La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Hooverphonic
Suede 12-03-26

Moon Duo

Lune de Miel dans une volière

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J'aime cette salle du Belgïe. Outre l'incontestable confort offert et l'ambiance sereine au sein de laquelle baigne l'endroit (c'est quand même un centre culturel), et au-delà du fait que différentes formes d'art s'y côtoient (certes pas toujours du meilleur goût, mais c'est c’est un centre culturel), l’atmosphère qui y règne est incontestablement propice aux plus belles découvertes. Alors, assis au bar en compagnie de mes amis, tout en sirotant une Blanche ou dégustant les apéritifs mis à notre disposition, j'entre lentement dans l'univers sonore de cette soirée placée sous le signe de l'hypnose.

Si l'électro minimale de Dolphins Into The Future s'immisce difficilement dans mon subconscient, c'est peut-être que je suis trop intrigué par ces pots-pourris au goût de chips sucrés, mais sans doute aussi parce que la musique dispensée par ces deux charmants demoiselles manque d'intérêt.

Sympathique mais guère excitant, le set s'écoule paisiblement lors de cette première partie de soirée, sous les applaudissements polis d'un public néanmoins attentif. Attention qui me fait défaut, je le concède du reste.

Unanimement, le nom de Lali Puna reviendra sur plusieurs lèvres, et c'est bien dans ce registre qu'évoluent ces deux prétendantes à la couronne, mais vouées au statut d'éternelles dauphines dans le futur.

Pour ma part, je continue mon initiation aux plaisirs exotiques qui font honneur à mon palais quand s’installe un moustachu face à une configuration complexe de pédales d’effets posées sur une table. Les piaillements d’oiseaux en tous genres se répercutent en échos lointains et je m’évade alors dans l’arrière-salle abritant les œuvres plastiques d’artistes étudiants. Quand je reviens, rien ne semble avoir évolué dans l’univers sonore de notre mystérieux bonhomme dont la pilosité nasale semble être le seul élément capable de susciter la moindre curiosité dans mon chef. Je repars pour une tournée de Blanches.

Le projet solo suivant se montre vaguement plus abouti, mais les syncopes loopées  de synthétiseurs en mode ‘redondances cycliques’ me paraissent encore trop évasives et bien trop insipides. Le public reste assis face à la scène (une des caractéristiques du Belgïe est son espace café), courtois et concentré. Perso, j’attends le clou du spectacle.

Arrive donc le tour de Moon Duo, lune de miel hypnotique s'il en est, mise en scène par Ripley Jonhnson et Sanae Yamada, soit le leader de Wooden Shijps et sa comparse californienne.

Les compos de ce couple nous assènent de grands coups de poing dans les tripes, les agrippent et les secouent à grand renfort de bruit addictif.

Aucune attitude ou jeu de scène ne vient distraire l'attention et c'est uniquement dans sa musique que le groupe génère un sentiment extatique et hypnotique.

Dans la lignée de son projet principal mais en privilégiant une approche axée sur l’utilisation répétée de motifs binaires, le barbu de San Francisco irradie l’espace sonore avec la densité spectrale de ses déclinaisons solos enivrantes et teintées de Fuzz.

« Motorcycle, I Love You » et « Stumbling 22nd St », issus du dernier Elpee (« Mazes ») écrasent tout sur leur passage, tout comme sur support audio, et si le résultat semble à certaines oreilles trop conforme aux enregistrements, force est de constater qu'il est difficile de sortir du canevas des machines.

Ouvrant une baie dans le paysage cérébral, les compositions de Moon Duo répandent des mantras aux effluves psychédéliques qui enfoncent les portes de la conscience.

On adhère ou pas, mais force est de constater qu’une fois les sens imprégnés de cette aura quasi mystique, il est difficile de ne pas se laisser emporter par les drones obsédants de ces deux là.

Malheureusement trop bref, le set de ce soir méritait à lui seul le détour. Une sacrée bonne expérience.

