Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Massilia Sound System

Oai E Libertat

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Tiens, ils sont de retour ! L’aventure de Massilia Sound System a débuté en 1980. En 27 années de carrière ils ont édité 10 albums. Mais j’ignore combien de litres de pastis et de camions d’herbes, ils ont pu consommer. Une consommation indispensable à leur dépense d’énergie. Mais Massilia, ne se limite pas à ces poncifs. C’est aussi un besoin de revendiquer la liberté d’expression, d’agir ; et une volonté indéniable d’autogestion. Insoumis qu’ils sont nos voyous, et ils nous le font comprendre tant en français, qu’en occitan. L’autonomie culturelle et la ‘libertat’ en blason. Après quelques projets solos, les différents protagonistes marseillais du groupe ont renoué les câbles de leur sound system, bien décidés à foutre de nouveau le ‘ouaï’ partout. Comprenez le bordel. Comprenez faire la fête sur leur musique.

A l’instar des neuf précédents elpees (le dernier opus studio remontait en 2002 ), il règne sur « Oai  E Libertat » un parfum d’anis, de ganja et de patriotisme marseillais, cher à leurs auteurs. Toujours la même recette depuis le début, mais ça marche. On aurait du mal à les apprécier juste pour leurs compositions, ce mélange de reggae de ragga et de dub, n’est pas à proprement parler révolutionnaire. Même si pour cet album, ils ont décidé de prendre un chemin plus électro. DJ Kayalik, Janvié et Blù, qui assurent la partie ‘musicale’ du groupe, semblent vouloir élargir leur univers en empruntant une dimension plus spectrale, plus dépouillée. Suivant leur habitude, les riddims et le flow à l’accent du midi sont indéniablement cachetés par le groupe, et aux premières notes de l’album on entre dans un univers connu. Les textes aussi variés que les virées entre amis, la partie de boules au soleil, le dimanche à l’anis, éveillent notre conditionnement de ‘Pavlov’ et nous projettent directement en vacances. Une galette pur beurre que les fans adoreront, et que les détracteurs snoberont sans doute. Tant pis pour eux, peuchêêre !!

Benjy Ferree

Leaving The Nest

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Dieu bénisse Hollywood ! Si la Mecque du cinéma ne l’avait pas aussi sèchement rejeté, nous n’aurions peut-être jamais eu le plaisir d’ouïr les divagations folk de Benjy Ferree. Après avoir jeté aux oubliettes ses fantasmes cinématographiques et s’être résigné à bosser dans un quelconque bar de la capitale des States, Ferree s’est finalement secoué et a enregistré un EP intitulé « Leaving The Nest ». Domino Records reniflant le bon filon se jette alors sur le bonhomme et lui offre la possibilité de transformer son EP un véritable album. « Leaving The Nest » sera donc enrichi de quelques morceaux supplémentaires et ressortira sous la forme disposée actuellement dans tous les bons bacs. En 10 morceaux, Benjy déploie, tel un Jack White sous calmants, une force tranquille incitant à la plus campagnarde des flemmardises. Les mélodies accrocheuses de « Leaving The Nest » enveloppent des textes sagaces que Ferree récite telles de jolies petites comptines, même lorsqu’il reprend du Johnny Cash (« A Little At A Time »). Et les grands enfants que nous sommes se laissent charmer, les yeux et les oreilles grands ouverts.

Marmalade Souls

In Stereo

Écrit par

Pour jouer une musique semblable, ce trio suédois doit avoir écouté en boucle les premiers albums des Beatles. En particulier « Please please me », « With The Beatles », « A hard day’s night », « For sale » ou encore “Help”. A moins que ce ne soit ceux des Hollies ou de Gery & The Pacemakers. Des groupes qui ont écrit les plus belles pages de la pop des sixties. Pourtant la formation est suédoise et est drivée par Johanna et Michael Klemmé, probablement frère et sœur. Mais leurs harmonies vocales sont conjuguées à la manière de Paul McCartney et John Lennon. Et puis leur mélodies ensoleillées évoquent instantanément des classiques comme « Love me do », « Eight days a week », « You’ve got to hide your love away » ou encore les titres maitres des albums susvisés. Même la pochette a été dessinée dans un style rappelant cette époque. Difficile d’être plus revivaliste, même si l’album est manifestement agréable à écouter…

