Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Chroniques

PPz 30

Sweet smell of suckness

Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre le single "Jumpin Jeosophat" sur toutes les ondes radiophoniques du pays, depuis le mois de juin. Un single écorché par le timbre vocal très caractéristique, presque étranglé de Bruce qui apporte une coloration toute particulière au funk blanc froissé, cuivré de cet ensemble bien de chez nous. Hormis "Play" au climat nightclubien, "Things that I like" dont le tempo convulsif semble avoir été emprunté célèbre "Lucky Number" de Lene Lovitch le final ‘reggaenigmatique’ "Do ya", la plupart des autres morceaux semblent davantage stimulés par le hardcore, un hardcore qui effleure même parfois les zones les plus sensibles du hip hop. Mixé par l'inévitable Gilles Martin (Tuxedomoon, dEUS, Little Nemo, etc.), "Sweet Smell of Suckness" devrait permettre à PPZ 30 de cimenter (!) définitivement son statut d'outsider sur la scène contemporaine du trash metal...

 

Pram

Sargassa sea

C'est, paraît-il, dans la mer des Sargasses, que l'on rencontre les formes de vie animales les plus étranges, les plus dangereuses. Les légendes regorgent, d'ailleurs, d'épopées survenues aux marins, pêcheurs, flibustiers et autres téméraires qui s'étaient imprudemment aventurés dans ces eaux périlleuses. Pour illustrer son troisième album, Pram a donc choisi le monde du rêve et des aventures. Ou si vous préférez, des cauchemars et des mésaventures. Une étrange jungle sonore où tourbillonne un surréalisme ambient, crépusculaire, que l'on pourrait également appeler muzak. Rythmes angulaires, mécaniques, presque funk, synthés désuets, fluides (Blue Orchids?), violon subtilement grinçant, clarinette venimeuse, piano sinistre, guitare sournoise, samplings post industriels (Cabaret Voltaire, Clock DVA), bruitages et collages en tous genres et vocal blême, puéril de Rosie parviennent, comme par accident, à tramer une texture tout à fait mélodique. Un album étrange et fascinant qui pourrait correspondre à un hypothétique croisement entre King Crimson circa "Island", Tuxedo Moon et les Raincoats. Surprenant!

 

The Presidents Of The United States Of America

The Presidents Of United States Of America

Flanqué d'un patronyme pareil, vous pouvez facilement vous imaginer que les musiciens du groupe ne sont pas des tristes sires. Et vous avez amplement raison. L'humour, ils en ont à revendre et ne se privent pas de le dispenser tout au long de leur opus éponyme. Un trio yankee. Issu de Seattle. Natif de Seattle, pour être tout à fait précis. Chris Ballew, guitariste de la formation a côtoyé tout un temps Mark Sandman, aujourd'hui impliqué chez Morphine, au sein d'un certain Supergroup. Il a en outre relevé du backing group de Beck, voici quelques années. Ce qui ne vous éclaire guère sur la musique pratiquée par ce combo. En fait, elle touche un peu à tous les styles. Avec une prédilection toute particulière pour le popcore (Pixies) et le funk (Red Hot). Un album bourré de surprises qui n'hésite pas à pasticher tout ce qui peut être éligible dans le monde de la pop et du rock. Les Beatles, par exemple, mais également les chats…

 

Pribata Idaho

The Sueroine

Les trois musiciens de ce combo espagnol sont probablement des fervents admirateurs du mythique Byrds. Trop de similitudes nous permettent de le penser. Depuis la country jusqu'au psychédélisme, en passant par les harmonies vocales et la rickenbacker. On a même droit à une composition de la trempe de "High miles high". Le titre maître, en l'occurrence. Une texture qui est, cependant, régulièrement enrichie d'éléments acoustiques et de percussions. De folk song quoi. Mais pas à caractère hispanique. Plutôt britannique. Du début des seventies. A cause des ballades conçues avec le même esprit qu'un Natural Ascoustic Band. A vos encyclopédies!

