Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Biohazard 8/8/26
Chroniques

Laurent Wolf

Hollyworld

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On connaissait Laurent Wolf grâce à deux titres qui ont largement contribué à l´usure des dancefloors : « Saxo » et « Calinda », tous deux issus de son premier album « Sunshine paradise ». Longtemps résident de la mythique boîte parisienne le « Queen », ce DJ français nous revient aujourd´hui nous présenter le très dance « Hollyworld ». Sur cet opus, rien de révolutionnaire. Il faut attendre trois morceaux avant que l´artiste se décide enfin à dispenser une musique davantage alléchante ; et en particulier lors de titres comme « I don’t know » ou les plus lounge « Yume » et « Quiet time ». Malheureusement, ces accès d’originalité s’estompent rapidement et les dernières plages l´album se révèlent de plus en plus répétitives et très (trop) proches de l´œuvre de celui auquel Laurent Wolf est souvent comparé (sans jamais être parvenu à l’égaler) : David Guetta. Le DJ parvient quand-même à clôturer « Hollyworld » en beauté, par le très réussi « Jungle ».

Malgré ce bilan mitigé, on est certain que ce disque connaîtra un joli succès dans les clubs et ravira ceux qui souhaitent se trémousser jusqu´au bout de la nuit…

 

 

 



The Ataris

Welcome The night

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Anciens adeptes de l'emo-core à tous crins, les membres de The Ataris avaient adopté une approche plus pop sur « So Long », leur premier opus pour une major (Astoria) paru en 2003. Quatre ans plus tard, les Américains nous reviennent avec un album taillé pour MTV et les charts du pays de l'oncle Sam. Un peu à l'instar de Jimmy Eat World, The Ataris propose un rock emphatique et très émotionnel, soutenu par de grosses guitares bien baveuses et une voix n'hésitant pas à jouer la carte du pathos. S'il faut bien évidemment être adepte de ce genre de réjouissances, admettons cependant que, dans le style, The Ataris ne se défend pas mal. Les treize compositions présentes sur le cinquième effort du combo devraient arracher quelques larmes aux teen-agers qui se rueront sans nul doute sur « Welcome The Night » en quête d'un quelconque réconfort masochiste... Pour les amateurs du genre donc...

 

The Mae-Shi

Hlllyh

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Si Robert Plant avait voulu se recaser au sein d’un groupe contemporain, c’est certainement pour The Mae-Shi qu’il aurait opté. Car s’il existe bien un point commun entre le vocaliste du chanteur mythique de Led Zeppelin et Erza, c’est bien leur capacité à monter dans les aigus. Depuis sa fondation, c'est-à-dire en 2002, la formation américaine écume les concerts. Elle est également responsable de nombreux Ep’s. Après avoir signé sur le label Moshi Moshi en 2007, le quatuor enregistre donc ce premier elpee.

Quoique fondamentalement rock, la musique de ce combo américain n’hésite pas à puiser dans le punk, la noise et même l’électro pour se forger son propre style. En poussant un peu le bouchon, on pourrait imaginer une forme de Led Zep sous acide. Sur des titres comme « The Melody » ou encore « Run to your grave » (NDR : le magazine Pitchfork la considère comme la chanson pop ‘parfaite’), l’électro vintage rappelle ce vieux clavier Casio sur lequel vous ne cessiez de jouer, tout gamin. Et contrairement à ce que vous pouvez penser, le résultat est loin d’être ringard. Ces sons primaires libèrent une fraîcheur insoupçonnée tout au long de ces deux petits bijoux sculptés dans la pop. Et il faut croire que The Mae-Shi est occupé de donner une nouvelle vie aux bidouillages électroniques. Pourtant, d’autres compos affichent un profil beaucoup plus violent. Plus punk. A l’instar de « Party Politics », véritable tourbillon frénétique qui vous scotche sur place par sa puissance. Mais sans oublier d’y insérer une touche d’humour. Car de l’humour, la formation n’en manque pas et en consomme généreusement au fil de ce « Hlllyh »! Pourtant le titre le plus intéressant de cette œuvre est également le plus paradoxal : « Kingdom Come ». Un véritable hymne à la techno de Detroit d’une durée de onze minutes. Un titre dansant, transcendant, époustouflant même, qui devrait faire un malheur sur les dancefloors. Sans oublier le titre maître. Une petite bombe. Elle est à prendre comme elle vient : en pleine tronche !