Half Cousin

Iodine

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A l’heure où les artistes s’appliquent à synthétiser et remplir leur album de sonorités électroniques, Half Cousin se pose en observateur. Préférant l’écho d’une corde à la saturation calculée d’une pédale disto, il provoque l’audition par des mélodies simples, appuyées, entres autres, à l’accordéon et au piano. Rappelant parfois les Hot Chips ou The Earlies, les Ecossais d’Orkney découpent, morceau après morceau, l’audace et la tendresse. La tendresse d’un chant chaleureux croisant le fer avec les effets électro. A cette lutte, et comme tout bon scénario vendeur, c’est la tendresse qui finit par gagner, laissant platement au tapis l’équipe d’effets, jouteurs indispensables pour un combat équitable. L’apparition d’une clarinette (Rat Pack Dad) confirme la position de légèreté en soufflant sans peur des notes qui semblent descendre du ciel. Fallait oser, tenter le mélange. Faire goûter à la simplicité enveloppée d’une écorce souple. Ne pas avoir peur de s’arrêter pour regarder les autres passer. Le label Gronland (Emily Haines, Windmill, My Luminaries,…) a prévu un point relais sur la route pour les accueillir. Ce n’est pas en écoutant ce genre d’album que l’on se prend un boost d’énergie pour ranger son appart’, mais plutôt l’apport de confort dans un nid douillet… boaaaaah je le rangerai demain mon appart’.

Mad River

Lonely are the brave

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Il est impossible de parler de Mad River sans parler des Witches Valley. Tout au long de l’histoire du rock, les bons groupes qui ont splitté sont légion. Né au début des eighties, ce groupe psychobilly frappadingue s’est séparé assez rapidement. Dans les années 90. Au grand dam de ses fans dont je faisais partie. Après avoir concocté un premier album mémorable mais unique intitulé "Extreme return to the source". Aux commandes de cet OVNI, Jeremy Prophet insufflait une réelle folie au projet. Les prestations scéniques étaient mémorables, et on avait parfois plutôt l’impression de fréquenter un asile psychiatrique qu’une salle de concert. Kim Ohio, ex-bassiste des Witches Valley, milite désormais au chant et à l’orgue chez Mad River. Quinze années plus tard, Jeremy s’est installé à Schaerbeek. Devenu papa, il sévit aujourd’hui au sein du groupe Hydra (à l’affiche du festival ‘Chantons Français’ de ce 29 septembre), un combo davantage contaminé par le rap oriental. C’est donc manifestement Kim qui a repris le flambeau au sein de Witches Valley.

Infiltré discrètement par un orgue farfisa avant de partir en trombe lors du refrain, toutes guitares dehors, « Down by the river » ouvre l’opus. Cette tension envahit l’ensemble de l’œuvre et lorsque le déluge sonore commence à s’abattre, on en demande et redemande encore et encore, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. « Concrete Criminals » constitue manifestement le somment de l’elpee. Une compo au cours de laquelle, comme chez ces groupes bruyants de nanas (PJ Harvey, Breeders) les breaks impérieux donnent le vertige. De la vallée des sorcières à la folle rivière, il n’y a qu’un pas.

Th' Legendary Shack Shakers

Swampblood

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Personnage énigmatique, J.D Wikes a fondé sa formation dans son antre à Nashville, dans le Tennessee. En 1998, il commet "Hunkerdown", une œuvre totalement inclassable, sorte de patchwork associant des éléments de rock, de blues, de country, de jazz, de psyché, de punk et de polka! Le line up actuel prend réellement forme en 2003, lorsque le charismatique leader s'entoure du bassiste Mark Robertson, du guitariste David Lee et du drummer Brett Whitacre. La formation enregistre alors dans la foulée "Cockadoodledon't" puis "Believe", déjà pour le label Yep Roc! "Pandelirium" paraît en février 2006, un opus pour lequel il reçoit la participation de Jello Biafra des Dead Kennedys et du Reverend Horton Heat, une influence hillbilly marquante pour Wilkes.

