casé aux extrémités de l’énorme plan de travail du DJ. Visuellement, rien d’exceptionnel. Musicalement, l’homme frappe fort niveau décibels. A un tel point que parfois on demande à quoi doivent bien servir les deux rigolos, à ses côtés.

La setlist, quant à elle, est construite un peu à la mords-moi-le-nœud. Les vocalises qui étayent « Rave Age » ne sont pas des plus excitantes, ce qui fait souvent retomber la pression, le set se focalisant évidemment sur sa dernière œuvre. Les surpuissants « Stamina » et « No More Sleep » permettent d’équilibrer l’ensemble. Tout comme les classiques, qui  s’intercalent difficilement entre les nouvelles compos, mais réussissent à produire l’effet escompté. « LA Rock 01 », « Your Disco Song », « My Friend Dario », « Poison Lips » et « No Guitars » font littéralement vibrer l’auditoire.

En près d’une heure et demie de prestation, ponctuée de deux rappels, Vitalic a offert à Bruxelles une excellente mise en bouche pour le weekend. Il remettra le couvert à Rock Werchter cet été.

(Organisation : Live Nation)

 

Bonaparte

Too much !

Écrit par

Très étonnant que la salle du Grand Mix ne soit qu’à moitié remplie pour accueillir la nouvelle sensation de la scène électro-pop française. En l’occurrence, La Femme. Enfin, la raison procède peut-être du rôle qui lui est dévolu ce mercredi soir : le supporting act. En vedette, pour ce spectacle, se produira le collectif extravagant Bonaparte, réputé pour ses prestations scéniques. Malgré ce peut d’engouement, l’auditoire va passer une excellente soirée, en compagnie de ces deux formations…

Dès 20h30, La Femme débarque sur les planches. Emmené par Sacha Got et Marlon Magnée, le combo est entouré d’une belle panoplie de claviers. Un matos qui lui permet de nous balancer de jolies vignettes pop, particulièrement marquées par les eighties. Tout en affichant une attitude décalée et résolument kitsch, le band issu de Biarritz parvient à mêler des influences a priori contre nature. Un peu comme si on avait organisé une rencontre hypothétique entre Taxi Girl, The Drums et… Sttellla ! Quoique superficiels et très accessibles, les hits –dont le fameux et radiophonique « Sur la Planche »– sont chics et frais mais ne devraient pas passer l’été. La Femme est légèrement surfaite. Et le buzz qui va avec aussi. Mais le concert s’est toutefois avéré plaisant…

Vers 22h, les doux allumés de Bonaparte déboulent à leur tour sur l’estrade. Ils portent, comme d’hab, des déguisements aussi loufoques que trash. Basé à Berlin, ce collectif réunit des musicos issus des quatre coins de la planète (Suisse, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, etc.) Drivé par Tobias Jundt, une véritable pile électrique, qui a teint ses cheveux en rose, le band ne permettra jamais au public de reprendre son souffle. Alignant les saillies punks (« Anti Anti »), s’autorisant d’incroyables chorégraphies (NDR : enfin ses divas) qui ne reculent devant rien –même pas une séance de gym collective– dans le but ultime d’exciter un auditoire qui ne demande que ça… Ajoutez-y des danseuses couvertes de sang, une femme chef d’orchestre à tête de cheval, un ‘cannonman’ mélomane mais adepte du pogo, des combinaisons en latex ainsi qu’une femme-ordinateur… Pas toujours facile, d’ailleurs de se concentrer sur la musique, vu le spectacle. La setlist pioche principalement dans le répertoire du premier album, « Too Much ». Le titre-phare va d’ailleurs clôturer le set ; enfin, pas tout à fait, puisqu’on aura encore droit à un rappel particulièrement déjanté. Et le mot est faible ! En 1h30, Bonaparte a démontré qu’il était un des meilleurs groupes ‘live’ au monde. Suivant l’adage, les absents ont eu tort…

(Organisation : A gauche de La Lune + Le Grand Mix)

 

 

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