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Le parfum de vie de Goudi

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Dernier concert - festival

Stereolab
Suede 12-03-26

White Hills

En parfaite osmose…

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Il y a un long moment que je n'étais plus allé au Muziekodroom ; et le moins que l'on puisse dire c'est que l'endroit était méconnaissable par à rapport aux souvenirs que j'en avais gardés. Exit le grand hangar froid et sans âme et place à un club très clean au sein duquel le bar est si conséquent que l'espace concert semble assez réduit en comparaison (entre 100 et 200 personnes à vue d'œil). L'explication est simple, le MOD est un immeuble polyvalent qui englobe aussi bien des locaux de répétition, des studios d'enregistrement qu'une grande salle (visiblement celle où j'ai dû mettre les pieds jadis) et le club où se produisaient ce soir White Hills et Mosquito.

Originaire de Louvain, Mosquito a assuré une bonne première partie en dispensant un stoner rock assez recherché dans les structures des morceaux et parsemé d'influences grungy. La voix du chanteur manque peut-être parfois un peu de caractère, mais vu qu’il cumule également les drums (un de ceux qui n'économisent pas leurs efforts), on ne va pas être trop sévère à son égard. Des compos honnêtes et plutôt bien ficelées en tout cas et une reprise assez anecdotique de... Nirvana comme on aurait pu s'y attendre. A laisser mûrir et on pourrait en reparler à l'avenir…

Place à White Hills ensuite. Un trio. En fait de trio il s'agit plus du couple Ego Sensation/Dave W. accompagné pour l’instant de Nick Ferrante, aka Nick Name. Une alchimie qui fonctionne à merveille et donne en général d'excellents résultats comme ce sera encore le cas ce soir.

Baignée dans des halos de lumière rouges, bleues et surtout vertes, la formation installe l'ambiance en diffusant une intro ‘dronesque’ avant d'enchaîner par "Forever in space", moment fort de son dernier album qui résume parfaitement son état d'esprit. Toujours extrait de ce disque, on a ensuite droit à "In your room" (allez jeter un œil sur la vidéo!), très bon titre également mais dont on regrette les voix un peu trop en retrait dans l'interprétation live. Ensuite il ne sera quasi plus question, à une exception près, de ce dernier opus. On est ravi de constater que White Hills ne se contente pas d'une tournée promotionnelle mais puise ce qu'il y a de meilleur dans son répertoire pour le plus grand plaisir des fans. Ainsi la setlist nous a réservé des morceaux de choix comme "Three Quarters", le paranoïaque "Condition of Nothing" ou encore l'obsessionnel "Robot Stomp". Elle est même remontée jusqu'en 2007 ! (NDR : Pas si loin me rétorquerez-vous? Sauf pour un groupe qui sort 1 album tous les ans sans compter les splits, raretés et autres bootlegs). A l’instar des hymnes space fuzz rock tels que "Radiate" ou "Oceans". On sent une réelle osmose et une belle énergie aussi puissante que sensuelle dans la complémentarité entre la charmante bassiste Ego et le leader halluciné Dave. On prend plaisir à les voir se frôler et croiser leur manches (n'y voyez rien d’obscène !) et on reçoit autant qu'ils donnent. Un conseil, si vous aimez le space rock, le kraut ou la noise, ne les loupez pas la prochaine qu'ils fois passent près de chez vous!

(Organisation MOD)

 

Alex Beaupain

Bon comme du Beaupain

Écrit par

Suite à la sortie d’« Après Moi le Déluge », 4ème album qui lui a permis de se forger une petite notoriété au sein du grand public –et par la même occasion de décrocher un passage chez l’incontournable Ruquier et à l’Olympia– Alex Beaupain se déplaçait au Botanique de Bruxelles afin de présenter sa nouvelle création à la Belgique, ce jeudi dernier.