J.D nous propose aujourd’hui le troisième chapitre de sa trilogie consacrée au gothic rock américain. Cet opus est constitué de nombreuses plages assez brèves, d’une moyenne d’à peine deux minutes. Les guitares acoustiques sont en dérapage contrôlé. Elles sont rejointes par des banjos. Nous sommes bien à Nashville, la Music City, capitale de la country music. Même si la suite glisse vers un blues rock, proche du pub rock anglais de Dr Feelgood et du swamp blues de Tony Joe White. J.D souffle rageusement dans son harmonica avant de chanter ce "Old spur line". Une plage bien nerveuse dont la ligne mélodique intervient dans le changement de rythme. L’expression sonore galope vers un country & western et ne rentre à l’écurie que lorsque les banjos sont de retour! Les Shakers voyagent dans l'espace et dans le temps. Ils campent dans les bayous louisianais pour aborder "Hellwater", à la poursuite du Creedence Clearwater Revival. "Easter flesh" pénètre ensuite dans un univers digne d'Enio Morricone. La rythmique punk est déjantée. Quasi surf, la guitare de David Lee flirte avec la voix et l'harmo de J.D, pendant que Brett maltraite ses peaux comme un malade. Lors du titre maître, les Shakers replongent dans les swamps. Ils sont à la recherche improbable de l'ombre de John Fogerty. Une bonne dose de frénésie hante le leader. Il avale au passage sa musique à bouche dont les accords passent au rouge feu. Un geste de déglutition pour "Dusk" avant de remettre la machine punk infernale, implacable, sur les rails de "Cheat the hangman", la rage au corps. Brett a les poignets en sang pour tenir la distance! La décompression s'opère lors du joyeux "Born again again", chanté à tue-tête par les acteurs devant mandoline, banjo et piano. Joué par Jack Irwin, ce piano semble sorti des vieux saloons poussiéreux du sud profond! "The deadenin'" est manifestement une des meilleures plages de l’opus. Elle fait la synthèse du potentiel du combo. Le décor est toujours tapissé de western. A cause de la présence discrète du banjo, des cordes réverbérées, du chant furieux et de l'harmo qui lui colle aux lèvres. Le chant est puissant pour "Down and out', une compo gothique, grave et métallique. Le sol semble martelé comme un régiment à la parade. Après un nouvel intermède accordé dans un saloon, "He ain't right" nous entraîne dans la surf music. Les cordes de Lee Très réverbèrent une dose d’écho parfaite tout au long de ce titre rockabilly. Wilkes est assis derrière son piano, tandis que Brett imprime la rythmique implacable des Shakers sur le boogie rock suranné "Angel lust". Cet opus s’achève par le mélancolique et bouleversant "When I die", avant que cordes acoustiques, ukulélé et banjo revivent une dernière fois une "Bright and sunny south". Une œuvre étonnante mais riche et personnelle! Si vous avez l’occasion d’aller voir cette formation en live, ne la manquez surtout pas. Rien que la personnalité de son leader, qui vous invite à partager sa folie musicale, vaut le détour.

Hercules and Love Affair

Hercules and Love Affair

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Au cours des trois dernières années, DFA (Death From Above) est incontestablement devenu un des labels les plus prolifiques. Sans doute que le travail apporté par James Murphy explique cette situation. Producteur et ingénieur du son infatigable, recruteur de génie, le Newyorkais réussit à jongler magnifiquement entre son groupe, LCD Soundsystem et son label DFA, une écurie cofondée en compagnie de son ami de longue date, Tim Goldsworthy. Un personnage qui ne vous dit peut-être pas grand-chose ; et pourtant, c’est bien lui qui a découvert Hercules and Love Affair.

