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Shame

Catherine Graindorge

Aux confins de la musique contemporaine, dans le sens le plus pur du terme…

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Triple affiche, ce mercredi 30 avril, à l’Aéronef de Lille, puisque vont se succéder Catherine Graindorge, entourée d’invités, dont le chanteur d’And Also The Trees, Simon Huw Jones, puis le projet de l’ex-drummer de Cure, Lol Tolhurst, et enfin le Miki Berenyi Trio, soit le dernier groupe de l’ancienne chanteuse de Lush et de Piroshka.

Réunissant des quinquas, des sexas, mais également des spectateurs de moins de 20 ans, le club est bien garni.

Violoniste et chanteuse, Catherine Graindorge poursuit donc son périple, entamé en 2023, dans le cadre de sa création, ‘Songs From The Dead’.

Ce soir, elle est épaulée par un préposé à l’harmonium à soufflet, au piano et aux synthés, un contrebassiste/violoncelliste/bassiste, un drummer, sa fille aux chœurs (en début et en fin de set) ainsi que de Simon Huw Jones au micro.

Et l’entrée en matière est magnifiée par les superbes harmonies vocales. Catherine se crée régulièrement des boucles à l’aide de sa voix ou de son instrument, dont elle pince les cordes, alors que Simon vient tour à tour déclamer ou chanter des textes poétiques empreints de romantisme. Pourtant, en milieu de parcours, elle loupe (NDR : oui, le jeu de mots est facile…) une boucle. Ce qui déclenche l’hilarité chez les musicos.

Les compos sont raffinées, souvent cinématographiques, mais complexes. Elles varient au gré des fluctuations chatoyantes ou stridulantes de l’archet. L’expression sonore navigue même parfois aux confins de la musique contemporaine, dans le sens le plus pur du terme.

Mais l’apothéose viendra du final, au cours duquel, tramé sur des accords de piano, et avec le retour de la fille de Catherine, les trois voix vont se conjuguer en une harmonie presque céleste…

Après le concert, votre serviteur a eu l’opportunité d’échanger quelques mots avec Simon (Justin son frère était également présent dans la salle). On a ainsi appris qu’un nouvel album d’And Also The Trees était en préparation et qu’il devrait sortir début 2026. (Photos Ludovic Vandenweghe ici)

Place ensuite au projet de Lol Tolhurst. Un trio qui implique un bassiste et son fils Gray (NDR : il milite aussi chez Topographies) au chant et à la guitare.

La setlist enchaîne huit reprises dont une du Miki Berenyi Trio, à laquelle participe la chanteuse et le sixcordiste (NDR : pour être précis, il collabore à deux morceaux de la setlist), et sept de The Cure. Ce qui provoque un bel enthousiasme chez les nostalgiques, qui se lancent même, en fin de parcours, dans un pogo. 

Gray (NDR : on dirait un frère à Sean ou Julian Lennon) ne se débrouille pas trop mal à la gratte. Ses envolées atmosphériques voire filandreuses sont susceptibles de rappeler celles de Robert Smith, mais pas sa voix, trop mielleuse.

Aux drums, Lol ajoute des fioritures à la boîte à rythmes, qui surchargent inutilement la musique…

On est loin du projet expérimental Tolhurst - Budgie - Jacknife Lee qui a accouché du remarquable opus, « Los Angeles », en novembre 2023… (Photos Ludovic Vandenweghe , page 'Artistes' ici)

Setlist :

The Holy Hour (The Cure song), A Forest (The Cure song), Siamese Twins (The Cure song), A Strange Day (The Cure song) (with Miki Berenyi), Stranger (Miki Berenyi Trio cover), The Hanging Garden (The Cure song), All Cats Are Grey (The Cure song), 10:15 Saturday Night (The Cure song)

La soirée s’achève par le Miki Berenyi Trio. Qui se produit, sans batteur. Cause à effet ? On n’en sait rien, mais faut se rappeler que même s’il s’est brièvement reformé en 2015, c’est le décès du drummer, Chris Acland, en 1996, qui a provoqué la fin de Lush.

Miki se charge du chant et joue sur une guitare à 12 cordes. Le line up est complété par Oliver Cherer à la basse et le mari de Miki, KJ. McKillop, qui a sévi chez Moose, dans les nineties, à la guitare. C’est lui qui déclenche les échantillons et les pièces de la boîte à rythmes.

Shoegaze aux guitares aux sonorités chargées de reverb et aux harmonies vocales éthérées soignées, la musique repose sur une solide structure, mais trop uniforme, elle finit par lasser. Rien à faire, l’apport d’un préposé aux fûts serait salutaire et donnerait aux compos davantage de relief. Et les reprises de Lush ainsi que celle de Piroshka en sont les plus belles démonstrations. En outre, le volume sonore dépasse régulièrement le 100 db. Pas des conditions idéales pour apprécier un concert. Si bien qu’aux trois-quarts du set, on a préféré tirer notre révérence… (Photos Ludovic Vandenweghe ici et page Artistes )

Setlist :

Hurricane, For Love (Lush cover), Vertigo, A Different Girl, Undertow (Lush cover), Gango, Kinch, Manu, 8th Deadly Sin, Ubique, Leaves Me Cold (Lush cover), Scratching at the Lid, (Piroshka cover), Big I Am, Baby Talk (Lush cover), Ladykillers (Lush cover)

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

Giac Taylor

Varié et percutant…

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Une petite salle cosy vient de s’implanter dans la cité de La Louve : l’Abtract. Elle est idéalement située le long de la chaussée Paul Houtard, à Houdeng. Ce petit club peut accueillir jusqu’à 150 personnes. Essentiellement destinée aux événements ‘techno’, elle est également susceptible d’accueillir des concerts rock, punk ou garage, régionales.