C’est une Orangerie en mode assis et quasiment sold-out qui accueille ce dandy natif de Besançon, mais Parisien d’adoption (NDR : il y vit quand même depuis quelques années). Accompagné de 4 musiciens –un pianiste grisonnant, un batteur enthousiaste, un guitariste helvétique et une violoniste/bassiste au charme certain– l’artiste débute son show pied au plancher et aligne, sans interruption, quelques titres issus de son dernier opus, dont « Vite », « Coule », un titre écrit par Julien Clerc et « Contre le Vent », un morceau composé par la Grande Sophie. La touche particulière du premier cité est particulièrement évidente via les intonations vocales de Beaupain et la patte sonore du morceau qui ne dénoterait pas au répertoire du vétéran de la variété française. A la suite de cette introduction endiablée, le Français entame un échange avec le public, dialogue qu’il entretiendra toute la soirée. Doté d’un humour noir, ironique et pince-sans-rire, le protégé de Christophe Honoré (réalisateur des films « Chansons d’Amour » et « Les Biens Aimées », dont Beaupain a composé les BO) séduit son public… Sous prétexte de ne pas l’avoir laissé dormir durant le trajet jusqu’à Bruxelles, le chanteur vire, avec humour, un par un ses musiciens, morceau après morceau, afin de présenter des chansons de plus en plus dépouillées pour terminer par le superbe « Brooklyn Bridge », seul au piano.

Les musicos soutiennent parfaitement le mini-crooner et assurent la cohésion derrière une voix pas toujours juste, même si sans cesse touchante. Les plus belles pièces de son répertoire y passent (« Avant la Haine », « Au Départ ») et vont droit au cœur du public malgré un habillage très pop et souvent léger. Beaupain hypnotise l’auditoire par sa sincérité, tel un petit bonhomme qui jongle entre rires et larmes. Une judicieuse reprise de « Chacun fait (c’qu’il lui plaît) » de Chagrin d’Amour chauffe encore plus l’ambiance, dans la salle.

Sacré personnage, mais bigrement attachant, Beaupain quitte la scène sous les applaudissements de la foule, avant de revenir pour un long rappel au cours duquel il va nous réserver l’efficace « Après Moi le Déluge ». Cette belle soirée passée en compagnie d’un artiste de variété française d’une telle qualité, on aimerait en vivre plus souvent. D’ailleurs, on va encore entendre parler d’Alex Beaupain, c’est une certitude…

(Organisation Botanique)

 

Halasan Bazar

Grand Bazar

Écrit par

Bien peu de monde pour assister au concert d'Halasan Bazar, ce mercredi 9 octobre. Et c'est bien dommage, car la formation du songwriter danois Fredrik Rollum Eckhoff nous a gratifiés d'un très agréable set. Nourri à la pop psychédélique californienne, ce collectif aux multiples nationalités (les membres nous viennent de Norvège, d’Angleterre, d’Australie et du Danemark) a parcouru son dernier opus, le très recommandable "Space Junk". Enregistré à l'ancienne sur un huit pistes, cet elpee nous avait séduits. A cause de ses atmosphères particulières, très influencées par l'univers de Syd Barrett.

Sur scène, les compositions paraissent moins complexes. Emmenées par la guitare sèche d’Eckhoff, elle baignent dans un style pop/folk 60's. Autour du leader, un guitariste délivre quelques notes électriques tout aussi psychédéliques que les sonorités d'un orgue bon marché. Elles nourrissent chaque morceau et évoquent fatalement la période des compilations "Nuggets". 

Le concert peut se résumer en quatre parties. Une entame caractérisée par les titres les plus évidents et efficaces de l'album ("Sometimes Happy, Sometimes Sad", "My Mind Is Fixed") puis une phase plus brouillonne au cours de laquelle, si je ne m'abuse, on a eu droit à l'un ou l'autre titre de l’elpee précédent. Ensuite, le groupe semble prendre ses marques et nous entraîne dans une pop apaisée sur le très beau "Am I Blind", une compo dont les mélodies sont illuminées par l’orgue. Le voyage continue en compagnie du nonchalant et caressant "Wondering Why", qui sonne moins Lennon que sur "Space Junk". Il nous emmène, en douceur, vers la partie la plus débridée du set. Les Halasan Bazar se lâchent alors un peu et deviennent plus électriques et expérimentaux sur la fin de l'excellent "You & I".

Au final, on a passé un excellent moment. Et puisque un chroniqueur cherche forcément des références, le concert m'a tour à tour évoqué la pop californienne des sixties et principalement Love et les early-Beatles –en épicant le tout d’un zeste de Stones– et même si moins prégnant, que sur l'album, les débuts de Pink Floyd.

On ne remerciera jamais assez l'Escalier de nous proposer des concerts de cette qualité. Cette persévérance est à louer en ces temps difficiles pour les organisateurs. 

(Organisation : L'Escalier)

 

Factory Floor

Cold Sweat

Écrit par

DFA a l’art de dénicher des talents qui fracassent. Factory Floor, constitue l’une des dernières trouvailles du label. Et le trio ne fait pas exception à la règle. Son premier LP, éponyme, est dans les bacs depuis septembre dernier et figurera pour sûr dans de très nombreux ‘tops’ de fin d’année. Factory Floor était de passage à l’AB, version Club, pour démontrer par A+B que leur son est aussi énorme sur scène qu’en studio.