 

Chuck Prophet

Feast of hearts

En quittant l'irascible Dan Stuart, Chuck Prophet mettait fin à une collaboration qui remontait à 1982, et en même temps sonnait le glas de Green On Red. Faut dire que nonobstant ses qualités indéniables de compositeur/chanteur et surtout de guitariste, Dan devenait de plus en plus difficile à vivre. Et le temps passé par Chuck à essayer de supporter son acolyte (qui a dit alcoolique?) devrait lui valoir la médaille de la diplomatie. Peu de temps avant la rupture définitive, le caractère de Dan commençait même dangereusement à déteindre sur le sien. Et comme il le décrit si bien lors d'une toute récente interview, il lui devenait de plus en plus difficile de boire couché et de dormir debout...

Venons-en au troisième album solo de ce Californien. Hormis le fabuleux "How many angles", taillé dans un garage rock presque crazyhorsien, le disque affronte un country-pop-rock-blues très basique, qui met en évidence les multiples talents de guitariste de Prophet (steel, bottleneck, etc.). Pas très original, mais bien balancé et surtout parfaitement produit. Un disque qui devrait lui permettre d'accéder à la cour des grands. Là où jouait le défunt et mythique Creedence Clearwater Revival et joue encore Eric Clapton, Tom Petty et Tony Joe White. China Records considère d'ailleurs cet opus comme une priorité dans son opération de marketing. Faut dire que "Balinese dance" s'était vendu à 75 000 exemplaires. Alors, vous pensez ? Atteindre et même dépasser ce chiffre devient presque une obligation...

 

Red Hot Chili Peppers

One Hot Minute

Impossible d'aborder un album de Red Hot Chili Peppers sans le poser sur son dénominateur commun : le funk blanc. "One hot minute" ne déroge pas à la bonne règle. Et il est indispensable de replacer notre analyse dans ce contexte pour vous faire une idée plus ou moins exacte du contenu de ce morceau de plastique. Treize titres. Pimentés, sulfureux, vivifiants. Depuis les classiques "Shallow be thy game", "Coffee shop" (bien que glamourisé), "Deep kick" (au parfum "Frusciante"), "Warped" (à la Verve atmosphérique mais au tempo impitoyable), "One big mob" (au débit verbal échevelé), jusqu'à l'opulence électrique du titre maître, en passant par les inévitables ballades "My friends" et "Tearjerker", réminiscentes d' "Under the bridge", un "Walkabout" plus MC 900 Ft Jesus que nature, le minimaliste, circonscrit à la basse et au chant, "Plea", "Transcending" au mid tempo spectral, sans oublier le single "Aeroplane". Futur hit en puissance, enrichi de chœurs d'enfants, à la manière du mémorable "Circus game", commis par les Skids en 1980... Un must!

 

Hawkwind

Undisclosed Files - Addendum

Écrit par

Ce disque serait un bootleg officiel (cherchez l'erreur!) qui serait sorti dix-huit mois plus tôt sous la forme exclusive d'un vinyle. Reproduit aujourd'hui en CD, il réunit deux concerts différents. Le premier enregistré à Sheffield en 84. Le second en 89. Non localisé, mais le plus intéressant. Cinq titres hypnotiques, dont le rythme binaire répété à l'infini est destiné à échafauder une architecture post psychédélique dans son espace rituel. Et des compositions comme "Motorway City et "Angels of death" se posent en véritables références pour des groupes comme Loop et Spacemen 3. L'autre partie du morceau de plastique n'exerce pas la même fascination. Six titres qui se contentent d'investir l'univers ambiant techno de The Orb. A moins que ce ne soit le contraire...

 

The Greenhorns

Branded

En 1991, ce trio belge avait asséné un premier album de blues-rock-metal impitoyable, directement inspiré par MC5 et Dr Feelgood. Tout comme "Maverick", "Branded" concède l'une ou l'autre composition acoustique. Mais en général, ce deuxième elpee se révèle moins aride, moins nuisible. Ce qui ne veut pas dire qu'il épanche moins d'énergie ou de puissance. Mais il laisse davantage filtrer sa sensibilité blues, son relief boogie. Une mise en forme qui s'explique, sans doute, par sa participation aux dernières tournées de Canned Heat et de Blue Cher, pour lesquelles il avait été invité à assurer le ‘supporting act’.