Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Chroniques

Orchestre International du Vetex

Flamoek Fantasy

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Petit retour en arrière. Nous sommes en 2004. A Courtrai. Dans les locaux d’une ancienne usine de textile : Vetex. Un comité de quartier entreprend d’y jouer une pièce de théâtre. Cherchant des musiciens capables d’animer leur projet, ils arrivent à associer musiciens du coin, d’un peu plus loin, voir même transfrontaliers. Une fanfare naît sur le sol poussiéreux de l’usine. Frappant des pieds, des mains et du cœur, l’association musicale qui se devait éphémère s’embrase et s’enflamme sous les vivats. L’Orchestre International du Vetex est né. Une troupe atypique, cherchant à intégrer dans leur univers celui des autres. D’ici ou d’ailleurs. La formation ne se quitte plus, multiplie les ‘répètes’ et fiestas improvisées. Dix-neuf poilus au trombone, clarinette, sax, etc., se délectent d’énergie en soufflant de tous leurs poumons, la joie d’être ensemble. En 2005, « Le Beau Bazar », leur premier opus, voit le jour chez Via Lactea (Amapranoïa, La Kinky Beat, Radiochango Soundsystem,…) Forts de cette première expérience gravée dans la liesse, l’équipe attaque ensemble les 80 dates de concerts programmées. C’est une unité, une entité unique répartie intra-émotionnellement. Sans doute marqués par les voyages de la tournée, c’est sur ce thème qu’éclot « Flamoek Fantasy », le dernier né de la tribu. Tel un enfant du voyage, on sent les influences qui on empli les oreilles et nourri la culture des musiciens. Une énergie communicative qui donne envie de danser, de faire la fête et d’embrasser son voisin. Un chouette album. Positif. Où la bonne humeur entre sans s’imposer. Et qui donne la pêche, en plus…

Left Lane Cruiser

Bring yo' ass to the table

Écrit par

Ce duo nous vient de Fort Wayne, dans l'Indiana. Mais en écoutant attentivement leur album, on finit par détecter les références de leur musique. Car manifestement, elle balayée par le souffle des collines du Nord Mississippi. A cause des sonorités dispensées. Déjantées. Réminiscentes de leurs lointains parents de chez Fat Possum! Joe Evans, alias Freddy J IV, chante et joue de la slide. Brenn Beck siège derrière sa batterie rudimentaire et sa panoplie de percussions. Difficile quand même de définir leur style. Sans trop prendre de risque on pourrait le décrire comme du heavy/boogie/punk/blues. Enumération à écrire dans l'ordre ou le désordre. Au choix. Une solution sonore manifestement primaire, sale, sans guère de production. En prise directe. Et pour cause, les prises de son en studio se sont déroulées comme si la formation affrontait son public, au sein d’un vieux juke joint enfumé. Brenn, le drummer, n’hésite jamais à en rajouter, une couche. Et même plusieurs. Il est d’ailleurs surnommé ‘Sausage paw’. Un véritable déménageur !

Frénétique et parfaitement intégrée dans le Sud profond, la musique de LLC puise donc bien des sources dans le Delta du Mississippi. Dès les premiers accords de "Wash it", la slide s'enfonce dans nos oreilles. Bien en profondeur. Elle n’en sortira plus qu’en fin de parcours. Et si d'aventure, elle s’autorise une pause, Brenn prend immédiatement le relais, histoire de nous asséner de violents coups percussifs. Un véritable enfer ! Pas le temps de reprendre son souffle et on embraie sur la plage suivante : "Set me down". Brenn doit avoir des bras en acier. La slide s'éclate. Et la pause de brève durée sert de tremplin aux deux possédés, déterminés à aller aux bout de leurs forces. Boogie ravagé, "Pork n' beans" aurait pu relever du répertoire de ZZ Top. Mais un ZZ Top, passé en enfer. Tout brûle en ce lieu maudit ; mais cette slide est tellement dense, qu’elle vous envoûte, vous pénètre, vous met à nu. "Big Momma" adopte un schéma semblable. Un boogie rageur, proche de la démesure. Les douze chapitres de cette aventure défilent en un éclair et sans jamais susciter le moindre ennui. Une homogénéité dans l’intensité et l’agressivité. La musique ne souffre pourtant pas d’une quelconque uniformité. La fureur constitue le dénominateur commun. Et reconnaissons qu’une plage comme "KFD" nous la ramène dans des limites plus sensibles. Brenn souffle dans un harmonica aux tonalités fantomatique. Le doigt d'acier fait vibrer les cordes, durant de brefs instants. Freddy y révèle un potentiel inattendu, empreint de délicatesse tout en surfant sur les différentes modulations de l'espace sonore. "Justify" émarge presque au punk. Enfin, surtout le chant. Le rythme épousant plutôt un Bo Didley beat. "Busket" et "Amerika" affrontent du garage punk. Le combat terminé, le tandem nous abandonne blêmes et livides. Et impossible de reprendre sa respiration. La paire impressionne lorsqu’elle se met à table. Elle avait démontré cet art culinaire, en avalant le plat de "porc et haricots". Et le confirme tout au long de "Amy's in the kitchen", une plage au cours de laquelle les riffs de la slide nous dévorent. En finale, "Heavy" reflète parfaitement son titre. Un opus à conseiller vivement aux fans des Black Keys ou encore North Mississippi All Stars. Remuez-vous, la musique continue!

