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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Jon Spencer
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Chroniques

Charlie Looker

Simple answers

Écrit par

Charlie Looker est un multi-instrumentise et compositeur new-yorkais dont l’expression sonore, qualifiée de ‘classique moderne’, s’inspire à la fois de la musique ‘classique’ (NDR : of course !) de l’indus, du rock alternatif, de l’électro, du métal et du post punk. « Simple answers » constitue son premier elpee solo. Avant d’entamer une carrière individuelle, il a sévi dans plusieurs groupes, dont Psalm Zero, Extra Life et Dirty Projectors, mais aussi participé à de multiples projets. Pour l’enregistrer, il a reçu le concours d’un orchestre symphonique de 18 musiciens. Un projet ambitieux qu’il a donc concrétisé à travers ces 8 longues plages…

Le long playing s’ouvre par le majestueux et dramatique « What dawn is this ? (overture) », une plage qui met bien en exergue les choeurs éthérés et angéliques. Des chœurs qu’on retrouve sur « Fascists moments », un titre partagé entre collages sonores et envolées lyriques, malgré une intro focalisée sur la guitare en picking. Mais aussi sur « What dawn is this (return) », dans un climat davantage liturgique. Ce qui frappe également, c’est la voix baroque, emphatique, très anglophone, de Charlie ; et elle magnifie « Ritual fire », la meilleure piste du long playing », une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Radiohead. Malheureusement, au fil du sillon, ces atmosphères grandiloquentes, glaciales, tourmentées, nuisent à l’harmonie des compos. Et il faut attendre le final « Puppet », pour retrouver ce sens mélodique, sur l’excellent « Puppet », une piste qui paradoxalement est très susceptible de rappeler… Frank Zappa, quand elle adopte des accents ‘jazz fusion’…

On n’en n’oubliera cependant pas les lyrics qui posent, notamment, une réflexion sur la montée du fascisme en Occident.

 

Modern Studies

Welcome Strangers

Écrit par

Etabli en Ecosse, Modern Studies pratique une forme de pop de chambre contemporaine ; un peu comme chez The Divine Comedy, mais en moins punchy et emphatique, au sein de laquelle il y intègre folk, jazz, rock, suivant les morceaux. Les arrangements sont riches et  particulièrement soignés et les harmonies vocales échangées entre Emily Scott et Rob St John, impeccables, parfois pastorales, dignes même de Fairport Convention. Le groupe a également recours à un harmonium victorien, qu’il utilise aussi judicieusement que subtilement. Mais, pour enregistrer cet opus, il a également fait appel à de multiples collaborateurs, dont un orchestre de chambre (violons, altos, violoncelles, trombones, chœurs) et même des membres de leur famille, outre, bien sûr, l’utilisation par le quartet, d’une basse, d’une guitare et de drums.

« Welcome Strangers » constitue le second elpee de ce quatuor. Bien équilibré et homogène, il manque cependant de surprises. Ce qui entraîne, au fil de l’écoute, un sentiment de lassitude, bien légitime. Il y a bien le légèrement plus rythmé « Mud and flame », l’exotique « Let idle hands », au refrain euphorique (David Byrne ?) et l’envoûtant et bien cuivré « Horns and trumpets », dont les voix sont conjuguées un peu comme Nick Cave et Kylie Minogue, sur « Where the Wild Roses Grow », mais rien qui pourrait vous flanquer un coup de boost avant de commencer votre journée…

 

Mycatisgreen

Catfish (Ep)

Écrit par

Mycatsigreen est un projet imaginé par Sébastien Flémal, en 2017, alors qu’il était encore impliqué chez Paperweight. Depuis, il a poursuivi sa carrière en solitaire, publié quelques singles et un premier Ep, « I will always use the telephone (my love) » via Bandcamp, avant de graver un second sur les plateformes numériques.