Une bonne centaine de spectateurs s’y presse ce samedi 19 avril pour assister au concert de Giac Taylor. La première partie est assurée par Dave Gordon. Après le set de la tête d’affiche, un DJ local - déjà passé par Tomorrowland - prendra le relais pour une after-party.

Giac Taylor est le projet solo de Panarisi Giacomo, alias Romano Nervoso, un groupe considéré comme le fondateur du rock spaghetti. Tout commence en janvier 2021, lorsque ‘Il Signore’ Panarisi décide de profiter du confinement et de la crise sanitaire pour s'isoler dans un studio en compagnie de son acolyte, l'ingénieur du son Moorad Agjij. En un sommet de créativité, il réalise le dessein dont il a rêvé depuis longtemps : enregistrer un album solo en moins d'une semaine. Le concept était simple : se lever tôt pour écrire des chansons et les enregistrer le soir, le tout en sept jours Ce qui explique le nom du projet, ‘One Week/One Record’ (une semaine, un disque). De cette expérience sont nés quatre albums : « First Of All... Fuck You » en janvier 2021, « Jesus Loves You But I Don't » en mars 2021, « Dead Man Shoes » en juin 2021 et « The Last Sicilian Standing » en décembre 2021. Enregistré en moins de 24 heures, ce dernier est paru ce 14 février. Un elpee qu’il est venu défendre ce soir.

Place d’abord au supporting act. Dave Gordon. Un quatuor également originaire de La Louvière. Un groupe impliquant un chanteur, un guitariste, un bassiste et un drummer. Un line up classique, pour un combo de rock qui déverse une solution sonore aux sonorités distordues, puisant ses influences dans le punk et le grunge, le tout agrémenté d'un zeste de citron… (page ‘Artistes’ ici

Sur scène, le batteur/chanteur Panarisi Giacomo, l’âme de Giac Taylor, est accompagné de quelques amis musiciens expérimentés : le bassiste Diego Di Vito, le sixcordiste Mick Carro Torres et le claviériste/guitariste Angelo Gruttadauria.

Entre le premier morceau du concert, « Armchair Warrior » (également titre d'ouverture de son dernier opus), et les derniers accords féroces de l’avant-dernier titre, une version ‘extended’ de « Italian Abduction », devenue sa signature, Giac Taylor va livrer une expression sonore variée, oscillant du stoner au psychédélisme, en passant par le rock old school, le punk garage, et du spaghetti rock (une bonne ration quand même).

Et notamment le fluctuant « Path Of Love », le percutant « The Witch », « The War Of The World », sculpté dans le trash metal, « Grim Reaper », caractérisé par sa ligne de basse nerveuse et l’incendiaire « The Blame ».

Derrière ses fûts, lorsqu’il n’emprunte pas les intonations de Rob Zombie (Fuzztones), Giacomo hurle à pleins poumons. Une performance réellement aboutie, au cours de laquelle Giac Taylor nos a entraîné dans un voyage imaginaire sis quelque part entre le désert de Californie (et pourquoi pas à Joshua Tree, au studio Rancho de la Luna) et l’univers des films d’horreur des sixties...

En 60 minutes, les compositions se sont succédé à un rythme frénétique.

Une superbe prestation.

Setlist : « Armchair Warrior », « Path Of Love », The Witch », « War Of The World », « The Last Sicilian Standing », « Grem Reaper », « May Satan Blees You », « I Hate Drums », « The Blame », « The Italian Abduction », « Stronger Man ».

(Organisation The Abstract)

Deborah Bonham

Un excellent groupe de blues avec une touche de rock et un soupçon de folk…

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Deborah Bonham est considérée comme l’une des meilleures chanteuses de blues, de rock et de soul, au Royaume-Uni. Et tout particulièrement en ‘live’ où elle a notamment partagé la scène avec Rodgers, Jeff Beck, John Mayall, Donovan et Robert Plant. Pour ce dernier, ce n’est pas étonnant, puisque Deborah est la sœur du drummer de Led Zeppelin, feu John Bonham.

Son dernier elpee a été enregistré en compagnie de son guitariste, Peter Bullick, et il est tout simplement baptisé « Bonham/Bullick ». Il réunit des titres classiques et contemporain couvrant sept décennies, parmi lesquels figurent des compositions signées O.V. Wright, Johnnie Taylor, Albert King, Ann Peebles, Bernard Fowler (des Rolling Stones), Mark Lanegan (Screaming Trees) et Chris Wilson.