La fin de soirée s’amorce, alors que monte sur scène James Daniel Emmanuel vêtu d’une chemise hawaïenne improbable.

Introduit par un discours empreint d’humilité, le concert de ce vieux sage féru de vieux synthétiseurs remis au goût du jour s’égrène gentiment, me laissant récupérer lentement de mes émotions.

La route m’appelle, et dans le halo diffus d’une lune dédoublée, je m’enfonce dans la nuit.

Wizards Night : JD Emmanuel + Moon Duo + Köhn + Kim Ki O + Dolphins into the Future

(Organisation : Kraak)

 

Metronomy

Feels Just Like It Should

Écrit par

Changement de direction pour Metronomy qui délaisse (un peu) les sonorités electro-disco au profit de mélodies pop, laid-back et ensoleillées. Le magistral « The English Riviera » tombe à point. Et c’est au cœur d’un Vk* surchauffé que le quatuor est venu défendre sa nouvelle galette, ce 6 mai.

La dernière fois que Metronomy avait frôlé les pavés bruxellois, c’était aux Nuits Botanique, en 2009. A cette époque, Joseph Mount, le cerveau du projet, était accompagné sur les planches par son cousin saxophoniste Oscar Cash et le bassiste/claviériste Gabriel Stebbing. Quelques semaines plus tard ce dernier quittait les rangs de la formation, obligeant Mount à repenser son projet. Il a donc accueilli un nouveau bassiste en la personne de Gbenga Adelekan et s’est également offert les services d’Anna Prior, ex-Lightspeed Champion et préposée aux grosses caisses. L’arrivée des deux nouveaux membres a d’ailleurs donné des ailes à Metronomy qui signe « The English Riviera », l’un des disques les plus excitants de cette année.

L’examen approfondi de la plaque s’effectuait sur la scène du Vk*, à guichets fermés. Evidemment. Celles et ceux qui ont déjà fréquenté la salle molenbeekoise le savent, l’adage ‘tout vient à point qui sait attendre’ pourrait être gravé sur ses quatre murs, sans surprendre grand monde. Ce n’est donc qu’à 21h30 que Joseph Mount et ses musiciens apparaissent sur scène, devant un public des plus enthousiastes. La salle est pleine à ras-bord. Les premières notes de l’intro « The English Riviera » greffée, comme sur LP, à « We Broke Free » donne le ‘la’ d’un set particulièrement bien pensé. Ainsi, les Anglais enchaînent sur « Love Undefined », morceau le plus disco et donc le plus proche de « Nights Out » dont ils extraient ensuite « Back On The Motorway » et « Holiday » qui ne laissent personne indifférent. Il fait bien 30 degrés sous le toit du Vaartkapoen et le mercure continue de grimper tandis que Metronomy s’attaque aux tubes « She Wants », « Heartbreaker », l’instrumental « You Could Easily Have Me » et l’énorme « Holiday ».

Metronomy semble avoir enfin trouvé sa vitesse de croisière. La présence de deux nouveaux membres apporte à la prestation live de la formation une dimension beaucoup moins carrée qu’auparavant. Un changement que le public accueille de toute évidence à bras ouverts, tant l’ambiance est bon enfant. Le refrain de « A Thing For Me » est repris en chœur par le parterre que les Britons continueront de faire suer sur des « The Look » et « On Dancefloors » d’avant-rappel. Le rideau se ferme sur le son de l’ultime et tubesque « Radio Ladio », aux textes hurlés à plein poumons par les premiers rangs. Un sans-faute pour Mount et ses trois acolytes dont le retour a le mérite d’être à la hauteur de toutes les attentes.

A ne pas manquer le 14 juillet sur les planches du festival de Dour.

(Organisation : Vk*)

Jean-Louis Aubert

Allo ? Jean-Louis ? C’est pour toi !!!

