L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

logo_musiczine

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Guns N Roses
Editors
Chroniques

L7

Hungry for stink

Les quatre filles de ce quartet californien (Los Angeles) sont de véritables phénomènes. Pas seulement parce qu'elles s'éclatent au sein d'un groupe de heavy metal sauvage, tribal et dévastateur. Mais parce qu'elles militent activement aux States pour la dépénalisation de l'interruption de grossesse. Elles ont même fondé un mouvement, ‘Rock For Choice’ destiné à préserver les droits constitutionnels des femmes. Ce qui explique sans doute pourquoi leur activisme féministe fait tant de vagues au Pays de l'Oncle Sam. L7 en est aujourd'hui à son troisième opus, si on ne tient pas compte du mini elpee "Smell The Magic". Plus sournois, plus basique, il épouse plus systématiquement le fameux tempo 4/4 des Ramones. Sans quoi on y retrouve les célèbres riffs de guitare piqués de feedback et puis surtout la voix ‘lyndonesque’ de Donita. En outre son titre délibérément ambigu a fait et fera encore l'objet de spéculations salaces...

 

La Costa Rasa

Autopilot

Andrew David Mills est le personnage clef de cette formation insulaire qui pratique une forme de noisy punk gothique à mi-chemin entre Jesus & Mary Chain et Sisters Of Mercy. Il faut d'ailleurs croire qu'Andrew est un nostalgique de la cold wave, puisqu'en 1988 il avait émigré à Leeds pour rejoindre Salvation. Et qu'il vient de signer sur le label d'Andrew Eldritch, Merciful Release. Ce nostalgique de la cold wave est cependant hostile au nihilisme prôné par les formations du début des eighties. Pas étonnant que ses lyrics condamnent le racisme, le fascisme, les mouvements d'extrême droite, le nationalisme, la violence, l'ignorance, la mauvaise foi, l'avidité et autres vertus morales négligées par le monde contemporain. Et si le disque est investi d'une musique sulfureuse, gorgée de riffs de guitares féroces, impétueux, arc-boutée sur un tempo implacable, hypnotique, et profilée sur une ligne de basse fluide, mélodique, il faut regretter que la laryngite chronique dont semble souffrir Andrew mine toutes les bonnes dispositions affichées par cet "Autopilot". Dommage !

La Mano Negra

Casa Babylon

Après un long séjour en Amérique du Sud, La Mano nous revient avec un nouvel album studio. Et inévitablement ce périple a laissé des traces dans sa musique. Déjà que le groupe possède des affinités naturelles avec la culture hispanique!... Pour "Casa Babylon", la salsa cubaine et colombienne, la bamba, la samba et autres rythmes latinos sont venus étoffer un potentiel qui comptait déjà le pogo, le tango, le rockabilly, le flamenco, le rap, la java, le rock, le reggae, le ska, le punk, et nous en avons probablement oublié d'autres; tout ceci dans une ambiance de carnaval qu'il est préférable de postposer en période de bloque... Une chose nous a pourtant frappés tout au long de ce disque, le recours plus systématique aux samplings, à la techno et aux procédés dub. Un peu à la manière de BAD et du défunt et mythique Clash à qui ils vouent une grande admiration. Côté textes, pas de mauvaise surprise, puisque tantôt dans la langue de Voltaire, tantôt dans celle de Shakespeare, et plus régulièrement dans celle de Cervantès, Mano Negra prend un malin plaisir à faire la peau de tout de qui est susceptible de corrompre la société; par exemple aux vampires du football à qui ils dédient "Santa Maradona" (‘Berlusconi, Bez et Tapie ont bien compris Paolo Rossi! L'heure est aux choux gras... et aux bourreaux des tibias’), chanson terriblement caustique qui vaut son pesant de pesetas (!). Maintenant, il est bien évident que toutes ces nouvelles compos prendront une autre dimension sur les planches... Mais qu'est-ce qu'ils attendent donc pour revenir chez nous?

 

The Cult

The Cult

Les aficionados du hard rock ne vont pas du tout apprécier le changement de cap opéré par The Cult. Difficile d'imaginer pour eux qu'une fraction aussi dure du heavy metal insulaire, susceptible de rivaliser avec Guns N’ Roses ou autre Metallica, puisse enregistrer un album aussi riche et nuancé. En fait, cet opus auto titré parvient à agréger les qualités essentielles de "Love" et d'"Electric". C'est à dire la félinité de leurs mélodies. Hormis la ballade dispensable "Sacred Life", cet elpee capture une intensité dont les éclats de fureur, soulignés par la voix puissante, emphatique de Ian Ashbury, éclaboussent de fraîcheur convulsive chacune des compositions. Et en particulier "Be Free", titre de métal urbain par excellence (Stooges ?, MC5?), et "Joy", composition de garage punk hydratée de claviers rognés, poussiéreux (Manzarek ?) et fouettée de riffs de guitares cinglants, effilés (Plastic Ono Band?). Avec un semblable disque, le combo peut à nouveau réclamer un statut de Cult (!)...

