Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Fog

Ditherer

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Ecouter une seule fois « Ditherer » et donner son avis est impossible. Plusieurs auditions sont nécessaires afin de capter l’éclectisme de ce groupe issu de Minneapolis. L’étonnant Andrew Broder frappe par surprise à travers ce quatrième opus, confirmant le line up du trio qu’il s’est dorénavant constitué. Nos mémoires remplies se rappellent les précédents albums du trublion américain qui opérait alors en solo : « Ether Teeth » en 2003 et l’excellent « 10th Avenue Freakout » en 2002. Déjà, à cette époque, Broder -issu du label Ninja Tune- nous avait démontré son envie de dépecer les sons, pour les reconstituer version Frankenstein. Recousues de toutes parts, fortifiées par les éléments curieux qui hantent l’esprit du docteur Brider et rivetées par la basse de Mark Erikson ainsi que la batterie de Tim Glenn, les mélodies pop de « Ditherer » semblent surgir de l’au-delà. Un au-delà qui nous semble malgré tout familier. Les influences sixties d’un bon rock américain planent tels des vautours affamés, se nourrissant de parcelles discrètes mais sustentatrices. Fog excelle dans le désir de redécouvrir des endroits connus mais visités à la légère, tout en nous propulsant dans des allées étroites et sombres d’un malaise corrosif. L’avant-gardisme du groupe précède invariablement une remise en question du monde musical qui l’entoure. Les morceaux « What Gives », « The Last I Knew of You », « Your Beef Is Mine » sont la preuve gravée dans la pierre, qu’ils sont déjà passés par ce chemin pour y laisser une trace indélébile. Paru chez Lex Records (Danger Mouse, Shape Of Broads Mine, Subtle,…), ce véritable chahut jouissif mérite le respect et son écoute la patience. Vous n’en serez que plus satisfait !

Puscifer

V is for Vagina

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Puscifer, « V is for Vagina ». C’est une blague ou quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce titre ? Passés les premiers sursauts étonnés dus, entre autres, à la piètre qualité de la pochette, un élément plus perturbant encore apparaît à son revers, le petit logo « SonyBmg ». Il trône comme seul élément à prendre au sérieux au milieu de tout ce fouillis visuel. Composé tel un livre de bord où les règles élémentaires de sécurité ont été revues, le triptyque en carton nous présente le capitaine de la flotte Puscifer :Myanrad James Keenan. Ok, on commence à comprendre. Pour rappel, Harry Merkin est le fondateur des ‘très discrets’ Tool et A Perfect Circle, groupe légendaire du milieu métal post/grunge. Respect donc. En grattant plus loin les informations sur le nouveau groupe du ‘Padre’, on prend connaissance de l’équipage qui l’accompagne : Danny Lohner (Nine Inch Nails), Tim Commerford & Brad Wilk (Rage Against The Machine), Lisa Germano,... Pas possible qu’il n’y ait pas quelque chose de bon là-dessous. Assez futé le capitaine Merkin, mais ayant la réputation d’être complètement déjanté. Oserions-nous embarquer avec ce malade qui se fout complètement de tout, et nous hypnotise de son organe ? Si le titre « V is for Vagina » a un relent ado/pubère attardé, il n’en est rien quand le Captain Keenan ouvre la bouche. Un ton grave et juste, comme à son habitude, sort tout droit de ses entrailles, accompagné en retrait par des cordes sombres et légèrement frottées. Entre hymne et cri, il nous subjugue, et nous nous laissons embarquer en toute insouciance. Un voyage sombre et envoûtant de 10 plages, où ceinturés du début à la fin, il nous sera impossible de nous lever de notre siège. Le capitaine, seul maître à bord, n’a prévu ni escale, ni ravitaillement. Il ne reste qu’à boire ses paroles, et pour le petit coin, fallait prévoir avant… c’est tout.

MSN:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6229114

i-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=266272879&s=143446

Various Artists

Our latin thing 2

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Poursuivant son entreprise de réédition du label historique de la salsa, ce deuxième tome d’« Our Latin Thing » a pour mission d’attirer l’attention de l’auditeur vers les prochaines sorties Fania. L’influent dj anglais Gilles Perterson va inaugurer la « Dj-series » consacré au label, où le connaisseur fera découvrir aux curieux quelques pépites récemment déterrées. Excepté le génial « Come and get it » de Ralph Robles, la sélection néglige le boogaloo pour s’aventurer du côté du latin jazz (Willie Colon, Willie Rosario, Monguito Santamaria) et quelques salsas destinées aux dancefloors (Eddie Palmieri & Cal Tjader, Johnny Pacheco). Une grosse partie est réservée aux chanteurs phares du label : Joe Bataan et une reprise baroque de « Shaft », le phrasé magique d’Hector Lavoe, l’énergique Celia Cruz et le crooner Ruben Blades. Le tout à prix réduit.