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Dans un Zénith plein comme un œuf, Jean-Louis Aubert, ex-leader de Téléphone (au cas où certains l’ignoreraient encore), 55 ans bien sonnés, a laissé voir et apprécier bien plus que de beaux restes… Même si le temps où il avait besoin d’une tente à oxygène pour récupérer de ses efforts sur scène (remember les concerts incroyables de Téléphone) est bien loin, ce divin troubadour à la voix claire et haut perchée a mis les 7 000 fans dans sa poche, qu’ils soient nostalgiques du temps du plus grand groupe rock français ayant jamais existé ou simples amateurs de bonne chanson française qu’il est devenu.

Après avoir essuyé un refus de Bruxelles, nous avons la chance de pouvoir couvrir l’événement à Lille, ce jeudi soir. Comme le concert est prévu à 20 heures, pas de panique, nous démarrons à l’aise vers 19 h. Hélas, Lille n’est plus qu’un immense chantier et le temps de nous dépatouiller de quelques fameux bouchons, il est 20h15 quand nous franchissons les portes du Zénith. Tout juste, car le concert débute illico. Pas de première partie prévue, on entre immédiatement dans le vif du sujet.

Les premières notes de « Maintenant je reviens » résonnent à peine qu’un tonnerre d’applaudissements et de cris envahit la salle. Derrière un rideau, sur écran géant, quelques ombres chinoises laissent entrevoir le héros d’un soir descendant d’une montagne brumeuse, harmonica autour du cou, coiffé d’un petit feutre et vêtu d’un jeans noir, d’un tee-shirt et d’un imper. La simplicité incarnée. Autour de lui gravitent neuf musiciens dont Richard Kolinka, batteur fétiche qui l’accompagnait déjà il y a plus de trente ans. Une seconde batterie, deux guitares, une basse, un clavier et trois cuivres complètent l’armada.

Enchaînant par « Demain sera parfait » puis « Alter ego », il ne faudrait pas trop vite se fier à une douceur, voire à une certaine nostalgie ou tristesse développée dans ces premières chansons. Car, triste, le personnage ne l’est pas du tout, bien au contraire. Il rayonne de joie et sa bonne humeur est contagieuse. Le public est sous le charme, à la fois de l’homme mais également de ses textes qu’il distille judicieusement et de ses mélodies savoureusement rock.

Vite débarrassé de son trench, Jean-Louis passe à la vitesse supérieure et lâche les chevaux en reprenant le mémorable « Argent trop cher » chanté, que dis-je, hurlé à l’unisson avec son public. Et c’est le départ réel de cette soirée qui se veut incroyablement rock. Les images continuent de défiler en arrière-plan. Aubert tient ses fans dans le creux de la main, partageant son humour, ses envies et ses chansons, transformant ce concert en une véritable communion entre lui et son public. Public qui apprécie beaucoup les titres issus de ses albums solos mais qui exulte sur les quatre reprises empruntées au répertoire de Téléphone. Autre moment fort de la soirée, outre ses plus grands succès, d’« Un Monde ailleurs » à « Sur toutes les plages du monde » en passant par « Juste une illusion » ou « Ailleurs », c’est la version revisitée de « Locataire » qui transcende une foule chaude/bouillante. Et elle s’enflamme tant et plus lors de l’interprétation d’« Un autre monde ». Visiblement le feu brûle toujours chez Jean-Louis. Il a de l’énergie à revendre et va, pendant plus de deux heures, mettre la foule en transe, bien secondé par Richard Kolinka. Ce dernier n’est pas, loin s’en faut, un modèle de discrétion et il profite habillement de sa notoriété pour faire, lui aussi un peu le show. Superbement soutenu par les autres musiciens au talent hors du commun, on épinglera un solo époustouflant de trombone à coulisse, un autre de saxophone et quelques duos ou trios de guitares durant lesquels Jean-Louis démontre qu’il n’a rien perdu de sa virtuosité. Inépuisable, le tee-shirt aussi trempé que ses cheveux, le vieux quinquagénaire est bien le boss du band. Il continue à marteler les accords sans aucun temps mort et à donner le meilleur de lui-même pour le plus grand bonheur de plusieurs générations d’admirateurs d’un rock ‘made in France’ qui ont ce soir sous les yeux son plus beau représentant.

