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Hooverphonic
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Fink

Un concert soporiFink!

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Fink avait posé sa guitare sur la scène de l’Aéronef de Lille ce 24 octobre. Fin Greenall, de son vrai nom, présentait son album « Perfect Darkness », sorti au mois de juin dernier. Il était passé sous la loupe attentive de votre serviteur. Je lui avais fait la part belle en vous écrivant une critique avantageuse. Il fallait donc concrétiser cette première attache envers le Britannique par un concert.

Il est 20h30. Rachel Sermanni monte sur les planches de la salle lilloise. Sa guitare et sa douce voix séduisante embarquent le public vers les contrées écossaises, lieux de sa naissance. La petite artiste fait virevolter les notes comme des oiseaux voletant aux abords d’une forêt. Nous planons même au-dessus d’une verdure chatoyante, au sein de laquelle coule une rivière aux sons délicats et mélodieux. Rachel Sermanni est, elle aussi, un plaisir pour les yeux comme pour les oreilles. Du haut de sa petite taille, elle a ravi toute une salle, agrémentant les pauses entre ses chansons de quelques mots en français. Entourée comme il se doit, cette jolie demoiselle pourrait bien se révéler. Une belle découverte en somme. Le soleil qui précède la pluie voire même un gros orage.

Ah oui, c’est vrai… C’est du groupe soporiFink dont je venais vous décrire le triste concert. Effectivement, au bout de trois morceaux, je somnolais presque sur mon siège. Alors que peut-on retenir de cette soirée à l’Aéronef ? Pas grand-chose à vrai dire. Il est difficile de poser des mots sur l’ennui. Un live mou, sans vie, marquant très peu de différences par rapport au dernier opus. Assis sur son tabouret, le chanteur laisse jaillir ses chansons de sa bouche sans qu’aucune autre parole ne passe la frontière de ses lèvres. Pas la moindre communication entre deux titres avec les fans présents. Seulement un déballage continu et morne sans le moindre petit interlude. De quoi avoir envie de filer avant la fin. Et certains ne s’en sont d’ailleurs pas privés. En gros, Fink m’a juste offert une fantastique déception. Peut-être ma sévérité est-elle aussi liée à la forte impression que The Do m’a laissée il y a 10 jours. Car il est vrai qu’entre les deux, il existe plusieurs mondes de différences. Mais là, je suis bien redescendu sur terre. Cependant, certains artistes s’en sortent très bien en exprimant simplement leur talent en studio. Mais il faudrait malgré tout une fameuse dose de folie en plus pour pouvoir présenter ce spectacle sur des scènes de plus grande envergure. Plus d’envie aussi, sans doute. Parce qu’on est en droit de se demander quel plaisir Fin Greenall et ses musiciens prennent en ‘live’ lorsqu’on les voit peiner comme en ce lundi soir. La musique doit avant tout être motivée par le partage, rythmée par la passion, bercée d’une harmonie entre spectateurs et artistes. Autant de critères qui étaient aux abonnés absents et n’ont pas habité Fink, au cours de ce concert.

(Organisation : Aéronef)

SebastiAn

Presidential Suite

Écrit par

‘Il est quand même bizarre ce type !’ me glisse à l’oreille une amie venue également se trémousser sur les beats putassiers de SebastiAn, qui se produisait pour la première fois en Live. Et je lui ai répondu : ‘Non, pas bizarre. Juste Français’. Parce que du drapeau français on en a bouffé durant la petite heure qu’a duré le set du Parisien. Et côté ambiance, « Total », son premier LP, n’a fait trembler l’Orangerie que par intermittence.

Bilan mitigé pour le premier passage ‘live’ de l’enfant terrible d’Ed Banger. Après un hommage sympathique à DJ Mehdi qui nous a quittés il y a quelques semaines, dans des circonstances ridiculement tristes et évitables, SebastiAn, de son vrai nom Sebastian Akchoté, se place derrière ses manettes. Devant lui, une console surélevée et recouverte d’une toile sombre. Pour qu’on ne puisse pas observer ses doigts alterner du bouton ‘play’ à ‘plage suivante’ ? Parce que le set de SebastiAn consiste en un enchaînement pas bien original des extraits de son album, entrecoupés par deux ou trois plus vieux morceaux.

