La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Soweto Gospel Choir

Du cœur, des chœurs, de l’émotion et des couleurs…

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Le Soweto Gospel Choir n’est rien de moins qu’un trésor international. Depuis ses débuts au Cap en 2003, lors du premier concert ‘46664’ de Nelson Mandela pour sensibiliser au sida/VIH, le chœur sud-africain s’est rapidement imposé comme une force majeure sur la scène musicale mondiale.

Il a collaboré avec des stars telles que Bono, John Legend, Céline Dion, Robert Plant, Aretha Franklin, Stevie Wonder, Red Hot Chili Peppers et Josh Groban. La chorale célèbre aujourd’hui son 10ème anniversaire en proposant ce qu’il fait le mieux : partager son mélange unique de gospel, de world, de reggae, de spirituals traditionnels, de folk et de pop. Il va nous réserver des extraits de ses trois derniers albums, « Freedom » (2018), « Hope » (2022) et « History Of House » (2024).

Le collectif se produisait, ce dimanche 24 novembre, au Cirque Royal. Ce soir, la troupe réunit 10 choristes féminines et 6 masculins (NDR : en général, elle en dénombre 30) soutenue par un claviériste et un percussionniste (tambours et djembés). Ils ont revêtu les tenues traditionnelles bantou de l’Afrique du Sud. De quoi donner de la couleur au show ! Qui n’est pas sold out, et c’est dommage. Pas de supporting act.

Le set est divisé en deux parties de 45 minutes. La première est consacrée aux chants traditionnels et parfois de guerre des populations bantous (de combat au bâton zoulou) en prônant la liberté et en évoquant l’Apartheid qui a sévi en Afrique Du Sud, mais surtout rend hommage à Nelson Mandela dont l’âme et l’aura vont planer sur l’auditoire.

Le spectacle s'ouvre par une histoire relative à la lutte pour la liberté et on est instantanément plongés dans cet univers sonore, mais aussi dans le cœur et l'esprit de la raison pour laquelle elle a longtemps été culturellement un moyen de se lamenter, de célébrer et surtout, d’unifier (une seule chanteuse uniquement accompagnée de percussions génératrices de bonnes sensations devient alors la porte-parole). Alors que les gens parlent de lui et chantent pour lui (Nelson Mandela), il est difficile de ne pas être ému. Il y a presque 11 ans que ce grand homme est décédé et sa mémoire est toujours bien présente au sein du public. Tandis que chaque membre de la chorale lève le bras, le poing serré, et en concordance, « Madiba » résonne dans la salle. Il y a une puissance qui vous glace le sang. C'est respectueux, percutant et particulièrement émouvant. 

Le second acte attaque les classiques de stars qui ont apporté leur collaboration au collectif.

Il est impossible de faire semblant de ressentir la joie que les chanteurs injectent dans la musique pendant ce concert. Elle brille dans leurs regards, illumine leurs sourires, s’entend dans leurs voix et se remarque dans leurs mouvements de danse.

La chorale réalise ne performance magnifique, tout au long du « Biko » de Peter Gabriel. Un seul battement de tambour et une ligne de basse de voix masculines fournissent une toile de fond dramatique pour un travail vocal de haut vol. C'est un choix naturel pour la chorale, d'un point de vue thématique, vu que la chanson s'adresse à l'activiste anti-apartheid sud-africain Steve Biko.

Lors de l’adaptation du « Bridge Over Troubled Water » de Simon et Garfunkel, la chorale est parvenue à communiquer un nouveau souffle à cette mélodie, grâce à un arrangement qui associe deux chanteurs principaux à une section d'harmonie à 14 voix.

Autre moment marquant : la version douce et pleine d'âme du magnifique « Many Rivers to Cross » de Jimmy Cliff, qui finit par glisser vers le ‘spiritual’ « Swing Low, Sweet Chariot ».

Le point culminant du concert est atteint lors de l’interprétation dramatique d’« Angel » de Sarah McLachlan, moment choisi par le public pour réserver au Soweto Gospel Choir, une ovation debout bien méritée.

Bien que la plupart des morceaux ne soient pas interprétés en anglais, le groupe est un conteur si percutant que chacun d’entre eux reste facile à suivre. L’émotion qui transpire de chaque chanson, soutenue par des mouvements simples mais forts, permet au public de s'y intéresser. Leur générosité en tant qu'interprètes, partageant leur culture et la signification historique des compos sélectionnées, est énorme. La scène est remplie de couleurs vives, caractéristiques reflétées par leurs costumes traditionnels. La chorégraphie est nette et symbolique. La formation n'est pas devenue célèbre par hasard. Elle se produit souvent, tourne beaucoup, partage énormément. Et c’est particulièrement évident lorsque vous êtes témoin de la précision avec laquelle les choristes se déplacent sur les planches, chorégraphiant même soigneusement le passage des micros les uns aux autres.