Julie´s Haircut

After dark my sweet

Écrit par

« After Dark, My Sweet » constitue le quatrième album de Julie´s Haircut, formation italienne qui a déjà œuvré dans de nombreux festivals européens. Le sextet joue un indie rock essentiellement instrumental. L´opus débute pourtant par un titre assez pop, sympathique mais sans grande envergure. Mais les dix morceaux suivants se démarquent de cette tendance et revêtent un aspect plus rock. Faisant la part belle aux guitares et ponctué de sonorités new-wave, chaque titre nous embarque dans un univers psychédélique, nous rappelant des groupes tels qu´Archive, Pavement ou encore les Belges de Minerale. Très agréable, « After Dark, My Sweet » est l´un de ces disques à écouter après une journée de boulot stressante et fatigante. Il nous relaxe sans nous endormir, malgré quelques titres un peu trop plats (« Ingrid Thullin », « Liv Ullman »).



The Kill Devil Hills

The drought

Écrit par

Fondé en 2003, The Kill Devil Hills compte à ce jour deux albums à son actif. Une formation australienne dont le line up est passé d’un trio à un sextet, tout comme leur musique a viré du country/folk à une formule fondamentalement plus rock. Un rock ténébreux, teinté de blues, parfois de gospel, mais qui ne renie jamais ses racines. Et pour cause, le combo a toujours recours à des instruments aussi spécifiques que la mandoline, le banjo, la sèche, la slide et surtout le violon. C’est d’ailleurs le violon qui charpente la plupart des mélodies, tantôt en les berçant d’accents introspectifs, tantôt en les dynamisant d’énergie frénétique. L’instrumentation basique apporte davantage d’intensité aux compos ; et en particulier la guitare électrique.

Manifestement TKDH est une formation australienne. Qui puise essentiellement son inspiration chez les artistes australiens. Des noms ? Hugo Race, Beast of Bourbon, Triffids, Nick Cave & The Bad Seeds ou encore Crime and the City Solution… Vous me direz que la plupart de ces gens ont plus ou moins trempé dans le même milieu. Et vous n’avez pas tout à fait tort. D’autant plus que la seule compo qui s’écarte de la ligne de conduite, “New country”, émarge au psychobilly. Celui des Cramps, bien sûr. Or, Kid Congo Powers, l’ex-drummer de la bande à Lux Interior/Poison Ivy, n’a jamais caché son admiration pour toute cette mouvance, et est souvent venu apporter son concours en ‘live’ voire en studio, pour l’un ou l’autre de ces musiciens. Vous ne serez enfin pas étonnés de savoir que le vocaliste principal, Lachlan Gurr, emprunte régulièrement les inflexions de Cave, et même le timbre. D’excellente facture, « The drought » trahit malheureusement encore trop de références évidentes à ses maîtres pour ne pas être soumis au feu de la critique. Dommage, car ce groupe possède suffisamment de talent pour tracer sa propre voie, sans pour autant renier ses racines. Ce sera sans doute son prochain challenge !

 

Robert Gomez

Brand New Towns

Écrit par

Fraîchement signé sur le label Bella Union, Robert Gomez revient deux ans après l’autoproduit « Etherville ». Gérant du label Basement Front, leader de la formation Latin Pimps, Gomez tend donc à prouver qu’il possède plus d’une corde à son arc. Et ce « Brand New Towns » sert bien sa cause. Après une ouverture en fanfare sur l’intriguant single « Closer Still », Gomez s’évade ensuite vers un univers proche de celui de Howie Beck (« All We Got », « Back To Me ») et d'Elliott Smith (« Into The Sun », « You Need Somebody »). Lascif et propice à quelques rêveries, « Brand New Towns » est un essai intéressant, sans pour autant atteindre des sommets d’ingéniosité. Entre lo-fi et folk, l’œuvre de Gomez se fait parfois hésitante (« The Same Sad Song », « Back To Me »), parfois accomplie (« Brand New Towns », « If I Could have You Back »). Une demi-mesure provoquée par les vocalises affectées, rarement variées, du jeune Texan. Trop souvent, « Brand New Towns » verse dans une longue et frémissante complainte. Pas forcément désagréable, mais lassant à la longue…

 