L’AB Club affiche complet à l’heure où les Londoniens de Factory Floor font leur apparition sur la scène de la petite salle bruxelloise. Précédé par un set rugissant du prometteur East India Youth, Gabriel, Dominic et Nik enchaînent, sans cérémonie, par leur mix hybride d’electro, noise et autres explorations mélodiques abstraites. « Turn It Up » lance les hostilités. Le morceau d’ouverture cogne fort. Ses percussions font vibrer nos tympans tandis que le beat insidieux chauffe nos pieds qui battent la mesure non-stop.

Sur scène, les Britanniques jouent sans trop se soucier du public. Ils balancent leurs sons et c’est tout ce qui leur importe. Dans le public, quelques motivés décompressent librement ; mais, comme souvent à l’AB, la majorité du parterre reste figé. Ce qui importe peu en général. Faut dire que le côté assez froid de la formation n’est pas spécialement engageant, même si les tubesques « Two Different Ways », « Fall Back » ou « (R E A L L O V E) » vont à contresens de leur performance scénique.

Le trio quitte les lieux au bout de près d’1h20 de prestation. Bien que le set ait démarré sur les chapeaux de roue, les 20 dernières minutes du concert n’étaient pas spécialement nécessaires ou convaincantes. D’autant que l’ambiance de la salle est retombée progressivement après les trois premiers quarts d’heure de spectacle. Factory Floor est l’un des groupes qui, pour l’heure, devrait sans aucun doute faire plus de victimes en festival et en soirées qu’en salle. Bref : bon mais peut définitivement mieux faire.

(Org : AB)

 

Tunng

Epatant !

Écrit par

Rien de tel que de terminer un dimanche ensoleillé par un bon concert au Botanique. Et puis ce soir, se produisent à la Rotonde, deux poulains de l’écurie Full Time Hobby ; en l’occurrence Tunng et Pinkunoizu. Soit une formation anglaise et danoise. Il n’y a plus que quelques places disponibles, preuve que l’affiche est alléchante…

A 20h, le quatuor scandinave monte sur l’estrade. Il jouit d’une moins bonne notoriété que son compagnon de label. Et manifestement, l’auditoire ne s’est pas déplacé pour leurs beaux yeux. Alors que le combo ouvre son set, personne ne semble décidé à se lever. Au grand dam du public qui veut pénétrer dans l’hémicycle et reste coincé à l’entrée. Il faudra l’intervention d’un vigile pour décoller les fesses des spectateurs réticents. On connaît surtout Pinkunoizu pour son répertoire pop, accessible et coloré. Pourtant, ce soir, il va explorer sa face sombre et progressive. Trois morceaux en quarante minutes ! Emmené par une batteuse énergique et impressionnante de précision, Pinkunoizu s’embarque dans des morceaux longs et hypnotiques. Le chant, contrairement à la version enregistrée, est quasi absent. On a parfois l’impression d’assister à une jam session. Différence, mais elle est de taille, à contrario des ‘jam sessions’ habituelles, on ne s’ennuie pas. Même si tout le public ne semble pas adhérer à leur choix, j’estime qu’on ne peut qu’applaudir l’audace du groupe. Car si cette nouvelle orientation leur confère une nouvelle dimension, elle n’est pas de nature à rencontrer l’assentiment de l’observateur lambda. Chapeau bas donc !!!

Vingt minutes plus tard, plus aucun spectateur n’est assis. La Rotonde est maintenant pleine à craquer. Les mélomanes sont impatients de découvrir, en ‘live’, l’excellent dernier opus des Britanniques, « Turbines ». Depuis le départ de Sam Genders, hormis le remplacement de Becky Jacobs par une autre demoiselle, pour assurer la tournée, le line-up du groupe s’est stabilisé. Armé d’une gratte acoustique, l’autre membre fondateur, Mike Lindsay, est toujours au poste. Et sa chemise est vraiment originale. Sur les planches, il est soutenu par un second gratteur, un bassiste, un drummer et un bidouilleur/bruitiste. Tunng entame sa prestation par des morceaux figurant sur son dernier long playing. La conjugaison des voix est à nouveau parfaite. Et colle parfaitement à leur électro/folk, dont les compos font mouche à chaque fois. Mieux encore, quand les Insulaires décident d’interpréter des compos issues de leur plus ancien répertoire, on entre alors dans la quintessence du set. « Jenny Again », « Hustle » : la quasi-totalité des ‘tubes’ y passe. Les musicos semblent heureux d’être sur les planches, et ce sentiment est communicatif. Mais alors qu’on pensait que le band avait négligé « Bullet », il nous le réserve lors du premier rappel. On aura même droit à un second ‘encore’ au cours duquel, il va nous interpréter « With Whiskey ».