Peter Bullick a grandi en assistant aux concerts de Rory Gallagher à l’Ulster Hall de Belfast. Il est, depuis longtemps, le guitariste du backing group de Deborah. Il s’est également produit en compagnie de Paul Rodgers, Paul Kossoff et Jimmy Page. D’ailleurs la formation existe depuis une éternité ; ses membres sont donc soudés et possèdent un feeling naturel pour le ‘live’.

Outre Peter, le line up implique le batteur Richard Newman, installé sur une estrade à l’arrière, le bassiste ‘E’ Rowley et le claviériste Gerard ‘G’ Louis.

Pas de première partie ? Pas de problème : la salle est presque complète.

Le concert s’ouvre par « See You Again ». Deborah Bonham occupe le devant de la scène. Elle s’empare immédiatement du pied de micro et hurle les paroles comme si sa vie en dépendait. Vêtue de noir (pantalon et chemise), elle chante pieds nus sur un tapis de sol (elle a ôté ses chaussures avant d’entamer le set). Ce qui la rend plus proche du public.

Non seulement Peter est un excellent sixcordiste et une véritable bête de scène, mais il seconde parfaitement Mrs Bonham aux vocaux. Elle se sert, de temps à autre, d’une gratte semi-acoustique.

Il ne faut pas imaginer que Deborah bénéficie d’un avantage grâce à son nom de famille. Rien n’est plus faux. Deborah Bonham possède une voix taillée pour le blues et le blues/rock exceptionnelle, aussi performante que celle de n’importe quelle autre artiste de la scène contemporaine. Son énergie débordante, son bagage blues et son sens aigu de la transmission font d’elle une chanteuse dynamique.

Chaque morceau est interprété avec passion, et parfois une pointe d’humour ; ce qui démontre que la formation a apprécié la soirée autant que l’auditoire.

Du concert, on épinglera les quatre reprises, dont celle du « Bleeding Muddy Water du regretté Mark Lanegan, une version blues incomparable (et le point d’orgue du show !), le « Can’t You See What You’re Doing to Me », d’Albert King, le « Mr Big » du Free ainsi que celle du « Rock’n’roll » de Led Zeppelin.

Le tandem Bonham-Bullick mérite toute la reconnaissance qui lui est due et les autres musicos étaient au somment de leur art. Un excellent groupe de blues avec une touche de rock et un soupçon de folk…

Setlist : « See You Again », « Can’t You See What You’Re Doing To Me » (Albert King cover), « Bleeding Muddy Water » (cover Mark Lanagan), « Feel So Alive », « I Need Love », « Thunder », « What It Feels », « Painbirds », « Set The Night On Fire », « Train », « Breathe », « Priory », « No Angel ».

Rappel : « No Body Stop Me », « Mr Big » (Free cover), « Rock’N’Roll » (cover Led Zeppelin)

(Organisation : Rock Nation + Zik Zak)

High Fade

La fusion à chaud de High Fade…

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Ce soir, le Zika-Zak a programmé High Fade, un power trio écossais. Originaire d’Édimbourg, il pratique un funk cold school (très seventies, si vous préférez) qu’il mêle à du disco, de la soul et d’une pointe de rock, pour concocter une solution sonore contemporaine.

Fondé en 2018, le band ne compte qu’un seul album à son actif, « Liftes Too Fast », paru en avril 2024 (NDR : dont il va nous proposer de larges extraits, lors du show). Pourtant, il a déjà reçu une multitude d’éloges de la part de poids lourds de la musique, et en particulier de Rage Against The Machine. En outre, au cours des 4 dernières années, il a joué plus de 1 000 concerts. Et c’est son premier en Belgique !

La première partie est assurée par la formation irlandaise, Amos Moses. Originaire de Galway, elle réunit d’anciens membres de Ol’ Times, dont le guitariste Colm Brennan. Le line up implique également un chanteur, un batteur et une bassiste qui joue pieds nus.

Le quatuor jouit d’une solide réputation sur les planches, en Irlande et en Angleterre. Pas encore d’album à son actif, mais plusieurs singles, dont le dernier, « Lady In White », paru ce 26 avril, dure près de 7 minutes. Sur disque, ce blues doux et langoureux, tramé essentiellement sur un orgue Hammond, prend aux tripes. En ‘live’, cet instrument est remplacé par des sonorités de six cordes particulièrement saignantes. Le drummer frappe sauvagement ses fûts. Le vocaliste possède une voix de tueur. Un set court mais bien électrique qui a superbement chauffé l’ambiance avant la tête d’affiche (page ‘Artistes' ici). 

Place à High Tide ! Le chanteur-guitariste et le bassiste arborent fièrement le kilt. Dès les premières notes de « Burent Toast & Coffee », le ton est donné : une rythmique irrésistible, une énergie débordante, des breaks parfaitement maîtrisés et ce son vintage qui incite les spectateurs à se déhancher sans retenue.

La force de ce groupe réside dans un groove irrésistible et une énergie débordante sur les planches. Ajoutez-y un look rétro, une attitude positive et une générosité sincère envers le public, et vous obtenez la recette du succès de High Fade. Le trio implique le batteur Calvin Davidson (qui fait vibrer le groupe et partage les tâches vocales sur certaines chansons), le bassiste Oliver Sentence (qui canalise le funk avec son style très axé sur le slip et ses envolées vibrantes) et le guitariste/chanteur Harry Valentino, qui dirige le tout à la manière de Jack Black chez Tenacious.