Hélas, le temps passe vite, bien trop vite. Il est un peu plus de 22h et Jean-Louis Aubert accorde un rabiot bien insuffisant pour les éternels insatisfaits que nous sommes. Gratifiant ses fans d’un « Ça (c’est vraiment toi) » de la meilleure veine, la soirée se termine, seul à la guitare, par un nostalgique « Voilà, c’est fini » qui lors d’un troisième et ultime rappel, succède à la chanson bouleversante « Puisses-tu ».

Puisse-tu donc revenir à Lille… et surtout, puisses-tu revenir un jour en compagnie de Richard, Corine et Louis pour le plus grand plaisir de tes fans inconsolables afin de permettre à la nouvelle génération de découvrir les trésors insoupçonnés du rock français !

Organisation Vérone Productions

(Voir aussi notre section photos)

Jamie Woon

Beginner's Luck

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'Lady Luck' n'a pas attendu que Jamie Woon l'invoque pour se pencher sur son berceau. A 27 ans, le Londonien a publié un premier EP « Wayfaring Strangers », très positivement accueilli par les critiques de tous bords. Quelques mois plus tard, fin 2010, il balance « Night Air », premier single extrait de son futur premier LP et emballe tout le monde, d'un même mouvement. S'ensuit le buzz que l'on connaît, amplifié par la BBC qui le présente alors comme l'un de ses chouchous, au sein de ‘The Sound Of 2011’, sa fameuse liste annuelle des artistes les plus prometteurs du moment. Et ce, au même titre que James Blake ou Jessie J. « Mirrorwriting », publié en avril, confirme le talent du jeune homme qui, comme James Blake ou The Weeknd, risque de faire pas mal d'émules dans la mouvance Electronica-Soul.

Il ne fallait pas être particulièrement clairvoyant pour deviner que Jamie Woon jouerait à guichets fermés ce 4 mars à l'ABbox. C'est donc une salle ultra-comble qui accueillait le Britannique venu présenter « Mirrorwriting », un premier disque mariant subtilement les éléments électroniques à une voix Soul particulièrement bien maîtrisée. En studio, Woon bidouille seul. Sur scène, il est accompagné de trois musiciens (laptop, batterie, synthés et basse) relégués au fond de la scène, pour donner la sensation d'un 'vrai live'. A 21h précises, diffusion sur ABTV oblige, le jeune homme s'avance sur l’estrade, un large sourire sur les lèvres et salue immédiatement le parterre avant d'entamer son set par l'hypnotique « Echoes ». S'ensuivent « Shoulda », « Middle », « Street » et l'excellent « TMRW » pendant lesquels Woon alterne entre sa console et sa guitare. La présence des musicos dans le dos du bonhomme, paraît légèrement futile tant il est évident que le chanteur aurait tout aussi bien pu se débrouiller seul, à l'aide d'un laptop ou autre, comme il le prouvera plus tard, durant le rappel.

Le set parcourt « Mirrorwriting » de long en large, opérant un arrêt obligatoire sur « Night Air » qui provoque les premiers réels soubresauts de motivation au sein du public. Soubresauts qui arrivent un peu tard puisqu'il s'agit de l'un des derniers morceaux de la setlist.

Jamie Woon revient quelques instants plus tard pour interpréter en solo un « Waterfront » à la gratte et un « Wayfaring Strangers » qu'il exécute de manière très approximative à l'aide de loops qu'il a l'air d'avoir encore un peu de mal à maîtriser. Les musicos refont ensuite surface pour un ultime « Lady Luck » qui incite gentiment les premiers rangs de l’audience à bouger ; mais il manque un peu de relief. Un problème certainement dû à l'absence des chœurs, qui font tout le charme du morceau dans sa version studio. Pour son premier passage sur les planches belges, Jamie Woon n'a pas du faire grand chose pour séduire un public apparemment déjà acquis à sa cause. Reste que le chanteur a encore une petite marge à réduire avant d'être tout à fait convaincant en ‘live’.

