L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Chroniques

Steve Lukather

The Candymen

Ex-guitariste du défunt Toto, mais surtout musicien de studio réputé, courtisé –entre autres par Michael Jackson (!), Joe Cocker, Warren Zevon, Graham Nash, Bob Seger, Greg Lake, Eric Clapton, Jeff Beck, Elton John, George Harrison et Paul McCartney– Steve Lukather vient d'embrasser une carrière individuelle. Ce qui ne l'a pas empêché de battre le rappel de ses anciens potes, pour enregistrer son premier album solo. Difficile dans ces conditions d'exorciser son passé; d'autant plus que cet opus est dédié à la mémoire de Jeff Porcaro. "The Candymen" dispense ainsi un même rock blues teinté de funk, de jazz, de métal et parfumé de rythmes latinos. Seuls l'hommage à Joe Walsh ("The Bomber"), la cover de Jimi Hendrix ("Cry Of Love") et "Never Walk Alone", blues languide que ne désavouerait pas Gary Moore, sortent quelque peu de l'ordinaire...

 

The Young Gods

Live Sky Tour

Si les Young Gods disposent d'un énorme potentiel énergétique et émotionnel sur les planches, aucun témoignage en public n'avait encore été, à ce jour, immortalisé sur vinyle ou compact. C'est chose faite avec "Live Sky Tour". Une œuvre qui démontre que le trio suisse est bien capable d'y dispenser un rush d'adrénaline impressionnant. Notamment par le biais de la technologie. Et du sampling en particulier. Car pour les Young Gods, le sampling n'est pas un accessoire, mais l'instrument capable d'atteindre l'intensité ultime, celle qui à la fois redéfinit le heavy metal et la musique symphonique. Samplings sauvages, brûlants, torturés, rappelant que le trio a accompli pour la cybernétique ce que Jimi Hendrix avait réalisé pour la guitare électrique. Samplings vertigineux, somptueux, dramatiques dont les envolées ravagent des siècles d'histoire musicale. Il ne faut pas oublier que les Young Gods ont leurs racines profondément enfouies dans la tradition germanique (Weill, Nietsche, Wagner, Stockhausen). Ils nous entraînent ainsi, dans un paysage sonore ample, sauvage, au sein duquel les drums vindicatifs, redoutables réveillent vos pulsions les plus tribales, alors que la voix tantôt rageuse, purulente, tantôt profonde, gutturale de Franz Treichler essaime son lyrisme symbolique. Du grand art pour ces Helvètes qui constituent avec Front 242 un des derniers bastions de la musique électro-rock d'avant-garde!

 

Cowboy Junkies

Pale Sun Crescent Moon

Écrit par

En 1988, lors de la sortie de son deuxième opus, "Trinity Session", nous nous étions extasiés devant le charme intuitif et fragile de la muse visionnaire épanchée par Michael Timmins. Des chansons romantiques, mélancoliques interprétées par la voix impassionnelle, bouleversante de sa sœur Margo ; des chansons cultivées dans un espace balisé par le country, le folk et le blues. Malheureusement, à force de ressasser les mêmes stéréotypes, Cowboy Junkies a commencé à se complaire dans la morosité, atteignant finalement l'abysse soporifique sur "Black Eyed Man". Aujourd'hui, la formation en revient à un style plus tonique, plus vivace, traversé de cordes de guitares acérées, frémissantes. Pas encore de quoi jeter les bras au ciel, mais la certitude d'être préservé d'une nouvelle chute dans les bras de Morphée. Bénéficiant du concours de Richard Bell, ex-claviériste du dernier groupe de feu Janis Joplin, Full Tilt Boogie, "Pale Sun Crescent Moon" implique néanmoins deux covers : "The Post" de John Mascis (Dinosaur Jr) et "Hard To Explain" du compositeur de rhythm’n’blues Ray Agee… Un concept album d'honnête facture qui nous réconcilie avec le quartet canadien (Toronto).