Derrière lui, un écran illustre les beats grossiers du bonhomme d’images souvent subversives. Des « Primary Tour », « Votez SebastiAn », « SebastiAn Président », sur fond de drapeau bleu-blanc-rouge, ponctuent le show visuel à intervalles très, voire trop, réguliers. Le DJ ne s’exprime pas, il laisse l’écran le faire à sa place. L’air pincé, il se contente de lever le doigt pour intimer à l’assistance d’hurler à sa gloire. A mi-parcours, deux drapeaux sont lâchés du plafond pour atterrir de part et autre de la scène. Deux bannières sur lesquels sont imprimés un énorme V (pour victoire, évidemment) frappé des contours de l’hexagone, lui-même recouvert du S de SebastiAn. Tiens, un drapeau belge apparaît à l’écran… Histoire que le jeune homme se souvienne de l’endroit où il se trouve ?

Et, délires mégalos mis à part, qu’en est-il de la musique, me demanderez-vous ? Et bien, pas grand-chose à signaler. Monsieur le Président a beaucoup plus soigné sa mise en scène que son set. Un mardi à 21h, il faut, déjà au départ, que l’artiste soit surmotivé s’il veut faire danser les foules. Mais tapi derrière sa console-mystère, SebastiAn ne communique pas grand-chose à ses fans, loin d’être venus en masse. L’Orangerie n’est en effet remplie qu’aux deux-tiers de sa capacité, voire moins.

Après un départ teinté par des grincements, que l’ingé son va rapidement corriger, le DJ ne trouve son rythme de croisière qu’une bonne vingtaine de minutes plus tard. Du côté du public, on gigote ici et là, mais toujours en retenue, malgré les vibrations tonitruantes provoquées par les basses. C’est qu’on ne danse pas de la même manière un mardi à 21h, comparé à un samedi à 2h du mat’ ! Et là réside tout le problème. Le spectacle politico-mégalo de SebastiAn serait passé comme une lettre à la poste en weekend, aux petites heures de la nuit. Ce soir, il n’y a donc pas eu de réel climax, hormis les tubes « Ross Ross Ross », « Embody » ou « Arabest » qui sont parvenus à secouer légèrement l’assistance. Et on passera sur la boucherie que l’artiste a opéré sur son « C.T.F.O. », ‘dé-M.I.A.sé’ au possible et ‘dubstepisé’ pour la plus grande joie des 14 à 18 ans. C’est décidé, la prochaine fois que j’irais voir SebastiAn, j’me bourre la gueule.

Organisation : Botanique

  

Yuck

Nouvel ordre

Écrit par

L’évènement majeur de ce lundi soir d’octobre, qui s’est produit entre les murs de l’Ancienne Belgique, était sans nul doute le concert de New Order. Pourtant, c’est dans le Club que j’avais choisi de me rendre. Certainement quelques uns des spectateurs présents devaient ressentir un pincement au cœur, partagés entre deux affiches aussi alléchantes. Mais peu importe, car le concert des jeunes pousses de Yuck allait ranimer la flamme d’une Indie Pop fière et goguenarde tout en ravivant le souvenir des heures de gloire du genre.

Les premiers accords de Deadsets retentissent alors que je gravis les escaliers. Pénétrant dans la salle, je suis d’emblée frappé par l’impact visuel du combo.  

En rang serré, les trois guitaristes, le bassiste et la claviériste se tiennent fièrement au devant de la scène, tandis que le batteur, seul élément retranché, tient la cadence depuis l’arrière de celle-ci.

Si musicalement leurs compositions n’ont rien de renversant, force est de constater un certain savoir faire et une indéniable générosité qui rend l’ensemble fort sympathique.

Vraisemblablement au goût du public, le groupe s’efface après une quarantaine de minutes sous les applaudissements et les hochements de têtes approbateurs.

Sur la scène, on dresse une toile où le nom de Yuck apparaît en lettres noires grossièrement peintes sur fond blanc. Arty mais pas prétentieux, le groupe londonien se lance alors dans un concert où pêle-mêle, ressurgissent des relents de Dinosaur Jr, agrémentés de vagues Shoegazer rappelant Ride, et saupoudrés de mélodies faussement évidentes mais absolument accrocheuses comme savaient nous les servir les Teenage Fanclub ou encore les Lemonheads.

