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Le photographe Willy Vanderperre (qui a notamment apporté sa collaboration à Dior, Jil Sander et Raf Simons) et le directeur de photographe Nicolas Karakatsanis (Rundskop et The Loft) ont réalisé la nouvelle vidéo d’Amenra. Voir ici

Cette très belle vidéo prélude une tournée qui passera le Grasspop le 28 juin et l’AB le 27 septembre pour une session acoustique.
 

http://www.churchofra.com

http://www.ritualofra.com

http://www.facebook.com/churchofra

 

 

dimanche, 20 avril 2014 16:01

The Bony King of Nowhere à Paris!

Le Gantois Bram Vanparys, alias The Bony King of Nowhere, se produira ce 1er mai à l’International, dès de 21 heures. Et c’est à Paris !

http://www.linternational.fr/

 

mercredi, 16 avril 2014 01:00

Pulsations irrésistibles…

Afin de promotionner leur quatrième opus, « By absence of the sun », qui sortira ce 21 avril 2014, Triggerfinger opère une tournée des clubs ; et elle passait par De Kreun à Coutrai, ces 16 et 17 du même mois. Des concerts baptisés ‘Try out’ (Traduction : essai) et destinés à préparer la ‘release party’ prévue à l’AB, ce 2 mai. Bref après avoir interviewé le trio (voir ici), votre serviteur était curieux de prendre le pouls du combo en ‘live’ au sein d’une petite salle, avant qu’il ne se produise lors des festivals d’été, dont le TW Classic, le Rock Werchter et le Main Square.

En entrant dans la salle, la chaleur est déjà suffocante. Et au lieu de commencer à 8 heures, le set est retardé d’une heure. Sur le podium, on remarque que si la batterie est au centre, elle est légèrement en retrait, mais surtout bien surélevée. A l’heure fatidique, on entend des bruitages, les mêmes qu’on retrouve en intro du premier morceau du nouvel elpee. Le show va donc bien commencer par « Game ». Le trio monte donc sur l’estrade, vêtu de costards différents de ceux qu’ils portent sur la pochette, mais toujours aussi bcbg. Mario, le drummer, a même enfilé une veste rayée, comme celles des figurants de la fameuse série télévisée anglaise, ‘Le Prisonnier’. Et dès le départ, on est rassuré, Triggerfinger a toujours autant la pêche et son stoner continue de groover à souhait. Le son est naturellement puissant. L’intensité des compos bien palpable. Et Triggerfinger s’en donne à cœur joie. Non seulement Ruben a un fameux charisme, mais c’est un remarquable guitariste. Lorsqu’il égrène ses notes ou ses riffs, ce n’est pas pour épater la galerie, mais pour les mettre au service de la chanson. Et c’est ce que votre serviteur apprécie le plus chez un sixcordiste.

Derrière le groupe, on remarque la projection –un peu pâle quand même– de la tapisserie vintage qui sert de décor à leur pochette. Mais c’est surtout le nouveau light show qui impressionne. Des carrés amovibles, mais disposés géométriquement, au sein duquel de petits faisceaux (doit y en avoir une trentaine, mais ils peuvent également être réduits de moitié, voire d’un quart, suivant les circonstances) balaient l’estrade de leurs couleurs blanches, bleues, rouges et parfois même stroboscopiques. Sans oublier le plafond couverts de spots plus laiteux. Le tout adapté aux différentes compos. Impressionnant ! La setlist épingle l’une ou l’autre plage des deux premiers elpees, mais évidemment plusieurs titres issus de « By absence of the sun », et notamment le boogie « An there she was, lying in wait » ainsi que le très ‘zzztopien’ « Perfect match », nous rappelant que le groupe puise ses racines dans le blues ; et du précédent opus, « All dancing around », dont le titre maître. Une compo au cours de laquelle Ruben monte sur les enceintes, alors que Mario se réserve son rituel solo de drums. Et quand il frappe sur ses fûts, il est toujours aussi percutant et précis. Parfois, il se lève de son siège et harangue la foule en levant ses baguettes. Le concert s’achève par « My babe’s got a gun », un morceau qui débute lentement, sur un rythme martial. Les accords de guitare pulsent comme un battement de cœur. Puis c’est l’explosion, ces pulsations montent alors au moins à 180, avant de revenir, in fine, à une cadence cardiaque plus paisible…