Organisation : AB 

James Blake

Voyage intemporel dans l’univers du post-dubstep…

Écrit par

Tout droit sorti de la Goldsmith University de Londres, une spécialisation en musique pop à la clef, James Blake a passé ses années d'étude à composer dans sa chambre. Il commence sa carrière musicale dès juin 2009, en publiant le 12’ "Air & Lack Thereof". Ensuite, il assure voix et claviers lors des shows d'un grand monsieur : Mount Kimbie. James gagne en maturité et il s'affirme en gravant un petit album (11 titres) éponyme, un disque enregistré en février 2011. Ce soir, James Blake nous emmènera dans son monde bien à lui...

La salle est plongée dans le noir. Le bar ferme. Le cadre est posé. James Blake peut maintenant entrer en scène et tout le monde frémit déjà en imaginant ce que le jeune Londonien, enfant du dubstep, va nous proposer. Pratiquement muet, mis à part quelques ‘Thank you’ et une petite phrase avant de quitter la scène, ce compositeur exceptionnel nous emmène dans son univers ambient mélancolique, à mi-chemin entre le dubstep et la soul music.

Le concert démarre fort par l'excellent "Unluck". Malchanceux, il l'est peut-être mais quelle joie de ressentir autant d'émotions transmises presque par intraveineuse. Les musiciens vivent le show au rythme de cette batterie électronique qui parviendra à faire balancer nos têtes de bout en bout du live.

Très vite, les morceaux s'enchaînent et le temps s'arrête. James Blake nous permet littéralement de décoller en interprétant deux morceaux aux wobbles qui dépoussièrent les subs du Grand Mix. Viennent finalement les tellement attendus "Limit to Your Love" et en guise de point final, "The Wilhelm Scream".

Notre coup de cœur du mois, voire de l'année nous fait le plaisir de revenir sur scène mais seul cette fois-ci afin de nous présenter une nouvelle composition et une reprise de Joni Mitchell.

Tout simplement impressionnant, émouvant et exceptionnel, ce jeune homme doit être suivi de très près. Un songwriter aussi talentueux sachant incruster ses compos dans une sorte de post-dubstep proche de la perfection.

A voir en live de toute urgence!!!

(Organisation Grand Mix)

 

Deerhunter

L’important, c’est la musique…

Écrit par

L’Orangerie était comble pour accueillir l’unique date de Deerhunter, en Belgique. Un sold out décrété depuis plusieurs semaines. Faut dire que la formation américaine a publié un des albums de l’année, en 2010, « Halycon Digest ». L’occasion était donc belle de découvrir en ‘live’, l’univers sonore incroyablement riche de Bradford Cox et consorts.

Sur les planches, Bradford, personnage longiligne, est épaulé par le drummer Moses Archuleta, le bassiste Josh Fauver et le guitariste Locket Pundt. Le set s’ouvre par une nouvelle compo intitulée « 60 Cycle Hum », un morceau qui rassure quant à la valeur du prochain album. Les Géorgiens (NDR : ils sont issus d’Atlanta !) enchaînent par le single irrésistible « Desire Lines », seul titre chanté par Locket Pundt, caractérisé par son long crescendo final. Magique ! Le tracklisting épingle la plupart des plages du dernier elpee : les superbes « Don’t Cry » et « Sailing », l’onirique « Basement Scene » (en hommage à John Cage), l’efficace « Helycopter » ainsi que « He Would Have Laughed » (dédié à Jay Reatard) ; mais ne néglige pas pour autant les perles du passé, à l’instar de « Hazel St. » ou encore « Never Stops ». Cox est très à l’aise tant au chant qu’aux six cordes. Le son est impeccable. La cohésion entre les musicos irréprochable. Qu’elles soient shoegaze ou lo-fi les mélodies sont superbes. Dommage, ces longs interludes atmosphériques, car lorsque la musique navigue toutes guitares dehors, le groupe devient vraiment impressionnant.