Définitivement influencés par les nineties, Yuck remet au goût du jour le meilleur d’une scène que bon nombre de personnes présentes ce soir n’ont connu que par procuration.

Tantôt énergiques, tantôt caressantes, tantôt sucrées, tantôt acides, les chansons de l’album éponyme se succèdent entre larsens et échappées mélancoliques.

« Georgia », « Suicide Policeman » et « Get Away » rappellent l’évidence d’un excellent album, agrémenté pour sa ressortie de quelques bonus, dont un « Save Me » un peu mou aujourd’hui.

Qu’importe, puisque après s’être éclipsé pour la beauté du geste, l’espace d’une poignée de minutes, les quatre jeunes gens nous offrent deux autres morceaux, dont en final l’épique et langoureux « Rubber », incontournable dernier titre de leur elpee.

Après coup, je regarde le chanteur se prêter volontiers au jeu des autographes et je ne peux m’empêcher de penser qu’à l’aube des années nonante, aux premiers faits d’armes des Pixies, et consorts, les petits Yuck devaient encore être des enfants.

Quelqu’un pour me dire ce qui est advenu des années 2 000 ?

Organisation : AB

 

The Kooks

Des déglinguées pour les loufoques !

Écrit par

Forest National est, il faut le reconnaître, la deuxième salle de Belgique, en matière de capacité d’auditoire ; mais plus que probablement, une des dernières, si pas la pire, au niveau acoustique…

Mais bon, pas vraiment le choix si je veux aller écouter et voir Les Dingues (Kooks en français se traduit par loufoques ou dingues). Deux albums d’excellente qualité précèdent un troisième opus, un peu moins convaincant. Qu’à cela ne tienne, leur musique me donne des frissons et des fourmis dans les jambes. Alors, allons-y !

Big surprise en arrivant, c’est pas la grande foule attendue. Pas d’inquiétude, nous n’en sommes qu’à première partie, assurée par Morning Parade, responsable d’un hit sulfureux et surtout très actuel, intitulé « Under The Stars », un tube qui cartonne, pour l’instant, sur les ondes de notre Pure Fm nationale. Bon, ben ça commence bien, le micro ne fonctionne pas ! Et le malheureux de s’époumoner en pure perte… Un technicien passe heureusement par là et arrange le coup. Ouf !

Les 5 musicos, noirs de la tête aux pieds, s’en donnent à cœur joie et chauffent le public, en dispensant un petit répertoire chouette et entraînant. On a déjà vu plus moche comme mise en bouche…

Allez donc jeter une oreille vers ce lien http://www.youtube.com/watch?v=vyv45K0AivE pour être convaincus des qualités de ce band.

Une petite demi-heure s’écoule et les lumières se remettent à éclairer une foule assez clairsemée. A peine une demi-salle, et encore, je pense être généreux. Trente minutes sont nécessaires pour préparer le plat consistant.

Il est passé 21 heures quand les Kooks montent sur l’estrade. C’est à partir de ce moment-là que je me suis senti vraiment vieux ! Un véritable essaim de gonzesses âgées à peine de 15 voire de 16 ans, commencent à hurler, prennent des photos par milliers et font de petits coucous au chanteur. Un comportement qui va perdurer tout le set. Digne de la période des Beatles à la grande époque… Bref, une hystérie collective et typiquement féminine qui gâche irrémédiablement le plaisir que peut procurer un bon concert.

Sur un fond ligné qui varie de couleur selon l’éclairage diffusé, Luke Pritchard, sexy à souhait, selon les ‘demoiselles’ en transe à chaque interruption, a beaucoup de mal à communiquer avec son public. Dur, dur, il est vrai, de dire quelque chose à une bande de groupies à moitié folles (c’est un euphémisme). Pour tout échange, on a juste droit au titre de la chanson qui suit, point à la ligne !