L'interaction avec le public est omniprésente. Valentino semble constamment inquiet de voir quelqu’un dans la salle qui ne passe pas un moment formidable. Il vérifie donc continuellement que tout le monde est prêt à s'éclater. Leur énergie brute, leur musicalité impeccable et la joie pure qu’ils dégagent en ‘live’ sont indéniables. Le public ne tarde pas à répondre présent : dans tous les coins de la salle, ça danse, ça tape dans les mains et ça chante les refrains les plus accrocheurs. Et surtout, sur l’insistance du chanteur, les bras vont dans tous les sens. Ce qui frappe chez High Fade, c’est sa capacité à faire revivre l’esprit des années 70 tout en conservant une fraîcheur ultra contemporaine. Le look des musicos, leur attitude et les arrangements constituent à la fois un hommage aux grands du funk - James Brown, Sly & The Family Stone ou Prince - et une proposition résolument actuelle. Mention spéciale au titre « Sharpen Up », véritable hymne funky qui enflamme la salle.

Les musiciens ne se contentent pas de jouer de la musique, ils créent une atmosphère où rester immobile est impossible. La piste de danse devient un océan de mouvements, les fans se nourrissant de l’énergie du combo et vice-versa. Qu’ils enchaînent des grooves profonds et percutants ou qu’ils explosent dans de solides solos, chaque instant est vivant, spontané et électrique. Et ce qui marque les esprits, c’est l'intensité trempée de sueur, les sourires éclatants échangés entre ses membres, et la joie pure qui irradie l’auditoire. C'est le genre de spectacle qui vous rappelle pourquoi la musique ‘live’ est si spéciale. Le genre qui vous laisse en haleine longtemps après la dernière note. D'une tonicité presque digne de Whiplash et d’une durée de 15 minutes, le solo de batterie est une merveille. Il semble presque achever Davidson, et à la fin, votre serviteur ne sait plus s'il y a une machine à fumée ou si c'est de la vapeur qui s'échappe de son corps, tant son drumming est rapide.

À la fin de son concert, lors du retour du groupe pour un rappel, la salle est prête à se lâcher.

La dernière partie du spectacle est un pur chaos : une énergie brute, à faire danser comme si votre vie en dépendait. C'est un peu si Rush et Red Hot Chili Peppers osait une jam en combinant rock classique, prog, funk old school et beaucoup de disco, sans oublier une touche de jazz fusion des années 70 et 80, alors que les mélodies restent plutôt pop.

Le dernier morceau du set, « Burnt Toast and Coffee », rend de l'énergie au groupe, embrassant le rock à la manière d'un AC/DC renaissant. Après une brève pause, pendant laquelle le bassiste demeure seul sur scène, la formation revient pour interpréter ce qui sera probablement le titre le plus fort de la soirée, « Life's Too Fast », avant de clore le show par « Break Stuff ». Epatant et incendiaire !

Setlist : "Gossip" - "Fur Coat" - "Taking Care Of Business" - "Sometimes I Wonder" -"Harry's Guitar Solo" - "Bone To Pick" - "Pick Me Up" - "The Jam" - "Burning" - "Chameleon" - "Calvin's Drum Solo" - "Sharpen Up" - "Burnt Toast And Coffee"

Rappel : "Life's Too Fast" - "Break Stuff".

(Organisation : Rock Nation et Zik-Zak)

Photo : Vincent Van Wesemael

Ibrahim Maalouf

De Jéricho à Michel-Ange...

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Originaire de Beyrouth, Ibrahim Maalouf est un trompettiste et pianiste franco-libanais, considéré comme l’un des plus doués de sa génération. En effet, il appartient à la catégorie des maîtres, dans l’art si délicat, de l’improvisation. Touche-à-tout, il est également arrangeur, compositeur et tout naturellement, professeur d’impro et de trompette. Ibrahim a grandi au sein d’une famille d’artistes (père trompettiste, mère pianiste, oncle écrivain, grand-père poète, journaliste et musicologue). Inventeur d’une trompette à quatre pistons dite ‘micro tonale’, son père l’initie sur cet instrument et lui enseigne aussi bien les techniques des musiques arabes qu’occidentales.

Ibrahim accomplit ses premiers pas sur scène aux côtés de son paternel dès l’âge de 9 ans et acquiert rapidement une technique qu’il perfectionnera lors de ses études au CNR de Paris. Sa carrière musicale lancée, il coopère avec de nombreux artistes de styles radicalement différents, et en particulier la pop ou le rock. Repéré par la légende vivante Quincy Jones et qualifié de ‘virtuose’ par le New York Times, il a apporté sa collaboration, au cours des dernières années à des artistes comme Wynton Marsalis, Angélique Kidjo, Melody Gardot, le Kronos Quartet, Trilok Gurtu, Josh Groban, Marcus Miller, Salif Keita, et bien d’autres. Ce qui élargit le champ de ses possibles et permet de faire découvrir davantage sa musique aux influences jazz, classique et arabe.

