Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Sonic Youth

Experimental Jet Set Trash And No Star

Groupe alternatif par excellence, et imprévisible par nature, Sonic Youth n'en finit plus de brouiller les pistes. Souvenez-vous de son dernier opus, "Dirty". Jugé hâtivement hermétique et nébuleux, il s'est taillé un succès plus que confortable dans les charts officiels. En fait, Sonic Youth est devenu un véritable symbole de l'underground. Et si un jour il devait adopter un profil prosaïque, il n'aurait probablement plus de raison d'exister. Inutile donc de vous annoncer que pour graver cet "Experimental Jet Set Trash And No Star", le quartet new-yorkais est encore à la pointe de l'actualité. Et pour la circonstance, il s'est servi des cordes de guitares discordantes, grinçantes, du cliquetis des micros et du bourdonnement d'amplis pour élaborer une texture sauvage, traversée de changements subtils de tonalités. Il atteint ainsi tout au long de cet opus, une intensité extrême et une intimité fragile, insoutenable. Intimité née, tout simplement, du dialogue échangé entre la voix frémissante de Kim et monocorde de Thurston, qui traite de sujets tant philosophiques, sociaux que politiques. Indispensable!

 

Beck

Mellow God

Ce Californien (Los Angeles) est probablement le premier artiste qui soit parvenu à placer sur un dénominateur hip hop, folk, country, punk, blues et psychédélisme. Pourtant, à l'origine ce chanteur/compositeur/guitariste était surtout marqué par la musique traditionnelle américaine, et en particulier par Jimmie Rodgers, Carter Family, Woodie Guthrie, Bob Dylan, John Lee Hooker et Blind Willie Johnson. Mais impliqué, début des eighties, dans le mouvement avant-gardiste ‘Silverlake’, ce Yankee va multiplier les expérimentations les plus étonnantes, pour finalement se forger un style bien personnel et décrocher un contrat chez un major. Ce qui ne l'empêchera pas de poursuivre ses recherches dans l'univers underground ; mais ces travaux seront réservés à un label indie. Bien qu'obéissant à un profil plus mélodique, plus accessible, "Mellow Gold" ne manque ni d'imagination ni de profondeur. Comme par exemple sur le single "Loser", que vous avez sans doute déjà eu l'occasion d'entendre sur les ondes radiophoniques. Maintenant, ne vous attendez pas à ne rencontrer que des titres de cette facture, sur cet opus. Vous seriez plutôt surpris. Parce que cette œuvre se révèle psychédélique dans le sens le plus contemporain du terme. A se demander si nous ne venons pas d'hériter d'un des artistes les plus importants du début des nineties ?

 

The Verve

A storm in heaven

En 1993, Verve bénéficie d’une une campagne de presse qui frôle l’indécence. Dans le style réservé à Suede. Etonnant d’ailleurs pour deux groupes qui alors n’ont toujours pas enregistré le moindre album. D’ailleurs le premier elpee de Suede était largement perfectible, pour ne pas dire bâclé, même si à l’époque on ne contestait pas la valeur du groupe promis à un bel avenir. Bref, quoi de plus normal alors d’être méfiant vis-à-vis de Verve. « A storm in heaven » allait-il déclencher une tempête dans un verre d’eau ? On a rapidement été rassuré. Et pourtant, le disque ne recèle aucun titre susceptible d’enflammer instantanément, mais sa maturité et son équilibre sont alors étonnants pour une aussi jeune formation.

Produite par John Leckie, cette œuvre nous invite à traverser des climats vertigineux, extatiques, puis des turbulences tempétueuses, dramatiques, avant de revenir contempler des horizons paisibles, fragiles, propices aux rêves les plus impressionnistes. Les guitares sont tantôt sensuelles, ondoyantes, menaçantes ou fluides, épisodiquement, un sax ou une flûte accentue le côté planant des mélodies. Et puis la voix dédaigneuse de Richard Ashcroft se fond dans l’ensemble avec une telle séduction et un tel souci du détail, qu’elle en devient bouleversante…

Tindersticks

Tindersticks

Tout comme pour Suede et The Verve en 1992, le Melody Maker a de nouveau surpris tout son lectorat en plébiscitant le premier opus de Tindersticks comme meilleur album de l'année. Nous on veut bien, mais sans promo, il était difficile de jauger le véritable potentiel de ce groupe insulaire (Nottingham). Heureusement, nous sommes aujourd'hui en mesure de vous décortiquer ce CD. D'abord vous en aurez pour votre argent, car ce disque flirte allègrement avec les septante-sept minutes. Vingt et un titres autobiographiques nés de la conjugaison des esprits torturés, malicieux, inspirés, de Neil Fraser et de Stuart Sticks. Un Stuart Sticks dont la voix grave sinistre épouse le timbre vocal de Ian Curtis. Vous pensez à Joy Division? Vous n'avez pas tout à fait tort. Cependant chez Tindersticks l'instrumentation est plus riche, moins linéaire, épousant davantage les perspectives tracées par Crime & The City Solution ou les Triffids que celles développées par le mythique ensemble de cold wave. Claviers vertigineux ou piano spectral, basse ténébreuse, guitare torturée et violon angoissant obéissent parfaitement à une expression romantique qui macère dans la mélancolie, la tristesse, la colère, l'obsession ou la jalousie. Une œuvre fascinante qui dans ses moments les plus douloureux épanche l'émotion la plus pure...

