Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Chroniques

BMX Bandits

Life Goes On

Douglas T Stewart aime passionnément les femmes. Et ce désir irrésistible, il le raconte dans ses chansons, des chansons d'amour subtiles, frivoles, drôles même, qu'il chante d'une voix tendre mais grevée d'un accent yankee particulièrement marqué. Treize titres composent ce disque, treize fragments de pop contagieuse réminiscente de la vague ‘postcard’ qui a sévi en Grande Bretagne au début des eighties. Pensez à Orange Juice, Aztec Camera ou aux Pastels, et vous aurez une bonne idée du sens mélodique manifesté par ces Ecossais (Glasgow). Et pour être encore plus précis, inoculez-lui un souffle d'électricité rafraîchissante emprunté à Swell Maps ou à Weather Prophetts et vous comprendrez pourquoi, malgré son manque d'agressivité, ce "Life Goes On" a gagné notre faveur...

 

The Farm

Hullabaloo

Si le groupe liverpuldien était parvenu à défrayer la chronique fin des eighties début des nineties par un succession de singles aussi savoureux les uns que les autres –pensez à "Hearts & Minds", "Stepping Stone", "Groovy Train" et "All Together Now"– puis par la confection d'un premier opus largement rétrospectif, il s'était totalement planté lors de la sortie d'un deuxième album jugé sans âme et sans identité. Tellement insipide qu'il ne méritait même pas qu'on lui consacre plus de deux lignes. The Farm vient heureusement de revenir à son meilleur niveau sur ce "Hullabaloo". Pas de hit potentiel cependant, mais dix compositions à la spontanéité rave, à la sensibilité house, à l'idéologie rouge et au groove contagieux. Une bonne raison pour penser qu'en poursuivant dans la même voie, la formation pourrait occuper rapidement, dans l'univers ‘scally’, la place vacante laissée par le défunt Happy Mondays...

 

Sister Psychic

Surrender,You Freak

En moins de trois mois, le label yankee Restless vient de nous faire découvrir trois ensembles très intéressants. A Minutemen, les Buckpets et aujourd'hui Sister Psychic. Ces groupes ne sont pourtant pas néophytes, mais ils bénéficient probablement de l'engouement réservé aux formations chargées de rock électrique, et puis certainement d'une promo plus judicieuse... Sister Psychic nous vient de Seattle. Le trio est même né dans la capitale du grunge. Mais n'y patauge pas. Ou si peu. "Surrender, You Freak" dispense treize fragments à la mélodie sombre, torturée. Treize chansons trempées successivement dans le metal de Screaming Trees et le Paisley Underground de Dream Syndicate, le timbre vocal d'Andy Davenhall épousant même les inflexions très yankee de Chris Cacavas. Excellent!

 

Boingo

Boingo

Si aujourd'hui, Danny Elfman est surtout célèbre pour avoir signé les bandes sonores cinématographiques de Batman, Dick Tracy et Beverly Hills, au début des eighties, il ne faut pas oublier qu’il a drivé un groupe fort intéressant, sulfureux, avant-gardiste, aux arrangements cuivrés, qui répondait au nom d'Oingo Boingo. Bien qu'amputé de son Oingo, Boingo refait encore épisodiquement surface. Comme sur cet album éponyme partagé entre les inévitables ‘soundtracks’ pour films imaginaires, les improvisations, les démos et les fragments plus basiques, trempés dans la pop ou le rock, comme ce remarquable et hymnique "Hey !", éclaboussé par le grunge, mais pas trop. Contaminé par la musique progressive, mais sans être intoxiqué par la fièvre. Le dosage parfait, quoi !

 

The Fatima Mansions

Lost in the farmer west

Persécuté par ses idées sur la pollution, l'écologie, la société, la spiritualité et la sexualité, Cathal Coughlan continue de faire passer toutes ses obsessions et ses visions cauchemardesques à travers sa musique. Pas en abusant de slogans. Mais en démontrant tous les mécanismes de la politique du monde contemporain. Un album riche, imprévisible, aux mélodies fracturées, truffées de bruitages aussi étranges que judicieux. Un disque féroce, solennel et venimeux exacerbé par les cordes de guitare sauvages, puissantes, mordantes, infiltré de claviers insidieux, et infecté par le vocal tantôt tendre, grinçant ou schizophrénique de Cathal. " Lost in the farmer west " épingle même deux chansons totalement antonymiques. " Walk your way ", qui macère dans un climat déchirant, sombre, proche d'American Music Club ; et " Humiliate me ", qui affronte la face la plus basique rock d'un Captain Beefheart…

 

Solid Gold Hell (New Zealand)

Swingin´Hot Murder

Bien que relevant du label néo-zélandais Flying Nun, Solid Gold Hell n'a aucun point commun avec les JPS Experience, Bats, Bailterspace, Clean, Chills, Verlaines et consorts. Son style est beaucoup plus expérimental, ténébreux, voire même angoissant. Ecrasé même, sous le joug de ses propres références empruntées à Sonic Youth, Birthday Party et les Melvins. Les drums sont arides, impitoyables, tribaux, la basse accablante, le vocal caverneux, sinistre ; alors que les cordes de guitare s'infiltrent maladivement à travers les fibres de la mélodie; puis tuméfiées, purulentes, éclatent en de multiples plaies, que vient cruellement, cycliquement, envenimer des cuivres oxydés...

 

Boston

Walk On

Du line-up initial, il ne reste plus de Boston que le seul et unique Tom Scholz, guitariste-claviériste devenu multi-instrumentiste par la force des choses. Ou plus exactement depuis que ses anciens condisciples sont allés exercer leur talent au sein de RTZ. Si le groupe avait multiplié les disques de platine lors de la sortie des trois premiers albums, il est à craindre que ce "Walk On" ne parvienne plus à reproduire la même performance. Les explications sont multiples. Mais à notre humble avis, le hard sophistiqué de Boston a très mal vieilli, et ne devrait plus plaire, aujourd'hui, qu'aux nostalgiques de Kansas et de Kayak...

 

Fetish 69

Brute Force

En psychanalyse, un fétiche est un objet inanimé ou une partie du corps non sexuelle, capable de devenir à lui (ou à elle) seul(e), objet de la libido. Hormis son patronyme nous ne voyons pas très bien ce que ce groupe autrichien (Vienne) peut susciter d'aphrodisiaque. A la rigueur un exhibitionnisme post industriel stérile, à la limite du sadomasochisme hardcore (Sigmund Und Sein Freund?), notamment lorsqu'il maltraite la cover de Lydia Lunch, "Stares to nowhere". Pour le reste, "Brute Force" risque purement et simplement de vous donner l'envie de vous taper la tête contre les murs.