Le rappel sera un peu plus particulier. Ah oui, j’allais oublier de le signaler, il fait de plus en plus chaud, voire même torride, dans la salle ; et pourtant, jamais les musicos n’enlèveront leur veste… Ruben a empoigné une six cordes pour attaquer le plus indolent « Without a sound », qu’il va chanter en mode falsetto. Mario se sert d’un clavinet miniature et Monsieur Paul pianote sur un synthé. Le trio embraie ensuite par leur tube, la cover de Lykke Li, « I follow rivers ». De nombreux spectateurs reprennent les paroles en choeur. Paul et Mario assurent les backing vocals et ce dernier imite le son d’une boîte à rythmes, à l’aide de sa bouche. On aura encore droit à « Black Panic », au cours duquel Mr Block utilise ce ‘delay’ si particulier. Et soudain, le franc tombe. Il est utilisé de la même manière que les Hollies, et en particulier sur leur hit « The day that curly billy killed crazy Sam McGee », paru en 1973. Le concert s’achève alors par « Cherry », une compo plus ténébreuse et complexe, plus proche alors d’un Queens of The Stone Age. Applaudissements longs et nourris, avant que nos trois lascars ne viennent ensuite saluer la foule, bras dessus, bras dessous…

Organisation De Kreun

Pour les photos du 16 avril, c'est ici et celles du 17, c'est

 

 

 

 

mercredi, 02 avril 2014 01:00

Comme si c’était un conte de fées…

Interviewer Triggerfinger constitue, pour votre serviteur, du pur bonheur. Il s’agit de notre 3ème rencontre et à chaque fois cet entretien est émaillé de fous rires. Faut dire que malgré le succès phénoménal recueilli, les musiciens sont demeurés humbles et ouverts à toutes les questions. Ils préfèrent s’exprimer dans leur langue natale ou en anglais, mais acceptent volontiers de répondre en français. Chapeau ! Et jamais ils ne se dérobent face à ces questions, même celles qui sont relatives à leurs influences. Elles constituent même, pour eux, des compliments. Quelle différence par rapport à ces jeunes formations qui nient l’évidence. Bref, le trio est au complet, c'est-à-dire le chanteur/guitariste Ruben Block, le bassiste Paul Van Bruystegem alias Monsieur Paul et le drummer Mario Goossens pour parler –surtout– de la sortie de leur nouvel album intitulé ‘By absence of the sun’ qui paraîtra ce 20 mai…

Le nouvel opus a été enregistré à Los Angeles, au ‘Sunset Avenue’, et plus au ‘Sound City’, car il a été totalement transformé ; mais c’est encore Greg Gordon, dont la carte de visite mentionne la mise en forme d’œuvres d’Oasis, de Wolfmother, de Soulwax et de Slayer, qui s’est chargé de la mise en forme. Monsieur Paul prend le crachoir : « En fait, nous étions tellement satisfaits de son travail opéré sur ‘All this dancin’ around’ que nous avons souhaité poursuivre la collaboration. Nous sommes depuis devenus des amis. Il est même considéré, en quelque sorte, comme le quatrième membre de Triggerfinger. » 

‘By absence of the sun’ est un titre sombre, presque crépusculaire. Une impression qui se dégage surtout sur la première et la dernière plage de l’elpee, en l’occurrence ‘Game’ et le final ‘Master of all fears’. Rien que l’intitulé du second est évocateur. Difficile de faire plus métal. Un morceau dont les sonorités ‘drone’ sont dignes de Sun O))). Mais c’est surtout le spectre de Black Sabbath qui y plane. Ruben argumente : « Il existe différentes manières d’appréhender le titre de l’album. Quand il n’y a pas de soleil, c’est la nuit. Or, la vie nocturne peut aussi s’avérer intéressante. C’est la raison pour laquelle on aime ce titre. Il exprime une certaine dualité. Et laisse la porte ouverte à des tas d’interprétations… En ce qui concerne ‘Master of all fears’, c’est une compo que j’ai écrite pour le Soundtrack du film. J’ai été invité à l’imaginer dans l’esprit de Black Sabbath. C’est le type de morceau dont le réalisateur avait besoin. Et j’ai essayé de le rendre la plus sombre possible… »

A l’une ou l’autre exception près, le long playing est plus hard, parfois presque grunge. Pensez à Soundgarden. Il y a encore un peu de blues, comme sur le stoner ‘Perfect match’ (clip vidéo ici), qui lorgne vers ZZ Top ou encore « And There She Was, Lying In Wait », sorte de boogie revu et corrigé par Depeche Mode ; mais il s’y fait plus rare. En ce qui concerne cette impression grunge, le rôle de Gordon n’y est certainement pas étranger. Mr Paul se défend : « Nous ne cherchons pas à calquer notre style sur l’un ou l’autre groupe. Et si ça arrive, on ne le fait pas exprès. Si tu nous parle de Soundgarden c’est un compliment. Mais la manière de capter le son a aussi son importance. Greg y est habitué. Il a bossé en compagnie de grosses pointures. Nous on s’est contenté de jouer le mieux possible. On avait consacré quelques répétions avant. On était bien préparés. On a fait quelques prises. A ce stade c’était tout simple. Mais le plus dur est arrivé après. Le mixing. Parvenir à obtenir le son qui était dans notre tête. Parce que si ça sonnait bien, on savait ce qu’on voulait obtenir et ce travail a pris du temps… En ce qui concerne le blues, il n’a pas vraiment disparu. Perso, ‘Game’ c’est du blues. Même ‘Master of all fears’, parce que je joue de la slide sur la basse et Ruben sur sa guitare. Quant à ‘And There She Was, Lying In Wait’, c’est un boogie fiévreux, à l’atmosphère étrange. C’est à mi-chemin entre le blues et stoner. Très 70’s, c’est vrai… » Et Ruben d’ajouter « On a un peu adopté le rythme du ‘On the road again’ de Canned Heat. » Et Monsieur Paul de déduire : « Maintenant tu as sans doute raison de dire que le disque n’est pas explicitement blues. Ce style est sans doute un peu plus sous-jacent… »