Quelle que soit la religion ou l'origine culturelle de chacun, il y a quelque chose de très significatif à voir ce groupe chanter « Hallelujah » de Leonard Cohen. Si vous n’êtes pas croyant, il est bouleversant de le voir interpréter cette chanson avec autant de respect et de conviction. Sa force réside dans son unité parfaite. C’est un travail d’ensemble dans sa forme la plus authentique et la plus impressionnante. Néanmoins, il y a encore de nombreuses possibilités de se démarquer ; et le choriste Shimmy Jiyane y parvient. Sa passion transparaît dans son mouvement, son esprit et son expressivité. Mais dans l'ensemble, ce sont les femmes qui focalisent vraiment l'attention. Une soirée de rêve et la meilleure pour votre serviteur depuis longtemps.

(Organisation : Greenhouse Talent)

METZ

Sans concession

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METZ se produisait au club de l’Aéronef, ce samedi 23 novembre. Son cinquième elpee, « Up on gravity Hill », est paru en avril dernier. Il est moins âpre que les précédents. Mais lorsque le trio torontois est sur les planches, son cocktail de noise-rock, de post-punk et de hardcore, parfois légèrement teinté de funk blanc, est sans concession.

Il revient à Stuffed Foxes d’assurer le supporting act. Un sextuor issu de Tours réunissant quatre sixcordistes, dont l’un double régulièrement aux claviers, un bassiste qui pianote, de temps à autre, également, sur un petit clavier, et un batteur. Parmi les guitaristes, figurent deux solistes. Caché derrière le chanteur, le premier se charge des distorsions et le second, imperturbable, semble canaliser l’énergie dispensée par le groupe. D’ailleurs, hormis ce dernier et le drummer, dont les interventions sont aussi amples qu’efficaces, ils entrent régulièrement dans une forme de transe.

L’expression sonore navigue à la croisée des chemins du shoegaze, du post rock et de la prog. Elle alterne passages empreints de sérénité ou chargés d’une folle intensité instrumentale. Le band s’autorise même une reprise, plutôt réussie, du « Ghost rider » de Suicide. Le seul bémol émane du préposé aux vocaux ; surtout lorsqu’il se met à hurler. Dommage, car la formation dispose d’un fameux potentiel. D’ailleurs, lors du morceau final, le plus calme, en tout cas, il s’est mis à chanter. Allez comprendre ! N’est pas Frank Black qui veut ! ((Photos Ludovic Vandenweghe ici)

METZ débarque vers 21h15, sous les acclamations de la foule et attaque immédiatement son set par « No Reservation / Love Comes Crashing ». Une véritable agression sonore. Aux drums, Hayden Menzies pilonne ses fûts. Alex Edkins chante d’une voix déclamatoire tout en dispensant des riffs de guitare grinçants. Telle une mélopée, la mélodie devient ensuite insidieuse et le refrain, paradoxalement hymnique.  

La voix d’Alex est chargée de reverb tout au long de « Blind Youth Industrial Park », une sorte de « Danse du sabre » électrique, mais également d’« Acetate », un morceau entrecoupé de brefs breaks, alors que la sixcordes crisse comme une scie circulaire.

La formation maîtrise parfaitement son chaos organisé. Chaque salve de feedback et chaque accord chargé de distorsion semblent à la fois instinctifs et soigneusement élaborés.

Pendant le convulsif « Get Off », Alex grimpe sur les retours de scène alors qu’un spectateur tente un premier crowdsurfing, au cours duquel il balance sa bière sur les premiers rangs. A partir de ce moment, ces slams vont se poursuivre tout au long du concert, s’achevant même par le stagediving de quelques casse-cous.

« Entwined » se distingue par son riff accrocheur alors qu’une boîte à rythmes amorce « Demolition Row ». Après la ballade presque shoegaze « Light Your Way Home », « Mess of Wires » emprunte le tempo d’une valse qui accélère en fin de parcours.

Bref et percutant, « The Swimmer » émarge au punk pur et dur.

Alors qu'il torture ses cordes, la sueur coule du visage d'Edkins. Sa chemise est d’ailleurs complètement trempée.

Le band n’en n’oublie pas son single à la mélodie entêtante, « 99 ».

Après l’offensif « Headache », le show s’achève par « A Boat to Drown In », au cours duquel le batteur révèle toute l’amplitude de sa technique.

Le combo revient rapidement pour accorder « Wet Blanket », en rappel. Alex invite l’auditoire à frapper dans les mains en cadence, puis la compo repart rondement, le batteur marquant parfois cette course échevelée par des coups de sticks comparables à des coups de feu.

METZ est scintillant mais terrifiant, comme une force de la nature sauvage qui ne peut être bridée. Mais si la frustration principale procède du son de la basse de Chris Slorach, qu’on pourrait résumer à un gros bourdonnement, difficile de comprendre pourquoi le light show nous a semblé autant à contre-courant…

Le band a annoncé qu'il allait faire une ‘pause indéfinie’, à l’issue de sa tournée européenne. (Photos Ludovic Vandenweghe )

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

 

Portland

Mélancolique et intimiste…

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Vainqueur de l’édition 2019 du concours ‘De Nieuwe Lichting’, organisé par StuBru, Portland se produisait, ce vendredi 15 novembre, au Cirque Royal.