Fort heureusement, le répertoire des Kooks est d’excellente qualité. Alternant titres extraits du dernier album « Jungle Of The Haert » et plus grands succès issus de « Naïve » et d’« Inside In Inside Out », les 5 membres (tiens, habituellement, ils ne sont que 4) consentent une débauche d’énergie qui fait chaud au cœur et va même jusqu’à causer quelques dégâts sur les planches (pauvre micro !) La qualité d’interprétation (je n’ai pas dit le son !) est vraiment excellente, et les voix sont sublimes. Le lead vocal fort heureusement, mais les chœurs également, ce qui rehausse encore le niveau. Durant une grosse heure, les hits s’enchaînent pour notre plus grand plaisir, chacun chantant et dansant au rythme de ce qui se fait quasi de mieux en pop/rock actuel. Pour interpréter « Seaside », le leader du combo se met en évidence sur une petite marche, seul flanqué de sa guitare. A cet instant tous les éclairages sont braqués sur lui et évidemment les filles qui hurlent à la mort ! Il est tellement sexyyyyyyyyyyyy ! Le ton monte encore d’un cran lorsque le quatuor dispense, tout en acoustique, un avant-dernier morceau, Luke se réservant le dernier, seul au piano, comme un grand.

Puis sans prévenir, le band se casse. Pour se faire désirer pendant plus de dix minutes… A ce moment-là, mes oreilles rendent l’âme (merci les filles). Je n’imaginais pas que ce genre de comportement existait encore !

Heureusement, car je n’aurais pas pu supporter une minute de plus, les Kooks réapparaissent sur scène pour nous accorder un final à couper le souffle. Cerise sur le gâteau, le combo nous réserve « Do You Wanna », un morceau qui –et je pèse mes mots– fait ‘jouir’ une dizaine de déglinguées. Elles se pâment et se lâchent sur ce titre où, il est vrai, Luke leur demande si elles veulent faire l’amour avec lui… Ben oui, quand on cherche, on trouve, mon vieux !!!

Au final, je dois avouer ne jamais avoir vécu un pareil concert, une expérience semblable, et une fameuse, il faut le préciser…

Je comprends mieux pourquoi Balavoine voulait devenir chanteur…

(Organisation Live Nation)

IAMX

Comme un diesel…

Écrit par

La route qui nous mène à la toute nouvelle salle montoise de l’On-air studio ce samedi est parsemée d’embûches. Outre les travaux entrepris à la rue de Nimy (celle qui aurait dû nous mener à destination), nous sommes retardés par un accident de la circulation, croisé sur notre itinéraire. Arrivé enfin dans la cité du Doudou, nous parquons notre véhicule avant d’en sortir pour emprunter des  trottoirs qui n’en sont plus vraiment. On entend des cris barbares qui résonnent depuis l’autre côté de la ville ; c’est que l’Albert joue au foot à domicile ce samedi.

Mais au bout de ce chemin de croix, la récompense est là. Tout d’abord celle de redécouvrir un lieu de sortie montois, l’Alhambra, rafraîchi et débarrassé de sa réputation d’endroit louche. Malgré le sold-out, la salle surplombée de deux balcons (et un bar à l’étage) n’est pas bondée, mais s’avère particulièrement conviviale…  

Répondant au patronyme de Noblesse (NDR : oblige !), le supporting act bénéficie d’un accueil chaleureux. La formation revisite les 80’s en se servant de sonorités électro basiques et ‘vintage’. Quoique secouant sa dark-wave de percussions africaines, le résultat n’est guère percutant. Le duo me fait même parfois penser à Neon Judgement (NDR : des vieux de la vieille !) Sauf que la chanteuse, Valérie Renay, est également une actrice. Une situation démontrée par son jeu de scène et ses nombreux changements de fringues, aussi excentriques les unes que les autres.

Et bien que le matériel d’IAMX soit déjà prêt en arrière-plan du podium, le groupe attend 22 heures avant de faire son apparition, de manière faire monter l’ambiance d’un cran. Chris Corner et sa bande débarquent sur une déferlante de beats. La troupe multiplie ses efforts pour chauffer le public ; mais les titres du dernier album (« Volatile times ») sont tellement plats, que ma réaction première est plutôt glaciale. Le son est approximatif. Le jeu de lumières assez sombre. Marie devra d’ailleurs trimer pour immortaliser quelques clichés. Il faut attendre des titres plus excitants comme « Nightlife » ou « Kiss of swallow » (NDR : et un retour sur le premier album) pour que le set reprenne du poil de la bête. Notamment lors des excellents arrangements réservés sur « My secret friend ». Ou quand trois des quatre musiciens décident de s’acharner sur des percus en tout genre. Après une bonne heure de concert, la température est quand même montée de plusieurs crans.