‘Trail of love’ est un slow un peu prog. Donc qui se réfère à nouveau au seventies. Une plage au cours de laquelle la voix suit les accords de guitare. Ruben clarifie : « Cette chanson, je l’ai écrite, il y a déjà 15 ans, au moins. Mais la mélodie ne m’est venue que l’an dernier. Lors d’un soundcheck effectué avant un concert, en Allemagne (il chante cette superbe mélodie). Elle m’a immédiatement plue et hop, le tout était ficelé. » Monsieur Paul nuance : « On a quand même dû bien la répéter, car elle n’était pas si facile à exécuter. En fait, on n’était pas habitué de jouer de cette manière et il a fallu s’adapter… » Et du prog, on en recèle encore sur ‘Big hole’, mais seulement dans la voix de Ruben, qui chante un peu à la manière d’Adrian Belew époque King Crimson. Ruben en explique la raison : « C’est à cause du delay » et Mario de préciser : « C’est amusant, sur le précédent album, un tas de journalistes ont fait des comparaisons avec le King Crimson… » Et pour en finir avec cette époque, ‘Splendor in the grass’ recèle des éléments psychédéliques. Serait-ce une ouverture pour le futur ou une volonté de coller au revivalisme contemporain ? Monsieur Paul réagit : « Ce sont nos racines. » Ruben concède : « C’est à cause des petits effets sur la voix. Un plug in, je pense ». Monsieur Paul rectifie : « On a tout préparé sur deux enregistreurs, un grand et un petit. Et on a modifié la vitesse. C’est ainsi qu’on créait du ‘flanger’ à l’époque. Un millième de seconde de différence pour donner cet effet de vertige… »

Un morceau se démarque de l’ensemble, ‘Halfway there’. Il y a des chœurs. Peut-être une boîte à rythmes. Une compo plus lente aussi, truffée de bruitages. A croire qu’ils l’ont enregistrée le lendemain d’une gueule de bois pour se reposer. Une réflexion qui les a bien fait rire. Monsieur Paul clarifie : « En fait, il n’y a pas du tout de boîte à rythmes. C’est Mario qui s’est chargé du bruitage à l’aide des fiches de câbles pour haut-parleurs qu’il manipule en cadence. Et tu as raison, il y a plein d’effets spéciaux. Par exemple, du piano, enregistré à l’aide d’un vieil enregistreur à cassette, comme tu trimballais avant, et les accords sonnent un peu faux. Puis du glockenspiel. » Mario ajoute « Et enfin, des bruits qu’on avait captés lors de la tournée, dans le bus ». Monsieur Paul confirme : « On avait enregistré le bourdonnement du moteur et c’est ce que tu entends… » Autre piste un peu différente, ‘There isn't time’, plus actuelle, aux accords de guitare très clairs, doublés même… Ruben avoue : « Il ne s’agit pas de re-recording comme tu penses, mais de l’utilisation d’un sax baryton. Ce procédé marche toujours très bien quand tu dois doubler les guitares. Los Lobos y recourt également… »

Avant d’enregistrer l’album, le trio a publié un single, une reprise du ‘I follow rivers’ de Lykke Li. Faut croire que le band apprécie cette artiste. Ruben commente l’épisode qui a conduit à cette cover : « On a accordé une session à Radio 3FM aux Pays-Bas et la station impose un exercice de style. Tu peux jouer une de tes compos, mais tu dois aussi reprendre un titre du Top 30. C’est la tradition. Une aventure plutôt bizarre. Nous étions arrivés la veille pour répéter le morceau. Et Ruben a conclu que c’était une chanson qu’on pouvait tenter d’adapter. On a cherché les accords et dans la soirée, c’était réglé. Seul Mario se demandait ce qu’il allait faire. Puis finalement, il a pris une cuiller et a tapoté sur une tasse de café (NDR : voir le clip ici). 

