Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Ora Cogan
The Cure
Chroniques

Luc Van Acker

Taking Snapshots Vol 1

Tout jeune, Luc Van Acker était déjà intoxiqué par les expérimentations électroniques. A l'âge de dix-huit ans, il a même enregistré des démos dans sa chambre, enregistrements qui donneront lieu en 1980 à la sortie en vinyle de "Taking Snap Shots". Cet opus bénéficie donc aujourd'hui d'une gravure en CD. Et nous supposons qu'un second volume devrait suivre. Ce disque nous entraîne à la découverte des premières influences de Luc. Qui oscillent de Kraftwerk à David Byrne, en passant par Todd Rungreen, DAF et John Foxx. Nous sommes ici très loin des aventures funkysantes de Schriekback et encore plus loin du metalcore ravageur et ravagé auquel il consacre aujourd'hui l'essentiel de sa création.

 

The Saints

The most primitive band of the world

Les dix compositions de cet album posthume des légendaires Saints remontent à 1974, à peu près un an après la formation du groupe et deux ans et demi avant la sortie de leur premier single, "I'm Stranded", que l'on retrouve inévitablement sur ce disque dans une version primitive. A l'époque l'univers musical de ces kangourous était hanté par le Velvet, les Stooges, Del Shannon, Presley, Bo Diddley et consorts. Et en concert, les quatre lascars balançaient un punk à grand renfort de riffs de guitare monolithiques et de vocaux délabrés ; un punk tellement cradingue que la ville natale de Brisbane les traitait de pestiférés. Ce qui ne les empêchera pas de signer chez EMI deux ans plus tard. Mais là, c'est une autre histoire.

 

Vaya Con Dios

Roots and wings

Quatrième album pour la bande à Dani Klein. Douze titres qui oscillent du disco funk le plus insipide au rhythm’n’blues nightclubbien en passant par les deux ballades hyperléchées : le single "Dont break my heart", pourtant renforcé par le concours de l'ex-guitariste de Steppenwolf, Lary Byron, ainsi que la cover d'Etta James,"Evening of love"... Côté finition, bien qu'autoproduit, Vaya Con Dios n'a pas lésiné sur les moyens. En fait, la plupart des arrangements de ce "Roots and wings" ont été réalisés dans les célèbres studios Muscle Shoals, en Alabama. Et puis, "What if" a bénéficié de la collaboration du Mississipi Mass Choir ainsi que de la section à cordes arabe du Hossam Ramsy, alors que "Stay with me" a été enregistré à Londres en compagnie d'un orchestre philharmonique. Malheureusement, Vaya Con Dios a beau mettre tous les atouts dans son jeu, ce "Roots and Wings" confirme la lente et inéluctable descente du groupe dans l'univers futile de la variété...

 

Salad

Drink me

"Drink me". Pourquoi pas ‘Eat me’ ? A notre connaissance, la salade se mange, mais ne se boit pas encore. Evidemment, en feuilletant la brochure du CD, vous comprendrez plus facilement les élucubrations métaphoriques entretenues par le groupe. Salad vient d'enregistrer son premier véritable album. Pas une collection de singles, comme le précédent. "Drink me" propose quatorze pop songs capricieuses, troublantes, énigmatiques, caressées par la voix glacée, volatile et sensuelle de Marijne, figure emblématique du groupe. Quatorze chansons parmi lesquelles "Motorbike to heaven", "Drink the elixir" et "Your ma" se révèlent irrésistiblement contagieuses. Ombres et lumières, menaces et chuchotements pour une œuvre conçue avec un esprit beaucoup plus proche d'Echobelly, de Sleeper, voire d'Elastica, donc de la new wave, que du popcore cher aux Breeders ou à Veruca Salt. Quoique!...

 

The Wolfgang Press

Funky little demons

D'un avant-funk monolithique, post industriel consommé sur son premier elpee "The burden of Mules", Wolfgang Press est parvenu progressivement à redéfinir la soul à travers la technologie contemporaine. Et "Funky little demons" en est probablement le plus bel aboutissement. Douze chansons à la ‘viscéralité’ fluide, à l'humour macabre et au groove irrésistible, débitées comme des petites histoires qui indiquent la marche à suivre entre la foi et le désespoir. Un message douloureux épanché par la voix de baryton venimeuse, trempée dans l'absinthe de Mick Allen (Cave?, Stuart de Tindersticks). Douze compositions parmi lesquelles "Blood Satisfaction", "Executioner" et surtout "Christianity" atteignent la perfection dans le feeling. Pas pour rien que le célèbre Méldoy Maker leur a attribué le titre de sultans de la soul sordide, et même de mandarins de la mélodie trouble. Bref, un remarquable opus né d'une fusion idéale entre computers et instrumentation traditionnelle (basse malveillante, guitares torturées, subtiles, extravagantes, aux staccatos explosifs, tempo post Isaac Hayes). Même le défunt New Order devrait apprécier!