Après une prestigieuse nomination aux ‘Grammy Awards’ à Los Angeles, Ibrahim Maalouf revient en compagnie de son groupe pour un spectacle musical baptisé ‘Les Trompettes de Michel-Ange’, le titre de son dernier et dix-neuvième long playing.

Sur les planches, Ibrahim Maalouf est accompagné par son backing group : le batteur Julien Tekeyan (celui de Cheb Khaled depuis vingt ans), perché sur une estrade, et deux guitaristes, dont son fidèle complice depuis ses débuts, François Delporte, ainsi que le virtuose Mohamed Derouich, qui alterne semi-acoustique et électrique, mais se charge également de la basse, du bouzouki et du banjo. Le quatuor est complété par quatre trompettistes (Nizar Ali, Yanis Belaïd, Manel Gérard et Yacha Berdak) et le saxophoniste, Mihai Pirvan, qui va occuper une place importante tout au long du set.

« The Proposal » ouvre le concert. Déjà, Ibrahim ne tient pas en place. « Love Anthem » embraie. Tous les cuivres entourent une danseuse exceptionnelle, qui reviendra à trois reprises au cours du show, vêtue, à chaque fois, de tenues différentes et colorées. Ibrahim va d’ailleurs la féliciter pour sa prestation. Faut dire que la chorégraphie est réglée comme du papier à musique.

Avant d’attaquer « Love Anthem », Ibrahim explique qu’il a décidé de célébrer un mariage avec son public. En fait, c’est le fil conducteur de son spectacle, un thème qu’il développe au fil des neuf pièces musicales. Ainsi, il donne beaucoup d’amour à e public en proposant sa vision musicale d’un monde meilleur, entre folklore et modernité.

Il lui demande de bouger et de sauter ; certains s’exécutent. L’auditoire est un peu âgé, mais l’ambiance est quand même bien présente. Il signale qu’il s’est marié en 2020, pendant la Covid, et il souhaite que ce soit la fête ce soir. « The Smile Of Rita » rend d’ailleurs hommage à son épouse.

Ibrahim constitue, évidemment, le centre d’intérêt du show. Il est capable d’improviser à tout moment, tout en n’hésitant pas à mettre ses musiciens en avant et en nous racontant aussi de belles histoires, tellement touchantes.

Il nous rappelle qu’il vient du Liban et raconte, au sujet du morceau « Zajal », qu’il s’agit d’une réunion de sages d’un village, assis derrière une grande table, qui composent des poèmes et des chansons pendant des heures, un verre d’arak (boisson anisée) devant eux. Sous l’influence de l’alcool, après quelques heures, ce conseil peut dégénérer, mais Ibrahim a le bon goût de transformer cette histoire en épisode coloré et cuivré. « Last Trompettas »  est le fruit d’un cocktail entre jazz, musique urbaine, pop et folklore oriental.

« Au Revoir » clôt cet excellent concert au bout duquel la prestation des neuf musicos sera chaleureusement applaudie par une foule conquise. Et suivant la formule consacrée, on est ressorti de la salle, plein d’étoiles dans les yeux.

Setlist : « The Proposal », « Love Anthem », « Fly With Me », « The Smile Of Rita », « Zajal », « Last Trompettas », « Capitals », « Timeless », « Au Revoir ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Lemon Straw

Comme lors d'un showcase…

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Ce vendredi 21 mars, Lemon Straw est programmé au Zik-Zak, à Ittre. Pas mal de têtes connues dans le public, entre deux âges. Il y a également de nouveaux fans qui viennent découvrir ce groupe. Et le concert est sold out.

Gianni Sabia est issu de la commune de Frameries, près de Mons. Après avoir travaillé cinq ans en usine, il décide de tout quitter et part s’installer en Angleterre, puis aux États-Unis. C’est au pays de l’Oncle Sam qu’il s’initie à la composition et écrit ses premières chansons. Lorsqu’il revient en Belgique, il fonde Lemon Straw, un patronyme qui se réfère à la paille (straw) que le John Lennon servait aux clients du bar new-yorkais où il travaillait. Boris Iori et feu Renaud Lhoest (il est décédé en 2014) se joignent au line up, et un premier Ep autoproduit est gravé fin 2007. La formation ne cherche pas le succès rapide et foudroyant, mais préfère prendre le temps de composer et de se créer un univers en tournant sur de petites scènes dans toute la Belgique francophone. Depuis, le combo a sorti cinq elpees studio, dont le dernier, « Jump », est paru en janvier 2025. Et inévitablement, la setlist va inclure plusieurs plages de cet LP.

Le supporting act est assuré par Coralien, un artiste belge aux multiples facettes. Sa longue chevelure blonde et bouclée lui confère une bonne bouille. Auteur, compositeur, interprète, multi-instrumentiste et producteur, il a d’abord publié cinq singles qui ont connu un certain succès sur les ondes belges, le propulsant sur le devant de la scène noir-jaune-rouge. En 2023, il publie son premier opus, « Métronome ». Découpé en dix plages, il reflète sa créativité. A la fois subtiles, puissantes et chargées d’émotion, ses compositions sont teintées d’envolées lyriques. Ce soir, il va nous en réserver quelques-unes.  