Projet d’Andrew Butler, DJ et producteur de la Grande Pomme, l’homme a bénéficié du concours d’une orchestration issue de la scène underground newyorkaise ; et, cerise sur le gâteau, de la participation d’Antony, mais pour la circonstance, sans ses Johnsons. Il prête sa voix à cinq titres. Un registre que l’on ne lui connaissait pas, mais au sein duquel il se transforme, d’une façon magistrale, en un crooner androgyne. Disco. A la voix tendre et suave. Ce premier opus est éponyme. Une œuvre qui ne manque pas d’élégance. Ni de rythmes funk et disco. Dispensés à la manière d’un Bronsky Beat, ils sont ici propulsés dans le nouveau millénaire. Les voix féminines de Nomi et de Kim Ann Foxman sont imprégnées de sensualité. A l’instar des ‘Traîtresses de l’Ile du Désir,’ elles roucoulent de plaisir tout au long de « You Belong » ou encore d’« Athene », une plage dont les beats disco étourdissants, épicés de sonorités de cloches sont dynamisés par des accès de basse orgasmiques. Un univers sonore qui a bien failli faire chavirer Hercule lors de l’accomplissement de ses douze travaux. Mais il a résisté. Non sans mal ; jusqu’à ce que, Antony vienne entonner « Blind », tube herculéen déjà classé historiquement. Tracée par un Tyler Pope (!!!, LCD) bien inspiré, la ligne de basse est pure. Typiquement disco et enrichi de cuivres, le tempo serait susceptible de faire danser un mort sur un dancefloor couvert de paillettes. Ce dancefloor… Un endroit de repos éternel : mais également le vestige d’une Grèce Antique, revisitée par un producteur des temps modernes, pour célébrer une histoire d’amour et une réconciliation avec les années 80 !

A mon humble avis, « Hercules and Love Affair » risque fort de devenir le disque majeur d’une année 2008 explosive. Une énorme boule à facettes qui n’est pas prête de se décrocher et devrait continuer à tourner jusqu'à rayure du disque. Un grand moment de néo-disco que ce petit malin de Butler a reconstitué intelligemment. Mais aussi et surtout, un choix encore une fois judicieux du très très grand label DFA. Messieurs Murphy et Goldsworthy : chapeaux bas !

Pour voir la vidéo de « You belong » : http://fr.youtube.com/watch?v=T5spXHUCmWc

 

Dark Globe

Nostalgia for the future

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Tournez casquette, voilà Dark Globe ! Imaginé par les deux larrons Peter Diggens & Matt Frost, ce projet a tout pour laisser interrogatif. Les deux artistes reconnaissent pour influences majeures AC/DC, My Bloody Valentine, Kraftwerk et Jeff Mills, entres autres. Ils sont pourtant catalogués dans la dark-house ou l’underground pop (?). Ces nostalgiques de Culture Club essayent d’étonner en proposant des associations d’artistes tels que : Boy Georges (« Atoms ») et sa pote Amanda Ghost (« Break My World ») ou Imogen Andrews & Tom Verlaine (« Everybody Fades ») sans aucune envie de moquerie has-been.

Ce petit monde s’est rencontré lors de soirées enfumées organisées dans les différentes boîtes à la mode d’Angleterre où ils y jouent chacun leur tour voire ensemble. Dark Globe est réellement nostalgique des 80’s et surtout des sonorités immortalisées à cette époque. Leur premier sample date de cette période au cours de laquelle l’androgyne Boy George avait décidé de visser ces chapeaux ridicules sur la tête. Pour l’éternité… Outre sa volonté manifeste d’entretenir des liens d’amitié, « Nostalgia For The Future » trahit une réelle envie de proposer du son de qualité, mais malheureusement à part dans un endroit clos, enfumé et suintant sous les ‘light shows’, je ne vois pas d’autre situation pour essayer de capter l’âme susceptible de s’en extraire. Les 12 plages défilent et rien n’y fait, elles n’accrochent pas. On est ballotté maladroitement de ‘beats’ dance en mélodies aériennes. Ni le rythme balancé, ni la douceur, ne parviennent à se forger une place. On s’ennuie vite de ces fluctuations d’harmonies. Un opus face, décevant et peu novateur.