Après avoir gravé un premier album baptisé » Your Colors Will Stain » et avoir accordé de solides performances, le groupe de dream pop s’est imposé rapidement dans la catégorie restreinte des Belges qui réussissent à l'étranger. Pour le second opus, les musiciens ont fait d’incessants allers-retours au Royaume-Uni. C'était une période mouvementée au cours de laquelle ils étaient à peine chez eux ou repartaient constamment. Ce qui explique le titre du deuxième elpee, « Departures ».

Chaque concert est une expérience magique plébiscitée par une communauté de fans toujours plus nombreux et constamment au rendez-vous. Comme en témoigne la rapidité à laquelle les tickets de ses shows s’épuisent. 

Lauréat de la Nouvelle Vague 2023 et Prix du Public lors du Humo's Rock Rally 2022, Isaac Roux assure le supporting act. C’est le pseudo choisi par Louis De Roo. Il grimpe seul sur les planches, armé de sa guitare électrique et s’installe devant son micro. Son indie folk est teinté de légères touches électroniques. Il puise manifestement ses influences chez Bon Iver et Bear's Den. Sa voix peut être très cool un instant et s’envoler dans les aigus le suivant. Il est parvenu à captiver l’auditoire grâce à des morceaux comme « White Rose », et son premier single, « Troubled Waters », une excellente chanson empreinte de douceur. Sans enflammer les planches du Cirque Royal, il a accordé une prestation de bonne facture page ‘Artistes’ ici).

Place ensuite à Portland. Le line up implique le chanteur/guitariste charismatique Jente Pironet, la chanteuse/claviériste Nina Kortekaas (NDR : elle est vêtue d’une longue robe blanche, d’un blanc immaculé, mais qui change de couleur, en fonction du light show), le drummer Bram Van Hove, le guitariste Sebastian Ley et le bassiste/claviériste Boris Van Overschee.

Sous un déluge de lumières bleues, Jente apparaît seul. Il interprète, en s’accompagnant à la guitare semi-acoustique, « Time To Talk ». Les autres musicos déboulent ensuite ; Bram et Joris prennent place sur leurs estrades respectives. Et la formation, au complet, embraie par « Alyson ». Jente pète littéralement le feu (NDR : son cancer est en rémission depuis 2023). Le drumming monte en crescendo. Les sonorités satinées de la guitare se marient parfaitement à la voix délicate de Nina.

De teinte mauve, la tenture, tendue en arrière-plan, varie également de couleur, au gré du jeu de lumières.

Jente change de gratte, à chaque morceau, alternant semi-acoustique et électrique. Il invite une dame, installée aux premiers rangs, à venir l’accompagner au chant, pour une chanson, mais encore, vient s’asseoir sur un haut-parleur, pour en interpréter une autre, face au public. Il nous réserve un bouleversant « She Really Means It », en mode piano/voix. La setlist puise dans les deux long playings du band.

Intimiste, le concert s’achève par « Pouring Rain ». Il n’y aura pas de rappel.

L’indie pop mélancolique de Portland a magnifiquement résonné dans le cadre du Cirque Royal, créant une expérience unique pour le public présent.

Ce concert a marqué une étape importante pour Portland, qui, après une année difficile, est revenu sur scène avec une énergie renouvelée, confirmant son engagement envers la musique live et son fidèle auditoire.

Setlist : « Time To Talk », « Alyson », « Sensationnel », « Ally Ally », « Step Aside », « Killer's Mind », « Never Leave », « How It Is », « Serpentine », « Good Girls », « Deadlines », « Lucky Clover », « Aftermath », « She Really Means It » (Metejoor cover), « Pouring Rain »

(Organisation : Live Nation)

Crows

L’une des formations les plus excitantes de la scène post-punk contemporaine…

Écrit par

Après avoir sorti son troisième elpee, « Reason enough », ce 27 septembre 2024, Crows est donc reparti en tournée. Un périple qui passait par l’Aéronef de Lille, ce mercredi 13 novembre. Il s’était produit au même endroit, en février 2023, après avoir gravé son second essai, « Beware believers », en mars 2022. Et le show avait déjà été convaincant

Dans l’univers du rock indé, « Reason enough » devrait figurer parmi les albums de l’année. C’est, en tout cas, une certitude pour l’équipe d’Inaudible

Mais il est toujours intéressant d’assister au concert d’un groupe quand il vient défendre de nouvelles compositions. D’autant plus que Crows a passé des années à perfectionner son art, se forgeant une réputation pour que son expression sonore devienne à la fois brute, électrique et atmosphérique.

Une constante : un concert de Crows dure 60 minutes, parce que les musicos estiment que c’est suffisant.

En arrière-plan, on remarque la présence du logo du groupe. Et puis, le podium du club a été relooké ; ce qui permet d’offrir une meilleure visibilité à l’auditoire, mais aussi, en rehaussant le plafond de cette scène, de rendre le light show plus efficace.

A 21 heures, après la diffusion d’une bande sonore, Crows grimpe sur l’estrade et attaque « Room 156 ». James Cox dispose de deux micros, dont un astatique et joue régulièrement avec les supports de ces microphones. Le grognement de la basse d'Amarasinghe se révèle déjà ténébreux.