Personnellement, j’estime que The Mae-Shi est une des premières révélations de l’année 2008. Un disque d’excellent facture, chargé d’intensité et propice au défoulement. D’ailleurs, pour l’instant, il me rend complètement marteau et est occupé de me chambouler le cerveau (NDLR : ça rime !).

Paul Wood

Pirate Radio

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Ce vétéran du blues est né à Oakland, en Californie. Il est le dernier survivant du backing band originel de John Lee Hooker ; en l’occurrence le Coast to Coast Blues Band. A cette époque, il avait alors à peine 20 ans. Il a ainsi participé à la confection de trois albums de John Lee, dont le fameux « Never get out of these blues alive », enregistré en compagnie d’Elvin Bishop, Van Morrison et Charlie Musselwhite. Ses premiers héros répondent cependant aux noms d’Eric Clapton, de Jeff Beck et de Michael Bloomfield. Depuis 1997, Paul vit à Memphis, dans le Tennessee. Il y avait même fondé son groupe : les Bridgerunners. Ensemble, ils ont alors écumé les bars de Beale Street.

Ce « Pirate radio » a été immortalisé non loin du Mississippi. Au sein des studios ‘Sounds Unreel’. Le drummer de Little Feat, Richie Hayward, est de la partie. Les cuivres sont bien présents : Jim Spake aux saxophones et Scott Thompson à la trompette. Paul ouvre l’opus par une reprise de Doug Sahm : « You never get to big ». Une compo que le Texan avait enregistrée au cours des 60’s, flanqué du Sir Douglas Quintet. Les cordes sont bien amplifiées. « Blue world » est une plage que j’apprécie tout particulièrement. L’impact de ce titre est direct. L’instrumentation paradoxalement simple et complexe. Hayward brille aux percussions. Les parties de guitares échangées entre Paul et Jack Holder sont percutantes. Les parties vocales me rappellent le style laidback de JJ Cale qu’on aurait lié à la sauce southern rock. Ce côté sudiste, Wood l’injecte dans son blues pour lui donner de la couleur. Sa voix fatiguée évoque parfois celle de Billy Gibbons du ZZ Top, mais le ZZ de naguère, celui des années blues. Le son des cordes est largement amplifié. La sonorité très grasse de la Gibson Les Paul est aisément identifiable. Son « Good day 4 bad whiskey » en est une parfaite illustration. La slide imprime un tempo impitoyable tout au long de « Black dog », un rock pur et dur. Memphis rock classique, « What have I done » est enrichi de cuivres ; mais également par les interventions d’orgue Hammond d’Al Gamble, un des meilleurs claviéristes locaux (il est impliqué au sein du Gamble Brothers Band). Caractérisé par ses accès de funk et ses envolées de cordes, « Sleepin’ with the TV on » replonge dans le rock sudiste. Paul reprend deux titres de Jim Gaines, un des regrettés guitaristes de Lynyrd Skynyrd. Tout d’abord « Take my time », une adaptation empreinte de douceur au cours de laquelle on assiste à une des plus jolies parties de guitare de cet opus. Ensuite, le funkysant « Nothin’ is new ». Sa manière de jouer de la slide nous rappelle un autre illustre disparu : Duane Allman. Paul reprend alors, mais de manière classique, « She put the whammy on me », un slow blues issu de la plume de Freddie King ; et achève l’elpee par « Nickel pie », une ballade acoustique abordée à la manière des Stones circa « Exile on main street ». Un très bon album !

 

Bikini Machine

Daily Music Cookin with

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Shake-it, shake-it ! Pour les plus anciens, vétérans des 80’s, le nom de Thierry Hazard rappellera sans doute une période de leur vie au cours de laquelle l’homme sévissait sur les ondes et squattait les plateaux télé. Déversant à tout va un ersatz de ‘Jerk’. Matraqué à l’extrême, l’air n’a pu échapper à personne. Pourquoi évoquer ces moments de tortures auditives du temps passé ? C’est que Daily Music Cookin With Bikini Machine nous y oblige un peu, vue la ressemblance des mélodies redondantes et soûlantes avec le sieur Thierry. Terrain hasardeux le style ‘Jerk’ peut vite rendre nerveux à contrario de sa motivation première.