 

Kim Salmon

Kim Salmon and The Surrealists

Kim Salmon est australien. Flanqué des Surrealists, il vient de commettre son cinquième album. Avant de driver cette formation, il a sévi au sein des Scientists, puis de Beasts of Bourbon. Mais c'est surtout son implication chez les Scientists qui lui ont valu un statut de mythe. Un épisode qu'il a vécu au tout début des eighties. Au même moment que le Birthday Party de Nick Cave. Deux formations qui ont d'ailleurs marqué de leur empreinte la scène punk rock antipodale. L'enregistrement de cet opus éponyme a bénéficié du concours de Conway Savage, pianiste des Bad Seeds. Pour deux morceaux seulement. Un elpee qui n'a jamais été aussi proche d'Iggy Pop. L'Iggy Pop des Stooges, bien sûr. Garage, malveillant, sauvage, sensuel, hypnotique. Alimenté par des cordes de guitare mordantes, torturées, une ligne de basse lascive, un tempo tribal. Galvanisé par un groove irrésistible. Et oxydé par le baryton profond, lugubre, confidentiel de Kim. Une œuvre qui recèle une adaptation dramatique du "Holocaust" d'Alex Chilton", un exercice de style soul/funk/jazz particulièrement réussi, "Innersense", et une nouvelle version du célèbre "Frantic romantic", standard célébré par Kim en ‘live’ depuis l'époque des Scientists...

 

The Wannadies

Be a girl

Les Wannadies pourraient  bien emprunter le chemin du succès tracé, voici un peu plus de vingt ans, par leurs compatriotes Abba. Et pourtant leur musique est fondamentalement différente. Enfin presque. Puisque les harmonies vocales sont aussi soignées. Et se mettent au service d'une pop onctueuse, fruitée et allègre. Mais la forme s'inspire davantage des ensembles britanniques comme les Charlatans ou les Dylans, voire les Beatles. Ils en sont déjà à leur troisième album. Et ont dû, jusqu'à présent, se farcir des comparaisons pas toujours très judicieuses avec les Go Betweens (à la rigueur), REM (du côté des doigts de pieds, sans doute) et même aux Violent Femmes (là il faut vraiment se faire violence...) Si leurs deux précédents opus étaient dominés par le violon, cet instrument s'est ici estompé au bénéfice des guitares. Des guitares semi acoustiques, mais également électriques, fraîches, séduisantes, mais également agressives, dans le sens le plus excitant du terme. Et puis des claviers légèrement rognés ainsi qu’une basse versatile qui apportent saveur et sensibilité aux mélodies duveteuses, astucieuses et fruitées. Un album très agréable, à l'image du single "You and me song", mélange capricieux mais séduisant de bossa nova et de power pop. Un futur super groupe!

 

The Same

Spoon C

Ils sont jeunes et paradoxalement attirés par la musique des seventies. Vainqueurs du Spinrock de Mol et du Cararockrally en 94, ils ont eu l'opportunité d'enregistrer leur premier album sous la houlette d'Herwig Duchateau (Blue Blot, Soulsister). Un disque qui devrait plaire à tous les nostalgiques de la musique ‘prog rock’ éclose voici déjà un quart de siècle. Toon Walgrave est un excellent chanteur dont le timbre vocal acéré, rappelle Roger Hodgson. Allez, faites un effort! Un des deux chanteurs de Supertramp! Et la rétrospective ne s'arrête pas en si bon chemin. Jugez plutôt. Genesis circa "Foxtrot" pour les progressions de cordes acoustiques. Le Floyd devant son "Wall". Jonesy, mais en fanfare. Mad Curry délayé dans les claviers fluides. Et plus classiquement, Renaissance. Pas seulement à cause du soin, pour ne pas dire de la pompe (gonflé le gars!), apporté aux backing vocaux. Mais surtout à cause de cette construction mélodique relativement symphonique. The Same? Des babas cool en herbe!