Dès le viscéral « Bored », James Cox descend dans la foule, micro en main, brisant ainsi le fossé traditionnel qui sépare l’artiste du public.

Un exercice qu’il réitèrera pendant « Healing ». Il est toujours dans la fosse au début de « Demeanour », mais finit par remonter sur les planches au milieu de cette compo imprimée sur un tempo à la Ramones et caractérisée par ses riffs de sixcordes hypnotiques.

Après l’échevelé « Wednesday’s Child », « Land of the rose », imprimé dans sa première partie sur un rythme new wave, prend un virage ouvertement politique. Il décrit le combat intérieur de James entre l’amour et la haine à l’égard de son pays détruit par les ceux qui le dirigent. Il se sert alors de nouveau des deux micros pour entonner ‘Goodbye, Goodbye, Goodbye to the Land of the Rose’

Tout a long de l’introspectif « Vision of me », un morceau qui fusionne les lignes de guitare sombres et anguleuses ainsi que les rythmes lourds du post-punk avec une sensibilité moderne, le spectre de Ian Curtis se met à planer.

Evoluant sur un tempo tribal, « Slowly Separate » est écorché par les stridulations féroces de la guitare. La batterie de Sam Lister et la basse de Jith Amarasinghe - il assure quand même et régulièrement les backing vocals - cognent avec une force viscérale, amplifiant l’énergie libérée et créant une atmosphère électrique alors que la voix de Cox s’élève au-dessus de l’ensemble.

Avant que le band n’entame « Every day of every year », Cox enlève sa veste. Après l’hymnique « Silhouettes », « Living on my knees » monte progressivement en crescendo. Le refrain est construit sur un chant répétitif. Un couplet est récité en spoken word et James se sert alors et encore, mais alternativement, de ses deux microphones ; mais soudain, tel un coup de feu, la guitare électrique retentit. Un audacieux se lance alors dans un crowdsurfing. La foule est de plus en remuante et notamment durant le punkysant « Closer still », « Garden of England » et le décapant « The Itch »

Le set s’achève par le mélodieux « Is it better ? », au cours duquel Cox pose une question existentielle : ‘Vaut-il mieux aimer et vivre dans la peur de la douleur ?’, alors qu’un téméraire risque l’exercice du stagediving.

La performance de la soirée a clairement confirmé que Crows n’est pas seulement un groupe de studio, mais qu’il est également taillé pour le ‘live’, où sa musique prend vraiment une dimension viscérale et conflictuelle. Ce qui en fait l’une des formations les plus excitantes de la scène post-punk contemporaine.

Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist

Room 156
Bored
Demeanour
Wednesday’s child
Land of the rose
Vision of me
Slowly separate
Every day of every year
Silhouettes
Living on my knees
Healing
Closer Stll
Garden of England
The itch
Is it better ?

(Organisation : Aéronef Lille)

 

The Last Dinner Party

Court, mais excellent…

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Le Cirque Royal est sold out depuis longtemps pour accueillir la nouvelle sensation britannique, The Last Dinner Party. Après avoir publié quelques Eps, le quintet féminin a gravé son premier elpee, « Prelude To Ecstasy », en février dernier, sous la houlette de James Ford (Arctic Monkeys, Gorillaz). Particulièrement médiatisée, sa sortie est devenue un best-seller. Depuis la sortie de « Nothing Matters », en avril de l'année dernière, le groupe accomplit une longue tournée internationale qui est passée par Rock Werchter en juillet dernier. Cependant, cet interminable périple est épuisant. Et la crainte que des dates soient annulées, comme à l’Engine Shed de Lincoln (UK), commence à planer. Heureusement, le combo remplira bien son engagement et de brillante manière.

Deux premières parties ont été programmées : Luvcat et Katy J Pearson.

Entre les bancs de la fac et les scènes obscures de Londres, c’est dans un univers à la fois rock et studieux qu’Abigail Morris, Lizzie Maryland, Emily Roberts, Georgia Davies et Aurora Nishevci commencent à se côtoyer, dès la fin 2010. Si elles ont toutes les cinq des identités bien distinctes, elles se complètent à merveille dans leurs visions artistiques, musicales et même vestimentaires. Leur styl, entre émancipation féminine, glam rock et pop baroque est au service de compositions structurées et de paroles sans tabou. Une recette qui fonctionne ! Avant même la sortie de leur premier single, les cinq filles avaient déjà assuré les premières parties de Nick Cave, Florence + the Machine ou encore des Rolling Stones.

Puisant son inspiration chez ABBA, Siouxsie and The Banshees (pour le côté baroque), Kate Bush ou encore Warpaint, The Last Dinner Party est passé des pubs sombres de l’est londonien, où elles avaient l’habitude de se produire, aux grandes salles et de festivals du monde entier. Courtisé par les plus grandes maisons de disques, agents et producteurs, le quintet n’en est qu’à l’aube d’une longue et brillante carrière, alors que le rock à guitares est en pleine résurgence…

Mais place au premier supporting act : Luvcat. Sur les planches, cette jeune Britannique est soutenue par un quatuor masculin. Deux guitaristes, un bassiste, un drummer et un claviériste. Si physiquement, elle ressemble un peu à Sabrina Carpenter, musicalement, ses références lorgnent plutôt vers CMAT et Amy Winehouse.