Le ‘maillot deux pièces’ a la qualité de ne pas se prendre au sérieux et d’essayer de faire décoller le pied du sol, malheureusement sans succès. Le « Jerk du Gastronome » nous donne même droit à une liste d’aliments et de plats à faire pâlir Bocuse. Batterie roulante, basse répétitive, orgue Hammond, effets electro ‘cheap’ sont les composants-maître de la recette. On pourrait comparer l’album à une grosse sucette fluo ; et tout content d’y coller la langue, on s’apercevrait au final de son interminable taille et de son goût écœurant. Conclusion : on va la coller dans un coin et l’oublier au fil du temps. Peut-être aurait-il été moins vieux-jeux de se vêtir uniquement d’un monokini pour aller danser le ‘Jerk’ sur de la musique Pop !

 

 

Dome La Muerte and The Diggers

Dome La Muerte and The Diggers

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Dome La Muerte est italien. De Pise, très exactement. Un chanteur/compositeur/guitariste qui s’est forgé une solide réputation au sein du légendaire CCM, une formation qui avait bénéficié du concours de Jello Biafra à la production. Il porte d’ailleurs plusieurs casquettes, puisqu’il a également fondé Hush et sévit comme guitariste chez No Moving. Sans oublier son implication dans la composition de bande sonore pour le théâtre et le cinéma. Son nouveau projet répond donc au patronyme de Dome La Muerte and The Diggers. Il a choisi d’appeler son band les Diggers, en hommage au mouvement anticapitaliste, né vers 1966-68 du côté de San Francisco (NDR : un mouvement lui-même inspiré par une philosophie apparue à la fin du XIXème siècle). Bref, on comprend mieux pourquoi il est dans la manche d’Eric Reed Boucher alias Jello Biafra. L’ex Dead Kennedys n’a cependant pas collaboré à l’enregistrement de cet opus, mais bien le boss des Fuzztones, Rudi Protudi. Il joue de l’harmonica sur un titre et apporte ses backing vocaux à deux autres, dont la cover des Yardbirds, « Heart full of soul ». Parmi les autres guests, figurent la pianiste Maria Severine (Not Moving), dont les accords aux ivoires roulent tout au long du titre d’ouverture, « Get ready », et puis Mikefuecos (Los Fuecos) responsable des percus sur la ballade mid tempo hantée de chœurs hululés « You shine on me », une compo qui aurait pu figurer au répertoire des Stones, fin des sixties/début des seventies s’il n’y avait l’impétuosité des guitares. Car la majorité de l’opus trempe dans un garage/r&b/punk malsain et incendiaire. Une référence ? Le J. Geils Band. Encore qu’en finale, la reprise du célèbre « Cold turkey » de Plastic Ono Band, emprunte un tempo nettement plus ‘stoogien’. Bref, le moins que l’on puisse dire, c’est que cet elpee déménage…

Storybox

A fool s attempt

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Classieux mélange distillé par ce quatuor néerlandais. Une patte toute personnelle mêlant banjo, cuivres, accordéon, guitare électrique, piano et synthé, le tout avec un bon goût surprenant. Un parfum susceptible de rappeler les derniers travaux solos de Tom Petty, mais doté d´une personnalité clairement marquée.

Si l’album s’ouvre par le velouté « The Thought We Had », la suite s’avère bien plus surprenante. Et en particulier la plage « I Wanna Know ». A cause de l’intro électrique, de cette guitare pleine de flanger et d’un synthé entêtant, instrumentation qui tranche au milieu de l´ambiance folk/country générale. Un cocktail parfaitement maîtrisé comme sur le très beatlenesque « Not Easy, Falling (With A Strange Delight) ». On relèvera aussi de petites perles comme l’émouvant « Our Little Home », pour lequel la voix est sobrement accompagnée d’un piano, et le final instrumental « Vernon », emmené par un duo échangé entre la pianiste Helge Slikker et le trompettiste de Calexico, Jacob Valenzuela. D’autres ‘guests’ ont également participé aux sessions d’enregistrement, et notamment Gwen Cresens, accordéoniste chez Sexteto Tanguedia, la talentueuse vocaliste Lies Visschedijk ou encore Filip Jordens.

Un tiers folk, un tiers country, un tiers Beatles ? Ou juste Storybox, tout simplement.