Avant le rappel, on s’éclipse pour se rafraîchir au bar. Juste le temps de redescendre pour assister à un final époustouflant. Quatre titres dont le dantesque « Spit it out » qui met le feu à la foule. L’atmosphère est alors à son paroxysme. Bref, tout le monde attend un second rappel. De longues minutes d’attente laissent espérer un nouvel encore. Mais le groupe ne reviendra plus. Les lumières se rallument. Qu’importe, les spectateurs affichent des mines réjouies. Il faut dire qu’en dépensant 20€, dans une salle aussi intimiste, pour un set d’1h30, les spectateurs n’ont pas été lésés.  

Mons n’a pas encore été désignée capitale culturelle européenne pour 2015. Mais une telle soirée qui se prolonge encore dans les bars rock’n’roll des environs, nous permettent d’imaginer que sa candidature est en bonne voie.

Setlist :
 

1.         Into Asylum 
2.         Music People 
3.         Nightlife 
4.         Ghosts of Utopia 
5.         My Secret Friend 
6.         Fire & Whispers 
7.         Tear Garden 
8.         Oh, Beautiful Town 
9.         Volatile Times 
10.       Think of England 
11.       Nature of Inviting 
12.       Cold Red Light 
13.       Kiss & Swallow  

-           Rappel –

14.       Bernadette 
15.       The Alternative 
16.       Bring Me Back a Dog 

17.       Spit It Out 

(Voir aussi notre section photos)

The Subways

L’énergie et la puissance à leur paroxysme…

Écrit par

Ce samedi soir, le Botanique avait décidé d’épingler trois groupes pop aux accents punk-rock. En guise d’apéritif, plutôt léger, deux groupes français, The Dancer et The Dukes, ouvraient le bal, bénéficiant de l’insigne privilège de ‘chauffer’ la salle aux  inépuisables Britanniques de  The Subways’. Formation hors-norme qui, dès son premier  album paru en 2005 (« Young For Eternity »), avait fait l’unanimité de la presse anglaise. Elle ne tarissait d’ailleurs pas d’éloges à son égard, qualifiant très tôt les trois jeunes banlieusards londoniens de ‘the next big thing’. Talent que les jeunes gens ne tarderont pas à confirmer sur scène grâce à leur troisième et dernier opus, né sous le signe évocateur de « Money & Celebrity ».

Deux supports acts ouvrent donc pour le combo insulaire. Deux premières parties que nous réduirons laconiquement à cette citation célèbre de John Lennon : ‘Le rock français, c’est comme le vin anglais’. Deux jeunes formations qui auront pourtant eu l’audace de se mesurer à la légendaire puissance sonore des Subways et, par là même, de leur permettre d’exposer jusqu’à l’éclatement, de déchaîner  leur force dévastatrice.

Comment ne pas évoquer les mots ‘énergie’ et ‘puissance’ lorsque l’on parle de The Subways ? Quels termes employer lorsque l’on baigne dans un tel ‘chant’ magnétique, une telle intensité? Tâche ardue s’il en est. Que l’on aime ou pas, ils vous prennent à la gorge et leur cruelle étreinte ne faiblit pas du début à la fin du spectacle. Quand on songe que ces trois jeunes musiciens sont capables d’incendier tout un stade, on imagine sans mal les sensations éprouvées au sein de l’Orangerie. Peu importe la salle, ces trois-là déploient la même vigueur à chaque concert comme si, à chaque soupir, dans l’unique présent qui efface le reste, ils livraient leur première et cependant ultime représentation. 

C’est sur une musique annonçant la fin du monde que Billy Lunn, Charlotte Cooper et Josh Morgan débarquent en trombe, telles des stars internationales de catch, avant de nous lancer leurs premiers missiles. Ce dynamisme, cet enthousiasme nous offrent spontanément leur plaisir de jouer. Il suffit de regarder la bassiste, comme envoûtée, parcourir la scène en sautant sans relâche pour s’en faire une idée. Un plaisir communicatif auquel ne peut guère résister le   public et qui l’immerge d’emblée dans la haute énergie brute de « Oh Yeah ». Une setlist  d’ailleurs composée d’innombrables morceaux issus de l’indétrônable « Young For Eternity ». Album culte sur lequel le public demeure plus réactif  et réveille les surfeurs de foule. Lorsqu’on prend acte de l’accueil enthousiaste que le public réserve aux nouveaux titres (« We Don’t Need Money To Have A Good Time », « Popdeath »…) extraits du récent troisième elpee, on mesure l’ampleur de la victoire du trio londonien. Entre passé et futur, le double défi relevé ce soir est un franc succès.