Fuck Vegas

Fuck Fuck Vegas

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Du paysage musical italien, on connaît surtout Eros Ramazzotti, les chansons napolitaines, la tarentelle et bien sûr grand ténor Luciano Pavarotti, dont toute la botte pleure la disparition depuis le 6 septembre dernier. Mais au pays de la pizza, la variété n’est pas seule maître à bord. La face cachée ou si vous préférez underground est également très active. Et permet régulièrement à tel artiste ou tel groupe de remonter à la surface. A l’instar de Fuck Vegas. Un combo originaire de Lombardie responsable d’un stoner rock teinté de psychédélisme et de noise et dont les principales influences lorgnent vers Queen of the Stone Age et Fu manchu. Trois garçons et une fille qui semblent s’entendre à merveille. « Fuck Fuck Vegas » crève le mur du son pendant plus ou moins trente minutes. Six titres sanguinaires, bruyants et acides constamment susceptibles de déraper dans l’improvisation. D’abord encerclés par « Drop a line », puis emprisonnés par l’excellent « The real show » vous devrez affronter un jugement ultime tout au long de l’énergique ‘I didn’t mean it… it’s a crime’.

Gary Primich

Ridin' the darkhorse

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Gary Primich, un des plus talentueux harmonicistes de blues blanc est décédé le 23 septembre dernier. Probablement d’une overdose. Son dernier album était paru au début de l'été 2006. Il marquait un retour à ses racines. Les musiciens s'étaient enfermés dans un garage, au Sud d'Austin. Un garage aménagé en studio par Billy Horton : Fort Horton. Lors de l’enregistrement de cet opus, Horton s’est réservé la basse acoustique. Dave Wesselowski s’est chargé de la basse électrique et Jim Starboard de la batterie. Pour les solistes, il avait reçu le concours de ses vieux compagnons Mark Korpi et Dave Biller aux guitares ainsi que l'excellent Gene Taylor aux claviers.

"Daddy let me hitch a ride" emprunte un tempo vivace. Le climat est très texan. La guitare s’autorise les premières libertés, alors que les interventions à l’harmonica n’apparaissent qu’en seconde partie. La reprise de "Sugar bee" laisse immédiatement la part belle à l'harmo. Le chant de Gary est convainquant. La rythmique est solide. Elle soutient la slide aux sonorités poisseuses. Une situation qui incite le leader à sortir le grand jeu. Il gonfle ses poumons au maximum pour exprimer toute sa vivacité et sa volonté. Cap vers la cité des vents pour envoyer ce "Why don't you write me", imprimé sur un tempo proche de Howlin' Wolf, même si Gary déclame qu'en voyageur solitaire, il s'enfonce dans le cœur du Texas profond. De sa voix nasillarde, Primich chante paresseusement le blues. Il en saisit au passage toutes les spécificités. Il se montre persuasif sur "Pray for a cloudy day". Les cordes de Dave Biller résonnent au profit de la collectivité. Du blues 5 étoiles ! "Wig city" accroche instantanément. L’ensemble se montre très soudé tout au long de ce Texas blues. Le son légèrement réverbéré des cordes rencontre le bayou blues rock aux couleurs louisianaises. Le rythme s'accélère et se mue en rockabilly pour permettre à Gary de nous servir le récréatif "Hill billy blues". La section rythmique s'emballe sous la pression des percussions de Starboard. "Keep on talking" constitue un des grands moments de cet album. Le rythme est inspiré par Jimmy Reed. Gary souffle dans les aigus et chante d'une voix posée, assez grave, devant le piano virevoltant de Gene Taylor. Une plage au cours de laquelle Primich étale tout son talent. Il aborde avec le même bonheur le style west coast lors de la reprise de "She walks right in", une compo bourrée de swing. Son solo est très inspiré libérant au passage une guitare au jump provocateur. Il chante d’un timbre nasillard et en toute décontraction l'ambiance des swamps louisianais sur "Never know when a woman". Et ce climat lui plait, apparemment beaucoup. Les caisses de Jim Starboared vibrent et libèrent un son très New Orleans sur le "Don't tear my clothers" de Lightnin' Hopkins. La guitare de Biller incorpore sa dose d'écho pour évoquer les bayous tout proches. Cette ambiance de la Crescent City revient encore plus franchement tout au long de "Country boy". Starboard adopte le rythme du chemin de fer pour aborder la route de "Kansas City". Gary exécute le meilleur solo de l'album avant de reprendre le "You got me" de John Brim lors d’un shuffle mené à la texane. L'album s'achève par "Indiana", un instrumental qui baigne dans une atmosphère très jazzyfiante.