Sa passion pour la musique, qui mêle pop et rock, tout en en ne négligeant pas l’électronique, filtre à travers ses chansons, qu’il écrit, compose et produit avec une grande précision. Et soutenu sur les planches, par un drummer bigrement efficace, il crée un univers sonore qui lui ressemble (Page ‘Artistes’ ici)

Place ensuite à la tête d’affiche. Installé au centre du podium, Gianni Sabia est équipé de ses grattes semi-acoustiques Gibson, achetées aux États-Unis (selon lui, c’est moins cher là-bas). Il se charge aussi, parfois, des claviers. Il est épaulé par Martin Moreau (Feels, Mingawah), à la batterie, perché sur une estrade, de Boris Lori aux guitares, dont la lap steel, et à l’harmonica, et l’un des deux frères Chainis, Grégory, à la basse.

Gianni prend soin de saluer tout le monde, puis le quatuor entame le set par « Broken Window ». Il s’agit d’un premier extrait du nouvel album, « Jump ». La ligne de basse est bien mise en avant sur ce morceau pop/rock dépouillé, mais empreint de sérénité et de sensibilité. Caractéristique, la voix de Gianni est à la fois sablée, chaude, aérienne et à fleur de peau ; et tout en posant la mélodie, ses émotions transpirent à travers ses textes.

Extrait de « Puzzle », paru en 2020, « Magic World » embraie. Une compo d’abord paisible, avant de s’emballer. En outre, elle a un feeling radiophonique.

L’ambiance est sympathique, et le contact entre les artistes et le public est excellent. Gianni est très interactif face à ses fidèles spectateurs. Avant chaque chanson, il décrit l’ambiance dans laquelle elle a été écrite et en raconte l’histoire ; ce qui n’est pas dénué d’intérêt.

Le light show n’est pas agressif, mais met bien en valeur les artistes et l’auditoire.

Sauf durant les morceaux interprétés en solo par Gianni (à la guitare ou au piano), les interventions de Martin sont dynamiques. Manifestement, il est en forme !

Entre folk, rock, blues et pop, l’univers sonore est régulièrement hanté par Bruce Springsteen, mais aussi par Charlie Musselwhite ou Ben Harper, notamment quand Boris souffle dans son harmonica ou joue de la slide guitar.

« Jump », c’est le titre du denier long playing et celui du premier single qui en a été extrait. Gianni passe derrière les claviers et la chanson nous transporte dans un voyage évoquant les grandes plaines du Far West. Une petite pause s’impose. Problème technique. Vite résolu. C’est du ‘live’ !

Le concert reprend par « Home ». Avant un nouvel extrait de « Jump », « Don’t Look Up ». Le concert se termine par « Run », issu de l’elpee, « See You On The Other Side » (2010).

Un concert tout en douceur et en musicalité. Et les émotions livrées par Gianni transcendent ses chansons accordées tout au long d’un (presque) showcase cosy, au cours duquel la foule s’est montrée attentive et même participative.

D’ailleurs, votre serviteur avait eu l’opportunité d’assister à un vrai showcase de Lemon Straw chez le disquaire ‘Initiales CD’, à Silly, quelques jours auparavant, au cours duquel Gianni s’était produit en duo avec Martin.

Setlist : « Broken Window », « Magic World », « Angels Never Die », « Jump », « Like A Soldier », « Mystery Train », « What’s Going On », « Home », « Don’t Look Up », « Walking Away », « Rider », « Game », « Leave Me Alone », « Run ». 

Rappel : « I Won’t Stay Anyway ».

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

ECHT!

Instrumental, expérimental, mais au volume sonore trop élevé…

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ECHT ! est un quatuor établi à Bruxelles, drivé par le claviériste Dorian Dumont et le batteur Martin Méreau. Ils sont soutenus par le bassiste Federico Pecorato et le guitariste, Florian Jeunieaux. La formation trace une voie différente en remplaçant la mécanique par l'humain. Au cœur du processus créatif, fait de chair et d'os, les influences musicales sont celles du Brussels Sound, dont le groupe est le meilleur ambassadeur. Au sein de cet ancien parking transformé en studios de répétition, une multitude de groupes jouent, se croisent et créent un son spécifique, influencé autant par le jazz que par l’électro, le hip-hop et le rock alternatif, qui transparaissent à travers leurs instruments organiques.

Depuis 2017, ECHT ! enflamme les scènes à travers l'Europe (Nuits Sonores, Basses Terres, Festival de Dour, Ancienne Belgique pour la seconde fois). Sa musique instrumentale soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses, plongeant l'auditeur dans des états hypnotiques, proches de la transe, où rythme et mélodie fusionnent, rendant chaque instrument presque méconnaissable. Après avoir gravé un premier Ep (« Douf ») en 2019, et deux elpees, INWANE » (2021) et « Sink-Along » (2023), le combo a sorti son troisième long playing, « Boilerism », ce 7 mars 2025, dont de larges extraits seront proposés ce soir. Sur ce nouvel opus, il repousse les limites des sonorités marquées par les basses, explorant des tempos plus rapides et s'intéressant à des genres comme l’acid et le drum’n’bass. Alors que les grooves frappent plus fort et que les rythmes deviennent plus mécaniques, ce flair pour l'imprévisible demeure, grâce à des morceaux qui se tordent, tournent et surprennent à chaque instant. Le Ballroom de l’Ancienne Belgique est plein à craquer.