Ensuite, les titres s’enchaînent sans temps mort ; même les courts intermèdes sont parfaitement contrôlés par Lunn qui aime la scène et son public (NDR : un public qui succombera à l’invitation du chanteur à se lancer dans un ‘circle pogo’ en forme de farandole agitée). Quelques mots échangés encore et la force de la voix, les riffs de guitare brûlants et la basse acide reprennent de plus belle. Finalement, les cent décibels affichés au compteur  agitent avec ferveur les vitres extérieures de la serre pour trois derniers rappels. Pourtant, on aurait presque l’impression que le leader du groupe ne veut pas quitter la scène tant cette envie insatiable de jouer est palpable. Seul existe alors un intense présent, comme un instantané de la présence même. La foule saute, exulte avant que Lunn n’enlève son micro et se lance dans un ultime stage diving.

The Subways ne changera probablement pas le visage de la musique mais il offre, à chaque concert, un pur moment de plaisir et d’énergie contagieuse. L’énergie exorbitante distillée par le trio, en une seule nuit, excède tout ce dont certains groupes sont capables de dispenser, dans une carrière entière.

(Organisation Botanique)

 

Too Much & The White Nots

Un feu d'artifice visuel et musical.

Écrit par

L'atelier 210 accueillait, ce jeudi 13 octobre 2011, les Too Much & The White Nots, à l'occasion de la sortie de leur premier album, "Hootenanny". Quatre ans après leurs débuts (sur les planches de l'atelier 210!), le public qui afflue pour les (ré)entendre jouer prouve, s'il le faut, que le combo bruxellois s'est taillé une belle réputation.

La convivialité est de rigueur dans cette petite salle. Le public est plutôt jeune, mais on croise aussi une vieille dame accompagnée d'enfants.

La première partie du concert est assurée par Sinus Georges. Seul à la guitare et au chant, ce gai et sympathique luron est accueilli avec bienveillance, malgré une influence très marquée de  pop-chanson française-un peu reggae et une voix dans la lignée d'Anis, de Patrice, d’Ayo voire de Tété... Les textes ne sont pas d'une grande profondeur, (l'une des chansons s'intitule "Viens par ici que j't'attrape") mais c'est vers la fin du set que Sinus Georges se rattrape un peu, en interprétant des compositions apparemment plus récentes, et un peu moins stéréotypées.

Après une petite pause, les sept membres des Too Much s'installent dans le joyeux bazar disposé sur la scène. Beaucoup d'instruments (violoncelle, contrebasse, calebasse, guitare, flûte, harmonica, harmoniums, carillon, tube, guimbarde, didgeridoo, charango...) et des micros pour tout le monde, une lampe épileptique, un téléphone scotché au pied de micro. L'espace prend des allures de cirque, les musiciens arborant chignons, vestons de cow-boy, robes dorées ou tissus années trente. Les genres s'y côtoient pour un feu d'artifice visuel et musical.

Venus d'horizons musicaux différents, les membres de Too Much & The White Nots se sont rejoints pour cette belle expérience, éclectique malgré une classification folk. Le concert s'ouvre par un premier morceau dynamique et décalé, qui entraîne de suite les plus timides bassins. Vient ensuite un titre plus lent qui met le violoncelle à l'honneur, ainsi que les voix dont les types se répondent.

Darshen Golan (guitariste et chanteur) est au centre, et si c'est lui qui initie la plupart des morceaux, l'improvisation de tous a certainement permis d'enrichir les compositions. La spontanéité et l'amusement sont palpables, et chacun se met à danser, enfants émerveillés par le dompteur d'ours et la fildefériste.

Quelques reprises sont jouées, dont « My Moon My Man » de Feist, dans un admirable arrangement qui le rend franchement méconnaissable. Entonné par un duo d'harmoniums, il monte en puissance quand la violoncelliste, le contrebassiste et Choekita, la chanteuse à la voix grave s'en mêlent. Très rythmé, il semble partir en tango, puis s'accélère, s'étoffe, se répète et prend une direction plus électronique.