Son set baigne au sein d’un climat groovy et parfois même captivant. A ce jour, elle n’a publié que 3 singles, parus en 2024 : « Dinner@Brasserie Zédel », « He’s My Man » et « Matador », des morceaux qui clôtureront le set avec bonheur. Tous les autres titres proposés sont de nouvelles compos. On épinglera sa jolie voix qui colle parfaitement à l’expression sonore. A suivre, et de très près (page ‘Artistes’ ici Photos Vincent Dufrane ).

Setlist : « Lipstick », « Alien », « Alchemy », « Love & Money », « The Girl Who Sleeps in the Four Poster Bed », « Bad Books », « He’s My Man », « Matador », « Dinner At Brasserie Zedel ».

Katy J Pearson embraie. Elle chante, joue de la guitare et est accompagnée d’un guitariste, d’un bassiste et d’un drummer/claviériste. Et agréable à écouter, sa musique passe bien la rampe. Pas étonnant que la Britannique se soit déjà forgé un nom. Mais son manque d’enthousiasme ne lui permet pas de captiver l’auditoire. Manifestement, il manque l’étincelle susceptible de faire la différence. Elle ne parvient pas à attirer l’attention du public. A mi-parcours, on entend les spectateurs des premiers rangs qui taillent une bavette. Et franchement, c’est un manque de respect vis-à-vis de l’artiste et de ses musiciens (page ‘Artistes’ et Photos Vincent Dufrane ici).

Setlist : « Maybe », « Those Goodbyes », « Constant », « It's Mine Now », « Siren Song », « Long Range Driver », « Sky »

Place enfin à The Last Dinner Party. Le line up implique la chanteuse/guitariste Abigail, la bassiste Lizzie, la claviériste Aurora ainsi que les deux sixcordistes Emily et Georgia. Le band féminin est soutenu par un batteur, perché sur une des estrades, placée en retrait, à gauche, et dont le drumming à la technique irréprochable, oscille entre le tribal et le métronomique, suivant les morceaux. Sur l’autre estrade, à droite, également en retrait, un piano à queue a été posé.   

Six répliques de colonnes doriques lumineuses encadrent le podium. Elles sont également incluses dans un light show puissant, parfois même aveuglant et changeant de couleur selon l’intensité du son. Excellent, par ailleurs. Et devant la petite plate-forme du batteur, une énorme rampe de leds a été installée.

La chanteuse interagit parfaitement avec le public. Et les musiciennes déménagent pas mal. Certains morceaux bénéficient d’une chorégraphie. Ainsi, au cours du set, elles se suivent en file indienne, à plusieurs reprises, tout en assurant les chœurs et en continuant de jouer de leur instrument

A l’instar des prestations accordées lors des festivals, le set n’ira pas au-delà des 70 minutes, malgré un rappel de deux titres. La setlist est constituée de l’intégralité de l’elpee, d’un nouveau morceau (« Big dog ») et d’une superbe version du « Call me » de Blondie.

Il serait cependant malvenu de reprocher à la formation de ne proposer qu’un concert aussi court, mais difficile de faire mieux quand on a qu’un album à son actif.

Setlist : « Prélude To Ecstasy », « Burn Alive », « Caesar on a TV Screen », « Second Best », « Bountiful Boy », « On Youri Side », « Guha », « Sinner », « Portrait Of A Dead Girl », « The Féminine Urge », « Call Me » (Blondie cover), « Mirror », « Big Dog » (New Song), « My Lady Of Mercy ».

Rappel : « The Killer », « Nothing Maters »

(Photos Vincent Dufrane ici)

(Organisation : Live Nation)

Seasick Steve

Une des dernières icônes du blues encore de ce monde…

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Il y a près de 20 ans, Seasick Steve, auteur-compositeur-interprète américain à l’époque méconnu, alors que dans les 60’s c’était un ami de Janis Joplin, livre une prestation magistrale sur le plateau du présentateur britannique Jools Holland. L’homme n’a rien d’autre que son vieux stompbox, petite caisse en bois retournée, et une guitare à trois cordes décrépite. Et pourtant, cette prestation fait l’effet d’une claque, dont l'impact se fait encore sentir près de deux décennies plus tard. Depuis, il a quand même gravé 14 elpees, dont le dernier, « A Trip A Stumble A Fall Down On Your Knees », est paru ce 7 juin 2024.

Le supporting act est assuré par James Dixon. Il est seul, armé de ses guitares, dont une ‘cigar box’ (NDR : il ne s’en servira qu’à une seule reprise). 