Conquis, le public est alors comblé par le rappel au cours duquel la formation exécute « Nothing Ever Happened », un morceau magistral, tourmenté, intense, de plus de 10 minutes. A cet instant, on est proche du délire. Hallucinant ! Mais ce qui m’a surtout interpellé, c’est cette absence de contact entre les musicos et le public. En fait, chez Deerhunter, la musique est essentielle et se suffit à elle-même. Et le reste n’a pas grande importance…

(Organisation Botanique)

 

The Dø

Quand le papillon quitte la chrysalide

Écrit par

Certainement l’un des groupes les plus créatifs de la nouvelle scène indie rock française, The Dø nous a démontré ce soir toute l’ampleur de son atypie artistique. Souvent taxé d’autisme artistique, d’élitisme musical dont la production serait réservée exclusivement aux apprentis hipster, le duo franco-finlandais, transformé en sextet pour les besoins de la scène, s’expose et explose les planches de l’Orangerie de son talent.

Car les six musiciens ne se contentent pas d’interpréter « Both Ways Open Jaws », ils le réinventent (voir chronique de l’album : http://www.musiczine.net/fr/chroniques/the-d-/both-ways-open-jaws/ ). L’album studio, très formaté, est totalement repensé pour la scène et diffuse en ce lieu une dimension moins sombre, plus exaltée. Une adaptation mélodique qui a pour effet d’exciter le public; les corps tremblent, le sol tremble et les voix rugissent.

Au sein de l’écurie franco-finlandaise : ‘On n’aime pas le luxe, on aime se mettre en danger’. Et ça s’entend !  La production et les arrangements studio –presque trop parfaits– de Dan Levy s’écorchent. L’électro fait place aux instruments et le son devient plus organique.  Une formule à six qui gagne en efficacité et en expressivité. Moins effacés que par le passé, les deux leaders du groupe arpentent la scène, décomplexés.    

L’orchestration et la mise en scène sont minutieuses. Elles modèlent le temps, les contretemps. Les cassures, les brisures mélodiques. Les souffles chauds, les froids, le calme et le vacarme. Sur le tribal « Slippery Slope », l’électronique laisse place à une intro sax rapidement balayée de tourbillons rythmiques et percussifs qui abasourdissent l’auditeur. Un single puissant et hypnotique redessiné ingénieusement. Puis, le calme d’« On My Shoulders » éteint le feu d’un pop classique. Six pompiers pyromanes, alternant les ruptures mélodiques, mélangeant constamment l’accessible au pointu, le calme et l’orage. Une alchimie de textures sonores qui fonctionne tant sur album que sur scène. Seuls les ingrédients changent.  

Soulignons également le travail du drummer Pierre Belleville qui use de tout métal pour forger le son live de The Dø. L’objet du crime? Une batterie surplombée d’un mur de cymbales, de plateaux d’argent, de cloches en cuivre et de divers ustensiles de cuisine qu’il martèle inlassablement pendant plus d’une heure.

La beauté diaphane d’Olivia Merilahti illumine la fin du concert d’un majestueux « Dust It Off » (voir chronique de l’Ep : http://www.musiczine.net/fr/chroniques/the-d-/dust-it-off-ep/)  Morceau où le temps se fige. Statique, lunaire, la voix acrobate de la jeune Finnoise nous plonge irrémédiablement dans un univers onirique limpide. Une version épurée qui finit pourtant sous un orage de nappes électroniques. Dernière claque avant la fin d’une prestation résolument excellente.