Un set épatant ! De la mélancolie à l’enthousiasme, Tunng est parvenu à explorer une large palette d’émotions, avec une facilité déconcertante. Pour notre plus grand bonheur…

(Organisation Botanique)

 

Pinkunoizu

Audacieux !

Écrit par

Rien de tel que de terminer un dimanche ensoleillé par un bon concert au Botanique. Et puis ce soir, se produisent à la Rotonde, deux poulains de l’écurie Full Time Hobby ; en l’occurrence Tunng et Pinkunoizu. Soit une formation anglaise et danoise. Il n’y a plus que quelques places disponibles, preuve que l’affiche est alléchante…

A 20h, le quatuor scandinave monte sur l’estrade. Il jouit d’une moins bonne notoriété que son compagnon de label. Et manifestement, l’auditoire ne s’est pas déplacé pour leurs beaux yeux. Alors que le combo ouvre son set, personne ne semble décidé à se lever. Au grand dam du public qui veut pénétrer dans l’hémicycle et reste coincé à l’entrée. Il faudra l’intervention d’un vigile pour décoller les fesses des spectateurs réticents. On connaît surtout Pinkunoizu pour son répertoire pop, accessible et coloré. Pourtant, ce soir, il va explorer sa face sombre et progressive. Trois morceaux en quarante minutes ! Emmené par une batteuse énergique et impressionnante de précision, Pinkunoizu s’embarque dans des morceaux longs et hypnotiques. Le chant, contrairement à la version enregistrée, est quasi absent. On a parfois l’impression d’assister à une jam session. Différence, mais elle est de taille, à contrario des ‘jam sessions’ habituelles, on ne s’ennuie pas. Même si tout le public ne semble pas adhérer à leur choix, j’estime qu’on ne peut qu’applaudir l’audace du groupe. Car si cette nouvelle orientation leur confère une nouvelle dimension, elle n’est pas de nature à rencontrer l’assentiment de l’observateur lambda. Chapeau bas donc !!!

Vingt minutes plus tard, plus aucun spectateur n’est assis. La Rotonde est maintenant pleine à craquer. Les mélomanes sont impatients de découvrir, en ‘live’, l’excellent dernier opus des Britanniques, « Turbines ». Depuis le départ de Sam Genders, hormis le remplacement de Becky Jacobs par une autre demoiselle, pour assurer la tournée, le line-up du groupe s’est stabilisé. Armé d’une gratte acoustique, l’autre membre fondateur, Mike Lindsay, est toujours au poste. Et sa chemise est vraiment originale. Sur les planches, il est soutenu par un second gratteur, un bassiste, un drummer et un bidouilleur/bruitiste. Tunng entame sa prestation par des morceaux figurant sur son dernier long playing. La conjugaison des voix est à nouveau parfaite. Et colle parfaitement à leur électro/folk, dont les compos font mouche à chaque fois. Mieux encore, quand les Insulaires décident d’interpréter des compos issues de leur plus ancien répertoire, on entre alors dans la quintessence du set. « Jenny Again », « Hustle » : la quasi-totalité des ‘tubes’ y passe. Les musicos semblent heureux d’être sur les planches, et ce sentiment est communicatif. Mais alors qu’on pensait que le band avait négligé « Bullet », il nous le réserve lors du premier rappel. On aura même droit à un second ‘encore’ au cours duquel, il va nous interpréter « With Whiskey ».

Un set épatant ! De la mélancolie à l’enthousiasme, Tunng est parvenu à explorer une large palette d’émotions, avec une facilité déconcertante. Pour notre plus grand bonheur…

(Organisation Botanique)

 

Deer Tick

Le Midwest n’était pas si loin…

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Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas Deer Tick, cette formation nous vient de Providence, dans le Rhode Island. Drivée par le hargneux John McCauley, elle compte déjà 5 albums à son actif, alors qu’elle n’existe que depuis 2004. En fait, au départ, il s’agissait du projet solo de McCauley. Qui progressivement s’est mué en quintet. Les Etasuniens venaient donc défendre leur 5ème opus, « Negativity », une œuvre de country alternative, tout au long de laquelle, ils ont étoffé leur écriture.