Sur « Folk is not dead », tous les membres scandent, non sans ironie, la phrase empruntée au slogan ‘punk is not dead’. La lampe de salon se met à clignoter comme lors un orage, le rythme et les bouches s'exagèrent, jeu auquel l'auditoire prend part.

Le groupe n'hésite pas à nous emmener dans des contrastes marqués, et quand la violoncelliste et le contrebassiste interrompent leur duo pour laisser exploser les percussions, les fauves sont lâchés et le plaisir embrase la salle entière.

Quelques ballades balancent cette furie, dont une reprise de Daniel Johnston, plus sage et introspective. On pense furtivement à Moriarty, et ses odeurs de Far West, mais l'on aurait tort de vouloir comparer les Too Much, et surtout, ce serait très long, vu la souplesse du répertoire.

Généreux, les Too Much n'hésitent pas à en faire un peu trop, avec classe et autodérision.

Trois morceaux de rappel continuent résonner dans l'atelier 210. Les musiciens attrapent des percussions et deviennent batucada, puis terminent par « Elise », chanté en acoustique et en rang d'oignon, les sept complices tapant des mains, sautant et jouant de la sonnette de vélo et du réveille-matin.

Too Much & The White Nots se produira en concert le 25 novembre au Rideau Rouge à Lasne, et probablement d'ici peu sur d'autres scènes bruxelloises.

(Organisation Atelier 210)

 

The Dø

L’univers décalé de Tim Burton en musique…

Écrit par

Ce mercredi, The Dø avait décidé de planter ses quartiers à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Après avoir bouclé une saison de festivals qui a mis leur nom dans la bouche des amateurs de musique, le duo franco-finlandais poursuit sur cette voie royale.

C’est de notoriété publique: l’inconnu attire. Sur base de cet adage et de leur réputation grandissante, je suis parti à la découverte totale de The Dø. L’intime salle de l’Ancienne Belgique n’était pas tout à fait pleine, bien que le public bruxellois n’ait pas failli à sa réputation. Mais les présents en ont eu plein les yeux et les oreilles.

Devant eux, Olivia Merilahti, une princesse finlandaise, venue à la rencontre de fidèles pour peupler son monde. The Dø a construit un univers sur lequel elle règne d’une manière époustouflante. Sa voix est envoûtante et sa prestance scénique impressionnante. Bref, elle ne manque de rien. Elle est sublime ! En quelques chansons seulement, elle devient la souveraine de nos cœurs. Si nous sommes éblouis par ce qui émane du groupe, pas une seule tête ne se détourne des lèvres de la chanteuse scandinave. Au point que lors d’un silence noir abandonné au beau milieu d’un titre, tout parait se figer. La salle devient silencieuse, comme si chacun cessait de respirer. Quand la chanson reprend ses droits, l’air nous parvient de nouveau, l’ambiance renait en un éclat de voix. Ce royaume, dans lequel nous sommes aspirés, recèle une magie inexplicable, invisible, immatérielle. Et qu’est-ce qu’elle fait du bien! C’est aussi le seul empire au sein duquel les gouvernants partagent ce qu’ils ont de plus précieux.

Transportés, nous quittons la réalité des murs de la salle bruxelloise. On croise des situations insensées, des combinaisons improbables sur cette route hors du commun, et pourtant, jamais l’envie de faire demi-tour ne nous envahit. Ce qui peut paraître un peu fade sur Cd prend une autre dimension sur scène. On pourrait ainsi imaginer une traduction musicale de l’univers décalé de Tim Burton. Et si l’espace d’un instant je pense à vous, la peur de ne pas avoir les mots pour retranscrire cette fantastique soirée me tenaille.

L’impression laissée par ce spectacle, qui s’est déroulé ce 12 octobre, dans cette salle de l’Ancienne Belgique, n’a pas le pouvoir d’en sortir. C’est la tête pleine de souvenirs, de musiques, d’envies d’encore que je ressors de ce concert. Mon esprit continue de vagabonder quelque temps avant de reprendre sa place. Mais ce foisonnement d’idées est également accompagné d’une promesse : celle de retourner à la conquête de ce plaisir que The Dø m’a procuré pendant une heure et demie.

On glissera un petit mot aussi en faveur de Paper The Fox qui assurait la première partie. Leurs mélodies électro bercées par un violon avaient déjà entrouvert une porte sur une soirée chargée de promesses...

(Organisation AB)

(Voir aussi notre section photos)