Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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The Cure
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Chroniques

Bad Religion

Strange than fiction

Fondé au tout début des eighties, cet ensemble californien est un peu considéré avec Hüsker Dü, comme un des piliers du hardcore juvénile yankee. Et pourtant, bien que responsable d'excellents morceaux de plastique, qui dénonçaient, entre autres, les inégalités sociales causées par le reaganisme et ses appendices, Bad Religion n'est jamais parvenu à s'extraire d'une certaine marginalité. "Suffer" en 88, "No control" en 89, "Against the grain" en 90 et "Generator" en 92 en sont probablement les plus beaux exemples. Et ce n'est pas "Strange than fiction" qui risque d'inverser la tendance. Pourtant, les compositions sont intenses, urgentes, moins filandreuses, moins épileptiques, moins crépitantes, plus punk que chez le défunt et mythique trio de Minneapolis, mais toutes aussi rafraîchissantes. Pas pour rien que ce quintet avance que le punk hardcore n'est qu'une nouvelle forme de musique folk...

 

Green Day

Dookie

Billie Joe et Mike Dirnt se connaissent depuis l'âge de onze ans. Ils partagent une même passion pour la guitare électrique et se lient d'amitié. Quatre ans plus tard, ils engagent un ‘drummer’, fondent Sweet Children et commencent à écumer les clubs. Ce ne sera que deux ans plus tard, soit en 1989, que les deux compagnons décident de transformer le patronyme de leur groupe en Green Day. Depuis, la formation californienne a enregistré trois albums, et puis changé de batteur. Mais pas de style musical ! "Dookie" dispense quatorze fragments taillés dans le punkcore juvénile. Quatorze compositions qui dégoulinent d'intensité et de pureté électrique. Exactement comme chez Hüsker Dü et Buffalo Tom. Les cordes de guitare bourdonnent, crépitent, la section rythmique impressionne d'efficacité alors que les harmonies vocales sucrées épanchent des lyrics post-adolescents, cyniques, tourmentés. Un opus qui aurait pu être brillant, s'il avait fait preuve d'un peu plus d'originalité...

 

Smut

Blood, Smut And Tears

"De La Suie" est un quartet féminin qui émane de Minneapolis... Drôle d'idée de choisir un tel patronyme! Et tout aussi curieux d'intituler son premier album "Du sang, de la suie et des larmes". D'autant plus que le contenu n'a aucun rapport avec le jazz-rock pratiqué, fin des sixties/début des seventies, par le mythe new-yorkais Blood Sweat And tears. En fait, cet opus brûle un combustible hardcore du même calibre que L7 et Babes In Toyland. Même les textes sont tisonnés par des lyrics sociopolitiques engagés. Simplement, la voix de Germaine Niemczyk respire un timbre clair, acéré, souffle d'air frais qui protège, faute de tirage mélodique, les compositions de l'asphyxie fatale...

 

The Badloves

Get on Board

Bien qu'issu des Antipodes (Melbourne), The Badloves fait un peu tâche d'huile sur la scène rock australienne et néo-zélandaise. Pensez à Nick Cave, Died Pretty, Celibate Rifles, Chills, JPS Experience ou même Midnight Oil. En cherchant bien, on trouve cependant, chez ce quintet kangourou des traces de blues, de gospel, de soul, de country et même de rock. Mais en général "Get On Board" secrète un pop FM moelleux, abâtardi, sorte de salade préparée à base de Faith No More anémique, de Stevie Wonder édulcoré et de Black Crowes lymphatique. Bon appétit !

 

The Greenberry Woods

Rapple Dapple

Malgré son patronyme champêtre, Greenberry Woods ne relève ni du folk, ni de la country, mais de la pop le plus pure, la plus savoureuse, la plus fruitée. Celle des Beatles et des Byrds pour ne rien vous cacher. A cause des harmonies vocales limpides, délicates, raffinées. Et puis du sens mélodique contagieux. Mais également de Big Star. Parce que les compositions sont sculptées dans l'électricité chatoyante, incisive, aigrelette. Un éventail de références qui fait inévitablement penser à Teenage FanClub. Et vous n'avez pas tout à fait tort. Simplement le parfum se mêle parfois d'effluves propres aux Proclaimers voire à Frank & Walters. Il ne vous reste plus qu'à éplucher ce "Rapple Dapple" pour en savourer les quatorze morceaux...

 

Solar Quest

Orgship

Solar Quest doit certainement avoir beaucoup écouté Brian Eno et Tangerine Dream pour réaliser cet opus. Terry Riley aussi. Cette constatation n'est cependant nullement péjorative. Au contraire. Car les huit fragments de cet "Orgship" sont de toute beauté, d'un esthétisme glacé incomparable. Et des titres comme "La belle of Atlantis", "Flying Spiders", "Liquid sky" ou "Singtree" parlent d'eux mêmes. On nage ici au sein de l'"ambient" le plus pur. Encore que parfois les envolées prennent une coloration new age. Vocaux féminins exotiques (Dead Can Dance?) ou impalpables, claviers cristallins, fluides, mélodramatiques, voire symphoniques participent ici activement à cette véritable "Orgship" de sonorités savoureusement atmosphériques...

 

Bailter Space

Vortura

Bien qu'exilé à New York, ce trio néo-zélandais relève de Flying Nun. Un gage de qualité, lorsqu'on sait que ce label antipodal nous a permis de découvrir des groupes comme Clean, Chills, Verlaines, JPS Experience, Bats et autre Chris Knox. Pourtant, la musique de Bailter Space n'a guère d'affinités avec celle de ses compatriotes. Etrange, noisy, austère, elle trace des lignes mélodiques linéaires, vertigineuses, comme chez My Bloody Valentine. Sombre, implacable, répétitive, elle endure les tourments cold wave de Joy Division. "Vortura" baigne ainsi dans un univers mystérieux où le calme malveillant né de la palpitation technologique contraste savoureusement avec les stridulantes électriques des cordes de guitare agressives, crépitantes, languissantes. Un superbe album!

 

Suede

Dog Man Star

Il y avait longtemps que nous n'avions plus émis des appréciations différentes sur un même sujet. Le deuxième opus de Suede nous en a pourtant donné l'occasion...

Guy : Si "Dog Man Star" n'accroche pas instantanément, c'est parce qu'il nécessite plusieurs écoutes pour être apprécié. Il recèle plusieurs perles, parmi lesquelles le single "We Are The Pigs" s'inscrit parfaitement dans la lignée des "Metal Mickey" et "Animal Nitrate". Mais ne vous attendez pas, pour le reste, à une débauche d'électricité crépitante, sournoise. Car les dix autres fragments pétillent dans un univers aux arrangements tantôt synthétiques, tantôt symphoniques, inoculant une passion rafraîchissante, suavement sophistiquée aux mélodies, que sensualise la voix ‘cockney’ de Brett...

Bernard : Désolé, mais ces orchestrations pompeuses, grandiloquentes me rappellent la décadence de l'empire du rock progressif. Pas encore à la solde d'Emerson Lake & Palmer et de Barclay James Harvest, mais avec le même esprit. Hormis ce fameux single, probablement oublié sur le premier elpee, le neo glam de ce "Dog Man Star" me semble beaucoup trop mélodramatique et poseur pour être honnête. Je comprends mieux pourquoi le guitariste Bernard Butler s'est taillé à l'issue de l'enregistrement de ce morceau de plastique...