Et le lendemain nous étions présents à 7 heures du matin pour tourner la vidéo. Le soir nous devions nous produire à Groningen, au Nord de la Hollande. Et avant de nous mettre en route, on avait reçu un coup de fil du management qui nous informait que le clip marchait du tonnerre, alors qu’il n’y avait pas de disque de sorti. Les gens le téléchargeaient sur Internet et après 2 semaines on était numéro 1 aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Un accident très heureux. Ce n’était pas dans nos objectifs. C’est comme si c’était un conte de fées. Et c’est parce que c’est devenu un gros hit, qu’on a retardé la sortie de l’album… »

Triggerfinger se produira d’abord le 5 juillet à Rock Werchter, mais avant dans le cadre de Werchter Classic ce 28 juin, festival qui se clôturera par le set des Rolling Stones. Or le trio anversois a assuré la première partie du mythique groupe anglais à Hyde Park, le 6 juillet 2013. Finalement, ils ne les ont même rencontrés ni croisés. Monsieur Paul nous livre quand même une anecdote ‘people’ : « Par contre, lors d’une ‘private party’ en Allemagne, sa fille Gray Jagger, qui était organisatrice de cette fête, a dansé sur notre musique. C’est chouette quand même, non ?  Et puis elle est plus jolie que son père… » Ce qui n’est pas très difficile (éclats de rires)…

Pour terminer notre entretien, je leur montre la pochette sur laquelle les trois musicos sont vêtus de costards flambants neufs (NDR : comme sur la photo qui sert à illustrer cette interview). Et je leur demande s’ils ne craignent pas d’être engagés par H&M pour figurer dans leur prochain catalogue de mode. De quoi déclencher l’hilarité générale, qui va se prolonger pendant plusieurs minutes encore et se répandre sur toute la place de Brouckère…

Nouvel album ‘By absence of the sun’ : sortie le 21 avril  2014 chez Excelsior Recordings / V2

En concert :

16.04 Coutrai (B) De Kreun (Sold out)
17.04 Coutrai (B) De Kreun (Sold out)
19.04 Schijndel (NL) Paaspop
26.04 Gand (B) Jimmies Award Show
02.05 Bruxelles (B) AB (Sold Out)
03.05 Amsterdam (NL) Paradiso (Sold Out)
05.06 Paris (F) Zénith – 1ère partie de Shaka Ponk (Sold Out)

07.06 Montereau-Fault-Yonne (F) Festival Montereau Confluences
27.06 Roeser (Lux) Rock A Field
28.06 Werchter (B) TW Classic (Sold Out)
29.06 Paris (F) Solidays
04.07 Arras (F) Main Square Festival
05.07 Werchter (B) Rock Werchter (Sold Out)
06.12 Bruxelles (B) Forest National

 

 

 

jeudi, 20 mars 2014 00:00

La musique, c’est mathématique…

C’est en visionnant un clip d’Anna Aaron que votre serviteur s’est décidé de se rendre à un de ses concerts, et puis de lui consacrer une interview. Une superbe vidéo (voir ici ) au cours de laquelle on est immédiatement scotchés par l’amplitude vocale de l’artiste. Qui oscille de Sinéad O’Connor à Kate Bush, en passant par Lene Lovitch. Elle a bien sûr inclus cette chanson, « Stellarling », sur son second elpee intitulé « Neuro », un album dont le titre s’inspire du « Neuromancer » de William Gibson (NDR : enfin c’est ce que raconte la bio), écrivain qui a lui-même influencé le fameux long métrage « Matrix ». Pour entamer cet entretien, il me semblait donc naturel d’aborder le thème de la science-fiction sous son aspect littéraire et cinématographique…

Ce ne sont pourtant pas des sujets qui la dévorent particulièrement. Elle s’explique : « J’ai lu des extraits du bouquin, car je souhaitais acquérir un certain vocabulaire pour mieux appréhender cette matière. Et j’ai entrepris des tas de recherches pour y parvenir… » Mais c’est surtout l’aspect cyberpunk (NDR : définition sur Wikipédia ici) de ces références qu’elle creuse. Elle précise : « Une thématique parfaitement développée dans ‘Ghost in the shell’ (NDR : un manga de Masamune Shirow qui remonte à 1989), au cours duquel il y a des machines qui ont une âme presque humaine et où la femme est presque moitié robot et moitié déesse. Une approche à la fois mystique, romantique et technologique que j’ai beaucoup appréciée… » Est-ce la raison pour laquelle elle a un jour déclaré que la musique était mathématique, qu’elle nécessitait une cohérence entre le rythme et les harmonies ? Réduire la musique à des maths, n’est-ce pas la traduire en équation scientifique ? Et la réduire au solfège ? N’est-ce pas contraire au véritable esprit rock’n’roll ? Elle argumente : « Oui, j’ai fait cette déclaration, car on parle toujours de l’inspiration sous sa forme émotionnelle. Mais il existe également un côté rationnel dans la musique. Car la musique, ce n’est pas n’importe quoi. Les Occidentaux utilisent certaines tonalités ; or, elles sont beaucoup plus nombreuses dans les autres cultures. Chez nous, on s’arrête aux demi-tons. Pour bien comprendre la musique, il faut la placer dans un certain contexte. Plus scientifique. Il y a des mesures derrière… » Manifestement, les cours de piano classique qu’elle a suivis au cours de son enfance l’on plus marqués que le rock. Elle ajoute : « Mais le rythme, c’est aussi structuré, même si c’est plus simple. C’est souvent 1-2-3-4. Du 4/4 quoi. C’est métronomique. C’est mathématique… »