Dans une salle à moitié pleine (NDR : ou à moitié vide, selon), les cinq musiciens –un peu éméchés– débutent leur set en piochant parmi leurs nouveaux titres. Tout en lorgnant vers le classicisme de The Hold Steady voire de Bruce Springsteen, ils sont imbibés d’americana pur jus. Dans un premier temps, le manque de puissance du son n’aide vraiment pas Deer Tick à prendre ses marques. Difficile, dans ces conditions, de parvenir à emballer un public qui n’a encore assimilé les nouvelles chansons, qu’à moitié… Mais, peu à peu, grâce à leurs voix complémentaires, une parfaite maîtrise de leurs instruments et les quelques pépites issues de leur répertoire, les Américains parviennent à transformer la Rotonde en véritable saloon crasseux du Midwest. L’accent sudiste et l’attitude bien rock’n’roll de McCauley y est bien sûr pour quelque chose. Les musiciens varient les ambiances entre leurs classiques « Ashamed », « Art Isn’t Real » ou « Standing at the Threshold » issus de leur 1er album « War Elephant » et reprises de vieux standards du rock 60’s, balancés à la manière d’un groupe de lycée, comme le ferait les Black Lips. Le son est sale comme il se doit et le groupe communique abondamment avec le public. L’ambiance monte au fur et à mesure que la cohésion soude les musiciens qui semblent prendre du plaisir. Et le final sera à la hauteur du rappel : électrique, rageur et brouillon à la fois ! Les insectes ont peut-être parasité tous azimuts, mais le public ne s’est pas senti incommodé pour autant…

(Organisation Botanique)

 

Thundercat

Pleasure From The Bass

Écrit par

Après avoir gracieusement prêté ses talents de bassiste à l’infatigable Flying Lotus, son mentor, Thundercat, de son vrai nom Stephen Bruner, se paie pour la première fois une exploration express du Vieux Continent en headliner. Pour la première étape de ses pérégrinations européennes, le musicien a jeté son dévolu sur notre bonne vieille capitale.

Pour l’aider dans sa tâche, Thundercat a fait appel à fLako, producteur et DJ Hip Hop dont les dernières minutes du set m’ont plongé immédiatement dans l’ambiance bon enfant de la salle molenbeekoise. Le Chilien, qui partage son domicile entre Berlin et Londres, cède rapidement sa place à notre compatriote LeftO, chargé de combler l’attente avant l’arrivée de l’invité d’honneur. Et c’est un set qui dégomme, entre Hip Hop retro et futuriste, Soul, Hyperdub et breakbeats, que le Bruxellois a courageusement proposé à un public clairsemé mais bien chaud. Et il en fallait, du courage, pour combler l’attente interminable. En délivrant un set chevronné, le DJ a réussi à combler parfaitement la demi-heure de retard quasi-coutumière des artistes qui se produisent au VK.

C’est donc vers 21h45 que le protégé de Flying Lotus exécute ses premiers pas sur une scène belge. Thundercat est accompagné d’un claviériste et d’un batteur pour présenter son diptyque apocalyptique (« The Golden Age Of Apocalypse », sorti en 2011 et « Apocalypse », en juin dernier). Condensé de Jazz psyché, de soul saupoudré de glitch-hop, produit Brainfeeder oblige.

Le début de set est prometteur et équitablement partagé entre morceaux du premier et du second LP. Bruner démontre toute l’étendue de son talent à la basse six cordes.

Malheureusement le niveau de la prestation baisse assez rapidement. Desservi par un son pourri, la basse de Thundercat, sur laquelle tout le show est basé tout de même, devient rapidement assourdissante, noyant toute nuance mélodique. La voix du Californien, quant à elle, a du mal à trouver sa place. En studio, les arrangements de Flying Lotus, coproducteur de la discographie de ce dernier, permettent au chant d’exalter les mélopées d’une manière tout à fait tripante, leur conférant une dimension quasi cosmique. Sur les planches, tout est plat. Si bien que le bonhomme ne semble pas trop impliqué et n’arrive pas à communiquer sa passion, même lorsqu’il se démène sur le manche de son arme de prédilection. Là où LeftO avait réussi à rameuter du monde aux premiers rangs, Thundercat fait fuir au compte-goutte une partie du public qui préfère noyer sa déception au bar. Le potentiel y est mais Bruner doit encore affiner son jeu scénique pour convaincre un minimum. 

Organisation : VK*

 

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