Ce musicien particulièrement talentueux et très inspiré nous a quittés depuis. La pochette est illustrée par Gary, cet éternel amoureux des animaux. Il avait été photographié en compagnie de son chien, une image fort semblable à celle qui illustrait son album "Dog house music", paru en 2002…

Dan Deacon

Spiderman Of The Rings

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Après avoir fouillé toutes les armoires et chopé tout ce qui peut se brancher sur le courant –pourvu que ce soit susceptible de produire un son– Dan Deacon a modulé l’ensemble des machines en studio, y accrochant au passage sa (ses) voix, déformable(s) à souhait. L’opus est né, blindé d’énergie exclusivement electro multivitaminée. D’ailleurs, pour tenir le coup tout au long de l’opus, il faut croire qu’il a avalé 10 boîtes de Pharmaton. Chaque plage est une claque que l’on se prend en pleine gueule, tel le clou coincé dans le bois, esclave de son marteau. Pas le temps –ou si peu– de souffler un brin, les 9 plages s’enfilent en 45’ minutes chrono. Audacieux à souhait, il prend d’assaut la moindre parcelle vivante de son corps pour le transformer en électricité, en électrons libres, chargeant de 10.000 volts les atomes venus s’y associer. Essayer de se taper un petit roupillon en se déversant ce « Spiderman Of The Rings » entre les oreilles relève du défi. Et même complètement destroy, c’est impossible. La puissance émise par Dan et ses comparses équivaut à un bain froid dans lequel on plongerait en pensant s’y ébouillanter. Derrière la pochette, collage de bric et de broc, se cache une cathédrale de son, d’énergie et de puissance franchement sympathiques. L’album longe la zone expérimentale sans jamais tomber dans son travers… pfiouuu que d’énergie,… que d’énergie.

Emily Haines and The Soft Skeleton

Knives Don’t Have Your Back

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Echappée de Broken Social Scene et en vacances de Metric, Emily Haines oublie les joyeusetés de l’electro-pop au profit des doux plaisirs de la combinaison piano-voix, enveloppée d’un joli voile de cordes. Accompagnée d’une sélection d’amis réunis sous un sobriquet choisi par la jeune femme elle-même, The Soft Skeleton, Emily Haines nous entraîne sur une route à la fois rocailleuse et brumeuse, sur laquelle on s’aventure prudemment, par peur de réveiller quelques êtres malicieux, toujours prêts à jouer un mauvais tour à quiconque les aura dérangés dans leur profond sommeil. On s’y promène sur la pointe des pieds, suivant le chemin tracé par la Canadienne. Malheureusement, au bout de quelques mètres, la route paraît de plus en plus laborieuse et le paysage donne l’étrange impression de tourner en rond. Aussi vrai que “Knives Don’t Have Your Back” soit un premier essai assez bien fignolé, il souffre néanmoins d’un manque de variation qui porte préjudice à l’ensemble. Intéressant le temps d’une séance d’écoute rapide, l’essai semble limite soporifique dès la deuxième. Charmant mais loin d’être impressionnant.

Grinderman

Grinderman

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Tremblez chers amis, le Nick Cave nouveau est arrivé. Et il en a plein les bottes. Flanqué de quelques-uns de ses acolytes, mauvaises graines notoires, le chef de meute ne supporte plus l'adversité et ratiboise irrémédiablement la concurrence. Vous l'aurez compris, pas de quartier. Dès l'entame, on sent le bougre prêt à régler tous ses comptes, affronter les plus malins de ses démons. ‘Flanquez-moi dehors tous ces suceurs de sang’ semble-t-il hurler à la lune, moustache hirsute et bave aux commissures. Les premières mesures de "Get it on" paraissent annoncer un imminent déluge. Et cela ne manque pas. Dès lors, le torrent déferle comme la lave rafle tout sur son passage. "No Pussy Blues", qui suit, suinte la férocité et le larsen qui la traverse, suinte la hargne du mec en manque de cul. Damn !!! Et l'électricité jaillit dans toute sa violence. Nouvelle identité pour un retour à la base, un pèlerinage à la source a-t-on perçu chuchoter dans les couloirs. Sans une once de compromis, comme au bon vieux temps de Birthday Party (les fans en défaillissent déjà). Aller-retour incessant entre plages plus apaisées mais toujours sous extrême tension et délires psychomaniaques en transe ("Depth Charge Ethel"), cette plaque fracasse en éclats une bonne dose de certitudes. Here comes the Grinderman...