Si le premier elpee, avait bénéficié du concours de Marcello Giulliani, bassiste d’Eric Truffaz (NDR : qui l’a par ailleurs invitée à participer à la confection d’un de ses elpees, et à assurer le supporting act d’une de ses tournées), à la production, ‘Neuro’ a été enregistré sous la houlette de David Koster, mieux connu pour avoir notamment mis en forme des albums de Bat For Lashes et de Guillemots. Mais comment se sont déroulées les sessions auprès d’un personnage qualifié d’aussi perfectionniste ? Anna commente : « Bien. D’abord, je me suis posé des tas de questions avant notre rencontre ; et il est clair que j’étais un peu angoissée de bosser en compagnie d’un grand nom auquel je voue beaucoup de respect ; et je ne parvenais pas imaginer qu’il avait envie de travailler avec moi. Mais sur le terrain, il était nécessaire de briser la glace et d’évacuer ses idées préconçues, parce que dès qu’on entre studio, il faut être présent d’esprit, être bien lucide, prendre les bonnes décisions, gérer, diriger le processus et je ne pouvais pas perdre de temps en manifestant trop de révérence à son égard ; ce qui aurait pu nuire à la collaboration. Et puis finalement, c’est quelqu’un de très rigolo. Il a énormément d’humour, parfois même puéril ; ce qui nous a finalement permis de se détendre et même de rire aux éclats. Et le rire casse toujours la glace, comme on dit en allemand… » David a également entraîné Ben Christophers et le drummer de Cure, Jason Cooper, dans l’aventure. Quel a été leur rôle lors des sessions ? Anna répond : « Ben Christopher est venu 2 ou 3 jours. Il a assumé les parties de guitares et joué de toute une série d’instruments bizarres comme le phono phaser ou le marxophone, mais également plus anciens. Jason Cooper n’y a consacré qu’une seule journée. Mais comme le studio était trop petit, on a dû déménager une journée complète… »

Tout au long de ‘Neuro’, on est frappé par la qualité des harmonies vocales. Des chœurs, si vous préférez. Un travail technologique opéré sur sa propre voix. Elle confirme : « Oui, oui, il s’agit bien de ma voix. On a utilisé des samplings, des plugs in, des delays et d’autres trucs. Mais ce n’est pas ma voix qui est retravaillée, ce sont surtout les chœurs qu’on a mis en couches… » Lene Lovitch ? Elle ne connaît pas. Quoique manifestant beaucoup de considération pour Sinéad, elle n’aime pas trop son timbre, qu’elle estime trop atmosphérique… 

Certaines compos de son long playing adoptent un tempo binaire, dance, presque disco, d’autres sont imprimées sur un rythme plus élaboré. Le choix est-il délibéré ? Elle nous répond : « Non, pour moi, c’est très intuitif. Je suis incapable de fournir une explication logique. » ‘Totemheart’ évolue ainsi à la croisée des chemins du Floyd circa ‘One of these days’ et de Donna Summer, un morceau qui s’achève par une prière, voire une incantation mystique. Notre interlocutrice confirme que la fin de la composition est abordée comme une prière. Par contre Donna Summer, et même son célèbre ‘I feel love’, ça ne lui dit rien. Là où nos réflexions vont converger, c’est au sujet de ‘Neurohunger’, la plage le plus électro-indus de l’opus. D’abord le titre me fait penser à Sophie Hunger, une autre Suissesse, mais la compo, surtout à Nine Inch Nails. Elle corrobore mon point de vue : « C’est exact. Pourtant, je n’ai pas pensé à N.I.N. quand je l’ai composée ; mais il est vrai que pas mal de monde me l’ont fait remarquer…. »

Anna apprécie beaucoup David Eugene Edwards. Mais préfère-t-elle feu 16th Horsepower ou Wovenhand ? « Pour moi cette question est difficile. Il est clair que Wovenhand est encore en pleine évolution. Ce n’est pas un produit fini comme 16th Horsepower. En plus, chez Wovenhand, la métamorphose est toujours en cours. Entre le premier disque et le dernier, il y a une fameuse différence. J’ai eu le bonheur d’écouter le nouvel album de Wovenhand que quelqu’un du label m’a filé secrètement ; et manifestement il y a une progression marquante vers l’univers du rock, alors qu’à l’origine, la musique baignait plutôt dans le folk… »