 (Organisation Botanique)

Paramount Styles

Les cicatrices du passé

Écrit par

Alors que le Botanique se coupait en trois, ce soir, pour accueillir Danakil, The Chapman Family et Paramount Style, je ne peux que me féliciter de mon choix. Car si l'espace d'un instant, j'ai hésité entre le Post-Punk énergique des Anglais bruyants de Stockton-on-Tees et le Folk sombre et torturé de Scott McLoud, je n'ai eu qu'à me remémorer cette soirée pleine d'émotions partagée un soir de novembre 2009, à L'Escalier de Liège, pour prendre ma décision.

J'ignore encore à l'heure actuelle si les quarante-cinq minutes de concert accordés dans le Witloof bar valaient tout le bien qu'on annonce de leur prestations scéniques, mais je peux vous assurer que pour ma part, ce début de nuit sous les étoiles de la Rotonde m'a pleinement comblé.

Peu de monde à l'heure où la lourde tenture derrière la scène invite les spectateurs à découvrir les quatre musiciens de Paramount Style. Affable, l'ex-leader des Girls VS Boys salue le public clairsemé.

Une chose ne trompe pas quand on se retrouve face à l'homme. Scott McLoud a vécu, souffert, et sa musique est l'exact reflet de la somme de toutes ses souffrances. Peu de musiciens peuvent se targuer de transcrire avec autant de pudeur un tel lot d’émotions. Et ce sans sombrer dans l'excès de pathos.

Entouré de ses compagnons d'infortune, dont notre compatriote Simon Lenski (DAAU) au violoncelle, il transcende totalement chacun des titres et leur donne une ampleur différente de celle du disque (dont la forme électro est plus présente sur le tout récent « Heaven's alright »).

Et soudain, le parallèle me semble évident.

A plus d'un titre, le leader de Paramount Style est à rapprocher d'un autre écorché vif, Robin Proper Sheppard, qui au travers de son collectif Sophia, brasse lui aussi le même type de désespoir.

Rescapés l'un et l'autre d'un passé mythique au sein de groupes essentiels qui ont marqué les années 90, tous d'eux trouvent refuge au sein de leur musique en abordant ces thèmes à la fois si personnels et si communs à tous que sont l'amour, la mort, la survie et la peur du vide. Les deux artistes ont troqué le son lourd des débuts pour formuler leurs craintes au son d'une guitare acoustique, et ce même si cette formule n'empêche jamais de subtiles envolées bruitistes du plus bel effet. Et surtout, et c'est bien là l'essentiel, ces deux malmenés par la vie expriment avec justesse leur propos en drainant dans le flot de leur compositions tout le fiel et l'amertume d'être un homme de leur race. La race des Romantiques exacerbés.

Mais revenons à la prestation de ce soir.

Les titres très accrocheurs du premier et très recommandé premier album « American failure », tels « All eyes are on you now my pet » ou l'instrumental « One more surprise » trouvent écho dans les nouveaux morceaux. « I keep losing you » étend ses racines Blues dans le sang et la poussière, alors qu’« Amsterdam » se répand comme une traînée de poudre blanche. « Girls of Prague » et « Losing you » s'assument pleinement comme des chansons parfaites. Et « Come to NY », caractérisé par son cynisme à peine teinté, résume à lui seul l'incertitude des étoiles qui naviguent loin du firmament.

Mais c'est dans le final que toute la magie finit d'opérer.

Pour un rappel d'une magnifique simplicité, Scott McLoud nous offre « The Greatest » dont les mots résonnent comme un singulier aveu d'humilité : ‘We were great, maybe not the greatest, we made mistakes, like the greatest... maybe we left too soon, maybe we left too late...’ Alors, que cette confession d'une tragique banalité résonne au panthéon des groupes phares n'ayant pas connu le succès mérité, la voix éraillée (proche d'un Tom Waits des jeunes années) s'éteint dans les derniers accords d'un concert majeur.

Déjà, les lumières absorbent les soupirs et les larmes.

Il est de ces nuits magiques qui marquent au fer rouge...

(Organisation Botanique)