Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Chroniques

Giant Sand

Purge and Slouch

Howe Gelb n'en finit plus de brouiller les pistes. Souvenez-vous de "Center Of The Universe", son dernier opus. Chris Cacavas, ex-claviériste de Green On Red, y avait participé. Et miraculeusement, Giant Sand renouait avec une certaine forme de garage plus rituelle, plus savoureuse. Pour "Purge And Slouch", il a décidé d'expérimenter de nouvelles combinaisons musicales. Basiquement country folk, elles affrontent tantôt le blues, le rock, le free jazz ou la musique concrète lorsqu'elles n'explorent pas le minimalisme sulfureux de Violent Femmes ou le punk déstructuré de Sonic Youth. Et comme le timbre vocal profond, à la limite du beefheartien d'Howe dessèche ce qui subsiste comme élément mélodique, vous comprendrez aisément pourquoi nous pensons que Giant Sand est occupé de prêcher dans le désert...

 

St Johnny

Speed Is Dreaming

St Johnny est originaire du Connecticut, petit état situé au nord est de New York appelé autrefois Nouvelle-Angleterre. Ce qui explique sans doute pourquoi la musique de ce quartet yankee affiche certaines affinités avec la pop britannique. Pourtant cette formation n'hésite pas à jeter le discrédit sur sa ville natale, Hertland, qu'elle décrit comme décadente, sans avenir, rongée par la criminalité et le chômage, une cité qu'elle compare à Londres, parce qu'elle exhale un même parfum de mort et de paranoïa. C'est en tous cas ce que Bill Whitten, leader du combo, épanche dans ses lyrics. Des textes qu'il chante d'une voix laconique, pathétique sur des mélodies chargées d'électricité cinglante, crépitante, grinçante. Des mélodies qui macèrent, tout au long de ce "Speed Is Dreaming", dans un bain acide préparé à base de noisy insulaire (Ride, Swerverdriver, Pale Saints) et de hardcore juvénile (Dinosaur Jr, Buffalo Tom). Epatant!

 

Beck

Pay no mind

Bénéficiant du concours de quelques potes, parmi lesquels on retrouve Calvin Johnson de Beat Happening et Sect des Spinnanes, "One foot in the grave" s'intéresse surtout à la musique country traditionnelle. Celle de Woodie Guthrie et de Ramblin' Jack Elliott en particulier. Encore que cet opus soit incrusté de trois intermèdes acides, parfois dynamisés dans l'esprit de Syd Barrett, parfois oxydés par le blues. Des chansons essentiellement acoustiques qu'il négocie d'une voix nasillarde, proche d'un Ray Davies...

 

The Goats

No Goats, No Glory

Cypress Hill, Snoop Doggy Dog et les Beastie Boys sont probablement aux Goats ce que le trois-pieds est à la Pythie. La chèvre y rend des oracles chargés de hip hop, de hardcore, de jazz, de trash et surtout de rap, avec l'esprit éthéré, expérimental d'un Ryuichi Sakamoto et les artifices scratchés, cuivrés, samplés, funkyvores d'un Run DMC. Pas la peine d'en faire tout un fromage!

 

Stabbing Westward

Ungod

Pour enregistrer son premier album, cet ensemble américain (Chicago) a bénéficié de la production de John Fryer, célèbre personnage dont la carte de visite épingle Cocteau Twins, Lush, Love & Rockets et Nine Inch Nails. Un Nine Inch Nails qui semble présenter certaines affinités avec le quintette yankee. A moins que ce ne soit le contraire ! Nuance, mais elle est d'importance (ça rime). Si Trent Reznor tire parti du maximum du potentiel technologique mis à sa disposition, Stabbing Westward privilégie l'instrumentation conventionnelle. Ce qui lui permet à la manière de Ministry, mais surtout de Revco, d'inoculer une bonne dose de funk blanc dans son hardcore postindustriel.

 

Betty Goes Green

Hand Some

Pour enregistrer son deuxième album ("Hunalaria"), ce quintet bruxellois avait bénéficié du concours de Mike Rathke à la production. Mike, si vous l'ignorez encore, assure à la fois les fonctions de guitariste et de coproducteur pour Lou Reed. Et figurez- vous que lors des sessions de "Hand Some", réalisées au studio RPM de New York, Lou est venu donner un petit coup de guitare sur "It's been a long time". Ce qui semble avoir décidé Robert Wasserman d'apporter sa collaboration à la basse pour un autre titre. "Lies", pour ne rien vous cacher (!). Bref, comme vous pouvez le constater, l'élite rock'n’rollienne de New York porte un intérêt certain à la formation belge. Et à l'écoute de ce "Hand Some", vous comprendrez aisément pourquoi. Pas de grunge, de pop ou de hardcore, mais un disque de rock urbain bien saignant, juteux, stoogien, reedien, entrecoupé de ballades semi-acoustiques insidieuses, sombres, presque velvetiennes...

 

God Bullies

Kill the king

Album très inégal pour cet ensemble issu du Michigan capable du meilleur comme du pire. Le pire, c'est lorsqu'il s'égare dans des élucubrations semi-expérimentales, semi-futuristes, élucubrations qui servent uniquement de support à des déclamations chargées de concupiscence et de haine. Le meilleur, c'est lorsqu'il permet à son guitariste de développer des structures de cordes de guitare glacées, acérées, geignardes, un peu comme chez le défunt et mythique Danse Society. Mais en général, les God Bullies pratiquent une forme de psychobilly gothique, torturé, rampant, spectral et reptilien, à la croisée des chemins des Cramps, de Christian Death et de Birthday Party. Avec en avant-plan la voix possédée, malveillante de Mick Hard qui passe son temps à régler ses comptes avec la politique, la religion et la censure (même à travers les notes de la pochette!), lorsqu'il n'entame pas une conversation salace avec le sexe opposé. Délirant!

 

Starfish Enterprises

When We Fall

C'est en général, sur Electrip sous-label de KK Records que nous rencontrons le moins de mauvaises surprises. C'est encore le cas pour Starfish Enterprises, formation issue de la banlieue anversoise (Edegem) qui n'accorde qu'un minimum de crédit aux pulsations rythmiques et aux programmations synthétiques. Cela reste expérimental quand même. Instrumental surtout. Avec bien sûr collages et samplings. Mais surtout, et d'une manière plus conventionnelle, avec basse, batterie et deux guitares qui alimentent neuf compositions partagées entre hardcore post Cosmic Psychos et variations d'électricité dispensées sur un mode ‘frippertronics’...