Découpé en 5 plages, « Catfish » baigne dans une sorte d’indie pop/folk/rock/lo-fi inspiré à la fois par les 90’s et tout particulièrement The Feelies, Belle & Sebastian, Tahiti 80 ainsi que Lemonheads (NDR : un titre de cet Ep s’intitule d’ailleurs « I listen to the Lemonheads »). Au menu : riffs de guitare électriques, acoustiques ou semi-acoustiques plaqués (NDR : sauf sur la ballade mid tempo « Tuesday », jouée en picking), lead vocal et chœurs éthérés, ligne de basse élégante, que vient parfois soutenir des drums, et un zeste d’électro, histoire de donner un ton plus contemporain à l’ensemble. Un titre plus enlevé quand même, « Daisy », pour clôturer cet Ep qui ne manque vraiment pas d’allure…

 

OCS

Memory of a cut off head

Écrit par

OCS est un projet monté par John Dwyer, avant qu’il ne fonde Thee Oh Sees (NDR : suffit de prononcer le sigle pour se rendre compte de l’analogie). Et « Memory of a cut off head » constitue déjà son cinquième essai ; le dernier « OCS 4: Get Stoved » remontant quand même à 2005. Lors des sessions d’enregistrement il a reçu le concours de plusieurs collaborateurs, dont son bassiste Tim Hellman et puis l’ex-chanteuse/claviériste Brigid Dawson ainsi que l’ex-drummer Patrick Mullins. Si le band de San Francisco pratique du garage/rock, OCS privilégie un psyché folk enrichi d’arrangements, notamment de cordes, mais aussi de cor, aussi discrets qu’efficaces. Un peu dans l’esprit du mythique Love, quoique les pistes les plus acoustiques et lentes lorgnent plutôt vers Nick Drake. Douces et rafraîchissantes, les voix de Brigid et de John créent des harmonies troublantes, déchirantes, limpides. L’opus recèle, en outre, deux morceaux aux références surprenantes. Tout d’abord « Choping block », réminiscent du « Space Oditty » de Bowie, et l’introspectif « Time turner », plutôt hanté par le Velvet Underground circa Nico. Et le recours au mellotron apporte un petit côté prog inattendu, à l’ensemble. Un chouette album !

 

Superorganism

Superorganism

Écrit par

Si un groupe devait incarner le progrès technologique, la mondialisation et la circulation des êtres humains sur le globe (à l’exception, bien sûr, de la population issue de l’hémisphère Sud), Superorganism constituerait certainement le meilleur ambassadeur de cette évolution. Tout a commencé par la prise de contact entre une jeune Japonaise d’à peine 16 ans, Orono Noguchi, et un groupe néo-zélandais, dont elle est fan. Le courant passe bien entre les correspondants qui échangent des fichiers audio. Elle est finalement invitée à y poser la voix. Il s’agit des balbutiements qui précèdent la formation du band. Quelques mois plus tard, Superorganism est né. Le line up implique huit musicos issus d’Angleterre, du Japon, de Nouvelle-Zélande et d’Australie, dont sept vivent ensemble, dans une maison équipée d’un studio DIY, sis à l’Est de Londres. De leur collaboration va éclore un premier single baptisé « Something for Your M.IN.D ». La compo devient virale. Frank Ocean et Ezra Koenig (Vampire Weekend) ne tarissent pas d’éloges le combo. Domino le signe. Ce qui permet à Superorganism de publier un premier elpee et puis de se voir ouvrir les portes des festivals les plus prestigieux, dont le Pukkelpop. Tout baigne pour l’octuor cosmopolite…

D’une efficacité redoutable, ce premier LP marche sur les traces de MGMT voire d’Architecture in Helsinki. Une pop foutraque, jouissive et colorée (à l’image des clips et ‘costumes’ de scène) qui contraste avec la voix faussement apathique d’une Orono abordant des sujets de société, comme l’importance de l’image ou la célébrité. Une expression sonore alimentée par des synthés, de la guitare, des chœurs, des samples et des bruits issus de la vie quotidienne. En résulte dix singles potentiels dont les plus notables s’intitulent « Everybody Wants To Be Famous », « SPRORGNSM » et, bien sûr, « Something For Your M.I.N.D ».

Pour conclure, rien de tel qu’une citation d’Orono elle-même : ‘J'aime penser que Superorganism est juste une faute d'orthographe à Superorgasme’. Vu la jouissance ressentie à l’écoute de l’album, cette phrase prend alors tout son sens.