 

 



Various Artists

Blues Harp Meltdown Vol 3

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Le chanteur/harmoniciste Mark Hummel a fondé un espace de rencontre entre souffleurs de renom. En 1991. Baptisé "Harmonica Blowouts", il devient, d'année en année, de plus en plus populaire et s'exporte bien au-delà des limites de la baie de San Francisco. Au fil du temps, Mark a ainsi provoqué la confrontation des meilleurs sur scène. Des pionniers à la peau noire comme Snooky Pryor, Sam Myers, James Cotton et Billy Boy Arnold, ainsi que la crème des musiciens blancs, dont Rod Piazza, Charlie Musselwhite, Rick Estrin, Kim Wilson, James Harman, Paul deLay, Gary Primich, etc. Le label Mountain Top Productions avait déjà sorti les Volumes 1 et 2 de ces collections ainsi que "Rolling Fork Revisited", en compagnie de Johnny Dyer. Pour ce troisième tome, le rendez-vous s’est limité aux musiciens noirs ; et en particulier Carey Bell, Lazy Lester, Willie Smith et Phil Wiggins. Ce double elpee a été immortalisé ‘live’ au Moe's Alley de Santa Cruz, en Californie. En janvier 2004.

 

La première plaque s’ouvre par la performance de Mark Hummel et de ses Blues Survivors ; c'est-à-dire les mêmes musiciens qui ont participé à la confection de l'album "Ain't easy no more". Tout d’abord le superbe slow blues "City livin" ; une compo qui met en exergue le talent du guitariste Charlie Wheal. Deux reprises de Little Walter, ensuite. "My kind of baby" et l'instrumental "Rollercoaster", au cours duquel Hummel se révèle époustouflant. Le guitariste Steve Freund se joint ensuite aux musiciens. Il a longtemps sévi au sein du backing band du pianiste Sunnyland Slim. Steve est un gratteur affûté, mais également un chanteur inspiré. Il adapte de Slim, son ancien patron, "Done you wrong". Un blues lent, bien dans la tradition du Chicago Blues. Bob Welsh siège derrière le piano et Hummel se charge des chorus d'harmonica. Son intervention nous flanque le frisson. Willie "Big Eyes" Smith a été le batteur de Muddy Waters pendant près de vingt ans. La musique à bouche avait été son premier instrument. Pour la circonstance, il chante et souffle à nouveau lors de la cover du "Hoodoo man blues" de Junior Wells. Six minutes de bonheur rehaussées par la présence d’un Steve Freund insatiable aux cordes! Changement radical de style pour terminer ce premier cd : John Cephas et Phil Wiggins sont réunis lors d’un duo acoustique découpé dans le country blues. L’épisode débute par "Piedmont blues jam" et embraie par des reprises de Willie Dixon, Fred McDowell et Sleepy John Estes. On en retiendra surtout une extraordinaire intervention de Wiggins sur le traditionnel "Walkin' blues". Une bien belle parenthèse.

Le second opus nous présente d'abord le vieil harmoniciste noir Carey Bell. Il a longtemps milité au sein des formations de Muddy Waters et de Willie Dixon. Willie Smith s'est installé derrière les drums. Steve Freund partage les cordes en compagnie de Charlie Wheal. A menu : huit titres de Chicago Southside blues, dont de bonnes reprises du célèbre "I'm ready" et It ain't right" de Little Walter ainsi qu’un splendide slow blues, "Too bad too bad". Ce blues a du vécu. Il reflète le mal vivre de l'artiste. La prestation s’achève par un frétillant "One day". C'est à une légende louisianaise qu'il revient de clôturer cette présentation de souffleurs : Lazy Lester. Dès les années 50, il a enregistré à Baton Rouge sous la houlette de Jay Miller. Son swamp blues paresseux nous va droit au cœur. Le style est ici de toute évidence totalement différent de ce qui précédait. Lazy a déjà mieux chanté que ce soir-là mais ses performances à l'harmonica sont de classe. Et il le démontre tout au long de son interprétation de blues indolents. Tout d’abord "Bloodstains on the wall" et "Rainin' in my heart" de Slim Harpo. Et enfin sa plage la plus connue, "Sugar coated love", un morceau au cours duquel il parvient à faire sonner son harmo comme un accordéon. Plus de deux heures d'excellent blues !