Lorsqu’elle se produit en concert, Anna souhaite que le public devienne témoin de son set, qu’il y ait un partage entre elle et cet auditoire. « Effectivement, car je ressens sa présence. C’est très important. Il constitue un énorme corps dans la salle. C’est de la force. Et c’est cette puissance qu’elle incarne, qui est très importante pour moi. Je m’appuie dessus et c’est réciproque, je crois… »

Le Best Kept Secret festival se déroulera les vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 du mois de juin, à Hilvarenbeek, aux Pays-Bas. En voici l’affiche pour l’instant 

Line-up: Elbow, Franz Ferdinand, Interpol, Pixies, Angus & Julia Stone, Belle & Sebastian, Caribou, Chvrches, Slowdive, Babyshambles, James Blake, The War On Drugs, Lykke Li, Midlake, The Notwist, Daryll-Ann, Factory Floor, The 1975, George Ezra, Metronomy, Miles Kane, Mogwai, Moss, Nils Frahm, The Horrors, together PANGEA, Archie Bronson Outfit, Ballet School, Bombay Show Pig, Cheatahs, Childhood, Circa Waves, Larry Gus, Maydien, Night Beats, Oddisee, Pink Mountaintops, Pional (live), Radkey, Roosevelt, Ry X, School Is Cool, September Girls, The Bots, The Wytches, To Kill A King, TRAAMS, Young Fathers, Warm Soda, Wild Beasts, Breton, Broken Twin, Deap Vally, Eaux, Falco Benz, Heavy Times, Lyla Foy, MØ, Moddi, The Preatures, Thumpers, Truckfighters, Tijuana Panthers, Connan Mockasin, Forest Swords, Telegram, Catfish and the Bottlemen, PINS, Samaris et Star Slinger.

Pour plus d’infos : http://www.bestkeptsecret.nl

 

samedi, 29 mars 2014 00:00

Plus un poil de sec !

La Chiva Gantiva a été fondé par 3 Colombiens expatriés en Belgique. Dont le leader Rafael Espinel, chanteur/percussionniste qui avant de vivre à Bruxelles pour y suivre des cours de Beaux-Arts, avait transité par le Sud de la France. C’est en partageant une collocation au sein de la capitale, qu’il va rencontrer la plupart des musiciens qui vont former le groupe, un line up que rejoint alors un Français, un Vietnamien, et deux Belges. Et il faut avouer qu’en un peu plus de cinq ans, le septuor a pris de l’envergure. En 2010, il se produisait encore au Harby Festival à Anseroeul, entre Tournai et Renaix. Puis, après avoir effectué plusieurs allers-retours entre la capitale de l’Europe et la Colombie, où il remporte un franc succès, il commence à écumer des festivals de plus en plus conséquents en Belgique (Esperanzah, Couleur Café, Dour, etc.), et même à travers tout le Vieux Continent. Il vient d’enregistrer son second elpee, « Vivo », et se prépare à une tournée mondiale. En attendant, il se produisait ce vendredi 28 mars dans un AB Club sold out !

Vers 20h40, le combo monte sur l’estrade. Un drummer, un bassiste vêtu d’une salopette rouge, un guitariste (NDR : Felipe Deckers, également co-responsable de l’écriture des morceaux), deux cuivres dont un saxophoniste et un clarinettiste, une percussionniste en short, dont les cheveux bouclés lui tombent jusqu’au bas du dos ; et enfin, Rafael –cheveux noirs mi-longs en broussaille et barbe– armé d’un micro surmonté d’une mini caméra destinée à le filmer (voir résultat ici) Le set s’ouvre par le titre maître du dernier elpee, « Vivo ». Et on entre directement dans l’ambiance. Cumbia, champeta, afrobeat, funk, hip hop et rock vont faire bon ménage, ce soir. La température s’élève d’ailleurs rapidement dans la salle ; et le public a déjà des fourmis dans les jambes. Régulièrement, Rafael vient frapper sur son llamador ; mais surtout, il harangue la foule et l’invite à participer au spectacle. Lui demandant de répondre à ses onomatopées ou plus tard de lever les bras en les balançant de gauche à droite ; ou encore de faire le plus de bruit possible pour dépasser les 100 décibels. Il chante la plupart du temps dans la langue de Cervantès, parfois de Voltaire (« Pigeon »). Après quelques titres, il se retrouve en marcel et fatalement, à mi-parcours, torse nu. Bien vite imité par le drummer. Faut dire qu’il fait de plus en plus chaud, dans l’AB Club. La percussionniste frappe sur une sorte de tambour couché (tambora allegre) ou alors un tube en laiton. Après l’avoir détaché de son support, elle le secoue ou le gratte, à l’aide d’une sorte de racloir. Elle se déhanche sensuellement, un sourire permanent aux lèvres. Et puis, lorsqu’elle empoigne ses maracas, on a l’impression qu’ils ne font qu’un avec elle. La setlist épingle également l’un ou l’autre titre plus rap metal, abordé dans l’esprit de Rage Against The Machine ; moment choisi par les musicos pour bondir sur le podium, incitant la foule à les imiter. Même les cuivres s’y mettent, venant parfois se mesurer en bord de podium. Puis, le groupe nous présente un invité colombien. Il a emporté son propre llamador. Le premier titre auquel il participe manque un peu de cohérence ; mais dès le suivant, les ‘battles’ entre percus se multiplient. Natalia prend place derrière les fûts, afin que le batteur puisse passer à la trompette ; et son intervention est vraiment remarquable. Et quand La Chiva Gantiva attaque « Apreatao », on n’est plus loin d’une ambiance de carnaval, Natalia entamant alors une danse bien sud-américaine. Un petit bémol ? Certaines longueurs dans les morceaux ; et puis lorsque le guitariste, doué d’une excellente technique pourtant, en rajoute une couche. Ce qui heureusement, ne va pas nuire au climat général du set.