 

La Muerte

Raw

La Muerte vient donc de mettre un terme à son existence. Une aventure qui aura cependant duré dix années et inspiré quatre albums studios. Le groupe était apparu pour la toute dernière fois en public le 16 février dernier. A La Luna de Bruxelles. Cet évènement fait l'objet de cet album posthume. Un album ‘live’ enrichi d'un booklet partagé entre photographies du groupe, textes des chansons, coupures de presses et illustrations diaboliquement licencieuses, où se mêlent les clichés du sexe, de la mort, de la vitesse, du manichéisme et de la puissance. Dix-huit titres parmi lesquels figurent les indispensables covers du Floyd ("Lucifer Sam"), des Troggs ("Wild Thing"), ainsi que trois inédits, "Blood On The Moon", "Power" et "Cravacher". (Guy : ‘la scène belge vient de perdre un de ses groupes essentiels; et c'est vraiment dommage!’)

 

Laibach

N.A.T.O.

Bien que slovène depuis l'éclatement de la Yougoslavie, Laibach continue de défendre des valeurs ambiguës et subversives. Celles de totalitaristes qui dénigrent les vertus de la démocratie à cause de leur implication dans les lois du marché. Et aujourd'hui avec "N.A.T.O.", ils s'en prennent au traité de l'Organisation de l'Atlantique Nord, qu'ils jugent responsable de la situation dans les Balkans. Ils veulent changer l'ordre mondial tant politique que culturel, et ont même fondé un état dans l'état, le Neue Slowenisk Kunst (NSK). Pour illustrer leur propagande, ils ont décidé d'enregistrer un album dont les reprises sont lourdes de signification. Depuis "War" d'Edwin Starr à "In The Army Now" de Status Quo en passant par "Dogs Of War" du Floyd, "Alle Gege Alle" de DAF, "In The Year 2525" de Zager & Evans et "Final Countdown" d'Europe. Musicalement on y retrouve une formule proche de celle qui avait été utilisée par le groupe pour enregistrer "Let It Be". C'est-à-dire un mélange d'électro pop et de symphonie wagnérienne, mais une formule dramatisée la voix sinistre, grave d'Ivan Nowak. Magma rencontre Kraftwerk!

 

Anita Lane

Dirty Pearl

Pour enregistrer ce qui devrait être son deuxième album solo, Anita Lane a fait appel à tous ses petits copains. Depuis Blixa Bargeld (Einstürzende Neubauten) à Alexander Hache (Die Haut) en passant par l'ex-Magazine Barry Adamson, ainsi que les ‘mauvaises semences’ Nick Cave et Mick Harvey. Un Mick Harvey qui produit d'ailleurs ce disque. En fait, sur "Dirty Pearl", Anita se contente de chanter. D'une voix sensuelle, énigmatique sur une musique sombre, parfois expérimentale, souvent mélodique reminiscente des Creatures, de Jarboe et évidemment des Bad Seeds. Un album mélancolique qui implique deux covers tout à fait étonnantes. La première concerne "Lost In Music" de Sister Sledge. La seconde "Sexual Healings" de Marvin Gaye. Une œuvre qui épingle un titre remarquable, bouleversant, souligné par les accords vibrants, spectraux du piano de Cave, "The World's A Girl"...

 

Mark Lanegan

Whiskey For The Holy Ghost

En marge de Screaming Trees, Mark Lanegan se réserve de temps à autre une aventure en solitaire. En 1990, il avait ainsi tenté une première expérience avec l'aide de Kurt Cobain et de Kris Novoselic de Nirvana pour enregistrer "The Widing Street". Mais cet elpee n'avait récolté qu'un succès trop confidentiel. Il devrait néanmoins bénéficier d'une deuxième sortie d'ici quelques semaines. Une excellente initiative probablement motivée par la qualité du nouveau CD. "Whiskey For the Holy Ghost" n'a pourtant guère d'affinités avec "Sweet Oblivion", septième et dernier opus du quartet d'Ellensberg. Il n'est pas davantage éclaboussé de grunge, malgré la participation de Dan Peters (Mudhoney), de John Mascis et de Mike Johnson (Dinosaur Jr), de Tad Doyle (Tad) ainsi que du producteur Jack Endino, converti pour la circonstance au rôle de bassiste. Les treize compositions de cette œuvre trempent dans une sorte de garage revisité par le delta blues, le gospel ou le folk. Certains titres font d'ailleurs penser à American Music Club ; peut-être à cause du timbre vocal languissant, douloureux, nicotiné de Mark proche de celui de Mark Eitzel. D'autres à Nick Cave mais pour leur côté sombre, ténébreux. "Whiskey For The Holy Ghost" dispense ainsi une intensité et une vulnérabilité bouleversantes, une sensibilité émouvante véhiculée par des textes qui racontent simplement l'enfance difficile vécue par Lanegan. Remarquable!