Le supporting act est assuré par la moitié du duo Juicy : Julie Rens, alias Julie Rains.

Après une longue et intense collaboration avec Sasha Vovk au sein du duo bruxellois Juicy, la multi-instrumentiste Julie Rens a décidé d’explorer son univers musical personnel à travers un nouveau projet sous le pseudo Rains. Multi-instrumentiste belge, elle mélange des influences jazz, soul et électroniques. Julie n’est pas uniquement impliquée dans Juicy, elle a également assuré les vocaux au sein d’Oyster Node avec Dorian Dumont, accompagné Akro pour Bruxelles Plurielle, participé aux voix d’Hishinka et remplacé Veronika Harcsa dans Next.Ape pendant le congé maternité de la chanteuse hongroise. Ses parents sont tous deux professeurs de musique, et elle baigne dans la musique depuis l’âge de trois ans.

Pour son nouveau projet, elle a reçu le concours du producteur belge Rowan Van Hoef. Et la rencontre entre la voix soul de Julie et les paysages sonores électroniques de Rowan, crée une fusion unique entre jazz, electronica et ambient, marquant une nouvelle étape passionnante dans sa carrière musicale.

Sur les planches, Julie s’installe au centre devant son synthé, son MPD et son micro. A sa droite, Rowan Van Hoef bidouille les sons derrière ses machines.

Julie avait déjà expérimenté son nouveau répertoire, au Théâtre Marni. (Voir compte-rendu ici) en compagnie d’un collectif conséquent de musiciens. En duo, la musique est inévitablement moins impressionnante, mais elle tient la route. Hormis « You Have Changed », toutes les chansons sont interprétées dans la langue de Voltaire.

Un bon hors d’œuvre avant le plat de résistance.  

Setlist : » Tu Mens », « Sale », « Doucement », « Je Rêve De Toi », « You Have Changed », « Je Ne Veux Pas Manger », « T’as Perdu ».

Place à ECHT ! Le band forme une sorte de carré sur le podium, Dorian aux claviers, Florian à la sixcordes, Federico à la basse et, en retrait, mais sur une estrade imposante, Martin aux drums.

Le light show est impressionnant, il se compose de moult stroboscopes et projecteurs LED, répartis en arrière-plan ; et chaque artiste est ciblé par un violent rayon lumineux descendant du plafond. À gauche des artistes, on note la présence d’une buse d’aération imposante, qui semble provenir d’un paquebot de luxe type Normandie ou Titanic.

Le set s’ouvre par « Boilerbeek », la plage d’entrée du nouvel opus, « Boilerism ».

Groovy, la musique est à la fois instrumentale et expérimentale, s’infiltrant tour à tour dans le jazz –plutôt celui de TUKAN, Jean-Paul Groove ou Lander & Adriaan que de Miles Davis ou Duke Ellington– l’électro et l’avant-gardisme, dans l’esprit d’Aphex Twin ou du DJ/producteur écossais Hudson Mohawke. Un morceau comme Wacky Wave », intègre même drum’n’bass, techno, house, trance et breakbeat.

Mais cette solution sonore, le combo l’élabore, essentiellement, à l’aide d’une instrumentation organique.

Le bassiste et le guitariste se servent de pédales d’effets. Parfois, on a l’impression qu’ils se concentrent sur la même note, tout en laissant le son ambiant les envelopper.

Bien que figurant sur deux elpees différents « MTWK Partie 2 » (Sink-Along, 2023), et « MTWK Partie 3 » (« Boilerism », 2025), en ‘live’, le band en réalise une fusion intelligente.

Constitué essentiellement de trentenaires néerlandophones, l’auditoire semble apprécier.

Si le light show est agressif voire aveuglant, le volume sonore est trop élevé, et au bout de 45 minutes, votre serviteur, ainsi qu’une dizaine de spectateurs, souhaitant préserver leurs tympans, s’éclipsent subrepticement...

Setlist : « Boilerbeek », « Wacky Wave », « MTWK partie 2 & 3 », « Vault-A », « Brian Brains », « Highed », « Dunes », « Ambiant + Choukes », « Youf Ee + Fermata », « Moxy », « Onheel +Sinais », « Razor », « Klaas Rescue », « Fracture + Bisc », Bk + Hole ».

Rappel : « Sofie ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

RY X

Du fragile au dansant, RY X a réussi son coup en douceur…

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Nommé aux Grammy Awards, RY X a décroché un énorme hit, « Berlin », en 2013. Cinq elpees à son actif, dont le dernier, « Blood Moon », est paru en 2023 (c’est également le titre choisi pour sa tournée actuelle). En février dernier, il a gravé « All I Have », un morceau qui annonce la sortie d’un nouvel album studio.