Barbu, de longs cheveux bouclés retombant sur les épaules, il prend place sur un cajun. A sa droite, on remarque la présence d’une boîte dont les différents boutons sont destinés à moduler ou amplifier les sonorités de sa sixcordes. Mais également à produire quelques jolis effets. Une cymbalette traîne à ses pieds. Originaire des Cornouailles, en Angleterre, cet homme-orchestre va accorder un set de plus de 40 minutes. Il va nous réserver de larges extraits de son dernier opus, « Trepassing Light », ainsi que son nouveau single « Freight Train », un morceau de country/americana vivifiant. En écoutant sa musique les yeux fermés, on a l’impression de voyager à travers les States, tantôt en traversant les grandes plaines sauvages de l’Ouest américain ou alors en s’enfonçant profondément dans le Bayou. Chouette première partie (la page ‘Artiste’ consacrée à James Dixon est disponible ici

Longue barbe blanche, Seasick Steve aurait pu incarner le père Noël s’il avait opté pour un bonnet rouge plutôt qu’une casquette de couleur kaki. Il est accompagné d’un drummer, mais sans couvre-chef.

Le concert s’ouvre par « My Donny ». Issu de son dernier opus, l’entraînant « Backbone Slip » libère un groove incroyable. Plus de la moitié de la setlist est d’ailleurs constituée de titres extraits de son quatorzième long playing. Un groove qui se révèle hypnotique sur le rythmé « Soul Food » dont les riffs répétés sont découpés dans les accords d’une vieille dobro. « Barracuda '68 » est à la fois fluide, doux et enlevé.

Sympa, attachant et cool, il présente longuement ses compos, change de guitare entre chacune d’entre elles, sauf pour les deux morceaux qu’il interprète d’affilée à la ‘cigar box’ et qu’il est fier d’exhiber.

On a droit au quart d’heure amoureux de Steve. Il place sa guitare dans son dos, se lève de son siège et scrute attentivement les premiers rangs. Il cherche une jolie fille et l’invite à monter sur les planches. Il la prie de s’asseoir à sa gauche sur un baffle puis, comme il est toujours bien vert, commence à lui faire la cour. D’abord, à travers une vanne, en signalant que la dame fête son anniversaire. Ce qui déclenche l’hilarité dans l’auditoire. Il empoigne sa guitare et lui confie amoureusement qu’il s’appelle Steve. La chanson terminée (« Walkin' Man, Abraham »), il l’embrasse et demande à un roadie de lui apporter un vinyle qu’il dédicace ; et, en petit fûté, lui communique son adresse e-mail personnelle. Votre serviteur a déjà assisté au même scénario, à trois reprises. C’est devenu un rituel lors de chaque concert. En outre, Steve frotte et lisse souvent sa longue barbe lorsqu’il manipule la foule.

Mais les spectateurs sourient et dansent sur sa musique allègre, contagieuse, et dont les morceaux s’achèvent régulièrement par une rafale de percussions.

Il a aussi le don de mêler son blues à d'autres styles. Et le résultat est très réussi. On épinglera encore « Funky Music », une composition dont les paroles sont explicites : ‘Le blues m'a appelé / Toute ma vie…’ Une belle illustration de sa passion demeurée intacte pour ce style musical… Une superbe soirée comme on souhaiterait en connaître plus souvent. Et puis, c’est une des dernières icônes du blues qui crée toujours la sensation.

Setlist : « My Donny », « I Don't Know Why », « Backbone Slip », « Good Morning Little Schoolgirl », « Roy's Gang », « Soul Food », « Summertime Boy », « Walkin' Man, Abraham », « Mona », « Funky Music », « Started Out With Nothin' », « Barracuda '68 », « Let The Music Talk », « Bring It On », « Sun on My Face ».

Rappel : « Thunderbird »

(Organisation : Live Nation)

Ghost Inside

Une prestation convaincante.

Écrit par

Groupe californien de metalcore, The Ghost Inside a sorti son sixième elpee, « Searching For Solace », en avril dernier et s’est lancé dans une nouvelle tournée européenne. Depuis sa fondation, à El Segundo, en 2004, The Ghost Inside accroit son contingent de fans de plus en plus déterminés et passionnés. La tragédie a frappé le combo, en 2015, lors d’une collision frontale entre le bus de tournée et un semi-remorque causant la mort des deux chauffeurs et blessant gravement tous les membres de la formation. Au lieu de saper le moral des musicos, cette épreuve les a rendus plus forts.

Le concert est soldout.  

Gideon et Boundaries assurent le supporting act.

Originaire de Hartford, dans le Connecticut, Boundaries est un quintet réunissant le chanteur Matt McDougal, le drummer Tim Sullivan, le bassiste Nathan Calcagno ainsi que les guitaristes Cody DelVecchio et Cory Emond. A ce jour, il a gravé trois long playing, dont le dernier, « Death Is Little More », est paru en mars dernier. Il va nous en proposer de larges extraits, ce soir, en 30 minutes chrono.

Dès que les lumières s’éteignent, la foule est en ébullition. Le groupe est déchaîné et l’assaut auditif est percutant. Pas la peine d’inviter les spectateurs agglutinés aux premiers rangs de s’enflammer, ils ne tiennent pas en place. Survoltés, certains se lancent déjà dans l’exercice du crowdsurfing.