 

Arctic Monkeys

Tranquility Base Hotel + Casino

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Devenus en l’espace de quelques albums, l’un des mastodontes du circuit rock mondial, les p’tits gars d’Arctic Monkeys auraient pu décider, à l’instar de King of Leon ou des Editors, de devenir une véritable machine à tubes, en gonflant le son et en offrant aux stades les refrains XXL et testonérisés dont ils raffolent. C’était mal connaître Alex Turner et ses élégantes aventures précédentes vécues au sein de The Last Shadow Puppets…

« Tranquility Base Hotel + Casino » est surprenant. A cause de cette ambiance classieuse et croonesque’ si chère à ce projet partagé auprès de son comparse Miles Kane. Turner a écrit les pistes de son sixième opus au piano, depuis Los Angeles, et pas à la guitare, comme il était coutumier du fait. En résulte des compos feutrées, matinées de sonorités 70’s, qui évoluent aux confins de l’univers d’un Father John Misty voire de Jarvis Cocker. Un opus qui risque de désarçonner les fans. Pas un single à l’horizon, mais une collection soyeuse de titres nostalgiques teintés de soul. Une belle prise de risque…

 

The Decemberists

I’ll Be Your Girl

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Véritable mythe de la scène indie U.S des années 2000, The Decemberists a publié la bagatelle de 8 elpees, depuis 2002. Mais au fil du temps, le combo a un peu perdu de sa fraîcheur originelle, libérée tout au long de ses classiques « Picaresque » et « The Crane Wife »… Une constatation corroborée par le dernier opus, « What a Terrible World, What a Beautiful World », qu’on pourrait qualifier de moyen. Pourtant, la passion de Colin Maloy et sa bande est demeurée intacte ! Et le groupe nous le démontre tout au long de cet « I’ll Be Your Girl », un disque qui respire la bonne humeur dès son morceau d’ouverture, l’hymnique « Once in My Life », une compo aux accents électro 80’s. Ou encore « Severed », un titre aux réminiscences disco. Sans oublier le glam/rock addictif, « We All Die Young ». Le long playing recèle, en outre, un morceau de bravoure, comme il est le seul à pouvoir le composer; en l’occurrence le sombre diptyque final « Rusalka, Rusalka/The Wild Rushes ». Mais en général, le folk/rock de la formation est joliment coloré de teintes new wave. Tout en conservant le lyrisme qui fait son charme, The Decemberists semble avoir retrouver son potentiel créatif, mais également une joie de jouer diablement communicative grâce en partie au producteur John Congleton (St. Vincent, The Walkmen). The Decemberists prend à nouveau des risques ; et c’est une très bonne idée !

 

Kent (France)

La grande effusion

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Kent a fondé Starshooter en 1977. Lorsque le groupe se sépare en 1982, l’artiste entame une carrière solo, et pas seulement dans l’univers de la musique, mais également de la BD et du roman. Il apporte aussi sa collaboration à de nombreux congénères, dont Johnny Hallyday, Calogero et Nolwenn Leroy. Il signe encore « Quelqu’un de bien », un titre chanté par Enzo Enzo, en 1994.

Enregistré ‘live’, l’album a été enregistré le 7 novembre 2017, au Café De la Danse, à Paris. « La Grande Effusion » survole quatre décennies de sa carrière. Il y revisite, tantôt seul, flanqué de son groupe ou en duo avec Alex Beaupain (« Tous les Mômes »), Katel (« Notre amour »), Alice Animal et encore le chanteur/guitariste de Radio Elvis, Pierre Guénard (l’excellent « Metropolitain »), des chansons de son répertoire devenues classiques. Et des morceaux, le plus souvent empreints de mélancolie. A l’instar de « Panorama » ainsi que d’une variante longue d’« Ici Et Maintenant ». De l’elpee, on épinglera encore les versions des « Congas et maracas » et « Bestsy party » de Starshooter, ainsi que l’hommage à feu Bowie, « Scary monsters »…

 

La version digitale est enrichie de deux bonus tracks.

 

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