Strategy

Future Rock

Écrit par

‘Pour apprendre quelque chose aux gens, il faut mélanger ce qu'ils connaissent avec ce qu'ils ignorent’ dixit Alfred Hitchcock. Paul Dickow aux voix, instruments, fûts et programmation, semble suivre fidèlement cette ligne de conduite. A la fois funk par sa guitare, electro par les beats et les claviers, acoustique par des claquements de mains et dub dans sa douceur. Le style electronica ambiant de « Future Rock » semble remonter en se collant aux parois, le bord d’un tuyau où s’échappe des effets reverb’ à l’infini. Aligné dans la collection de Kranky (Deerhunter, Autistic Daughters, Jessica Bailiff, …), « Future Rock » prend des allures de laboratoire où le rock se fait discret pour ne suivre qu’un chemin unique en harmonie avec la voix robotisée de l’auteur. Tel un sudoku version expert, les éléments prennent place là ou nulle part ailleurs ils n’auraient pu se trouver. Si la structure est aérienne, on repose de temps à autre les pieds sur terre afin de profiter d’un rebond jouissif qui mènera encore plus haut. Une excellente plaque, pleine de surprises, propice à l’envoûtement, bénéficiant d’un nom de scène et d’album tout à fait adéquats. Résumé parfait de mixtions longues de 57 minutes.

The Jon Butler Trio

Grand National

Écrit par

« Grand National », dans la lignée des précédents albums, respire toujours le soleil et la mer australs. La voix de Jon Butler est chaleureuse, les arrangements folks et allégés, le ton souriant. L’album ne s’effiloche pas dans la dentelle ni dans de superflues sinuosités. Il s’inscrit sans ciller dans les chemins défrichés par Ben Harper et Jack Jonson, surtout dans son très pop « Better than », single et titre d’ouverture de « Grand National ». Mais comment lui reprocher de n’avoir choisi cachet plus irréductible, lorsque la formule se révèle fraîche et radieuse ? Les mélodies évoluent avec aisance et nonchalance, acheminant l’enivrement tout au long du reggae chaloupé de « Good excuse », les riffs blues de « Daniella », les guitares slide de « Funky tonight » et le groove irrésistible de « Used to get high ». On ne peut que se laisser gagner par l’addiction d’un message battant la mesure avec autant de franchise. Dommage pour le rock suranné de « Devil Running » et « Fire in the sky », ainsi que les ballades dispensables « Caroline », « Losing you » et « Nowhere man ». Pour le reste, Grand National installe un décor funky que ne refusera aucun matin ensoleillé.

Billy Gibson

Live at the North Atlantic Blues Festival

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Ce Dvd a été immortalisé lors du festival ‘North Atlantic Blues’. Il est sous-titré "The prince of Beale street". Pour la circonstance, Billy est épaulé par son band : le guitariste David Bowen, le bassiste James Jackson et le drummer Cedric Keel. Ce sont des musiciens de couleur noire. Un invité : le claviériste Charlie Wood.

L'entrée en scène de Billy est impressionnante. Replié sur lui-même, il chasse tout ce qu'il a dans les poumons face au colosse Cedric, responsable des fûts. Son répertoire est très funkysant. Faut dire que son backing group est constitué de vétérans issus de la scène locale R&B de Memphis.

Il ouvre le set par "Down home". Et dès qu’il prend un billet de sortie, on est impressionné par sa présence sur les planches. Très à l'aise, il se montre généreux à l'harmonica. "Keep doin' what ya doin" est un morceau de funk participatif. Il chante aux côtés de son guitariste David. En public, Billy est dans son élément. Il dialogue sans cesse avec le public. Sa musique est dansante. Le funk une ligne de conduite. Même lorsqu’il s’autorise une reprise personnelle du célèbre "Bad boy" d'Eddie Taylor. Wood participe activement à cette cover, puis Cédric le rejoint aux drums avant que Billy ne revienne en force exprimer toute sa force et son explosivité, sur son instrument. En ‘live’, pour rendre son show plus vivant, le BG Band n’hésite pas à allonger la sauce. Issu du Tennessee, Gibson n'oublie pas que Nashville n'est pas bien loin de Memphis. Ce qui explique pourquoi il n’est pas insensible à country. Surtout lorsqu’elle est issue de la plume de Willie Nelson. Billy s'attaque donc à "Funny how time slips away", tout en adoptant une trame funky. Les musiciens sont excellents et sont capables d'improviser voire de se lâcher en affichant une totale sérénité. A l’instar du "Tell it like it is" de Mose Vinson, une plage au cours de laquelle ils se lâchent, épinglant au passage, des classiques populaires et notoires comme "When the saint go marchin' in" ! Lors de la finale, l’ensemble décide d’embarquer pour un voyage au pays des bayous. Ils y rencontrent Tony Joe White en adaptant son "Polk salad Annie". Bowen chante d’un timbre paresseux. C’est de circonstance. Billy Gibson éprouve une joie intense en jouant le blues face au public. Et il veut nous faire partager son bonheur. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que Billy a participé au premier Bluzapalooza Tour, un périple réunissant des artistes blues invités à se produire dans les bases américaines en Irak, en compagnie de Bobby Rush et Janiva Magness.