 

Leather Nun

Nun permanent

Fondé au beau milieu des seventies, cet ensemble suédois constitue un cas très particulier dans le domaine du rock. Tout d’abord, tout au long de sa carrière, il est toujours demeuré fidèle à ses racines américaines, qu’elles soient ‘punk’ ou urbaines. Ensuite, malgré une discographie prolifique et des prestations ‘live’ exceptionnelles (cfr Futurama 1987), sa notoriété n’a jamais dépassé les limites d’un public averti. Il faut dire que se procurer une quelconque rondelle de vinyle de Leather Nun relève de la performance. Heureusement, certains albums de cette légende bénéficient aujourd’hui d’une gravure sur compact disc. Produit par (excusez du peu) Mick Ronson (ce guitariste mythique –il a notamment joué au sein des Spiders From Mars de Bowie- est décédé le 29 avril 1993 !), « Nun Permanent » libère une intensité mélodique impitoyable, fascinante, fiévreuse (guitares corrosives, féroces, braisillantes ou slide, section rythmique solide, pulsante, chœurs féminins voluptueux, claviers fluides, harmonica bluesy, cuivres fugitifs) que consume la voix rauque, profonde, vibrante de Jonas Almqvist. Le chaînon manquant entre Lou Reed et Iggy Pop. Remarquable !



Nirvana

Nervemind

Écrit par

En automne 1991, un trio pratiquement inconnu jusqu’alors sort un single : « Smell like teen spirit ». Cette chanson deviendra alors aux nineties ce que le « My generation » du Who était aux sixties : un hymne. En fait, à cette époque, ce trio originaire d’Aberdeen, ville satellite de Seattle, s’inscrivait tout simplement dans la lignée du rock indie juvénile pratiqué aux States. Celui des Pixies, Dinosaur Jr, Buffalo Rom ou encore des déjà disparus mais encore notoires Hüsker Dü. Et « Nevermind », leur second album, qui s’ouvre par cette plage incontournable, se contente de propager des mélodies viscérales et contagieuses. Mais énorme différence, le producteur Butch Vig et l’ingénieur du son Andy Wallace ont raffiné les douze plages de cet opus à l’extrême. Une technique qui va conférer à l’œuvre un potentiel commercial considérable. Et populariser un style qui va marquer le début des nineties : le grunge…

Sebadoh

III

Écrit par

Sebadoh est passé à un trio lorsqu’il enregistre cet album : le drummer et multi-instrumentiste Jason Loewenstein vient de rejoindre Eric Gaffey et Lou Barlow. Nous sommes alors en 1991. Bien que les premières prises aient été opérées dans un garage à l’aide d’un quatre pistes à cassettes, la formation bénéficie de structures un peu plus professionnelles pour concocter cet elpee. 23 plages au cours desquelles les trois acolytes changent constamment d’instruments et se réservent le songwriting à tour de rôle. Si ce disque n’est pas le chef d’œuvre de Sebadoh, il est probablement celui qui a le plus influencé la scène lo-fi américaine. Le son est brut et cru. Les compos minimalistes, parfois bancales, en général mélodiques, oscillent entre folk, power pop, punk, psychédélisme (celui de Syd Barrett !), country, et blues ; épisodiquement le hardcore. Et bonne nouvelle, cet album culte vient de ressortir. Non seulement les 23 morceaux ont été remasterisés, mais l’opus a été enrichi d’un deuxième compact disc réunissant inédits issus des sessions d’enregistrements de ce « III », quelques démos de Barlow, ainsi que du fameux « Gimmie indie rock » compo iconoclaste et ironique qui figurait sur l’Ep, devenu aujourd’hui introuvable.

Thee Hypnotics

Soul, glitter & sin

Héritier illégitime du mythique Stooges, Thee Hypnotics nous avait absolument sidérés lors de son passage au Futurama de Deinze, en 1990. Un set impressionnant drivé de voix de maître par James Jones, bête de scène indomptable, sorte d’hybridation surnaturelle entre Mick Jagger, Jim Morrison et Iggy Pop. Le troisième album de ce quintet, « Soul glitter & sin », trempe dans une atmosphère garage malsaine, brumeuse, un univers gorgé de sonorités violentes, furieuses, sensuelles, sauvages mais mélodiques qui s’embrasent instantanément au contact des guitares. Et même lorsque la solution tourne au psyché blues insidieux, nonchalant, Jim Jones prend un malin plaisir à jeter de l’huile (vocale) sur le brasier sonore. Indispensable !



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