Le rappel s’ouvre par « Pa Ke Gozen ? ». Le gratteur a opté pour une sèche à 12 cordes tout au long de cette compo imprimée sur un tempo frénétique, au cours de laquelle Rafael prend son micro pour un revolver. Excellent ! Pour le très dansant « Amamar », Rafael s’est coiffé de son célèbre chapeau de flamant rose, et le fait tourner autour de la tête. Ebouriffant ! La finale est particulièrement percussive. Le drummer a enfilé sa tenue de squelette et le public ne tient plus en place. Hormis le batteur, tous les musiciens sont en front de scène et semblent particulièrement heureux de l’accueil que lui réserve l’auditoire. C’est bras dessus bras dessous, que les sept musicos, complètement trempés, viennent saluer un public conquis et en transpiration. Plus un poil de sec !

(Organisation : AB + Live Nation)

Setlist

Vivo
Para Arriba
Estrenando
Pigeon
Por eso canto
El Pollo
Chofer
La Pecosa

El Valor tiene mareo
Pelao
Loco como yo
Wepaje
El chenche
Apretao

Rappel

Pa ke gozen?
Amamar
Migraño

(Voir aussi notre section photos ici)

 

vendredi, 28 mars 2014 17:13

Blood / Lines

« Blood lines » constitue déjà le quatrième opus de cette Californienne (NDR : elle est née à San Francisco, en 1982). Si sur ses trois premiers opus, les influences rencontrées, oscillaient de PJ Harvey à Alela Diane en passant par Cat Power, « Blood / Lines » semble davantage évoquer Kristin Hersh voire même les Throwing Muses. A cause de sa voix, bien sûr, mais également des contre-voix assurées tantôt par le biais du re-recording ou par Marissa Nadler (sur « Faster than the devil » et « Dandelion Daze »). Encore que lorsque ces harmonies vocales adoptent un format élégiaque, c’est plutôt à Siouxsie Sioux qu’on se met à penser. Guère étonnant quand on sait que la musique d’Emily est fondamentalement gothique. Sur ce dernier elpee, les arrangements de cordes sont moins présents. A contrario, la guitare électrique l’est davantage, souvent réverbérée, mais sans jamais devenir envahissante. A l’instar de ce dialogue élégant entre gratte et ivoires sur « The Roses ». Des ivoires qui ont quand même conservé leurs prérogatives. Sans oublier la présence judicieuse des claviers. Ténébreux, le disque recèle également des plages plus denses, comme le solennel « Wake », l’incantatoire « Keeley » hanté à la fois par Hope Sandoval et Sinead O’ Connor, le tumultueux « The wolves » ainsi que « Thoroughbred », une compo digne d’une B.O. de western spaghetti signée Ennio Morricone. Un très bel album…

 

jeudi, 20 mars 2014 00:00

Une voix hors du commun…

C’est la première fois que vos serviteurs mettaient les pieds à La Péniche. Sur les bords de la Deûle, face au champ de mars, le bateau existe en tant que Café Théâtre depuis 12 ans. Susceptible d’accueillir une centaine de personnes, il constitue un lieu de référence de découverte de musiques actuelles et humoristique.

A l’affiche, ce soir, Anna Aaron, qui a eu la gentillesse de nous accorder une interview, une grosse heure plus tôt, dans le Vieux Lille. Anna est de nationalité suisse et vient de publier son second album. Baptisé « Neuro », il a été précédé par un remarquable clip –et par ailleurs single– intitulé « Stellarling ». Et c’est ce clip qui nous a donné l’envie d’aller la voir en concert. Afin de vérifier que cette voix remarquable l’est tout autant sur les planches…

Vers 20h40, le backing group d’Anna monte sur le petit podium. Un drummer, un bassiste (également préposé aux synthés) et une guitariste (parfois à la sèche, le plus souvent à l’électrique) qui pianote circonstanciellement sur un synthé mais surtout assure à merveille les contre voix. Anna débarque à son tour et s’installe derrière une console impressionnante qui combine plusieurs niveaux de claviers, dont un synthé et un piano électrique, mais également une boîte à rythmes et une loop station qui va lui permettre, notamment, d’échantillonner sa voix. Sans oublier les deux micros. Doit y a voir également d’autres gadgets électroniques, mais là on entre dans un domaine purement technique. En la voyant débarquer sur l’estrade, on reconnaît à peine la demoiselle que nous venons de rencontrer en tête à tête. Maquillée, les cheveux tirés en arrière, vêtue d’un top reproduisant les motifs en pointillés de son dernier elpee, elle a manifestement un fameux charisme.