 

Lung (New-Zealand)

3 Heads on a Plate

On ne peut pas dire que ce trio néo-zélandais fasse tout pour plaire. D'abord la pochette, dont l'illustration représente l'extrémité de la trompe préhensible d'un pachyderme, ne mérite certainement pas un prix d'élégance. Ensuite, le titre de l'album ("Trois têtes sur une assiette") suscite un haut le cœur pour le moins compréhensible... Ajoutez-y une entrée en matière ("Paralysis", "Elvis Arsehole") et une conclusion ("Compellor", "Melonoma") engorgées de caractéristiques hardcore, post industrielles et nauséeuses, et vous manifesterez un préjugé nettement défavorable à l'égard de ce CD. Ce qui est une grave erreur. Car le cœur même de "Three heads on a Plate" mérite qu'on s'y attarde. Dix titres pétrifiants, tourmentés, amers, impitoyables, gravitant autour de références, disparates mais intéressantes, qui oscillent de Cosmic Psychos à Clock DVA, en passant par American Music Club, Joy Division et le Fall; la voix laconique de Dave White calquant même parfois ses inflexions sur celle de Mark E Smith. Comme quoi, les apparences sont souvent trompeuses...

 

Kevin Coyne

Elvira : Songs From The Archives 1979-83

Concept album pour Kevin Coyne qui nous raconte, en neuf chansons, l'histoire d'Elvira Barney. Une tragédie vécue par cette fille de juge, qui au cours des années trente, avait bénéficié d'un non-lieu pour l'assassinat de son petit ami. Meurtre avec préméditation couvert par sa position sociale, comme le suggérait la presse populaire de l'époque ou légitime défense justifiée par le comportement violent de son petit ami? Un débat que mène Kevin armé d'une guitare sèche et de son humour noir très caractéristique ; un combat qu'il mène d'une voix rauque ou grinçante, fiévreuse ou même tendre. Ce morceau de plastique est en outre enrichi de cinq inédits composés entre 79 et 83. Des archives quoi !

 

Lungfish

Pass and Stow

Troisième opus pour ce quatuor de Baltimore (ça rime!) responsable d'un punkcore obsessionnel, linéaire et filandreux; un punkcore écartelé entre un Dinosaur Jr branché erronément sur le courant continu au lieu du secteur alternatif, et un Cell qui aurait été privé de toutes ses vertus contre mélodiques, un style asphyxié par le vocal oppressif, claustrophobe de Daniel Higgs. Au sec****, de l'air!

 

Kevin Coyne

Tough and Sweet

Il y a une bonne dizaine d'années que les disques de Kevin Coyne n'étaient plus distribués officiellement chez nous. C'est chose faite pour la sortie de son vingt-septième album, "Tough and Sweet". Faut d'ailleurs croire qu'il a beaucoup de choses à nous raconter, puis qu'il nous propose 21 chansons en un peu moins de 70 minutes. S'il n'hésite pas à recourir aux boîtes à rythmes, aux synthés ou aux arrangements symphoniques pour pasticher, avec beaucoup d'humour le monde contemporain, il n'a pas pour autant oublié ce qui a toujours caractérisé son expression, c'est à dire le folk punk. Ponctuant l'opus, "The Creeper" émarge même carrément au punk pur et dur. Comme Peter Hammill, il sait à merveille limiter l'accompagnement à ce qui est nécessaire et choisir les instruments à employer en fonction des émotions qu'il connaît et qu'il éprouve. Des émotions qu'il canalise un peu à la manière d'un Tim Buckley grâce à sa voix. Une voix capable d'hurler, de geindre ou de s'extasier avec toujours la même dimension dramatique. C'est elle qui s'exprime avant tout. Elle est rauque, ou grinçante, toujours fascinante, véhiculant une fureur et une intensité vertigineuses. C'est d'ailleurs ce qui donne à cet album cet étrange parfum de séduction et de conviction qui se moque du temps et des modes.

 

Luscious Jackson

Natural Ingredients

Encore un quartet féminin. New-yorkais pour être plus précis. Et responsable aujourd'hui d'un deuxième album. Une indication ? Les drums sont dévolus à l'ex-Beastie Boys, Kate Schellenbach. Ce qui ne veut pas dire que tous les "Natural Ingredients" soient râpés comme chez les mauvais garçons. Mais plutôt fouettés subtilement de hip hop, de soul, de funk et de jazz. Avec le même esprit que les Slits. Et la même chaleur organique que Massive Attack. Un opus plus âpre spirituellement que musicalement. Imprégné de l'essence urbaine des quartiers de Manhattan: femmes libérées, hommes forts, anges-gardien, junkies, etc. Une essence qui se répand en poésie lyrique avec mystère et séduction sur une musique investie d'instruments conventionnels, mais également par un arsenal de samplings imprévisibles, une essence dont les ingrédients naturels reposent cependant sur la conjugaison de voix de Jill et de Gabby, l'une feutrée, fragile, et l'autre voilée, en contrepoint. Pour un combo fondamentalement ‘dance’, ce "Natural Ingredients" est plutôt surprenant !