L’expression sonore est à la fois bruitiste, sauvage, voire animale. Un métal brut de décoffrage attisé par les guitares huileuses, graisseuses et vibrantes, comme si elles livraient une guerre dantesque dans les profondeurs de l’enfer. Le chant est hargneux, parfois mélodique mais surtout guttural. On comprend mieux pourquoi les cordes vocales de McDougal ne tiennent pas plus d’une demi-heure. A ce rythme il va se les arracher… (page ‘Artistes’ ici)

Setlist : « A Pale Light Lingers », « Darkness Shared », « My Body Is A Cage », « Is Survived By », « Realize and Rebuild », « Turning Hate Into Rage », « Cursed To Remember », « I'd Rather Not Say », « Easily Erased »

Gideon est une formation originaire de Tuscaloosa, dans l’Alabama. Fondée en 2008, le line up implique le chanteur/frontman Daniel McWhorter, le guitariste Tyler Riley, le bassiste Caleb DeRusha et le drummer Jake Smelley. Le quatuor pratique du metalcore. Daniel mène la danse. Tout de blanc vêtu, y compris le Stetson vissé sur le crâne, il ressemble à un cowboy. Il pourrait incarner ce personnage dans le western « La Ballade de Buster Scruggs ». Son sixième opus, « More Power. More Pain » remonte à mars 2023. Le combo va nous en réserver de larges extraits. Parfois son passé hardcore mélodique refait surface, mais les influence de Madball et Lionheart sont indéniables. L’aspect guttural des vocaux est privilégié. Et l’auditoire répond avec enthousiasme à cette agressivité addictive. Mais finalement, il faut reconnaître que ce mix entre hardcore et metalcore est parfaitement équilibré… (page ‘Artistes’ )

Setlist : « Bite Down », « Push It Back », « Locked Out Of Heaven », « Too Much Is Never Enough », « More Power. More Pain. », « Take Off », « Sleep », « Take Me », « Damned If I Do (Damned If I Don't) », « Cursed », « No Love/No One ».

La grande salle de l’AB est bien remplie et vibre d’une énergie débordante lorsque Ghost Inside monte sur les planches. Les musicos sont accueillis comme des héros sur le retour.

Le light show est impressionnant. Trois énormes rampes de spots superposées bordent la haute estrade sur laquelle est perché le batteur, sise en retrait. Et elles tournent dans tous les sens. C’est pareil pour les leds dont les faisceaux sont à la fois multicolores et aveuglants. Une forme de violence qui se focalise autant sur les artistes que l’auditoire.  

La piste d'intro débouche sur une interprétation punitive de « Death Grip ». La foule éclate dans une frénésie de moshing et de headbanging.

Constituée du drummer Andrew Tkaczyk et du bassiste Jim Riley, la section rythmique pose solidement les fondations d’une expression sonore qu’on pourrait qualifier d’incendiaire. Derrière ses fûts, Andrew est une force sur laquelle le band peut compter. Ses explosions tribales mettent en exergue ses impressionnantes compétences techniques

En perpétuel mouvement, les sixcordistes Zach Johnson et Chris Davis échangent des riffs fulgurants, des harmonies complexes ainsi que des breakdowns écrasants. Johnson libère des solos aux accords rapides qui planent avec une facilité déconcertante. Pourtant, la mélodie reste une constante ; elle est d’ailleurs développée, de la plus belle des manières, sur les titres du dernier long playing.

Le band à le sourire aux lèvres lorsqu’il assiste aux crowdsurfings et aux circle pits qui éclatent, en première partie du set et particulièrement pendant « The Great Unknown », un hymne repris en chœur par la foule avant que la nouvelle compo « Split » ne fasse un carton absolu. Le chanteur Jonathan Vigil encourage ensuite la foule à l’accompagner quand il crie ‘F*** this !’ pendant le refrain de « Pressure Points » …

Les chœurs assurés par les 3 gratteurs sont remarquables tout au long de « Wash It Away », le morceau le plus metalcore du combo, abordé dans l’esprit de We Came As Romans…

Vigil confesse qu’il n’était pas sûr que le groupe puisse reprendre les tournées à plein temps après l'accident de bus, nous rappelant que qu’Andrew Tkaczyk, le batteur, n’a plus qu’une seule jambe.

En associant l’efficacité de la nouvelle vague du metalcore américain à l'urgence du punk The Ghost Inside crée un pont entre l’agressivité du son et les messages pertinents.

Une prestation convaincante.

Setlist : « Death Grip », « Earn It », « The Great Unknown », « Move Me », « Dear Youth (Day 52) », « Split », « Secret », « Mercy », « Dark Horse », « Pressure Point », « Out Of Control », « Wash It Away », « Light Years », « Faith or Forgiveness », « Between the Lines », « Avalanche », « Aftermath », « Engine 45 »

(Organisation : Biebob, AB et Live Nation)

Eosine

L'éclosion d'une belle rose aux épines vénéneuses...

En marche vers un succès qui semble d'ores et déjà acquis, Eosine, le groupe de shoegaze originaire de Liège, fêtait, au Botanique (Bruxelles), le 'release' de son premier Ep paru chez Mayway Records, “Liminal”. Dans une Rotonde pleine à craquer, la formation emmenée par la talentueuse Elena Lacroix a, non seulement confirmé l'essai mais, en outre, a montré qu'elle possède une énorme marge de progression...