Le set s’ouvre par l’inévitable « Stellarling », et première constatation, le son est parfait. La voix d’Anna est aussi splendide que sur disque, et franchement au milieu de tout ce matos, elle assure. Une voix qui va même nous flanquer des frissons sur « Simstin », la plage qui clôt le dernier long playing. « Sea monsters » est un premier extrait du précédent elpee, « Dogs in spirit ». Le morceau le moins convainquant, aussi. Mais « Totemheart » remet immédiatement les pendules à l’heure ; un titre qui évolue sur un tempo électro dance subtil, tout en mettant l’accent sur les voix, les boucles de voix et la contre voix. Un morceau dont le final est même plutôt surprenant. A partir d’« In the devil’s cave », deuxième plage issue de l’opus précédent, le son monte en puissance, « Elijah’s chant » autre extrait embrassant même un format carrément rock. Avant que « Neurohunger », dernier track du concert proprement dit, ne libère un groove dévastateur.

Le rappel est rapidement accordé et s’ouvre par « Mary Ruth » qu’Anna interprète en solo. Les autres musicos remontent sur la scène pour aborder l’atmosphérique « Off ». La setlist embraie par le beau et mélancolique « Case », puis le dispensable « Linda » avant de s’achever par le percutant « Where are you David ».

Bref, devant à peine 50 spectateurs, Anna Aaron a démontré toute l’étendue de son talent, un talent qui augure un succès futur à conjuguer sous une autre dimension. Elle possède une voix hors du commun, dont l’amplitude lui permet de passer du grave au falsetto avec une facilité déconcertante. Dans un registre qui oscille de Sophie Hunger à Kate Bush, en passant par Lene Lovitch et même parfois Sinead O’Connor. Et en plus, c’est une excellente musicienne (NDR : c’est un prof de musique classique qui lui a donné ses premiers cours de piano) et elle compose ses propres chansons. Dans la langue de Shakespeare, qu’elle maîtrise parfaitement. Enfin, elle peut s’appuyer sur une guitariste/vocaliste aussi douée que solide. Et très jolie, pour ne rien gâter. Un pari ? Non, une projection ! L’AB ou le Cirque Royal, d’ici deux ans. On en reparlera…

(Organisation : A Gauche de La Lune)   

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jeudi, 20 mars 2014 16:01

Neuro

Chanteuse/compositrice/interprète/pianiste, Anna Aaron est de nationalité suisse. Elle est plus précisément bâloise. « Neuro » constitue son second opus, et fait suite à « Dogs in spirit », paru en 2011. Lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de Ben Christopher, de Jason Cooper (NDR : c’est le drummer de Cure !), mais surtout de David Kosten, à la mise en forme, producteur qui a notamment bossé pour Bat For Lashes et Guillemots.

Les lyrics de « Neuro » s’inspirent du ‘Neuromancien’ de William Gibson, un auteur de science-fiction qui a notamment influencé le film culte, « Matrix ». Vous avez peut-être eu l’occasion de regarder et d’écouter le remarquable clip consacré à « Stellarling », une compo au tempo sautillant, balisée par un piano sonore, et magnifiée par la voix ample et profonde d’Anna, alors réminiscente de Lene Lovitch. C’est également une des meilleures chansons de l’opus. « Sutekina » est également superbe. Les vocaux semblent alors plutôt hantés par Sinéad O’Connor. Une plage énigmatique, enrobée de chœurs. Ces voix sont d’ailleurs extrêmement travaillées tout au long de l’elpee. Par le biais du rerecording, c’est une certitude. A l’instar de « Case », une piste électro abordée dans l’esprit de Radiohead. De « Neurohunger », également, davantage électro indus, mais sous un format plus proche de Nine Inch Nails. Une électro qui s’imprime également parfois sur un format binaire. Sans doute idéal pour danser, mais pas vraiment ma tasse de thé. Je la préfère dynamisée par une boîte à rythmes plus ample. Comme sur l’hymnique « Totemheart », sorte de rencontre improbable entre le Floyd et Donna Summer, une piste dont la conclusion ressemble à une incantation mystique. Le long playing s’achève par « Simstim », encore un morceau électro, mais à la fois atmosphérique et minimaliste.

Anna Aaron se produira ce jeudi 20 mars à la Péniche de Lille.