Cet artiste est constamment à la recherche de connexions : connexion avec la nature, avec l'esprit et avec les expériences humaines. Il a joué dans le monde entier et s'est produit dans certains des lieux les plus emblématiques de la planète

Ry X, de son vrai nom Ry Cuming, est né en 1988 à Angourie, en Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie). Musicalement, il est toujours resté fidèle à sa formule sonore, en mêlant folk intimiste et musique électronique ; et cette constance a porté ses fruits, car il a facilement trouvé une connexion avec les jeunes et les moins jeunes. Ce n’est pas un hasard si le lien avec son public est d’une grande importance. Il est programmé pour deux soirées à l’AB. Votre serviteur assiste à la première. Cosmopolite, l’auditoire comporte un fort contingent de jeunes spectateurs. Et la salle, vous vous en doutez, est pleine à craquer.

Le supporting act est assuré par un duo espagnol, réunissant deux personnalités improbables aux univers différents, Alex Serra et Totidub. Mais c'est leur amour pour les sons naturels qui les a rapprochés. Ils sont issus de la région de Barcelone.

Aux vocaux, Alex Serra (page ‘Artistes’ ici) chante d’une voix douce, envoûtante et aérienne, dans la langue de Shakespeare ou de Cervantes. Barbu et chevelu, il ressemble à Jésus-Christ. Casquette en pied-de-poule vissée sur le crâne, Totidub (page ‘Artistes ) est assis derrière un pupitre rempli de machines et de consoles, dont il se sert pour bidouiller des tas de sonorités et notamment électro/dub et techno.

Le voyage est immédiat vers les immenses sphères d’un pays imaginaire. La cohésion entre les deux artistes fonctionne à merveille et provoque des explosions d'enthousiasme dans la foule. Il y a de l'âme, de la passion et de la fraîcheur dans leur performance, et c'est précisément grâce à cette alchimie que le tandem constitue un excellent choix pour servir d’entertainer. En outre, réussir à faire taire complètement un auditoire lors d'une première partie, c’est plutôt rare…

Une énorme toile blanche est tendue derrière les musicos, soit deux claviéristes dont l’un double à la basse et l’autre au violon, mais sur une estrade et un drummer installé sur une autre petite plate-forme, le tout formant une sorte de triangle au milieu duquel évolue Ry X.

Derrière son micro et le stetson rivé sur le crâne, cet autre barbu est entouré de claviers. Ce qui ne l’empêche pas de se consacrer également à la guitare, alternant entre une semi-acoustique et une dobro électrique. C’est lui le cœur du spectacle. D’ailleurs les projecteurs du plafond se focalisent en permanence sur lui. Cependant, ceux installé sur le podium, au pied de la tenture, balaient les artistes et le public. L’ambiance est pourtant particulièrement sombre, rendant alors le concert, intimiste et cosy.

Le set débute s’ouvre par « Sweat » qui plonge la salle dans un silence religieux, tandis qu’attentive, la foule accueille Ry X. On n’entend pas une mouche voler ! Armé de sa semi-acoustique et à l’aide de sa voix délicate et apaisante, il subjugue. Et la conjugaison des quatre synthés, des percussions, des cordes de violon, de la basse ainsi que de la guitare accentue cette impression. Mais quand les beats électro se déclenchent, on se croirait dans un dancing.

« Salt » se distingue par son jeu d’ombres et de lumières. Son backing group est subtilement mis en valeur grâce à un éclairage sophistiqué.

A ce moment, la musique de Ry X s’apprécie les yeux fermés. Mais attention, il faut les garder bien ouverts, car l'Australien revient rapidement à un concept visuel clair.

« Tell Me » a quelque chose de magique, alors que la diffusion d’images sur le drap blanc, tout au long de « All I Have », est captivante. La foule reprend les refrains de « You ».

L'interaction entre les artistes sur les planches est chaleureuse, tout comme celle avec l’auditoire.

Quand la guitare se fait discrète, Ry Cuming opte pour une approche plus électronique. « Bound » amorce ce changement de cap. Plutôt discret au début, il s’emballe lorsque les beats puissants émergent, rendant le public hystérique, prêt à investir le dancefloor.

L’Australien démontre toute sa maîtrise aux commandes de sa musique sur l’euphorique « The Water ». Détendue, la foule se laisse porter sur les eaux de sa ville natale, le paradis des surfeurs d’Angourie.

Du fragile au dansant, RY X a réussi son coup en douceur. Entre ces morceaux dansants, il y a également de l’émotion. Ce n’est pas un hasard si « Berlin » nous ramène sur terre un instant. Le violoniste communique à l’ensemble du morceau une touche mélancolique supplémentaire qui bouleverse les aficionados aux âmes sensibles...

Pendant le titre final, les tribunes se lèvent pour crier « Howling », en lançant les bras dans tous les sens et en reprenant chaque parole.

Lors de la première chanson du rappel, RY X nous réserve une surprise. Pour la première fois, il interprète « Love Like This », une composition vieille de onze ans, en compagnie de son ami Alex Serra. Une première à laquelle Bruxelles a répondu avec enthousiasme. Le set s’est terminé en douceur et intimisme par le magnifique « Only ». Une bien belle soirée !

Setlist : « Sweat », « Salt », « Tell Me », « All I Have », « You », « Bound », « Oceans », « Berlin » (Solo), « Shortline », « The Water », « Lençóis (Love Me) », « Howling ».

Rappel : « Love Like This « (avec Alex Serra), « Only ».

(Organisation : Live Nation)

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