Dans la setlist, on retrouve, bien sûr, les 4 titres issus de “Liminal” : “Digitaline”, “Plant Healing”, “UV” et “Progeria” ; cependant, et c’est une surprise, tous les autres morceaux sont inédits. Et, pour être franc, ils sont époustouflants. L’expression sonore évolue toujours dans un style combinant shoegaze, post punk, dream-pop et inspiration mystique et/ou celtique mais le spectre musical est clairement en expansion grâce à des touches prog, krautrock, grunge et, par moments, carrément 'doom'.

Pour ce nouvel avatar d'Eosine, Elena est accompagnée de Dima Fontaine, qui militait auparavant au sein du groupe liégeois Naked Passion. Guitariste et chanteur, il apporte une palette musicale très riche et renforce parfaitement le travail vocal d'Elena. A leurs côtés, Benjamin Franssen à la batterie et Guillaume Van Ngoc à la basse, constituent une excellente section rythmique.

Ce qui frappe le plus, c'est la puissance de plus en plus affirmée du groupe en ‘live’. Le côté shoegaze éthéré est rehaussé, sur les planches, par une énergie brute et une maîtrise étonnante des pulsions et des flux. La formation alterne les moments aériens et les envolées rythmiques les plus féroces.

“Digitaline” est un bel exemple de cette versatilité. Joué à la fin du set accordé au Cinquantenaire, en juin dernier, le morceau est ici placé en lever de rideau et il permet de découvrir le registre du combo. Il se termine par une diatribe vocale hallucinante d'Elena, éructant comme une possédée au bord de la scène. L'ange habillé de blanc s'est déjà transformée en démon. Le tout, devant un public médusé, enthousiaste et hypnotisé. Après un seul morceau, la messe est déjà dite... On sait que l'ambiance va être torride !

Première compo inédite, “Limewood” reflète l’incontestable évolution. Tous les musiciens portent des tenues immaculées mais les tonalités sont de plus en plus sombres. Elena confiera plus tard qu'elle se met à nu dans ses nouvelles chansons. Les émotions qu'elle éprouve sur les planches l'entraînent parfois dans des moments de violence et de souffrance, au cours desquels elle part en transe et écartèle sa voix jusqu'à en tirer de véritables ‘grunts’. Son amour de la musique 'doom' (sludge, post-metal,...) est ici révélée au grand jour! Et puis, quelques secondes plus tard, elle abandonne sa Fender pour danser avec douceur et sensualité tandis que le rythme ralentit pour introduire “UV”. De toute évidence, le quatuor a mis à profit ses récentes résidences pour peaufiner les enchaînements et la mise en place de son show.

Pendant “Cherry Pink”, encore une nouvelle composition, Pyo, alias Karel Piot, le musicien bruxellois qui avait assuré la première partie, rejoint Elena sur le podium afin de partager un duo vocal endiablé. Après le très beau “Progeria”, le moment est venu de redécouvrir ce morceau inédit (NDR : bien qu’il ait déjà été interprété lors de précédents concerts) et très ambitieux : “Incantations”. Il démarre dans une forme de douceur shoegaze qui évoque Slowdive mais, très vite, Elena se remet à trembler et on devine qu'elle va, à nouveau, entrer en transe. En effet, les guitares explosent et la ‘succube’ se remet à cracher son venin, avec une violence indescriptible. On croirait entendre un morceau de Lethvm, le groupe de post-metal belge de Bois-de-Villers, avec lequel Elena a collaboré. Ensuite, le climat retourne au calme et elle quitte la scène, tandis que Dima Fontaine chante une mélodie apaisante. Mais c'est de courte durée, car la belle revient en courant depuis les coulisses, comme une furie, pour crier au-devant de la scène, sans micro... Un moment d'une rare intensité...

Cependant, l'apothéose doit encore arriver. Un dernier inédit, “No Horses”, va mettre tout le monde sur les genoux. Plus expérimental, il est tout d'abord calme, dans l’esprit de Björk et Cocteau Twins ; mais, suivant un format désormais bien établi, le chaudron entre petit à petit en ébullition avant une nouvelle éruption ! Elena scande frénétiquement ‘I am Lost and Found’ en criant de plus en plus fort, pour finalement se lancer carrément dans un ‘stage diving’ ! Un moment inoubliable !

Finalement, le concert n'a duré qu'une heure mais il a libéré une puissance phénoménale ! Le premier album du groupe est attendu impatiemment. Il paraîtra l'année prochaine sur Mayway Records, qui héberge déjà les excellents Haunted Youth. Passionné par le monde végétal, Eosine est une plante en pleine croissance et ce soir, on a assisté à l'éclosion d'une belle rose aux épines vénéneuses...

Pour consulter les autres articles (interviews, chroniques de disques, etc.) consacrés au band, cliquez sur le nom de l’Artiste dans le cadre ‘Informations complémentaires’, ci-dessous.

Si vous souhaitez écouter les interviews en podcast dans l'émission ‘WAVES’, c’est ici pour Eosine et pour le projet solo d’Elena, Tokyo Witch.

Setlist :

Digitaline
Plant Healing
Limewood
UV
Cherry Pink
Progeria
A Scent
Incantations
Above
No Horses

(Organisation : Botanique)

Crédit photo : Christophe Dehousse

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